Alger

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Gare routière du Caroubier

30 000 voyageurs attendus

Association El Kalaâ

«Alger, c’est la ville de la peur»

 

 23/10/06

 

 Gare routière du Caroubier

30 000 voyageurs attendus

La gare connaît depuis quelques jours une affluence accrue de voyageurs

Pas moins de 30 000 voyageurs sont attendus à la gare routière du Caroubier (Alger) pour se rendre aux différentes régions du pays et rejoindre leurs familles à l’approche de l’Aid El Fitr. Dans une déclaration à l’APS, le directeur de l’exploitation de la Société de gestion de la gare routière d’Alger (Sogral),  Kamel Alloui, a indiqué que la gare connaît depuis quelques jours une affluence accrue de voyageurs, le bus étant le moyen de transport le plus prisé par «les étudiants et les familles».  «Le nom-bre de navettes qui était de 420 navettes/jour passera à 600 navettes/jour pour atteindre samedi plus de 1 000 navettes/jour», a-t-il précisé. Par ailleurs, M. Alloui a exprimé le souhait de voir «les voyageurs se rendre aux guichets de manière organisée en vue de faciliter la tâche aux agents de la station et d’éviter les cas de rush et de bousculades enregistrés l’année dernière».

En vue de faire face à la grande affluence en pareille circonstance, «des mesures ont été prises pour faciliter la mission des employés de la gare et permettre aux citoyens de voyager dans les meilleures conditions», a précisé M. Alloui ajoutant que «les congés ont été suspendus et tous les employés au nombre de 254 ont été mobilisés». Aussi, contrairement aux années précédentes «les heures de travail ont été prolongées jusqu’après le f’tour pour permettre aux citoyens désireux de voyager de nuit de rejoindre leur wilaya à la faveur de la situation sécuritaire que connaît l’Algérie».En cas de besoin, la gare «fera appel à d’autres bus en coordination avec les directions de transport d’autres wilayas», a-t-il ajouté. Les destinations enregistrant le plus grand nombre de voyageurs sont celles de la région -est notamment Annaba, Tizi Ouzou et Béjaïa ainsi que les régions sud.

La Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) s’attelle, pour sa part, à réunir tous les moyens matériels et humains pour faciliter le transport des citoyens vers différentes régions du pays. Un programme a été tracé à cet effet.

Dans ce contexte, le directeur de l’exploitation à la SNTF,  Karim Ayache, a annoncé «la récente acquisition d’un train assurant la liaison Alger-Annaba», rappelant que le train demeure «le moyen de transport le plus prisé au regard des prix raisonnables des billets».En vue de répondre à la grande affluence des voyageurs «dont le nombre devait atteindre hier120 000 voyageurs, la SNTF a doté les trains de wagons supplémentaires en fonction de nombre de voyageurs», selon le responsable qui a indiqué que la ligne ouest (Alger-Oran) dispose de «la couverture nécessaire à raison de 4 navettes/jour (aller-retour)».

En vue de faire face au nombre croissant de voyageurs, la SNTF a mobilisé ses employés et «ouvert des guichets supplémentaires pour la vente de billets outre le renforcement du contrôle et des bureaux d’accueil et de renseignement des voyageurs». D’autre part, les chauffeurs de taxi inter-wilayas veillent eux aussi à assurer le transport des citoyens. Depuis le début de la semaine, plusieurs citoyens ont rejoint les leurs par taxi, une affluence qui devrait atteindre son summum samedi, selon  M. Fateh Koura, responsable à l’Union nationale des exploitants de taxis. Par ailleurs, le directeur de l’exploitation de l’Entreprise de transport urbain,  Rabia Hellal, a indiqué que son entreprise consolidera les lignes  desservant les zones où sont implantés les cimetières de la capitale, notamment les cimetières de Garidi, El Kettar et El Alia pour permettre aux citoyens de se recueillir à la mémoire de leurs morts.

Amine B.

 

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Association El Kalaâ

«Alger, c’est la ville de la peur»

A quelques mois seulement de la date fatidique qui verra Alger capitale de la culture arabe, à leur tour les responsables de l’association  El Kalaâ d’Alger-Centre, et dans un entretien que ses responsables nous ont accordé n’ont aucunement hésité à qualifier la capitale de la ville de la peur.  Par voie de son president, 

M. Haddadi, cette association écologique, l’une des plus actives de la capitale, est revenu avec précision sur la ville

d’ Alger qui reste, au grand dam de ses amoureux «livrée sans résistance, ni conscience à tous les fléaux, à tous les vices et à un degré supérieur au phénomène de  la violence» a expliqué M. Haddadi. «Qui osera s’aventurer et cheminer, à partir de 17 heures, le boulevard Khemisti ou celui de Zighout Youcef? Au vu et au su de tout le monde ses lieux sont, dorénavant, à reconquérir de la prise des criminels»   s’est plaint ce militant acharné pour la reconsidération et la réhabilitation de la capitale. Nonobstant leur rareté, des semblables de M. Haddadi au sein de cette association sont légion, et combien sont rares d’ailleurs, de trouver de nos jours  des gens de bonne foi à se soucier des affaires de la cité. Rassemblés dans cette association, il est facilement remarquable la répétition continuelle de cette  phrase, et combien nostalgique des bouches de ses vieux militants

«elle n’est plus la capitale que j’ai connue, dans les années 1970, j’ai toujours imaginé qu’Alger sera l’an 2000 l’une des plus belles capitales de la planète, mais hélas, on assiste impuissant à un vrai carnage sur tous les plans» se rappelle un vieux militant d’un certain âge. Tout compte fait, et ayant sillonné la capitale d’est en ouest, M. Hamdani, alerté par l’ampleur de la catastrophe qui guette la première ville de l’Algérie, a averti qu’Alger

«croule jour après jour sous le poids des détritus». En parfaite connaissance de cause, notre interlocuteur n’est pas allé sans préciser qu’Alger et l’une des plus sales capitales du monde. Seulement, et dans ce point précis, M. Haddadi a souligné, l’apport capital des citoyens pour assister les pouvoirs publics dans leur quête de faire, un tant soit peu, d’Alger une ville vivable. «Le manque de civisme de la part des citoyens est l’un des facteurs premiers de la saleté à grande échelle qui caractérise la capitale» a-t-il soutenu. Etayant ses dires, celui-ci a fait savoir que son association a déjà travaillé avec l’établissement de l’hygiène urbaine d’Alger  Hurbal, et un autre bilan catastrophique de l’état de civisme a été fait.

«Nous exposerons prochainement  des photos qui démontrent l’état des lieux après quelques minutes du passage des agents de nettoyage» a promis notre interlocuteur qui a affirmé que le problème de la propreté dépend davantage des mentalités que d’autre chose. A tout cela, a tenu à ajouter

M. Haddadi «il faut éradiquer le marché informel, priorité sine qua non pour aspirer à une hygiène et cadre de vie sans danger».

Par ailleurs, en fin connaisseur des coins et recoins de la capitale, le president de l’association El Kalaâ ne va pas sans faire une halte sur le phénomène du bardage. Le renforcement  démesuré de nos portes et fenê-tres ne témoigne que d’un manque de confiance et d’une peur au quotidien que le citoyen endure des fois même inconsciemment. Pour lui, le renforcement occasionnel des dispositifs sécuritaires n’est pas suffisant pour arrêter la criminalité et la perversion dans lesquelles  baigne la capitale. «Quelques routes, jardins et placettes sont des coupe-gorges» a indiqué

M. Haddadi pour illustrer la gravité de la situation et le marasme dans lesquels plongent les citoyens.  Sans perdre de vue l’insupportable réalité de pauvreté qui se voit à travers les centaines des SDF qui rôdent à travers les routes les plus connues de la capitale, l’orateur n’a pas manqué à l’occasion de relever que ce phénomène «représente le réservoir de la débauche, de la criminalité et   de la pédophilie en Algérie notamment pour les enfants». «Si l’on veut finir avec tout cela, on n’a qu’à sensibiliser toute la population, notamment les enfants et les bien éduquer» croit dur comme fer, l’orateur.

D’ailleurs a-t-il indiqué, un concours de dessin sera organisé par son association au profit des enfants âgés entre 9 à 15 ans. Sous le thème  «Ensemble contre l’incivisme» et à partir du 15 novembre 2006, tous les collégiens de la capitale sont appelés à y participer.

Aomar Fekrache

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