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Tizi Ouzou
Place aux dépenses «incompressibles» de l’Aïd
Après
les dépenses «forcées» de la rentrée scolaire et du mois
de ramadan, les consommateurs devront subir les caprices
des enfants pour l’acquisition de vêtements et de
jouets, par des dépenses jugées «incompressibles», tant
il est de convention que rien ne se refuse en pareille
circonstance au monde de l’innocence.
A Tizi
Ouzou, comme ailleurs, il est observé depuis l’entame de
la dernière décade du mois «d’abstinence», une ruée sur
le marché des effets vestimentaires, tant au niveau des
magasins que des espaces du commerce informel,
sollicités par les parents qui y viennent seuls ou
accompagnés de leurs enfants à la recherche de l’habit
convoité, dans la limite de sa bourse, et selon le
rapport qualité-prix. En comparaison aux tarifs
«prohibitifs» affichés dans les vitrines des magasins
luxueux de la ville, les ménages préfèrent se rabattre
sur le commerce informel, lieu des «bonnes affaires»,
même si la qualité des produits proposés (chinois et des
pays sud-asiatiques), n’est pas toujours évidente.
«Quand
un article est intéressant de par son prix, je n’hésite
pas à l’acquérir, même s’il présente de petits défauts»,
estime un père de famille. Pour l’habit féminin, les
échoppes de la maison de l’artisanat du centre-ville
sont «l’adresse la plus indiquée» pour l’acquisition de
robes traditionnelles à des prix très compétitifs, par
rapport aux tarifs des tailleurs pratiqués par les
magasins de l’habillement moderne. Par souci de
réaliser des économies, des mères de famille sont de
plus en plus nombreuses à faire elles-mêmes de la
confection ou à recourir aux services des couturières.
Certes, l’inondation du marché de l’habillement, sous
toutes ses formes et coutures, offre en termes de
quantité, une multiplicité de choix, mais sans que cela
ne se traduise, comme le veut la logique de la loi de
l’offre et de la demande, par une significative
compétitivité des prix. Même les grossistes de
l’habillement pratiquent la vente au détail à des prix
sensiblement identiques à ceux affichés dans les
magasins du prêt-à-porter.
Le
même constat vaut pour le marché des jouets, dont
l’offre abondante n’a pas induit une baisse escomptée
des prix des gadgets proposés à la vente notamment au
niveau des principales artères du centre-ville. Mais il
est admis que pour faire plaisir à leurs enfants, les
parents ne rechignent pas à mettre la main à la poche,
quitte à s’endetter, même s’ils savent «qu’après la
fête, ils se gratteront la tête», selon l’adage.
Belgique
Jeûne insipide
Le
mois de ramadan, qui tire à sa fin, n’aura pas été un
mois de rencontres organisées entre Algériens, évalués
officiellement à
25
000 personnes, sans compter des milliers de
«non-inscrits». Comme partout ailleurs, outre sa
dimension spirituelle de plus en plus prégnante, ce mois
sacré constitue souvent l’occasion d’activités
culturelles débordantes, d’autant que cette année la
Belgique jouit d’un été indien exceptionnellement
clément.
Dans
les quartiers à forte concentration de la communauté
musulmane de Bruxelles (Schaerbeek, Molenbeek, Laeken)
dans un pays qui compte plus d’un demi-million
(essentiellement des belgo-marocains et belgo-turcs) de
musulmans, de nombreux «commerces de bouche» offrent
toute la gamme de pâtisseries orientales très prisées en
ce mois. Quelques heureux Algériens ont tiré leur
épingle du jeu en apportant la touche algérienne dont le
succès dépasse la communauté. Il en est ainsi de la
boulangerie-pâtisserie «Bab El Oued» de St Josse qui est
devenue, au fil des jours, un des points de rencontres,
le temps de quelques emplettes, de nombreux Algériens de
toutes conditions. La raison, à en juger par le
respectable achalandage, tient à la disponibilité des «qalb
ellouz», d’une boisson gazeuse connue, de fabrication
algérienne, de «q’taïf» et autres pains et gâteaux
labellisés au goût du pays. Au-delà, c’est aussi les
rencontres assurées entre compatriotes, qui échangent
des commentaires sur le ramadan et nouvelles du pays,
mais aussi pour déplorer l’absence de lieux pour des
rencontres spécifiques, étant connu que les
«allochtones» de toutes les régions du monde, comme on
les appelle en Belgique, ont tendance à vivre en
communauté.
«Aziouez»,
un des clients assidus de «BEO», avec un art de
l’exagération consommé, lui rend un hommage très
particulier. «Bab El Oued fait office, cette année, de
service public culturel». Il déplore, comme de nombreux
autres compatriotes, l’absence de lieux de rencontres,
comme un centre culturel qui aurait donné une image de
l’Algérie dans la capitale de l’UE.
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