Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Détermination  

Cela fait trois ans que la guerre agite la Syrie, une guerre qui aurait déjà occasionné selon les dernières estimations plus de 130 000 morts. Une guerre qui déchaîne également les passions en Occident où les opinions publiques évoluent au fil du temps pour se faire moins manichéennes. Dès le début du conflit en Syrie, les médias occidentaux ont présenté le président Bachar al-Assad comme un dictateur sanguinaire qui ne tarderait pas à connaître le même sort que les ex-présidents tunisien et égyptien. Mais trois ans plus tard, le dirigeant syrien semble bien décidé à ne pas abandonner sa présidence, ni son pays. Et en Occident si les opinions publiques ont longtemps eu une image très négative d’al-Assad, la mise en avant des factions djihadistes qui sévissent dans le pays ont commencé à entamer l'image idyllique qui s'était formée autour de la rébellion qui combattait le régime syrien. Les dirigeants européens et américains eux-mêmes ont eu à changer leur discours après que l'islamisation de ceux qu'ils soutenaient inconditionnellement eurent éclaté au grand jour et qu'ils eurent pour nombre d'entre eux juré allégeance à Al-Qaïda. Dès ce moment- là, les Américains ont fortement ravisé leur discours et surtout ont cessé d'approvisionner les rebelles en armes. Surtout, Washington après une certaine hésitation a décidé d'abandonner l'idée d'une attaque militaire contre le régime syrien. Une attaque qui avait été pourtant décidé avec la France qui s'était alors retrouvée bien seule avec son discours manichéen à l'encontre de Bachar al-Assad., que le président français, François Hollande, voulait "punir". Aujourd'hui, rien ne semble indiquer une amélioration de la situation du pays, mais le président syrien reste, lui, confiant et surtout il n'hésite pas encore et toujours à affirmer que "son peuple est loin de le combattre ou de rejeter le soutien dans son combat contre les islamistes et contre ceux qui veulent déstabiliser leur pays". D'ailleurs, le dirigeant syrien a affirmé qu'il y avait de "fortes chances" qu'il brigue un nouveau mandat et exclu de confier un futur gouvernement à un opposant. "Je considère que rien n'empêche que je me porte candidat (…) et si l'opinion le souhaite, je n'hésiterai pas une seconde à le faire. Bref, on peut dire qu'il y a de fortes chances que je me porte candidat", a ajouté Assad, alors que la rébellion exige qu'il soit écarté de toute transition politique. Mais il n'est pas certain que même les Occidentaux soient prêts désormais à se passer de al-Assad, car s'ils soutiennent l'opposition depuis le début du conflit, aucune figure ne se détache aujourd'hui pour succéder au président syrien et encore moins pour ressouder la rébellion, qui est d'ailleurs agitée depuis quelques semaines par d'importants conflits internes. Al-Assad pourrait bien être le dernier recours d'Occidentaux lassés par une situation qu'ils ont tenté sans succès de contrôler mais qui n'a fait qu'occasionner une résurgence des islamistes et une implantation d'al-Qaïda en Syrie.         

F. M.

 

 

Monde

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 21/01/14

 

Pakistan

Attentat près du QG de l’armée, au moins 13 morts

Un attentat suicide taliban a fait au moins 13 morts et 18 blessés hier matin près du quartier général de l'armée pakistanaise en banlieue d'Islamabad, la deuxième attaque rebelle sanglante en deux jours. Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) a revendiqué cette attaque, comme l'attentat à la bombe dimanche qui a tué au moins 26 soldats et blessé 25 autres dans le nord-ouest, selon un dernier bilan officiel fourni hier, l'un des plus meurtriers de ces dernières années contre l'armée. Ces deux attaques font craindre une résurgence des attaques du TTP, dont le nombre avait baissé ces derniers mois, notamment depuis la mort en novembre dernier de son chef Hakimullah Mehsud, tué en novembre dernier par un tir de drone américain. L'attaque de hier a eu lieu peu avant 08h00 locales (03h00 GMT) sur un marché de Rawalpindi, ville jumelle de la capitale Islamabad, dans une zone de haute sécurité car située à environ un kilomètre du quartier général de l'armée, considérée comme l'institution la plus puissante du pays. Elle a été perpétrée par un kamikaze apparemment arrivé à vélo avant de continuer à pied, a déclaré à la presse Sajid Zafar Dall, un haut responsable de l'administration locale. "Au moins six soldats et sept civils ont été tués et 18 autres personnes blessées", a déclaré sur place à la presse un haut responsable de la police locale, Haroon Joya. "On ne sait pas comment il a réussi à pénétrer dans cette zone", a-t-il ajouté en précisant que l'explosion a eu lieu à une vingtaine de mètres d'une barrage de l'armée. Arrivés rapidement sur les lieux, des commandos de l'armée et de la police ont aussitôt bouclé le site, jonché de débris de magasins, d'échoppes et de reste humains. Le marché a fermé après l'explosion qui a également secoué et fait exploser les vitres des immeubles alentours. "J'étais en train de lire le journal après avoir ouvert mon magasin lorsque j'ai entendu une grosse explosion, qui m'a éjecté de ma chaise. Je suis alors sorti et j'ai vu de la fumée partout, et des blessés étendus sur le sol qui criaient", a raconté à l'AFP Liaqat Ali, un commerçant du quartier. L'attaque a été rapidement revendiquée auprès de l'AFP par le porte-parole du TTP, Shahidullah Shahid. Principal groupe rebelle du pays, le TTP, allié à Al-Qaïda mène depuis 2007 une violente rébellion contre le gouvernement dont il dénonce l'alliance stratégique avec les États-Unis, et à qui il réclame l'instauration d'un régime islamique radical. Shahidullah Shahid avait prévenu dimanche que le TTP mènerait d'autres attaques "contre le régime séculaire" du gouvernement. L'attaque de Bannu était destinée selon lui à venger les morts d'Hakimullah Mehsud et Waliur Rehman, n°1 et n°2 du TTP tués l'an dernier par des tirs de drones américains dans la zone tribale du Waziristan du Nord, principal bastion du TTP situé à la frontière de l'Afghanistan. Les sanglantes attaques de ces deux derniers jours vont soulever des questions sur la stratégie d'apaisement du Premier ministre Nawaz Sharif, revenu au pouvoir en mai dernier et qui a dans la foulée proposé des négociations de paix au TTP. Le TTP avait rejeté cette offre après la mort de Hakimullah Mehsud, remplacé par le Mollah Fazlullah, jusque-là chef des talibans de Swat (nord-ouest), réputé radical et intransigeant. Mais le mouvement rebelle se dit toujours intéressé par des négociations "sincères" à conditions que l'armée évacue les zones tribales du nord-ouest et que les Américains cessent d'y bombarder les rebelles avec leurs drones. Des conditions, notamment la première, que peu d'observateurs jugent acceptables pour une armée sans doute très remontée hier après avoir perdu au moins 32 soldats en deux jours. L'attaque de dimanche à Bannu est la plus meurtrière depuis celle qui avait tué 89 paramilitaires à Charsadda (nord-ouest) en mai 2011. Cette dernière avait été revendiquée par le TTP en représailles au raid américain qui avait tué le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden au début du mois dans le nord du pays. Les attaques du TTP ont fait plus de 6 600 morts à travers le Pakistan depuis 2007.

A.O

 

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