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Après les menaces d’Al Qaïda contre la France
Chirac en
guerre contre le GSPC
Plus que jamais,
l’Etat français prend au sérieux la menace du GSPC. Et ce, depuis le
message vidéo diffusé le 11 septembre dernier et où le n°2 d’Al-Qaïda,
Ayman al-Zawahri, avait menacé la France d’attentats et annoncé le
ralliement à l’organisation d’Oussama ben Laden du Groupe salafiste
pour la prédication et le combat (GSPC).
C’est devant cet
état de fait que Jacques Chirac a réuni jeudi dernier «un conseil de
sécurité intérieure auquel ont participé le Premier ministre
Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy (Intérieur), Michèle
Alliot-Marie (Défense) et Pascal Clément (Justice) sur la lutte
contre le terrorisme. Le chef d’Etat français a, lors de cette
rencontre, fait le point avec les ministres concernés par la lutte
antiterroriste». Et il a été question alors que «la vigilance
s’impose face au danger et qu’il est nécessaire que dans un pays
comme la France, la mobilisation soit forte et à chaque instant», a
souligné aux médias le porte-parole du gouvernement français. Ce que
«reproche» Al-Qaïda à la France va de la loi de 2004 interdisant le
port du foulard islamique dans les écoles publiques, à la décision
de diriger la Finul au Liban, en passant par la présence militaire
en Afghanistan et encore au soutien supposé au régime algérien.
Autant de lourds griefs qui peuvent prétendre à des représailles que
les Français ne prennent pas à la légère et ont même pris les
devants en instaurant des mesures bien à l’avance à commencer par le
renforcement du dispositif de sécurité dans les transports
parisiens. Mais rappelons aussi qu’hormis le message direct de
menace du 14 septem-bre dernier, les services français sont depuis
une année sur le qui-vive, période à laquelle il a été constaté une
réactivation de contacts entre sympathisants du GSPC, en France et
dans plusieurs pays européens, dont l’Italie et l’Allemagne. Une
cinquantaine de ces sympathisants sont aujourd’hui connus en France.
Aujourd’hui, comme l’avait déjà signifié Jacques Chirac, l’heure est
à l’évaluation du niveau risque afin d’adapter continuellement les
dispositifs de surveillance en conséquence. A signaler que la
nouvelle menace qui pèse actuellement sur la France a été à
l’origine du passage Vigipirate du niveau orange au niveau rouge
avant le dernier niveau d’alerte. Il a été aussi demandé aux
ministres de l’Intérieur et de la Défense de faire des propositions
sur les moyens de renforcer la protection des sites les plus
vulnérables. De même que le gouvernement français s’applique à
accompagner la lutte antiterroriste d’une politique visant à en
traiter les causes, afin de prévenir la radicalisation des
populations et le recrutement de nouveaux terroristes. S’agissant de
l’organisation terroriste du GSPC, il faut savoir qu’elle sera à
n’en pas douter au centre d’une coopération de plus en plus accrue.
Déjà, en mars 2005, bien avant que se confirment les liens du GSPC
avec Al Qaïda,il était considéré comme le groupe terroriste le plus
actif de toute la région. «Créé en 1998, le nom-bre de ses membres
est évalué à 450 personnes. Ses liens avec la mouvance terroriste
internationale sont de plus en plus patents. Le responsable de ce
mouvement, Nabil Sahraoui, a ainsi annoncé, le 11 septembre 2003,
l’allégeance du GSPC à Al Qaïda. Ce faisant, «le GSPC a renoué avec
un courant internationaliste et panislamiste incarné auparavant par
le GIA», note un document de l’Assemblée française relatif à la
coopération sécuritaire algéro-française.
«Alors que Nabil
Sahraoui a été abattu par l’armée algérienne lors d’une opération de
grande envergure le 17 juin 2004, son successeur, Abdelmalek
Droukdal, n’a pas infléchi la ligne internationaliste du GSPC»,
est-il relevé. En octobre 2004, ordre était donné aux membres de ce
groupe de «cibler les ressortissants français, de les enlever et de
les tenir prisonniers». Dans une lettre datée du 14 octobre 2004,
Abdelmalek Droukdal sollicitait le concours d’Abou Moussab Al
Zarkaoui, le terroriste jordanien, pour lutter contre notre pays et
lui suggérait d’enlever nos compatriotes en Irak. En réponse à ces
sollicitations, Al Zarkaoui diffusait sur Internet, le 19 janvier
2005, un message saluant les combattants du GSPC.
«Le rapprochement
entre Al Qaïda et ce groupe est désormais patent bien que l’on ne
puisse cependant réellement distinguer ce qui relève de la réalité
et du simple effet d’annonce ou de propagande». Des doutes
totalement levés depuis l’intervention de Zawahiri et la
confirmation de ses liens par le GSPC. «Si la lutte contre le
terrorisme est déterminante dans la nécessité d’intensifier la
coopération entre nos deux pays, d’autres questions justifient
également des actions conjointes. C’est évidemment le cas de
l’immigration irrégulière. Il est régulièrement découvert des
immigrés clandestins algériens à bord de navires ralliant des ports
français, principalement Marseille», est-il encore souligné. Le
document de l’Assemblée française rappelle que dans ce domaine, la
coopération connaît une montée en puissance depuis 2001. Elle se
traduit par 6 réponses de la part des services de police français
pour 20 demandes adressées aux autorités algériennes en 2001, 40
pour 54 en 2002, 164 pour 200 en 2003 et, enfin, 441 réponses pour
556 demandes du 1er janvier 2004 au 25 janvier 2005. «Les services
de police français se montrent satisfaits de la qualité des réponses
apportées par les autorités algériennes et on peut citer quelques
exemples marquants : en février 2004, la brigade financière de la
Préfecture de Police a sollicité des renseignements sur le groupe
Khalifa Airways. Les autorités algériennes ont fourni des éléments
d’information complets sur la situation de cette compagnie qui ont
permis de faire avancer l’enquête côté français. En juillet dernier,
les informations transmises ont également permis d’interpeller le
responsable d’une association impliquée dans l’organisation d’une
importante filière d’immigration illégale en provenance de
l’Algérie. Plusieurs réseaux de trafics de faux visas ont aussi été
identifiés grâce à cette coopération», souligne le rapport.
Habiba Ghrib
Haut
Kébir revenu pour doper la réconciliation
La charte est
contraire à la Constitution, selon Soltani
Le président du
MSP estime qu’interdire à quelqu’un l’activité politique est
contraire à la Constitution. Que penser d’une position pareille
venant d’un responsable qui a fait campagne pour la charte pour la
paix qui instaure exactement le contraire ? Par son simple retour,
l’un des messages principaux de Rabah Kébir lors de sa première
conférence de presse a été de présenter la situation actuelle comme
si désormais le Fis n’est plus en guerre contre personne. Il
s’investirait même dans le retour de la paix, à en croire l’appel de
l’ex-dirigeant du parti dissous adressé au GSPC pour déposer les
armes, un GSPC dont il nie tous liens mais qu’il ne craint pas de
vouloir convertir à la réconciliation nationale. C’est là une
tentative subtile mais très claire de vouloir planter un décor
nouveau où l’on essaie de faire accroire que le terrorisme qui
continue de sévir en Algérie n’a absolument rien à voir avec la
crise politique en heureux dénouement. Entendre par là que le GSPC,
qui a pris fait et cause pour la guerre d’Al Qaïda, est désormais un
phénomène quasiment apolitique. Dans ce discours trompeur, Kébir est
parfaitement relayé par Abou Djerra Soltani qui joue en synchrone
avec lui pour dire, comme il l’a fait jeudi sur les ondes de la
Chaîne II que le «terrorisme idéologique» n’existe plus. Ce qui en
bon français veut dire que les terroristes restant encore tuent ou
se font tuer sans avoir une idée précise de ce qu’ils font, bref,
sans savoir pourquoi au juste. Abou Djerra Soltani ne se gêne pas de
déplorer, en même temps, la «recrudescence des actes criminels». Un
paradoxe ? Non, puisque selon lui, «le terrorisme idéologique, qui
voulait fonder un Etat, n’existe plus. Ce qui subsiste, ce sont des
terroristes irréductibles et des bandits et des criminels qui
agissent sous l’étiquette du terrorisme». Et pour rassurer les
Algériens que la réconciliation a réussi et qu’elle a atteint tous
ses objectifs, Soltani estime que «nous avons désormais en Algérie
une expérience, une sorte de vaccin qui nous prémunira contre toute
velléité d’une remontée du terrorisme politique». Et comme il faut
aller vite en besogne, Soltani a appelé à réadmettre dans la vie
politique «les personnes qui se plient à la Constitution et aux lois
de la République», estimant qu’«interdire à quelqu’un à jamais
d’avoir une activité politique est contraire à la Constitution».
C’est pourtant bien du contraire qu’il s’agit, si l’on fait lecture
de la charte pour la paix et la réconciliation nationale pour
laquelle Soltani a fait campagne et fête le «raz-de-marée populaire»
du 29 septembre 2005. Le texte stipule qu’ «en vue de consolider la
réconciliation nationale, le peuple algérien est favorable à la
prise de mesures destinées à renforcer son unité, à éliminer les
germes de la haine et à se prémunir de nouvelles dérives». Et, un
peu plus loin, que «tout en étant disposé à la mansuétude, le peuple
algérien ne peut oublier les tragiques conséquences de l’odieuse
instrumentalisation des préceptes de l’Islam, religion de l’Etat».
Il affirme son droit de se protéger de toute répétition de telles
dérives et décide, souverainement, d’interdire aux responsables de
cette instrumentalisation de la religion, toute possibilité
d’exercice d’une activité politique et ce, sous quelque couverture
que ce soit.
Le peuple algérien
souverain décide également que le droit à l’exercice d’une activité
politique ne saurait être reconnu à quiconque ayant participé à des
actions terroristes et qui refuse toujours, et malgré les
effroyables dégâts humains et matériels commis par le terrorisme et
l’instrumentalisation de la religion à des fins criminelles, de
reconnaître sa responsabilité dans la conception et dans la mise en
œuvre d’une politique prônant le pseudo «djihad» «contre la nation
et les institutions de la République». Abou Djerra Soltani ne dit
pas moins que le contenu de la charte est contraire à la
Constitution. Faut-il donc tout refaire à zéro et, donc, rappeler
les terroristes relâchés, retirer leurs indemnisations aux familles
victimes de la «tragédie nationale», re-licencier les terroristes
réintégrés à leur ancien poste de travail ? C’est que les
contradictions du président du MSP sont tellement hors proportions
qu’elles défient l’entendement et les Algériens peuvent facilement
être en droit de considérer qu’il les prend pour des imbéciles
finis. Multipliant les maladresses, Soltani a critiqué indirectement
Ouyahia en affirmant que «le rythme de travail du gouvernement s’est
accéléré depuis l’arrivée à sa tête de M. Abdelaziz Belkhadem». Au
chapitre de la révision constitutionnelle, le président du MSP s’est
dit favorable à l’institution d’un «régime présidentiel à
l’américaine». On ne sait s’il sait qu’elle n’accorde pas plus de
deux mandats seulement au chef de l’Etat.
Redouane A.
Haut
Ouyahia réagit à l’intention de Kébir de créer son parti
«Je ne suis pas
un censeur politique»
Ahmed Ouyahia a
animé hier une conférence de presse à l’hôtel El Riadh, en marge de
la clôture de la septième session ordinaire du conseil national.
Une session qui a
marqué la rentrée du RND dans une nouvelle phase de recomposition de
la scène politique. Le patron du parti aborde l’après-délai de la
charte en pesant bien ses mots. L’ancien Chef du gouvernement
s’aligne sur la décision du peuple, dont il respecte le choix
souverain par les urnes, pour la paix et la réconciliation. «Au RND,
on ne peut pas s’inscrire en porte-à-faux par rapport à cela»,
dira-t-il en réponse aux journalistes tout en affirmant «souscrire à
l’ultime finalité de la charte» dont les résultats obtenus jusque là
«sont satisfaisants». Est-ce pour autant la crise est finie ? Pour
le conférencier la crise accompagnée de 15 ans de retard dans le
développement et de délitement de la société «est close depuis le
retour du peuple aux urnes». Concernant la prorogation des délais de
la charte, l’orateur a réitéré son «attachement à la lettre et
l’esprit de la charte pour la paix» qui, à ses yeux, reste toujours
proche du concept de rejet de l’amnistie générale. Libéré de sa
double casquette, Ahmed Ouyahia, s’est permis de dire, à propos du
retour de Rabah Kebir, qui revendique un nouveau parti : «Je ne suis
pas un censeur politique», estimant positives les déclarations de
l’ex-exilé de Bonn. Mieux, Ouyahia affirmera que la politique permet
de «s’accepter dans le pluralisme et cohabiter sans étendard
religieux, sachant que nous sommes tous musulmans». Il citera qu’en
Europe, ce pluralisme permet aux uns de se revendiquer
chrétiens-démocrates et qu’en Algérie, il y a des partis qui prônent
des sigles à conotation islamique, faisant allusion au MSP, MRN et
Ennahda. Devant d’éventuels périls idéologiques, il développera que
«ce n’est pas une Constitution ou une charte qui nous protègent,
mais c’est bien une évolution de l’esprit qui nous immunise des
dangers externes». «Il nous faut une charte pour que nous vivions
une vie politique saine (…) et que la société s’assume», a-t-il
clamé.
Interrogé sur le
soutien du projet de la révision de la Constitution sans en
connaître,
a priori, le
contenu, Ahmed Ouyahia a fait remarquer que sa formation «soutient
l’initiative du président de la République» et que la résolution
finale de la session du Conseil national mobilise le parti dans une
campagne de sensibilisation en temps opportun. Estimé «non
prioritaire» avant quelques mois, le référendum est appuyé par la
voix de son patron puisqu elle vise «à renforcer l’édifice national,
consolider la stabilité de l’Etat, avec pour objectif d’apporter
plus de cohésion à ses institutions». Ahmed Ouyahia rappellera que
c’est lui le premier à avoir exprimé le «soutien à toute initiative
venant du président depuis l’université d’été en 2004 à Constantine,
dont le 3e mandat».Une manière de dire que la ligne du RND est
constante. «Mais à aucun moment la Constitution alloue à un parti
politique le pouvoir de l’amender», a-t-il observé, assurant que «le
RND ne dérogera pas aux prérogatives du président de la république
et les dispositions édictant le procédés pour initier ce grand
chantier».
Salah Bey
Haut
A PROPOS DE SA Déclaration de patrimoine
«A mes
détracteurs de prouver le contraire»
Le SG du RND ne
s’est pas dérobé derrière des justificatifs alibi pour répondre à
une question sur sa déclaration de patrimoine faite un mois après sa
démission de la chefferie du gouvernement. Il a annoncé qu’à la
prise, en mai, des affaires de l’exécutif, la première était établie
sous la loi 97, à la sortie. Après 3 ans et 15 jours de gouvernance
il a établi une déclaration de fin de mission sous le sceau de la
loi de lutte contre la corruption, fraîchement votée. «Respectueux
des lois de la République, cette loi m’oblige à le faire». En
réponse à la question quant aux critiques apporté à l’endroit du
contenu de ladite déclaration qui fait état d’une villa à Hydra, un
appartement et un compte bancaire de 600 millions de centimes,
l’ancien Chef du gouvernement rétorquera par : «Moi, j’ai fait mon
devoir et c’est aux autres à apporter les preuves pour démentir».
Répliquant à l’analyse de M. Ahmed Benbitour qui a lancé le pavé
«d’une économie qui exporte des richesses et importe de la
pauvreté», Ahmed Ouyahia saluera l’initiative de discuter la chose
économique par le dialogue contradictoire avant d’argumenter en
soutenant qu’«avec 40 $, 60 $ ou à 70$ le baril la balance de change
est toujours négative». «Que fait l’Etat algérien avec une richesse
si elle n’est pas exploité ?» s’interrogea-t-il, en concluant
qu’après tout, «nous sommes encore otages du pétrole».
S. B.
Haut
Il déclenche la fronde de ses anciens compagnons
Kébir veut
rafler «l’héritage» du Fis
En effet si ,
comme l’a fait Ali Benhadj qui s’est déplacé à l’aéroport pour
accueillir le «revenant» après une longue séparation qui aura duré
environ 15 ans, les «frères» avaient quelques raisons de se réjouir
de ce retour, ils ont vite fait de désenchanter. Le «frère allemand»
ayant, entre temps, manifestement changé. Un changement tel qu’il
envisage de se passer d’eux dans la réalisation de ses projets
futurs. Et parmi les réalisations qu’il compte matérialiser, il y en
a justement une à laquelle les frères d’hier ne peuvent rester
indifférents. Celle portant création d’un nouveau parti politique.
Un parti de substitution au Fis dissous ? La question à peine
suggérée que l’on constate dans les rangs, qui furent pourtant bien
disciplinés, une agitation qui témoigne d’une crainte réelle d’être
mis définitivement out de la scène politique. Un cas de figure que
l’on se refuse d’envisager. D’autant que personne ne sait où a été
mûrie l’idée. C’est ce qui explique qu’il a suffi que l’ancien
responsable du bureau du Fis à l’étranger confirme publiquement ses
intentions, dont celles de ne pas faire appel à ses anciens
compagnons dans la mise en route de la nouvelle formation et de
vouloir ratisser large du côté de la base de l’ex-parti – avec une
préférence accordée aux jeunes – pour qu’une montée au créneau des
Anouar Haddam, Abdelkader Boukhemkhem, Ali Benhadj et autres soit
constatée. Il est hors de question, ont-il déclaré en chœur, que
Rabah Kebir récupère à son seul profit l’ancien parti. Le Fis
appartient à tous ses dirigeants, a rappelé Haddam sur la chaîne de
télévision qatarie
El Djazeera. Ce
qui, de son avis, dénie à Kébir le droit de se l’approprier. Anouar
Haddam dira que Kébir, au demeurant, est libre de constituer son
propre parti. Plus explicite, Abdelkader Boukhemkhem soutiendra que
le retour de Kébir «est inopportun» et d’ajouter qu’«il aurait mieux
valu attendre encore un peu jusqu’à ce que les choses
s’éclaircissent». Toutefois, il affirmera qu’«aucun parti ne peut
être créé sur les décombres du Fis dont les dirigeants sont encore
en vie». Selon lui, «toute personne qui veut fonder un autre parti
doit les consulter». Car, est-il affirmé, qu’elle prenne seule
l’initiative, cela est exclu. Pour sa part, le numéro deux de la
formation dissoute, a déclaré que «seul un congrès des anciens
dirigeants est habilité à débattre de l’éventualité de la création
d’un autre parti à la place du Fis». Pour Benhadj,
l’initiative de
Kébir est «un bébé illégitime» car, affirme-t-il, il est conçu en
dehors «des structures légales». Et c’est donc le plus naturellement
du monde qu’il ne l’inscrit pas dans la durée. Il ne peut-être qu’un
mort-né,
affirme Benhadj.
Kébir s’attendait-il, en prenant le chemin du retour, à ces
réactions ? Va-t-il persévérer dans la réalisation de son projet
dans le cas où l’hostilité manifestée à son égard ira crescendo ?
Car ce qu’il faut chercher à savoir, c’est si Kébir aura le mental
nécessaire pour faire face aux pressions qui résulteront
nécessairement de cette confrontation, qui s’annonce avec ses
anciens compagnons. Il affirme que son séjour allemand l’a changé.
Les prochains jours montreront à quel point. Car le moins que l’on
puisse souligner, c’est que la lutte pour le Fis sera âpre.
Nadia Kerraz
Haut
Après son appel
Il rend visite
à la famille Hattab
Entamant les
contacts qu’il a dit vouloir entreprendre avec des groupes armés,
pour tenter de les convaincre de quitter les maquis et déposer les
armes, Rabah Kébir qui est rentré récemment en Algérie, compte,
selon une source proche de son entourage, prendre attache avec la
famille de Hassan Hattab, dans la banlieue d’Alger dans le but «de
favoriser le repentir» d’Abou Hamza, un des créateurs du GIA et
ancien «émir» national du GSPC. Ce contact entrerait dans le cadre
d’une série de contacts que Rabah Kébir, financier de l’ex-AIS,
organisation terroriste auto-dissoute, qui a fait de nombreuses
victimes algériennes, compte entreprendre pour le retour dans la
société des terroristes qui se trouvent, toujours, dans les maquis,
ajoute cette source. Rabah Kébir, ignore-t-il que Hassan Hattab, qui
avait d’abord exprimé sa volonté de se repentir, a changé de cap
pour reprendre, de son plein gré, les maquis et rejeter la
réconciliation
nationale ?
Ira-t-il jusqu’à faire valoir, auprès de Hassan Hattab, le «retour»
de dirigeants de l’ex-FIS sur la scène politique comme argument pour
le motiver à se repentir avant qu’il ne reprenne, de nouveau, les
chemins des maquis ? Autant de mystères qui entourent les activités,
devenues davantage intenses, des anciens du FIS-dissous.
M. Abi
Haut
Tipasa a son mouhafedh
Saâdani ouvre
la voie…
Prévu pour le
début de ramadhan, c’est-à-dire le week-end prochain, a-t-on appris
mercredi auprès du chargé à l’information, le renouvellement des 54
mouhafadhas FLN à travers les 48 wilayas a bel et bien commencé
avant cette date. Et c’est M. Saâdani, chargé de chapeauter, selon
la répartition géographique, l’opération dans les wilayas du centre,
qui a inauguré le bal jeudi.
Alors que les
Abada, Bouhadja, Bounekraf, Goudjil, et Amar Tou s’attèlent à
moduler leurs agendas selon la feuille de route qui leur est
destinée, voilà que
M. Saâdani,
président de l’APN a pris tout le monde de vitesse pour briser le
«signe indien» en allant superviser l’AG élective du bureau de la
mouhafadha de Tipasa devant désigner son premier responsable. L’AG
élective a débuté le matin dans la sérénité pour dégager le bureau
constitué de 11 membres avant de procéder à l’élection du mouhafedh
qui n’était pas une mince affaire malgré la présence du président de
l’Assemblée nationale populaire et son œil vigilant. En présence de
députés et de ministres, le consensus a été facilement acquis autour
du nommé Zouhali, plébiscité à l’unanimité. M. Amar Saâdani,
rappelle-t-on, qui est aussi le responsable des élus au sein du
parti a usé de tout son poids pour réunir ce consensus. L’opération
s’est déroulée en présence d’un huissier. Prochaine étape pour le
député d’El Oued : Boumerdès. A voir le rythme qu’on veut donner à
l’opération de restructuration des mouhafadhates, le parachèvement
est fixé pour la fin du ramadhan. Un pari à relever, compte tenu du
rendez vous du référendum prévu pour novembre. La raison pour
laquelle le FLN veut en finir avec ses structures wilayales dans des
délais raisonnables afin d’aborder la campagne référendaire dans des
conditions souhaitables. Amar Saâdani est chargé, en outre, de
superviser les wilayas de Bouira, Médéa, Chlef, Aïn Defla, Djelfa et
Tizi Ouzou. Alger, avec ses sept mouhafadhates, une tâche qui lui
est aussi confiée, pour décharger le SG, Abdelaziz Belkhadem, en
raison de ses engagements gouvernementaux.
Salah Bey
Haut
P-DG d’entreprises publiques
Mouvement
imminent
Un mouvement dans
le corps de P-dg d’entreprises publiques est attendu, prochainement,
selon une source crédible. Ce mouvement concernerait les P-dg ayant
occupé le même poste durant au moins cinq ans, explique cette
source. Aucun détail sur le nombre des P-dg concernés ni sur les
entreprises qu’ils dirigent n’a été fourni par cette source. Ce
mouvement qui ne constitue aucunement une sanction, ajoute cette
source, consiste à désigner les
P-dg ayant cumulé
cinq ans au moins dans un même poste, vers d’autres postes. Ce
mouvement, quoique, «entrant dans l’application de la
réglementation, sans aucune autre considération» coïncide avec
l’approche, s’il se tient, bien sûr, du procès de l’affaire de la
caisse principale de Khalifa Bank annoncé pour être tenu durant la
prochaine session criminelle qui s’ouvre, dans la Cour de Blida, au
mois d’octobre prochain. Le procureur général prés la Cour de Blida
ou est programmé ce procès avait, lors d’un point de presse, annoncé
que 40 P-dg d’entreprises publiques sont accusés dans l’affaire de
la caisse principale de Khalifa Bank.
Ces P-dg, mis sous
contrôle judiciaire, sont accusés, ajoute ce procureur général,
d’avoir placé, dans des agences de Khalifa Bank, l’argent des
entreprises qu’ils gèrent, «en contrepartie de privilèges» de la
part de la banque de Rafik Abdelmoumen Khalifa.
M. Abi
Haut
Renforcement sécuritaire
Du matériel de
détection des matières explosives
Le dispositif de
sécurité qui sera renforcé, durant le mois de ramadan, dans et
autour de la wilaya d’Alger, avec la mobilisation de près de 5 000
policiers contre la petite et la moyenne criminalité, dont les
agressions et les vols, sera accompagné de certaines mesures tendant
à faire face à d’éventuelles tentatives d’incursions terroristes
dans cette wilaya, selon une source sécuritaire. L’une de ces
mesures est la dotation des barrages se trouvant aux frontières des
wilayas d’Alger et de Boumerdès de matériel de détection de matières
explosives, ajoute cette source qui explique que cette mesure relève
de la vigilance et ne constitue pas une preuve de la menace
d’attentats terroristes qui cibleront Alger. «Les terroristes
frappent quand ils peuvent et leur capacité de mouvement dans la
wilaya d’Alger sont presque réduites à néant, grâce aux efforts des
services de sécurité, tous corps confondus, et à la vigilance des
citoyens, ce qu’explique l’absence d’attentats dans cette wilaya»
est-il souligné. «Cependant, il faut renforcer la vigilance pour
faire face à toute éventualité et le matériel de détection de
matières explosives aide à découvrir d’éventuelles tentatives
d’introduction de bombes dans cette wilaya, durant le mois de
ramadhan, notamment», ajoute cette source. Il est à noter, par
ailleurs, que le nombre d’agressions et de vols augmente au cours du
mois du jeûn, dans la wilaya d’Alger, ce qui explique le
renforcement des mesures de sécurité dans cette wilaya.
M. A.
Haut
Négociations UGTA-Patronat
Coup d’envoi
aujourd’hui
Le patronat, selon
M. Abdelmadjid Sidi Saïd, n'a toujours pas exprimé sa position sur
ce projet.
Après l’échec des
négociations entre les fédérations de l’UGTA et les SGP sur la
signature des conventions de branches dans le secteur économique
public, la Centrale syndicale compte entamer les pourparlers avec
les représentants du patronat privé. Des discussions qui
déboucheront sur la signature, pour la première fois, d’une
convention avec les opérateurs du secteur privé.
Le lancement des
négociations est donc prévu pour aujourd’hui. Plusieurs points sont
à l’ordre du jour, notamment l’aspect relatif aux relations de
travail et à l’épineuse question relative à l’augmentation des
salaires. Pour ce qui est du premier point, la Centrale syndicale a
finalisé et remis, depuis plusieurs mois déjà, les textes portant
sur le côté législatif dont celui organisant les relations de
travail dans ce secteur. Le patronat, selon M. Abdelmadjid Sidi
Saïd, n’a toujours pas exprimé sa position sur ce projet. Quant à
l’augmentation des salaires, la Centrale syndicale a proposé une
augmentation des revenus de 20% pour les employés du secteur privé.
Là aussi, les représentants du patronat privé n’ont toujours pas
donné leur accord sur cette proposition. Ainsi, une nouvelle étape
de négociations marathoniennes est prévue pour tenter d’arracher
quelques droits en faveur des travailleurs du secteur privé. La
mission ne s’annonce pas très facile pour l’UGTA qui vient
d’enregistrer un revers qualifié de grand échec lors des
négociations avec les SGP.
Ces négociations
n’ont pas abouti à des résultats satisfaisants pour la majorité des
fédérations de la Centrale syndicale et pour les travailleurs
également. Les différentes phases par lesquelles est passé le
dialogue n’ont pas permis aux deux parties (fédérations et SGP) de
trouver un terrain d’entente sur les différents points soumis aux
négociations. L’augmentation des salaires notamment a été à
l’origine de toutes les divergences. Outre le retard accusé dans la
signature des conventions collectives de branches, l’augmentation
des salaires a carrément bloqué les discussions. Ce qui suppose le
recours à l’arbitrage. Une mission confiée au trio Louh, Temmar et
Sidi Saïd après avoir exclu l’arbitrage du Chef du gouvernement.
Nouria B.
Haut
Arrêt du dialogue
Les aârchs
saisissent le Président
Face au blocage du
dialogue gouvernement-aârouch, un blocage qui dure depuis l’arrivée
de Abdellaziz Belkhadem à la Chefferie du gouvernement en
remplacement d’Ahmed Ouyahia, le mouvement citoyen a décidé de
toucher le président de la République sur cette situation qui nuit
au processus de règlement de la crise de Kabylie.
En effet, si du
temps de l’ex-Chef du gouvernement, le dialogue a évolué à un rythme
appréciable depuis sa relance en janvier 2005 et a permis d’arrêter
les voix et moyens de mise en œuvre des revendications de la
plateforme d’El Kseur, dont il ne reste que la question de
l’officialisation de Tamazight et l’allocation chômage à satisfaire,
il n’a pas connu la moindre évolution à ce jour. Belkhadem a même
déclaré avoir tranché la question lors de l’université d’été de son
parti (le FLN) à Béjaïa que l’Etat ne peut pas donner plus, dans le
cadre de la prise encharge de la plateforme d’El Kseur. Devant ce
blocage les aârouch ont convenu lors du conclave de ce week-end, de
saisir par le biais d’une déclaration qui sera rendue publique
aujourd’hui, le premier magistrat du pays pour lui demander de
débloquer la situation.
Nous y reviendrons
Zahra H.
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Indemnisation des victimes de la tragédie nationale
42 000 familles
concernées
Le ministre de
l’Emploi et de la Solidarité nationale a annoncé la création
prochaine d’une institution nationale chargée de la promotion et de
la consolidation de la paix en Algérie et dans le monde. Le ministre
de l’Emploi et de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès, a
annoncé, jeudi dernier, «le début de l’opération d’indemnisation des
familles victimes de la tragédie nationale» dans le cadre de la
prise en charge de ces familles au titre de la mise en œuvre de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale, a indiqué l’APS.
M. Ould Abbès qui
intervenait à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de
la paix à l’initiative de son ministère, a indiqué que
«l’opération
d’évaluation et d’étude des dossiers des familles victimes de la
tragédie nationale est terminée depuis une semaine et nous en sommes
à l’indemnisation et à la réinsertion de ces familles, au nombre de
42 000». La prise
en charge «des disparus, des familles nécessiteuses victimes de la
tragédie nationale et des personnes licenciées a également été
entamée».
Le ministre a
annoncé par ailleurs la création prochaine d’une institution
nationale chargée de la promotion et de la consolidation de la paix
en Algérie et dans le monde.
Cette institution
qui mènera son action sous le haut patronage du président de la
République, sera ouverte aux «érudits, hommes de sciences, hommes de
religion, sociologues, experts en économie, architectes, médecins et
représentants de la société civile ainsi qu’aux représentants des
différents cultes en Algérie», a précisé M. Ould Abbès.
Il a, dans ce
contexte, affirmé que cette institution «ne sera pas à caractère
politique» mais œuvrera à «la consolidation des acquis de l’Algérie
en matière de promotion de la paix et de la réconciliation et la
mise en place de plans préventifs contre les guerres et les
conflits».
Le ministre a
indiqué
qu’ «un groupe de
travail sera mis sur pied à partir d’aujourd’hui» au niveau du
ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale en vue de
«préparer le
statut de cette institution».
A. G.
Sonatrach
Quatre contrats
gaziers signés
La Compagnie
nationale des hydrocarbures «Sonatrach» a annoncé mercredi avoir
signé quatre contrats de vente et achat de gaz naturel avec quatre
compagnies italiennes, a indiqué un communiqué de l’entreprise. Les
accords signés dans le cadre de la première phase de l’extension du
gazoduc Trans Tunisian Pipline Company (TTPC), dont la mise en
service est prévue en avril 2008, ont été conclus avec les
compagnies Edison pour un volume de 2 milliards m3/an, la Compagnia
italiana Gaz (Mogest) pour un volume de 500 millions m3/an, World
Energy pour un volume de 450 millions m3/an et Bridas Energy
international pour un volume de 250 millions m3/an, précise le
communiqué. Ces accords de vente de gaz «renforcent la coopération
déjà établie entre Sonatrach et les compagnies gazières italiennes,
notamment, à travers l’extension du gazoduc Transméditerra-néen»,
selon le communiqué.
La signature de
ces accords permet à Sonatrach de «réaliser ses objectifs de
commercialisation de gaz sur le marché international, ciblant ainsi
un niveau d’exportation de 85 milliards de mètres cubes/an à
l’horizon 2010», indique la même source.
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Les stocks ont été épuisés rapidement
Les classes
terminales sans livres
Les élèves des
classes normales et celles concernées par la réforme du système
éducatif sont, une nouvelles fois, confrontés à l’insuffisance des
manuels scolaires.
«Les livres de la
4e année moyenne, de 4e année primaire et de 2e As – livres de la
réforme – sont indisponibles», lit-on sur une pancarte affichée
sur les devantures des rares boutiques de l’Office national des
publications scolaires (ONPS) d’Alger, spécialisée dans la vente de
livres scolaires. La plupart des parents qui remarquent l’écriteau
reviennent sur leurs pas, d’autres, épuisés vraisemblablement par la
chaleur qui a régné ce jeudi à Alger et des heures de marche,
rentrent quand même, assaillent les vendeurs de questions dans
l’espoir de leur arracher un «aveu» qui leur permettra de trouver un
autre point de vente. Mais les vendeurs n’en savent pas plus qu’eux
et conseillent d’ores et déjà à certains de se rabattre sur les
anciens livres qui sont étalés sur les trottoirs. «La semaine
dernière, l’un de ces commerçants m’avait recommandé de revenir ce
jeudi car ils allaient recevoir un nouveau stock de livres. Je suis
revenu aujourd’hui et on m’a affirmé qu’ils n’ont rien reçu et
qu’ils ne sont pas sûrs d’en recevoir dans les semaines à venir !
Qu’est ce qui se passe ?!», s’indigne un père de famille rencontré
sur place et qui revient pour la troisième fois à la recherche des
livres de français, de chimie, de sciences naturelles (tome I) et
d’histoire pour troisième année secondaire. «Je ne sais plus quoi
faire ! Ma fille me harcèle et moi je n’y peux rien. A Omar Racim où
elle étudie, les livres sont indisponibles, ils ont été épuisés dès
les premiers jours de la rentrée», marmonne-t-il sur un ton fatigué
et dégoûté. Il a fait le tour de toutes les librairies de la
capitale à la recherche des manuels, il a peur que cette situation
perturbe sa fille et qu’elle la décourage car elle a son
baccalauréat à préparer cette année. «A la télé, on nous assure que
les manuels sont disponibles, mais ce n’est pas le cas ! Les livres
de la 2e As sont
introuvables !»
s’indigne une mère de famille. L’un des vendeurs interrogés explique
que le seul stock dont la boutique disposait est de celui de l’année
dernière et que, pour une raison qu’il ignore, les écoles ont refusé
de vendre. Pour cette année, il n’y a eu un nouvel
approvisionnement. «Les plus malins sont ceux qui ont acheté les
manuels pendant les vacances. Certains livres de la terminale, comme
la chimie et le français ont été épuisés il y a plus d’un mois, le
livre d’arabe de la 7e année également», indique-t-il précisant que
la semaine passé que son magasin a été pris d’assaut et qu’une file
de citoyens s’est formée juste à l’entrée. «Mon collègue a été
obligé de sortir pour organiser la foule avant qu’elle ne nous
assaille».
Tous les livres
des classes terminales sont indisponibles dans la majorité des
lycées d’Alger, heureusement que les premières leçons ne sont que
des révisions des cours de l’année dernières et qui peuvent se
passer, momentanément, des manuels.
B. I.
Haut
En dépit des assurances du ministère
La rentrée
scolaire perturbée
L’école est
sinistrée, c’est d’une évidence criante. Rappeler que le niveau de
l’enseignement est tombé bien loin en dessous de la moyenne, c’est
faire montre de redondance. Même si l’on sait les nombreuses raisons
qui ont amené à cette situation, il n’est pas inutile d’en énumérer
quelques-unes.
Et pour commencer,
il faut, une nouvelle fois, se demander à quoi riment ces
perpétuelles réformes, dont on ne sait par qui elles sont décidées
et qui débouchent, chaque fois, sur d’incessants questionnements
consistant à savoir s’il faut donner la primauté à telle langue au
détriment de telle autre, s’il faut changer une matière pour la
remplacer par une autre. Il y a encore, curieusement, ces éternels
problèmes de disponibilité, au moment opportun, de manuels
d’enseignement, dont la présentation, le plus souvent, rébarbative,
n’incite, par ailleurs, pas à la découverte ni au développement du
sens de la curiosité parmi les élèves.
Il n’est un secret
pour personne, en effet, qu’en Algérie on n’est pas tellement porté
sur la lecture, et pour cause. Pour ajouter au marasme, il y a aussi
ces éternels problèmes d’ordre salarial et social, en particulier,
auxquels continuent d’être confrontés les personnels du corps
enseignant et qui contribuent, d’autant, à brimer l’essor de l’école
algérienne. Il y a, par ailleurs, faudrait-il le souligner, le lourd
handicap représenté par le déficit pédagogique dont souffrent des
instituteurs chargés de former et d’éduquer des générations
renouvelées d’Algériens. Ces constats ont été relevés, disséqués,
analysés, commentés. On aurait pu penser qu’à partir de cet instant,
l’école, cette vénérable institution nationale, allait remonter la
pente et retrouver, petit à petit, le chemin de la normalité. Chaque
nouvelle rentrée scolaire n’en finit pas d’apporter son nouveau lot
d’anomalies, au grand dam des parents d’élèves, lassés et
désappointés devant tant de bévues obérant le devenir de leur
progéniture. Cette fois encore, et en dépit des assurances formulées
par le ministre de l’Education nationale, des établissements
scolaires ont ouvert leurs portes avec un déficit d’enseignants pour
certaines matières particulières, voire, sans directeur ou de
surveillant général. Cette année s’est à nouveau posé le problème,
latent, du manque de mobilier scolaire. L’un des exemples illustrant
de telles inconséquences est représenté par le CEM Mohamed-Racim,
situé à Bains Romains, à l’ouest de la capitale. Quinze jours après
la rentrée, les cours n’ont pas démarré et cet établissement ne
possédait toujours pas de surveillant général, la personne occupant,
précédemment, ce poste, étant partie en retraite. Depuis le 9
septembre, et par suite du décès de l’intendant, qu’on avait omis de
remplacer à temps, les manuels scolaires n’avaient, jusqu’à ce
dernier jeudi, toujours, pas été distribués. Fait plus grave, du
fait de l’absence de cet intendant, aucune assurance n’a été
souscrite pour pouvoir couvrir les frais occasionnés par d’éventuels
accidents dont pourraient être victimes les collégiens. Sur un autre
plan, l’inspecteur de la circonscription, chargé des programmes
pédagogiques, n’a pas, encore, jugé utile de se déplacer auprès de
l’établissement pour s’inquiéter de savoir si les manuels scolaires
avaient été distribués et ce qu’il y avait lieu de faire, le cas
échéant. Face à toutes ces difficultés, survenues au même moment, le
directeur de l’établissement s’est acharné à tenter de sauver ce qui
peut l’être. Il a pu, ainsi, et après plusieurs tentatives
infructueuses, à faire détacher, jeudi, un nouveau surveillant
général et, pour un moment, trouver une personne de remplacement
pour se charger de la distribution des livres d’études. Aux
dernières nouvelles, il était à la recherche d’un parent d’élève
volontaire qui consentirait à mettre à sa disposition un véhicule
pour transporter une quarantaine de tables et de sièges, situés à
quelques kilomètres de là et dont l’absence oblige les élèves,
astreints à réviser les cours de l’année précédente, à se serrer ou
à rester debout.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Snapap
Un sit-in dans
15 jours
En perspective du
mouvement de protestation qui sera organisé dans les quinze
prochains jours et pour évaluer les derniers développements, les
dirigeants du Syndicat national autonome des personnels de
l’administration publique (Snapap) ont tenu ce jeudi leur conseil
national. «L’occasion aussi de faire le point et préparer au mieux
ce sit-in, et ce en déterminant le nombre de protestataires le jour
de la tenue de cette action», a relevé le président de la fédération
nationale, M. Belamoudi joint hier par téléphone. Il est prévu de
regrouper devant le siège du ministère de l’Education nationale,
selon notre interlocuteur, au moins 20 personnes venues de chaque
wilaya, 17 militants et 3 cadres syndicaux. Au cours de cette
réunion, plusieurs autres points ont fait l’objet de débats,
notamment en matière «de dysfonctionnements» enregistrés dans les
établissements scolaires ainsi que les revendications
socioprofessionnelles des travailleurs dudit secteur.
M. Belamoudi a
souligné dans la foulée que le conseil national a constaté plusieurs
«points noirs» qui démontrent «pertinemment» que le processus du
système de la réforme de l’éducation «est voué à l’échec». En
premier lieu, ce responsable met en avant l’absence des encadreurs.
Il remarque, en outre, avoir constaté que la quasi-totalité des
enseignants du moyen et du secondaire «souffrent d’excès» d’heures
en plus des heures déjà fixés. Les volumes horaires dépassent par
fois, selon le président de la fédération, les 21 heures par
semaines notamment chez les enseignants du moyen, ce qui se
répercute de fait «sur la rentabilité que peut apporter l’enseignant
à l’école». Un autre phénomène qui s’ajoute à la liste noire dressée
par le SNAPAP, celui de la surcharge des classes qui dépasse la
normale, allant des fois, jusqu’à 52 élèves par classe. Notre
interlocuteur dénonce, par ailleurs, la gestion de la direction des
finances et des moyens qui relève des collectivités locales. Une
gestion qui, estime
M. Belamoudi, doit
être gérée par le ministère de l’Education nationale. Le Snapap
exige, en outre, la revalorisation du pouvoir d’achat du
fonctionnaire de façon à «avoir une vie stable et digne et cela en
augmentant la valeur du point indiciaire qui n’a pas bougé d’un
pouce depuis plusieurs années».
Il revendique
vivement l’abrogation de «l’article 87-bis de la loi 90.11 du 21
avril 1990 ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement
sur le pacte économique et social» en tant que partenaire social
incontournable dans tous les dossiers qui ont une relation avec la
Fonction publique. Pour rappel, la rencontre de lundi dernier a été
sanctionnée par l’élaboration d’une plate-forme de revendications.
Celle-ci est axée sur la demande d’une rencontre bilatérale
Gouvernement-Syndicat, la concrétisation des droits syndicaux
conformément aux lois de la République et Conventions
internationales.
Kahina Benarab
Haut
Retard dans le paiement des salaires
Le SNTE dénonce
Le secrétariat du
bureau d’Alger et du Syndicat national des travailleurs de
l’éducation (SNTE) a tenu ce jeudi une rencontre au cours de
laquelle plusieurs points liés à l’actualité ont été soulevés.
Les préoccupations
des enseignants et la rentrée scolaire ont été les points débattus.
Le «grand retard» dans le règlement des salaires pour ce mois de
septembre a été vivement critiqué par les membres du bureau du SNTE,
lit on dans un communiqué parvenu à notre rédaction. Ce retard dans
le virement, qui se fait généralement vers le 10 où le 12 du mois, a
suscité révolte et colère des enseignants d’autant qu’il a coïncidé
notamment avec la rentrée scolaire. «Le retard étant constaté aucune
explication de la part des responsables nous nous est parvenue»,
indique
M. Bouattoura,
secrétaire général dudit syndicat que nous avons contacté. Ce
syndicaliste demande, de ce fait, aux adhérents de rester vigilants
et de ne pas répondre à une quelconque provocation. Allusion faite
au retard dans le paiement des salaires. Car du côté du SNTE, c’est
ainsi que l’on perçoit ce retard. Il «est fait exprès pour
provoquer les travailleurs», est-il indiqué.
K. B.
Haut
Conseillers d’orientation scolaire et professionnelle
Privés de la
prime d’aptitude
Les conseillés
principaux d’orientation scolaire et professionnelle s’interrogent
sur les raisons de l’annulation de la prime d’aptitude et exigent sa
restitution. Cette prime, qui leur a été accordé en 2004 par un
décret signé du Chef du gouvernement sortant, Ahmed Ouyahia, est
estimée à 4 000 DA/mois. Elle a été incluse dans les salaires de ces
conseillers pour les mois de juin, juillet et août de cette année
(2004). «Depuis cette date, on n’a plus jamais touché cette prime et
aucune explication ne nous a été fournie sur cette brusque
annulation», expliquent des conseillers d’orientation rencontrés à
Alger. Des écrits individuels et collectifs ont été adressés au
ministre de l’Education nationale le sollicitant à intervenir pour
la restitution de cette prime. «Aucune réponse ne nous a été
donnée», diront-ils et ne manqueront pas de signaler que cette
revendication est mentionnée dans la liste des revendications du
Syndicat national des travailleurs du secteur de l’Education (SNTE).
«Une revendication restée sans un écho favorable et ce, malgré les
nombreuses négociations qui ont été entamées sur la question»,
expliqueront-ils.
Ce qui a provoqué
encore plus la colère de ces conseillers, c’est que cette prime n’a
pas été supprimée pour l’ensemble de cette catégorie, car les
surveillants généraux continuent d’en bénéficier. Cette prime leur
a été octroyée en leur qualité de conseillers principaux de
l’éducation. «Pourquoi priver les conseillers de l’orientation d’un
droit qui leur a été accordé par la loi», s’interrogent-ils .
«Pourtant, poursuivent-ils, nous sommes classés à la même catégorie
(14-05), nous
avons des diplômes universitaires et nous sommes embauchés sur la
base d’un concours de recrutement organisé, chaque année, par la
tutelle», rappelent-ils.
Nouria B.
Haut
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M.Merkouche
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