Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Départ

Larijani, le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien a démissionné. Ce dernier en profond désaccord avec Ahmadinedjad aurait décidé de ne plus cautionner la politique du président iranien. Celui-ci, très étroitement lié avec les Molahs, suivrait au goût de Larijani une politique trop sombre touchant le dossier nucléaire. Ahmadinedjad, en effet, refuserait tout compris et souhaiterait garder les agissements nucléaires de son pays secrets tandis que Larijani opterait pour plus de transparence. Il est cependant évident que la démission de Larijani lui a sans doute été fortement suggérée par les forces politiques qui dirigent le pays. De plus son remplaçant, loin d’être quelqu’un connaissant bien le dossier nucléaire iranien tel que son numéro deux Javad Vaïdi, est parfaitement étranger à tout ce qui touche ce domaine sensible et ne maîtrise nullement toutes les trames de ce dossier ô combien complexe. Aujourd’hui, néanmoins, l’Iran doit faire avec cette nouvelle donne et il n’est pas sûr que les négociateurs européens et américains apprécient la perte de cet interlocuteur. Car même si Larijani n’était pas le chouchou, il est évident qu’il représente un courant modéré loin des excès de son président. Américains et Européens devront néanmoins se faire à ce nouvel état de fait et commencer à songer à la suite et surtout à adopter une nouvelle stratégie pour négocier avec ce nouvel interlocuteur qui risque de ne pas être aussi accommodant (dans la limite de ce qu’il pouvait faire) que Larijani. Une nouvelle ère commence ainsi pour le dossier nucléaire iranien et il n’est pas certain que cela soit ans le sens d’un progrès.

F. M.

Monde

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Combats dans l’est du Tchad

13 ex-rebelles tués, 6 soldats blessés

Tuerie de Haditha en Irak

Deux Américains renvoyés en cour martiale

 

 22/10/07

 Liban

La troïka européenne parle de climat «positif» pour la présidentielle

Les chefs de la diplomatie française, italienne et espagnole, en visite samedi à Beyrouth, ont évoqué un climat plus «positif» et «constructif» dans la crise entre les protagonistes libanais concernant l’élection présidentielle, qui doit avoir lieu avant le 24 novembre.

«On a constaté une dynamique nouvelle, une volonté de réussir, un sentiment d’engagement constructif (...) c’est plutôt positif et encourageant», a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos à l’issue de cette visite, au cours de laquelle les trois responsables ont rencontré les différents acteurs de la crise.

«Nous sommes plus encouragés, plus satisfaits et nous avons plus d’espoir. Il y a une volonté chez tous les groupes politiques de parvenir à un consensus», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. «Nous avons eu l’impression que, oui, ça va mieux», a indiqué son homologue français Bernard Kouchner. «Ils ne sont pas tous d’accord mais ils positivent pour arriver à une solution», a-t-il ajouté. Le diplomate français a également noté un «mouvement de coordination, d’acceptation commune» sur l’échéance présidentielle entre les chrétiens de la majorité parlementaire antisyrienne et les chrétiens de l’opposition soutenue par Damas et Téhéran. A moins d’une semaine de la deuxième convocation du Parlement libanais pour l’élection d’un nouveau président, prévue mardi, la séance semble vouée à l’échec faute de consensus entre majorité et opposition. Le délai constitutionnel pour l’élection du chef de l’Etat prend fin le 24 novembre.

«Les Libanais ne devraient pas rater le rendez-vous démocratique», a insisté M. Moratinos.

«Il est très important et essentiel de trouver un consensus autour d’un candidat ou de plusieurs candidats», a insisté pour sa part le chef de la diplomatie italienne, Massimo d’Alema.

Les trois ministres s’exprimaient au terme d’une journée où ils ont rencontré le Premier minis-tre Fouad Siniora, le président du Parlement Nabih Berri (opposition) et le cardinal Nasrallah Sfeir, l’influent patriarche de la communauté maronite chrétienne dont est traditionnellement issu le président du Liban. La troïka a également réuni plusieurs dirigeants des deux camps rivaux, dont un membre du Hezbollah chiite, autour d’une table ronde à la résidence de l’ambassadeur de France. La crise libanaise fait craindre de voir apparaître deux gouvernements rivaux, soit un scénario identique à celui qu’a connu le pays à la fin de la guerre civile en 1990. Les ministres avaient auparavant inspecté les troupes de leurs pays participant à la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) dans le sud du Liban, où ils avaient insisté sur leur engagement pour la paix et la stabilité au Liban. Avant de quitter le Liban, les trois ministres se sont rendus dans la soirée à l’hôtel «Phoenicia», où sont confinés les députés de la majorité parlementaire, en raison des craintes d’un nouvel assassinat qui pourrait les viser. Six députés antisyriens ont été assassinés depuis 2005 dans des attentats imputés par la majorité à la Syrie, ancienne puissance de tutelle, qui nie toute implication. Damas appuie l’opposition libanaise menée par le Hezbollah chiite, qui réclame une part plus importante du pouvoir, alors que le gouvernement de Fouad Siniora est paralysé depuis novembre 2006 après la démission des six ministres de l’opposition.

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Boucliers antimissiles US

Robert Gates en Europe pour relancer le projet

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a entamé hier une tournée en Europe de l’Est qui le mènera en Ukraine et en République tchèque, afin de plaider de nouveau la cause du projet de bouclier antimissiles en Europe, auquel la Russie s’oppose radicalement.

M. Gates participera ensuite mercredi et jeudi à une réunion informelle des ministres de la Défense de l’Otan, où il pressera les pays partenaires d’envoyer des renforts en Afghanistan, selon un haut responsable du Pentagone.

Le ministre, qui a quitté Washington samedi soir, était attendu hier et aujourd’hui en Ukraine, où il doit rencontrer le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko. Il devait s’entretenir auparavant à Kiev avec le ministre turc de la Défense, alors qu’Ankara menace d’intervenir militairement dans le nord de l’Irak pour attaquer les rebelles kurdes qui y sont basés, au grand dam de Washington et de Bagdad.

Le secrétaire à la Défense devrait chercher le soutien de l’Ukraine dans l’épineux dossier du bouclier antimissiles américain en Europe, un sujet qui fâche le voisin russe. Les Etats-Unis souhaitent installer des intercepteurs de missiles en Pologne et une station radar en République tchèque, et assurent vouloir ainsi répondre à une éventuelle menace de pays comme l’Iran. Mais la Russie voit d’un mauvais œil ce déploiement dans l’ancienne zone d’influence de l’ex-URSS, et y voit un danger direct pour sa sécurité. Les dernières négociations sur ce sujet à Moscou début octobre entre

M. Gates, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et leurs homologues russes ont échoué. Le président ukrainien a déclaré n’avoir aucune intention d’examiner l’idée d’un déploiement du bouclier sur son territoire. Contrairement au Kremlin, il ne condamne toutefois pas l’extension de ce bouclier à l’Europe, estimant qu’il s’agit d’un droit souverain de chaque pays. M. Gates participera également à un conseil des ministres de la Défense des pays de l’Europe du Sud et de l’Est, une organisation régionale créée notamment dans le but de «simplifier la procédure de l’intégration à l’Otan» pour ses onze adhérents, selon Kiev. Ils devraient évoquer ensemble les éventuelles adhésions à l’Otan de la Croatie, la Macédoine et l’Albanie, tous trois candidates, mais aussi celle de l’Ukraine, sujet cher au cœur de M. Iouchtchenko. L’opinion publique et la Russie y sont toutefois hostiles, et le contexte politique peu porteur, après les récentes législatives remportées de justesse par les pro-occidentaux. M. Gates se rendra demain en République tchèque, puis en Ukraine avec lesquelles les Etats-Unis négocient pour étendre à l’Europe leurs boucliers

antimissiles. La plupart des Tchèques s’opposent à l’installation de la station radar. Malgré tout, «nous espérons toujours conclure les négociations avec Prague avant fin 2007, et commencer la construction au début de l’été 2008», souligne-t-on du côté américain. Mercredi et jeudi, M. Gates participera aux Pays-Bas à une réunion informelle des ministres de la Défense de l’Otan, où il compte appeler les Etats membres et leurs partenaires à partager le fardeau en Afghanistan. Les Pays-Bas et le Canada, dont les soldats combattent les talibans dans le sud du pays, débattent de leur maintien au-delà des dates limites de leur mission, et aucun autre allié ne s’est offert de les remplacer pour l’instant. M. Gates insistera sur «les besoins en soldats, en transport et en formateurs» pour entraîner les forces de sécurité afghanes, selon le Pentagone.

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