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Affaire Khalifa Bank/Hamid Foufa surprend l’assistance
«Je n’ai pas
fait d’expertise»
L’expert Hamid
Foufa, agréé auprès des tribunaux, a relaté, hier, au tribunal
criminel près la cour de Blida, l’expertise effectuée à la caisse
principale de Khalifa Bank. «Il faut parler, maintenant, uniquement
de la caisse principale.
Nous parlerons des
agences plus tard», lance, d’emblée, la présidente du tribunal.
«Nous nous sommes
déplacés au siège de la liquidation, à Chéraga où il se trouvait,
auparavant. Nous avons demandé au liquidateur de nous remettre les
documents qui nous permettraient de connaître la situation de cette
banque. La réponse était que le problème résidait dans la caisse
principale et les 11 écritures entre sièges (EES)», témoigne cet
expert. «En principe, c’est une expertise qui peut déterminer le
préjudice. Le problème est qu’à l’époque, nous ne pouvions pas faire
cette expertise. Je ne l’ai donc pas faite», ajoute-t-il.
Cet expert
explique que pour connaître le préjudice causé à cette caisse, il
est nécessaire de recenser la présence physique (l’argent
disponible) et les pièces comptables. «Je n’ai pas fait cette
opération. Je n’ai fait qu’un constat». Un constat établi sur la
base des documents remis à cet expert.
- «Pourquoi,
donc ?», demande la présidente.
- «C’est un
problème lié au facteur temps. Le juge instructeur (prés le tribunal
de Chéraga) était tenu par le temps et cette expertise prendrait du
temps si elle était effectuée», répond Hamid Foufa.
- «Auriez-vous
trouvé un trou financier plus
important ?»
- «Les EES (qu
auraient été établies pour ‘cacher’ le trou financier de plus de 327
milliards de centimes) ont été faites dans la précipitation, dans la
panique et cette somme ne concerne qu’un moment T. On a donné
l’ordre pour «régulariser».
Cet expert fait
savoir à la présidente du tribunal qu’il est fort possible que ce
préjudice soit plus important et, également, qu’il y ait des
justificatifs pour certaines sommes.
- «Des
justificatifs d’une manière normale ?»
- «Oui»
L’expert Hamid
Foufa a lancé cette phrase qui est d’importance : «Au jour
d’aujourd’hui, il y a encore des surprises et du suspense. J’ai dit
que le vrai préjudice ne sera connu qu’à la fin de la liquidation»,
dira-t-il.
Il cite un
exemple, pour mieux faire parvenir son message : «On ne peut
connaître le volume de carburant qu’un camion peut contenir qu’une
fois ce camion vidé de ce carburant.»
- «Est-ce qu’on
peut comprendre, par là, qu’il y a des anomalies pour ce qui
concerne ces 11 EES ? Si oui, lesquelles ? », demande la présidente
- «Il y avait des
anomalies», répond l’expert, qui a, par la suite, donné les chiffres
du trou financier, en insistant sur le fait qu’il ne s’agit que d’un
trou financier enregistré à un moment T. Des chiffres qui ont été
donnés par notre journal, auparavant.
A une question de
la présidente pour savoir si les retraits d’argent par des
responsables de Khalifa auprès de Khalifa Bank au bénéfice de
Khalifa Rafik Abdelmoumen, sans documents, serait contraire à la
loi, cet expert estime qu’il s’agit de «manque de courage de la part
de ces responsables qui craignaient de perdre leurs postes».
Evoquant les 11 EES, il souligne qu’il s’agit d’écritures qui
tendaient à «cacher» le trou financier. Les écritures qui ont suivi
ces EES n’ont, selon lui, pas été intelligentes puisqu’il affirme
que des responsables de Khalifa Bank «manquaient d’expérience» et
qu’«il y avait une autre solution pour faire face à ce trou».
Laquelle ? Cet expert soutient qu’«il suffisait de débiter cette
somme du compte bancaire de Khalifa Rafik Abdelmoumen» et tout
serait rentré dans l’ordre.
- «Khalifa
avait-il un compte bancaire dans cette
banque ?»,
interroge la magistrate qui lui demande s’il avait rencontré ce
numéro de compte durant sa présence, en tant qu’expert, dans la
banque d’Abdelmoumen.
- «Je ne sais pas,
je n’ai pas rencontré ce compte», répond-il
Au cours de son
audition, hier, en tant que témoin, l’expert a informé le tribunal
que le trou financier, en contrevaleur, estimé à plus de 327
milliards de centimes, alors qu’en vérité ce trou ne peut être
évalué qu’à la fin de la liquidation.
L’un des avocats
de la défense est intervenu pour poser une question à savoir si les
«bouts de papier» remis par le P-DG sur lesquels sont inscrites les
sommes d’argent qu’il voulait retirer des agences Khalifa Bank et sa
signature pourraient constituer des pièces comptables justifiant ces
retraits, la présidente a répondu que «ces bouts de papiers ne
pouvaient, en aucun cas, constituer des pièces comptables». Chose
confirmée par Hamid Foufa. «Ces papiers prouvent que c’est Khalifa
Rafik Abdelmoumen qui a demandé cet argent mais ne peuvent pas
constituer des documents exigés par la loi», ajoutera-t-il.
Est-ce qu’il
pourrait exister des sommes d’argent retirées à la demande d’une
personne autre que Khalifa Rafik Abdelmoumen ? On n’en sait rien.
Cependant, et selon la magistrate, des personnes étrangères au
groupe Khalifa auraient retiré de l’argent d’agences Khalifa Bank et
que ce ne sont pas seulement des responsables de ce groupe qui
faisaient de retraits. «Nous reviendrons à ça après»,
dira-t-elle.
M. Abi
Haut
Le liquidateur parle
Après un week-end
prolongé, le procès de l’affaire Khalifa a repris hier dimanche par
un rappel de Chachoua à la barre avant d’écouter Aggoun au sujet de
l’achat de sa villa et les conclusions de l’expert Hamid Foufa et le
liquidateur Youcef Badsi. Si Chachoua n’a rien apporté de plus à ses
déclarations de mercredi et de jeudi, Aggoun n’a pour sa part pu
convaincre le tribunal à propos de l’acquisition de la villa située
au quartier des artistes à Zéralda. Quoique le présidente et même le
représentant du ministère public ont essayé de lui délier la langue,
notamment concernant le prix réel de l’acquisition, l’inculpé a
maintenu ses dires affirmant qu’il s’agissait pour lui d’une affaire
sans plus. Déjà propriétaire d’une habitation qu’il avait acquise à
Blida en 1996 au prix de 6,5 millions de dinars, pour la présidente,
la villa de Chéraga est dotée d’une piscine et d’un équipement de
haut-de-gamme mériterait un prix plus important, a moins que le prix
déclaré aux domaines a été dévalué. L’intervention de Hamid Foufa
était très attendue, d’ailleurs à travers des explications terre à
terre, il a apporté un jugement de technicien sans limiter le
moindre jugement sur un quelconque agent de Khalifa. Pour lui, le
tort c’est que l’anarchie régnait à tous les niveaux et personne
n’était responsable. «Le temps qui m’a été imparti pour faire mes
conclusions ne me permettait pas de faire ressortir au centimes prêt
le déficit de la caisse principale» en réponse aux questions de la
présidente. D’ailleurs, dans son exposé, il reconnaîtra
l’établissement des onze écritures entre sièges pour combler le vide
qui existait au niveau de la caisse principale et qui s’élève à
327 778 663 638
centimes et soulignera que même le liquidateur ne connaîtra pas le
montant définitif découvert. Cet aspect a été effectivement
développé par le liquidateur, Batsi Youcef qui, en 70 minutes a
brossé un tableau de la situation de Khalifa et d’emblée, dira
qu’elle disposait de moyens sophistiqués en informatique et même en
documents, mais qu n’ont jamais été utilisés. Après avoir expliqué
le processus organisationnel employé, dont l’établissement d’une
feuille de route, le liquidateur affirmera avoir rencontré
d’innombrables difficultés pour entreprendre sa mission, qui n’avait
aucune relation avec les autres activités.
Parmi les
difficultés, il soulignera les indemnisations dont le nombre de
déposants dépasse les 200 000. «En 6 mois de travail, j’ai réussi
avec mon équipe, composée de 42 personnes à traiter 110 000 chèques
ayant nécessité un remboursement de plus de sept millions de dinars.
Tout au long de ses explications, il affirmera que le groupe Khalifa
n’existait pas dans la réalité, il y avait la banque autour de
laquelle gravitaient Khalifa Airways, Construction, Pharmacie et
Location de voitures. Dans ses explications, il affirmera même que
pour la location d’avions, le propriétaire avait exigé un
cautionnement, que Khalifa a remis en retirant de l’argent de la
banque. A propos des remboursements des déposants, le liquidateur
était formel au vu de l’important déficit en déclarant qu’ils ne
percevront qu’entre 5 et 10% de la somme réclamée. En entendant ce
chiffre, certains sont devenus blêmes et d’autres ont quitté la
salle. Il y a également les difficultés que rencontre le liquidateur
pour les actions à entreprendre à l’étranger, en France en
particulier, où certains biens ont été liquidés sans que les
autorités algériennes n’en prennent connaissance. Ce matin, sans
doute, le liquidateur sera encore entendu par le tribunal.
A B M
Haut
L’expert Hamid Foufa
«La liquidation
peut durer cinq ans»
Rencontré à la fin
de l’audience de la matinée d’hier, l’expert Hamid Foufa a confirmé
à des journalistes ce qu’il venait d’annoncer au tribunal criminel
prés la cour de Blida, à savoir qu’il n’a pas effectué que
d’expertise dans la caisse principale de cette banque et qu’il n’a
fait que constater les documents qui lui ont été remis par
l’administrateur. «Il n’ y avait pas suffisamment de temps pour
effecteur cette expertise car le juge d’instruction (prés le
tribunal de Cheraga) était tenu par le facteur temps. A notre
question de savoir si le trou financier de l’ordre de 327 milliards
de centimes enregistré à la caisse principale de cette banque
pourrait être plus importante, il répond que «Oui» et que «ce trou
financier ne concerne qu’un temps T». «Il faut attendre la fin de la
liquidation pour connaître le préjudice causé à cette banque »,
éstime-t-il. « La liquidation du groupe Khalifa, toujours en cours,
pourrait se poursuivre jusqu’à une durée de cinq ans », soutient-il.
M. Abi
Haut
Tribunal de Blida
Une belle
opportunité pour les commerçants du quartier
Le procès de
l’affaire Khalifa qui se déroule à Blida apparaît comme un moyen de
médiatisation, non seulement pour les robes noires, mais aussi pour
tout ce qui gravite autour de l’enceinte du palais de justice. En
effet, à l’intérieur de l’institution judiciaire, la plupart des
gens qui suivent les débats de ce procès ont remarqué la forte
présence d’avocats, dont certains ne sont pas engagés mais assistent
à titre d’observateurs simplement. Ceci a fait dire à l’un d’eux,
que c’est une occasion de bénéficier de l’expérience de leurs aînés
et de se faire connaître du public. Certains ont saisi même
l’opportunité de se photographier aux côtés de leurs aînés lors des
déclarations à la presse. A l’intérieur du palais, règne une
ambiance inaccoutumée.
Dans ce quartier à
forte concentration populaire, eu égard à l’implantation de
plusieurs cabinets d’avocats, de l’hôtel des finances, de la
trésorerie de la wilaya et du tribunal, sans compter les cafés, les
restaurants et les kiosques multiservices qui connaissent en cette
période une activité débordante. Certains cafés et restaurants du
quartier ont même recruté du personnel en renfort pour faire face à
leur clientèle.
B. M.
Haut
La présidente du tribunal
«Si seulement
Khalifa parlait»
La présidente du
tribunal criminel près la cour de Blida, Mme Fatiha Brahimi a lancé,
hier, dans la matinée, lors de l’audience, qu’elle souhaiterait que
Khalifa Rafik Abdelmoumen s’exprime.
«Si seulement il
pouvait le faire», souligne-t-elle. C’est la deuxième fois, depuis
le début de ce procès, qu’elle émet cette éventualité. La première
fois c’était lorsqu’elle avait affirmé, à l’adresse de certains
accusés, qui ont témoigné que l’argent qu’ils retiraient des agences
de Khalifa Bank, était destiné à Khalifa : «C’est vous qui dites ça
!» et qu’«il faudrait que Khalifa Rafik Abdelmoumen se prononce à ce
sujet», conclura-t-elle
M. A.
Haut
Hanoune estime que la justice ne doit pas s’arrêter à Khalifa
«Il faut tirer
au clair l’affaire BRC»
L’intervention de
Louiza Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs à
l’émission «En toute franchise» a été axée, notamment, sur
«l’importance de poursuivre les responsables. S’il y a une justice,
elle ne doit pas s’arrêter là sans déterminer les responsables de ce
complexe maffieux». Les préjudices sont toujours perceptibles,
d’ailleurs, expliquera-t-elle la compagnie Air Algérie ne s’est pas
encore remise du contrat l’ayant liée à Khalifa Airways concernant
les lignes internes. Louiza Hanoune ajoutera que la machine
judicaire ne doit pas s’arrêter au procès de Khalifa seulement,
«elle doit également tirer au clair l’affaire BRC et les affaires
liées à la dilapidation des deniers publics».
Comme à son
accoutumée, la secrétaire générale du Parti des travailleurs n’a pas
ménagé le ministre des Participations et de la Promotion des
investissements et de dresser un tableau sombre du bilan des
privatisations.
«Il faut juger les
responsables de la dissolution des entreprises publiques», estime
l’invitée de Radio chaîne III, appelant à supprimer le département
de M.Temmar.
Sur le plan
politique, Mme Hanoune reviendra sur l’accord conclu entre son parti
et celui du FLN en vue des élections sénatoriales. «Nos élus
soutiennent les candidats FLN en contrepartie de certains points».
Il s’agit, entre autres, du soutien de ce parti pour les problèmes
quotidiens dans certaines communes. Se disant confiante quant aux
prochaines échéances législatives et locales,
Mme Hanoune
explique que son parti n’est pas contre le débat sur la révision
constitutionnelle, mais l’urgence est l’arrêt de la concession des
mines et des richesses et de leur dilapidation. Elle proposera à ce
que chaque élu soit contrôlé par son parti, pour qu’il y ait «moins
de dépassements».
A la question de
savoir si son parti est prêt à intégrer le gouvernement si on le lui
propose, la SG du PT répondra que cette proposition sera exclue tant
que son parti n’est pas majoritaire au Parlement. «Mais nous
continuerons à soutenir quand il y a des décisions louables et à
dénoncer quand il y a quelque chose qui ne va pas».
Fatima Arab
Haut
Debré reçu hier par Bouteflika
Repentance :
Alger ne cède pas
Avant d’être reçu
par le président Bouteflika, le président de l’Assemblée française,
Jean Luis Debré avait déclaré que sa rencontre «sera certainement
pour nous tous importante, notamment pour les relations entre nos
deux pays».
Une déclaration
qui, sans nul doute, témoigne de l’ampleur de l’attente française.
En effet, depuis l’incident fâcheux, comme aiment à le préciser les
officiels français, de la loi du 23 février 2005 qui a porté un
sérieux couac au processus de refondation des relations entre Paris
et Alger, mis en place en 2003, un forcing est opéré par les
politiques en vue d’amener Alger à de meilleurs sentiments. Le
tête-à-tête que Debré a eu hier au dernier jour de sa visite de
trois jours a dû constituer un nouveau teste pour jauger la
situation. Et force est de croire qu’il s’est avéré une nouvelle
fois négative. Pas plus que Douste-Blazy ou encore Sarkozy, Debré
n’a rien obtenu au bout de son séjour algérien. Alger ne semble pas
vouloir céder devant le pressing français. La repentance exigée
comme préalable à la signature du traité d’amitié est toujours de
mise. Hier à l’issue des entretiens qu’il a eus avec le Président
algérien, le président de l’Assemblée française déclarera que les
discussions avec le chef de l’Etat «ont été empreintes de
franchise», soulignant que «les rapports d’affection entre nos deux
pays se portent bien». Ce qui n’a rien de nouveau en soi. Et que
«l’ensemble des questions concernant aussi bien les relations entre
l’Algérie et la France que leur répercussion sur les principaux
problèmes du bassin méditerranéen» ait été évoquée, n’a rien de
surprenant. Mais faut-il le souligner, ces déclarations ne donnent
aucun indicateur quant à un éventuel rapprochement qui balayerait la
forte réprobation exprimée par Alger à la suite de l’adoption de la
loi du 23 février 2005, d’autant qu’Alger est en quête de ce
repentir, qui ne vient pas. Les rapports évoqués lors des
discussions «sont des rapports qui dépassent la conjoncture
politique mondiale et s’inscrivent dans la durée de l’histoire» a
soutenu Jean Louis Debré. C’est d’être une trouvaille et encore
moins une nouveauté. Comment Paris va gérer ce nouveau revers ?
Difficile à dire. Mais le temps presse et cela Paris en est
conscient.Va-t-il se contenter de ces petites avancées qui sont loin
d’être conformes aux ambitions affichées dans le cadre de la
signature du traité d’amitié et de partenariat stratégique qui
devait lier les deux pays à l’image de celui qui lie la France à
l’Allemagne alors que l’histoire justement démontre au quotidien que
l’Algérie n’est plus cette chasse gardée de la France et que
Américains, Asiatiques et même Européens ne se gênent plus pour
afficher leur prétention d’être comptés parmi les partenaires
privilégiés ? Il est certain que Paris consciente du terrain perdu
tente de recentrer sa politique en misant sur un autre volet. Celui
du développement de relations basées sur la confiance. «Pour nous,
il est important d’avoir avec nos amis algériens, au niveau
parlementaire notamment, des relations de confiance», a affirmé hier
Debré à la presse. On retiendra qu’à quelques nuances près c’est ce
même discours qui est développé par tout officiel français approché
par la presse algérienne. Paris s’inscrit dans la durée et donne
l’impression de vouloir laisser au temps le soin de panser la
nouvelle blessure infligée aux Algériens. Ces derniers ne peuvent
cependant oublier que point de repentir est l’autre point sur
lequel tous les politiques français sont d’accord. Dès lors que peut
bien peser le message de Chirac dont a été porteur Debré quand bien
même ce dernier a indiqué que c’est «un message d’amitié de la
France à l’égard de l’Algérie».
Nadia Kerraz
Haut
Ahmed Benaïcha, ancien émir de l’AIS
«L’heure n’est
pas propice pour la création de partis»
Contrairement aux
souhaits de ex- responsables du FIS Rabah Kebir et Anouar Haddam de
fonder des partis politiques sur les cendres du FIS dissous,
l’ancien émir de l’AIS, Ahmed Benaïcha dans une interview parue hier
au quotidien arabophone Djazaïr News juge le moment encore peu
propice du moment, dit-il, que les conditions juridiques et
politiques ne le permettent pas encore. Mais cela, poursuit-il,
n’empêche personne à jouir de son droit constitutionnel à l’exercice
politique.
L’ancien émir
accuse par ailleurs les walis et les procureurs généraux d’entraver
l’application des dispositions de la charte pour la paix et la
réconciliation nationale. Il dira à ce propos que si la loi a été
une réussite du point de vue psychologique parce qu’elle a permis,
assure-t-il, aux Algériens de renouer avec l’espoir et de retrouver
enfin la stabilité, elle ne l’a pas été dans les aspects politiques
et sociaux. Car, estime, l’ancien émir, la réinsertion des repentis
laisse à désirer. L’application de la charte dans plusieurs wilayas
n’a pas atteint selon lui les proportions souhaitables et oscille
entre 1 et 5 %.
«Dans la wilaya de
Chlef, le taux n’a pas dépassé le 1% alors qu’à Relizane par exemple
l’application a été de 25%» se plaint-il en pointant du doigt les
commissions de wilaya.
L’ancien
responsable de l’Ouest à l’AIS, déplore que plusieurs personnes
n’ont pas bénéficié des dispositions de la charte et qui croupissent
à ce jour dans les prisons. «Il y a ceux qui sont emprisonnés depuis
1992 et qui ne sont pas concernés par l’article 10 de la charte qui
parle des personnes impliquées dans la tragédie.
Interrogé sur un
éventuel appel aux terroristes récalcitrants, il dira qu’il existe
beaucoup de contraintes qui ne facilitent pas le contacts avec les
concernés mais se dit quand même prêt à agir dans ce sens tout en
plaidant à ce que les parties concernés lui facilitent la tâche.
A. G.
Haut
Reprise du dialogue gouvernement- Aârouch,
La CADC n’a pas
dit son dernier mot
La toute récente
invitation du Chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem au mouvement
des aârouch pour la poursuite du dialogue et qui a été déjà
acceptée, non sans conditions par la coordination intercommunale de
Béjaïa (CCIB), attend toujours la réponse de la coordination des
aârouch, daïras et communes de Tizi Ouzou (CADC).
Et alors que la
CCIB semble saisir l’occasion, pour tirer profit de la situation en
exigeant entre autres «la signature dans les plus brefs délais du
document final qui portera les engagements de l’Etat lors des
différents comités de suivi ainsi que l’institution d’un mécanisme
de suivi des applications», la CADC s’attelle, quant à elle, et
selon les déclarations de certains de ses délégués à la presse, à la
préparation d’un document de réflexion sur la situation actuelle du
mouvement, sur l’application du protocole d’accord signé entre les
aârouch et le gouvernement ainsi que sur les prochaines élections.
L’on serait toutefois fixé sur la réponse de la CADC à la
proposition de Belkhadem après la tenue à Béjaïa, le 25 janvier
courant de la rencontre Interwilayas. La coordination se prononcera
apparemment aussi, quant à sa participation ou pas aux prochaines
élections. A propos d’élections législatives, l’aile de la CCIB
ainsi que d’autres anti-dialoguistes qui ont répondu favorablement à
l’invitation de Belkhadem, ne se sont pas cachés pour déclarer que
ce dernier est en train de jouer la carte de la poursuite du
dialogue pour «consolider son parti à la veille des échéances
électorales». Pour sa part, la CADC qui a dénoncé dernièrement les
lenteurs dans la mise en application par l’état des points contenus
dans la plate–forme de revendications d’El Kseur a nié les propos du
Chef du gouvernement par rapport à la poursuite du dialogue et du
règlement définitif de la crise. Il y a lieu de rappeler que
Belkhadem avait à maintes reprises annoncé qu’il allait clore le
chapitre du dialogue, mais qui a fini par lancer son invitation pour
la reprise. Participeront-elles ou pas à la reprise du dialogue avec
le gouvernement ? La CADC et la CCIB se rejoignent au moins en un
point, celui de «de rappeler au gouvernement d’honorer ses
précédents engagements».
Habiba Ghrib
Haut
Enquête
Ces jeunes qui
ne pensent qu’à partir
Grandir… face à
la mer
Qu’ils soient
chômeurs, étudiants ou diplômés, mariés ou célibataires, beaucoup de
jeunes choisissent le chemin de l’exil.
Face à la mer, ils
rêvent de grandir, de partir à la quête d’un bonheur qu’on leur a
volé chez eux. Assoiffés d’une vie meilleure, ces hommes au cœur
d’enfant tentent la folle aventure de s’enfuir clandestinement, dans
des embarcations fragiles, vers l’inconnu et atterrir là où leur
jeunesse et leurs espérances peuvent fleurir et leur assurer une
place au soleil. Selon les chiffres que la marine algérienne ne
cesse d’énumérer, ces dernières années, entre janvier et octobre
2006, 42 clandestins algériens sont morts en mer, ils voulaient
rejoindre l’Europe à partir des côtes ouest, 27 sont portés
disparus. Durant la même période, 388 clandestins ont été secourus,
373 étaient
Algériens ! Le
dernier rapport d’enquête du Sénat français, publié en 2006,
souligne que l’Algérie figure parmi les dix premiers Etats dont les
ressortissants ont fait l’objet d’une procédure d’étrangers en
situation irrégulière. En 2004, 4 144 procédures d’étrangers ayant
fait l’objet d’une procédure au titre d’une infraction au séjour ont
été signalées en France contre des Algériens. Ce phénomène «est de
nature économique» et est lié «à un écart de développement
économique et sanitaire entre la France et les pays d’origine des
immigrés clandestins», précis encore le rapport.
Nous avons été à
la rencontre de quelques jeunes Algérois, nous les avons écouté pour
essayer de voir l’Algérie à travers leurs yeux, de tracer leur
quotidien. Ils nous ont décrit leur solitude, le chômage mais
surtout cette misère culturelle, matérielle et affective qui les tue
chaque jour. L’ennui, le désespoir, la violence tacite des rapports
sociaux (famille, société, travail). Ils content leur mal de vivre
et leurs rêves brisés. Partir pour eux, c’est avant tout, vivre,
refuser de mourir. C’est fuir l’incertitude, de l’avenir, du
travail, la précarité affective et le silence vide de leur
existence! «Je ne peux t’expliquer le vide que je ressens quand je
ne fais rien», «Ton salaire te suffit pour vivre ? Moi, je n’en fais
rien !», «Je veux vivre, gagner bien ma vie, me marier et faire des
cadeaux aux gens que j’aime», «La maison familiale est un hôtel, j’y
rentre pour manger et dormir, la plupart de mon temps, je le passe
dans la rue», «Tu trouves que c’est normal qu’à 30 ans je vive
encore chez mes parents ! Je travaille depuis cinq ans et je ne peux
me payer un logement !». Des mots qui vomissent la réalité, une
réalité qui doit changer pour eux. Ils se sentent abandonnés, jamais
impliqués dans les projets de développement et de société, ils
vivotent en marge de tout. L’exil, ils le vivent d’abord ici.
Désœuvrés peut être mais trop intelligents, car ils savent tout, ils
ont tout compris et développent un discours logique et réel.
Déguerpir, légalement ou non, peu importe, c’est avant tout un appel
au secours, une rage de vivre étouffée, une bouteille jetée à la mer
en attendant des jours cléments.
«Je suis
content, je pars en été»
Mohamed vient de
boucler ses trente ans. Il est heureux, car il vient d’obtenir son
visa Schengen, il a déposé sa demande il y a plus de six mois, son
attente n’a pas été vaine. Depuis deux ans, il prépare son départ
définitif vers l’Europe, en France ou en Espagne, il n’a pas encore
tranché. Il part cet été, il ne sait pas comment il va organiser sa
vie une fois parti mais il compte sur ses amis qui vont l’héberger.
«Ma famille n’en sait rien, leur en parler compliquera les choses,
donc je préfère les appeler de là-bas». Il allume une cigarette, la
hume silencieusement avant de lancer : «Je sais que la vie là-bas
n’est pas aussi rose qu’on nous le décrit, mais ici je souffre
aussi. Je préfère souffrir là-bas qu’ici». Mohamed exerce depuis
trois ans dans une boîte de communication, il aime son boulot, mais
il considère qu’il est sous payé. Il touche 18 000 DA, son revenu
lui suffit à peine pour joindre les deux bouts. Il vivote, il
bricole quand il en a l’occasion. Originaire de Tizi Ouzou, Mohamed
partage la location d’un studio à Alger avec quatre copains. «C’est
une petite bicoque, mais je n’ai pas le choix. Je n’ai rien fait de
ma vie, de mes jours, les gens quand tu leur dis ça, ils ne
comprennent pas, à commencer par mon père». Son père est un
fonctionnaire retraité, un nationaliste invétéré, pour lui, ceux qui
partent à l’étranger, trahissent la patrie. «Pour moi, tout cela ne
sert à rien, il est temps de soigner les blessures du passé et
d’ouvrir une nouvelle page. Je m’en fous ! Je veux vivre». Ses yeux
noirs brillent, l’idée de partir le rend gaie, elle le «libère» de
son mal, il pourra vivre enfin comme il l’a toujours souhaité. «Je
bouillonne de vie ! Ici, on ne peut rien faire, ni s’éclater, ni
s’amuser, ni étudier ! La drogue, c’est pas trop mon truc, mais je
fume, trois paquets de cigarettes par jour. Je sais, ce n’est pas
bien mais cela me permet de respirer. Je préfère la bière mais c’est
un luxe et je n’en ai pas les moyens». Son ami, Kamel, 27 ans, un
photographe, marié depuis cinq ans et père de deux enfants veut
également le rejoindre. «J’hésite un peu, je pense à ma femme, je
peux la laisser chez mes parents. L’idée me taraude la tête depuis
deux ans, je veux partir». Il ajoute que l’un de ses amis est parti
et il s’est installé, ça a marché pour lui. «Je gagne mal ma vie, je
vis avec mes parents. Je n’ai pas de logement, pas de voiture. Mes
fins du mois sont catastrophiques !». Il a déposé sa demande de
visa, il attend.
«Ma vie est un
grand trou noir»
À 25 ans, Réda n’a
pas encore trouvé de travail. Il a terminé son stage d’électricien
dans un centre de formation professionnelle, il y a deux ans, il
galère depuis. «Ma vie est un vide ! Un trou noir ! Il ne se passe
rien d’important ! Je passe la plupart de mon temps dans la rue avec
les copains à discuter de tout et de rien». Un jean délavé, ses
cheveux noirs puent le gel, ses baskets de marque ne passent pas
inaperçues. Ses «bricoles», lui permettent de se payer ses fringues.
«Tu sais, j’ai suivi cette formation pour faire plaisir à mes
parents. Une réussite ! Tu crois que c’en est une ! Pour dénicher
n’importe quel poste, il faut avoir des relations, être pistonné !
Ma sœur est diplômée et elle chôme ! Qu’est-ce que tu crois ! Tu
crois que ça me plait de rester chômeur à 25 ans ! Sans aucune
perspective ! Je ne peux t’expliquer le vide qui m’engloutit, qui me
tue lorsque je ne fais rien, c’est un poids gênant». C’est l’un de
ses amis qui lui a soufflé l’idée de partir, il y pense, y
réfléchit, tente, de s’organiser, pourquoi pas, si cela l’arrache à
sa misère quotidienne, à sa rue ! «L’argent fait le bonheur, sans,
on ne peut rien faire ici, même pas se payer une tasse de café ! Je
défie quiconque de me prouver le contraire. Tu sais, je rêve d’avoir
une voiture, d’acheter une maison et de profiter de la vie. Mais
avec quoi ? C’est pour cela que la réussite pour moi est d’avoir de
l’argent». Réda sourit tristement puis confie qu’il lui arrive
souvent de rêver d’être riche et tous ses problèmes sont d’un coup
résolus. Il soupire avant de remettre les pieds sur terre. «Les
rapports avec mes proches se sont détériorés ces dernières années,
une histoire d’héritage et d’autres problèmes. Je n’ai pas vu mes
oncles et mes tantes depuis longtemps ! Je ne me rappelle même pas
quand je suis allé les voir. Chacun pour soi, la famille a perdu
toutes ses valeurs, ça me pourrit l’existence».
Amine : «On ne
tue pas le temps c’est lui nous tue»
Il a à peine 19
ans, mais la vie le dégoûte déjà. Une seule idée lui ronge la tête,
quitter le pays car rien ne l’oblige à rester. «Mon grand frère est
marié, il n’a pas de boulot. C’est un vendeur à la sauvette de
cigarettes, de temps à autre, je lui donne un coup de main.
Sincèrement, ce n’est pas une vie !». Il lance un regard hagard, il
s’arrête un moment, respire profondément puis enchaîne : «Je suis
toute la journée dehors, dans la rue, avec mes copains, tous
chômeurs comme moi. Je n’ai pas où aller. Au cybercafé ? Faire du
sport ? Il faut avoir de l’argent et puis, je sais à peine lire et
écrire !».
Il a quitté
l’école en 8e année fondamentale. Amine désespère, il dit que chez
lui, aucune communication, ni avec son père ni avec ses cinq sœurs
et frères et moins avec sa mère. Tout le monde est préoccupé par sa
vie et ses difficultés. «Parfois, je veux bien me confier à ma mère,
mais elle est tellement dépassée et se plaint sans cesse des tracas
de la vie quotidienne, la cherté de la vie, les augmentations,
l’eau. Elle me fait de la peine, je m’y abstiens». Avec ses potes,
les discussions ne sont pas aussi riches. «On parle d’untel qui a
été embarqué par les flics, ou du voisin qui a perdu son emploi, du
business et des filles. Enfin, de tout et de rien. La plupart
mentent, on veut s’amuser, rêver, se montrer, alors chacun invente
son histoire, devient le héros de son récit». Depuis trois ans, la
vie de Amine n’a pas véritablement changé, une monotonie mortelle.
«C’est la misère noire ! Je me lève à midi et je vais dehors. Quand
je n’ai pas un sou en poche, je reste debout, au coin de la rue,
attendant qu’un ami ou un voisin passe et veuille bien m’inviter à
prendre un café et à fumer des cigarettes ou des joints. Pour
changer, je marche dans les rues d’Alger pour draguer les filles, à
la sortie des lycées puis je retourne au café l’après-midi, avec
d’autres copains, fumer d’autres cigarettes et d’autres joints».
La rue ou le café
représentent sa vie, il remplace la maison, très exigüe, la famille
car tous les autres endroits sont «interdits» ou fermés. «Le café
est une obligation, tout comme la rue, je n’ai pas ou aller, pas de
travail, personne ne se soucie de moi, de nous, ne me tend pas la
main, à chaque fois qu’un copain a les moyens, il m’invite à
prendre un café. On croit tuer le temps mais en fin de compte, c’est
lui qui nous tue !».
Saïd : «En
Europe, je peux réussir»
Saïd a 24 ans, il
est étudiant en troisième année de commerce à l’Université d’Alger.
«Avec mes copains, nous abordons souvent le sujet d’El Hadda.
L’étranger nous passionne, il accapare nos discussions et nos
pensées, c’est notre rêve à tous. La majorité pense qu’en Europe,
elle aurait plus de chance de réussir», soutient-il. Ses grandes
mains ne quittent pas les poches de son jean délavé alors que son
petit classeur noir reste accroché à ses bras. «Quand j’ai eu mon
bac, j’ai été au ciel, mais une fois à l’université, j’ai été
complètement déçu. Il n’y a rien, pas de bibiliothèques, pas de
livres. Plus de 400 étudiants à se bousculer dans l’amphithéâtre !
Je n’en reviens pas ! Dans ma tête c’est un problème, c’est le
brouillard !» Hormis les va-et-vient à l’université, son quotidien
n’est pas «fameux», il ne fait rien de ses journées, elles se
ressemblent toutes. Il se contente d’assister aux travaux dirigés,
ils sont obligatoires. Le reste de son temps, il le consacre à la
vente et à l’achat de vêtements, question de se faire de l’argent de
poche «El massrouf», il s’y investit totalement. «La bourse me
parvient tous les trois mois, que faire avec
2 400 DA ! Mes
parents et mes frères me soutiennent financièrement, mais ils n’ont
pas assez de moyens ! Mon frère est ingénieur diplômé, il est sans
travail, à quoi cela sert d’étudier si on sera touché par le
chômage !» Sans hésiter, il ajoute que beaucoup d’étudiants qu’il
connaît fument des joints. «La plupart de ceux que je connais me
l’ont proposé dès le premier jour. Je n’ai jamais accepté, je me
contente de cigarettes». Depuis quelques temps,
il pense
s’inscrire dans une université française pour poursuivre ses études.
«Mon père s’y oppose, il veut que je reste ici, que je continue mes
études et que je me trouve un boulot. J’y réfléchis, je n’ai encore
rien entrepris».
Irane Belkhedim
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Formation syndicale
Des experts
américains à l’UGTA
Cette session
prévue jusqu’au 30 du mois courant comptera deux ateliers de
travail.
Un cycle de
formation au profit des travailleuses syndicalistes algériennes sous
le thème : «La femme et l’économie mondiale» a débuté, hier, à
l’initiative du secrétariat national de la femme travailleuse de
l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) en collaboration
avec le centre américain de solidarité ouvrière internationale.
Cette session prévue jusqu’au 30 du mois courant, comptera deux
ateliers de travail. Le premier concernera, jusqu’au 24 janvier, les
travailleuses syndicalistes des wilayas de l’Ouest et du Sud alors
que le second regroupera, du 26 au 30 du même mois, les
travailleuses syndicalistes des wilayas de l’Est et du Centre et ce,
dans le cadre du projet du réseau régional d’autonomisation de la
femme, initié l’année dernière par le centre américain au profit de
l’Algérie, de la Jordanie et de Bahreïn. Selon la coordinatrice de
la commission nationale de la femme à la Centrale syndicale, Mme
Soumaia Sahli, les deux ateliers porteront sur l’examen et l’analyse
de la question de la mondialisation et son impact sur l’économie
mondiale et sur la femme en particulier en tant que facteur
influent. Les participantes tenteront d’appréhender les questions
économiques mondiales liées aux problèmes que rencontre la femme
dans son quotidien et proposer les solutions suscpetibles de changer
la situation de la femme travailleuse pour assurer davantage
d’égalité avec l’homme, a précisé Mme Sahli. La présente session
planchera sur la définition des moyens et modes d’action syndicale
dans le cadre du processus de mondialisation qui «accentue les
différences existant entre l’homme et la femme et creuse le fossé de
la discrimination professionnelle et matérielle entre les deux,
notamment au niveau de l’accession aux postes de décision», a
souligné Mme Sahli, ajoutant que cette démarche constituera toujours
«l’un des principaux objectifs escomptés par la femme syndicaliste
au service de ses intérêts».
Pour sa part, Mme
Lorraine Clewer, directrice du bureau de représentation pour le
Maghreb arabe du Centre américain pour la solidarité ouvrière
internationale, a exprimé le souhait de voir les participantes tirer
profit, à la faveur de ces cycles de formation, du savoir-faire et
des informations ayant trait à l’économie mondiale et ses
répercussions négatives sur le monde du travail ainsi qu’aux moyens
susceptibles de faire face à cette situation dans l’intérêt de la
femme, en tant qu’élément actif dans l’économie.
Mme Clewer a saisi
cette occasion pour appeler les syndicalistes algériennes à «aller
de l’avant sur la voie de l’action syndicale», estimant qu’elles
sont un «exemple» à suivre eu égard aux résultats qu’elles ont
obtenus dans le domaine des droits de la femme. Le programme du
Proche-Orient et de l’Afrique du Nord du Centre américain de
solidarité ouvrière internationale, créé il y a dix ans, a pour
objectif d’aider, en collaboration avec les unions syndicales
ouvrières, les travailleurs de ces régions à faire face aux nouveaux
défis économiques et politiques mondiaux en vue de réglementer le
secteur privé et les négociations collectives et d’encourager les
femmes à accéder à des postes-clés.
R. A.
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Harraga vers l’Espagne
La gendarmerie
s’attaque aux commanditaires
L’offensive menée
en 2006 par la Gendarmerie nationale à Aïn Témouchent contre les
commanditaires de l’immigration clandestine vers l’Espagne a porté
ses fruits. «La plupart, soit 80%, qui sévissaient dans la région
ont été arrêtés», a annoncé à l’APS le commandant de groupement de
la Gendarmerie nationale. Pour les mettre hors d’état de nuire et
empêcher surtout les jeunes de s’embarquer pour des traversées
dangereuses, tout un mécanisme a été mis en place et a impliqué
l’intervention de la gendarmerie et des autres services de
sécurité. Ainsi, il a été question du déploiement d’importants
moyens humains et matériels. Il a fallu pas moins de 250 gardes
communaux, appuyés par les éléments de la gendarmerie et de l’Armée
nationale populaire (ANP) pour permettre une surveillance jour et
nuit des nombreuses plages susceptibles de servir de point
d’embarquement pour l’Espagne. L’effort colossal conjugué qui a
permit de déjouer la plupart des tentatives a permis aussi de
remonter jusqu’aux barons de l’immigration clandestine. Pour
l’année 2006, pas moins de 23 affaires d’immigration clandestine ont
été traitées par la gendarmerie au niveau de la wilaya de Aïn
Témouchent, mettant en cause 245 personnes. Alors que les
commanditaires sont de cette wilaya, les candidats à l’immigration
clandestine proviennent en général des wilayas de Chlef, Alger,
Boumerdès et Annaba. Sur les 245 personnes interpellées, 71 ont été
placées en détention préventive et 174 laissées en liberté
provisoire. Le phénomène des harraga vers l’Espagne à partir des
côtes Ouest avait pris, durant les derniers mois, des proportions
alarmantes. Les traversées sur des embarcations de fortune ont
carrément viré au cauchemar, entraînant la mort, la disparition
et/ou l’égarement de dizaines de jeunes sauvés par les gardes- côtes
algériens ou espagnols. Une fois secourus et soignés, les rescapés
sont présentés à la justice et rares sont ceux qui s’en tirent avec
une amende ou une peine d’emprisonnement avec sursis. Les
commanditaires à l’immigration recrutent leurs proies dans les cafés
et les lieux publics et même dans les villes de l’intérieur du pays.
L’affaire qui tourne le plus souvent à l’arnaque est conclue entre 7
et 10 millions de centimes. Un argent pour lequel le jeune trime
pour l’avoir.
Habiba Ghrib
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Conflit Naftal-stations-services
Les
propriétaires privés vont s’expliquer
Les représentants
de l’association des propriétaires des stations- services privées
vont revenir, aujourd’hui, sur le conflit qui les oppose à
l’Entreprise nationale de distribution des produits pétroliers (Naftal)
depuis quelques mois, lors de la conférence de presse qui se tiendra
au siège de l’UGCAA (Union générale des travailleurs algériens). Le
nouveau contrat que l’entreprise a présenté aux propriétaires libres
des stations- services n’a, semble-t-il, pas satisfait ces derniers
qui l’ont rejeté et affirmé que Naftal envisage de récupérer ces
stations.
Ils ont également
dénoncé les nouvelles mesures et menacé de recourir à la grève pour
faire valoir leurs droits. Au début du mois en cours, Naftal a
adressé une correspondance à la presse et annoncé les amendements
apportés aux contrats. Ainsi, la durée du contrat devient
«indéterminée» et non limitée à trois ans ; il est désormais
possible de vendre les accessoires automobiles sans l’autorisation
préalable de Naftal. Le locataire-gérant bénéficiera également des
paiements à terme pour les lubrifiants, les pneumatiques et autres
produits, à l’exception des carburants. Le locataire- gérant est
obligé de s’approvisionner exclusivement auprès de Naftal en
produits pétroliers pendant toute la durée du contrat. Pour les
autres produits, à l’exception des carburants et des lubrifiants, il
pourra s’approvisionner auprès d’un autre fournisseur ne disposant
pas d’un réseau de stations-services en Algérie au cas où Naftal
n’arrive pas à satisfaire sa demande. En cas de décès du gérant, la
location-gérance est en
«priorité»
accordée à l’un de ses ayants droit désigné par un acte notarié. En
cas de résiliation du contrat, des dispositions ont été aménagées en
écartant des motifs de résiliation. Naftal a tenu a démentir toute
opération de récupération des stations-services, qui n’est guère
envisagée ; elle a rappelé son «ambitieux programme de rénovation et
de modernisation de son réseau stations-services pour la période
2006-2011». Dans ce cadre, une partie conséquente de l’enveloppe
financière a été consacrée à cet effet au profit des
stations-services. Depuis, la grève prévue pour le 20 janvier, a été
annulée.
Irane Belkhedim
Haut
Crise interne au Cnes
Des
syndicalistes quittent Boukaroura
Plusieurs
syndicalistes du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes)
de l’aile Boukaroura ont quitté les rangs de cette aile. Ces
démissions se sont confirmées quand Boukaroura a rendu publique son
intention de mener le Cnes vers un congrès réconciliateur annoncé
pour mars prochain, congrès que l’autre aile considère comme une
manière évidente de les exclure de la couverture syndicale. L’enjeu
est de taille d’autant plus que les compagnons de Cherbal qui
viennent justement de gagner la bataille juridique contre le
ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
scientifique après avoir été innocentés par le Conseil d’Etat, sont
confrontés à une autre problématique. Il s’agit de l’extinction des
poursuites judiciaires contre des syndicalistes de la section de
Béjaïa. A rappeler que le Cnes maintient sa journée de protestation
pour le 18 février prochain concernant des revendications
socioprofessionnelles et surtout, dira un membre du Cnes, pour
«l’arrêt des poursuites contre nos syndicalistes».
Fatima Arab
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Commerce extérieur
Excédent record
de la balance commerciale
L’Algérie a
réalisé en 2006 un nouvel excédent commercial record de 31,82
milliards de dollars, qui augmente de 24,07 % celui dégagé en 2005
pour une valeur déjà sans précédent de 25,64 milliards de dollars,
selon les données fournies dimanche à l’APS par le Centre national
de l’informatique et des statistiques (CNIS) relevant des Douanes
nationales.
Les exportations
ont atteint, l’année passée, 52,82 milliards de dollars (mds usd),
en hausse de 14,83 % par rapport à 2005, et les importations 21
milliards de dollars (+3,18 %), précise cette source. Les
exportations d’hydrocarbures ont continué à représenter l’essentiel
des ventes de l’Algérie vers l’étranger avec 97,98 % (51,75 mds usd)
de la valeur globale, en accroissement de 14,77 % à cause
essentiellement de la tendance à la hausse des prix internationaux
du pétrole brut.
Quant aux
exportations hors hydrocarbures, elles demeurent marginales avec
seulement 2,02 % du volume global des exportations et une valeur de
1,07 mds usd, malgré une hausse de
17,53 % par
rapport à 2005. Les principaux produits hors hydrocarbures exportés
sont constitués par le groupe «demi-produits» avec une part de 1,42
% du total des exportations, soit l’équivalent de 748 millions de
dollars, suivis du groupe «produits bruts» (0,34 %, 180 millions usd),
du groupe «alimentation» (0,12 %, 66 millions usd), et des «biens
d’équipements industriels» (0,08 % soit 43 millions de dollars). Le
groupe «biens de consommation non alimentaires» vient en dernière
position avec une part de 0,05 %, soit 28 millions de dollars. Pour
les importations, leur répartition par groupes de produits fait
ressortir une hausse pour l’ensemble des groupes de produits sauf
pour les groupes biens d’équipements et biens de consommation non
alimentaires qui ont enregistré les baisses respectives de 2,08 % et
de 4,86 %.
En effet, les
importations destinées à l’outil de production qui représentent
28,26 % du total des importations sont passées de 5,05 mds usd en
2005 à 5,94 mds usd en 2006, soit une amélioration de +17,52 %. La
hausse a aussi concerné les biens alimentaires avec +2,59 %, soit
3,68 mds usd. La répartition des importations par mode de
financement montre une nette prédominance du cash, qui reste le mode
le plus utilisé avec 82,67 % du total des importations de l’année
2006, soit 17,36 mds usd enregistrant ainsi une hausse de +1,85 %
par rapport à 2005. Le reste des importations a été financé par le
biais de lignes de crédit, avec une hausse de +9,15 % puisque le
montant est passé de 2,28 mds usd à 2,49 mds usd et le reste des
importations a été financé par le recours aux comptes devises
propres et autres, à raison de 0,38 % et de 5,08%, soit 80 millions
de dollars et 1,07 md usd, détaille le Cnis.
Au cours de
l’année 2006, les principaux clients de l’Algérie étaient les
Etats-Unis d’Amérique avec 14,04 mds usd, l’Italie (8,98 mds usd),
l’Espagne (5,52 mds usd), la France (4,33 mds usd), le Canada (3,39
mds usd), les Pays-Bas (2,58 mds usd) et la Turquie avec 2,01 mds
usd. Quant aux principaux fournisseurs, la première place est
revenue à la France avec 4,32 mds usd, suivie de l’Italie (1,85 md
usd), la Chine (1,70 md usd), l’Allemagne (1,46 md usd), les
Etats-Unis d’Amérique (1,41 md usd), l’Espagne (1,01 md usd), et le
Japon avec 709 millions de dollars, selon la même source.
R. N.
Haut
Agence nationale des changements climatiques
«Nous pouvons
prévenir le réchauffement»
La réalisation
d’un canal fluvial transafricain et d’une «tour» solaire sont deux
solutions pour faire face au réchauffement climatique qui menace
l’Afrique, dont l’Algérie, à l’horizon 2025, a estimé le directeur
général de l’Agence nationale des changements climatiques (ANCH),
Kamel Mostefa-Kara. Ces deux projets «phares» sont «capables
d’infléchir» le phénomène climatique en Afrique à l’horizon 2025,
qui provoquera en Algérie, selon lui, une «déperdition
agroclimatique de 100 km au Nord, entraînant une désertification de
toute la steppe et des Hauts-Plateaux», a indiqué M. Mostefa-Kara
dans un entretien à l’APS.
Le canal
transafricain, qui reliera le fleuve Congo à la région du bassin
Melhrir, à Biskra (Algérie), a-t-il expliqué, utilisera 6% des eaux
de ce fleuve, déviera pas moins de 100 milliards de m3 d’eau douce
par an vers d’anciens oueds et rivières asséchés d’une longueur
d’environ 5 200 km, et couvrira ainsi complètement les besoins
actuels et à venir des populations de la région. Ce canal permettra
de restaurer le lac antique de Melhrir, d’une superficie de 7 000
km2, et de sauver le Lac Tchad, qui ne fait actuellement qu’environ
1 900 km2, en le ramenant à 27 000 km2, son niveau initial en 1963.
Selon Mostefa-Kara, diplômé de l’Ecole supérieure de la météorologie
de Paris (France), ce projet est «techniquement réalisable»,
soulignant que cinq pays (Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger et la
République Centrafricaine) se sont déjà mis d’accord sur la
réalisation du projet reliant le Fleuve Soudan au Lac Tchad (2 500
km). S’agissant du projet de la «tour» solaire, une centrale
électrique solaire d’une puissance de 200 Mégawatt alimentant 200
000 foyers, M. Mostefa-Kara a expliqué qu’elle permettra de capter
l’énergie de l’ascendance d’immense masse d’air chaud créé par le
rayonnement solaire, précisant qu’en Afrique et, particulièrement en
Algérie, le soleil, l’ensoleillement et l’espace favoriseront sa
réalisation.
M. Mostefa-Kara a
indiqué que cette énergie (courant d’air de 35 à 50 km/heure) sera
captée par 32 turbines à la base d’une cheminée de 130 mètres de
diamètre, d’une hauteur de
1 000 mètres,
entourée d’un immense disque de verre transparent de 7 km, qui
seront fabriqués avec des matériaux locaux. Sous ce grand disque
collecteur, une installation de tubes de plastique noir remplis
d’eau, permettra la restitution de la chaleur emmagasinée le jour et
donc le fonctionnement de nuit, a-t-il ajouté, relevant que l’eau
conservant 6 fois mieux la chaleur que le sol, joue le rôle d’un
véritable puits de chaleur, un stockage énergétique «inattendu et
idéal», a-t-il dit. En plus d’une centrale électrique «très propre
et sans danger», a-t-il noté, la structure constitue une véritable
«serre» qui s’étend sur 38 km2 pouvant permettre une agriculture à
haut rendement. Il a indiqué que cette technologie novatrice a un
coût comparable à celui d’une centrale à énergie fossile, précisant
qu’une tour solaire expérimentale de 50 Mégawatt a été réalisée en
Espagne. Le directeur général de l’ANCH a, par ailleurs, affirmé que
ces deux projets doivent devenir «urgents et prioritaires, pour peu
que la communauté mondiale prenne la mesure du défi qui s’annonce,
qu’elle comprenne le rôle crucial que peut jouer l’Afrique et
qu’elle mette en cohérence ses engagements avec ses réalisations
concrètes». Dans ce sens,
M. Mostefa-Kara a
souligné que l’Algérie devra présenter ces deux projets lors du
sommet des chefs d’Etat et de gouvernement africains prévu fin
janvier en cours.
Redouane A.
Haut
Syndicalisme
Séminaire sur
l’intégration des femmes
L’intégration des
femmes dans l’action syndicale fera l’objet du séminaire qui sera
organisé demain par la Commission des femmes travailleuses de la
wilaya d’Alger (CFTW) dépendant du secrétariat national de l’UGTA,
selon une source syndicale citée par l’APS. Sous le thème «La
méthodologie d’intervention pour la promotion et l’intégration des
femmes dans le syndicat», ce séminaire, a souligné Mme Saâda Rahmani,
présidente de la CFTW, a pour objectif «d’optimiser le rôle des
femmes et leurs engagements dans la lutte contre les
discriminations, les violences et les atteintes à la santé et à la
sécurité sur les lieux de travail et d’élever leurs aptitudes à
diriger une section syndicale».Cette rencontre, qui se tient au
siège de l’UGTA, vise également à «améliorer le savoir-faire des
femmes en matière d’action syndicale», a-t-elle indiqué ajoutant
qu’il sera également débattu «le rôle de la femme syndicaliste du
point de vue juridique au niveau national et international et
également sa participation dans le développement global». Encadrées
par des spécialistes en la matière, les participantes prendront
connaissance de l’évolution et des caractéristiques de l’emploi
féminin en Algérie. «Les femmes travailleuses en Algérie», «Aperçu
sur la législation nationale et les conventions internationales»,
«La situation syndicale de la femme travailleuse en Algérie», «La
femme travailleuse en Algérie, réflexion collective et échange
d’expériences sur les pratiques discriminatoires et harcèlement
sexuel» et «Lutte contre les inégalités et les discriminations» sont
les thèmes qui seront abordés lors de cette rencontre. «Pour
permettre aux femmes de mieux assumer leurs tâches et à intervenir
efficacement sur le terrain de la pratique syndicale, il est
nécessaire de les encadrer en organisant à leur profit des actions
de formation syndicale», a encore souligné Mme Rahmani. Dans ce
contexte, la présidente du CFTW a indiqué que plus de 250 femmes
syndicalistes ont été formées durant le dernier semestre 2006 à
l’Institut d’études et de recherches syndicales qui réserve
régulièrement des places pédagogiques pour les femmes dans son
programme annuel. Les contraintes rencontrées par les femmes
syndicalistes dans leur travail syndical seront également abordées,
lors de cette rencontre.
Amine B.
Haut
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M.Merkouche
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