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Le phénomène s'amplifie au ramadhan

Assassinat ciblé de «taxieurs»

Après des années de dépendance

L’Algérie exportera de la tomate industrielle

Quinze jours depuis la reprise

Des ministres toujours en «congé»

Après le Maroc

Benatallah chez la communauté algérienne en Tunisie

Quinquennat 2010-2014

Seulement 800 entreprises nationales concernées

Erreurs médicales en augmentation

70% des cas enregistrés dans le secteur public

Programme ENTV spécial ramadhan

De quoi jeter sa télé par la fenêtre

Il a subtilisé plus de 150 mille euros à un couple tunisien

Un Soudanais à la barre

Une pétition pour le livre égyptien

Management et gestion des ressources humaines dans l'entreprise

Nouveau socle pour la gouvernance de l’entreprise

Regard

Déshydratation ou prison

 

 23/08/10

Le phénomène s'amplifie au ramadhan

Assassinat ciblé de «taxieurs»

Cinq chauffeurs de taxi clandestins ont été assassinés durant les dix premiers jours du mois sacré, alors qu’un autre a eu la vie sauve grâce à sa vigilance. La veille du ramadhan, un jeune chauffeur de taxi clandestin a été tué dans la wilaya de Djelfa.

Les assassins ont pris sa voiture, une Renault Clio. Deux jours après ce drame, un nouveau crime ciblant un autre chauffeur de taxi clandestin sera commis à Sidi Bel Abbès, dans la localité de Hçaiba. Un homme d’une quarantaine d’années a été surpris par l’attaque de quatre individus. Ce père de trois enfants sera assassiné par ses agresseurs dans le seul but de lui subtiliser son véhicule. Deux crimes crapuleux seront également  enregistrés respectivement à Blida et M’sila, les 15 et 17 août derniers, le premier à Bab Essebte, le second dans la localité de Beni M’sil. Le dernier assassinat remonte au 19 août dernier. G. L., 52 ans, père de cinq enfants résidant à Boufarik et chauffeur de taxi clandestin, a été sollicité par trois individus pour les conduire à Haouch Gros, une localité distante de quelques kilomètres du centre-ville de Boufarik. Le prix de cette course a été conclu à 500 DA et l’Accent fonce vers sa destination. Les trois clients, toujours en fuite, ne sont toujours pas identifiés. D’après l’enquête qui se poursuit, les trois agresseurs se connaissent parfaitement. Arrivés près d’une forêt, non loin de Haouch Gros, les clients, prétextant un besoin urgent, demandent au chauffeur de s’arrêter. Une fois la voiture immobilisée, l’un des trois clients bloque le frein à main afin d’empêcher le chauffeur de se dégager de la ceinture de sécurité et lui assène plusieurs coups de poing au niveau du visage et de la poitrine. La victime sera ensutie emmenée dans un lieu désert, pendue à un arbre et brûlée vive. Alertée par les citoyens, la Protection civile accompagnée par la BMPJ de Boufarik s’est déplacée sur le lieu du crime. La victime a été transportée à l’hôpital de la ville. Le chauffeur de taxi clandestin a été inhumé vendredi dernier au cimetière de Boufarik en présence d’une foule nombreuse. Cela faisait plus de dix ans qu’il était chauffeur de taxi clandestin et travaillait dur pour subvenir aux besoins de sa famille. La recrudescence des assassinats en plein mois sacré, ciblant particulièrement les chauffeurs de taxi clandestins, laisse présager d’autres crimes dans les jours à venir. La période du ramadhan semble constituer une occasion intéressante pour les bandits afin de commettre leurs forfaits. Une circulation routière et piétonnière beaucoup moins importante, des rues presque vides, cette situation a été favorable aux agresseurs qui ont tué cinq chauffeurs de taxi clandestins et subtilisé leurs véhicules. Par ailleurs, les enquêtes sont toujours menées par les services de sécurité afin d’élucider ces affaires d’assassinat et de vol de voitures. Les véhicules qui appartenaient aux cinq victimes sont actuellement recherchés. Les auteurs de ces crimes et vols ont sûrement désossé les voitures volées, mais les recherches sont toujours en cours, croit-on savoir auprès d’une source policière.                  

Par Sofiane Abi

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Après des années de dépendance

L’Algérie exportera de la tomate industrielle

Rongée par une multitude de problèmes, la filière de la tomate industrielle a vécu des années très difficiles, minées par des conflits d’intérêts à tel point que le pays est passé de son statut d’exportateur à celui d’importateur du double et triple concentré de tomate, en l’espace de moins de dix années. Cette tendance tend encore une fois à s’inverser et ce, depuis 2008, date à laquelle des réformes ont été apportées par le ministère de l’Agriculture au profit de la filière, s’enorgueillissent des responsables du département du Docteur Benaïssa.  

En effet, selon les chiffres des services agricoles, la production de la tomate industrielle a atteint 99 000 tonnes cette année, contre seulement 45 000 tonnes l’année précédente. Une production qui a doublé et qui fait des maigres chiffres enregistrés dans les années 1990 un mauvais souvenir aussi bien pour les agriculteurs, les transformateurs que pour les pouvoirs publics. En outre, ce record jamais égalé depuis des décennies laisse envisager, selon les responsables du secteur agricole, que l’Algérie peut bien reprendre à terme sa place au niveau méditerranéen. D’ailleurs, des cadres des services agricoles des wilayas de l’extrême Est du pays (Annaba, El Tarf, Guelma et Skikda qui enregistrent à elles seules 95% de la production nationale) estiment d’ores et déjà que l’objectif d’exporter du concentré de tomate est réalisable à l’horizon 2015. Même si les surfaces utilisées pour la tomate industrielle n’ont pas été considérablement revues à la hausse, le rendement par hectare, quant à lui, a largement participé à cette réalisation. Car de 80 quintaux/hectare en 2006, le rendement est passé à 120 qx/ha en 2009 et il est actuellement de près de 300 qx/ha. Cette courbe ascendante, si elle est maintenue, pourra faire de l’Algérie un grand pays exportateur de concentré de tomate, d’après les experts, qui prédisent que le pays atteindra un rendement moyen de 400qx/ha lors de la prochaine récolte et arrivera jusqu’à 700 quintaux par hectare à l’horizon 2015. A l’origine de cette augmentation de la production, les mesures incitatives engagées par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural en sont pour beaucoup. En effet, en plus des 8 DA le kg, prix de référence que paye la conserverie, le producteur perçoit comme soutien déboursé par l’Etat 2 DA par kilogramme livré à la transformation.

Le conserveur n’est pas en reste puisqu’il bénéficie de 1,50 DA par kilogramme transformé. En plus des subventions versées par l’Etat, il y a lieu de souligner les efforts consentis en termes de valorisation des terres agricoles consacrées à ce genre de culture ainsi que les suivis appliqués aux plants et fruits en ce qui concerne la protection phytosanitaire. Par ailleurs, la bonne pluviométrie a pour sa part contribué au bon rendement dans les champs de tomate et ce, contrairement à la campagne précédente où les pluies qui se sont abattues sur la région Est du pays ont causé des inondations qui se sont négativement répercutées sur la production.

Hafid Mesbah

 

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Quinze jours depuis la reprise

Des ministres toujours en «congé»

Rentré depuis quinze jours de congé, un grand nombre de ministres se font rares au point où on se demande si ces derniers ont vraiment repris leurs fonctions ou bien sont-ils toujours en repos «spécial ramadhan», ce qui veut dire en Algérie «juste occuper la chaise».

En tout cas officiellement, le retour au «travail» s’est fait le 8 août dernier suivi d’une série d’auditions traditionnelles durant lesquelles cinq ministres ont été auditionnés.

Il s’agit respectivement des ministres des Finances, Karim Djoudi, de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, de l’Energie et des Mines Youcef Yousfi, des Travaux publics, Amar Ghoul et des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal. Ainsi, certains ministres, en ce mois de ramdhan, ne s’occupent que de la préparation du rapport sur leurs secteurs respectifs et attendent d’être convoqués pour une audition. En tout cas même ces rapports «sont préparés par leurs collaborateurs et conseillers». Donc, depuis le retour de vacances, on a juste vu quelques ministres en activité. Comme le cas du nouveau ministre du Commerce, Mustapaha Benbada qui s’est retrouvé impuissant devant la flambée des prix du début du mois de ramadhan et malgré les mesures prises dans le cadre du plan spécial ramadhan, la spéculation est toujours là.

Pour sa part, le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès est passé à l’action après le ral-bol exprimé par les patients souffrant de maladies chroniques, pour importer 54 marques de médicaments. Et pour ce qui est des négociations avec les syndicats de la Santé, M.Ould Abbès s’est montré satisfait alors que la famille de la santé n’a encore rien vu de concret.

Un autre ministre s’est manifesté le week-end dernier. Il s’agit de celui du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale qui tient à sa fameuse phrase «la tripartite se tiendra avant la fin de l’année» sans faire l’effort d’expliquer pourquoi ce rendez-vous est reporté, sachant qu’il était programmé pour le mois de mars dernier.

Cependant, on se demande que fait la majorité de la composante du gouvernement ? Est-ce quelle se contente de rester au bureau de 9.30 à 15.30 pour justifier leur présence ? Sachant que plusieurs secteurs sont débordés de dossiers et de questions qui attendent des réponses. A titre d’exemple, le ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa n’a toujours pas réagi au problème de la filière du lait, dont certaines régions de l’Est souffrent d’une véritable pénurie durant ce mois de ramadhan. Sans oublier la question de la régulation des prix des fruits et légumes et sans parler de la viande devenue «un rêve» pour une grande partie des citoyens. D’autre part, il y a le cas du nouveau ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi qui a tenu une réunion avec les organisations patronales (partenaires dans le cadre de la tripartite) puis s’est éclipsé alors que plusieurs entreprises publiques souffrent de la faillite et plusieurs salariés sont menacés de chômage. Et même sur le fameux projet portant «nouvelle stratégie industrielle» de son prédécesseur, Abdelhamid Temmar, rien n’a été dévoilé à ce sujet. Il y a également le cas du vice-premier ministre, Noureddine Yazid Zerhouni qui attend toujours que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika lui explique ses prérogatives et ses missions, sachant que dans la Constitution amendée en 2008, le vice-premier ministre aide le Premier ministre dans la mise en œuvre du programme du président mais sans expliquer les modalités.

Il faut dire que tous ces cas ne sont pas les seuls à être portés «disparus» depuis maintenant deux semaines. Toutefois, il est attendu que le président Bouteflika tienne mercredi prochain un Conseil des ministres afin de valider plusieurs décrets, ordonnances et probablement faire un constat sur la première quinzaine du ramadhan.            

Par Nacera Chenafi

 

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Après le Maroc

Benatallah chez la communauté algérienne en Tunisie

Le secrétaire d’Etat chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Halim Benatallah, est depuis avant-hier en Tunisie, dans le cadre de sa tournée dans les pays du Maghreb. M. Benatallah a entamé dans le Gouvernorat de Tunis sa visite qui se déroule pendant le mois de ramadhan, symbolisant les valeurs de rapprochement et de solidarité. La visite sera «l’occasion pour le secrétaire d’Etat d’exprimer tout l’intérêt que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, porte à la communauté nationale à l’étranger et au Maghreb en particulier», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, cité par l’APS. Durant cette visite de trois jours, M. Benatallah sera notamment reçu par le ministre tunisien des Affaires sociales, de la Solidarité des Tunisiens à l’étranger, Naceur Gharbi. Le secrétaire d’Etat se rendra également dans la région frontalière du Kef pour y rencontrer les membres de la communauté algérienne «afin d’être à leur écoute pour leur réitérer l’attention du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et celle du gouvernement à leur égard». M. Benatallah visitera, par ailleurs, le siège de l’amicale des Algériens en Tunisie, et partagera l’Iftar avec les représentants de la communauté algérienne de Tunis, du Kef et de Gafsa. Au terme de cette visite, il tiendra des réunions de travail avec les chefs de postes consulaires de Tunis, du Kef et de Gafsa, conclut le communiqué. Avant sa visite en Tunisie, M. Benatallah s’était rendu au Maroc où il avait rencontré des membres de la communauté algérienne dans ce pays.            

F. G.

 

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Quinquennat 2010-2014

Seulement 800 entreprises nationales concernées

Dans le cadre du processus de promotion de l'outil national de production induit par le programme quinquennal d'investissement public 2010-2014, les entreprises nationales, publiques et privées, se trouvent nettement favorisées dans la réalisation de ce gigantesque programme, qui rappelons-le, se chiffre à la coquette somme de 286 milliards de dollars.

A ce titre, selon le président de l’Union générale des entrepreneurs algériens (UGEA) M.Kheloufi, quelque 700 à 800 entreprises locales  sont concernées. A ce sujet, contacté par nos soins, le secrétaire général de l’UGEA, M. Mézine dira que «ce taux est faible», déplorant  «le manque d’entreprises nationales à même de se prendre en charge totalement pour la réalisation des projets inscrits dans le programme 2010-2014». Et d’ajouter que «l’Algérie ne dispose pas d’un nombre important d’entreprises performantes. En outre, selon notre interlocuteur, les dernières statistiques ont relevé l’existence de plus de 2 000 entreprises publiques et privées en Algérie». Néanmoins, les entreprises concernées en termes de performance et de qualification en vue d’assurer et d’assumer les projets portés par le nouveau quinquennat restent minoritaires si l’on considère que seules 300 à 350 entreprises ont bénéficié du programme de mise à niveau de l’Union européenne Meda1. Elles sont donc les seules à être véritablement conformes aux normes internationales, et qui peuvent s’impliquer dans l’exécution des prochains projets de réalisation. Ainsi, pour le S/G de l’UGEA, «ce taux est faible». Enchaînant que «les entreprises algériennes ont besoin d’une mise à niveau sur tous les plans. Et pour avoir cette mise à niveau rapidement, sans passer par les bureaux d’études, un partenariat avec des entreprises étrangères s’impose à nos entreprises qui les fera entrer dans le circuit». Pour lui, l’implication des entreprises nationales dans la réalisation du programme 2010-2014 en faisant «appel aux investisseurs étrangers dans le cadre d’un partenariat avec les entreprises locales», d’une part, et d’autre part, «faciliter aux entreprises étrangères l’accès au marché national en allégeant les démarches administratives du système de partenariat», et de poursuivre que ce partenariat «va nous apporter une richesse considérable notamment en termes de transfert de savoir-faire et de technologie particulièrement pour les grands projets». Ainsi, s’agissant de cette décision de préférence nationale, Mézine affirmera que «c’est une chose favorable pour nous qui vient booster l’entreprise nationale, reste à convaincre les entreprises étrangères d’autant plus que toutes les conditions leur sont favorables. Nous avons la main-d’œu-vre nécessaire et les infrastructures adéquates».

En outre, le S/G de l’UGEA mettra en exergue la loi de finances complémentaire de 2010 qui favorise les entreprises nationales. Soulignant dans ce contexte certains axes principaux qui concrétisent cette préférence dont celui de la marge qui consiste en «le relèvement de 15% à 25% de la marge maximale de préférence reconnue à l’entreprise locale dont le capital est majoritairement national, ainsi qu’aux produits et services locaux, lors des soumissions aux marchés publics», une décision validée par le dernier Conseil des ministres, et aussi celui concernant les investisseurs étrangers qui ne peuvent investir sans la présence d’un entrepreneur local. En conséquence, la conjoncture actuelle constitue une aubaine favorable pour le redressement des entreprises algériennes afin d’améliorer leurs activités économiques particulièrement à l’heure où la tendance est à la préférence nationale et où des aides financières sont accordées aux entreprises locales, ce qui reflète une volonté réelle de reconsidérer la place des entreprises algériennes dans le paysage économique national. A ce sujet, dans le communiqué du Conseil des ministres tenu le 11 juillet dernier, le président de la République avait incité les entrepreneurs à «saisir les opportunités offertes par le programme public d’investissements, ainsi que la préférence qui leur est aménagée, pour prendre part activement à sa réalisation, développer leurs propres capacités et la qualité de leurs prestations et offrir, en retour, des emplois à nos jeunes». Par ailleurs, il invitera les opérateurs étrangers intéressés par le marché algérien à «emprunter avec nous la voie d’un partenariat ‘’gagnant-gagnant’’ en s’engageant, en contrepartie pour des contrats qu’ils obtiendront, dans la modernisation de nos propres entreprises, à travers des investissements mutuellement avantageux».

Toutefois, déplorer le manque d’entreprises nationales «compétentes, qualifiées et conformes», est un fait quelque peu amer, car ce manque aurait pu être évité si ces dernières s’étaient fortement inscrites au programme Meda 1 de mise à niveau proposé par l’Union européenne.

En effet, si les PME locales avaient ce degré de maturité pour aller volontairement vers la mise à niveau, le nombre d’entreprises chargées de l’exécution du programme d’investissement public 2010-2014 serait amplement supérieur à celui proposé actuellement. Ainsi, outre leur participation à la réalisation des projets inscrits dans le programme 2010-2014, l’adhésion active de ces PME à la mise à niveau aurait eu des retombées socio-économiques à travers la création des richesses et d’emplois nécessaires à l’économie nationale, notamment en période de transition d’une économie rentière à une économie de marché.  

Par Lynda N.Bourebrab

 

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Erreurs médicales en augmentation

70% des cas enregistrés dans le secteur public

Les structures de santé continuent à faire des victimes en Algérie en raison des erreurs médicales qui atteignent un seuil alarmant.

En l’espace d’une année, SOS Erreurs Médicales, un comité qui active sous la houlette de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) a recensé près de 81 dossiers relatifs à des erreurs médicales. Ce chiffre ne signifie nullement que seules 81 erreurs médicales auraient été commises dans les établissements de santé algériens. Bien plus, ce dernier pourrait être multiplié par 2, 3  voire 5, si ce n’est plus, selon l’Ordre des médecins qui avance un chiffre de 200 plaintes déposées en 2009 pour des erreurs médicales. Ainsi, ces données sont loin de la réalité puisque un grand nombre de victimes d’erreurs médicales n’ont pas saisi ce comité. «Rares sont les victimes conscientes et qui savent revendiquer leurs droits», indique Mlle Nadia Tamzait, porte- parole du comité, dans une conférence de presse animée hier au siège de LADDH. La plupart des cas reconnus d’erreurs médicales sont constatés, indique ce comité, dans les opérations chirurgicales d’ophtalmologie et de gynécologie. Au total des cas recensés, il y a lieu de relever que seuls sept dossiers  ont été déférés devant les tribunaux. «Aucune de ces affaires n’a abouti à une condamnation ou une indemnisation», affirme la conférencière. «La plupart des victimes ignorent les procédures judiciaires et administratives pour rétablir leurs droits à une assistance médicale. Souvent, les victimes au lieu d’ester le médecin en justice, acceptaient une sentence divine, El Maktoub. Les victimes d’erreurs médicales doivent se rendre compte qu’il est de leur droit de demander au médecin de réparer l’erreur. En cas d’échec, la victime a le droit de demander une indemnisation», explique l’oratrice qui dénonce «le silence des autorités concernées, ayant à charge de veiller sur la santé publique et notamment le mépris des victimes d’erreurs médicales par les instances concernées». Jeunes, femmes et personnes âgées sont victimes d’abus, d’erreurs, de refus d’assistance et autres comportements bureaucratiques des médecins et des structures de  santé. Des erreurs qui ont eu pour conséquence la mort du patient, sinon son handicap. «Ce sont des crimes médicaux et non des erreurs médicales», dira, pour sa part, maître Nadia Mansouri qui relate le drame d’une jeune fille 16 ans qui est devenue handicapée à 100% après avoir subi une simple opération au niveau de la gorge. Les exemples d’erreurs médicales ne manquent pas. Elles sont devenues monnaie courante dans nos structures de santé, qu’il s’agisse de structures relevant du secteur public ou privé. Les témoignages sont affligeants et donnent une idée sur l’état du secteur de la santé en Algérie. Des dizaines d’accouchements, d’interventions médicales et chirurgicales et des transferts mal pris en charge tournent au drame. Des fautes qui vont au-delà de l’erreur médicale qui en soit est humaine, contrairement à la faute dont peu se rendre coupable un praticien de santé. Des patient ont perdu la vue (un œil) à l’hôpital de Beni Messous en raison de l’utilisation en ophtalmologie d’un traitement au stade expérimental, pré conçu pour le traitement du cancer du colon à l’état métastasique.

SOS Erreurs Médicales interpelle le Conseil de l’ordre des médecins et l’APN afin que les responsabilités soient assumées, ainsi que le ministère de la Santé pour prendre en charge les victimes d’erreurs médicales, pour la réparation au sein des hôpitaux publics, sinon pour une prise en charge à l’étranger.

 Par Hocine L.

 

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Programme ENTV spécial ramadhan

De quoi jeter sa télé par la fenêtre

L'Entv n'est pas à son premier flop en ce qui concerne la grille du programme ramadhanesque. Alors que le téléspectateur s’attendait à du nouveau, la grille 2010 a déçu tout le monde par sa médiocrité.

La réconciliation entre le téléspectateur algérien et son petit écran peut toujours attendre. A voir les échos sur la grille spéciale ramadhan à travers l’opinion publique, les réponses sont unanimes à déplorer le grand ratage de l’ENTV. «La qualité fait défaut, la programmation n’est pas à la hauteur des attentes du public. Un public intelligent qui ne digère pas n’importe quoi. Leur programmation se moque du public au lieu de le régaler», déplore un jeune étudiant qui affirme que rien n’a réussi à attirer son attention cette année. Par ailleurs, une bonne partie des réponses lient la médiocrité des programmes à la disparition des grandes figures humoristiques de l’écran, notamment Biyouna, Salah Ougrout ; ainsi que l’arrêt, après deux belles saisons, du sitcom Djamai Family qui a eu un grand succès auprès du public durant sa diffusion. Même le célèbre animateur très apprécié du public algérien avec ses travaux et animation de qualité dans Khateme Soliman et Forsan El Coran, Slimane Bakhlili, s’est éclipsé de l’écran cette année. Ce que déplore le public également, c’est la programmation successive de deux caméras cachées après  la rupture du jeûne, moment idéal pour rassembler les familles autour de la télévision.  Djaâfar Gacem, réalisateur de Djamai Family et Nass M’lah City, ne fait plus le même effet avec sa caméra cachée intitulée «Wache Eddani», même si cette dernière est très regardée avec ses pièges souvent bien calculés et tendus à de nombreuses stars algériennes.  La nouvelle version de «Assab wa awtar wa afkar» n’assure pas non plus les mêmes instants de bonheur comme autrefois, bien que son objectif soit le reflet du quotidien algérien. Par contre, la série humoristique de Abderrahmane Rabhi, intitulée Saad El Guet semble être très appréciée par le téléspectateur, avec notamment une belle prestation du jeune comédien Mohamed Bouchaib. La série expose chaque jour un problème ou phénomène social à travers le quotidien de Saad El Guet. Le feuilleton réalisé par Messaoud Laib, «Le dernier souvenir», constitue une réussite pour les femmes au foyer. Hormis ces quelques programmes qui ne nuisent pas trop les soirées ramadhanesques,  il faut noter la non programmation, pour la première fois, de feuilletons égyptiens durant le ramadhan, ce qui est une bonne décision du point de vue des Algériens. En l’absence de sketchs humoristiques qui se taillaient la part du lion dans les programmes  de l’Entv, cette dernière fournit quelques efforts pour concocter  des programmes plus au moins satisfaisants. La grille de l’Entv pour le ramadhan 2010 est jugée «des plus décevantes». Cette année, le téléspectateur algérien est intolérant vis-à-vis de la médiocrité du programme TV spécial ramadhan. Si les Algériens se moquent pas mal des programmes de l’Entv durant les onze mois de l’année, la médiocrité n’est pas acceptable durant le ramadhan puisque c’est la seule période où ils espèrent se réconcilier avec leur petit écran.         

Par Yasmine Ayadi

 

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Il a subtilisé plus de 150 mille euros à un couple tunisien

Un Soudanais à la barre

L’affaire qui a été traitée hier par le tribunal pénal près la cour d’Alger met en cause un Soudanais, arrêté au niveau de la gare routière du Caroubier et poursuivi pour escroquerie et charlatanisme contre un couple de nationalité tunisienne en Algérie. Le mis en cause leur a demandé une somme d’argent faramineuse en vue de leur procurer un remède utilisé dans le traitement d’une maladie rare. Il y a lieu d’indiquer que la jeune fille du couple est atteinte d’une maladie se caractérisant par des évanouissements d’autant plus récurrents qu’inexpliqués. Il s’est donc présenté au couple en question comme étant un vendeur d’herbes médicinales et autres médicaments traditionnelles qu’il dit être très efficaces. Etant dans le besoin, les deux malheureuses personnes ont suivi les suggestions de leur vis-à-vis. L’accusé a demandé à ce qu’on lui remette la faramineuse somme de 152 mille euro pour pouvoir se procurer le remède nécessaire pour soigner leur fille. Le mis en cause a commencé par ramener et présenter au deux victimes des têtes d’animaux, de taureau, de bouc et de mouton. Lorsque l’accusé s’est déplacé en Tunisie pour visiter la maison familiale de ses victimes, il leur a indiqué que leur maison est construite sur un véritable trésor constitué de 100 kilogrammes d’or. Par ailleurs, l’état de la jeune infirme ne cessait de se dégrader. C’est à ce moment que le mis en cause, pour fuir ses responsabilité, a indiqué à ses deux victimes qu’il était impératif pour lui de retourner en Algérie pour acheter un complément du médicament traditionnel pour poursuivre la thérapie qu’il avait entamée. Il a également promis au couple de ramener une eau spécifique du Soudan et ce, par le biais de certains diplomates avec lesquels il était en contact permanent et qui lui ramènent de temps en temps certains produits dont il a besoin dans son métier de «guérisseur traditionnel». C’est ainsi que le mis en cause a pu tromper la vigilance de ses victimes et  disparaître dans la nature avec la somme d’argent qu’il avait soutirée aux plaignants. Il sera arrêté par les forces de sécurité le 16 juin dernier, au niveau de la Grande poste.

La victime avait déclaré aux policiers qu’elle était acculé à vendre une parcelle de terrain et deux véhicules et qu’elle a même contracté des dettes pour payer l’accusé. Il y a lieu de rappeler que le mis en cause dans cette affaire avait été condamné en première instance à six mois de prison ferme. Le procureur de la République avait requis hier trois ans de prison ferme.

S.H.

 

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Une pétition pour le livre égyptien

Une pétition vient d’être lancée en ligne contre l’exclusion des éditeurs égyptiens du prochain Salon international du livre d’Alger (Sila) et appelant les responsables en charge de cette manifestation à la levée de l’interdiction infligée à la littérature égyptienne. Selon les initiateurs de cette pétition, le Commissaire du Salon international du livre d’Alger (Sila) a décidé d’interdire l’exposition des li-vres égyptiens lors de la prochaine édition de cet événement, invoquant en guise de justification, la campagne haineuse menée contre l’Algérie par certains médias égyptiens ainsi que le mauvais traitement subi par des citoyens algériens lors de la rencontre, au Caire, entre l’Equipe nationale de football et son homologue égyptienne. «La ministre de tutelle s’est publiquement déchargée du problème sur ce responsable qui affirme fièrement la souveraineté de sa décision. Il affirme défendre la dignité du pays et de son Histoire. Comme si nos valeureux martyrs pouvaient être satisfaits d’une telle dérive, qui se traduit par un mépris arrogant vis-à-vis de la culture de nos peuples. Comme si on pouvait unilatéralement punir la littérature égyptienne et le lectorat algérien alors même qu’on continue à jouer des matches de football, source initiale de tout ce scandale, avec des équipes égyptiennes», lit-on en préambule de cet appel.

Les rédacteurs du texte, estiment «qu’il s’agit bien là d’une attitude chauvine qui révèle, en fait, le peu d’égard que le livre en particulier et la culture en général ont toujours eu dans notre pays et la propension de certains de nos responsables à dénoncer au lieu d’éduquer». Tout en affirmant qu’ils se démarquent de «cette honteuse décision», les initiateurs de l’appel, exhortent «tous ceux qui sont soucieux de ne pas laisser passer un acte aussi irréfléchi» à dénoncer «le chauvinisme dont font preuve certains responsables du secteur de la culture, tant ce sentiment exprime des dérives politiques en complète contradiction avec les intérêts supérieurs de notre peuple dont le seul ennemi doit être le sous-développement sous toutes ses formes; et à demander aux autorités concernées par ce scandale à y mettre un terme en levant l’interdiction des livres égyptiens au Sila afin de leur permettre d’être découverts, lus et appréciés par les lecteurs algériens». Bien avant le lancement de cette pétition, des voix s’étaient élevées contre l’interdiction du livre égyptien au Salon d’Alger. Même s’ils n’étaient pas nombreux à réagir, certains intellectuels n’ont pas hésité à qualifier l’interdiction infligée à la littérature égyptienne, de décision «Irréfléchie»… «De censure» et de «facteur allant dans le sens de raviver la haine entre les deux peuples»… Pour ceux qui appellent à une levée de l’interdiction, il est inconcevable aujourd’hui, neuf mois après les fâcheux évènements du Caire, de faire d’un match de football, un facteur de guerre et d’hostilité. Une telle décision, estiment ces mêmes intellectuels, ne ferait que raviver le sentiment de haine entre les deux peuples, alors même que les relations politiques et même «footballistiques» entre les deux pays n’ont jamais été rompues. Ceux qui se sont prononcés sur le sujet estiment, par ailleurs, que le livre encourage le rapprochement et la paix entre les peuples du monde.    

Djamel B.

 

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Management et gestion des ressources humaines dans l'entreprise

Nouveau socle pour la gouvernance de l’entreprise

Au moment où, du côté du gouvernement, l'on fonde les espoirs de mieux pérenniser la paix sociale sur la réunion de la Tripartite (syndicats, patronat et gouvernement) prévue à la prochaine rentrée sociale, des efforts sont fournis presque dans l'anonymat par certaines entreprises pour se mettre à niveau sur le plan de la gestion des ressources humaines. Cela fait partie d'une notion qui n'a pas encore l'heur d'être bien vulgarisée dans notre pays et qui a pour nom la gouvernance de l'entreprise.

En effet, les réunions de la Tripartite cristallisent plus un consensus «politique» entre les différents acteurs pour rendre gérables les conflits sociaux qu’une stratégie visant à donner des assises solides à la création d’emploi et à la promotion du niveau de vie des travailleurs. Ces dernières préoccupations, malgré les discours des hommes politiques, ne peuvent être prises en charge que par des entreprises modernes, répondant aux normes universelles de productivité et érigeant la gestion des ressources humaines en un instrument de croissance et de développement. La gestion des ressources humaines constitue le nouveau pari auquel devra faire face l’entreprise algérienne – publique ou privée – et qui, plus est, se négocie dans un contexte de pression, voire de patente adversité. En effet, pour soutenir la compétition avec des entreprises étrangères – qu’elles soient de production, de réalisation de travaux ou de prestation de services – l’entreprise algérienne peut transitoirement solliciter le soutien des pouvoirs publics. Cette étape, où le gouvernement favorise l’outil de production nationale, y compris par le moyen des procédures des marchés publics («préférence nationale»), n’est pas appelée à s’éterniser. Pour se défendre et acquérir des facultés intrinsèques de compétitivité, l’entreprise algérienne est appelée à se réformer et à réviser particulièrement sa perception de la gestion des ressources humaines.

Le capital humain – supposant compétence, savoir-faire (background), technicité, réactivité – commence à peine à être appréhendé dans sa dimension totale. Les notions de groupe, d’équipe de travail, d’inter-influence, de relations humaines, de nouvelle ergonomie, de flexibilité des horaires de travail… n’ont pas encore reçu leurs «lettres de noblesse» dans les milieux syndicaux et ouvriers algériens. Rien d’étonnant à ce que ce soit les grands groupes privés, tels que Cevital, qui essayent de s’arrimer aux normes universelles de travail , aussi bien par l’organisation interne et le mode de rémunération que par et les services connexes  (santé du travail, récréation et loisirs, formation continue…).  

Nouvelle terminologie

Le contexte mondial dans lequel évolue le monde du travail a déjà fait sienne la notion de la gestion des ressources humaines, entrée dans les pratiques depuis la fin des années quatre-vingt du siècle dernier. Même dans le cadre des délocalisations de certaines entreprises européennes vers des cieux moins contraignants sur le plan salarial, le souci de la gestion des ressources humaine est toujours présent quitte même à adapter cette notion au nouveau contexte géographique et humain voulu par la délocalisation. Il y a lieu d’observer que, pour l’ensemble des secteurs de l’économie nationale, le concept de l’emploi a évolué de façon fulgurante au cours des quinze dernières années suivant en cela la courbe des changements économiques, de la transformation de l’entreprise et de l’accélération des échanges à l’échelle mondiale. En tout cas, il ne répond plus à la définition figée d’un poste salarié stable, d’une carrière assurée et d’un revenu correspondant toujours au coût de la vie. Ce fut une période où l’illusion de richesse et de prospérité permise par l’économie rentière assurait un plein emploi factice généré par une pléthore de personnels dans les entreprises publiques et l’administration. Le pays paya chèrement ce genre d’errements politiques où le populisme rivalisait avec la démagogie. Il se réveilla brutalement à une nouvelle réalité où les aléas font partie du quotidien et où l’incertitude qui pèse sur le travail et l’emploi est devenue la seule… certitude du moment. Ainsi, une nouvelle terminologie verra le jour dans le monde du travail avec laquelle il faudra désormais compter : marché du travail, flexibilité du travail, chômage structurel/conjoncturel, qualifications, valeur réelle et valeur pratique d’un diplôme, contrat à durée déterminée (CDD), contrat à durée indéterminée (CDI) et d’autres termes qui rompent radicalement avec la belle uniformité et l’inusable linéarité d’antan qui faisaient d’un collégien, sans coup férir, un futur universitaire couronné d’un poste dans l’administration ou dans une entreprise publique. La démagogie de l’époque a même entraîné des handicapés – censés être pris en charge par la collectivité nationale – dans un engrenage, appelé pompeusement «insertion», de création d’entreprises. L’exemple de l’entreprise Enabross, par laquelle on a voulu régler le problème des non-voyants, a vite montré les limites d’une politique qui n’a pas pu discerner l’action sociale de l’acte économique.

Lorsque la flexibilité et la rigueur marchent ensemble

Avec la place centrale que prend l’entreprise dans la nouvelle définition du monde du travail, ce dernier se dirige imparablement vers plus de flexibilité dans presque la totalité des domaines (horaires, rythmes hebdomadaires ou mensuels, rémunération…). L’encadrement de l’Etat s’opérera, lui, dans les impératifs minimaux qui devront sauvegarder la santé et la dignité humaine du travailleur, y compris par un salaire minimum imposé (résultat de la concertation avec les partenaires sociaux) et une obligation de déclarations sociales (desquelles découleront les droits aux assurances sociales et à la retraite). En dehors de ces minima sociaux, les entreprises n’attendront de l’Etat que l’incitation à l’investissement, l’équité fiscale et l’exercice de son pouvoir régulateur. Dans l’objectif de permettre la mise en œuvre de tels schémas par les entreprises, les travailleurs et le marché de l’emploi – schémas qui contrastent radicalement avec l’ancien système administré – l’Etat algérien a procédé à des réformes qui restent partielles ou qui manquent d’harmonie générale. En tout cas, c’est l’avis de plusieurs opérateurs économiques qui rencontrent une multitude de problèmes sur le terrain. La transition d’un système économique et social bâti sur le populisme et la rente vers un système s’inspirant de la rationalité et s’ouvrant sur le monde ne pouvait se réaliser dans la sérénité et

l’«entente cordiale» de tous les acteurs et partenaires. Au cours de cette période de transition, le hiatus entre les différentes couches de la société se fait de plus en plus béant menaçant parfois même la stabilité du pays et la paix civile. Le nombre d’exclus ne cesse, en effet, d’augmenter, même si le gouvernement – à travers certains des différents dispositifs sociaux – essaye de contenir le cercle de la pauvreté en venant en aide aux catégories les plus vulnérables. Avec l’ouverture de l’économie nationale au privé, de nouvelles entreprises ont pris le relais d’une économie publique moribonde. Dans presque tous les secteurs d’activité, des micro-entreprises de travaux, de prestations de service ou de production ont vu le jour. Le recrutement du personnel s’est limité au strict minimum pour faire des gains de productivité, partant, des gains de marge bénéficiaire. Cela dans le cas où l’employé est déclaré à la sécurité sociale. L’économie informelle continue, en effet, à phagocyter la partie structurée de l’économie, y compris par des moyens insidieux comme la «semi-légalité».  

Ressources humaines/formation: un front pour la promotion de l’entreprise

Depuis le milieu des années 2 000, la création d’emplois est surtout le fait d’entreprises privées. Environ 6 millions d’emplois y sont assurés. Le nouveau recensement économique prévu pour l’année 2011 affinera certainement les données relatives à ce sujet.

Le monde syndical a, lui aussi, subi une évolution, du moins dans son activité sur le terrain de l’animation et de la revendication. Cependant, seule la pression et la persévérance pourront rendre légales ces nouvelles formes de lutte dans une perspective de pluralisme syndical effectif. L’entrée en scène des entreprises étrangères sur nos chantiers d’autoroute ou de tramway ou bien encore dans certaines représentations commerciales a indubitablement charrié une nouvelle discipline du travail avec laquelle les travailleurs algériens ne peuvent que composer, même si la législation nationale – amendée, rénovée et hissée aux diapasons des normes universelles du travail- est censée servir de base légale. A un autre niveau d’analyse, le concept de ressources humaines charrie avec lui d’au-tres conditionnalités inhérentes à la pertinence, à la qualité et à la durabilité de la force de travail, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle. Parmi les présupposés sur lesquels se base la gestion des ressources humaine (GRH), la formation de l’homme est un élément capital. Cette formation est vue sous son aspect double : formation qualifiante pour prétendre à un poste de travail et formation continue pour s’adapter aux innovations méthodologiques et technologiques touchant le domaine d’intervention du travailleur. Dans l’objectif de se mettre au niveau des exigences de la nouvelle économie en matière de formation, l’Algérie a encore un travail colossal à abattre. Il s’agit d’abord de créer une adéquation entre les besoins de l’économie et le système de formation avec un cadre institutionnel et pédagogique de qualité. Il s’agit, en effet, de former les techniciens et les cadres que commence à réclamer dès à présent le monde du travail et l’appareil économique national (management, maîtrise, exécution). Notre économie soumise à rude épreuve par les impératifs de productivité, d’efficacité technique et d’innovation ainsi que par la mondialisation des échanges de plus en plus offensive ne peut se soustraire à ce mouvement de l’histoire. La formation et les nouvelles tendances de la gestion des ressources humaines vont de pair, se fertilisent et concourent aux mêmes objectifs : promotion continue de l’entreprise et du personnel de l’entreprise, amélioration de la qualité de la production et des prestations, augmentation des rendements, ouverture sur l’innovation et préservation de l’emploi.      

Par Saâd Taferka

 

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Regard

Déshydratation ou prison

Au départ, une caricature. Où nous allons nous situer sur le plan strictement religieux. Deux ouvriers ont bu de l’eau. On ne sait pas s’ils ont des maladies chroniques, ni de quelle religion ils sont. On sait qu’ils sont sur un chantier et nous sommes au mois d’août. Au soleil, il ne doit pas faire moins de 35°. Et ce chantier est en plein soleil. La chaleur  plus le travail de force, cela vous déshydrate un homme, c’est connu depuis l’antiquité. Al Azhar a autorisé les joueurs de Shehata à ne pas jeûner. Nos fellahs connaissent aussi la chose. A cheval sur tout ce qui touche au jeûne, ils s’accordaient le droit durant les moissons de vider leur gargoulette, dès que le besoin s’en faisait sentir. 

Ce vendredi 13, les deux ouvriers ont été arrêtés pour non-observance du jeûne. Parce qu’ils ont fait ce que la nature irrépressible leur commandait de faire. Des policiers, érigés en muphtis de flagrant délit, les interpellent. Ils sont traduits en justice. Après un sit-in populaire, le procès est reporté au 21 septembre. Pour quel chef d’inculpation ? Pour avoir bu de l’eau, ce que les policiers et la justice considèrent comme étant une atteinte aux préceptes de la religion. En vue d’en savoir plus sur la question, il suffit de visiter les sites qui traitent de la question. www.islamqa.com, est le plus sévère, mais il l’est moins que ceux qui ont mis en prison les deux malheureux. Il dit que,  dans ces cas-là, on doit travailler la nuit pour gagner sa vie. Dans le cas où cela n’est pas possible, on prend un congé non payé au cours du ramadhan. Ici, on pense bien que pour accepter de travailler dans de telles conditions, les congés sans solde seraient  un luxe qui mène à la famine. La fatwa du site continue. Elle dit que si cela s’avère encore impossible, l’intéressé doit chercher un emploi qui lui permette de concilier ses obligations civiles et religieuses. Parce que l’auteur de la fatwa considère qu’on ne doit pas privilégier sa vie profane par rapport à sa vie religieuse. Il argue qu’il existe suffisamment d’activités pour éviter cette catégorie de travaux pénibles.

A moins d’être masochiste  et s’obliger au pire quand il y a mieux, il aurait raison. Et si tous les ouvriers faisaient de même, c’est-à-dire refusaient les travaux pénibles, il faudrait revoir la structure de l’économie. Mais, poursuivons. On arrive, enfin, à la conclusion qui dit :   Si rien de tout cela ne lui est possible et s’il ne trouve aucune activité en dehors de ce dur travail décrit dans la question, il jeûne jusqu’au moment où il commence à sentir des difficultés. Ensuite il prend assez de nourriture pour se maintenir. Les recommandations du site sont signées par une «Commission permanente pour les recherches religieuses et la consultance». Deux autres sites, parmi d’autres, sont plus souples. Il s’agit de  www.al-wassat.com et de www.lermf.com/Comprendre-l-Islam. Sur qui peut rompre le jeûne, ils formulent ainsi la réponse : celui qui supporte difficilement le jeûne (travaux pénibles).  Selon ces références, de toute apparence autorisées, l’arrestation des deux personnes à Aïn El Hammam est abusive. Toujours du point de vue religieux. Parce que c’est en l’invoquant que l’on se rend compte que l’affaire déborde le ramadhan en lui-même.  Le choc émotionnel provoqué par la dérogation aux règles du jeûne a déjà servi à attenter à la liberté de nombreux citoyens.

Ce n’est que cela et cela ne peut être que cela. On ne devient pas croyant  par le   fouet, mais par contre on se soumet à l’instrument, un temps, le temps de la peur.  Cela devrait se savoir, surtout de nos jours où la tolérance et la reconnaissance de la différence font l’objet d’un débat enragé dont les musulmans en Occident sont le centre. Cela devrait se savoir, quand le président Obama est suspecté d’Islam parce qu’il est moins assidu que Bush à la messe et quand les intellectuels musulmans, en Europe et aux Amériques, jurent que l’Islam est une religion de paix, de concorde et de tolérance. Ceux-ci seront bien en mal d’arguments quand ils seront confrontés au cas des deux forçats de chantier assoiffés.                                                   

Par Ahmed Halfaoui

 

 

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