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Après le déblocage des salaires
Le
CNES suspend la rétention des notes
Certains chefs d’établissement ont persisté dans leur
comportement belliqueux contre les enseignants en grève.
Le
conseil national des enseignants du supérieur (Cnes ) a
appelé les enseignants à faire les délibérations de la
fin de l’année, après le déblocage des salaires des
enseignants issus des établissements où la grève
illimitée initiée le 13 mai a été observée avant que le
mot d’ordre pour la grève ne soit suspendu à la rentrée,
suite à un accord entre les deux parties en conflit.
Dans
un communiqué rendu public hier la coordination
nationale des sections CNES informe les enseignantes et
les enseignants que les administrations de tous les
établissements concernés ont soit régularisé les
situations financières des enseignants en grève soit
entamé les procédures nécessaires, y compris le
directeur de l’ENS de Bouzareah . « Ce dernier s’est
singularisé par son zèle et ses vaines tentatives de
briser toute forme d’organisation des enseignants, par
son obstination à piétiner toutes les lois sociales et
son entêtement à violer toutes les normes pédagogiques
définies par l’UNESCO, en remettant, entre autres, des
diplômes aux étudiants du département de langue arabe
et de langue française n’ayant pas accompli tout leur
cursus pédagogique au mois de juillet 2006 durant la
grève», souligne le Cnes.
Pour
rappel, même après toutes les assurances du ministère de
l’enseignement supérieur quant à la régularisation des
situations administratives et financières des
enseignantes et enseignants, certains chefs
d’établissement ont persisté dans leur comportement
belliqueux contre les enseignants en grève.
C‘est
pour dépasser cette situation de blocage, que la
coordination nationale, réunie les 05 et 06 octobre 2006
à Alger, avait appelé les enseignantes et enseignants à
ne pas remettre les notes à l’administration et à
bloquer les délibérations jusqu’au payement des salaires
impayés dans l’ensemble des établissements concernés.
Maintenant que le déblocage a été confirmé, «la
Coordination Nationale appelle tous les enseignantes et
enseignants des établissements concernés par le blocage
des délibérations à reprendre normalement toutes leurs
activités pédagogiques et leur demande de rester
particulièrement vigilants quant au respect des normes
pédagogiques».
Concernant l’extinction de toutes les poursuites
judiciaires contre les délégués du Cnes, le syndicat
estime que cela «reste le préalable à tout apaisement au
sein de l’université algérienne et que la sauvegarde de
l’année universitaire 2006/2007, année fortement
fragilisée, nécessite l’adhésion de toutes les
enseignantes et de tous les enseignants, adhésion qui ne
peut être obtenue que par des signaux forts des pouvoirs
publics pour la satisfaction de leurs revendications
légitimes».
Fatima Arab
Face à la recrudescence du terrorisme
Le
silence complice des partis
Qui
condamne quoi ? Voilà ce qu’on appelle bel et bien une
attitude scandaleuse qu’aucune raison au monde ne
saurait justifier.
A
l’exception du RND, parti qui garde intact jusqu’ici -
et contre vents et marées - sa répugnance de
l’intégrisme et qui vient de condamner fermement le
regain des actes terroristes qui ont endeuillé le pays
ces dernières semaines, aucune formation politique,
toutes tendances confondues, n’a cru bon ni jugé utile
de condamner et d’en faire pareil. Car si depuis
quelques jours déjà le terrorisme a redoublé d’intensité
et de cruauté, ces partis-là que même l’autruche n’en a
pas fait pire, se sont, toute honte bue, calfeutrés dans
un silence troublant donnant l’impression d’un «je m’enfoutisme»
total de ce qui se passe dans le pays. Même si d’autres,
les Islamistes et le FLN en tête, se cachent derrière
l’injustifiable alibi de la réconciliation nationale,
une pareille discrétion pour ne pas dire un total
effacement, démontre à quel point l’échelle des valeurs
autant morales que politiques, fut écornée et combien
est massif le pourrissement de l’exercice politique dans
le pays.
Finies
donc les années quatre- vingt-dix, où comme un seul
homme, la classe politique s’élevait en un sursaut
devenu avec le temps comme un geste machinal, un
réflexe, contre chaque assassinat, chaque bombe, chaque
massacre. Le pire est que certains partis passent sous
silence les actes qui visent même leurs propres
militants comme c’est le cas du FLN dont aucune
condamnation n’a suivi l’assassinat par le GSPC d’un élu
et maire d’une commune dans la wilaya de Bordj Bou
Arréridj. Le même scénario s’est reproduit tout
récemment avec le président de l’Assemblé populaire de
la wilaya de Tizi Ouzou, assassiné, jeudi passé, à Draâ
El Mizan. Car le crime s’ il a soulevé l’émoi dans la
région et a vu la ferme condamnation de la direction
nationale du FFS duquel est issue la victime, il est à
la fois étrange et troublant qu’un tel crime n’ait pu
faire réagir le président du FFS Aït Ahmed dont le
silence devait jeter un effroi non seulement parmi la
population locale mais aussi et surtout sur les
militants du parti.
Cette
même attitude passive du FLN comme celle du FFS ne
touche pas seulement ces deux partis. L’ensemble de la
classe politique pour qui semble-t-il le soutien de la
charte n’a pas de limite quitte à faire entorse, au
grand jour à ses propres positions de principe. Même le
sanglant assassinat lundi dernier dans la wilaya d’Aïn
Defla de neuf gardes communaux n’a pas fait sortir les
politiques de leur torpeur. Ni le MSP, ni le FLN, ni le
RCD…la liste est longue, n’ont publié le moindre
communiqué pour dénoncer ce regain de terrorisme d’un
GSPC qui a repris du poil de la bête. Pourtant tout ce
beau monde-là ne s’est pas fait prier pour accueillir,
sourire large et bras ouverts, le triste retour d’une
bande d’intégristes à l’image de Rabah Kébir,
responsables d’une façon ou d’une autre du meurtre de
milliers de victimes. Triste époque !
Amine Goutali
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