Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

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Des personnalités de droite oseront-elles prétendre à la candidature de 2017, si Nicolas Sarkozy, comme il est très probable qu'il le fasse, se présentait lui-même ? Car si le bilan de son mandat est discutable et ses résultats peu probants, il reste incontestablement l'homme politique favori des sympathisants et militants de droite. Toutefois, sur le plan national, les choses ne seront pas aussi simples pour l'ex-président qui reste globalement impopulaire auprès de la population française dans son ensemble. Bien moins évidemment que son successeur, mais cela n'est pas très difficile au vu des scores record qu'atteint François Hollande depuis quelques mois. L'UMP devra ainsi tenter de se défaire de l'énorme pression exercée par les militants pour choisir un candidat qui sera susceptible de convaincre une majorité des électeurs français de voter pour lui. Or, il n'est pas certain que cela soit le cas avec Sarkozy qui a laissé un mauvais souvenir de son quinquennat. Bien sûr, les terribles premiers dix-huit mois du mandat de Hollande ont largement tendance à relativiser les mauvais souvenirs liés à l'ex-président de droite mais cela sera-t-il assez pour assurer une victoire en 2017 ? Rien n'est moins sûr. Alors si un autre politique de droite devait se mettre en avant quel serait celui dont les chances seraient les plus sérieuses. En tout cas, faute d'avoir cette réponse, l'on peut d'ores et déjà affirmer que de nombreux cadres de l'UMP se préparent pour affronter l'échéance et se lancer dans la course à l'Élysée. François Fillion est celui qui s'est jusqu'à maintenant fait le plus clair sur ses intentions, suivi de Alain Juppé qui semblerait se préparer lui aussi. En effet, l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac a accepté la proposition de l'ex-président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, de lui organiser des déjeuners avec des jeunes députés dans les prochaines semaines. Le premier est prévu le 29 janvier et le second doit avoir lieu en février. Le maire de Bordeaux, qui se pose en recours de la droite, attend d'être réélu aux élections municipales avant d'envisager une candidature à l'Elysée. D'ici à mars, il sera totalement mobilisé par sa campagne municipale. Après ce scrutin, Juppé a prévu de créer un groupe de réflexion dont l'objectif sera d' "approfondir un certain nombre de questions fondamentales pour l'avenir de notre pays". Car si Sarkozy bénéficie du soutien de nombreux réseaux, il n'en est pas de même pour tous, et ces groupes de réflexions permettent à des candidats éventuels de rester dans le bain tout en tissant des liens avec d'éventuels nouveaux sympathisants. "S'il a une opportunité, il la saisira", assure ainsi l'entourage de l'ancien diplomate. Reste à savoir si les militants de l'UMP pourraient accepter de voir un adversaire apparaître face à leur idole et si une telle "traîtrise" ne serait pas sévèrement sanctionné par les électeurs de droite.

F. M.

 

Monde

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 20/01/14

 

Espionnage

L'Europe bat froid les promesses d'Obama et attend des actes

Les Européens ont salué assez fraîchement les engagements de Barack Obama de rogner les pouvoirs de la NSA, l'agence qui a mis sur écoutes leurs dirigeants, et exigent des actes du président américain pour le Sommet UE-États-Unis prévu le 26 mars à Bruxelles.

“La confiance a été ébranlée (...) Il faudra beaucoup de travail pour la rétablir”, a averti vendredi soir la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Justice Viviane Reding, dans un premier commentaire après l'intervention du président Obama. L'ampleur des écoutes téléphoniques menées dans l'Union européenne et la diversité des cibles ont choqué les citoyens, surtout en Allemagne. "L'espionnage entre amis, ça ne va pas du tout", avait averti la chancelière allemande Angela Merkel en octobre lors d'un Sommet européen dominé par la cascade de révélations fournies par Edward Snowden, un ancien consultant informatique de la NSA réfugié à Moscou. Les dirigeants européens avaient sommé Barack Obama de mettre un terme à ces activités contre l'UE et lui ont donné jusqu'à l'été 2014 pour mener une série d'actions, dont la réforme des activités de la NSA. L'allocution du président américain n'a pas dissipé les inquiétudes et son absence de remords a jeté un froid. Le gouvernement allemand a pris note vendredi de la promesse de Barack Obama de ne plus laisser espionner les communications des dirigeants des pays amis des États-Unis et a dit son intention de les "analyser avec précision". Le réalisme politique devrait toutefois l'emporter car aucun des chefs de gouvernement de l'UE ne souhaite une brouille avec Washington. "Ce n'est pas la fin de l'histoire", a confié à l'AFP un membre de l'entourage des dirigeants de l'UE à Bruxelles. "Le discours est bien car il montre que les Américains bougent sur ce sujet qui fâche", a-t-il souligné. "Obama ne pouvait pas tout détailler dans un discours politique, et le dispositif doit encore être détaillé et discuté, ce qui va se faire par le biais d'un dialogue", a-t-il expliqué. Mais il va falloir convaincre les députés européens. Très pointilleux sur la protection des données des citoyens de l'UE, ils sont très remontés contre les pratiques américaines. Or, ils ont le pouvoir de rejeter des accords internationaux s'ils jugent les garanties insuffisantes. Les premières réactions au Parlement européen sont négatives. “L'UE ne doit pas faire confiance aux promesses peut être vides d'Obama sur la NSA mais doit imposer ses propres règles”, a ainsi déclaré le président du groupe des Socialistes, Hannes Swoboda, dans un message posté samedi sur son compte twitter. Les Libéraux sont tout aussi durs et leurs chef de file sur le dossier, l'élue néerlandaise Sophie in't Velt a fait voter une résolution exigeant la suspension de l'accord Swift pour sanctionner les mauvaises pratiques américaines. L'accord permet aux Américains de consulter les données des virements bancaires stockés par cette société basée en Belgique. Il est un des principaux outils de la lutte contre le financement du terrorisme et du crime organisé. Le président Obama est attendu le 26 mars à Bruxelles pour un Sommet UE-États-Unis. Cette première visite aux institutions européennes devrait être l'occasion de répondre aux attentes de l'Union européenne. L'UE et les États-Unis sont engagés dans des négociations en vue d'un très ambitieux accord de libre-échange transatlantique. "Plusieurs questions sont toujours ouvertes et doivent être traitées", a rappelé la Commission européenne en précisant que "les normes de protection des données ne seront pas abordées dans les négociations sur le libre échange".

A.O

 

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