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Conférence animée hier à la Bibliothèque nationale sur Jacques Derrida

Un des plus grands philosophes de notre temps

Exposition collective à la galerie Arts en liberté

Résonance plastique plurielle

 

 22/11/06

 

 Conférence animée hier à la Bibliothèque nationale sur Jacques Derrida

Un des plus grands philosophes de notre temps

Une conférence de presse a été animée hier à la Bibliothèque nationale par le penseur et professeur Mustapha Cherif et le Dr Amine Zaoui autour du colloque qui sera consacré les samedi et dimanche prochains sur un des plus grands philosophes de notre temps, Jacques Derrida. 

D’éminents philosophes et intellectuels seront présents, l’espace de deux jours, pour revisiter la pensée et l’œuvre de  celui qui est considéré  comme «l’un des plus grands philosophes de la fin du XXe siècle», relève Mustapha Cherif qui vient, à l’occasion, de publier chez les éditions Barzakh son livre intitulé

«l’Islam et l’Occident» dans lequel il relate son entretien du 29 mai 2003 avec Jacques Derrida autour du «rapport profond, difficile et intarissable entre les pays musulmans et l’Occident». Ce colloque donc, a pour but, non seulement «de rappeler les racines algériennes de Jacques Derrida, mais il s’agit de réaffirmer notre fidélité et notre foi en l’humain à rechercher ensemble le vrai, le beau et le juste, par-delà les différences», dira Mustapha Cherif. Il convient aussi, à travers cette rencontre de «briser la peur des idées intellectuelles des autres», tient à souligner l’orateur, déplorant que  «le pays natal de Jacques Derrida (l’Algérie, ndlr) n’a jamais eu l’occasion d’organiser une rencontre (avant ce colloque) autour de ses écrits, sa pensée critique et objective et  surtout son apport à la philosophie politique». Il rappellera, à cette occasion  que «Jacques Derrida a énormément souffert des cercles  sionistes en France dans la mesure où sa critique portait sur son refus de la politique des deux poids, deux mesures, particulièrement lorsque le penseur abordait la question palestinienne». Plus, ses prises de position avec le peuple palestinien lui valurent la marginalisation de la chaire dans l’Université de la Sorbonne, renchérit le conférencier, insistant dans la foulée sur «la pensée moderne du penseur pour un nouvel ordre mondialiste plus juste».  Son œuvre, qui se résume entre autres dans la publication d’une cinquantaine d’ouvrages, polarise autour des écrits sur la philosophie politique, la sociologie, la littérature et autres questions liées à la métaphysique. «Si le philosophe était un de nos plus grands alliés sur le plan de la pensée visant à sensibiliser l’opinion internationale sur les questions de l’injustice dans le monde, il n’était pas moins critique envers le monde arabe, les questions relatives à la démocratie et aux conditions économiques», relève Mustapha Chérif, expliquant par ailleurs que «la dominance de l’Occident s’appuie d’abord sur l’aridité intellectuelle qui caractérise le monde arabe (...)». Autrement dit, «la nature a horreur du vide», fait-il remarquer. Plus de trente intervenants des pays arabes et des Etats-Unis et du Brésil se relayeront pour mettre en lumière les réflexions du penseur autour notamment du concept de «la déconstruction et le concept du monde» qui se résume dans la critique radicale du dedans, «la démocratie à venir», «Derrida et le sens du monde», «Derrida et la rive Sud».  Outre les conférences débats, une exposition sur sa vie et son œuvre, intégrant également les écrits et les créations artistiques à son sujet, la seconde journée du colloque sera marquée par une visite guidée à El Biar où il est né (1930) et Koléa où il a enseigné notamment.

Hacène K.

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Exposition collective à la galerie Arts en liberté

Résonance plastique plurielle

Jusqu’au 7 décembre, le nouvel espace de la galerie Arts en liberté accueille une exposition collective d’œuvres d’une trentaine d’artistes peintres, intitulée «Ailleurs mais toujours en art» qui invite le regard à un langage plastique agité par l’effervescence de l’art contemporain.

Chacun des artistes situe sa démarche au gré de son inspiration en s’inscrivant , bien entendu, dans les intentions des révolutions de son temps. Chacun des plasticiens nous interpelle à travers les formes, le graphisme et les coloris puisés d’un langage contemporain.

Le visiteur parcourt les tableaux dont les aplats accueillent  la matière qui devient alors prétexte au dialogue. Hakim Abbaci présente des œuvres, dont la charge symbolique dénote d’un travail longuement élaboré. Une force tranquille semble émerger des subjectiles sur lesquels il couche un graphisme monochrome, dépouillé de charge chromatique.

A. Briki s’attaque aux choses qui peuvent paraître banales : la main et la chaussure présentées dans une série de carrés, sauf que les éléments choisis dénotent d’une liberté de pensée. Pour l’artiste, le geste technique au crayon ou au fusain, se met au service d’un discours plastique pour mettre en relief la figure symbolique. Khadidja Sediki propose des compositions où l’art du terroir d’El Bayadh est mis en évidence : la tapisserie. Ayant suivi un cursus à l’Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles et un passage dans l’école des Gobelins, la plasticienne et lissière laisse libre court à son imagination. Elle emprunte du terreau de sa région un patrimoine qu’elle met en lumière dans une technique mixte. Les motifs du cru sont présentés dans l’art de la petite dimension qu’elle «engonce» dans un double encadre. L’art abstrait ou le non-figuratif auquel recourt Mohamed Bakli reconvoque un pan de mémoire à travers un graphisme de géométrie sobre.

Les sujets silhouettes de l’artiste Lazhar Hakkar surfent allègrement sur un support grand format. Beaucoup de souffle est imprimé à ses compositions, dont la texture striée est larvée de sensations. On a l’impression que l’artiste tient à introduire l’ordre dans le mouvement, au moment où l’artiste Mohamed Oulhaci, fait apparaître du néant des ombres furtives, mais dans une palette déclinée dans une variation de teinte claire. Soulignons que Lazhar Hakkar prépare une collection, à travers laquelle, il tient à revisiter la mémoire légendaire, celle de Hizia. Une série de tableaux grand format qui sera exposée en 2008, tient à souligner l’artiste.

Dans une autre aile, Halima Lamine dompte les formes. Elle fait sien le trait énigmatique et elliptique. Elle cultive les fausses symétries de profils qu’elle couche sur de larges aplats à la Matisse, alors que Valentina Ghanem explore les formes oscillantes de la femme. Ses réalisations «défoncent» les portes d’un monde sensuel. Le graphisme volubile et ondulé emplit la toile avec des demi-teintes qui se rendent complices avec une part d’intimité couplée à une fraîcheur, voire une volupté. La fibre artistique de l’Italien Giancarlo Podda se laisse éclater sur le support de l’acrylique sur toile. Subjugué par les couleurs spectrales de la lumière du sud, il dépeint dans des couleurs ocres, les formes ogivales qui caractérisent l’architecture omniprésente des contrées lointaines du Sahara. Une accumulation d’états d’âme est perçue, par ailleurs, dans le travail de Rachid Nacib, dont l’aplat livre une esquisse à demi-(é)teinte.

Rachid Alleg nous entraîne, quant à lui, dans un univers abyssal. Son discours plastique est modulé pour donner au spectateur à voir finalement, une œuvre dont l’aplat laisse planer l’élément principal : une «sirène». Philippe Amrouche s’illustre dans la technique du monotype, avec des compositions aux allures artistiques que rehaussent des spectres venus de temps immémoriaux. Ses secrets sont murmurés à travers une ambiance feutrée faite d’une gamme chromatique originale. Des compostions  convenant  le regard à un rêve où s’entremêlent des couleurs gaies, chaudes et calmes. Le support utilisé est le papier Japon où chaque couleur nécessite un passage, nous dit la galeriste, Mme Ouahiba Adjali. Nora Labaci nous propose une composition dont le graphisme flirte avec la singularité des courbes. Elle plonge son travail dans une sorte de mouvement en forme tourbillonnante. Pour Zohra Sellal, elle choisit cette fois-ci une escapade vers l’expressionnisme abstrait.  Un travail qui s’attache à l’intensité de l’expression, tels les «œils» qui parsèment ses tableaux, non sans inciter le spectateur  à décrypter les signes, les symboles et les figures, alors que Hamida Chellali signe son sa peinture au féminin. Elle cherche l’esprit de ces corps qu’elle veut faire parler. Chacune de ses toiles bicolores (noir et blanc) véhicule un langage silencieux, mais créatif.

Meriem Aït El Hara, elle, décline des productions plastiques torturées et crues. Une artiste du groupe Essabaghine dont l’expression caricaturale nous édifie sur le caractère inventif, non conformiste, voire provocateur. Une manière de taquiner  aussi l’imaginaire de l’homme, à travers une expression aussi complexe que représentative. Mustapha Nedjaï est cet autre peintre passionné par le symbolisme qu’il greffe sur ses subjectiles. L’artiste utilise la technique mixte pour donner une texture animée à ses superficies colorées qu’illumine un esthétisme aussi remarquable que remarqué. Ses éléments baignent dans des teintes vives structurées qu’équilibre une lumière… Connu pour son graphisme que caractérise le trait «embrouillamini», ses tracés fugitifs et les lignes fugaces et élancées de ses réalisations, Dokman Amor Driss joue sur le registre des figures d’entrelacements et d’enchevêtrements qui expriment une certaine symphonie. Les mouvements sinueux se décomposent, se structurent pour s’imbriquer de nouveau. Là, le conventionnel est évacué, laissant place à une frénésie traduite par un discours et un hymne à l’art pictural aussi volubile que séduisant.

Ali Benali nous convie à défiler du regard ses formats de petite dimension dont le graphisme se veut aussi ténu que méticuleux. Cette fois-ci, il choisit la femme dont il fait le centre de sa thématique, à travers des tableaux bichromé, dont  le mouvement flirte avec une certaine «rébellion» plastique. Un plasticien qui prépare, lui aussi, une autre collection dans les semaines à venir dans le même espace. Mohamed Massen, cet artiste du «tout venant» s’illustre par le travail de récupération de fragments de matériaux qu’il assemble pour offrir au regard de singulières compositions. Sa devise, rien ne se perd, tout se transforme.

Talbi Akacha, enfin, opte pour le courant figuratif avec des œuvres de petit format, dont les huiles élaborées nous édifient sur sa quête inassouvie d’agir sur la sensibilité du spectateur.

H. K.

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