Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Mécontentement

Si l'alliance du MoDem avec l'UMP à Pau était totalement inespérée pour François Bayrou, à la droite beaucoup sont ceux, simples militants ou cadres du parti, qui ont fortement désapprouvé l'initiative de Jean-François Copé. "C'est inadmissible ! Parfaitement immoral !" a déclaré Henri Guaino en laissant éclater sa colère après l'annonce de l'accord que viennent de passer l'UMP et François Bayrou, candidat du MoDem aux municipales de Pau. Voir son parti soutenir celui qui, en 2012, invitait à voter contre Nicolas Sarkozy lui paraît indécent, peu importe la raison invoquée. "Oui, je suis très crispé", explose-t-il. "Je croyais appartenir à une famille politique pour laquelle le principe de responsabilité était fondamental. Quand quelqu'un comme Bayrou prend le genre de positions qu'il a pris, il doit en assumer la responsabilité. Là, on est tout bonnement en train de lui dire que ce qu'il a fait n'était pas grave. C'est confondre pragmatisme et cynisme, c'est faire de la politique politicienne ! " À l'instar du député des Yvelines, beaucoup de militants UMP ont du mal à avaler la pilule. D'autant plus que Jean-François Copé s'était jusqu'à présent montré très ferme vis-à-vis du candidat centriste : "Je ne vois pas comment les Françaises et les Français pourraient comprendre que l'on s'allie avec une personnalité qui a appelé à voter François Hollande. Je pense qu'il faut être dans la cohérence", déclarait-il en novembre. La plupart ne comprennent effectivement pas où est passée la cohérence. Sur les réseaux sociaux, ils saluent ce "pacte avec le diable" par des commentaires cinglants, souvent amers. "Copé, même sous la contrainte, n'aurait pas dû accepter de soutenir Bayrou, c'est un affront", peut-on lire par exemple. "Les instances de l'UMP devraient démissionner pour avoir trahi les adhérents", "c'est l'estocade finale". "Comment peut-on réussir à mobiliser les gens en faveur de l'UMP quand ils assistent à ça ? se désole un jeune cadre en coulisse. C'est cracher à la figure de tous les militants". Même le modéré Bruno Le Maire n'était pas loin de dire la même chose lundi. "C'est un accord qui ne fait honneur ni à l'UMP ni à la politique en général", a-t-il affirmé, rejoignant ainsi la liste des mécontents. Une liste qui ne cesse de s'étendre. Copé aura commis là sa faute la plus sérieuse. Une faute qui pour beaucoup remet en cause son statut de président. Un statut, comme aiment à le rappeler certains, usurpé. A l'UMP les fidèles de Sarkozy risquent ainsi de faire payer à Copé cette "trahison", surtout que jusqu'à aujourd'hui ils s'étaient rangés à ses côtés dans une tentative d'affaiblir François Fillion, l'adversaire de l'ex-président de droite.

F. M.

 

 

Monde

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 22/01/14

 

États-Unis

Human Rights Watch fustige la NSA, un dangereux modèle

Les États-Unis et leur programme de surveillance généralisée sont un exemple dangereux pour les autres pays, à qui ils donnent des prétextes pour censurer les communications en ligne, estime l'ONG de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch dans son rapport annuel hier.

Le non-respect de la vie privée par l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) donnera l'occasion aux États répressifs d'imposer des restrictions sur les libertés d'expression, estime HRW dans ce texte de 667 pages sur les droits de l'homme dans plus de 90 pays, présenté à Berlin. L'ONG, basée à New York, note que le gouvernement américain dispose d'une "position exceptionnelle pour surveiller les communications mondiales car la plupart des données sur internet circulent sur le territoire américain ou sont relayées par des compagnies américaines". Par conséquent, ils portent une responsabilité particulière pour la sauvegarde des droits des individus. Dans un entretien à l'AFP, le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth, a déclaré que des pays, tels que la Chine, la Russie et l'Inde prenaient exemple sur la NSA pour empiéter sur le respect de la vie privée des individus. Censurer les personnes trop critiques

"Pour le meilleur et pour le pire, le gouvernement américain donne le ton en ce qui concerne le respect de la vie privée et de la liberté sur internet", a-t-il souligné. "L'une des réactions à la surveillance organisée par la NSA, c'est que beaucoup de pays vont créer des internets nationaux, ils vont forcer les groupes de ce secteur à maintenir les données de leurs utilisateurs dans leur pays", a-t-il ajouté. "Cela va leurs permettre de contrôler beaucoup plus facilement qui dit quoi sur la toile et censurer les personnes trop critiques", a-t-il poursuivi. Son organisation a choisi Berlin pour présenter son rapport annuel car l'Allemagne fut l'un des pays concernés par les révélations d'Edward Snowden, avec notamment la mise sur écoute d'un téléphone portable de la chancelière Angela Merkel. Les affirmations du président américain Barack Obama selon lesquelles la vie privée des gens n'était pas mise en danger, tant que le gouvernement ne faisait que collecter les communications sans les examiner, ne tiennent pas la route, a estimé Roth. "Imaginez que le gouvernement mette une caméra vidéo dans votre chambre à coucher et dise ‘ne vous inquiétez pas, cela va simplement aller dans l'ordinateur gouvernemental. Nous n'allons pas regarder les images, sauf si nous avons vraiment une bonne raison’", a-t-il dit. "Vous seriez rassurés? Bien sûr que non. Mais c'est exactement ce que propose le gouvernement américain sur le respect de nos communications privées". Selon Roth, le président Obama a, par son discours de vendredi où il a dressé de nouveaux contours sur les pratiques des services d'espionnage, "finalement reconnu qu'il y avait certaines choses qui n'allaient pas dans la surveillance de nos communications électroniques par la NSA". Mais il n'est pas allé assez loin, d'après lui. Ce 24e rapport met aussi en lumière les brutalités à l'encontre des populations civiles dans la Syrie ravagée par la guerre. Il renouvelle ses appels aux dirigeants du monde entier à faire pression pour que "cessent ces atrocités et que ceux qui les perpétuent soient punis". Il critique l'attitude de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU, qui ont selon lui permis le meurtre de civils syriens. En même temps, Roth a aussi fustigé le refus américain de renvoyer des criminels de guerre présumés devant la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye. "Alors que la conférence de paix de Genève II sur la Syrie va commencer, sans que l'on soit certain de son succès, il ne devrait pas y avoir le moindre prétexte qui empêche une action pour protéger les civils syriens. Il faut vraiment mettre la pression pour que ces tueries cessent et pour qu'une aide humanitaire parvienne à ceux qui en ont besoin", a-t-il dit. 

A.O

 

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