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Restauration de la Villa Abdeltif
Pour quand la
livraison ?
La villa Abdeltif
sera transformée en centre d’archives et de documentation des arts
plastiques. C’est ce qu’a annoncé le responsable du patrimoine au
niveau de la direction de la culture de la wilaya d’Alger, Farid
Fettouche, indiquant que la reprise des travaux de restauration en
2005 sont à 60 % et le coût de la première phase est estimée à 30
millions de dinars.
Il est un lieu
commun de dire que la villa Abdeltif est un patrimoine porteur de
mémoire, au regard de sa dimension culturelle et historique. La
villa Abdeltif est la sœur de la Villa Médicis et de la Villa
Velasquez en Espagne, prestigieux réceptacles des artistes du XVIe
siècle. Cette somptueuse bâtisse qui fut la propriété de Ali Agha,
puis l’Agha Hadj Mohamed Khodja, a été achetée par Abdeltif qui lui
annexa un jardin mitoyen à la fin du XVIIIe siècle. En 1834, le
propriétaire fut exproprié par l’administration française. A partir
de 1907, les premiers pensionnaires de la villa Abdeltif, sculpteurs
et graveurs de la métropole dont les plus marquants comme Paul
Jouve, Léon Cauvy, Pierre Poisson, Jacques Simon, Léon Carré,
Charles Dufresnes et autres Henri Vilain, Marius de Buzon et Darrieu
pour ne citer que ceux-là y avaient élu domicile. Les réserves du
musée des Beaux-arts conservent plus de 700 tableaux peints par les
pensionnaires de la Villa. Dire l’importance de ce pan d’histoire
picturale qui marqua la période allant de 1906 à 1954 où plusieurs
peintres français remportèrent de leur séjour algérien une somme de
découvertes qu’ils n’ont pu oublier. Aussi, la Villa Abdeltif reçut
souvent des personnalités du monde des arts et des lettres tels
Georges Duhamel, André Maurois, Le Corbusier et André Lhote et Carl
Max qui y passa un séjour alors qu’il était malade. Nichée au
milieu d’une végétation luxuriante et surplombant le musée des
Beaux-arts, la Villa Abdeltif, jadis maison des artistes, souffre
d’une dégradation de sa bâtisse générée par la négligence de l’homme
conjuguée à l’inertie des autorités et l’injure du temps et ce,
depuis l’Indépendance où elle a commencé à se détériorer. Défrayant
la chronique à plusieurs reprises, par le passé, quant à l’état de
l’abandon dans lequel elle se trouve, la Villa Abdeltif capte de
nouveau le regard non sans compresser le cœur. Il y a quelques
années, à travers un documentaire, le réalisateur Malek Sahraoui
tirait une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Son travelling
balayait non sans un pincement au cœur la décrépitude de ce joyau,
squatté avant 2002 par 14 familles. Depuis, les pouvoirs publics ont
décidé de prendre à bras-le-corps ce joyau architectural, classé,
faut-il rappeler, monument historique depuis 1922. Espérons que ce
merveilleux et précieux site, qui fait l’objet de restauration,
retrouvera son lustre. Un site de rayonnement, source d’inspiration,
d’art et de culture. Enfin, soulignons que la wilaya d’Alger compte
des dizaines de palais de type néo-mauresque édifiés à l’époque
coloniale. Parmi eux, certains ont fait l’objet d’étude et de
travaux d’urgence, à l’image de dar Djenane Lakhdar (Madania), la
villa Mahieddine, Djenane Raïs Hamidou (dite villa du Traité sise à
El Biar), le Fort de Bordj el Kiffan, le palais Rahat eddey (Bologhine),
le palais du dey Hussein et le palais Boulkine (daïra d’Hussein-Dey).
Par ailleurs, concernant les opérations de restauration des sites
classés dans le patrimoine national, il a été révélé avant-hier,
par la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi «un certain
manque» d’expertise en matière des techniques de restauration,
soulignant que «les quelque 50 architectes algériens spécialisés
dans la restauration nécessitent des formations et de stages à
l’étranger». Dans la foulée, la ministre a annoncé que le site
Djnane Lakhdar servira avant la fin 2006 comme siège de l’Agence
algérienne du partenariat culturel. Concernant la situation actuelle
de La Casbah d’Alger, Mme Toumi a indiqué que les travaux de
restauration de ce site millénaire «nécessitent l’expérience de
spécialistes ainsi qu’un plan permanent de sauvegarde» car, selon
elle, «La Casbah souffre de plusieurs maux et l’amour, l’attention
et la conscience ne suffisent pas pour lui restituer sa belle
image».
Hacène K.
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