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Liban
La troïka
européenne parle de climat «positif» pour la présidentielle
Les
chefs de la diplomatie française, italienne et espagnole, en visite
samedi à Beyrouth, ont évoqué un climat plus «positif» et
«constructif» dans la crise entre les protagonistes libanais
concernant l’élection présidentielle, qui doit avoir lieu avant le
24 novembre.
«On a constaté une
dynamique nouvelle, une volonté de réussir, un sentiment
d’engagement constructif (...) c’est plutôt positif et
encourageant», a déclaré le ministre espagnol des Affaires
étrangères Miguel Angel Moratinos à l’issue de cette visite, au
cours de laquelle les trois responsables ont rencontré les
différents acteurs de la crise.
«Nous sommes plus
encouragés, plus satisfaits et nous avons plus d’espoir. Il y a une
volonté chez tous les groupes politiques de parvenir à un
consensus», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. «Nous
avons eu l’impression que, oui, ça va mieux», a indiqué son
homologue français Bernard Kouchner. «Ils ne sont pas tous d’accord
mais ils positivent pour arriver à une solution», a-t-il ajouté. Le
diplomate français a également noté un «mouvement de coordination,
d’acceptation commune» sur l’échéance présidentielle entre les
chrétiens de la majorité parlementaire antisyrienne et les chrétiens
de l’opposition soutenue par Damas et Téhéran. A moins d’une semaine
de la deuxième convocation du Parlement libanais pour l’élection
d’un nouveau président, prévue mardi, la séance semble vouée à
l’échec faute de consensus entre majorité et opposition. Le délai
constitutionnel pour l’élection du chef de l’Etat prend fin le 24
novembre.
«Les Libanais ne
devraient pas rater le rendez-vous démocratique», a insisté M.
Moratinos.
«Il est très
important et essentiel de trouver un consensus autour d’un candidat
ou de plusieurs candidats», a insisté pour sa part le chef de la
diplomatie italienne, Massimo d’Alema.
Les trois
ministres s’exprimaient au terme d’une journée où ils ont rencontré
le Premier minis-tre Fouad Siniora, le président du Parlement Nabih
Berri (opposition) et le cardinal Nasrallah Sfeir, l’influent
patriarche de la communauté maronite chrétienne dont est
traditionnellement issu le président du Liban. La troïka a également
réuni plusieurs dirigeants des deux camps rivaux, dont un membre du
Hezbollah chiite, autour d’une table ronde à la résidence de
l’ambassadeur de France. La crise libanaise fait craindre de voir
apparaître deux gouvernements rivaux, soit un scénario identique à
celui qu’a connu le pays à la fin de la guerre civile en 1990. Les
ministres avaient auparavant inspecté les troupes de leurs pays
participant à la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) dans le
sud du Liban, où ils avaient insisté sur leur engagement pour la
paix et la stabilité au Liban. Avant de quitter le Liban, les trois
ministres se sont rendus dans la soirée à l’hôtel «Phoenicia», où
sont confinés les députés de la majorité parlementaire, en raison
des craintes d’un nouvel assassinat qui pourrait les viser. Six
députés antisyriens ont été assassinés depuis 2005 dans des
attentats imputés par la majorité à la Syrie, ancienne puissance de
tutelle, qui nie toute implication. Damas appuie l’opposition
libanaise menée par le Hezbollah chiite, qui réclame une part plus
importante du pouvoir, alors que le gouvernement de Fouad Siniora
est paralysé depuis novembre 2006 après la démission des six
ministres de l’opposition.
Haut
Boucliers
antimissiles US
Robert Gates en
Europe pour relancer le projet
Le secrétaire
américain à la Défense Robert Gates a entamé hier une tournée en
Europe de l’Est qui le mènera en Ukraine et en République tchèque,
afin de plaider de nouveau la cause du projet de bouclier
antimissiles en Europe, auquel la Russie s’oppose radicalement.
M. Gates
participera ensuite mercredi et jeudi à une réunion informelle des
ministres de la Défense de l’Otan, où il pressera les pays
partenaires d’envoyer des renforts en Afghanistan, selon un haut
responsable du Pentagone.
Le ministre, qui a
quitté Washington samedi soir, était attendu hier et aujourd’hui en
Ukraine, où il doit rencontrer le président pro-occidental Viktor
Iouchtchenko. Il devait s’entretenir auparavant à Kiev avec le
ministre turc de la Défense, alors qu’Ankara menace d’intervenir
militairement dans le nord de l’Irak pour attaquer les rebelles
kurdes qui y sont basés, au grand dam de Washington et de Bagdad.
Le secrétaire à la
Défense devrait chercher le soutien de l’Ukraine dans l’épineux
dossier du bouclier antimissiles américain en Europe, un sujet qui
fâche le voisin russe. Les Etats-Unis souhaitent installer des
intercepteurs de missiles en Pologne et une station radar en
République tchèque, et assurent vouloir ainsi répondre à une
éventuelle menace de pays comme l’Iran. Mais la Russie voit d’un
mauvais œil ce déploiement dans l’ancienne zone d’influence de
l’ex-URSS, et y voit un danger direct pour sa sécurité. Les
dernières négociations sur ce sujet à Moscou début octobre entre
M. Gates, la
secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et leurs homologues russes ont
échoué. Le président ukrainien a déclaré n’avoir aucune intention
d’examiner l’idée d’un déploiement du bouclier sur son
territoire. Contrairement au Kremlin, il ne condamne toutefois pas
l’extension de ce bouclier à l’Europe, estimant qu’il s’agit d’un
droit souverain de chaque pays. M. Gates participera également à un
conseil des ministres de la Défense des pays de l’Europe du Sud et
de l’Est, une organisation régionale créée notamment dans le but de
«simplifier la procédure de l’intégration à l’Otan» pour ses onze
adhérents, selon Kiev. Ils devraient évoquer ensemble les
éventuelles adhésions à l’Otan de la Croatie, la Macédoine et
l’Albanie, tous trois candidates, mais aussi celle de l’Ukraine,
sujet cher au cœur de M. Iouchtchenko. L’opinion publique et la
Russie y sont toutefois hostiles, et le contexte politique peu
porteur, après les récentes législatives remportées de justesse par
les pro-occidentaux. M. Gates se rendra demain en République
tchèque, puis en Ukraine avec lesquelles les Etats-Unis négocient
pour étendre à l’Europe leurs boucliers
antimissiles. La
plupart des Tchèques s’opposent à l’installation de la station
radar. Malgré tout, «nous espérons toujours conclure les
négociations avec Prague avant fin 2007, et commencer la
construction au début de l’été 2008», souligne-t-on du côté
américain. Mercredi et jeudi, M. Gates participera aux Pays-Bas à
une réunion informelle des ministres de la Défense de l’Otan, où il
compte appeler les Etats membres et leurs partenaires à partager le
fardeau en Afghanistan. Les Pays-Bas et le Canada, dont les soldats
combattent les talibans dans le sud du pays, débattent de leur
maintien au-delà des dates limites de leur mission, et aucun autre
allié ne s’est offert de les remplacer pour l’instant. M. Gates
insistera sur «les besoins en soldats, en transport et en
formateurs» pour entraîner les forces de sécurité afghanes, selon le
Pentagone.
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