Hommage à Mahmoudi

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24/06/09

 

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Le GSPC est pointé du doigt

Un Américain assassiné en Mauritanie

Un ressortissant américain, exerçant dans l’enseignement, a été tué par balle hier à Nouakchott (Mauritanie), ont rapporté hier des agences de presse.

Aucune revendication n’a été faite hier en milieu d’après-midi, même si le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) est pointé du doigt. Ce ressortissant américain aurait été victime d’une tentative d’enlèvement et assassiné après avoir tenté de résister à ses ravisseurs. Le GSPC, qui garde toujours un otage suisse après l’assassinat de l’otage britannique Edwin Dyer, relance attentats spectaculaires à effets médiatiques, après les cuisantes défaites que cette organisation terroriste continue de subir. L’organisation terroriste de Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, actuel «émir» national du GSPC a perdu il y a quelques semaines, au Mali, 26 de ses éléments abattus par l’armée malienne. Il s’agissait d’éléments de katibet Tarek Ibn Ziad, phalange «spécialisée» dans les kidnappings suivis de demandes de rançons et achat d’armes et de munitions. Une opération réussie avec l’aide algérienne. L’embuscade qui a coûté la vie à 18 gendarmes et deux civils, à Bordj Bou Arréridj, serait un acte de «vengeance» de cette organisation terroriste, en même temps qu’un coup médiatique pour faire oublier les pertes subies dans l’opération de l’armée malienne, des forces de l’ANP et de sécurité.

Le défi

C’est d’ailleurs aujourd’hui que le général major Ahmed Bousteila, commandant de la Gendarmerie nationale algérienne, présidera une sortie de promotion à l’Ecole de la gendarmerie. Une école qui a été victime, en août de l’année dernière, d’un attentat à la voiture piégée qui a fait de nombreuses victimes parmi lesquelles des candidats à la formation et au recrutement par ce corps des forces de sécurité. Une sortie de promotion symbolique dans le sens de la résistance à la déferlante terroriste qui, malgré ces attentats, connaît un déclin certain. L’attentat d’hier, ayant coûté la vie à un ressortissant américain, n’est pas le premier à avoir été perpétré en  Mauritanie. Au milieu de l’année 2007, rappelle-t-on, des terroristes du GSPC, dont des terroristes mauritaniens, ont mené une attaque contre la caserne mauritanienne de Lemgheity, assassinant de nombreux soldats mauritaniens. Le GSPC, contrairement à une réalité de terrain tente  par ces attentats de faire croire qu’il fait effectivement partie d’Al Qaïda, a recruté des dizaines de Mauritaniens, Marocains, Libyens et Tunisiens, au nom de cette nébuleuse avec laquelle il ne dispose d’aucun lien organique, selon les aveux même de son ex-«émir» de la zone 9, Mossaâb Abou Daoud, repenti.

Par M. Abi

 

Dernière ligne droite du procès BNA

Las avocats de la défense tentent de disculper leurs clients

C’est durant la journée d’hier que les premiers avocats ont entamé leurs plaidoieries dans l’affaire dite des 3 200 milliards de centimes dérobés de la BNA en 2005 par la complicité supposée de plusieurs cadres de cette institution financière. Les premiers avocats qui se sont succédé à la barre sont ceux de l’ex-directeur général de cette banque, Chikhi Mourad, accusé de négligence et  qui risque une peine de 3 ans de prison ferme (selon le réquisitoire du procureur de la République). Les avocats de cet ancien cadre ont indiqué que leur client n’y est pour rien dans cette affaire et que tout dépendait de l’inspection générale. «Si le responsable de l’inspection générale n’a rien découvert de suspect, comment voulez-vous que mon client soit au courant de quelque chose ?» a indiqué l’un des avocats de M. Chikhi. Et à ce dernier de poursuivre que la politique qui a été menée par M. Chikhi à la tête de cette institution financière a donné de bons résultats, qu’un cas isolé ne saurait compromettre. Il a rappelé dans ce sillage que Chikhi Mourad avait formé plus de 180 cadres spécialisés dans le contrôle financier. Plaidant pour le compte du même accusé, un autre avocat a indiqué qu’un système de contrôle aussi performant soit-il ne saurait être à l’abri de ce genre d’opérations. Il a tenu à rappeler les propos de l’ancien ministre des Finances tels que rapportés par la presse nationale. «Le ministre des Finances lui-même a indiqué, lors de l’une de ses déclarations à  propos de cette affaire, que les méthodes qui étaient utilisées par les instigateurs de ce détournement étaient des méthodes délicates». Et pour un autre avocat de Chikhi Mourad de préciser que les preuves matérielles inculpant leur client n’existent pas. Ce dernier a indiqué que la somme de 2 100 milliards de centimes détournés de la BNA était sous la responsabilité d’autres cadres de cette banque et que cet argent n’est pas directement sous la responsabilité du DG de la BNA. «Le n° 2 de la BNA n’était pas au courant de ce détournement, comment voulez-vous que le n°1 de la BNA soit au courant de quoi que ce soit ? Mon client n’a commis aucun acte qui soit à l’origine de ce fiasco. Mon client est une victime parce qu’il ne savait rien de ce qui se passait au niveau des agences incriminées. Je demande donc la relaxe pour Chikhi Mourad» a-t-il conclu. Il y a lieu de rappeler par ailleurs que des peines allant de 3 à 20 ans de prison ferme ont été requises par le procureur de la République avant-hier en fin d’après-midi, après un sévère réquisitoire. Le procureur a requis 20 ans de prison ferme contre le principal accusé, Achour Abderrahmane, et 12 autres accusés dont Ainouche Rabah et le responsable du réseau d’exploitation de la BNA, Amari Mohamed. Pour ce qui est des autres accusés, le procureur de la République a requis une peine de 10 ans à l’encontre de 5 d’entre eux et 3 ans de prison ferme pour 7 autres, dont le DG de la BNA. 

 Salah Harirèche

 

Lieux médisants

Burqa, une chose et son contraire

Dès le moment où il devient un problème pour la France, le voile, de quelque forme qu’il soit, de quelque pays qu’il vienne, devient notre affaire. Qu’importe le nom qui le désigne,  hidjab, niqab, tchador ou burqa, il ne cesse de nous faire un pied de nez et de nous narguer. Assurément il a en France une dimension politique intarissable, et ce, en dépit du fait qu’il y a cinq ans une loi a été votée pour en interdire le port dans les écoles. S’il n’avait pas une dimension politique, ces députés français n’auraient pas été sensibles au discours prononcé par Barack Obama, dans lequel celui-ci donnait raison aux femmes musulmanes de porter le vêtement qui leur sied dans les pays occidentaux. C’est donc la tolérance dont vient de faire preuve le président américain vis-à-vis des musulmans du monde entier qui a dû faire se réveiller les députés français qui découvrent soudainement que les rues de Paris pullulent de femmes musulmanes arborant la burqa, une tenue ô suprême offense originaire des tribus pachtounes d’Afghanistan. Au-delà de son origine afghane, c’est-à-dire indigène – étant l’avatar du haïk algérien – la burqa ravive les anciennes inquiétudes vis-à-vis de l’islam mais aussi les rancœurs distillées par les ultras style Jean-Marie Le Pen dont le programme politique est bâti sur la haine des «bougnoules», des sans-papiers et la défense de l’immigration choisie, de la main-d’œuvre étrangère corvéable et serviable à merci etc. La droite qui a soutenu Sarkozy, crise financière mondiale oblige, trouve là le filon pour rebondir car face au péril vert, le salut ne peut être trouvé que dans les solutions sécuritaires. Il va sans dire que la burqa mène directement à Al Qaïda du Maghreb. Il faut donc trouver un consensus fort autour du pouvoir français. Pourtant, les musulmans de France ne font pas leur ce voile «complet» qu’ils considèrent étranger à leur tradition. Il n’empêche, il y a cette dimension de la laïcité, qu’on aurait tort de négliger. La France a une forte tradition anticléricale et antireligieuse qui remonte à la révolution française et même au-delà. Le mouvement qui a conduit à la séparation de la religion et de l’Etat fut un mouvement de lutte acharnée contre l’Eglise. Les Français donc sont en possession d’arguments valables qu’ils ont puisés dans leur propre histoire nationale pour trouver des appuis suffisants plus à même de leur permettre, au nom de la laïcité et des libertés, de prononcer l’interdiction du port des signes ostentatoires de la religion pour reprendre la formule consacrée. Mais lorsqu’on suit le voile dans l’ancienne colonie d’où il est du reste originaire, puisque c’est surtout d’Algérie qu’il est venu avec les premiers contingents d’immigrants du début du XXe siècle, on bifurque sur une autre histoire. A Alger, peu chaut aux colonisateurs de défendre les valeurs laïques. Ce qu’ils visent c’est la démolition d’une culture. Leurs anthropologues ayant établi que s’attaquer au haïk revenait à casser les ressorts de la société indigène, ce qui à leurs yeux rendrait possible l’assimilation. On sait quelle campagne a mené l’administration coloniale auprès des Algériennes pour les sensibiliser sur «l’arriération et l’oppression» dans lesquelles les ont assujetties les hommes. Le but étant bien sûr de les soustraire à l’influence du FLN. La tentative fut un fiasco, car c’est sous le voile qu’allait se transporter les bombes qui allaient servir contre les Français.  Frantz Fanon rapporte notamment en tant que psychiatre les rêves européens où les Algériennes apparaissent comme des objets sexuels. Lorsqu’il pense au dévoilement de la femme algérienne, le colonisateur ne rêve à vrai dire que de viol. C’est dire l’ambiguïté du voile qui signifie aujourd’hui en France une chose et son contraire.

Par Larbi Graïne

larbigra@hotmail.com

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L'Edito Du Jour

Par

Nadjib Stambouli

Une anarchie bien organisée

Qui n’a vu ni ne connaît l’immense marché du Hamiz, ignore de fait un grand versant de la consommation en Algérie. A quelques encablures du Port sec, ce qui est plus un élément générateur du négoce local qu’une fâcheuse coïncidence, s’étend cette vaste étendue, défiant toutes les règles de l’urbanisme et du minimum d’esthétique architecturale, où se vendent toutes sortes de marchandises, du micro high tech à la pompe hydraulique en passant par le matelas, le vélo, le service à café, le frigo, le jouet ou le parasol et ce, à des prix défiant l’entendement concurrentiel. Cerise sur le gâteau, tous les articles, ou presque, sont d’importation, par la grâce de la coïncidence qu’est la proximité du Port sec. C’est par procession que les acheteurs, surtout en famille, affluent vers les lieux, de toutes les régions mais aussi de tous les milieux, pour s’approvisionner en produits divers, après le rituel du marchandage. Les commerçants sur place travaillent certes avec un registre du commerce, mais ni les factures ni la contrefaçon qui sévit en maîtresse sur ce climat marchand à part, ne sont soumises à contrôle. D’ailleurs, bien malin est celui ou l’instance qui prétendrait contrôler cet immense bazar, au vu des impressionnantes quantités marchandes en circulation ainsi que les sommes colossales qui y sont brassées. Là se palpe le point culminant du trabendo, constitué en réseaux puissants et bien intégrés dans les mœurs et dans les pratiques quotidiennes. Que faire face à cette situation d’«anarchie bien organisée» qui s’est érigée en fait accompli ? Se perdre en conjectures et se complaire dans les critiques et jérémiades ? On y inviterait bien les pouvoirs publics, si cela servait à quelque chose. La solution idoine réside dans le réalisme, celui de construire au lieu de détruire, et tout faire pour intégrer cet espace marchand dans les rangs de la légalité intégrale. Appremment, cela a commencé à se faire. Premier résultat : la foule est de moins en moins compacte sur les lieux.

N.S.

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