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Marchés de la capitale

Les prix entre les mains des spéculateurs

 23/09/06

 

Marchés de la capitale

Les prix entre les mains des spéculateurs

A quelques jours du ramadan, les marchés de la capitale n'auguraient rien de bon. Les prix qui étaient durant l'été inabordables, devaient encore une fois flamber.

Dans les principaux marchés d’Alger, Ali Mellah, Ben Aknoun et Souk Athnache en l’occurrence, les prix appliqués pour les fruits et légumes sont, dans le meilleur des cas,  figés au moment où d’autres ont enregistré des augmentations considérables. La pomme de terre qui était déjà à son pic avec un prix record de 40 à 45 DA et des fois plus, tout au long de la saison estivale, ne semble pas aller vers la baisse, d’autant plus que le mois de ramadan est sur les portes. Les commerçants rencontrés, imputent cette flambée à des cercles obscurs que le marché a de tout temps leur a été soumis. 

«Ça dépend de combien de mains, par qui, le produit passe avant d’arriver au marché de détail» explique un commerçant, celui-ci ne va pas sans préciser «je suis un simple citoyen comme tous les autres, ma marge bénéficiaire est des plus minimes que quelques kilos non vendus me font perdre».  Même état de fait pour les autres produits, la tomate qui d’habitude faisait des prix symboliques durant l’été, a enregistré des flambées inacceptables cette saison. Allant de 40 à 60 DA pendant les trois mois de l’été, la tomate garde toujours ces prix élevés, que le commun des mortels ne s’en doute pas de sa flambée pendant ce mois sacré. «Les prix de la tomate, et comme à l’accoutumée, dépendront des chambres froides et des quelques gens qui la cultivent en dehors de sa saison» a expliqué un vendeur de fruits et légumes. La courgette, entre autres, et à l’heure actuelle déjà, s’est distinguée par une flambée précoce. Considérée indispensable pour le repas principal de ce mois sacré, en l’occurrence la chorba, celle-ci est passée de 30  à 60 et 70 DA dans tous les marchés populaires de la capitale. Les viandes de leur côté, et malgré les assurances émises par les pouvoirs publics, ne semblent pas déroger à la règle. Si la viande rouge garde toujours les mêmes prix, à savoir 540 à 550 DA le kilo, rien ne prédit que ces prix resteront en leur état aux premiers jours du mois de carême. D’ailleurs, force et de constater, que d’ores et déjà, la viande blanche est passée de 160 DA il y a quelques jours à 190 DA. «C’est le début de la spéculation, ça ne m’étonne pas, d’autant plus que les organismes de l’Etat ont toujours assisté impuissants à ce terrorisme des prix» a commenté un citoyen. En fait, force est de relever que la politique de l’Etat en ce qui concerne la régulation des prix de la viande, et d’importer la viande congelée pour équilibrer, un tant soit peu, la loi de l’offre et de la demande. Mais qu’est-ce qu’il en est du consommateur algérien qui prend toujours cette viande pour dernier recours par manque de confiance ? Cette mesure n’a jamais été salvatrice et les années passées l’ont bien démontré. Ainsi donc, et malgré les assurances de la Chambre nationale de l’agriculture, la spécifique loi de marché algérien, ne va sûrement pas s’accommoder aux leçons de morale et de foi. Notamment, que pour celle-ci, il convient de rappeler que plus 60% du produit national en fruits et légumes sont écoulés dans le marché informel, ce qui donne donc libre cours aux spéculateurs de tous bords. D’autre part, et au lieu de mieux organiser le marché, les organismes censés contrôler les prix ne se contentent que de demander d’afficher les prix sur les produits. Cette mesure qui demeure loin de protéger le citoyen de la voracité des commerçants, est à vrai dire inutile puisque elle ne change rien de la cadence des prix qui dépendent des seuls vendeurs et revendeurs. Dans l’inexistence la plus totale d’une politique de régulation des circuits de marché, le simple citoyen n’a qu’à compter sur la charité et le bon sens des spéculateurs.

Aomar Fekrache

 

 

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