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Sahel et
protestation d'Alger contre la liste noire
Washington
essaye de calmer le jeu
Dans un communiqué
du ministère algérien des Affaires étrangères, rendu public mardi
dernier, il est indiqué que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary
Clinton, a téléphoné lundi au chef de la diplomatie algérienne
Mourad Medelci.
En attendant le
déplacement des émissaires de l’administration américaine, dont le
secrétaire d’Etat à la justice qui sera bientôt en Algérie,
Washington essaye de calmer le jeu face à la protestation d’Alger
contre la décision américaine d’inscrire l’Algérie sur une liste
des pays à risque dont les ressortissants doivent être sévèrement
contrôlés lors de leur entrée aux Etats-Unis. Dans un communiqué du
ministère algérien des Affaires étrangères, rendu public mardi
dernier, il est indiqué que la secrétaire d’Etat américaine,
Hillary Clinton, a téléphoné lundi au chef de la diplomatie
algérienne Mourad Medelci. La discussion a porté, selon la même
source, sur les principales questions d’intérêt commun, en
particulier les conditions et les mesures susceptibles de promouvoir
davantage les relations bilatérales entre les deux pays. Aucune
autre précision n’a été donnée sur une éventuelle discussion sur la
protestation d’Alger concernant le classement de l’Algérie par
Washington sur une liste des pays à risque. Pourtant, depuis la
convocation de l’ambassadeur américain à Alger, l’Algérie attend son
retrait de cette liste et demande des explications sur cette mesure
«surprise». Voilà que quelques jours après cette demande, la
secrétaire d’Etat américaine téléphone à M. Medelci. Il est fort
probable que les deux ministres ont évoqué la décision prise par
l’administration américaine d’inscrire l’Algérie sur la liste de 14
pays à risque terroriste. Il n’est donc pas écarté que la liste
américaine pourrait être revue, mais à quel prix ? Pourquoi les
Américains ont inscrit l’Algérie sur cette liste ? Il faut dire que
cette liste noire intervient après la visite officielle du chef de
la diplomatie algérienne aux Etats-Unis, jugée «satisfaisante».
Elle intervient également après la visite du responsable américain
chargé de l’Africom à Alger, qui a confirmé à cette occasion qu’en
aucun cas il n’était question d’installer Africom en Algérie. Pour
rappel, Alger avait opposé son refus à l’implantation de toute base
militaire sur son sol. En tout cas, du côté d’Alger les choses
sont claires, puisque le ministre des Affaires étrangères lors de
son passage à la Radio nationale mercredi dernier, puis lundi soir à
la Télévision algérienne, a dit : «Nous sommes extrêmement surpris
et contrariés par ces mesures prises contre les ressortissants
algériens par les Etats-Unis et la France». Il a également affirmé
: «Nous n’avons jamais été consultés, nous avons appris cela par
voie de presse et nous avons réagi par voie diplomatique», ajoutant
que «l’Algérie ne peut que contester les mesures prises par les
Etats-Unis pour singulariser certains pays». «Nous sommes pour le
dialogue et nous lui donnerons sa chance», a-t-il précisé. D’autre
part, M. Medelci a transmis, lors de cette émission, un autre
message aux USA en soutenant le fait que la situation au Sahel doit
être gérée par les gouvernements de la région. Ainsi, les
Américains, qui attendaient une coopération de la part de l’Algérie
dans la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, ont
probablement compris que l’Algérie a son mot à dire dans cette
région. D’ailleurs, il n’est pas exclu que l’appel téléphonique de
Mme Clinton ait
eu pour but de comprendre ce que voulait dire M. Medelci concernant
le Sahel qui figure parmi les points importants de la politique
étrangère des USA basée sur la lutte contre le terrorisme, notamment
dans le Sahel. Une politique adoptée après les événements du 11
septembre. A noter aussi que les Américains ont affiché
dernièrement un soutien à l’Algérie dans sa lutte contre le
terrorisme et que, de son côté, l’Algérie a montré sa disponibilité
pour coopérer en matière de renseignements dans la politique de
lutte contre le terrorisme international. Au niveau économique,
depuis la création du Conseil d’affaires algéro-américain en 2005,
les échanges entre les deux pays ont connu une avancée. Toutefois,
les Américains ont montré une certaine prudence concernant
l’investissement en Algérie qui reste basé sur les hydrocarbures,
bien que le Président Bouteflika ait décidé que Sonatrach détienne
51% après le retrait de la loi proposée par Chakib Khelil qui était
en faveur des Américains. Mais avec cette décision d’inscrire
l’Algérie sur la liste des pays à risque, on peut soupçonner que
les USA veulent passer un message à notre pays. Lequel ? La question
reste posée.
Par Nacera
Chenafi
Haut
Une partie d'échecs diplomatique
Faire la paix
ou la guerre
Lorsque la France
a décidé d’inscrire l’Algérie sur sa liste noire des pays suspects
de menaces terroristes, il s’agit là d’une décision politique. Elle
aurait pu le faire d’une manière plus discrète, en associant la
partie algérienne, en «négociant» comme le demandait notre ministre
des AE. Elle a choisi de s’en dispenser. Elle a exprimé un geste
inamical, à la limite de l’hostile. Pourquoi ? Sans doute pour
marquer son mécontentement aux sujets des relations économiques –
voire politiques. Ce n’est pas nouveau. L’Algérie a laissé faire
jusqu’ici. Elle ne réagit pas, boude, fait le dos rond, se tait. De
sorte que Sarkozy n’a d’autres choix que d’augmenter la pression, au
moins pour l’obliger à réagir. C’est la France qui attaque parce que
c’est elle qui demande. Une volonté de puissance fait face à une
volonté de défense, blancs contre noirs. L’Algérie donc réagit :
elle proteste et tente de faire de ses protestations, en déclarant
en attendre des conséquences positives, un élément de négociation.
Elle-même a été mise artificiellement, arbitrairement, dans une
situation qui l’obligerait à négocier. Les Israéliens sont
coutumiers de cette pratique qui consiste à créer des problèmes
supplémentaires aux Palestiniens pour leur compliquer les
négociations sur des problèmes essentiels. On érige un mur, on
aggrave un blocus, on bloque un compte, etc. En juillet passé, nous
disions dans ce journal qu’il fallait s’attendre à ce que la
campagne médiatique menée contre la LFC 2009, campagne qui déjà
faisait partie de cette logique d’aggravation des problèmes pour
occuper des positions de force en référence à des litiges plus
importants, s’élargisse et prenne d’autres formes plus accentuées,
des formes politiques bien entendu. Nous y voici, et ce n’est pas
terminé. La partie d’échecs se transforme en bras de fer, il n’est
pas exclu, dans une prochaine étape, de la voir devenir une
guéguerre. Autrement dit, non seulement la France ne reviendra pas
sur son geste inamical, mais elle tentera de retourner contre
l’Algérie ses propres réactions, et si elle n’y parvient pas, elle
promet d’autres gestes inamicaux. Jusqu’où ? Cela dépend de
plusieurs facteurs. Affronter les attaques par trois verbes : les
comprendre, leur résister et riposter. Au coup par coup, sans
épuiser les minutions et sans mollesse. Juger de la détermination de
l’adversaire, de son calendrier politique, de ses contraintes, de sa
marge de manœuvre mais aussi montrer sa propre détermination et
anticiper sur ses propres contraintes. Un éclat brutal vaut parfois
mieux qu’un éreintant travail diplomatique. Il n’est pas bon pour
l’Algérie, ni pour la France, d’envisager toujours le pire en
attendant le meilleur. Cela dure depuis tant d’années. Nous sommes
inscrits dans une situation perverse qui dure depuis une éternité,
il faut la dépasser. Et puisque nous ne sommes pas capables de nous
comporter comme des étrangers, il faut nous jeter dans les bras l’un
de l’autre – ou faire carrément la guerre.
Brahim Djalil
Haut
Bernard Kouchner annule sa visite à Alger après les déclarations
de Medelci
Une visite à Alger
du ministre français des Affaires étrangères, prévue cette semaine,
a été reportée à la demande du gouvernement français, a-t-on appris
de source diplomatique. Le déplacement de Bernard Kouchner en
Algérie devrait avoir lieu dès cette semaine. Les Français ont
expliqué ce report par des considérations liées à leur agenda,
notamment la préparation de la prochaine visite du président
Bouteflika en France qui pourrait intervenir en juin ou juillet
prochain. Mais certains observateurs établissent un lien avec les
dernières déclarations de Mourad Medelci, ministre des Affaires
étrangères, concernant la décision française d’inscrire l’Algérie
sur une liste de pays à risque.
Rappelons que le
ministre algérien a convoqué l’ambassadeur de France à Alger pour
protester officiellement contre la décision de Paris. Une demande de
retrait de l’Algérie de cette liste a été faite. «Cette mesure a été
prise sans aucune consultation avec l’Algérie. Nous l’avons apprise
par voie de presse», a dit le ministre, lundi sur Canal Algérie,
ajoutant que l’Algérie est «un pays qui règle ses problèmes de
sécurité». «Nous sommes extrêmement surpris de cette décision
discriminatoire et inacceptable. Notre message diplomatique est
passé, nous attendons le retrait de l’Algérie de cette liste, car ce
type de solutions ne règle rien», a précisé
M. Medelci.
Haut
Ils ont marché hier à l’intérieur de l’hôpital Mustapha-Pacha
Les médecins de
la santé publique montent au créneau
Déterminés à ne
plus céder aux pressions de la tutelle, les médecins haussent le ton
et radicalisent leur contestation. Hier encore, bon nombre de
médecins généralistes, pharmaciens et chirurgiens dentistes ont
observé un sit-in.
Les praticiens de
la santé publique ne sont pas prêts à abandonner la lutte. Ils
durcissent encore leurs actions de protestation. En grève depuis
plus d’un mois, les blouses blanches n’ont eu aucun écho favorable à
leurs revendications. Déterminés à ne plus céder aux pressions de
la tutelle, les médecins haussent le ton et radicalisent leur
contestation. Hier encore, bon nombre de médecins généralistes,
pharmaciens et chirurgiens dentistes ont observé un sit-in à
l’intérieur de l’hôpital Mustapha-Pacha, suivi d’une marche.
Contrairement aux sit-in précédents, celui d’hier a été une réussite
pour les praticiens de la santé publique. Ces derniers ont répondu
favorablement au mot d’ordre de la protestation de leurs syndicats,
le SNPSP et le SNPSSP. «Barakat ya Barkat», «Praticiens en colère»,
«Arrêtez de clochardiser notre métier» étaient entre autres les
slogans qui ont été fortement scandés par les médecins
protestataires. Soutenus par les représentants des groupes
parlementaires de l’APN à l’image du RCD, MSP, PT, FLN, les
praticiens de la santé publique ne désespèrent pas de faire entendre
leur voix à un plus haut niveau. «Vous avez tous eu l’occasion de
visiter un établissement de santé publique, et avez certainement
remarqué dans quelles conditions nous exerçons. C’est intenable et
grave pour un pays de pétrole comme l’Algérie. L’Etat nous pousse
coûte que coûte à abandonner notre profession tant respectée sous
d’autres cieux», lance une femme médecin agacée par une situation
qui ne fait qu’empirer. «Imaginez un médecin, qui, après 7 années
d’études, débute sa carrière à 30 000 DA pour la terminer après 32
ans de service à 45 000 DA. De toutes les façons, nous finirons tous
par quitter le secteur public tant notre situation et celle des
hôpitaux ne cessent de se dégrader», poursuit une autre femme.
Présents sur les lieux, le président du Syndicat national des
praticiens de la santé publique (SNPSP) et le président du Syndicat
national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP),
les Dr Mérabet et Yousfi nous ont affirmé que ce sit-in s’inscrit
dans les résolutions du conseil national qui a tracé un plan
d’action de protestation. «Tant qu’aucune réponse claire ne nous a
été donnée par le ministre, la grève se poursuivra jusqu’à
l’aboutissement de nos doléances. Le débrayage se poursuit au même
rythme avec plus de 85% de taux de participation à l’échelle
nationale», a indiqué M. Mérabet. «Des sit-in similaires ont eu lieu
à travers toutes les wilayas du pays. Les prochaines actions seront
plus radicales», a averti pour sa part le Dr Yousfi. Ces deux
syndicalistes ainsi que les médecins rencontrés sur place n’écartent
pas la possibilité d’investir la rue si une réponse claire et nette
ne vient pas les rassurer. «On est là pour mettre en exécution tout
ce qui émane de la base. Si cette dernière décide de sortir dans la
rue, on appliquera sa décision», indique le Dr Mérabet. Les
praticiens de la santé publique réclament la prise en charge de
leurs revendications, en tête la révision du statut particulier du
praticien de la santé publique et l’installation des commissions
mixtes pour la promulgation du régime indemnitaire. Ils ont
également exprimé le rejet du décret du statut particulier du
praticien de la santé publique, adopté le 29 novembre dernier.
L’autre problème soulevé est l’aménagement des horaires de travail
hebdomadaire dans la Fonction publique – qui ne serait pas respecté
selon les grévistes – ainsi que l’élargissement au profit du
praticien généraliste du droit à la procédure de cessibilité du
logement de fonction à l’instar des autres corps de la Fonction
publique. Devant le «mépris» affiché par leur tutelle, les médecins
grévistes sollicitent l’intervention du premier magistrat du pays,
le Président de la République, pour mettre fin à leur calvaire.
H.L.
Haut
Carrière professionnelle et arriérés de salaires
Sit-in et
marche des enseignants
A l’appel des
syndicats autonomes, le CNAPEST et l’UNPEF ,des centaines
d’enseignants ont marché hier à Tizi Ouzou. Ils réclament le
règlement de toutes les questions inhérentes à leur carrière
professionnelle, aux arriérés de salaires et autres indemnités. La
marche a commencé à l’issue d’un sit-in observé devant la direction
de l’éducation jusqu’au siège de la cité administrative. Les
manifestants ont sillonné les principales rues de la ville des
Genêts, scandant des slogans réclamant l’amélioration des conditions
des travailleurs de l’Education, notamment la revalorisation des
salaires. Devant l’entrée de la wilaya, un autre sit-in a été
observé par les contestataires pendant qu’une délégation était reçue
par les services du wali. Les syndicats se sont ensuite félicités de
la «réussite» de leur action en appelant leurs adhérents à rester
mobilisés pour de nouvelles démonstrations de force si leurs
doléances n’aboutissent pas dans les prochains jours. De son côté,
la direction de l’éducation a vite réagi en rendant public un
communiqué dans lequel il est fait état de la régularisation de
toutes les situations financières du personnel, dont les dernières
opérations d’assainissement au niveau du contrôleur financier ou de
la trésorerie de la wilaya. Ainsi, selon ledit document, la
direction de l’éducation de Tizi Ouzou a procédé durant l’exercice
2009 à l’assainissement de 6 039 situations pour lesquelles une
enveloppe de plus de 289 millions de dinars a été consacrée.
Hamid M.
Haut
Ils prévoient des sit-in hebdomadaires
Les
psychologues décidés à maintenir la pression
Décidément, les
psychologues encadrés par leur syndicat (SNAPSY) se sont donnés le
mot pour tenir des sit-in hebdomadaires devant le département du
ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière jusqu’à la
satisfaction de leurs revendications ou l’amorce de négociations.
Après leur deuxième semaine de contestation, les psychologues ont
encore tenu un sit-in de protestation hier, devant le ministère de
la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Une
centaine de psychologues se sont rassemblée vers dix heures au
niveau du jardin faisant face au département en question.
«Psychologues en colère, psychologues en grève», «Barakat mina El
wouâoud khelli el karama tâoud» et «Wizara heggara, Bouteflika au
secours», tels sont les slogans qui ont été scandés hier par les
psychologues. Interrogé, le président du SNAPSY, Khaled Keddad,
s’est dit déçu par les propos tenus par le directeur des ressources
humaines du ministère en question. Il aurait dit qu’«il n’avait rien
à dire aux contestataires». «Nous maintiendrons la pression pour
créer un rapport de force» a déclaré M. Keddad lors du sit-in
d’hier. Il y a lieu de rappeler que les représentants du SNAPSY
avaient été reçus mercredi dernier par le directeur général de la
Fonction publique, M. Kharchi, qui leur a expliqué que leurs
revendications ne relèvent pas de son ressort mais de celui du
ministère de la Santé auquel ils doivent s’adresser. Pour ce qui est
des revendications des psychologues, il y a lieu de rappeler qu’ils
déplorent le fait de ne pas avoir donné la chance à leurs
représentants de participer à l’élaboration de leur statut, en
siégeant au niveau de la commission ad hoc chargée de la confection
du statut particulier des psychologues. Signalons que cette
commission est constituée des représentants, entre autres, des
ministères de la Santé et du Travail ainsi que des représentants de
la direction générale de la Fonction publique (DGFP). Il y a lieu de
rappeler que le statut particulier de la fonction de psychologue a
été établi le 22 juillet dernier. D’autre part, les représentants du
SNAPSY ont dénoncé les dispositions des dernières mesures
transitoires d’intégration qui, selon eux, n’ont pas accordé
d’importance à l’expérience professionnelle puisqu’elles mettent sur
un pied d’égalité les professionnels de plus de 30 ans d’expérience
et ceux qui viennent de commencer. M. Keddad a expliqué que tous les
psychologues, mis à part une soixantaine (qui sont à la catégorie 14
), sont classé à la catégorie 12. Les représentants du SNAPSY ont
dénoncé la politique des deux poids deux mesures puisque, selon eux,
les autres professions, notamment celles des pharmaciens et des
chirurgiens dentistes, favorisent l’ancienneté et l’expérience
professionnelle dans l’échelle de carrière. L’autre problème relevé
par les membres du SNAPSY est lié aux concours de recrutement des
psychologues.
S. H.
Haut
Le SNTE en débrayage à partir du 31 janvier
Grève de quatre
jours renouvelable dans les écoles
Le Syndicat
national des travailleurs de l’Education (SNTE) annonce une grève de
quatre jours renouvelable à partir du 31 janvier dans les
établissements scolaires. Cette décision a été prise au terme d’une
session extraordinaire du Conseil national du syndicat tenue
avant-hier à Alger en présence de 46 wilayas, indique le SNTE dans
un communiqué. Les travailleurs de l’Education, indique-t-on, «n’ont
plus confiance» en leur tutelle et craignent pour «le sort réservé
au régime indemnitaire suite à la décision inattendue prise par le
Premier ministère de ne soumettre à l’étude qu’une seule prime à
l’occasion de la réunion prévue entre le ministère de l’Education,
la Direction générale de la fonction publique et le ministère des
Finances». Une décision qualifiée par le syndicat de
«désistement des propositions faites dans le cadre de la commission
ayant rassemblé précédemment le SNTE et le ministère de
l’Education». Ainsi, dans un climat caractérisé par un sentiment de
suspicion et de méfiance, le Syndicat national des travailleurs de
l’Education réitère la revendication du maintien de la carrière
professionnelle à 25 ans de service et le droit à la retraite
anticipée. Il demande également de revoir et corriger les erreurs
contenues dans le statut particulier, notamment les défaillances
dans le classement et la promotion des enseignants, des adjoints
d’éducation, les directeurs d’établissements et les inspecteurs. La
décision du SNTE de renouer avec la protestation peut être
considérée comme une gifle par le ministre de l’Education nationale
et le patron de l’UGTA, dont les résultats de la tripartite n’ont
finalement pas convaincu les fonctionnaires. Les syndicalistes du
SNTE semblent vouloir aller loin cette fois-ci, affirmant que cette
session du Conseil national restera ouverte pour suivre les
rebondissements qui découleront de leur débrayage. Comme ils lancent
un appel à l’ensemble des syndicats de l’Education pour coopérer à
la réussite de cette action. Ce qui fait planer un vrai risque sur
le déroulement de l’année scolaire qui enregistre déjà un grand
retard ayant nécessité la suppression de deux semaines de vacances
scolaires. Par ailleurs, force est de préciser que le ministre de
l’Education nationale Boubekeur Benbouzid, interpellé il y a
quelques jours quant à la menace de reprise de la grève brandie par
certains syndicats, a affirmé que «le problème des salaires est un
problème national et ne se limite pas au seul secteur de
l’Education». Il ajoutera que «les problèmes qui affectent les
travailleurs du secteur dépassent souvent les prérogatives de la
tutelle». Une déclaration qui renseigne sur l’incapacité du
ministère de l’Education à prendre en charge les revendications
socioprofessionnelles exprimées. Cependant, le ministre n’a pas
manqué de critiquer l’attitude favorable de certains directeurs qui
adhèrent aux mouvements de grève et imposé, à cet effet, un système
de contrôle des absences. Ce qui peut générer à l’avenir un nouveau
bras de fer entre la tutelle et les grévistes.
A.
F.
Haut
La grippe A évolue dans le silence
La vaccination
coincée entre polémique et méfiance
La campagne de
vaccination s'est déroulée pendant une vingtaine de jours à un
rythme lent et dans un climat de polémique et de méfiance. Les deux
phases concernées par la campagne de vaccination n'ont pas donné une
image qui motive les suivants sur la liste des premiers concernés
par le vaccin. Le département de la santé, non plus, ne donne pas
l'apparence d'un ministère qui fait face aux crises qui frappent son
secteur.
Plus de vingt
jours après le début de vaccination, durant lesquels la réticence,
la méfiance des premières phases concernées ont bien été au
rendez-vous et où le département de Barkat ne sortait de sa réserve
qu’une seule fois par semaine pour donner les bilans des victimes de
la grippe A en termes de décès ainsi que nombre de personnes
contractées par le virus A/H1N1. Une campagne de sensibilisation a
été par ailleurs lancée depuis deux semaines au niveau des
infrastructures hospitalières tout en impliquant les mosquées pour
faire passer le message du ministère de la Santé qui ne fait que
répéter que «le vaccin anti-grippe A est sans conséquence grave sur
la santé». A croire Slim Belkessam, conseiller et responsable de la
communication au ministère de la Santé, 25 médecins de l’hôpital de
Beni Messous ont été vaccinés dans le cadre de cette campagne de
sensibilisation.
«Tous les chefs de
service de cet hôpital ont été vaccinés», avait-il souligné lors de
son briefing de la semaine dernière. Une déclaration qui ne cache
pourtant pas que le corps médical soit le premier et grand
boycotteur du vaccin. Par ailleurs, le rythme de la campagne de
vaccination a été davantage freiné par la mort de la femme médecin
de Sétif. Un cas mortel qui a été suivi cette semaine par la mort
de deux autres femmes enceintes après leur vaccination contre la
grippe A. Il s’agit de deux femmes d’Alger et de Djelfa, toutes deux
victimes du vaccin anti-grippe A. Deux enquêtes du département de la
justice sont également en cours afin de définir les causes des deux
décès. Ainsi, le nombre de femmes enceintes décédées par le vaccin
est probablement trois, jusqu’à preuve du contraire. Par ailleurs,
le nombre de femmes enceintes décédées est arrêté à 11 femmes la
semaine dernière sur un total de 46 contaminées par le virus.
Concernant la vaccination des femmes enceintes, elle est estimée à
environ 5 %, ce qui fera stocker encore le vaccin. Sur un autre
registre, les écoliers sont la troisième phase concernée par le
vaccin, ni le ministère de l’Education ni celui de la Santé n’ont
précisé une date pour la campagne de vaccination dans les écoles.
Fort heureusement que la transmission du virus dans les écoles n’est
pas importante, sinon le retard de la campagne de vaccination
scolaire aurait été catastrophique. Néanmoins, la polémique et
l’échec de cette campagne de vaccination au sein des écoles sont
prévisibles vu l’opinion catégorique que partagent les élèves et
leurs parents à propos du danger de mort que peut comporter le
vaccin. Or, l’opinion publique a déjà dépassé la phase de la panique
suscitée par la grippe A, ce qui jettera plus loin l’idée de
vaccination au sein de la société, mise à part l’image qu’ont les
Algériens sur ce vaccin. Sur un autre registre, le ministère de la
Santé a demandé la réduction des doses qu’il avait commandées afin
d’éviter plus de pertes, le vaccin étant largement boudé. Une
commande de réduction de doses de vaccin signifie échec de la
campagne de vaccination. Il faut dire que c’est le même scénario de
méfiance qui s’est déroulé dans la majorité des pays ayant entamé la
campagne de vaccination. Sauf que les conditions de déroulement de
cette dernière ainsi que le nombre de personnes vaccinées sont plus
transparents ailleurs. Rappelons que le vaccin contre la grippe A a
fait des victimes dans plusieurs pays ; à titre d’exemple, 4
personnes sont décédées suite à leur vaccination contre le virus en
Suède.
Le masque
anti-communication du ministère
Bien qu’il soit en
pleine période de crise, celle de la grève des praticiens ainsi que
l’épidémie de la grippe A, le ministère de la Santé se confine bien
dans son silence, sans pour autant faire le moindre geste qui montre
que ce département fait soi-disant face aux crises qui frappent son
secteur. En effet, le numéro du ministère ne répond pas. Contactés
maintes fois depuis deux jours, les chargés de la communication de
ce département, censé être le seul concerné par la maîtrise de la
situation, n’ont pu faire face à l’urgence des problèmes qui
exigent des explications et des éclaircissements aux médias, à
l’opinion publique ainsi qu’aux praticiens de la santé. L’épidémie
de la grippe porcine ainsi que la grève et les protestations des
praticiens de la santé sont une sorte de «virus» qui tarde à trouver
son vaccin au sein du ministère, ne serait-ce que par un dialogue,
avec la colère des praticiens qui réclament une vie
socioprofessionnelle digne. Idem pour l’épidémie du virus A/H1N1,
laquelle a été caractérisée par la polémique du vaccin et la
non-élucidation de l’autopsie du médecin de Sétif et la mort de
deux femmes enceintes après avoir été vaccinées contre la grippe A,
toutes trois probablement mortes à cause du vaccin, si les enquêtes
du département de la justice n’aboutissent pas à d’autres causes du
décès. Dans ce contexte, le ministère de la Santé ne s’est exprimé
que sur la mort de la première victime, alors qu’il a fait semblant
de ne rien entendre sur les deux autres. Aucune précision sur la
campagne de vaccination ou non des enfants et des écoliers, ni le
bilan de développement ou de recul de la pandémie en Algérie dont le
ministère avait la générosité d’exposer chaque fin de semaine. Cet
isolement très mal programmé laisse deviner la colère des praticiens
ainsi que la polémique sur le vaccin. Le ministère de la Santé
s’adonne-t-il à la résolution de problèmes plus sérieux que la grève
des travailleurs de son secteur ou plus urgents que la crise
épidémiologique de la grippe A, ou aurait-il, peut-être, pris un
congé de ma-ladie ? Des questions bien légitimes et l’état de
santé de ce secteur préoccupe tout un peuple, d’autant plus que,
fidèle à son habitude, le 30 30 ne répond toujours pas…
Par Yasmine
Ayadi
Haut
Suite à l'explosion de gaz de Oued Koriche
Sonelgaz
décline toute responsabilité
En dépit des
déclarations de nombreux citoyens faisant état d’appels incessants à
Sonelgaz, SOS restés sans écho, cette société maintient une version
tout à fait contraire à ces témoignages. Il est intrigant que soient
ainsi démenties toutes ces affirmations de citoyens et que leur
bonne foi soit mise en doute, alors que de prime abord, ils n’ont
aucun intérêt à charger et à accuser cette entreprise. Tout en
indiquant que les causes de l’accident qui a endeuillé la cité de
Oued Koreich ne sont pas encore déterminées, les responsables de la
société de distribution de l’électricité et du gaz d’Alger s’en sont
lavés les mains, lors d’une conférence de presse qu’ils ont
improvisée au niveau de leur siège à Alger-centre. Le responsable de
cette entreprise a indiqué qu’après vérification des appels
téléphoniques enregistrés, il s’est avéré que le seul appel qui a
été enregistré au niveau de leurcentre d’appel est celui
d’avant-hier à 9h15. Cet appel émanant de la sûreté urbaine du 5e
arrondissement a été reçu, selon les déclarations de ce responsable
par TIA de la direction de distribution de l’électricité et du gaz
de Bologhine. Cet appel a fait état d’une explosion survenue au
niveau du quartier en question. Selon le conférencier, les ouvrages
gaz colonnes montantes branchement et compteurs du lieu du sinistre
n’ont pas été endommagés. Les conduites de gaz constituant les
colonnes montantes sont restées saines et entières du
rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage y compris les étages
effondrés. «En effet, aucune trace de flamme ou de carbonisation au
niveau des conduites des colonnes montantes ni sur les murs les
soutenant n’ont été constatées» a-t-il justifié.
S.H.
Haut
Fassila, Hadjeras, Ghazi et Mourad…
Le GSPC perd
300 de ses éléments en 16 mois
Les experts en
matière de sécurité en Algérie s’accordent sur le fait que le
terrorisme et les activités des terroristes ont sensiblement baissé
durant les deux dernières années 2008 et 2009. L’incapacité des
groupes terroristes du GSPC à commettre des attentats terroristes
spectaculaires à travers la capitale, comme ceux du Palais du
gouvernement en 2007 et du siège de l’ONU à Hydra en 2008, se résume
surtout par les exploits réalisés par les forces de sécurité contre
les terroristes du GSPC. L’élimination de centaines de terroristes à
travers plusieurs wilayas du pays, dont des émirs dangereux, est à
l’origine de cette baisse sensible des activités du GSPC. En effet,
selon un bilan officiel, établi pour la période allant de septembre
2008 jusqu’au 1er janvier 2010, la lutte armée contre Droudkel et
ses sbires a porté ses fruits en éliminant plus de 300 terroristes,
dont près d’une vingtaine sont des émirs connus par les services de
sécurité. L’élimination des émirstels que Sofiane Fassila, Toufik
Ghazi, alias Tahar, deux émirs de la garde spéciale de Droudkel, est
un signe fort de l’Armée nationale, qui, désormais, s’attaque à la
sphère de cette organisation terroriste. L’élimination d’autres
émirs du GSPC, Hocine Hadjresse, Billal Ennadhir, L. Mourad ou
encore les dix derniers terroristes éliminés récemment à M’sila, qui
appartenaient au tristement célèbre groupe Tareq Ibn Zayad de Batna,
laisse prédire que les groupes terroristes vivent un mauvais moment
en Algérie. Une étape qui semble mettre définitivement le GSPC hors
de ses capacités. Cette facture très lourde pour l’émir national du
GSPC, Droudkel, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud, a non seulement
bouleversé ses plans diaboliques, mais pousse ce groupe criminel
dans ses derniers retranchements. Retranché dans les maquis, le
reste du GSPC n’a plus d’autres choix que de se rendre aux forces de
sécurité, car s’il arrive à réaliser quelques actions terroristes
dans le pays, ce qui est pris en considération par l’armée, cela ne
représente que des tentatives désespérées. Pire que cela, la perte
de ses éléments est très dur à accepter pour Droudkel. Généralement,
ces terroristes de premier rang sont tombés dans des embuscades des
forces de sécurité grâce aux renseignements fournis. La mort de
l’émir Sofiane et onze de ses compagnons, en grande Kabylie en 2007
dans une embuscade bien menée par l’Armée nationale, n’a pas été
acceptée par Droudkel qui venait de perdre des éléments-clés de son
organisation criminelle. D’autres coups sévères ont été portés aux
compagnons d’Abou Mossaâb. Les services de sécurité, à qui il faut
rendre hommage aujourd’hui, ont réussi à éliminer en seize mois des
centaines de terroristes dans les wilayas de Boumerdès, Tipasa,
Alger, Tizi Ouzou, Béjaïa, Aïn Defla, Tissemsilt, Blida, Médéa,
El-Bayadh, Djelfa, Bouira, Jijel, Batna, Skikda, Constantine,
Tébessa, Khenchela et Sidi Bel-Abbès. En outre, près de trente-cinq
terroristes se sont rendus aux forces de sécurité, alors que 400
autres ont été capturés vifs, généralement des terroristes qui
activaient dans des cellules de soutien. Parmi les terroristes qui
se sont rendus, il y a des candidats aux attentats-suicides, mais
également des terroristes ayant le grade d’émir et d’autres proches
de l’émir Droudkel.
L’Armée
nationale passe de la défense à l’attaque
Dans sa nouvelle
stratégie de lutte contre le GSPC, l’Armée populaire nationale avait
adopté une nouvelle forme de confrontation avec les groupes
terroristes, autres que les opérations classiques de ratissage, les
accrochages et les destructions des caches et de casemates. Cette
fois-ci, l’Armée nationale ne se contente plus de se défendre contre
le GSPC, désormais elle passe à l’attaque. La poursuite des
terroristes après chaque attentat, leur chasse dans leurs propres
repaires et leur encerclement en plus de la réactivation des
renseignements qui s’avèrent aujourd’hui très payante, ont aidé à
repérer les mouvements des chefs de l’organisation qui sont tombés
dans des embuscades dans plusieurs wilayas.
Sofiane Abi
Haut
Entretien avec Boukendakdji Mohamed co-gérant de la société TA.
Alu.
Un précurseur
africain dans les tableaux blancs
La société TA. Alu
est spécialisée dans la fabrication de tableaux de communication. La
gamme offerte par la société touche tous les niveaux scolaires et
universitaires. La société TA. Alu qui existe depuis l'an 2000
propose, depuis peu, des tableaux interactifs. Elle est aussi la
première société algérienne à s'être lancée dans la fabrication de
tableaux blancs.
La société TA.
Alu est la première à s’être lancée dans le domaine de la
fabrication de tableaux blancs en Algérie. Parlez-nous de votre
expérience.
La
société TA. Alu est effectivement la première société algérienne à
avoir fabriqué des tableaux blancs. Nous proposons des tableaux
variés destinés aussi bien aux écoles qu’aux universités. Nous en
fournissons même aux écoles coraniques. Nous proposons des produits
de qualité et dont la durée de vie est de dix ans. Nous avons
également un brevet d’invention enregistré à l’Inapi pour des
tableaux mixtes avec une surface pour le feutre et une autre pour la
craie. Nous sommes actuellement concurrencés par des importateurs
qui introduisent des tableaux chinois dont la durée de vie est très
courte par rapport aux nôtres. D’un autre côté, un certain nombre
d’entreprises algériennes ont commencé, depuis peu, à fabriquer des
tableaux mais ces derniers ont encore du chemin à faire. Je vous
signale aussi que l’Algérie est aujourd’hui le seul pays africain où
les tableaux blancs sont fabriqués.
On peut donc
dire que vous êtes un précurseur dans ce domaine au niveau
africain ?
Oui. La société
TA. Alu est la première société en Afrique, à avoir investi ce
domaine. Malgré le fait que nous n’arrivons toujours pas à répondre
à la demande du marché local, nous pensons déjà à exporter nos
produits vers d’autres pays africains en raison de la forte demande
qui existe actuellement.
Avez-vous
effectué des démarches dans ce sens ?
Oui. Nous avons
participé dernièrement à la deuxième Foire maghrébine organisée en
Libye et avons déjà trouvé des clients sur place. Je pense que nous
allons bientôt vendre nos tableaux à des clients libyens. Notre
ambition est de toucher d’autres pays après la Libye.
Votre société
accorde un intérêt particulier à l’innovation. Quels sont les
nouveaux produits que vous proposez actuellement sur le marché ?
Notre tout dernier
produit est le tableau interactif. Il s’agit d’un tableau doté d’un
dispositif lui permettant d’être connecté à des ordinateurs, de
façon à ce que tout ce qui est écrit sur le tableau est transféré
immédiatement vers les ordinateurs. Ce produit permet de gagner du
temps pendant les conférences ou même pendant les cours. Toutefois,
le produit sur lequel nous misons est un tableau blanc dont la durée
de vie sera de 25 ans.
Ce tableau que
nous proposerons bientôt à nos clients est fabriqué selon les normes
en vigueur en Europe. Mises à part les nouveautés, nous avons pour
priorité en ce moment de généraliser le tableau blanc au niveau des
établissements scolaires et universitaires. La décision du ministère
de l’Education de généraliser ce genre de tableaux remonte à l’année
2005 et nous faisons notre possible pour participer à cette
dynamique.
Propos
recueillis par Ahmed Gasmia
Haut
Mechta Mourad, jeune inventeur de 22 ans, propose
Un appareil de
publicité et d’information pour une vie plus simple
Effectuer un appel
téléphonique, connaî-tre l’heure de départ du train, appeler un taxi
et chercher une location, ce sont entre autres les services contenus
dans le même et unique appareil conçu par un jeune algérien de 22
ans. Mourad Mechta, encore étudiant, est l’exemple de la nouvelle
génération de l’éminence grise nationale qui vit au rythme des
nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il
vient de déposer un «brevet d’invention» à l’Institut algérien de la
propriété industrielle (Inapi). Il s’agit d’un appareil public de
publicité et d’information multifonctionnel. Cette invention est une
machine programmée, installée sur les places publiques, elle
regroupe plusieurs services utiles, susceptibles de rendre la vie
des citadins plus facile. Sous la forme d’un appareil de paiement
bancaire, cette machine est encore plus performante, nous explique
ce jeune inventeur lors d’une visite à notre rédaction. L’invention
se base sur la puce de téléphone portable pour le paiement des
prestations. Doté d’un grand écran, cet appareil sert de support à
l’affichage publicitaire. A l’instar des cabines publiques de «Houria»,
cette invention, explique Mourad Mechta, doit être placée dans les
places publiques et en assurer une couverture parfaite. Elle
propose, entre autres services, une connexion directe et permanente
avec les taxis sur un périmètre donné, elle est utilisée comme un
téléphone portable et permet d’effectuer des appels en cas de
faiblesse de la batterie. Aussi, elle peut être utilisée comme une
agence immobilière virtuelle, comme elle est programmée pour
mentionner les horaires de départ des bus et des trains, les
mouvements de tramway et du métro et des vols à partir de l’aéroport
Houari-Boumediene. Cet appareil, selon son concepteur, peut servir
de machine pour voter à l’occasion des élections, etc. Mechta Mourad
affirme avoir exposé son invention au ministère de la Poste et des
TIC et saisi celui des PME/PMI pour le lancement du projet. Un
projet d’une grande utilité d’autant que l’Algérie aspire accéder à
la e-administration et e-gouvernement.
Ao. F.
Haut
Malgré le froid et la grippe saisonnière
Les crèmes
glacées toujours convoitées
La consommation de
crèmes glacées bat son record ces derniers jours. En effet, ils sont
de plus en plus nombreux ceux qui consomment ces délices congelés
qui sont devenus une de leurs préoccupations hivernales et ce, dans
le but de déguster une bonne glace bien garnie, aux différents
arômes et couleurs d’autant que ces produits sont très prisés en
période estivale. Impossible de résister au plaisir savoureux d’une
glace au citron, au chocolat ou bien à la pistache d’une jolie
couleur vert clair même si ce n’est pas la période propice pour
cela. Cette saveur et cette douceur sont toujours à la mode et en
vente chez une multitude de petits artisans glaciers qui proposent
des textures exceptionnelles et aux parfums infiniment variés qui ne
cessent de séduire un grand nom-bre de passants qui n’hésitent pas à
déguster un bon cornet de glace ou bien un pot de glace multicolore,
à la rue Hassiba Ben Bouali comme à la Grande Poste. Déguster un
cornet de glace est devenu un moment de plaisir et de détente pour
plusieurs personnes, en compagnie de leur famille, de leurs amis ou
bien de leurs collègues. Cette étonnante réalité ne saurait échapper
à nos yeux, bien qu’on soit en période de grand froid où la grippe
saisonnière est toujours présente. «La consommation de glace n’est
pas affectée par la mode, elle est universelle, elle plaît et peut
être mangée à n’importe quel moment», nous dira Raouf, 30 ans,
rencontré à la Grande Poste en train de déguster un cornet de glace
«panaché». Il affirme que pour mieux se rafraîchir, une bonne glace
à la crème Chantilly lui suffira toute la journée. De son côté,
Toufik, 24 ans, rencontré à Aïn Benian, dit avoir l’habitude de
prendre des glaces en hiver. «J’aime les glaces en toute saison, je
raffole de celles qui ont le goût de la banane, c’est un véritable
délice», dit-il. Son ami Mouncef estime que ces délices congelés
sont une passion pour lui. «La glace c’est le top du dessert, j’en
raffole», dit-il. Pour sa part, Rabah, un jeune étudiant, rencontré
à la crèmerie «Fleur du jour», sise à la rue Richelieu à
Alger, déclare son attirance envers ces délices glacés qu’il
consomme pratiquement tous les jours. «Je consomme de la glace à
tout moment, été comme hiver sans risque de maladie, notamment la
grippe saisonnière, je suis en quelque sorte immunisé contre cette
maladie», a-t-il déclaré l’air souriant.
Salon de thé et
pizzeria vendent des glaces
Déguster une bonne
glace dans un charmant salon de thé ou dans une pizzeria le soir en
ce temps couvert est devenu une habitude pour de nombreux Algérois
qui trouvent leur grand bonheur en compagnie de leur progéniture. En
effet, cette affluence massive pour ces glaces pousse un grand
nombre de propriétaires à exercer le métier d’artisan glacier comme
une activité lucrative qui leur permet de gagner plus d’argent,
selon un vendeur de glaces, rencontré dans un salon de thé à la
Grande Poste; la consommation de glace bat son record en cette
période hivernale d’autant que plusieurs personnes affluent
massivement vers ces endroits. «Chaque jour, on reçoit une
cinquantaine de clients qui s’attablent à tout moment, on vend un
grand nombre de glaces aux différents arômes et parfums, nous avons
des glaces aux arômes de citron, fraise, garnies aux sirops de
chocolat, de cerise ou de banane, esquimaux glacés de différentes
formes et couleurs qui sont généralement réservés aux enfants»,
dit-il. Interrogé sur les prix, notre interlocuteur, estime qu’ils
sont variables selon la forme du cornet et l’arôme. «Les prix sont
variables, les cornets de glace varient entre 30 et 50 DA selon leur
forme et leur taille, les esquimaux entre 20 et 30 DA. Quant aux
grands pots de glace, ils varient entre 30 et 70 DA.»
Mehdi Isikioune
Haut
Forte chute de la production d'olives
L’huile est en
train de flamber
L'huile d'olive,
principale richesse agricole de la Kabylie, est connue certes pour
être un produit sujet aux aléas climatiques et à un rendement très
irrégulier au fil des saisons, mais cette année, la chute de la
production a été vertigineuse. La quantité d'olives cueillies n'a
pas baissé de moitié, mais de six fois.
La Kabylie, qui
détient près de 80 % de la superficie nationale consacrée à
l’oléiculture, aura connu cette année une chute de productions et de
rendements oléicoles inédite dans l’histoire des vergers de Tizi
Ouzou, Bouira, Béjaïa et Boumerdès, contrastant singulièrement avec
l’abondance de la récolte précédente (2008-2009). Durant la campagne
en cours (2009-2010), les premières estimations prévoient une
production plusieurs fois inférieure à celle de la campagne
précédente, selon les régions, tout comme les extractions d’huile
d’olive dont les prix marquent partout une nette tendance à la
hausse. Les oléiculteurs et les techniciens expliquent cette
situation par ce phénomène saisonnier qui veut qu’à une année
d’abondance succède une année de disette, mais aussi par une
multitude d’autres facteurs, à commencer par le manque d’entretien
des champs d’oliviers pour les opérations de labours, de taille et
de fertilisation. A cela, s’ajoute la conduite «inadéquate» des
exploitations oléicoles et un seul fait lié aux méthodes de
cueillette permet de le confirmer: les fruits ne sont pas cueillis à
la main, mais gaulés avec une longue perche qui abîme les jeunes
rameaux appelés à fructifier l’année d’après, souligne-t-on. Parmi
d’autres causes limitatives de la production, il est fait état de
certaines maladies, telles que la mouche Dachus et la teigne qui
continuent à faire des ravages dans les plantations d’oliviers, en
l’absence de toute opération de traitement par épandage aérien
souhaitée par les agriculteurs. La faible production de cette année
s’explique aussi, selon les techniciens, par l’altération de la
pollinisation fécondante des fruits due aux fortes précipitations
survenues aux mois de mars et d’avril, ainsi que de la canicule qui
a sévi l’été dernier, provoquant la chute d’une grande quantité de
fruits immatures. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, la campagne
oléicole qui s’étire habituellement sur une durée moyenne de trois
mois, n’aura duré, en conséquence, qu’une quinzaine de jours.
Durant cette courte période, il a été récolté, selon les
statistiques de la direction des services agricoles, une quantité
globale de 134 500 qx (au lieu des 200 000 qx attendus et surtout
des 743 000 qx réalisés l’année dernière) sur une superficie
productive de 27 100 ha, dont une grande partie est implantée sur
le plateau de Maâtkas et l’oliveraie de Boghni.
La production
d’huile d’olive divisée par six
La production
d’huile obtenue cette année a été estimée à moins de deux (2)
millions de litres, contre 13 millions de litres au titre de la
campagne 2008-2009 avec un rendement moyen évalué à 17 litres par
quintal. Le prix du litre d’huile, qui n’excédait pas l’année
dernière 300 DA, se négocie actuellement dans une fourchette de 450
à 500 DA, selon la responsable de l’OPAT, qui estime que le tarif
aurait pu être «plus salé» sans l’importance du stock d’huile déjà
détenu par les transformateurs. Plus des deux-tiers des 443
huileries que compte la wilaya de Tizi-Ouzou ont dû fermer cette
saison «faute de grains à se mettre sous la meule», selon
l’expression d’un technicien de la DSA. L’impact négatif de cette
situation touche aussi l’emploi saisonnier assuré par les
oleifacteurs dont les huileries ont fonctionné avec une équipe/jour
sur moins d’un mois alors qu’habituellement, une huilerie tourne
avec trois équipes pendant plus d’un trimestre, indique-t-on. A
Béjaïa, la campagne oléicole, qui est sur le point de s’achever, est
si maigre que la collecte d’olives n’a pas dépassé les 300 000
quintaux contre un peu plus d’un million de qx l’année précédente.
Bien qu’atténuée par de meilleurs rendements en huile, du fait d’une
meilleure teneur en matière grasse du fruit, il reste que la baisse
générale est de nature à influer fortement sur le prix de l’huile,
qui se négocie déjà à plus de 500 DA par litre, selon la DSA. Cet
important recul, provoqué par plusieurs facteurs dont le plus
évident est intimement lié au caractère saisonnier de la
spéculation, d’autant qu’en parallèle, les surfaces plantées sont
restées quasiment de même ordre, autour de 49 000 hectares. Mais ce
n’est pas tout, selon M. Haddeche, cadre à la DSA, qui évoque aussi
les conditions climatiques, notamment les incendies de l’été dernier
et les effets de la forte canicule qui y a sévi, sans compter les
conséquences de l’enneigement qui a prévalu en 2005 et qui continue,
dit-il, à exercer sur les vergers des montagnes des effets négatifs.
Résultat des courses: des rendements ramassés avec à peine 6,29
quintaux d’olives à l’hectare contre des prévisions étables à 15 qx/ha
et une production de 300 000 qx, contre les 700 000 prévus. La
production d’huile est en forte baisse (6 millions de litres contre
19 millions, l’an dernier) malgré une hausse des rendements 19,7
litres par quintal en moyenne. Même tempo à Bouira, où la production
d’huile d’olive, estimée à plus de 6,5 millions de litres la saison
dernière, a chuté au point de ne pas boucler le million de litres
cette année, selon la DSA.
Sur une surface
restée inchangée de 15 870 ha d’oliviers productifs, la wilaya n’a
pu engranger que 119 000 qx d’olives, soit une moyenne de 7,5 qx/ha,
dont le rendement a été estimé à seulement 18 litres/qx. Conséquence
directe: une hausse inédite des prix de l’huile d’olive dans la
région, dont les cours ont atteint les 500 DA/l au niveau des
huileries locales qui ont pu tourner cette année, car certaines sont
restées inactives faute de «graines à moudre», a-t-on constaté.
Rendements
«très mauvais» à Boumerdès
Boumerdès est
logée à la même enseigne sinon plus, selon les affirmations des
responsables locaux qui estiment, à deux semaines de la clôture de
la présente campagne, que la wilaya «vient d’enregistrer sa plus
mauvaise récolte de ces 30 dernières années». «Nous avons revu à la
baisse (soit de près de 1/3) nos prévisions de début de saison qui
sont passées de 134 000 qx à un peu plus de 30 000 qx d’olives
réellement engrangés, en enregistrant un très mauvais rendement de
pas plus de 5 qx/ha», a déploré le chargé du service de la
production végétale à la DSA. Selon ce responsable, Boumerdès
s’attendait à une production de près de deux (2) millions de litres
d’huile cette année, pour se retrouver en fin de compte avec 340 000
litres réalisés avec un rendement «très bas» de 11 litres par
quintal.
Les effets de
cette baisse de production ne se sont pas faits attendre sur le
marché local, où le litre d’huile d’olive se négocie entre 400 et
450 DA pour l’huile pressée la saison dernière, et entre 500 et 550
DA pour l’huile de saison.
Par Rachid F.
Haut
Nabil Hadid, gérant d'une huilerie familiale
«Notre activité
est réduite de 66% cette année»
Le Jour
d’Algérie : La saison de cueillette des olives est-elle achevée ?
Nabil Hadid :
Je dirais qu’à ce jour, la campagne de la cueillette d’olives est
pratiquement terminée dans la région qui est la nôtre, à savoir la
Soummam. D’ailleurs, nous avons fermé notre huilerie depuis quelques
jours maintenant.
On dit que
cette saison a été beaucoup plus courte que la précédente,
confirmez-vous ce constat ?
Absolument! Car
pour ce qui nous concerne, la saison des cueillettes a pris moins de
45 jours cette année ; au moment où elle avait duré environ deux
mois l’année passée.
Et qu’en est-il de
la production et du rendement ?
Si la campagne de
récolte a été réduite, il est évident que la production soit de
même. Même si je ne détiens pas un chiffre exact, je dirais que nous
avons trituré un peu plus de 1 000 quintaux cette saison, au moment
où nous avions approché les 3 000 quintaux la saison précédente.
Par contre, en
termes de rendement, il faut savoir que la saison précédente était
meilleure. Il était d’une moyenne de 20 litres/quintal contre 16 l/q
cette année.
La mauvaise
récolte a largement affecté les prix de l’huile…
C’était prévisible
que les prix augmentent. Comme pour tout autre produit, l’huile
d’olive obéit au principe de l’offre et de la demande. Elle était de
350 DA/litre la saison passée et se vend cette année entre 400 et
450 DA.
Selon vous,
quelles sont les raisons qui expliqueraient cette mauvaise
production ?
Tout d’abord, je
dirais que c’est un phénomène tout à fait naturel qu’un olivier soit
productif une saison sur deux. Cette alternance permet aux bougeons
de se régénérer pour reprendre leurs performances la saison d’après.
En outre, j’estime
que les incendies et la sècheresse ont tellement fait mal aux
oliviers qu’ils ont du mal à se renouveler et être productifs.
Entretien
réalisé par Hafid Mesbah
Haut
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