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Le GSPC est pointé du doigt
Un
Américain assassiné en Mauritanie
Un
ressortissant américain, exerçant dans l’enseignement, a
été tué par balle hier à Nouakchott (Mauritanie), ont
rapporté hier des agences de presse.
Aucune
revendication n’a été faite hier en milieu d’après-midi,
même si le groupe salafiste pour la prédication et le
combat (GSPC) est pointé du doigt. Ce ressortissant
américain aurait été victime d’une tentative
d’enlèvement et assassiné après avoir tenté de résister
à ses ravisseurs. Le GSPC, qui garde toujours un otage
suisse après l’assassinat de l’otage britannique Edwin
Dyer, relance attentats spectaculaires à effets
médiatiques, après les cuisantes défaites que cette
organisation terroriste continue de subir.
L’organisation terroriste de Abdelmalek Droukdel, alias
Abou Mossaâb Abdelouadoud, actuel «émir» national du
GSPC a perdu il y a quelques semaines, au Mali, 26 de
ses éléments abattus par l’armée malienne. Il s’agissait
d’éléments de katibet Tarek Ibn Ziad, phalange
«spécialisée» dans les kidnappings suivis de demandes de
rançons et achat d’armes et de munitions. Une opération
réussie avec l’aide algérienne. L’embuscade qui a coûté
la vie à 18 gendarmes et deux civils, à Bordj Bou
Arréridj, serait un acte de «vengeance» de cette
organisation terroriste, en même temps qu’un coup
médiatique pour faire oublier les pertes subies dans
l’opération de l’armée malienne, des forces de l’ANP et
de sécurité.
Le
défi
C’est
d’ailleurs aujourd’hui que le général major Ahmed
Bousteila, commandant de la Gendarmerie nationale
algérienne, présidera une sortie de promotion à l’Ecole
de la gendarmerie. Une école qui a été victime, en août
de l’année dernière, d’un attentat à la voiture piégée
qui a fait de nombreuses victimes parmi lesquelles des
candidats à la formation et au recrutement par ce corps
des forces de sécurité. Une sortie de promotion
symbolique dans le sens de la résistance à la déferlante
terroriste qui, malgré ces attentats, connaît un déclin
certain. L’attentat d’hier, ayant coûté la vie à un
ressortissant américain, n’est pas le premier à avoir
été perpétré en Mauritanie. Au milieu de l’année 2007,
rappelle-t-on, des terroristes du GSPC, dont des
terroristes mauritaniens, ont mené une attaque contre la
caserne mauritanienne de Lemgheity, assassinant de
nombreux soldats mauritaniens. Le GSPC, contrairement à
une réalité de terrain tente par ces attentats de faire
croire qu’il fait effectivement partie d’Al Qaïda, a
recruté des dizaines de Mauritaniens, Marocains, Libyens
et Tunisiens, au nom de cette nébuleuse avec laquelle il
ne dispose d’aucun lien organique, selon les aveux même
de son ex-«émir» de la zone 9, Mossaâb Abou Daoud,
repenti.
Par
M. Abi
Dernière ligne droite du procès BNA
Las
avocats de la défense tentent de disculper leurs clients
C’est
durant la journée d’hier que les premiers avocats ont
entamé leurs plaidoieries dans l’affaire dite des 3 200
milliards de centimes dérobés de la BNA en 2005 par la
complicité supposée de plusieurs cadres de cette
institution financière. Les premiers avocats qui se sont
succédé à la barre sont ceux de l’ex-directeur général
de cette banque, Chikhi Mourad, accusé de négligence et
qui risque une peine de 3 ans de prison ferme (selon le
réquisitoire du procureur de la République). Les avocats
de cet ancien cadre ont indiqué que leur client n’y est
pour rien dans cette affaire et que tout dépendait de
l’inspection générale. «Si le responsable de
l’inspection générale n’a rien découvert de suspect,
comment voulez-vous que mon client soit au courant de
quelque chose ?» a indiqué l’un des avocats de M. Chikhi.
Et à ce dernier de poursuivre que la politique qui a été
menée par M. Chikhi à la tête de cette institution
financière a donné de bons résultats, qu’un cas isolé ne
saurait compromettre. Il a rappelé dans ce sillage que
Chikhi Mourad avait formé plus de 180 cadres spécialisés
dans le contrôle financier. Plaidant pour le compte du
même accusé, un autre avocat a indiqué qu’un système de
contrôle aussi performant soit-il ne saurait être à
l’abri de ce genre d’opérations. Il a tenu à rappeler
les propos de l’ancien ministre des Finances tels que
rapportés par la presse nationale. «Le ministre des
Finances lui-même a indiqué, lors de l’une de ses
déclarations à propos de cette affaire, que les
méthodes qui étaient utilisées par les instigateurs de
ce détournement étaient des méthodes délicates». Et pour
un autre avocat de Chikhi Mourad de préciser que les
preuves matérielles inculpant leur client n’existent
pas. Ce dernier a indiqué que la somme de 2 100
milliards de centimes détournés de la BNA était sous la
responsabilité d’autres cadres de cette banque et que
cet argent n’est pas directement sous la responsabilité
du DG de la BNA. «Le n° 2 de la BNA n’était pas au
courant de ce détournement, comment voulez-vous que le
n°1 de la BNA soit au courant de quoi que ce soit ? Mon
client n’a commis aucun acte qui soit à l’origine de ce
fiasco. Mon client est une victime parce qu’il ne savait
rien de ce qui se passait au niveau des agences
incriminées. Je demande donc la relaxe pour Chikhi
Mourad» a-t-il conclu. Il y a lieu de rappeler par
ailleurs que des peines allant de 3 à 20 ans de prison
ferme ont été requises par le procureur de la République
avant-hier en fin d’après-midi, après un sévère
réquisitoire. Le procureur a requis 20 ans de prison
ferme contre le principal accusé, Achour Abderrahmane,
et 12 autres accusés dont Ainouche Rabah et le
responsable du réseau d’exploitation de la BNA, Amari
Mohamed. Pour ce qui est des autres accusés, le
procureur de la République a requis une peine de 10 ans
à l’encontre de 5 d’entre eux et 3 ans de prison ferme
pour 7 autres, dont le DG de la BNA.
Salah Harirèche
Lieux médisants
Burqa, une chose et son contraire
Dès le
moment où il devient un problème pour la France, le
voile, de quelque forme qu’il soit, de quelque pays
qu’il vienne, devient notre affaire. Qu’importe le nom
qui le désigne, hidjab, niqab, tchador ou burqa, il ne
cesse de nous faire un pied de nez et de nous narguer.
Assurément il a en France une dimension politique
intarissable, et ce, en dépit du fait qu’il y a cinq ans
une loi a été votée pour en interdire le port dans les
écoles. S’il n’avait pas une dimension politique, ces
députés français n’auraient pas été sensibles au
discours prononcé par Barack Obama, dans lequel celui-ci
donnait raison aux femmes musulmanes de porter le
vêtement qui leur sied dans les pays occidentaux. C’est
donc la tolérance dont vient de faire preuve le
président américain vis-à-vis des musulmans du monde
entier qui a dû faire se réveiller les députés français
qui découvrent soudainement que les rues de Paris
pullulent de femmes musulmanes arborant la burqa, une
tenue ô suprême offense originaire des tribus pachtounes
d’Afghanistan. Au-delà de son origine afghane,
c’est-à-dire indigène – étant l’avatar du haïk algérien
– la burqa ravive les anciennes inquiétudes vis-à-vis de
l’islam mais aussi les rancœurs distillées par les
ultras style Jean-Marie Le Pen dont le programme
politique est bâti sur la haine des «bougnoules», des
sans-papiers et la défense de l’immigration choisie, de
la main-d’œuvre étrangère corvéable et serviable à merci
etc. La droite qui a soutenu Sarkozy, crise financière
mondiale oblige, trouve là le filon pour rebondir car
face au péril vert, le salut ne peut être trouvé que
dans les solutions sécuritaires. Il va sans dire que la
burqa mène directement à Al Qaïda du Maghreb. Il faut
donc trouver un consensus fort autour du pouvoir
français. Pourtant, les musulmans de France ne font pas
leur ce voile «complet» qu’ils considèrent étranger à
leur tradition. Il n’empêche, il y a cette dimension de
la laïcité, qu’on aurait tort de négliger. La France a
une forte tradition anticléricale et antireligieuse qui
remonte à la révolution française et même au-delà. Le
mouvement qui a conduit à la séparation de la religion
et de l’Etat fut un mouvement de lutte acharnée contre
l’Eglise. Les Français donc sont en possession
d’arguments valables qu’ils ont puisés dans leur propre
histoire nationale pour trouver des appuis suffisants
plus à même de leur permettre, au nom de la laïcité et
des libertés, de prononcer l’interdiction du port des
signes ostentatoires de la religion pour reprendre la
formule consacrée. Mais lorsqu’on suit le voile dans
l’ancienne colonie d’où il est du reste originaire,
puisque c’est surtout d’Algérie qu’il est venu avec les
premiers contingents d’immigrants du début du XXe
siècle, on bifurque sur une autre histoire. A Alger, peu
chaut aux colonisateurs de défendre les valeurs laïques.
Ce qu’ils visent c’est la démolition d’une culture.
Leurs anthropologues ayant établi que s’attaquer au haïk
revenait à casser les ressorts de la société indigène,
ce qui à leurs yeux rendrait possible l’assimilation. On
sait quelle campagne a mené l’administration coloniale
auprès des Algériennes pour les sensibiliser sur
«l’arriération et l’oppression» dans lesquelles les ont
assujetties les hommes. Le but étant bien sûr de les
soustraire à l’influence du FLN. La tentative fut un
fiasco, car c’est sous le voile qu’allait se transporter
les bombes qui allaient servir contre les Français.
Frantz Fanon rapporte notamment en tant que psychiatre
les rêves européens où les Algériennes apparaissent
comme des objets sexuels. Lorsqu’il pense au dévoilement
de la femme algérienne, le colonisateur ne rêve à vrai
dire que de viol. C’est dire l’ambiguïté du voile qui
signifie aujourd’hui en France une chose et son
contraire.
Par
Larbi Graïne
larbigra@hotmail.com
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