|
Adaptation
Pour la première
fois, depuis le début de la guerre en Irak, le président américain a
admis certaines similitudes entre cette guerre et celle qu’ont mené
les Etats-Unis dans les années 1960-70 au Viêt-Nam. Ce parallèle
avait toujours été soigneusement évité depuis 2003 et la
Maison-Blanche stigmatisait tous ceux qui s’y risquaient. Seuls de
mauvais patriotes, donc de mauvais Américains, pouvaient oser une
telle analogie qui ne pouvait que faire baisser le moral des troupes
et diminuer ainsi
leur efficacité et leur vigilance.
Le parallèle que
s’est permis le président américain était en rapport avec la flambée
actuelle de violence qui pouvait rappeler l’offensive du Têt menée
en 1968 par la guérilla vietcong et qui avait retourné l’opinion
américaine contre la Guerre du Viêt-nam. Aujourd’hui encore,
l’opinion américaine est, contrairement au printemps 2003, largement
contre cette guerre et souhaiterait, dans sa grande majorité, un
retrait rapide de l’armée américaine du «nid de guêpe» qu’est
devenu, au fil des mois, le pays qu’ils devaient,
soit-disant,
«libérer».
Avec le scrutin de
mi-mandat, certains scandales (notamment sexuels) ont fait surface
et ont beaucoup entaché l’image du parti républicain qui se voulait
le garant de la pudeur et de la morale protestante américaine.
Aujourd’hui, plus rien ne va plus pour celui qui regagnait
triomphalement, à l’automne 2004, la Maison-Blanche, après avoir
évincé son adversaire démocrate. Pour sauver la face, il tente une
ultime pirouette en annonçant en grande pompe un changement de
stratégie militaire dans la guerre en Irak.
Ainsi, la
tourmente de George W. Bush, qui n’en est qu’à la moitié de son
second mandat, ne fait que commencer, comme par ailleurs la colère
des Américains qui ne cesse de gronder de plus en plus fort et qui
pourrait finir par avoir raison de lui.
Fouzia Mahmoudi
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|