Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Divergences

Cela n’est pas nouveau, les socialistes accusent la droite de vivre loin des réalités du terrain, enfermés dans sa tour d’argent alors que la droite accuse la gauche de verser dans la démagogie et le laxisme face aux graves problèmes de société. Toujours est-il que les deux partis continuent encore inlassablement à se renvoyer la balle et à se rejeter mutuellement la faute de l’échec social français. Car aujourd’hui plus que jamais le modèle français ne fait plus rêver, bien au contraire. Que cela soit en Europe ou même aux Etats-Unis, les critiques pleuvent à l’encontre de la politique actuelle menée par le gouvernement. La politique d’immigration est particulièrement visée par les reproches formulés, notamment par les médias étrangers, qui accablent l’action de Sarkozy. Mais le gouvernement français ne semble pas touché par le flot de critiques qu’il suscite. Au contraire, chaque jour son assurance semble croître, durcissant progressivement sa politique jusqu’à se rapprocher dangereusement de l’idéologie du Front national. Sarkozy compte d’ailleurs tout faire pour vampiriser les électeurs du FN et les rallier à sa cause à coups de mesures et d’annonces chocs, comme sa récente sortie sur la déchéance de la nationalité pour les Français d’origine étrangère. En effet, ces derniers, contrairement à ceux que l’on appelle français de souche, pourraient perdre leur nationalité française s’ils commentent certains crimes. Une annonce qui n’a d’ailleurs, au vu de sa teneur, provoqué que peu d’émoi et à même valu à Sarkozy une nette remontée dans les sondages d’opinion. C’était d’ailleurs bien là le but recherché du président qui a besoin de soutien en vue des élections présidentielles de 2012 pour lesquelles il est loin d’être favori. Mais, à n’en pas douter, le durcissement opportun de sa politique discriminatoire lui fera faire un bon non négligeable dans les études d’opinion. L’échéance présidentielle est dans deux ans et le président français semble uniquement se concentrer sur l’électorat de droite et d’extrême droite ayant visiblement décidé de faire une croix sur l’électorat des populations issues de l’immigration africaine. Pourtant, en 2007 il avait tenté une opération séduction qui n’avait par ailleurs pas totalement échoué. Mais les choses ont changé et ce sera de toute évidence à la gauche de rassembler cet électorat et de s’en servir pour tenter d’évincer Sarkozy en 2012. Mais là encore rien n’est gagné tant la méfiance d’une partie des Français est forte et tenace à l’égard de leurs dirigeants de quelque bord politique qu’ils soient. Ce sera certainement là l’un des défis les plus importants du candidat désigné du PS.       

F. M.

Monde

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Pakistan

Encore une ville et des villages évacués en raison des inondations

 

 23/08/10

 

Pakistan

Encore une ville et des villages évacués en raison des inondations

Les autorités dans le sud du Pakistan continuaient d'évacuer hier une ville de 100 000 habitants près d'un mois après le début des inondations qui ont tué au moins 1 500 personnes et fait des millions de sinistrés.

Dans la majeure partie des régions affectées, les eaux se retirent progressivement à mesure que les pluies s'espacent, mais les conséquences sociales et politiques du désas-tre vont peser sur la stabilité de ce pays de 167 millions d'habitants, déjà en guerre contre l'islamisme radical. Alors que la colère gronde parmi la population, l'ampleur de la dévastation causée par les inondations se précise, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ayant comparé la catastrophe à un «tsunami au ralenti». Depuis samedi soir, les autorités s'emploient à faire évacuer préventivement la ville de Shahdadkot, dans la province méridionale du Sind, ainsi que les villages alentour affectés par les eaux. «Nous essayons en ce moment de protéger Shahdadkot, menacée par les eaux» de petits affluents de l'Indus, dont les flots ont gonflé, a indiqué à l'AFP Jam Saïfullah Dharejo, ministre provincial de l'Irrigation.

Les inondations provoquées depuis un mois par des pluies de mousson d'une ampleur exceptionnelle ont affecté un cinquième du territoire pakistanais et 20 millions de personnes en ont souffert à divers degrés. Critiquée pour son absence de réaction au plus fort des pluies et des inondations fin juillet-début août, la communauté internationale semble avoir pris la mesure du désastre et la mobilisation de l'aide d'urgence s'est accélérée, demeurant toutefois largement insuffisante.

Les donateurs internationaux ont versé près de 500 millions de dollars en aide d'urgence, via les Nations unies ou sous forme bilatérale, selon des chiffres livrés vendredi par l'ONU. «Il est très probable que le besoin de financement augmente fortement car, depuis notre première estimation (du 11 août), le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire immédiate est passé de 6 à 8 millions», a expliqué samedi à l'AFP Maurizio Giuliano, porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Islamabad. L'Ocha a déjà revu à la hausse son estimation du nombre de sans-abri, passé de

2 millions à 6 millions en dix jours, selon M. Giuliano qui parle de «véritable course contre la montre». L'Assemblée générale de l'ONU s'était réunie jeudi en séance extraordinaire pour stimuler l'effort de la communauté internationale. Le secrétaire général Ban Ki-moon a comparé la catastrophe à «un tsunami au ralenti», dont «la puissance de destruction va s'amplifier avec le temps».

Vendredi, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi a estimé à plus de 43 milliards de dollars les besoins pour la reconstruction du pays. Samedi, le FMI a annoncé qu'une réunion avec les dirigeants pakistanais étudierait la semaine prochaine les conséquences économiques des inondations, laissant planer la possibilité d'un assouplissement des conditions de remboursement d'un prêt de

10 milliards de dollars en 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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