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Marchés de la capitale
Les prix entre
les mains des spéculateurs
A quelques jours
du ramadan, les marchés de la capitale n'auguraient rien de bon. Les
prix qui étaient durant l'été inabordables, devaient encore une fois
flamber.
Dans les
principaux marchés d’Alger, Ali Mellah, Ben Aknoun et Souk Athnache
en l’occurrence, les prix appliqués pour les fruits et légumes sont,
dans le meilleur des cas, figés au moment où d’autres ont
enregistré des augmentations considérables. La pomme de terre qui
était déjà à son pic avec un prix record de 40 à 45 DA et des fois
plus, tout au long de la saison estivale, ne semble pas aller vers
la baisse, d’autant plus que le mois de ramadan est sur les portes.
Les commerçants rencontrés, imputent cette flambée à des cercles
obscurs que le marché a de tout temps leur a été soumis.
«Ça dépend de
combien de mains, par qui, le produit passe avant d’arriver au
marché de détail» explique un commerçant, celui-ci ne va pas sans
préciser «je suis un simple citoyen comme tous les autres, ma marge
bénéficiaire est des plus minimes que quelques kilos non vendus me
font perdre». Même état de fait pour les autres produits, la tomate
qui d’habitude faisait des prix symboliques durant l’été, a
enregistré des flambées inacceptables cette saison. Allant de 40 à
60 DA pendant les trois mois de l’été, la tomate garde toujours ces
prix élevés, que le commun des mortels ne s’en doute pas de sa
flambée pendant ce mois sacré. «Les prix de la tomate, et comme à
l’accoutumée, dépendront des chambres froides et des quelques gens
qui la cultivent en dehors de sa saison» a expliqué un vendeur de
fruits et légumes. La courgette, entre autres, et à l’heure actuelle
déjà, s’est distinguée par une flambée précoce. Considérée
indispensable pour le repas principal de ce mois sacré, en
l’occurrence la chorba, celle-ci est passée de 30 à 60 et 70 DA
dans tous les marchés populaires de la capitale. Les viandes de leur
côté, et malgré les assurances émises par les pouvoirs publics, ne
semblent pas déroger à la règle. Si la viande rouge garde toujours
les mêmes prix, à savoir 540 à 550 DA le kilo, rien ne prédit que
ces prix resteront en leur état aux premiers jours du mois de
carême. D’ailleurs, force et de constater, que d’ores et déjà, la
viande blanche est passée de 160 DA il y a quelques jours à 190 DA.
«C’est le début de la spéculation, ça ne m’étonne pas, d’autant plus
que les organismes de l’Etat ont toujours assisté impuissants à ce
terrorisme des prix» a commenté un citoyen. En fait, force est de
relever que la politique de l’Etat en ce qui concerne la régulation
des prix de la viande, et d’importer la viande congelée pour
équilibrer, un tant soit peu, la loi de l’offre et de la demande.
Mais qu’est-ce qu’il en est du consommateur algérien qui prend
toujours cette viande pour dernier recours par manque de confiance ?
Cette mesure n’a jamais été salvatrice et les années passées l’ont
bien démontré. Ainsi donc, et malgré les assurances de la Chambre
nationale de l’agriculture, la spécifique loi de marché algérien, ne
va sûrement pas s’accommoder aux leçons de morale et de foi.
Notamment, que pour celle-ci, il convient de rappeler que plus 60%
du produit national en fruits et légumes sont écoulés dans le marché
informel, ce qui donne donc libre cours aux spéculateurs de tous
bords. D’autre part, et au lieu de mieux organiser le marché, les
organismes censés contrôler les prix ne se contentent que de
demander d’afficher les prix sur les produits. Cette mesure qui
demeure loin de protéger le citoyen de la voracité des commerçants,
est à vrai dire inutile puisque elle ne change rien de la cadence
des prix qui dépendent des seuls vendeurs et revendeurs. Dans
l’inexistence la plus totale d’une politique de régulation des
circuits de marché, le simple citoyen n’a qu’à compter sur la
charité et le bon sens des spéculateurs.
Aomar Fekrache
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