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Restauration de la Villa Abdeltif

Pour quand la livraison ?

 

 21/11/06

 

 Restauration de la Villa Abdeltif

Pour quand la livraison ?

La villa Abdeltif sera transformée en centre d’archives et de documentation des arts plastiques. C’est ce qu’a  annoncé le responsable du patrimoine au niveau de la direction de la culture de la wilaya d’Alger,  Farid Fettouche, indiquant que la reprise des travaux de restauration en 2005 sont à 60 % et le coût de la première phase est estimée à 30 millions de dinars.

Il est un lieu commun de dire que la villa Abdeltif est un patrimoine porteur de mémoire, au regard de sa dimension culturelle et historique. La villa Abdeltif est la sœur de la Villa Médicis  et de la Villa Velasquez en Espagne,  prestigieux réceptacles des artistes du XVIe siècle. Cette somptueuse bâtisse qui fut la propriété de Ali Agha, puis l’Agha Hadj Mohamed Khodja, a été achetée par Abdeltif qui lui annexa un jardin mitoyen à la fin du XVIIIe siècle. En 1834, le propriétaire fut exproprié par l’administration française. A partir de 1907, les premiers pensionnaires de la villa Abdeltif, sculpteurs et graveurs de la métropole dont les plus marquants comme Paul Jouve, Léon Cauvy, Pierre Poisson, Jacques Simon, Léon Carré, Charles Dufresnes et autres Henri Vilain, Marius de Buzon et Darrieu pour ne citer que ceux-là y avaient élu domicile. Les réserves du musée des Beaux-arts conservent plus de 700 tableaux peints par les pensionnaires de la Villa. Dire l’importance de ce  pan d’histoire picturale qui marqua la période allant de 1906 à 1954 où plusieurs peintres français remportèrent de leur séjour algérien une somme de découvertes qu’ils n’ont pu oublier. Aussi, la Villa Abdeltif reçut souvent des personnalités du monde des arts et des lettres tels Georges Duhamel, André Maurois, Le Corbusier et André Lhote et Carl Max qui y passa un séjour alors qu’il était malade.  Nichée au milieu d’une végétation luxuriante et surplombant le musée des Beaux-arts, la Villa Abdeltif, jadis maison des artistes, souffre d’une dégradation de sa bâtisse générée par la négligence de l’homme conjuguée à l’inertie des autorités et l’injure du temps et ce, depuis l’Indépendance où elle a commencé à se détériorer. Défrayant la chronique à plusieurs reprises, par le passé, quant à l’état de l’abandon dans lequel elle se trouve, la Villa Abdeltif capte de nouveau le regard non sans compresser le cœur. Il y a quelques années, à travers un documentaire, le réalisateur Malek Sahraoui  tirait une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Son travelling balayait non sans un pincement au cœur la décrépitude de ce joyau, squatté avant 2002 par 14 familles. Depuis, les pouvoirs publics ont décidé de prendre à bras-le-corps ce joyau architectural, classé, faut-il rappeler, monument historique depuis 1922. Espérons que ce merveilleux et précieux site, qui fait l’objet de restauration, retrouvera son lustre. Un site de rayonnement, source d’inspiration, d’art et de culture. Enfin, soulignons que la wilaya d’Alger compte des dizaines de palais de type néo-mauresque édifiés à l’époque coloniale. Parmi eux, certains ont fait l’objet d’étude et de travaux d’urgence, à l’image de dar Djenane Lakhdar (Madania), la villa Mahieddine, Djenane Raïs Hamidou (dite villa du Traité sise à El Biar), le Fort de Bordj el Kiffan, le palais Rahat eddey (Bologhine), le palais du dey Hussein et le palais Boulkine (daïra d’Hussein-Dey). Par ailleurs, concernant les opérations de restauration des sites classés dans le patrimoine national, il a été révélé avant-hier, par  la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi «un certain manque» d’expertise en matière des techniques de restauration, soulignant que «les quelque 50 architectes algériens spécialisés dans la restauration nécessitent des formations et de stages à l’étranger». Dans la foulée, la ministre a annoncé que le site Djnane Lakhdar servira avant la fin 2006 comme siège de l’Agence algérienne du partenariat culturel. Concernant la situation actuelle de La Casbah d’Alger, Mme Toumi a indiqué que les travaux de restauration de ce site millénaire «nécessitent l’expérience de spécialistes ainsi qu’un plan permanent de sauvegarde» car, selon elle, «La Casbah souffre de plusieurs maux et l’amour, l’attention et la conscience ne suffisent pas pour lui restituer sa belle image».           

Hacène K.

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