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Entêtement
Pour les Turcs,
l’actualité est plutôt chargée. Le pape Benoît XVI doit effectuer
une visite au début du mois de novembre. Aujourd’hui encore, il fait
polémique de par ses paroles sur l’islam et que certains ont jugées
insultantes envers le prophète Mahomet. Mais la polémique la plus
importante qui agite le pays en ce moment est, sans conteste, celle
concernant la loi, votée par le Parlement français, qui condamne
toute critique ou négation du génocide arménien. Pour les Turcs, qui
ne reconnaissent pas ce génocide, c’est un véritable camouflet.
Depuis plusieurs années, les relations entre la France et la Turquie
sont ternies par l’attachement de l’Etat français à la population
arménienne et à la commémoration du massacre qui a frappé leur
peuple au début du siècle. La France est même le premier pays,
hormis l’Arménie, cela va de soi, qui a reconnu le génocide. Les
autres pays de l’Union européenne ont suivi et désormais, la
reconnaissance de ce génocide est devenue l’une des principales
conditions de l’entrée de la Turquie au sein de l’UE. Mais pour les
Turcs, pas question de céder sur ce point. Ils ont fait un véritable
point d’honneur. Gouvernement et population turcs sont soudés autour
de cette position d’inflexibilité. Pour ceux qui voyaient d’un
mauvais œil l’intégration de la Turquie dans l’UE, la position
turque est du pain béni. En effet, les Turcs s’enferrent eux-mêmes
dans une posture où ils sont indésirables pour le reste de la
communauté européenne. Ils deviennent les principaux freins à leur
intégration qu’ils réclament pourtant depuis plus de cinquante ans.
Ainsi, après un
demi siècle d’efforts pour intégrer enfin l’espace européen, les
portes leur sont fermées, non à cause de ce qu’est leur pays
aujourd’hui, mais à cause de des exactions commises il y a de cela
près de 100 ans. L’attitude turque peut également prêter à confusion
si l’on sait que leur attitude négative est en train de plus en plus
de leur fermer pour un long moment les portes de l’UE. Ils sont, de
cette façon, les propres artisans de leur échec.
Fouzia Mahmoudi
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