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Abdelghani Kiar, interprète chaâbi

Le blé qui lève

L’écrivain Rachid Mokhtari parle du «nouveau souffle» du roman algérien

 21/10/06

 

 Abdelghani Kiar, interprète chaâbi

Le blé qui lève

Nourri aux sources du patrimoine maghrébin et pétri dans le moule de son terroir, le jeune talent Abdelghani Kiar poursuit son petit bonhomme de chemin dans la musique chaâbie. Promis à un bel avenir, cet artiste en herbe prête l’oreille aux critiques, mais tourne le dos à ses détracteurs.

Faisant partie des 37 candidats qualifiés à la phase finale du 1er festival de la chanson chaâbie qui s’est étalé du 6 au 14 octobre au TNA, le jeune interprète Abdelghani Kiar s’est illustré de fort belle manière par sa personnalité artistique et son propre style, selon les mélomanes. A 27 ans, l’enfant de Bab El-Oued (ex-marché Nelson), Abdelghani Kiar a de beaux jours devant lui. Un jeune frais émoulu qui lève comme le blé. Il fait son apprentissage doucement et avec circonspection. Ses premières armes, il les a affûtées en solo en grattant sur la guitare, avant de faire ses premières classes auprès du regretté Boudjemaâ Ferguène qui lui distillait à petites doses son savoir. «Je l’ai connu en 1998 et il me donnait des pans de diwan que je lisais en décortiquant le sens des poèmes comme «Min Kaous Hadjbou besham r’chaqni r’chiq» ou  «Sir ya nâker lahssan» dont les airs étaient entonnés en sa présence», se rappelle-t-il. A chacune de mes rencontres avec lui, poursuit-il, il me corrigeait les «touachas», me prodiguait des conseils et m’orientait sur le plan pédagogique et didactique. De fil en aiguille, Abdelghani s’essaya dans l’interprétation des morceaux instrumentaux qu’il accompagna de «qcid» de Sidi Lakhdar Ben Khlouf, Kaddour El âlami, Ben Sahla, Ben Msaib et autres trouvères du Maghreb qui ont le don du verbe ourlé. Après un bref passage au sein de l’association El Inchirah au Bastion 23, Abdelghani s’isole un temps, prend du recul pour entamer des recherches personnelles sur le plan des textes, nous confie-t-il.

Mon credo : forger ma propre personnalité artistique

Ayant la tête sur les épaules et les pieds sur terre, Abdelghani ne cherche pas la célébrité ni à se mettre en tant qu’artiste en herbe sous les feux de la rampe, sinon à prêter l’oreille aux maîtres du chaâbi comme Hadj M’hamed El Anka et Hadj El Hachemi Guerrouabi. Son credo ? Forger son propre style avec une nouvelle mélodie. Pour son premier coup d’essai, ce fut un coup de maître lors d’une fête familiale. En 2002, il est convié à agrémenter une soirée à Scotto (Oued Koriche), très appréciée par les présents. «Depuis, j’interprète des textes que je conjugue à une mélodie que je compose moi-même», note-t-il. Une manière de se démarquer des autres interprètes ? Non, il tient à faire écouter et apprécier au public mélomane des «qcids», «nesrafate» et «naqlabate» avec des airs nouveaux sans pour autant dénaturer la structure des textes. Abdelghani ne se reconnaît pas dans la notion d’élitisme et n’approuve pas les groupes qui se prétendent mandatés dans le genre chaâbi, dira-t-il en termes voilés. «Je peux comprendre qu’il y a un public qui ne les apprécie pas, car la nouveauté n’est pas admise du premier coup», reconnaît notre jeune interprète qui, toutefois, regrette que certains se servent d’arguments éculés pour confiner le genre chaâbi dans un cercle hermétique. «J’invite les gens à laisser germer le bourgeon ; par la suite, ils pourront juger de sa qualité», renchérit Abdelghani qui cite en exemple les «qcids» «Koûl noûr min noûr El Hachemi el Kamal» et «Roûf yada Bala’yane», des textes qu’il a «remixés» sur la base d’une recherche personnelle et avec sa dynamique expressive. A présent, Abdelghani Kiar enrichit son répertoire pour s’affirmer dans la cour des grands. Il détient quelque 400 «qcids» de différents poètes, dont nombre d’entre eux ne sont pas encore interprétés, souligne-t-il. «Mon ambition est de les travailler pour les mettre en valeur avec ma propre composition et dans un arabe épuré», nous dira-t-il, en guise de conclusion.          

Hacène K.

 

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L’écrivain Rachid Mokhtari parle du «nouveau souffle» du roman algérien

Une analyse de la production littéraire du début des années 2000 a été faite par le journaliste et écrivain Rachid Mokhtari qui a présenté mardi son livre intitulé «Le nouveau souffle du roman algérien», dans le cadre des rencontres organisées par les éditions Chihab d’Alger. «Dans cette analyse, j’ai rompu avec la tradition de la critique littéraire qui s’est arrêtée aux fondateurs du roman moderne maghrébin tels que Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Mouloud Mammeri etc», a indiqué Rachid Mokhtari ajoutant:  «Pour moi, ces fondateurs sont toujours là. Ce sont des repères  mais il existe bien, non pas un héritage littéraire, mais des ruptures par rapport aux fondateurs et c’est ce que j’ai voulu montrer». «Les auteurs des années 2000-2005  sont de jeunes écrivains qui n’ont pas un seul style. Chacun a une individualité esthétique, c’est-à-dire dans la manière de construire le texte», a-t-il dit tout en relevant la prédominance de la subjectivité dans leurs œuvres. «Ces nouveaux venus à la littérature ne sont pas représentatifs d’un courant politique ni idéologique et viennent de plusieurs horizons», a-t-il dit à propos de ces écrivains qui ont «une autre manière d’appréhender l’écriture». «Aucun auteur ne ressemble à un autre», a relevé Rachid Mokhtari estimant que «les préoccupations esthétiques de ces écrivains sont plus grandes que les thématiques». «Leurs personnages ne sont pas construits selon les canons classiques», a  ajouté l’orateur qui a englobé dans son étude à la fois des écrivains francophones et arabophones. 

«Je me suis limité aux textes d’écrivains algériens qui résident en Algérie.

C’est un choix délibéré que j’ai fait, estimant que le cadre, le contexte historique dans lequel on écrit infère sur la production», a-t-il souligné précisant qu’il ne fait pas de l’histoire littéraire mais de l’anthropologie littéraire.

 

 

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