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Conférence animée hier à la Bibliothèque nationale sur
Jacques Derrida
Un des plus
grands philosophes de notre temps
Une conférence de
presse a été animée hier à la Bibliothèque nationale par le penseur
et professeur Mustapha Cherif et le Dr Amine Zaoui autour du
colloque qui sera consacré les samedi et dimanche prochains sur un
des plus grands philosophes de notre temps, Jacques Derrida.
D’éminents
philosophes et intellectuels seront présents, l’espace de deux
jours, pour revisiter la pensée et l’œuvre de celui qui est
considéré comme «l’un des plus grands philosophes de la fin du XXe
siècle», relève Mustapha Cherif qui vient, à l’occasion, de publier
chez les éditions Barzakh son livre intitulé
«l’Islam et
l’Occident» dans lequel il relate son entretien du 29 mai 2003 avec
Jacques Derrida autour du «rapport profond, difficile et
intarissable entre les pays musulmans et l’Occident». Ce colloque
donc, a pour but, non seulement «de rappeler les racines algériennes
de Jacques Derrida, mais il s’agit de réaffirmer notre fidélité et
notre foi en l’humain à rechercher ensemble le vrai, le beau et le
juste, par-delà les différences», dira Mustapha Cherif. Il convient
aussi, à travers cette rencontre de «briser la peur des idées
intellectuelles des autres», tient à souligner l’orateur, déplorant
que «le pays natal de Jacques Derrida (l’Algérie, ndlr) n’a jamais
eu l’occasion d’organiser une rencontre (avant ce colloque) autour
de ses écrits, sa pensée critique et objective et surtout son
apport à la philosophie politique». Il rappellera, à cette occasion
que «Jacques Derrida a énormément souffert des cercles sionistes en
France dans la mesure où sa critique portait sur son refus de la
politique des deux poids, deux mesures, particulièrement lorsque le
penseur abordait la question palestinienne». Plus, ses prises de
position avec le peuple palestinien lui valurent la marginalisation
de la chaire dans l’Université de la Sorbonne, renchérit le
conférencier, insistant dans la foulée sur «la pensée moderne du
penseur pour un nouvel ordre mondialiste plus juste». Son œuvre,
qui se résume entre autres dans la publication d’une cinquantaine
d’ouvrages, polarise autour des écrits sur la philosophie politique,
la sociologie, la littérature et autres questions liées à la
métaphysique. «Si le philosophe était un de nos plus grands alliés
sur le plan de la pensée visant à sensibiliser l’opinion
internationale sur les questions de l’injustice dans le monde, il
n’était pas moins critique envers le monde arabe, les questions
relatives à la démocratie et aux conditions économiques», relève
Mustapha Chérif, expliquant par ailleurs que «la dominance de
l’Occident s’appuie d’abord sur l’aridité intellectuelle qui
caractérise le monde arabe (...)». Autrement dit, «la nature a
horreur du vide», fait-il remarquer. Plus de trente intervenants des
pays arabes et des Etats-Unis et du Brésil se relayeront pour mettre
en lumière les réflexions du penseur autour notamment du concept de
«la déconstruction et le concept du monde» qui se résume dans la
critique radicale du dedans, «la démocratie à venir», «Derrida et le
sens du monde», «Derrida et la rive Sud». Outre les conférences
débats, une exposition sur sa vie et son œuvre, intégrant également
les écrits et les créations artistiques à son sujet, la seconde
journée du colloque sera marquée par une visite guidée à El Biar où
il est né (1930) et Koléa où il a enseigné notamment.
Hacène K.
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Exposition collective à la galerie Arts en liberté
Résonance
plastique plurielle
Jusqu’au 7
décembre, le nouvel espace de la galerie Arts en liberté accueille
une exposition collective d’œuvres d’une trentaine d’artistes
peintres, intitulée «Ailleurs mais toujours en art» qui invite le
regard à un langage plastique agité par l’effervescence de l’art
contemporain.
Chacun des
artistes situe sa démarche au gré de son inspiration en s’inscrivant
, bien entendu, dans les intentions des révolutions de son temps.
Chacun des plasticiens nous interpelle à travers les formes, le
graphisme et les coloris puisés d’un langage contemporain.
Le visiteur
parcourt les tableaux dont les aplats accueillent la matière qui
devient alors prétexte au dialogue. Hakim Abbaci présente des
œuvres, dont la charge symbolique dénote d’un travail longuement
élaboré. Une force tranquille semble émerger des subjectiles sur
lesquels il couche un graphisme monochrome, dépouillé de charge
chromatique.
A. Briki s’attaque
aux choses qui peuvent paraître banales : la main et la chaussure
présentées dans une série de carrés, sauf que les éléments choisis
dénotent d’une liberté de pensée. Pour l’artiste, le geste technique
au crayon ou au fusain, se met au service d’un discours plastique
pour mettre en relief la figure symbolique. Khadidja Sediki propose
des compositions où l’art du terroir d’El Bayadh est mis en
évidence : la tapisserie. Ayant suivi un cursus à l’Académie royale
des Beaux-arts de Bruxelles et un passage dans l’école des Gobelins,
la plasticienne et lissière laisse libre court à son imagination.
Elle emprunte du terreau de sa région un patrimoine qu’elle met en
lumière dans une technique mixte. Les motifs du cru sont présentés
dans l’art de la petite dimension qu’elle «engonce» dans un double
encadre. L’art abstrait ou le non-figuratif auquel recourt Mohamed
Bakli reconvoque un pan de mémoire à travers un graphisme de
géométrie sobre.
Les sujets
silhouettes de l’artiste Lazhar Hakkar surfent allègrement sur un
support grand format. Beaucoup de souffle est imprimé à ses
compositions, dont la texture striée est larvée de sensations. On a
l’impression que l’artiste tient à introduire l’ordre dans le
mouvement, au moment où l’artiste Mohamed Oulhaci, fait apparaître
du néant des ombres furtives, mais dans une palette déclinée dans
une variation de teinte claire. Soulignons que Lazhar Hakkar prépare
une collection, à travers laquelle, il tient à revisiter la mémoire
légendaire, celle de Hizia. Une série de tableaux grand format qui
sera exposée en 2008, tient à souligner l’artiste.
Dans une autre
aile, Halima Lamine dompte les formes. Elle fait sien le trait
énigmatique et elliptique. Elle cultive les fausses symétries de
profils qu’elle couche sur de larges aplats à la Matisse, alors que
Valentina Ghanem explore les formes oscillantes de la femme. Ses
réalisations «défoncent» les portes d’un monde sensuel. Le graphisme
volubile et ondulé emplit la toile avec des demi-teintes qui se
rendent complices avec une part d’intimité couplée à une fraîcheur,
voire une volupté. La fibre artistique de l’Italien Giancarlo Podda
se laisse éclater sur le support de l’acrylique sur toile. Subjugué
par les couleurs spectrales de la lumière du sud, il dépeint dans
des couleurs ocres, les formes ogivales qui caractérisent
l’architecture omniprésente des contrées lointaines du Sahara. Une
accumulation d’états d’âme est perçue, par ailleurs, dans le travail
de Rachid Nacib, dont l’aplat livre une esquisse à demi-(é)teinte.
Rachid Alleg nous
entraîne, quant à lui, dans un univers abyssal. Son discours
plastique est modulé pour donner au spectateur à voir finalement,
une œuvre dont l’aplat laisse planer l’élément principal : une
«sirène». Philippe Amrouche s’illustre dans la technique du
monotype, avec des compositions aux allures artistiques que
rehaussent des spectres venus de temps immémoriaux. Ses secrets sont
murmurés à travers une ambiance feutrée faite d’une gamme
chromatique originale. Des compostions convenant le regard à un
rêve où s’entremêlent des couleurs gaies, chaudes et calmes. Le
support utilisé est le papier Japon où chaque couleur nécessite un
passage, nous dit la galeriste, Mme Ouahiba Adjali. Nora Labaci nous
propose une composition dont le graphisme flirte avec la singularité
des courbes. Elle plonge son travail dans une sorte de mouvement en
forme tourbillonnante. Pour Zohra Sellal, elle choisit cette fois-ci
une escapade vers l’expressionnisme abstrait. Un travail qui
s’attache à l’intensité de l’expression, tels les «œils» qui
parsèment ses tableaux, non sans inciter le spectateur à décrypter
les signes, les symboles et les figures, alors que Hamida Chellali
signe son sa peinture au féminin. Elle cherche l’esprit de ces corps
qu’elle veut faire parler. Chacune de ses toiles bicolores (noir et
blanc) véhicule un langage silencieux, mais créatif.
Meriem Aït El Hara,
elle, décline des productions plastiques torturées et crues. Une
artiste du groupe Essabaghine dont l’expression caricaturale nous
édifie sur le caractère inventif, non conformiste, voire
provocateur. Une manière de taquiner aussi l’imaginaire de l’homme,
à travers une expression aussi complexe que représentative. Mustapha
Nedjaï est cet autre peintre passionné par le symbolisme qu’il
greffe sur ses subjectiles. L’artiste utilise la technique mixte
pour donner une texture animée à ses superficies colorées
qu’illumine un esthétisme aussi remarquable que remarqué. Ses
éléments baignent dans des teintes vives structurées qu’équilibre
une lumière… Connu pour son graphisme que caractérise le trait
«embrouillamini», ses tracés fugitifs et les lignes fugaces et
élancées de ses réalisations, Dokman Amor Driss joue sur le registre
des figures d’entrelacements et d’enchevêtrements qui expriment une
certaine symphonie. Les mouvements sinueux se décomposent, se
structurent pour s’imbriquer de nouveau. Là, le conventionnel est
évacué, laissant place à une frénésie traduite par un discours et un
hymne à l’art pictural aussi volubile que séduisant.
Ali Benali nous
convie à défiler du regard ses formats de petite dimension dont le
graphisme se veut aussi ténu que méticuleux. Cette fois-ci, il
choisit la femme dont il fait le centre de sa thématique, à travers
des tableaux bichromé, dont le mouvement flirte avec une certaine
«rébellion» plastique. Un plasticien qui prépare, lui aussi, une
autre collection dans les semaines à venir dans le même espace.
Mohamed Massen, cet artiste du «tout venant» s’illustre par le
travail de récupération de fragments de matériaux qu’il assemble
pour offrir au regard de singulières compositions. Sa devise, rien
ne se perd, tout se transforme.
Talbi Akacha,
enfin, opte pour le courant figuratif avec des œuvres de petit
format, dont les huiles élaborées nous édifient sur sa quête
inassouvie d’agir sur la sensibilité du spectateur.
H. K.
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M.Merkouche
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