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Embûches
Alors que le Syrie
commençait, ces derniers temps à rentrer en état de grâce auprès des
grandes puissances, voilà que l’assassinat du ministre libanais de
l’Industrie, Pierre Gemayel, lui-même foncièrement antisyrien, vient
tout fiche en l’air. En effet, c’est au moment où la Syrie et l’Irak
renouaient leurs relations diplomatiques, certainement sous forte
impulsion américaine, qu’un meurtre du même type que celui qui avait
déstabilisé l’Etat syrien il y a deux et demi est perpétré. L’on se
souvient évidemment tous que c’est l’assassinat de Rafic Hariri,
ancien Premier ministre libanais, qui avait provoqué la levée de
boucliers contre la Syrie et qui avait isolé cette dernière au sein
de la communauté internationale. Le fils de Rafic Hariri, Saad
Hariri, actuel député de Beyrouth et chef de la majorité
anti-syrienne au Parlement est, quant à lui, persuadé de
l’implication de la Syrie, tant dans le meurtre de son père que dans
celui de Pierre Gemayel. Mais en y réfléchissant bien, l’on se rend
bien vite compte que la Syrie n’aurait eu aucun intérêt à s’attirer
les foudres de la communauté internationale le jour même où elle
retrouve son rôle de pays stabilisateur au Moyen-Orient et au moment
même où les Etats-Unis acceptent enfin de négocier avec elle. Le
choix de la victime est, lui aussi, assez étrange, Pierre Gemayel
n’avait en effet aucune activité particulière en ce moment, sa seule
caractéristique est la haine qu’il ressentait envers l’Etat syrien
et qui était connue de tous. Sa mort a fait aussitôt penser à un
attentat qu’aurait pu commanditer la Syrie.
Ainsi, pour la
Syrie c’est une phase difficile et il reste à savoir comment elle
arrivera à se tirer de ces nouvelles embûches qui, encore une fois,
lui barrent la route pour devenir un des pays les plus influents au
Moyen-Orient.
Fouzia Mahmoudi
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