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Le phénomène
s'amplifie au ramadhan
Assassinat
ciblé de «taxieurs»
Cinq chauffeurs de
taxi clandestins ont été assassinés durant les dix premiers jours du
mois sacré, alors qu’un autre a eu la vie sauve grâce à sa
vigilance. La veille du ramadhan, un jeune chauffeur de taxi
clandestin a été tué dans la wilaya de Djelfa.
Les assassins ont
pris sa voiture, une Renault Clio. Deux jours après ce drame, un
nouveau crime ciblant un autre chauffeur de taxi clandestin sera
commis à Sidi Bel Abbès, dans la localité de Hçaiba. Un homme d’une
quarantaine d’années a été surpris par l’attaque de quatre
individus. Ce père de trois enfants sera assassiné par ses
agresseurs dans le seul but de lui subtiliser son véhicule. Deux
crimes crapuleux seront également enregistrés respectivement à
Blida et M’sila, les 15 et 17 août derniers, le premier à Bab
Essebte, le second dans la localité de Beni M’sil. Le dernier
assassinat remonte au 19 août dernier. G. L., 52 ans, père de cinq
enfants résidant à Boufarik et chauffeur de taxi clandestin, a été
sollicité par trois individus pour les conduire à Haouch Gros, une
localité distante de quelques kilomètres du centre-ville de
Boufarik. Le prix de cette course a été conclu à 500 DA et l’Accent
fonce vers sa destination. Les trois clients, toujours en fuite, ne
sont toujours pas identifiés. D’après l’enquête qui se poursuit, les
trois agresseurs se connaissent parfaitement. Arrivés près d’une
forêt, non loin de Haouch Gros, les clients, prétextant un besoin
urgent, demandent au chauffeur de s’arrêter. Une fois la voiture
immobilisée, l’un des trois clients bloque le frein à main afin
d’empêcher le chauffeur de se dégager de la ceinture de sécurité et
lui assène plusieurs coups de poing au niveau du visage et de la
poitrine. La victime sera ensutie emmenée dans un lieu désert,
pendue à un arbre et brûlée vive. Alertée par les citoyens, la
Protection civile accompagnée par la BMPJ de Boufarik s’est déplacée
sur le lieu du crime. La victime a été transportée à l’hôpital de la
ville. Le chauffeur de taxi clandestin a été inhumé vendredi dernier
au cimetière de Boufarik en présence d’une foule nombreuse. Cela
faisait plus de dix ans qu’il était chauffeur de taxi clandestin et
travaillait dur pour subvenir aux besoins de sa famille. La
recrudescence des assassinats en plein mois sacré, ciblant
particulièrement les chauffeurs de taxi clandestins, laisse présager
d’autres crimes dans les jours à venir. La période du ramadhan
semble constituer une occasion intéressante pour les bandits afin de
commettre leurs forfaits. Une circulation routière et piétonnière
beaucoup moins importante, des rues presque vides, cette situation a
été favorable aux agresseurs qui ont tué cinq chauffeurs de taxi
clandestins et subtilisé leurs véhicules. Par ailleurs, les enquêtes
sont toujours menées par les services de sécurité afin d’élucider
ces affaires d’assassinat et de vol de voitures. Les véhicules qui
appartenaient aux cinq victimes sont actuellement recherchés. Les
auteurs de ces crimes et vols ont sûrement désossé les voitures
volées, mais les recherches sont toujours en cours, croit-on savoir
auprès d’une source policière.
Par Sofiane Abi
Haut
Après des années de dépendance
L’Algérie
exportera de la tomate industrielle
Rongée par une
multitude de problèmes, la filière de la tomate industrielle a vécu
des années très difficiles, minées par des conflits d’intérêts à tel
point que le pays est passé de son statut d’exportateur à celui
d’importateur du double et triple concentré de tomate, en l’espace
de moins de dix années. Cette tendance tend encore une fois à
s’inverser et ce, depuis 2008, date à laquelle des réformes ont été
apportées par le ministère de l’Agriculture au profit de la filière,
s’enorgueillissent des responsables du département du Docteur
Benaïssa.
En effet, selon
les chiffres des services agricoles, la production de la tomate
industrielle a atteint 99 000 tonnes cette année, contre seulement
45 000 tonnes l’année précédente. Une production qui a doublé et qui
fait des maigres chiffres enregistrés dans les années 1990 un
mauvais souvenir aussi bien pour les agriculteurs, les
transformateurs que pour les pouvoirs publics. En outre, ce record
jamais égalé depuis des décennies laisse envisager, selon les
responsables du secteur agricole, que l’Algérie peut bien reprendre
à terme sa place au niveau méditerranéen. D’ailleurs, des cadres des
services agricoles des wilayas de l’extrême Est du pays (Annaba, El
Tarf, Guelma et Skikda qui enregistrent à elles seules 95% de la
production nationale) estiment d’ores et déjà que l’objectif
d’exporter du concentré de tomate est réalisable à l’horizon 2015.
Même si les surfaces utilisées pour la tomate industrielle n’ont pas
été considérablement revues à la hausse, le rendement par hectare,
quant à lui, a largement participé à cette réalisation. Car de 80
quintaux/hectare en 2006, le rendement est passé à 120 qx/ha en 2009
et il est actuellement de près de 300 qx/ha. Cette courbe
ascendante, si elle est maintenue, pourra faire de l’Algérie un
grand pays exportateur de concentré de tomate, d’après les experts,
qui prédisent que le pays atteindra un rendement moyen de 400qx/ha
lors de la prochaine récolte et arrivera jusqu’à 700 quintaux par
hectare à l’horizon 2015. A l’origine de cette augmentation de la
production, les mesures incitatives engagées par le ministère de
l’Agriculture et du Développement rural en sont pour beaucoup. En
effet, en plus des 8 DA le kg, prix de référence que paye la
conserverie, le producteur perçoit comme soutien déboursé par l’Etat
2 DA par kilogramme livré à la transformation.
Le conserveur
n’est pas en reste puisqu’il bénéficie de 1,50 DA par kilogramme
transformé. En plus des subventions versées par l’Etat, il y a lieu
de souligner les efforts consentis en termes de valorisation des
terres agricoles consacrées à ce genre de culture ainsi que les
suivis appliqués aux plants et fruits en ce qui concerne la
protection phytosanitaire. Par ailleurs, la bonne pluviométrie a
pour sa part contribué au bon rendement dans les champs de tomate et
ce, contrairement à la campagne précédente où les pluies qui se sont
abattues sur la région Est du pays ont causé des inondations qui se
sont négativement répercutées sur la production.
Hafid Mesbah
Haut
Quinze jours depuis la reprise
Des ministres
toujours en «congé»
Rentré depuis
quinze jours de congé, un grand nombre de ministres se font rares au
point où on se demande si ces derniers ont vraiment repris leurs
fonctions ou bien sont-ils toujours en repos «spécial ramadhan», ce
qui veut dire en Algérie «juste occuper la chaise».
En tout cas
officiellement, le retour au «travail» s’est fait le 8 août dernier
suivi d’une série d’auditions traditionnelles durant lesquelles cinq
ministres ont été auditionnés.
Il s’agit
respectivement des ministres des Finances, Karim Djoudi, de
l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, de
l’Energie et des Mines Youcef Yousfi, des Travaux publics, Amar
Ghoul et des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal. Ainsi, certains
ministres, en ce mois de ramdhan, ne s’occupent que de la
préparation du rapport sur leurs secteurs respectifs et attendent
d’être convoqués pour une audition. En tout cas même ces rapports
«sont préparés par leurs collaborateurs et conseillers». Donc,
depuis le retour de vacances, on a juste vu quelques ministres en
activité. Comme le cas du nouveau ministre du Commerce, Mustapaha
Benbada qui s’est retrouvé impuissant devant la flambée des prix du
début du mois de ramadhan et malgré les mesures prises dans le cadre
du plan spécial ramadhan, la spéculation est toujours là.
Pour sa part, le
ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould
Abbès est passé à l’action après le ral-bol exprimé par les patients
souffrant de maladies chroniques, pour importer 54 marques de
médicaments. Et pour ce qui est des négociations avec les syndicats
de la Santé, M.Ould Abbès s’est montré satisfait alors que la
famille de la santé n’a encore rien vu de concret.
Un autre ministre
s’est manifesté le week-end dernier. Il s’agit de celui du Travail,
de l’Emploi et de la Sécurité sociale qui tient à sa fameuse phrase
«la tripartite se tiendra avant la fin de l’année» sans faire
l’effort d’expliquer pourquoi ce rendez-vous est reporté, sachant
qu’il était programmé pour le mois de mars dernier.
Cependant, on se
demande que fait la majorité de la composante du gouvernement ?
Est-ce quelle se contente de rester au bureau de 9.30 à 15.30 pour
justifier leur présence ? Sachant que plusieurs secteurs sont
débordés de dossiers et de questions qui attendent des réponses. A
titre d’exemple, le ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa n’a
toujours pas réagi au problème de la filière du lait, dont certaines
régions de l’Est souffrent d’une véritable pénurie durant ce mois de
ramadhan. Sans oublier la question de la régulation des prix des
fruits et légumes et sans parler de la viande devenue «un rêve» pour
une grande partie des citoyens. D’autre part, il y a le cas du
nouveau ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de
l’investissement, Mohamed Benmeradi qui a tenu une réunion avec les
organisations patronales (partenaires dans le cadre de la
tripartite) puis s’est éclipsé alors que plusieurs entreprises
publiques souffrent de la faillite et plusieurs salariés sont
menacés de chômage. Et même sur le fameux projet portant «nouvelle
stratégie industrielle» de son prédécesseur, Abdelhamid Temmar, rien
n’a été dévoilé à ce sujet. Il y a également le cas du vice-premier
ministre, Noureddine Yazid Zerhouni qui attend toujours que le
président de la République, Abdelaziz Bouteflika lui explique ses
prérogatives et ses missions, sachant que dans la Constitution
amendée en 2008, le vice-premier ministre aide le Premier ministre
dans la mise en œuvre du programme du président mais sans expliquer
les modalités.
Il faut dire que
tous ces cas ne sont pas les seuls à être portés «disparus» depuis
maintenant deux semaines. Toutefois, il est attendu que le président
Bouteflika tienne mercredi prochain un Conseil des ministres afin de
valider plusieurs décrets, ordonnances et probablement faire un
constat sur la première quinzaine du ramadhan.
Par Nacera
Chenafi
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Après le Maroc
Benatallah chez
la communauté algérienne en Tunisie
Le secrétaire
d’Etat chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Halim
Benatallah, est depuis avant-hier en Tunisie, dans le cadre de sa
tournée dans les pays du Maghreb. M. Benatallah a entamé dans le
Gouvernorat de Tunis sa visite qui se déroule pendant le mois de
ramadhan, symbolisant les valeurs de rapprochement et de solidarité.
La visite sera «l’occasion pour le secrétaire d’Etat d’exprimer tout
l’intérêt que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika,
porte à la communauté nationale à l’étranger et au Maghreb en
particulier», selon un communiqué du ministère des Affaires
étrangères, cité par l’APS. Durant cette visite de trois jours, M.
Benatallah sera notamment reçu par le ministre tunisien des Affaires
sociales, de la Solidarité des Tunisiens à l’étranger, Naceur Gharbi.
Le secrétaire d’Etat se rendra également dans la région frontalière
du Kef pour y rencontrer les membres de la communauté algérienne
«afin d’être à leur écoute pour leur réitérer l’attention du
président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et celle du
gouvernement à leur égard». M. Benatallah visitera, par ailleurs, le
siège de l’amicale des Algériens en Tunisie, et partagera l’Iftar
avec les représentants de la communauté algérienne de Tunis, du Kef
et de Gafsa. Au terme de cette visite, il tiendra des réunions de
travail avec les chefs de postes consulaires de Tunis, du Kef et de
Gafsa, conclut le communiqué. Avant sa visite en Tunisie, M.
Benatallah s’était rendu au Maroc où il avait rencontré des membres
de la communauté algérienne dans ce pays.
F. G.
Haut
Quinquennat 2010-2014
Seulement 800
entreprises nationales concernées
Dans le cadre du
processus de promotion de l'outil national de production induit par
le programme quinquennal d'investissement public 2010-2014, les
entreprises nationales, publiques et privées, se trouvent nettement
favorisées dans la réalisation de ce gigantesque programme, qui
rappelons-le, se chiffre à la coquette somme de 286 milliards de
dollars.
A ce titre, selon
le président de l’Union générale des entrepreneurs algériens (UGEA)
M.Kheloufi, quelque 700 à 800 entreprises locales sont concernées.
A ce sujet, contacté par nos soins, le secrétaire général de l’UGEA,
M. Mézine dira que «ce taux est faible», déplorant «le manque
d’entreprises nationales à même de se prendre en charge totalement
pour la réalisation des projets inscrits dans le programme
2010-2014». Et d’ajouter que «l’Algérie ne dispose pas d’un nombre
important d’entreprises performantes. En outre, selon notre
interlocuteur, les dernières statistiques ont relevé l’existence de
plus de 2 000 entreprises publiques et privées en Algérie».
Néanmoins, les entreprises concernées en termes de performance et de
qualification en vue d’assurer et d’assumer les projets portés par
le nouveau quinquennat restent minoritaires si l’on considère que
seules 300 à 350 entreprises ont bénéficié du programme de mise à
niveau de l’Union européenne Meda1. Elles sont donc les seules à
être véritablement conformes aux normes internationales, et qui
peuvent s’impliquer dans l’exécution des prochains projets de
réalisation. Ainsi, pour le S/G de l’UGEA, «ce taux est faible».
Enchaînant que «les entreprises algériennes ont besoin d’une mise à
niveau sur tous les plans. Et pour avoir cette mise à niveau
rapidement, sans passer par les bureaux d’études, un partenariat
avec des entreprises étrangères s’impose à nos entreprises qui les
fera entrer dans le circuit». Pour lui, l’implication des
entreprises nationales dans la réalisation du programme 2010-2014 en
faisant «appel aux investisseurs étrangers dans le cadre d’un
partenariat avec les entreprises locales», d’une part, et d’autre
part, «faciliter aux entreprises étrangères l’accès au marché
national en allégeant les démarches administratives du système de
partenariat», et de poursuivre que ce partenariat «va nous apporter
une richesse considérable notamment en termes de transfert de
savoir-faire et de technologie particulièrement pour les grands
projets». Ainsi, s’agissant de cette décision de préférence
nationale, Mézine affirmera que «c’est une chose favorable pour nous
qui vient booster l’entreprise nationale, reste à convaincre les
entreprises étrangères d’autant plus que toutes les conditions leur
sont favorables. Nous avons la main-d’œu-vre nécessaire et les
infrastructures adéquates».
En outre, le S/G
de l’UGEA mettra en exergue la loi de finances complémentaire de
2010 qui favorise les entreprises nationales. Soulignant dans ce
contexte certains axes principaux qui concrétisent cette préférence
dont celui de la marge qui consiste en «le relèvement de 15% à 25%
de la marge maximale de préférence reconnue à l’entreprise locale
dont le capital est majoritairement national, ainsi qu’aux produits
et services locaux, lors des soumissions aux marchés publics», une
décision validée par le dernier Conseil des ministres, et aussi
celui concernant les investisseurs étrangers qui ne peuvent investir
sans la présence d’un entrepreneur local. En conséquence, la
conjoncture actuelle constitue une aubaine favorable pour le
redressement des entreprises algériennes afin d’améliorer leurs
activités économiques particulièrement à l’heure où la tendance est
à la préférence nationale et où des aides financières sont accordées
aux entreprises locales, ce qui reflète une volonté réelle de
reconsidérer la place des entreprises algériennes dans le paysage
économique national. A ce sujet, dans le communiqué du Conseil des
ministres tenu le 11 juillet dernier, le président de la République
avait incité les entrepreneurs à «saisir les opportunités offertes
par le programme public d’investissements, ainsi que la préférence
qui leur est aménagée, pour prendre part activement à sa
réalisation, développer leurs propres capacités et la qualité de
leurs prestations et offrir, en retour, des emplois à nos jeunes».
Par ailleurs, il invitera les opérateurs étrangers intéressés par le
marché algérien à «emprunter avec nous la voie d’un partenariat ‘’gagnant-gagnant’’
en s’engageant, en contrepartie pour des contrats qu’ils
obtiendront, dans la modernisation de nos propres entreprises, à
travers des investissements mutuellement avantageux».
Toutefois,
déplorer le manque d’entreprises nationales «compétentes, qualifiées
et conformes», est un fait quelque peu amer, car ce manque aurait pu
être évité si ces dernières s’étaient fortement inscrites au
programme Meda 1 de mise à niveau proposé par l’Union européenne.
En effet, si les
PME locales avaient ce degré de maturité pour aller volontairement
vers la mise à niveau, le nombre d’entreprises chargées de
l’exécution du programme d’investissement public 2010-2014 serait
amplement supérieur à celui proposé actuellement. Ainsi, outre leur
participation à la réalisation des projets inscrits dans le
programme 2010-2014, l’adhésion active de ces PME à la mise à niveau
aurait eu des retombées socio-économiques à travers la création des
richesses et d’emplois nécessaires à l’économie nationale, notamment
en période de transition d’une économie rentière à une économie de
marché.
Par Lynda
N.Bourebrab
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Erreurs médicales en augmentation
70% des cas
enregistrés dans le secteur public
Les structures de
santé continuent à faire des victimes en Algérie en raison des
erreurs médicales qui atteignent un seuil alarmant.
En l’espace d’une
année, SOS Erreurs Médicales, un comité qui active sous la houlette
de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) a
recensé près de 81 dossiers relatifs à des erreurs médicales. Ce
chiffre ne signifie nullement que seules 81 erreurs médicales
auraient été commises dans les établissements de santé algériens.
Bien plus, ce dernier pourrait être multiplié par 2, 3 voire 5, si
ce n’est plus, selon l’Ordre des médecins qui avance un chiffre de
200 plaintes déposées en 2009 pour des erreurs médicales. Ainsi, ces
données sont loin de la réalité puisque un grand nombre de victimes
d’erreurs médicales n’ont pas saisi ce comité. «Rares sont les
victimes conscientes et qui savent revendiquer leurs droits»,
indique Mlle Nadia Tamzait, porte- parole du comité, dans une
conférence de presse animée hier au siège de LADDH. La plupart des
cas reconnus d’erreurs médicales sont constatés, indique ce comité,
dans les opérations chirurgicales d’ophtalmologie et de gynécologie.
Au total des cas recensés, il y a lieu de relever que seuls sept
dossiers ont été déférés devant les tribunaux. «Aucune de ces
affaires n’a abouti à une condamnation ou une indemnisation»,
affirme la conférencière. «La plupart des victimes ignorent les
procédures judiciaires et administratives pour rétablir leurs droits
à une assistance médicale. Souvent, les victimes au lieu d’ester le
médecin en justice, acceptaient une sentence divine, El Maktoub. Les
victimes d’erreurs médicales doivent se rendre compte qu’il est de
leur droit de demander au médecin de réparer l’erreur. En cas
d’échec, la victime a le droit de demander une indemnisation»,
explique l’oratrice qui dénonce «le silence des autorités
concernées, ayant à charge de veiller sur la santé publique et
notamment le mépris des victimes d’erreurs médicales par les
instances concernées». Jeunes, femmes et personnes âgées sont
victimes d’abus, d’erreurs, de refus d’assistance et autres
comportements bureaucratiques des médecins et des structures de
santé. Des erreurs qui ont eu pour conséquence la mort du patient,
sinon son handicap. «Ce sont des crimes médicaux et non des erreurs
médicales», dira, pour sa part, maître Nadia Mansouri qui relate le
drame d’une jeune fille 16 ans qui est devenue handicapée à 100%
après avoir subi une simple opération au niveau de la gorge. Les
exemples d’erreurs médicales ne manquent pas. Elles sont devenues
monnaie courante dans nos structures de santé, qu’il s’agisse de
structures relevant du secteur public ou privé. Les témoignages sont
affligeants et donnent une idée sur l’état du secteur de la santé en
Algérie. Des dizaines d’accouchements, d’interventions médicales et
chirurgicales et des transferts mal pris en charge tournent au
drame. Des fautes qui vont au-delà de l’erreur médicale qui en soit
est humaine, contrairement à la faute dont peu se rendre coupable un
praticien de santé. Des patient ont perdu la vue (un œil) à
l’hôpital de Beni Messous en raison de l’utilisation en
ophtalmologie d’un traitement au stade expérimental, pré conçu pour
le traitement du cancer du colon à l’état métastasique.
SOS Erreurs
Médicales interpelle le Conseil de l’ordre des médecins et l’APN
afin que les responsabilités soient assumées, ainsi que le ministère
de la Santé pour prendre en charge les victimes d’erreurs médicales,
pour la réparation au sein des hôpitaux publics, sinon pour une
prise en charge à l’étranger.
Par Hocine L.
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Programme ENTV spécial ramadhan
De quoi jeter
sa télé par la fenêtre
L'Entv n'est pas à
son premier flop en ce qui concerne la grille du programme
ramadhanesque. Alors que le téléspectateur s’attendait à du nouveau,
la grille 2010 a déçu tout le monde par sa médiocrité.
La réconciliation
entre le téléspectateur algérien et son petit écran peut toujours
attendre. A voir les échos sur la grille spéciale ramadhan à travers
l’opinion publique, les réponses sont unanimes à déplorer le grand
ratage de l’ENTV. «La qualité fait défaut, la programmation n’est
pas à la hauteur des attentes du public. Un public intelligent qui
ne digère pas n’importe quoi. Leur programmation se moque du public
au lieu de le régaler», déplore un jeune étudiant qui affirme que
rien n’a réussi à attirer son attention cette année. Par ailleurs,
une bonne partie des réponses lient la médiocrité des programmes à
la disparition des grandes figures humoristiques de l’écran,
notamment Biyouna, Salah Ougrout ; ainsi que l’arrêt, après deux
belles saisons, du sitcom Djamai Family qui a eu un grand succès
auprès du public durant sa diffusion. Même le célèbre animateur très
apprécié du public algérien avec ses travaux et animation de qualité
dans Khateme Soliman et Forsan El Coran, Slimane Bakhlili, s’est
éclipsé de l’écran cette année. Ce que déplore le public également,
c’est la programmation successive de deux caméras cachées après la
rupture du jeûne, moment idéal pour rassembler les familles autour
de la télévision. Djaâfar Gacem, réalisateur de Djamai Family et
Nass M’lah City, ne fait plus le même effet avec sa caméra cachée
intitulée «Wache Eddani», même si cette dernière est très regardée
avec ses pièges souvent bien calculés et tendus à de nombreuses
stars algériennes. La nouvelle version de «Assab wa awtar wa afkar»
n’assure pas non plus les mêmes instants de bonheur comme autrefois,
bien que son objectif soit le reflet du quotidien algérien. Par
contre, la série humoristique de Abderrahmane Rabhi, intitulée Saad
El Guet semble être très appréciée par le téléspectateur, avec
notamment une belle prestation du jeune comédien Mohamed Bouchaib.
La série expose chaque jour un problème ou phénomène social à
travers le quotidien de Saad El Guet. Le feuilleton réalisé par
Messaoud Laib, «Le dernier souvenir», constitue une réussite pour
les femmes au foyer. Hormis ces quelques programmes qui ne nuisent
pas trop les soirées ramadhanesques, il faut noter la non
programmation, pour la première fois, de feuilletons égyptiens
durant le ramadhan, ce qui est une bonne décision du point de vue
des Algériens. En l’absence de sketchs humoristiques qui se
taillaient la part du lion dans les programmes de l’Entv, cette
dernière fournit quelques efforts pour concocter des programmes
plus au moins satisfaisants. La grille de l’Entv pour le ramadhan
2010 est jugée «des plus décevantes». Cette année, le téléspectateur
algérien est intolérant vis-à-vis de la médiocrité du programme TV
spécial ramadhan. Si les Algériens se moquent pas mal des programmes
de l’Entv durant les onze mois de l’année, la médiocrité n’est pas
acceptable durant le ramadhan puisque c’est la seule période où ils
espèrent se réconcilier avec leur petit écran.
Par Yasmine
Ayadi
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Il a subtilisé plus de 150 mille euros à un couple tunisien
Un Soudanais à
la barre
L’affaire qui a
été traitée hier par le tribunal pénal près la cour d’Alger met en
cause un Soudanais, arrêté au niveau de la gare routière du
Caroubier et poursuivi pour escroquerie et charlatanisme contre un
couple de nationalité tunisienne en Algérie. Le mis en cause leur a
demandé une somme d’argent faramineuse en vue de leur procurer un
remède utilisé dans le traitement d’une maladie rare. Il y a lieu
d’indiquer que la jeune fille du couple est atteinte d’une maladie
se caractérisant par des évanouissements d’autant plus récurrents
qu’inexpliqués. Il s’est donc présenté au couple en question comme
étant un vendeur d’herbes médicinales et autres médicaments
traditionnelles qu’il dit être très efficaces. Etant dans le besoin,
les deux malheureuses personnes ont suivi les suggestions de leur
vis-à-vis. L’accusé a demandé à ce qu’on lui remette la faramineuse
somme de 152 mille euro pour pouvoir se procurer le remède
nécessaire pour soigner leur fille. Le mis en cause a commencé par
ramener et présenter au deux victimes des têtes d’animaux, de
taureau, de bouc et de mouton. Lorsque l’accusé s’est déplacé en
Tunisie pour visiter la maison familiale de ses victimes, il leur a
indiqué que leur maison est construite sur un véritable trésor
constitué de 100 kilogrammes d’or. Par ailleurs, l’état de la jeune
infirme ne cessait de se dégrader. C’est à ce moment que le mis en
cause, pour fuir ses responsabilité, a indiqué à ses deux victimes
qu’il était impératif pour lui de retourner en Algérie pour acheter
un complément du médicament traditionnel pour poursuivre la thérapie
qu’il avait entamée. Il a également promis au couple de ramener une
eau spécifique du Soudan et ce, par le biais de certains diplomates
avec lesquels il était en contact permanent et qui lui ramènent de
temps en temps certains produits dont il a besoin dans son métier de
«guérisseur traditionnel». C’est ainsi que le mis en cause a pu
tromper la vigilance de ses victimes et disparaître dans la nature
avec la somme d’argent qu’il avait soutirée aux plaignants. Il sera
arrêté par les forces de sécurité le 16 juin dernier, au niveau de
la Grande poste.
La victime avait
déclaré aux policiers qu’elle était acculé à vendre une parcelle de
terrain et deux véhicules et qu’elle a même contracté des dettes
pour payer l’accusé. Il y a lieu de rappeler que le mis en cause
dans cette affaire avait été condamné en première instance à six
mois de prison ferme. Le procureur de la République avait requis
hier trois ans de prison ferme.
S.H.
Haut
Une pétition pour le livre égyptien
Une pétition vient
d’être lancée en ligne contre l’exclusion des éditeurs égyptiens du
prochain Salon international du livre d’Alger (Sila) et appelant les
responsables en charge de cette manifestation à la levée de
l’interdiction infligée à la littérature égyptienne. Selon les
initiateurs de cette pétition, le Commissaire du Salon international
du livre d’Alger (Sila) a décidé d’interdire l’exposition des
li-vres égyptiens lors de la prochaine édition de cet événement,
invoquant en guise de justification, la campagne haineuse menée
contre l’Algérie par certains médias égyptiens ainsi que le mauvais
traitement subi par des citoyens algériens lors de la rencontre, au
Caire, entre l’Equipe nationale de football et son homologue
égyptienne. «La ministre de tutelle s’est publiquement déchargée du
problème sur ce responsable qui affirme fièrement la souveraineté de
sa décision. Il affirme défendre la dignité du pays et de son
Histoire. Comme si nos valeureux martyrs pouvaient être satisfaits
d’une telle dérive, qui se traduit par un mépris arrogant vis-à-vis
de la culture de nos peuples. Comme si on pouvait unilatéralement
punir la littérature égyptienne et le lectorat algérien alors même
qu’on continue à jouer des matches de football, source initiale de
tout ce scandale, avec des équipes égyptiennes», lit-on en préambule
de cet appel.
Les rédacteurs du
texte, estiment «qu’il s’agit bien là d’une attitude chauvine qui
révèle, en fait, le peu d’égard que le livre en particulier et la
culture en général ont toujours eu dans notre pays et la propension
de certains de nos responsables à dénoncer au lieu d’éduquer». Tout
en affirmant qu’ils se démarquent de «cette honteuse décision», les
initiateurs de l’appel, exhortent «tous ceux qui sont soucieux de ne
pas laisser passer un acte aussi irréfléchi» à dénoncer «le
chauvinisme dont font preuve certains responsables du secteur de la
culture, tant ce sentiment exprime des dérives politiques en
complète contradiction avec les intérêts supérieurs de notre peuple
dont le seul ennemi doit être le sous-développement sous toutes ses
formes; et à demander aux autorités concernées par ce scandale à y
mettre un terme en levant l’interdiction des livres égyptiens au
Sila afin de leur permettre d’être découverts, lus et appréciés par
les lecteurs algériens». Bien avant le lancement de cette pétition,
des voix s’étaient élevées contre l’interdiction du livre égyptien
au Salon d’Alger. Même s’ils n’étaient pas nombreux à réagir,
certains intellectuels n’ont pas hésité à qualifier l’interdiction
infligée à la littérature égyptienne, de décision «Irréfléchie»… «De
censure» et de «facteur allant dans le sens de raviver la haine
entre les deux peuples»… Pour ceux qui appellent à une levée de
l’interdiction, il est inconcevable aujourd’hui, neuf mois après les
fâcheux évènements du Caire, de faire d’un match de football, un
facteur de guerre et d’hostilité. Une telle décision, estiment ces
mêmes intellectuels, ne ferait que raviver le sentiment de haine
entre les deux peuples, alors même que les relations politiques et
même «footballistiques» entre les deux pays n’ont jamais été
rompues. Ceux qui se sont prononcés sur le sujet estiment, par
ailleurs, que le livre encourage le rapprochement et la paix entre
les peuples du monde.
Djamel B.
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Management et gestion des ressources humaines dans l'entreprise
Nouveau socle
pour la gouvernance de l’entreprise
Au moment où, du
côté du gouvernement, l'on fonde les espoirs de mieux pérenniser la
paix sociale sur la réunion de la Tripartite (syndicats, patronat et
gouvernement) prévue à la prochaine rentrée sociale, des efforts
sont fournis presque dans l'anonymat par certaines entreprises pour
se mettre à niveau sur le plan de la gestion des ressources
humaines. Cela fait partie d'une notion qui n'a pas encore l'heur
d'être bien vulgarisée dans notre pays et qui a pour nom la
gouvernance de l'entreprise.
En effet, les
réunions de la Tripartite cristallisent plus un consensus
«politique» entre les différents acteurs pour rendre gérables les
conflits sociaux qu’une stratégie visant à donner des assises
solides à la création d’emploi et à la promotion du niveau de vie
des travailleurs. Ces dernières préoccupations, malgré les discours
des hommes politiques, ne peuvent être prises en charge que par des
entreprises modernes, répondant aux normes universelles de
productivité et érigeant la gestion des ressources humaines en un
instrument de croissance et de développement. La gestion des
ressources humaines constitue le nouveau pari auquel devra faire
face l’entreprise algérienne – publique ou privée – et qui, plus
est, se négocie dans un contexte de pression, voire de patente
adversité. En effet, pour soutenir la compétition avec des
entreprises étrangères – qu’elles soient de production, de
réalisation de travaux ou de prestation de services – l’entreprise
algérienne peut transitoirement solliciter le soutien des pouvoirs
publics. Cette étape, où le gouvernement favorise l’outil de
production nationale, y compris par le moyen des procédures des
marchés publics («préférence nationale»), n’est pas appelée à
s’éterniser. Pour se défendre et acquérir des facultés intrinsèques
de compétitivité, l’entreprise algérienne est appelée à se réformer
et à réviser particulièrement sa perception de la gestion des
ressources humaines.
Le capital humain
– supposant compétence, savoir-faire (background), technicité,
réactivité – commence à peine à être appréhendé dans sa dimension
totale. Les notions de groupe, d’équipe de travail, d’inter-influence,
de relations humaines, de nouvelle ergonomie, de flexibilité des
horaires de travail… n’ont pas encore reçu leurs «lettres de
noblesse» dans les milieux syndicaux et ouvriers algériens. Rien
d’étonnant à ce que ce soit les grands groupes privés, tels que
Cevital, qui essayent de s’arrimer aux normes universelles de
travail , aussi bien par l’organisation interne et le mode de
rémunération que par et les services connexes (santé du travail,
récréation et loisirs, formation continue…).
Nouvelle terminologie
Le contexte
mondial dans lequel évolue le monde du travail a déjà fait sienne la
notion de la gestion des ressources humaines, entrée dans les
pratiques depuis la fin des années quatre-vingt du siècle dernier.
Même dans le cadre des délocalisations de certaines entreprises
européennes vers des cieux moins contraignants sur le plan salarial,
le souci de la gestion des ressources humaine est toujours présent
quitte même à adapter cette notion au nouveau contexte géographique
et humain voulu par la délocalisation. Il y a lieu d’observer que,
pour l’ensemble des secteurs de l’économie nationale, le concept de
l’emploi a évolué de façon fulgurante au cours des quinze dernières
années suivant en cela la courbe des changements économiques, de la
transformation de l’entreprise et de l’accélération des échanges à
l’échelle mondiale. En tout cas, il ne répond plus à la définition
figée d’un poste salarié stable, d’une carrière assurée et d’un
revenu correspondant toujours au coût de la vie. Ce fut une période
où l’illusion de richesse et de prospérité permise par l’économie
rentière assurait un plein emploi factice généré par une pléthore de
personnels dans les entreprises publiques et l’administration. Le
pays paya chèrement ce genre d’errements politiques où le populisme
rivalisait avec la démagogie. Il se réveilla brutalement à une
nouvelle réalité où les aléas font partie du quotidien et où
l’incertitude qui pèse sur le travail et l’emploi est devenue la
seule… certitude du moment. Ainsi, une nouvelle terminologie verra
le jour dans le monde du travail avec laquelle il faudra désormais
compter : marché du travail, flexibilité du travail, chômage
structurel/conjoncturel, qualifications, valeur réelle et valeur
pratique d’un diplôme, contrat à durée déterminée (CDD), contrat à
durée indéterminée (CDI) et d’autres termes qui rompent radicalement
avec la belle uniformité et l’inusable linéarité d’antan qui
faisaient d’un collégien, sans coup férir, un futur universitaire
couronné d’un poste dans l’administration ou dans une entreprise
publique. La démagogie de l’époque a même entraîné des handicapés –
censés être pris en charge par la collectivité nationale – dans un
engrenage, appelé pompeusement «insertion», de création
d’entreprises. L’exemple de l’entreprise Enabross, par laquelle on a
voulu régler le problème des non-voyants, a vite montré les limites
d’une politique qui n’a pas pu discerner l’action sociale de l’acte
économique.
Lorsque la
flexibilité et la rigueur marchent ensemble
Avec la place
centrale que prend l’entreprise dans la nouvelle définition du monde
du travail, ce dernier se dirige imparablement vers plus de
flexibilité dans presque la totalité des domaines (horaires, rythmes
hebdomadaires ou mensuels, rémunération…). L’encadrement de l’Etat
s’opérera, lui, dans les impératifs minimaux qui devront sauvegarder
la santé et la dignité humaine du travailleur, y compris par un
salaire minimum imposé (résultat de la concertation avec les
partenaires sociaux) et une obligation de déclarations sociales
(desquelles découleront les droits aux assurances sociales et à la
retraite). En dehors de ces minima sociaux, les entreprises
n’attendront de l’Etat que l’incitation à l’investissement, l’équité
fiscale et l’exercice de son pouvoir régulateur. Dans l’objectif de
permettre la mise en œuvre de tels schémas par les entreprises, les
travailleurs et le marché de l’emploi – schémas qui contrastent
radicalement avec l’ancien système administré – l’Etat algérien a
procédé à des réformes qui restent partielles ou qui manquent
d’harmonie générale. En tout cas, c’est l’avis de plusieurs
opérateurs économiques qui rencontrent une multitude de problèmes
sur le terrain. La transition d’un système économique et social bâti
sur le populisme et la rente vers un système s’inspirant de la
rationalité et s’ouvrant sur le monde ne pouvait se réaliser dans la
sérénité et
l’«entente
cordiale» de tous les acteurs et partenaires. Au cours de cette
période de transition, le hiatus entre les différentes couches de la
société se fait de plus en plus béant menaçant parfois même la
stabilité du pays et la paix civile. Le nombre d’exclus ne cesse, en
effet, d’augmenter, même si le gouvernement – à travers certains des
différents dispositifs sociaux – essaye de contenir le cercle de la
pauvreté en venant en aide aux catégories les plus vulnérables. Avec
l’ouverture de l’économie nationale au privé, de nouvelles
entreprises ont pris le relais d’une économie publique moribonde.
Dans presque tous les secteurs d’activité, des micro-entreprises de
travaux, de prestations de service ou de production ont vu le jour.
Le recrutement du personnel s’est limité au strict minimum pour
faire des gains de productivité, partant, des gains de marge
bénéficiaire. Cela dans le cas où l’employé est déclaré à la
sécurité sociale. L’économie informelle continue, en effet, à
phagocyter la partie structurée de l’économie, y compris par des
moyens insidieux comme la «semi-légalité».
Ressources
humaines/formation: un front pour la promotion de l’entreprise
Depuis le milieu
des années 2 000, la création d’emplois est surtout le fait
d’entreprises privées. Environ 6 millions d’emplois y sont assurés.
Le nouveau recensement économique prévu pour l’année 2011 affinera
certainement les données relatives à ce sujet.
Le monde syndical
a, lui aussi, subi une évolution, du moins dans son activité sur le
terrain de l’animation et de la revendication. Cependant, seule la
pression et la persévérance pourront rendre légales ces nouvelles
formes de lutte dans une perspective de pluralisme syndical
effectif. L’entrée en scène des entreprises étrangères sur nos
chantiers d’autoroute ou de tramway ou bien encore dans certaines
représentations commerciales a indubitablement charrié une nouvelle
discipline du travail avec laquelle les travailleurs algériens ne
peuvent que composer, même si la législation nationale – amendée,
rénovée et hissée aux diapasons des normes universelles du travail-
est censée servir de base légale. A un autre niveau d’analyse, le
concept de ressources humaines charrie avec lui d’au-tres
conditionnalités inhérentes à la pertinence, à la qualité et à la
durabilité de la force de travail, qu’elle soit manuelle ou
intellectuelle. Parmi les présupposés sur lesquels se base la
gestion des ressources humaine (GRH), la formation de l’homme est un
élément capital. Cette formation est vue sous son aspect double :
formation qualifiante pour prétendre à un poste de travail et
formation continue pour s’adapter aux innovations méthodologiques et
technologiques touchant le domaine d’intervention du
travailleur. Dans l’objectif de se mettre au niveau des exigences de
la nouvelle économie en matière de formation, l’Algérie a encore un
travail colossal à abattre. Il s’agit d’abord de créer une
adéquation entre les besoins de l’économie et le système de
formation avec un cadre institutionnel et pédagogique de qualité. Il
s’agit, en effet, de former les techniciens et les cadres que
commence à réclamer dès à présent le monde du travail et l’appareil
économique national (management, maîtrise, exécution). Notre
économie soumise à rude épreuve par les impératifs de productivité,
d’efficacité technique et d’innovation ainsi que par la
mondialisation des échanges de plus en plus offensive ne peut se
soustraire à ce mouvement de l’histoire. La formation et les
nouvelles tendances de la gestion des ressources humaines vont de
pair, se fertilisent et concourent aux mêmes objectifs : promotion
continue de l’entreprise et du personnel de l’entreprise,
amélioration de la qualité de la production et des prestations,
augmentation des rendements, ouverture sur l’innovation et
préservation de l’emploi.
Par Saâd
Taferka
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Regard
Déshydratation
ou prison
Au départ, une
caricature. Où nous allons nous situer sur le plan strictement
religieux. Deux ouvriers ont bu de l’eau. On ne sait pas s’ils ont
des maladies chroniques, ni de quelle religion ils sont. On sait
qu’ils sont sur un chantier et nous sommes au mois d’août. Au
soleil, il ne doit pas faire moins de 35°. Et ce chantier est en
plein soleil. La chaleur plus le travail de force, cela vous
déshydrate un homme, c’est connu depuis l’antiquité. Al Azhar a
autorisé les joueurs de Shehata à ne pas jeûner. Nos fellahs
connaissent aussi la chose. A cheval sur tout ce qui touche au
jeûne, ils s’accordaient le droit durant les moissons de vider leur
gargoulette, dès que le besoin s’en faisait sentir.
Ce vendredi 13,
les deux ouvriers ont été arrêtés pour non-observance du jeûne.
Parce qu’ils ont fait ce que la nature irrépressible leur commandait
de faire. Des policiers, érigés en muphtis de flagrant délit, les
interpellent. Ils sont traduits en justice. Après un sit-in
populaire, le procès est reporté au 21 septembre. Pour quel chef
d’inculpation ? Pour avoir bu de l’eau, ce que les policiers et la
justice considèrent comme étant une atteinte aux préceptes de la
religion. En vue d’en savoir plus sur la question, il suffit de
visiter les sites qui traitent de la question. www.islamqa.com, est
le plus sévère, mais il l’est moins que ceux qui ont mis en prison
les deux malheureux. Il dit que, dans ces cas-là, on doit
travailler la nuit pour gagner sa vie. Dans le cas où cela n’est pas
possible, on prend un congé non payé au cours du ramadhan. Ici, on
pense bien que pour accepter de travailler dans de telles
conditions, les congés sans solde seraient un luxe qui mène à la
famine. La fatwa du site continue. Elle dit que si cela s’avère
encore impossible, l’intéressé doit chercher un emploi qui lui
permette de concilier ses obligations civiles et religieuses. Parce
que l’auteur de la fatwa considère qu’on ne doit pas privilégier sa
vie profane par rapport à sa vie religieuse. Il argue qu’il existe
suffisamment d’activités pour éviter cette catégorie de travaux
pénibles.
A moins d’être
masochiste et s’obliger au pire quand il y a mieux, il aurait
raison. Et si tous les ouvriers faisaient de même, c’est-à-dire
refusaient les travaux pénibles, il faudrait revoir la structure de
l’économie. Mais, poursuivons. On arrive, enfin, à la conclusion qui
dit : Si rien de tout cela ne lui est possible et s’il ne trouve
aucune activité en dehors de ce dur travail décrit dans la question,
il jeûne jusqu’au moment où il commence à sentir des difficultés.
Ensuite il prend assez de nourriture pour se maintenir. Les
recommandations du site sont signées par une «Commission permanente
pour les recherches religieuses et la consultance». Deux autres
sites, parmi d’autres, sont plus souples. Il s’agit de
www.al-wassat.com et de www.lermf.com/Comprendre-l-Islam. Sur qui
peut rompre le jeûne, ils formulent ainsi la réponse : celui qui
supporte difficilement le jeûne (travaux pénibles). Selon ces
références, de toute apparence autorisées, l’arrestation des deux
personnes à Aïn El Hammam est abusive. Toujours du point de vue
religieux. Parce que c’est en l’invoquant que l’on se rend compte
que l’affaire déborde le ramadhan en lui-même. Le choc émotionnel
provoqué par la dérogation aux règles du jeûne a déjà servi à
attenter à la liberté de nombreux citoyens.
Ce n’est que cela
et cela ne peut être que cela. On ne devient pas croyant par le
fouet, mais par contre on se soumet à l’instrument, un temps, le
temps de la peur. Cela devrait se savoir, surtout de nos jours où
la tolérance et la reconnaissance de la différence font l’objet d’un
débat enragé dont les musulmans en Occident sont le centre. Cela
devrait se savoir, quand le président Obama est suspecté d’Islam
parce qu’il est moins assidu que Bush à la messe et quand les
intellectuels musulmans, en Europe et aux Amériques, jurent que
l’Islam est une religion de paix, de concorde et de tolérance.
Ceux-ci seront bien en mal d’arguments quand ils seront confrontés
au cas des deux forçats de chantier
assoiffés.
Par Ahmed
Halfaoui
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