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20/06/09

 

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Assassinat de 18 gendarmes et deux citoyens à Bordj Bou Arréridj

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Comment les terroristes peuvent-ils agir avec autant de «facilité» ? Combien étaient-ils ? Comment ont-ils procédé ? Comment se déplaçaient-ils ? Ces questions comptent parmi tant d'autres posées par les habitants choqués par ce massacre.

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L’Alliance présidentielle investit le terrain

 

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Bientôt une «Assurance obsèques» à 2500 DA

 

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Affaire Achour Abderrahmane/ L’ex-DG de la BNA appelé à la barre

«Je n’étais pas au courant des manipulations»

Au cours du troisième jour du procès de l’affaire BNA, une dizaine d’autres accusés ont été interrogés par le tribunal criminel près la cour d’Alger.

Entre autres accusés, il y a lieu de citer l’ex-directeur général de la Banque nationale d’Algérie, Chikhi Mourad, l’adjoint du DG de l’agence de Cherchell, Kharroubi Lakouas, l’inspecteur général de la BNA, Nadir Mohamed ainsi que 4 commissaires aux comptes et un des associés de l’accusé principal Achour Abderrahmanr, en l’occurrence Kolaï Bachir. L’un des premiers accusés à être interrogé par le juge est le chef du service des chèques au niveau de l’agence BNA de Koléa. Ce dernier a expliqué qu’un jour l’associé de Achour Abderrahmane, Ainouche Rabah, est allé voir le directeur de l’agence pour lui demander de lui ouvrir un compte bancaire au nom de son entreprise Rudiprom en versant une somme de 20 000 DA. Il a indiqué que sa demande lui a été accordée et qu’après trois jours il a retiré une autre somme de 9 milliards de centimes. Il a révélé que Achour Abderrahmane est son beau-frère et qu’il connaissait Ainouche uniquement parce qu’il était l’ami et l’associé de son beau- frère.

Toutefois, ce dernier a nié catégoriquement avoir signé la moindre correspondance entre les agences de Bouzaréah et de Cherchell. A une question du président de savoir si Aïnouche l’aurait contacté pour l’ouverture d’un compte bancaire au niveau de l’agence de Koléa, l’accusé répond positivement. En réponse à une autre question de savoir si Ainouche lui a demandé de l’aide, le prévenu rétorque que ce n’est pas de l’aide puisque «n’importe qui peut ouvrir un compte au niveau de n’importe quelle agence BNA à l’échelle nationale». Il a ajouté que cette opération est réglementaire. C’est à ce moment que le juge, M. Benkharchi, a interrompu l’accusé en lui demandant de lui expliquer pourquoi cela n’a eu lieu qu’après l’intervention du directeur du réseau de l’exploitation de la BNA, M. Amari.

«Moi je n’y suis pour rien, Monsieur le président» a-t-il répondu. «Est-ce que tu lui a remis un avis de sortie ?»  Et l’accusé répond qu’il ne l’a pas fait sous injonction de son directeur. A propos de l’un des associés de Achour Abderrahmane, à savoir Stouf Djamel, le juge lui demanda si ce dernier était venu pour ouvrir un compte au niveau de cette même agence. A cette question l’accusé répond par la négative.

«Abderrahmane Achour est un  client particulier de la BNA»

Interrogé à son tour, l’adjoint de l’agence BNA de Cherchell, Kharroubi Lakoues, a révélé que le directeur de cette agence lui présentait personnellement tous les gros clients de l’agence et que parmi eux il y avait Achour Abderrahmane.

Concernant les chèques sans provision de Achour Abderrahmane, lesquels ont été enregistrés au niveau de cette agence, il a indiqué qu’il avait averti son responsable, en l’occurrence Ben Miloud, à  plusieurs reprises et que ce dernier lui disait qu’il s’agissait là d’un client d’un genre particulier (Achour Abderrahmane). Il lui disait qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter puisque ce client avait plusieurs biens immobiliers qui peuvent servir de garantie. Le directeur général de la BNA, Chikhi Mourad a,  quant à lui, rejeté en bloc la responsabilité de ce qui s’est passé au niveau des agences incriminées dans cette affaire. «Je n’étais pas au courant des manipulations qui se tramaient dans ces agences et si j’avais le moindre doute j’aurai prévenu les services concernés pour prendre les dispositions nécessaires pour arrêter cela» a-t-il répondu.

Ce dernier a indiqué qu’il n’a jamais entendu parler de Achour Abderrahmane et de sa clique et qu’il ignorait que ce dernier avait un contentieux avec la BNA et que l’affaire était en justice. En 2003, Achour Abderrahmane avait contracté un crédit d’une valeur de 7 milliards de DA sans honorer ses engagements-.

Il a indiqué également qu’il était du ressort de la direction du contentieux de prendre les mesures qui s’imposent dans ce genre de cas, notamment en gelant le compte du mis en cause dans cette affaire. Il y a lieu de rappeler, dans ce sillage, que tout cela n’a pas été fait et que Achour Abderrahmane a ouvert après cet épisode 16 autres comptes bancaires au niveau des différentes agences de la BNA.  Rappelons également que Chikhi Mourad a occupé le poste de directeur général de la BNA de janvier 2001 à septembre 2005. Hors de lui, le procureur de la République interpelle solennellement l’ancien P-DG de la BNA en lui demandant de lui expliquer ce qu’il faisait pendant que les caisses de cette banque se vidaient.  «2 100 milliards  de centimes sont partis en fumée sans que rien ne soit fait pour l’économie nationale. Cet argent appartient à la nation et tu es responsable ! si non qui est le responsable alors», s’est-il révolté. A une question de savoir si l’argent de la BNA était comptabilisé régulièrement,

M. Chikhi répond par l’affirmative. Et à ce dernier de révéler qu’en 2001 la BNA comptait 350 milliards DA, 450 milliards DA en 2002 et 600 milliards de DA en 2003. «Ce ne sont pas les moyens qui vous manquent puisque vous avez sous vos ordres des inspecteurs à l’intérieur et l’extérieur mais c’est plutôt la rigueur qui vous  a manqué» a martelé le juge. Lorsque l’inspecteur général de la BNA, Nadir Mohamed, est appelé à la barre, la première question que lui pose le juge est : «Comment n’êtes- vous pas arrivé à découvrir ces opérations frauduleuses ?» Ce dernier  répond que toutes ces opérations étaient dissimulées avec la complicité des responsables des agences mises en cause et qu’il était de ce fait presque impossible de les dévoiler.

«Le fait qu’au niveau de l’agence de Bouzeréah il y avait un excès de liquidités par rapport aux autres agences, ne vous a-t-il pas paru anormal et  vous-même avez déclaré puisque qu’il y avait plus de demandes que d’argent au sein de ces agences et on pouvait facilement découvrir les dysfonctionnements» a indiqué le juge. A propos des accusations de l’inspecteur de Blida, en l’occurrence Rekabi Ahmed, à l’encontre de Nadir Mouhamed, ce dernier les rejette en bloc. Il y a lieu de rappeler que Rekabi a indiqué que Nadir  Mohamed lui a rédigé un ordre de mission où il lui a délimité avec précision les missions qu’il avait à accomplir et les entreprises à inspecter. Selon ce dernier, les entreprises qui ont été mentionnées dans cet ordre de mission étaient bien la CEA et la SARL Nature + appartenant toutes les deux à Achour Abderrahmane. Il a en outre indiqué que l’entreprise décriée à savoir la Nationale A + n’a pas été mentionnée dans ce document.

Pour ce qui est de l’audition des commissaires aux comptes, le tribunal criminel leur reproche de ne pas contrôler les agences BNA mises en cause en six ans d’exercice. Pour se défendre, ces derniers ont indiqué qu’ils étaient censés contrôler 10% des 180 agences de la BNA.   

Par Salah Harirèche

 

L’humeur de Chaâbane

Un livre, à quoi ça sert ?

A quoi ça sert un livre ? A discuter avec quelqu’un, l’auteur, censé être bien informé sur un sujet donné. Quelqu’un qui restitue ses connaissances, son expérience de vie, ses réflexions… Le lecteur en jugera. Il y a un rapport marchand, forcément, dans cette transmission puisque c’est un éditeur qui l’assure, à ses frais, donc à ses risques. Lorsque c’est un bon éditeur. Accessoirement, c’est le libraire aussi. De ce point de vue, ni l’auteur ni le lecteur ne s’exposent vraiment. En Algérie, il existe peu d’auteurs, peu d’éditeurs, peu de lecteurs et peu de libraires. A quoi ça sert un livre alors ? Jusqu’ici, pourtant, on ne lui trouve pas de substituts. La télévision, Internet, le théâtre, le cinéma, les journaux, aucun de ces moyens ne peut remplacer le livre. Avec lui, on prend le temps d’aller loin, à sa guise, sur des sujets de qualité, et on apprend beaucoup, durablement, intensément. On partage. Les livres doivent exister à profusion et mis à la portée de tous. C’est le rôle de l’Etat. Sans parler du privé, il existe trois «grands» éditeurs publics, l’Anep, l’Enag et l’OPU. A eux trois, ils produisent au mieux une centaine d’ouvrages chaque année. Très insuffisant. On en produit dix mille en Espagne. Beaucoup de traductions. Le secret de la culture du livre, c’est la traduction. La renaissance, le progrès, la civilisation, c’est la traduction. Après la reconquista chrétienne, ou la chute de l’Andalousie si on préfère, les Espagnols ont commencé à traduire les ouvrages musulmans qu’ils ont trouvés chez eux. Ils ont mis de côté ceux qui ne parlent que de l’islam et se sont intéressés à tous les autres. C’est ainsi qu’ils ont pris connaissance de la Grèce, qu’ils en ont fait le berceau de leur civilisation, et que l’Occident est né. L’Ecole de Tolède, le lieu où ce «passage de témoins» s’est opéré, existe toujours. Sur les 10 000 ouvrages annuellement publiés en Espagne, la moitié est constituée de traductions. En France, chaque ouvrage que se propose de traduire un éditeur, est subventionné par l’Etat. Un grand éditeur comme Acte Sud ne publie que des traductions et ne vit que de subventions étatiques. L’Algérie ne traduit pas, et se traduit à peine elle-même, je veux dire, entre l’arabe et le français, ses propres auteurs. Des ouvrages fondamentaux, anciens ou récents, n’existent toujours pas chez nous, dans une langue ou une autre. Un Haut conseil de la traduction existe pourtant chez nous, depuis quelques années. L’ignorance. N’est-ce pas l’ignorance qui est cause de tous les problèmes, en particulier lorsqu’elle se drape de connaissance ? Car le problème, en vérité, n’est pas tant de ne pas savoir que de croire que l’on sait. Il n’y a pas pire. Si le livre se porte tellement mal chez nous, c’est surtout parce que nous croyons déjà tout savoir, parfois pour avoir seulement entendu des charlatans nous expliquer le monde en deux trois mots. Un Livre à nul autre pareil qui devient une recette de cuisine. La négligence de l’Etat en ce domaine n’est que le reflet de ce que nous sommes en réalité.

Par Abane Chaabane

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L'Edito Du Jour

Par

 Nadjib Stambouli

Eradiquer les irréductibles

L’attentat terroriste d’avant-hier devrait, à contre-courant des voix qui pourraient d’ores et déjà s’élever pour remettre en cause la réconciliation nationale, fournir matière à conviction pour que cette démarche soit, au contraire, approfondie et soutenue encore plus. Ce crime qui a coûté la vie à 18 gendarmes en service commandé révèle que les capacités de nuisance des hordes du Gspc, si elles sont effectivement grandement diminuées et altérées, ne sont pas pour autant réduites à néant. Les forces de sécurité, fortes de leur expérience dans la lutte antiterroriste et qui ont à déployer les meilleurs moyens et tactiques de riposte après la survenue à l’improviste de telles tragiques attaques, demeurent le rempart sans lequel l’Algérie, territoire et peuple mêlés, auraient été pulvérisés. Mais encore une fois, rappelons que tous ces héroïques efforts consentis, resteront insuffisants sans l’implication de l’élément informatif, autrement dit sans la contribution de l’ensemble des citoyens. De telles attaques sont impossibles à réaliser d’une part, sans les réseaux de soutien logistique et d’autre part, sans la mentalité du «rien vu rien entendu» qui prévaut au sein d’une partie de la population. C’est cet état d’esprit qui a permis au terrorisme de survivre et de s’inscrire dans la durée en dépit de tous les coups subis. Sans verser dans le travers consistant à accuser les citoyens de responsables du fléau terroriste, les vrais coupables étant connus, il ne faudrait pas non plus négliger la complicité passive du type «takhti rassi». La volonté de ne pas dramatiser et de ne pas alimenter l’alarmisme, qui est une attitude lucide et raisonnable, ne devrait pas également servir de tremplin pour nourrir le climat de diminution de la vigilance et de baisse de la garde constaté grâce au recouvrement du calme et de la sérénité dans le pays. Ajouter à ces notions de «calme» et de «sérénité» le qualifiant de «relatif» est plus que jamais de mise. Et le moral des troupes est bien moins atteint que revigoré par ce type d’attentat, pour les inciter à continuer une lutte sans merci contre les terroristes irréductibles.

N.S.

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