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Affaire Khalifa Bank/Hamid Foufa surprend l’assistance

«Je n’ai pas fait d’expertise»

Le liquidateur parle

L’expert Hamid Foufa

«La liquidation peut durer cinq ans»

Tribunal de Blida

Une belle opportunité pour les commerçants du quartier

La présidente du tribunal 

«Si seulement Khalifa parlait»

Hanoune estime que la justice ne doit pas s’arrêter à Khalifa

«Il faut tirer au clair l’affaire BRC»

Debré reçu hier par Bouteflika

Repentance : Alger ne cède pas

Ahmed Benaïcha, ancien émir de l’AIS

«L’heure n’est pas propice pour la création de partis»

Reprise du dialogue gouvernement- Aârouch,

La CADC n’a pas dit son dernier mot

Enquête / Ces jeunes qui ne pensent qu’à partir

Grandir… face à la mer

Formation syndicale

Des experts américains à l’UGTA

Harraga vers l’Espagne

La gendarmerie s’attaque aux commanditaires

Conflit Naftal-stations-services 

Les propriétaires privés vont s’expliquer

Crise interne au Cnes

Des syndicalistes quittent Boukaroura

Commerce extérieur

Excédent record de la balance commerciale

Agence nationale des changements climatiques

«Nous pouvons prévenir le réchauffement»

Syndicalisme

Séminaire sur l’intégration des femmes

 

 22/01/07

 

 Affaire Khalifa Bank/Hamid Foufa surprend l’assistance

«Je n’ai pas fait d’expertise»

L’expert Hamid Foufa, agréé auprès des tribunaux, a relaté, hier, au tribunal criminel près la cour de Blida, l’expertise effectuée à la caisse principale de Khalifa Bank. «Il faut parler, maintenant, uniquement de la caisse principale.

Nous parlerons des agences plus tard», lance, d’emblée, la présidente du tribunal.

«Nous nous sommes déplacés au siège de la liquidation, à Chéraga où il se trouvait, auparavant. Nous avons demandé au liquidateur de nous remettre les documents qui nous permettraient de connaître la situation de cette banque. La réponse était que le problème résidait dans la caisse principale et les 11 écritures entre sièges (EES)», témoigne cet expert. «En principe, c’est une expertise qui peut déterminer le préjudice. Le problème est qu’à l’époque, nous ne pouvions pas faire cette expertise. Je ne l’ai donc pas faite», ajoute-t-il.

Cet expert explique que pour connaître le préjudice causé à cette caisse, il est nécessaire de recenser la présence physique (l’argent disponible) et les pièces comptables. «Je n’ai pas fait cette opération. Je n’ai fait qu’un constat». Un constat établi sur la base des documents remis à cet expert.

- «Pourquoi, donc ?», demande la présidente.

- «C’est un problème lié au facteur temps. Le juge instructeur (prés le tribunal de Chéraga) était tenu par le temps et cette expertise prendrait du temps si elle était effectuée», répond Hamid Foufa.

- «Auriez-vous trouvé un trou financier plus

important ?»

- «Les EES (qu auraient été établies pour ‘cacher’ le trou financier de plus de 327 milliards de centimes) ont été faites dans la précipitation, dans la panique et cette somme ne concerne qu’un moment T. On a donné l’ordre pour «régulariser».

Cet expert fait savoir à la présidente du tribunal qu’il est fort possible que ce préjudice soit plus important et, également, qu’il y ait des justificatifs pour certaines sommes.

- «Des justificatifs d’une manière normale ?»

- «Oui»

L’expert Hamid Foufa a lancé cette phrase qui est d’importance : «Au jour d’aujourd’hui, il y a encore des surprises et du suspense. J’ai dit que le vrai préjudice ne sera connu qu’à la fin de la liquidation», dira-t-il.

Il cite un exemple, pour mieux faire parvenir son message : «On ne peut connaître le volume de carburant qu’un camion peut contenir qu’une fois ce camion vidé de ce carburant.»

- «Est-ce qu’on peut comprendre, par là, qu’il y a des anomalies pour ce qui concerne ces 11 EES ? Si oui, lesquelles ? », demande la présidente

- «Il y avait des anomalies», répond l’expert, qui a, par la suite, donné les chiffres du trou financier, en insistant sur le fait qu’il ne s’agit que d’un trou financier enregistré à un moment T. Des chiffres qui ont été donnés par notre journal, auparavant.

A une question de la présidente pour savoir si les retraits d’argent par des responsables de Khalifa auprès de Khalifa Bank au bénéfice de Khalifa Rafik Abdelmoumen, sans documents, serait contraire à la loi, cet expert estime qu’il s’agit de «manque de courage de la part de ces responsables qui craignaient de perdre leurs postes». Evoquant les 11 EES, il souligne qu’il s’agit d’écritures qui tendaient à «cacher» le trou financier. Les écritures qui ont suivi ces EES n’ont, selon lui, pas été intelligentes puisqu’il affirme que des responsables de Khalifa Bank «manquaient d’expérience» et qu’«il y avait une autre solution pour faire face à ce trou». Laquelle ? Cet expert soutient qu’«il suffisait de débiter cette somme du compte bancaire de Khalifa Rafik Abdelmoumen» et tout serait rentré dans l’ordre.

- «Khalifa avait-il un compte bancaire dans cette

banque ?», interroge la magistrate qui lui demande s’il avait rencontré ce numéro de compte durant sa présence, en tant qu’expert, dans la banque d’Abdelmoumen.

- «Je ne sais pas, je n’ai pas rencontré ce compte», répond-il 

Au cours de son audition, hier, en tant que témoin, l’expert a informé le tribunal que le trou financier, en contrevaleur, estimé à plus de 327 milliards de centimes, alors qu’en vérité ce trou ne peut être évalué qu’à la fin de la liquidation.

L’un des avocats de la défense est intervenu pour poser une question à savoir si les «bouts de papier» remis par le P-DG sur lesquels sont inscrites les sommes d’argent qu’il voulait retirer des agences Khalifa Bank et sa signature pourraient constituer des pièces comptables justifiant ces retraits, la présidente a répondu que «ces bouts de papiers ne pouvaient, en aucun cas, constituer des pièces comptables». Chose confirmée par Hamid Foufa. «Ces papiers prouvent que c’est Khalifa Rafik Abdelmoumen qui a demandé cet argent mais ne peuvent pas constituer des documents exigés par la loi», ajoutera-t-il.

Est-ce qu’il pourrait exister des sommes d’argent retirées à la demande d’une personne autre que Khalifa Rafik Abdelmoumen ? On n’en sait rien. Cependant, et selon la magistrate, des personnes étrangères au groupe Khalifa auraient retiré de l’argent d’agences Khalifa Bank et que ce ne sont pas seulement des responsables de ce groupe qui faisaient de retraits. «Nous reviendrons à ça après», dira-t-elle.     

M. Abi

 

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Le liquidateur parle

Après un week-end prolongé, le procès de l’affaire Khalifa a repris hier dimanche par un rappel de Chachoua à la barre avant d’écouter Aggoun au sujet de l’achat de sa villa et les conclusions de l’expert Hamid Foufa et le liquidateur Youcef Badsi. Si Chachoua n’a rien apporté de plus à ses déclarations de mercredi et de jeudi, Aggoun n’a pour sa part pu convaincre le tribunal à propos de l’acquisition de la villa située au quartier des artistes à Zéralda. Quoique le présidente et même le représentant du ministère public ont essayé de lui délier la langue, notamment concernant le prix réel de l’acquisition, l’inculpé a maintenu ses dires affirmant qu’il s’agissait pour lui d’une affaire sans plus. Déjà propriétaire d’une habitation qu’il avait acquise à Blida en 1996 au prix de 6,5 millions de dinars, pour la présidente, la villa de Chéraga est dotée d’une piscine et d’un équipement de haut-de-gamme mériterait un prix plus important, a moins que le prix déclaré aux domaines a été dévalué. L’intervention de Hamid Foufa était très attendue, d’ailleurs à travers des explications terre à terre, il a apporté un jugement de technicien sans limiter le moindre jugement sur un quelconque agent de Khalifa. Pour lui, le tort c’est que l’anarchie régnait à tous les niveaux et personne n’était responsable. «Le temps qui m’a été imparti pour faire mes conclusions ne me permettait pas de faire ressortir au centimes prêt le déficit de la caisse principale» en réponse aux questions de la présidente. D’ailleurs, dans son exposé, il reconnaîtra l’établissement des onze écritures entre sièges pour combler le vide qui existait au niveau de la caisse principale et qui s’élève à

327 778 663 638 centimes et soulignera que même le liquidateur ne connaîtra pas le montant définitif découvert. Cet aspect a été effectivement développé par le liquidateur, Batsi Youcef qui, en 70 minutes a brossé un tableau de la situation de Khalifa et d’emblée, dira qu’elle disposait de moyens sophistiqués en informatique et même en documents, mais qu n’ont jamais été utilisés. Après avoir expliqué le processus organisationnel employé, dont l’établissement d’une feuille de route, le liquidateur affirmera avoir rencontré d’innombrables difficultés pour entreprendre sa mission, qui n’avait aucune relation avec les autres activités.

Parmi les difficultés, il soulignera les indemnisations dont le nombre de déposants dépasse les 200 000. «En 6 mois de travail, j’ai réussi avec mon équipe, composée de 42 personnes à traiter 110 000 chèques ayant nécessité un remboursement de plus de sept millions de dinars. Tout au long de ses explications, il affirmera que le groupe Khalifa n’existait pas dans la réalité, il y avait la banque autour de laquelle gravitaient Khalifa Airways, Construction, Pharmacie et Location de voitures. Dans ses explications, il affirmera même que pour la location d’avions, le propriétaire avait exigé un cautionnement, que Khalifa a remis en retirant de l’argent de la banque. A propos des remboursements des déposants, le liquidateur était formel au vu de l’important déficit en déclarant qu’ils ne percevront qu’entre 5 et 10% de la somme réclamée. En entendant ce chiffre, certains sont devenus blêmes et d’autres ont quitté la salle. Il y a également les difficultés que rencontre le liquidateur pour les actions à entreprendre à l’étranger, en France en particulier, où certains biens ont été liquidés sans que les autorités algériennes n’en prennent connaissance. Ce matin, sans doute, le liquidateur sera encore entendu par le tribunal.

A B M

 

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L’expert Hamid Foufa

«La liquidation peut durer cinq ans»

Rencontré à la fin de l’audience de la matinée d’hier, l’expert Hamid Foufa a confirmé à des journalistes ce qu’il venait d’annoncer au tribunal criminel prés la cour de Blida, à savoir qu’il n’a pas effectué que d’expertise dans la caisse principale de cette banque et qu’il n’a fait que constater les documents qui lui ont été remis par l’administrateur. «Il n’ y avait pas suffisamment de temps pour effecteur cette expertise car le juge d’instruction (prés le tribunal de Cheraga) était tenu par le facteur temps. A notre question de savoir si le trou financier de l’ordre de 327 milliards de centimes enregistré à la caisse principale de cette banque pourrait être plus importante, il répond que «Oui» et que «ce trou financier ne concerne qu’un temps T». «Il faut attendre la fin de la liquidation pour connaître le préjudice causé à cette banque », éstime-t-il. « La liquidation du groupe Khalifa, toujours en cours, pourrait se poursuivre jusqu’à une durée de cinq ans », soutient-il.

M. Abi

 

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Tribunal de Blida

Une belle opportunité pour les commerçants du quartier

Le procès de l’affaire Khalifa qui se déroule à Blida apparaît comme un moyen de médiatisation, non seulement pour les robes noires, mais aussi pour tout ce qui gravite autour de l’enceinte du palais de justice. En effet, à l’intérieur de l’institution judiciaire, la plupart des gens qui suivent les débats de ce procès ont remarqué la forte présence d’avocats, dont certains ne sont pas engagés mais assistent à titre d’observateurs simplement. Ceci a fait dire à l’un d’eux, que c’est une occasion de bénéficier de l’expérience de leurs aînés et de se faire connaître du public. Certains ont saisi même l’opportunité de se photographier aux côtés de leurs aînés lors des déclarations à la presse. A l’intérieur du palais, règne une ambiance inaccoutumée.

Dans ce quartier à forte concentration populaire, eu égard à l’implantation de plusieurs cabinets d’avocats, de l’hôtel des finances, de la trésorerie de la wilaya et du tribunal, sans compter les cafés, les restaurants et les kiosques multiservices qui connaissent en cette période une activité débordante. Certains cafés et restaurants du quartier ont même recruté du personnel en renfort pour faire face à leur clientèle.     

B. M.

 

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La présidente du tribunal 

«Si seulement Khalifa parlait»

La présidente du tribunal criminel près la cour de Blida, Mme Fatiha Brahimi a lancé, hier, dans la matinée, lors de l’audience, qu’elle souhaiterait que Khalifa Rafik Abdelmoumen s’exprime.

«Si seulement il pouvait le faire», souligne-t-elle. C’est la deuxième fois, depuis le début de ce procès, qu’elle émet cette éventualité. La première fois c’était lorsqu’elle avait affirmé, à l’adresse de certains accusés, qui ont témoigné que l’argent qu’ils retiraient des agences de Khalifa Bank, était destiné à Khalifa : «C’est vous qui dites ça !» et qu’«il faudrait que Khalifa Rafik Abdelmoumen se prononce à ce sujet», conclura-t-elle  

M. A.

 

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Hanoune estime que la justice ne doit pas s’arrêter à Khalifa

«Il faut tirer au clair l’affaire BRC»

L’intervention de Louiza Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs à l’émission «En toute franchise» a été axée, notamment, sur «l’importance de poursuivre les responsables. S’il y a une justice, elle ne doit pas s’arrêter là sans déterminer les responsables de ce complexe maffieux». Les préjudices sont toujours perceptibles, d’ailleurs, expliquera-t-elle la compagnie Air Algérie ne s’est pas encore remise du contrat l’ayant liée à Khalifa Airways concernant les lignes internes. Louiza Hanoune ajoutera que la machine judicaire ne doit pas s’arrêter au procès de Khalifa seulement, «elle doit également  tirer au clair l’affaire BRC et les affaires liées à la dilapidation des deniers publics».

Comme à son accoutumée, la secrétaire générale du Parti des travailleurs n’a pas ménagé le ministre des Participations et de la Promotion des investissements et de dresser un tableau sombre du bilan des privatisations.

«Il faut juger les responsables de la dissolution des entreprises publiques», estime l’invitée de Radio chaîne III, appelant à supprimer le département de M.Temmar.

Sur le plan politique, Mme Hanoune reviendra sur l’accord conclu entre son parti et celui du FLN en vue des élections sénatoriales. «Nos élus soutiennent les candidats FLN en contrepartie de certains points». Il s’agit, entre autres, du soutien de ce parti pour les problèmes quotidiens dans certaines communes. Se disant confiante quant aux prochaines échéances législatives et locales,

Mme Hanoune explique que son parti n’est pas contre le débat sur la révision constitutionnelle,  mais l’urgence est l’arrêt de la concession des mines et des richesses et de leur dilapidation. Elle proposera à ce que chaque élu soit contrôlé par son parti, pour qu’il y ait «moins de dépassements».

A la question de savoir si son parti est prêt à intégrer le gouvernement si on le lui propose, la SG du PT répondra que cette proposition sera exclue tant que son parti n’est pas majoritaire au Parlement. «Mais nous continuerons à soutenir quand il y a des décisions louables et à dénoncer quand il y a quelque chose qui ne va pas».  

Fatima Arab

 

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Debré reçu hier par Bouteflika

Repentance : Alger ne cède pas

Avant d’être reçu par le président Bouteflika, le président de l’Assemblée française, Jean Luis Debré avait déclaré que sa rencontre «sera certainement pour nous tous importante, notamment pour les relations entre nos deux pays».

Une déclaration qui, sans nul doute, témoigne de l’ampleur de l’attente française. En effet, depuis l’incident fâcheux, comme aiment à le préciser les officiels français, de la loi du 23 février 2005 qui a porté un sérieux couac au processus de refondation des relations entre Paris et Alger, mis en place en 2003, un forcing est opéré par les politiques en vue d’amener Alger à de meilleurs sentiments. Le tête-à-tête que Debré a eu hier au dernier jour de sa visite de trois jours a dû constituer un nouveau teste pour jauger la situation. Et force est de croire qu’il s’est avéré une nouvelle fois négative. Pas plus que Douste-Blazy ou encore Sarkozy, Debré n’a rien obtenu au bout de son séjour algérien. Alger ne semble pas vouloir céder devant le pressing français. La repentance exigée comme préalable à la signature du traité d’amitié est toujours de mise. Hier à l’issue des entretiens qu’il a eus avec le Président algérien, le président de l’Assemblée française déclarera que les discussions avec le chef de l’Etat «ont été empreintes de franchise», soulignant que «les rapports d’affection entre nos deux pays se portent bien».  Ce qui n’a rien de nouveau en soi. Et que «l’ensemble des questions concernant aussi bien les relations entre l’Algérie et la France que leur répercussion sur les principaux problèmes du bassin méditerranéen» ait été évoquée, n’a rien de surprenant.  Mais faut-il le souligner, ces déclarations  ne donnent aucun indicateur quant à un éventuel rapprochement qui balayerait la forte réprobation exprimée par Alger à la suite de l’adoption de la loi du 23 février 2005, d’autant qu’Alger est en quête de ce  repentir, qui ne vient pas. Les rapports évoqués lors des discussions  «sont des rapports qui dépassent la conjoncture politique mondiale et s’inscrivent dans la durée de l’histoire» a soutenu Jean Louis Debré. C’est d’être une trouvaille et encore moins une nouveauté.  Comment Paris va gérer ce nouveau revers ? Difficile à dire. Mais le temps presse et cela   Paris  en est conscient.Va-t-il se contenter de ces petites avancées qui sont loin d’être conformes aux ambitions affichées dans le cadre de la signature du traité d’amitié et de partenariat stratégique qui devait lier les deux pays à l’image de celui qui lie la France à l’Allemagne alors que l’histoire justement démontre au quotidien que l’Algérie n’est plus cette chasse gardée de la France et que Américains, Asiatiques et même Européens ne se gênent plus pour afficher leur prétention d’être comptés parmi les partenaires privilégiés ? Il est certain que Paris consciente du terrain perdu tente de recentrer sa politique en misant sur  un autre volet. Celui du développement de relations basées sur la confiance. «Pour nous, il est important d’avoir avec nos amis algériens, au niveau parlementaire notamment, des relations de confiance», a affirmé hier Debré à la presse. On retiendra qu’à quelques nuances près c’est ce même discours qui est développé par tout officiel français approché par la presse algérienne. Paris s’inscrit dans la durée et donne l’impression de vouloir laisser au temps le soin de panser la nouvelle blessure infligée aux Algériens. Ces derniers ne peuvent cependant oublier que point  de repentir est l’autre point sur lequel tous les politiques français sont d’accord. Dès lors que peut bien peser le message de Chirac dont a été porteur Debré quand bien même ce dernier a indiqué que c’est «un message d’amitié de la France à l’égard de l’Algérie».    

Nadia Kerraz

 

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Ahmed Benaïcha, ancien émir de l’AIS

«L’heure n’est pas propice pour la création de partis»

Contrairement aux souhaits de ex- responsables du FIS Rabah Kebir et Anouar Haddam  de fonder des partis politiques sur les cendres du FIS dissous, l’ancien émir de l’AIS, Ahmed Benaïcha dans une interview parue hier au quotidien arabophone Djazaïr News juge le moment encore peu propice du moment, dit-il, que les conditions juridiques et politiques ne le permettent pas encore. Mais cela, poursuit-il, n’empêche personne à jouir de son droit constitutionnel à l’exercice politique.

L’ancien émir accuse par ailleurs les walis et les procureurs généraux  d’entraver l’application des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Il dira à ce propos que si la loi a été une réussite du point de vue psychologique parce qu’elle a permis, assure-t-il, aux Algériens de renouer avec l’espoir et de retrouver enfin la stabilité, elle ne l’a pas été dans les aspects politiques et sociaux. Car, estime, l’ancien émir, la réinsertion des repentis laisse à désirer. L’application de la charte dans plusieurs wilayas n’a pas atteint selon lui les proportions souhaitables et oscille entre 1 et 5 %.

«Dans la wilaya de Chlef, le taux n’a pas dépassé le 1% alors qu’à Relizane par exemple l’application a été de 25%» se plaint-il en pointant du doigt les commissions de wilaya.

L’ancien responsable de l’Ouest à l’AIS, déplore que plusieurs personnes n’ont pas bénéficié des dispositions de la charte et qui croupissent à ce jour dans les prisons. «Il y a ceux qui sont emprisonnés depuis 1992 et qui ne sont pas concernés par l’article 10 de la charte qui parle des personnes impliquées dans la tragédie.

Interrogé sur un éventuel appel aux terroristes récalcitrants, il dira qu’il existe beaucoup de contraintes qui ne facilitent pas le contacts avec les concernés mais se dit quand même prêt à agir dans ce sens tout en plaidant à ce que les parties concernés lui facilitent la tâche.

A. G.

 

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Reprise du dialogue gouvernement- Aârouch,

La CADC n’a pas dit son dernier mot

La toute récente invitation du Chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem au mouvement des aârouch pour la poursuite du dialogue et qui a été déjà acceptée, non sans conditions par la coordination intercommunale de Béjaïa (CCIB), attend toujours la réponse de la coordination des aârouch, daïras et communes de Tizi Ouzou (CADC).

 Et alors que la CCIB semble saisir l’occasion, pour tirer profit de la situation en exigeant entre autres «la signature dans les plus brefs délais du document final qui portera les engagements de l’Etat lors des différents comités de suivi ainsi que l’institution d’un mécanisme de suivi des applications», la CADC s’attelle, quant à elle, et selon les déclarations de certains de ses délégués à la presse, à la préparation d’un document de réflexion sur la situation actuelle du mouvement, sur l’application du protocole d’accord signé entre les aârouch et le gouvernement ainsi que sur les prochaines élections. L’on serait toutefois fixé sur la réponse de la CADC à la proposition de Belkhadem après la tenue à Béjaïa, le 25 janvier courant de la rencontre Interwilayas. La coordination se prononcera apparemment aussi, quant à sa participation ou pas aux prochaines élections. A propos d’élections législatives, l’aile de la CCIB ainsi que d’autres anti-dialoguistes qui ont répondu favorablement à l’invitation de Belkhadem, ne se sont pas cachés pour déclarer que ce dernier est en train de jouer la carte de la poursuite du dialogue pour «consolider son parti à la veille des échéances électorales». Pour sa part, la CADC qui a dénoncé dernièrement les lenteurs dans la mise en application par l’état des points contenus dans la plate–forme de revendications d’El Kseur a nié les propos du Chef du gouvernement par rapport à la poursuite du dialogue et du règlement définitif de la crise. Il y a lieu de rappeler que Belkhadem avait à maintes reprises annoncé qu’il allait clore le chapitre du dialogue, mais qui a fini par lancer son invitation pour la reprise. Participeront-elles ou pas à la reprise du dialogue avec le gouvernement ? La CADC et la CCIB se rejoignent au moins en un point, celui de «de rappeler au gouvernement d’honorer ses précédents engagements».

Habiba Ghrib

 

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Enquête

Ces jeunes qui ne pensent qu’à partir

Grandir… face à la mer

Qu’ils soient chômeurs, étudiants ou diplômés, mariés ou célibataires, beaucoup de jeunes choisissent le chemin de l’exil.

Face à la mer, ils rêvent de grandir, de partir à la quête d’un bonheur qu’on leur a volé chez eux. Assoiffés d’une vie meilleure, ces hommes au cœur d’enfant tentent la folle aventure de s’enfuir clandestinement, dans des embarcations fragiles, vers l’inconnu et atterrir là où leur jeunesse et leurs espérances peuvent fleurir et leur assurer une place au soleil. Selon les chiffres que la marine algérienne ne cesse d’énumérer, ces dernières années, entre janvier et octobre 2006, 42 clandestins algériens sont morts en mer, ils voulaient rejoindre l’Europe à partir des côtes ouest, 27 sont portés disparus. Durant la même période, 388 clandestins ont été secourus, 373 étaient

Algériens ! Le dernier rapport d’enquête du Sénat français, publié en 2006, souligne que l’Algérie figure parmi les dix premiers Etats dont les ressortissants ont fait l’objet d’une procédure d’étrangers en situation irrégulière. En 2004, 4 144 procédures d’étrangers ayant fait l’objet d’une procédure au titre d’une infraction au séjour ont été signalées en France contre des Algériens. Ce phénomène «est de nature économique» et est lié «à un écart de développement économique et sanitaire entre la France et les pays d’origine des immigrés clandestins», précis encore le rapport.

Nous avons été à la rencontre de quelques jeunes Algérois, nous les avons écouté pour essayer de voir l’Algérie à travers leurs yeux, de tracer leur quotidien. Ils nous ont décrit leur solitude, le chômage mais surtout cette misère culturelle, matérielle et affective qui les tue chaque jour. L’ennui, le désespoir, la violence tacite des rapports sociaux (famille, société, travail). Ils content leur mal de vivre et leurs rêves brisés. Partir pour eux, c’est avant tout, vivre, refuser de mourir. C’est fuir l’incertitude, de l’avenir, du travail, la précarité affective et le silence vide de leur existence! «Je ne peux t’expliquer le vide que je ressens quand je ne fais rien», «Ton salaire te suffit pour vivre ? Moi, je n’en fais rien !», «Je veux vivre, gagner bien ma vie, me marier et faire des cadeaux aux gens que j’aime», «La maison familiale est un hôtel, j’y rentre pour manger et dormir, la plupart de mon temps, je le passe dans la rue», «Tu trouves que c’est normal qu’à 30 ans je vive encore chez mes parents ! Je travaille depuis cinq ans et je ne peux me payer un logement !». Des mots qui vomissent la réalité, une réalité qui doit changer pour eux. Ils se sentent abandonnés, jamais impliqués dans les projets de développement et de société, ils vivotent en marge de tout. L’exil, ils le vivent d’abord ici. Désœuvrés peut être mais trop intelligents, car ils savent tout, ils ont tout compris et développent un discours logique et réel. Déguerpir, légalement ou non, peu importe, c’est avant tout un appel au secours, une rage de vivre étouffée, une bouteille jetée à la mer en attendant des jours cléments.

«Je suis content, je pars en été»

Mohamed vient de boucler ses trente ans. Il est heureux, car il vient d’obtenir son visa Schengen, il a déposé  sa demande il y a plus de six mois, son attente n’a pas été vaine. Depuis deux ans, il prépare son départ définitif vers l’Europe, en France ou en Espagne, il n’a pas encore tranché. Il part cet été, il ne sait pas comment il va organiser sa vie une fois parti mais il compte sur ses amis qui vont l’héberger. «Ma famille n’en sait rien, leur en parler compliquera les choses, donc je préfère les appeler de là-bas». Il allume une cigarette, la hume silencieusement avant de lancer : «Je sais que la vie là-bas n’est pas aussi rose qu’on nous le décrit, mais ici je souffre aussi. Je préfère souffrir là-bas qu’ici». Mohamed exerce depuis trois ans dans une boîte de communication, il aime son boulot, mais il considère qu’il est sous payé. Il touche 18 000 DA, son revenu lui suffit à peine pour joindre les deux bouts. Il vivote, il bricole quand il en a l’occasion. Originaire de Tizi Ouzou, Mohamed partage la location d’un studio à Alger avec quatre copains. «C’est une petite bicoque, mais je n’ai pas le choix. Je n’ai rien fait de ma vie, de mes jours, les gens quand tu leur dis ça, ils ne comprennent pas, à commencer par mon père». Son père est un fonctionnaire retraité, un nationaliste invétéré, pour lui, ceux qui partent à l’étranger, trahissent la patrie. «Pour moi, tout cela ne sert à rien, il est temps de soigner les blessures du passé et d’ouvrir une nouvelle page. Je m’en fous ! Je veux vivre». Ses yeux noirs brillent, l’idée de partir le rend gaie, elle le «libère» de son mal, il pourra vivre enfin comme il l’a toujours souhaité. «Je bouillonne de vie ! Ici, on ne peut rien faire, ni s’éclater, ni s’amuser, ni étudier ! La drogue, c’est pas trop mon truc, mais je fume, trois paquets de cigarettes par jour. Je sais, ce n’est pas bien mais cela me permet de respirer. Je préfère la bière mais c’est un luxe et je n’en ai pas les moyens». Son ami, Kamel, 27 ans, un photographe, marié depuis cinq ans et père de deux enfants veut également le rejoindre. «J’hésite un peu, je pense à ma femme, je peux la laisser chez mes parents. L’idée me taraude la tête depuis deux ans, je veux partir». Il ajoute que l’un de ses amis est parti et il s’est installé, ça a marché pour lui. «Je gagne mal ma vie, je vis avec mes parents. Je n’ai pas de logement, pas de voiture. Mes fins du mois sont catastrophiques !». Il a déposé sa demande de visa, il attend. 

«Ma vie est un grand trou noir»

À 25 ans, Réda n’a pas encore trouvé de travail. Il a terminé son stage d’électricien dans un centre de formation professionnelle, il y a deux ans, il galère depuis. «Ma vie est un vide ! Un trou noir ! Il ne se passe rien d’important ! Je passe la plupart de mon temps dans la rue avec les copains à discuter de tout et de rien». Un jean délavé, ses cheveux noirs puent le gel, ses baskets de marque ne passent pas inaperçues. Ses «bricoles», lui permettent de se payer ses fringues. «Tu sais, j’ai suivi cette formation pour faire plaisir à mes parents. Une réussite ! Tu crois que c’en est une ! Pour dénicher n’importe quel poste, il faut avoir des relations, être pistonné ! Ma sœur est diplômée et elle chôme ! Qu’est-ce que tu crois ! Tu crois que ça me plait de rester chômeur à 25 ans ! Sans aucune perspective ! Je ne peux t’expliquer le vide qui m’engloutit, qui me tue lorsque je ne fais rien, c’est un poids gênant». C’est l’un de ses amis qui lui a soufflé l’idée de partir, il y pense, y réfléchit, tente, de s’organiser, pourquoi pas, si cela l’arrache à sa misère quotidienne, à sa rue ! «L’argent fait le bonheur, sans, on ne peut rien faire ici, même pas se payer une tasse de café ! Je défie quiconque de me prouver le contraire. Tu sais, je rêve d’avoir une voiture, d’acheter une maison et de profiter de la vie. Mais avec quoi ? C’est pour cela que la réussite pour moi est d’avoir de l’argent». Réda sourit tristement puis confie qu’il lui arrive souvent de rêver d’être riche et tous ses problèmes sont d’un coup résolus. Il soupire avant de remettre les pieds sur terre. «Les rapports avec mes proches se sont détériorés ces dernières années, une histoire d’héritage et d’autres problèmes. Je n’ai pas vu mes oncles et mes tantes depuis longtemps ! Je ne me rappelle même pas quand je suis allé les voir. Chacun pour soi, la famille a perdu toutes ses valeurs, ça me pourrit l’existence».

Amine : «On ne tue pas le temps c’est lui nous tue»

Il a à peine 19 ans, mais la vie le dégoûte déjà. Une seule idée lui ronge la tête, quitter le pays car rien ne l’oblige à rester. «Mon grand frère est marié, il n’a pas de boulot. C’est un vendeur à la sauvette de cigarettes, de temps à autre, je lui donne un coup de main. Sincèrement, ce n’est pas une vie !». Il lance un regard hagard, il s’arrête un moment, respire profondément puis enchaîne : «Je suis toute la journée dehors, dans la rue, avec mes copains, tous chômeurs comme moi. Je n’ai pas où aller. Au cybercafé ? Faire du sport ? Il faut avoir de l’argent et puis, je sais à peine lire et écrire !».

Il a quitté l’école en 8e année fondamentale. Amine désespère, il dit que chez lui, aucune communication, ni avec son père ni avec ses cinq sœurs et frères et moins avec sa mère. Tout le monde est préoccupé par sa vie et ses difficultés. «Parfois, je veux bien me confier à ma mère, mais elle est tellement dépassée et se plaint sans cesse des tracas de la vie quotidienne, la cherté de la vie, les augmentations, l’eau. Elle me fait de la peine, je m’y abstiens». Avec ses potes, les discussions ne sont pas aussi riches. «On parle d’untel qui a été embarqué par les flics, ou du voisin qui a perdu son emploi, du business et des filles. Enfin, de tout et de rien. La plupart mentent, on veut s’amuser, rêver, se montrer, alors chacun invente son histoire, devient le héros de son récit». Depuis trois ans, la vie de Amine n’a pas véritablement changé, une monotonie mortelle. «C’est la misère noire ! Je me lève à midi et je vais dehors. Quand je n’ai pas un sou en poche, je reste debout, au coin de la rue, attendant qu’un ami ou un voisin passe et veuille bien m’inviter à prendre un café et à fumer des cigarettes ou des joints. Pour changer, je marche dans les rues d’Alger pour draguer les filles, à la sortie des lycées puis je retourne au café l’après-midi, avec d’autres copains, fumer d’autres cigarettes et d’autres joints».

La rue ou le café représentent sa vie, il remplace la maison, très exigüe, la famille car tous les autres endroits sont «interdits» ou fermés. «Le café est une obligation, tout comme la rue, je  n’ai pas ou aller, pas de travail, personne ne se soucie de moi, de nous, ne me tend pas la main, à chaque fois qu’un copain a les moyens,  il m’invite à prendre un café. On croit tuer le temps mais en fin de compte, c’est lui qui nous tue !».

Saïd : «En Europe, je peux réussir»

Saïd a 24 ans, il est étudiant en troisième année de commerce à l’Université d’Alger. «Avec mes copains, nous abordons souvent le sujet d’El Hadda. L’étranger nous passionne, il accapare nos discussions et nos pensées, c’est notre rêve à tous. La majorité pense qu’en Europe, elle aurait plus de chance de réussir», soutient-il. Ses grandes mains ne quittent pas les poches de son jean délavé alors que son petit classeur noir reste accroché à ses bras. «Quand j’ai eu mon bac, j’ai été au ciel, mais une fois à l’université, j’ai été complètement déçu. Il n’y a rien, pas de bibiliothèques, pas de livres. Plus de 400 étudiants à se bousculer dans l’amphithéâtre ! Je n’en reviens pas ! Dans ma tête c’est un problème, c’est le brouillard !» Hormis les va-et-vient à l’université, son quotidien n’est pas «fameux», il ne fait rien de ses journées, elles se ressemblent toutes. Il se contente d’assister aux travaux dirigés, ils sont obligatoires. Le reste de son temps, il le consacre à la vente et à l’achat de vêtements, question de se faire de l’argent de poche «El massrouf», il s’y investit totalement. «La bourse me parvient tous les trois mois, que faire avec

2 400 DA ! Mes parents et mes frères me soutiennent financièrement, mais ils n’ont pas assez de moyens ! Mon frère est ingénieur diplômé, il est sans travail, à quoi cela sert d’étudier si on sera touché par le chômage !» Sans hésiter, il ajoute que beaucoup d’étudiants qu’il connaît fument des joints. «La plupart de ceux que je connais me l’ont proposé dès le premier jour. Je n’ai jamais accepté, je me contente de cigarettes». Depuis quelques temps,

il pense s’inscrire dans une université française pour poursuivre ses études. «Mon père s’y oppose, il veut que je reste ici, que je continue mes études et que je me trouve un boulot. J’y réfléchis, je n’ai encore rien entrepris».

Irane Belkhedim

 

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Formation syndicale

Des experts américains à l’UGTA

Cette session prévue jusqu’au 30 du mois courant comptera deux ateliers de travail.

Un cycle de formation au profit des travailleuses syndicalistes algériennes sous le thème : «La femme et l’économie mondiale» a débuté, hier, à l’initiative du secrétariat national de la femme travailleuse de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) en collaboration avec le centre américain de solidarité ouvrière internationale. Cette session prévue jusqu’au 30 du mois courant, comptera deux ateliers de travail. Le premier concernera, jusqu’au 24 janvier, les travailleuses syndicalistes des wilayas de l’Ouest et du Sud alors que le second regroupera, du 26 au 30 du même mois, les travailleuses syndicalistes des wilayas de l’Est et du Centre et ce, dans le cadre du projet du réseau régional d’autonomisation de la femme, initié l’année dernière par le centre américain au profit de l’Algérie, de la Jordanie et de Bahreïn. Selon la coordinatrice de la commission nationale de la femme à la Centrale syndicale, Mme Soumaia Sahli, les deux ateliers porteront sur l’examen et l’analyse de la question de la mondialisation et son impact sur l’économie mondiale et sur la femme en particulier en tant que facteur influent. Les participantes tenteront d’appréhender les questions économiques mondiales liées aux problèmes que rencontre la femme dans son quotidien et proposer les solutions suscpetibles de changer la situation de la femme travailleuse pour assurer davantage d’égalité avec l’homme, a précisé Mme Sahli. La présente session planchera sur la définition des moyens et modes d’action syndicale dans le cadre du processus de mondialisation qui «accentue les différences existant entre l’homme et la femme et creuse le fossé de la discrimination professionnelle et matérielle entre les deux, notamment au niveau de l’accession aux postes de décision», a souligné Mme Sahli, ajoutant que cette démarche constituera toujours «l’un des principaux objectifs escomptés par la femme syndicaliste au service de ses intérêts».

Pour sa part, Mme Lorraine Clewer, directrice du bureau de représentation pour le Maghreb arabe du Centre américain pour la solidarité ouvrière internationale, a exprimé le souhait de voir les participantes tirer profit, à la faveur de ces cycles de formation, du savoir-faire et des informations ayant trait à l’économie mondiale et ses répercussions négatives sur le monde du travail ainsi qu’aux moyens susceptibles de faire face à cette situation dans l’intérêt de la femme, en tant qu’élément actif dans l’économie.

Mme Clewer a saisi cette occasion pour appeler les syndicalistes algériennes à «aller de l’avant sur la voie de l’action syndicale», estimant qu’elles sont un «exemple» à suivre eu égard aux résultats qu’elles ont obtenus dans le domaine des droits de la femme. Le programme du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord du Centre américain de solidarité ouvrière internationale, créé il y a dix ans, a pour objectif d’aider, en collaboration avec les unions syndicales ouvrières, les travailleurs de ces régions à faire face aux nouveaux défis économiques et politiques mondiaux en vue de réglementer le secteur privé et les négociations collectives et d’encourager les femmes à accéder à des postes-clés.

R. A.

 

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Harraga vers l’Espagne

La gendarmerie s’attaque aux commanditaires

L’offensive menée en 2006 par la Gendarmerie nationale à Aïn Témouchent contre les commanditaires de l’immigration clandestine vers l’Espagne a porté ses fruits. «La plupart, soit 80%, qui sévissaient dans la région ont été arrêtés», a annoncé à l’APS le commandant de groupement de la Gendarmerie nationale. Pour les mettre hors d’état de nuire et empêcher surtout les jeunes de s’embarquer pour des traversées dangereuses, tout un mécanisme a été mis en place et a impliqué l’intervention  de la gendarmerie et des autres services de sécurité. Ainsi, il a été question du déploiement d’importants moyens humains et matériels. Il a fallu pas moins de 250 gardes communaux, appuyés par les éléments de la gendarmerie et de l’Armée nationale populaire (ANP) pour permettre une surveillance jour et nuit des nombreuses plages susceptibles de servir de point d’embarquement pour l’Espagne. L’effort colossal conjugué qui a permit de déjouer la plupart des tentatives a permis aussi de remonter  jusqu’aux barons de l’immigration clandestine. Pour l’année 2006, pas moins de 23 affaires d’immigration clandestine ont été traitées par la gendarmerie au niveau de la wilaya de Aïn Témouchent, mettant en cause 245 personnes. Alors que les commanditaires sont de cette wilaya, les candidats à l’immigration clandestine proviennent en général des wilayas de Chlef, Alger, Boumerdès et Annaba. Sur les 245 personnes interpellées, 71 ont été placées en détention préventive et 174 laissées en liberté provisoire. Le phénomène des harraga vers l’Espagne à partir des côtes Ouest avait pris, durant les derniers mois, des proportions alarmantes. Les traversées sur des embarcations de fortune ont carrément viré au cauchemar, entraînant la mort, la disparition et/ou l’égarement de dizaines de jeunes sauvés par les gardes- côtes algériens ou espagnols. Une fois secourus et soignés, les rescapés sont présentés à la justice et rares sont ceux qui s’en tirent  avec une amende ou une peine d’emprisonnement avec sursis. Les commanditaires à l’immigration recrutent leurs proies dans les cafés et les lieux publics et même dans les villes de l’intérieur du pays. L’affaire qui tourne le plus souvent à l’arnaque est conclue entre 7 et 10 millions de centimes. Un argent pour lequel le jeune trime pour l’avoir.

Habiba Ghrib

 

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Conflit Naftal-stations-services 

Les propriétaires privés vont s’expliquer

Les représentants de l’association des propriétaires des stations- services privées vont revenir, aujourd’hui, sur le conflit qui les oppose à l’Entreprise nationale de distribution des produits pétroliers (Naftal) depuis quelques mois, lors de la conférence de presse qui se tiendra au siège de l’UGCAA (Union générale des travailleurs algériens). Le nouveau contrat que l’entreprise a présenté aux propriétaires libres des stations- services n’a, semble-t-il, pas satisfait ces derniers qui l’ont rejeté et affirmé que Naftal envisage de récupérer ces stations.

Ils ont également dénoncé les nouvelles mesures et menacé de recourir à la grève pour faire valoir leurs droits. Au début du mois en cours, Naftal a adressé une correspondance à la presse et annoncé les amendements apportés aux contrats. Ainsi, la durée du contrat devient «indéterminée» et non limitée à trois ans ; il est désormais possible de vendre les accessoires automobiles sans l’autorisation préalable de Naftal. Le locataire-gérant bénéficiera également des paiements à terme pour les lubrifiants, les pneumatiques et autres produits, à l’exception des carburants. Le locataire- gérant est obligé de s’approvisionner exclusivement auprès de Naftal en produits pétroliers pendant toute la durée du contrat. Pour les autres produits, à l’exception des carburants et des lubrifiants, il pourra s’approvisionner auprès d’un autre fournisseur ne disposant pas d’un réseau de stations-services en Algérie au cas où Naftal n’arrive pas à satisfaire sa demande. En cas de décès du gérant, la location-gérance est en

«priorité» accordée à l’un de ses ayants droit désigné par un acte notarié. En cas de résiliation du contrat, des dispositions ont été aménagées en écartant des motifs de résiliation. Naftal a tenu a démentir toute opération de récupération des stations-services, qui n’est guère envisagée ; elle a rappelé son «ambitieux programme de rénovation et de modernisation de son réseau stations-services pour la période 2006-2011». Dans ce cadre, une partie conséquente de l’enveloppe financière a été consacrée à cet effet au profit des stations-services. Depuis, la grève prévue pour le 20 janvier, a été annulée. 

Irane Belkhedim

 

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Crise interne au Cnes

Des syndicalistes quittent Boukaroura

Plusieurs syndicalistes du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) de l’aile Boukaroura ont quitté les rangs de cette aile. Ces démissions se sont confirmées quand Boukaroura a rendu publique son intention de mener le Cnes vers un congrès réconciliateur annoncé pour mars prochain, congrès que l’autre aile considère comme une manière évidente de les exclure de la couverture syndicale. L’enjeu est de taille d’autant plus que les compagnons de Cherbal qui viennent justement de gagner la bataille juridique contre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique après avoir été innocentés par le Conseil d’Etat, sont confrontés à une autre problématique. Il s’agit de l’extinction des poursuites judiciaires contre des syndicalistes de la section de Béjaïa. A rappeler que le Cnes maintient sa journée de protestation pour le 18 février prochain concernant des revendications socioprofessionnelles et surtout, dira un membre du Cnes, pour «l’arrêt des poursuites contre nos syndicalistes».    

Fatima Arab

 

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Commerce extérieur

Excédent record de la balance commerciale

L’Algérie a réalisé en 2006 un nouvel excédent commercial record de 31,82 milliards de dollars, qui augmente de 24,07 % celui dégagé en 2005 pour une valeur déjà sans précédent de 25,64 milliards de dollars, selon les données fournies dimanche à l’APS par le Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) relevant des Douanes nationales.

Les exportations ont atteint, l’année passée, 52,82 milliards de dollars (mds usd), en hausse de 14,83 % par rapport à 2005, et les importations 21 milliards de dollars (+3,18 %), précise cette source. Les exportations d’hydrocarbures ont continué à représenter l’essentiel des ventes de l’Algérie vers l’étranger avec 97,98 % (51,75 mds usd) de la valeur globale, en accroissement de 14,77 % à cause essentiellement de la tendance à la hausse des prix internationaux du pétrole brut.

Quant aux exportations hors hydrocarbures, elles demeurent marginales avec seulement 2,02 % du volume global des exportations et une valeur de 1,07 mds usd, malgré une hausse de

17,53 % par rapport à 2005.  Les principaux produits hors hydrocarbures exportés sont constitués par le groupe «demi-produits» avec une part de 1,42 % du total des exportations, soit l’équivalent de 748 millions de dollars, suivis du groupe «produits bruts» (0,34 %, 180 millions usd), du groupe «alimentation» (0,12 %, 66 millions usd), et des «biens d’équipements industriels» (0,08 % soit 43 millions de dollars). Le groupe «biens de consommation non alimentaires» vient en dernière position avec une part de 0,05 %, soit 28 millions de dollars. Pour les importations, leur répartition par groupes de produits fait ressortir une hausse pour l’ensemble des groupes de produits sauf pour les groupes biens d’équipements et biens de consommation non alimentaires qui ont enregistré les baisses respectives de 2,08 % et de 4,86 %.

En effet, les importations destinées à l’outil de production qui représentent 28,26 % du total des importations sont passées de 5,05 mds usd en 2005 à 5,94 mds usd en 2006,  soit une amélioration de +17,52 %. La hausse a aussi concerné les biens alimentaires avec +2,59 %, soit 3,68 mds usd. La répartition des importations par mode de financement montre une nette prédominance du cash, qui reste le mode le plus utilisé avec 82,67 % du total des importations de l’année 2006, soit 17,36 mds usd enregistrant ainsi une hausse de +1,85 % par rapport à 2005. Le reste des importations a été financé par le biais de lignes de crédit, avec une hausse de +9,15 % puisque le montant est passé de 2,28 mds usd à 2,49 mds usd et le reste des importations a été financé par le recours aux comptes devises propres et autres, à raison de 0,38 % et de 5,08%, soit 80 millions de dollars et 1,07 md usd, détaille le Cnis.

Au cours de l’année 2006, les principaux clients de l’Algérie étaient les Etats-Unis d’Amérique avec 14,04 mds usd, l’Italie (8,98 mds usd), l’Espagne (5,52 mds usd), la France (4,33 mds usd), le Canada (3,39 mds usd), les Pays-Bas (2,58 mds usd) et la Turquie avec 2,01 mds usd. Quant aux principaux fournisseurs, la première place est revenue à la France avec 4,32 mds usd, suivie de l’Italie (1,85 md usd), la Chine (1,70 md usd), l’Allemagne (1,46 md usd), les Etats-Unis d’Amérique (1,41 md usd), l’Espagne (1,01 md usd), et le Japon avec 709 millions de dollars, selon  la même source.

R. N.

 

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Agence nationale des changements climatiques

«Nous pouvons prévenir le réchauffement»

La réalisation d’un canal fluvial transafricain et d’une «tour» solaire sont deux solutions pour faire face au réchauffement climatique qui menace l’Afrique, dont l’Algérie, à l’horizon 2025, a estimé le directeur général de l’Agence nationale des changements climatiques (ANCH),  Kamel Mostefa-Kara. Ces deux projets «phares» sont «capables d’infléchir» le phénomène climatique en Afrique à l’horizon 2025, qui provoquera en Algérie, selon lui, une «déperdition agroclimatique de 100 km au Nord, entraînant une désertification de toute la steppe et des Hauts-Plateaux», a indiqué M. Mostefa-Kara dans un entretien à l’APS.

Le canal transafricain, qui reliera le fleuve Congo à la région du bassin Melhrir, à Biskra (Algérie), a-t-il expliqué, utilisera 6% des eaux de ce fleuve, déviera pas moins de 100 milliards de m3 d’eau douce par an vers d’anciens oueds et rivières asséchés d’une longueur d’environ 5 200 km, et couvrira ainsi complètement les besoins actuels et à venir des populations de la région. Ce canal permettra de restaurer le lac antique de Melhrir, d’une superficie de 7 000 km2, et de sauver le Lac Tchad, qui ne fait actuellement qu’environ 1 900 km2, en le ramenant à 27 000 km2, son niveau initial en 1963. Selon Mostefa-Kara, diplômé de l’Ecole supérieure de la météorologie de Paris (France), ce projet est «techniquement réalisable», soulignant que cinq pays (Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger et la République Centrafricaine) se sont déjà mis d’accord sur la réalisation du projet reliant le Fleuve Soudan au Lac Tchad (2 500 km). S’agissant du projet de la «tour» solaire, une centrale électrique solaire d’une puissance de 200 Mégawatt alimentant 200 000 foyers, M. Mostefa-Kara a expliqué qu’elle permettra de capter l’énergie de l’ascendance d’immense masse d’air chaud créé par le rayonnement solaire, précisant qu’en Afrique et, particulièrement en Algérie, le soleil, l’ensoleillement et l’espace favoriseront sa réalisation.

M. Mostefa-Kara a indiqué que cette énergie (courant d’air de 35 à 50 km/heure) sera captée par 32 turbines à la base d’une cheminée de 130 mètres de diamètre, d’une hauteur de

1 000 mètres, entourée d’un immense disque de verre transparent de 7 km, qui seront fabriqués avec des matériaux locaux. Sous ce grand disque collecteur, une installation de tubes de plastique noir remplis d’eau, permettra la restitution de la chaleur emmagasinée le jour et donc le fonctionnement de nuit, a-t-il ajouté, relevant que l’eau conservant 6 fois mieux la chaleur que le sol, joue le rôle d’un véritable puits de chaleur, un stockage énergétique «inattendu et idéal», a-t-il dit. En plus d’une centrale électrique «très propre et sans danger», a-t-il noté, la structure constitue une véritable «serre» qui s’étend sur 38 km2 pouvant permettre une agriculture à haut rendement. Il a indiqué que cette technologie novatrice a un coût comparable à celui d’une centrale à énergie fossile, précisant qu’une tour solaire expérimentale de 50 Mégawatt a été réalisée en Espagne. Le directeur général de l’ANCH a, par ailleurs, affirmé que ces deux projets doivent devenir «urgents et prioritaires, pour peu que la communauté mondiale prenne la mesure du défi qui s’annonce, qu’elle comprenne le rôle crucial que peut jouer l’Afrique et qu’elle mette en cohérence ses engagements avec ses réalisations concrètes». Dans ce sens,

M. Mostefa-Kara a souligné que l’Algérie devra présenter ces deux projets lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement africains prévu fin janvier en cours.

Redouane A.

 

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Syndicalisme

Séminaire sur l’intégration des femmes

L’intégration des femmes dans l’action syndicale fera l’objet du séminaire qui sera organisé demain par la Commission des femmes travailleuses de la wilaya d’Alger (CFTW) dépendant du secrétariat national de l’UGTA, selon une source syndicale citée par l’APS. Sous le thème «La méthodologie d’intervention pour la promotion et l’intégration des femmes dans le syndicat», ce séminaire, a souligné Mme Saâda Rahmani, présidente de la CFTW, a pour objectif «d’optimiser le rôle des femmes et leurs engagements dans la lutte contre les discriminations, les violences et les atteintes à la santé et à la sécurité sur les lieux de travail et d’élever leurs aptitudes à diriger une section syndicale».Cette rencontre, qui se tient au siège de l’UGTA, vise également à «améliorer le savoir-faire des femmes en matière d’action syndicale», a-t-elle indiqué ajoutant qu’il sera également débattu «le rôle de la femme syndicaliste du point de vue juridique au niveau national et international et également sa participation dans le développement global». Encadrées par des spécialistes en la matière, les participantes prendront connaissance de l’évolution et des caractéristiques de l’emploi féminin en Algérie. «Les femmes travailleuses en Algérie», «Aperçu sur la législation nationale et les conventions internationales», «La situation syndicale de la femme travailleuse en Algérie», «La femme travailleuse en Algérie, réflexion collective et échange d’expériences sur les pratiques discriminatoires et harcèlement sexuel» et «Lutte contre les inégalités et les discriminations» sont les thèmes qui seront abordés lors de cette rencontre. «Pour permettre aux femmes de mieux assumer leurs tâches et à intervenir efficacement sur le terrain de la pratique syndicale, il est nécessaire de les encadrer en organisant à leur profit des actions de formation syndicale», a encore souligné Mme Rahmani. Dans ce contexte, la présidente du CFTW a indiqué que plus de 250 femmes syndicalistes ont été formées durant le dernier semestre 2006 à l’Institut d’études et de recherches syndicales qui réserve régulièrement des places pédagogiques pour les femmes dans son programme annuel. Les contraintes rencontrées par les femmes syndicalistes dans leur travail syndical seront également abordées, lors de cette rencontre.

Amine B.

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