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Il déclare la guerre au Hamas palestinien, s’attaque à la
mémoire de Nahnah…
Le GSPC provoque les musulmans en ce premier jour du
ramadhan
Le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)
a choisi le premier jour du mois de ramadhan pour
diffuser un communiqué dans lequel il tente de semer
davantage de doute parmi la communauté musulmane.
Le mois sacré unit les musulmans. L’organisation terroriste
de Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaàb Abdelouadoud,
actuel «émir» national du GSPC, veut les désunir. On
comprend mieux avec le contenu de ce communiqué. Un
communiqué dans lequel le GSPC ne présente aucun vœu aux
musulmans pour le mois de carême, mais tente de semer la
haine parmi eux, à coups de mensonges, fausses fetwas et
autres procédés chers aux GIA dont cette organisation
terroriste est issue. C’est ainsi que dans ce communiqué
intitulé «communiqué en ce qui concerne les événements
du crime de Rafah en Palestine», le GSPC descend en
flammes le Hamas palestinien, les frères musulmans en
Arabie saoudite, en Egypte et les musulmans en Algérie.
«Les frères musulmans ne sont pas prêts à adhérer à la
démocratie, mais ils sont prêts à s’aligner aux impies
et laïques dans le refus de la démocratie», lit-on dans
ce communiqué. Le GSPC n’épargne pas les morts de ses
mensonges et lâches accusations.
«L’histoire a enregistré la position indigne du leader des
frères en Algérie Mahfoud Nahnah», est-il écrit dans ce
communiqué qui s’en prend, également, au mouvement que
le défunt dirigeait avec toute sa sagesse. Les musulmans
dans plusieurs pays ne sont pas épargnés par cette
organisation terroriste dans ce communiqué. Pour ce qui
est de la Palestine, et s’il voulait rendre un grand
service à Netanyahu, le GSPC ne pourrait faire mieux. Il
s’attaque à Hamas avec une virulence telle que des
questions se posent pour qui roule le GSPC. Le prétexte
de cette organisation terroriste est tout trouvé.
L’accrochage qui a eu lieu, vendredi 14 août 2009, à
Rafah, en Palestine, entre le Hamas, d’un côté, et
«cheikh Abou Nour El Maqdissi» et ses compagnons,
organisation baptisée de «djound el anssar», des
djihadistes salafistes, qui se reclament d’Al Qaïda,
d’un autre. «Les morts sont des moudjahidine, ceux qui
se trouvaient sur ce juste sentier», selon le GSPC qui
s’arroge le droit de désigner qui est musulman et qui ne
l’est pas. «Ceci est d’autant plus grave que cela s’est
déroulé un ven-dredi, jour sacré pour les musulmans»,
est-il rédigé dans ce document, évoquant l’accrochage de
Rafah. Cette organisation terroriste omet volontairement
de dire que c’est ce groupuscule, «djound el anssar», se
reclamant d’Al Qaïda qui avait pris d’assaut une mosquée
un vendredi, déclenchant, ainsi les hostilités et non
pas le Hamas palestinien qui, en tant qu’autorité, ne
pouvait tolérer la présence d’une organisation armée,
sur le territoire qu’il dirige, sans prendre le risque
d’aboutir à un chaos. L’accrochage qui s’en est suivi ne
pourrait que nuire à la cause palestinienne. Comme nuit
à cette cause ce communiqué du GSPC qui tente de semer
le doute parmi les musulmans, en ce mois sacré, au
profit de ceux qui ont intérêt à ce que le terrorisme
perdure dans le temps et l’espace, dans des pays
musulmans, avec un agenda bien défini. Le GSPC menace le
Hamas
Dans ce document, cette organisation terroriste qui réfute
au Hamas le droit d’interdire des groupuscules armés,
favorisant, ainsi, l’anarchie, le menace ouvertement.
«Nous rappelons au Hamas que s’il a voulu par ce crime
satisfaire les juifs, chrétiens et rassurer les impies
arabes et leur dire qu’il est à leurs côtés face aux
moudjahidine d’Al Qaïda, cela aura des conséquences
graves, sans aucun doute…», est-il écrit dans ce
communiqué. Pourtant, et durant la guerre de Ghaza, le
GSPC avait rendu public un communiqué dans lequel il
soutenait le Hamas. De par le contenu de ce communiqué,
on comprenait, à l’aise, que le GSPC exploitait cette
agression militaire israélienne contre la population de
la bande de Ghaza pour tenter de manipuler les
populations contre l’Etat algérien. On s’en rappelle,
des marches de soutien au peuple palestinien ont eu lieu
un peu partout en Algérie, spontanément, mais les
appels lancés par Abou Mossaàb Abdelouadoud pour la
tenue de marches n’ont pas été suivis. Après avoir
échoué dans cette manipulation, le GSPC se retourne
contre le Hamas. Le GSPC qui, très réduit, n’arrive pas
à organiser des attentats spectaculaires en Ramadhan
pour perturber la quiétude des musulmans, tente de le
faire par la propagande à travers des communiqués
truffés de mensonges et lâchetés.
Par M. Abi
RACONTE-MOI LE PASSE
Vers octobre 1988
Notons au passage qu’un des plus beaux succès de la
dé-boumédiènisation a eu lieu là où personne ne
l’attendait vraiment : sur le plan international.
C’est-à-dire dans le domaine où précisément l’ancienne
équipe s’était imposée comme un des leaders du Tiers
Monde. Pourtant, vers la fin des années soixante-dix,
l’Algérie n’avait pas fière allure. Ni sur le plan
intérieur où une contestation religieuse et identitaire
commençait à exprimer le désarroi des populations face à
la politique menée. Ni sur le plan extérieur où
l’Algérie était isolée au moment où une guerre larvée
avec le Maroc avait lieu. Aucune des grandes puissances
de l’époque, en effet, ne la soutenait dans ce conflit,
y compris l’URSS dont tout l’armement algérien dépendait
et qui, par ailleurs, était le premier partenaire
économique du royaume chérifien. Quant à la France, les
Etats-Unis – qui disposaient de bases militaires et
d’une influence sur le Maroc – ainsi que l’Angleterre,
ils étaient les alliés traditionnels de ce pays. De
sorte que l’Algérie ne disposait plus que de la
«solidarité agissante» d’un groupe de pays africains.
Sans renoncer aux principes qui animaient la politique
algérienne sur le plan international, Chadli était
parvenu en une décennie à peine à «normaliser» les
rapports avec la quasi-totalité de ces pays, y compris
le Maroc – rencontre d’Oujda, avec Hassan II, par
l’entremise de l’Arabie saoudite. A la fin du pouvoir de
Chadli, l’Algérie n’était plus menacée que par
elle-même...
«Par elle-même», car les résultats escomptés des réformes
entreprises durant les années quatre-vingts aboutirent à
l’impasse, et c’est ce qu’il nous faut développer à
présent.
Les mesures destinées à favoriser la consommation par
l’importation des biens matériels se heurtèrent
rapidement à deux obstacles. Le premier obstacle. La
crise économique affecta les finances étatiques et
relança le processus d’endettement que les gouvernements
de Chadli avaient réussi à atténuer remarquablement lors
des premières années du pouvoir de celui-ci – réussite
qu’expliquent largement les arrêts des investissements
dits «improductifs» et l’embellie pétrolière de
l’époque. Cette crise porta un coup fatal à l’embauche
et discrédita aux yeux de la population les vertus
supposées du néolibéralisme chadliste. Le second
obstacle. Ces mesures favorisèrent l’apparition et la
prolifération des circuits de gain facile par le
phénomène de la corruption qui, s’il précipitait
l’émergence de cette bourgeoisie qui devait constituer
le support idéologique du libéralisme, n’en contribua
pas moins à aggraver le mécontentement et les
frustrations des couches les plus démunies. Lorsque la
crise frappa, les biens disparurent, avec les denrées de
première nécessité, alors que la corruption et le
mécontentement social étaient toujours là. Le
surendettement à l’œuvre – indexé au prix du pétrole et
s’amplifiant à mesure que ce dernier baissait – ne
servaient que les intérêts des circuits de la
corruption, en définitive, sans jamais parvenir à
atténuer les tensions au sein de la population.
Etait-il déjà trop tard pour revenir en arrière ? En tout
cas, Chadli, en toute bonne conscience, maintient le cap
vers les options libérales. Il accéléra même, anticipant
une révolte prévisible – et qu’il finit par appeler
franchement de ses vœux lorsque les contradictions
devinrent insupportables, c’est-à-dire un mois à peine
avant le 8 octobre 1988, dans un discours télévisé !- en
s’entourant d’une équipe de «réformateurs libéraux» au
gouvernement et à la présidence – sous Hamrouche – et,
parant à toute éventualité, en «neutralisant» l’armée –
parfois les mesures prises n’ont fait que la
déstabiliser. L’hypothèse, développée ici, que Chadli
s’était rendu à l’idée que le changement devait passer
par une révolte de grande ampleur est fondée par
plusieurs paramètres. La crise économique rendait
caduques toutes les chances pour que ce changement
s’opérât dans la douceur. Mais il nous faut comprendre
ce qui se passait au sein du FLN et, plus généralement,
dans le «monde du travail» pour bien appréhender les
évolutions qui menèrent à l’explosion d’octobre 1988.
Dès sa «remise sur les rails», le FLN focalisa sur lui
beaucoup de contradictions. Contradiction de la Société
et contradictions du Pouvoir. A la fois parti unique et
avant-gardiste, lieu de l’unité et de la pensée
«homogène», il se voulait aussi, à l’image de ce qu’il
fut pendant la révolution, le refuge et le guide de
toutes les sensibilités politiques. Un espace de
«démocratie centralisée» où, à côté de l’apparatchik,
pouvait s’exprimer le militant de base. Peu à peu, avec
ses innombrables «organisations de masse» et ses
permanences implantées un peu partout, le FLN prenait
des allures d’Etat dans l’Etat. Loin de fournir au
pouvoir ce qu’il attendait de lui, il le sommait de
répondre, au nom de la «base», à ses propres
préoccupations. La créature s’est développée, elle
n’obéit plus au doigt et à l’œil. Elle veut préserver le
système que le pouvoir lui-même veut changer. Des
intérêts entrent en contradiction. Il faut la bagarre -
qui verra la défaite des deux protagonistes. C’est
Octobre 1988.
Aïssa Khelladi
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