Culture

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Galerie «Arts en liberté»

Exposition des affiches du peintre Mohamed Khadda

 24/09/06

 

 Galerie «Arts en liberté»

Exposition des affiches du peintre Mohamed Khadda

En signe d’hommage (à titre posthume) au peintre Mohamed Khadda, la galerie Arts en liberté abrite et ce, jusqu’au 30 du mois en cours, une collection comprenant cinquante-deux affiches réalisées par l’artiste, durant la période 1966-1989.

La série exposée comprend des affiches conçues lors des congrès, notamment de l’UGTA, des manifestations économiques, des rencontres internationales et d’évènements artistiques nationaux ou d’envergure continentale comme le premier Festival culturel panafricain. «Dans les œuvres de Mohamed Khadda, il y a cette dimension iconographique du signe et la dimension graphique qui tient à la beauté des lettres», a indiqué Mme Nadjet Khadda, universitaire et épouse du pein-tre soulignant que «l’affiche faisait partie intégrante de son activité». «C’est à travers son activité d’imprimeur qu’il a trouvé sa vocation de peintre», a-t-elle dit ajoutant que Khadda «avait à la fois l’œil de l’artiste et celui du professionnel de l’imprimerie». «Cela fait que ses affiches sont devenues des œuvres d’art», a poursuivi Mme Nadjet Khadda au sujet du travail de cet artiste qui considérait l’affiche comme un art populaire «un moyen de pallier, a-t-elle précisé, l’absence de diffusion massive des œuvres d’art». Evoquant les couleurs et le contenu des affiches, Mme Khadda, lors de la présentation de la collection, a confié que l’artiste, qui a réalisé un grand nombre d’affiches pour le théâtre, «n’aimait pas les choses rajoutées. Il préférait la sobriété, l’expression avec des moyens minimes». Mohammed Khadda naît le 14 mars 1930 à Mostaganem (Algérie). Autodidacte, il commence en 1947 à réaliser aquarelles, pastels et peintures, alors qu’il est typographe et dessine les croquis des maquettes dans l’imprimerie où il travaille depuis 1944. En 1953, il vient avec Abdallah Benanteur à Paris, où il dessine le soir à

l’ Académie de la Grande Chaumière, se lie avec le romancier Kateb Yacine, milite pour l’indépendance de l’Algérie et réalise sa première exposition personnelle. Mohammed Khadda rentre en 1963 en Algérie où il expose régulièrement. Membre fondateur en 1964 de l’«Union nationale des arts plastiques» dont il est le sécrétaire de 1972 à 1975, il y défend la peinture non figurative violemment dénoncée à cette époque, illustre plusieurs recueils de poèmes (Jean Sénac, Rachid Boudjedra) et crée des décors et costumes pour les Théâtres d’Alger et d’Oran (Abdelkader Alloula). En 1971 paraissent ses Eléments pour un art nouveau, introduction à l’histoire de l’art en Algérie. Mohammed Khadda travaille, entre 1973 et 1976, à la réalisation de plusieurs peintures murales collectives, accompagne de ses dessins, dans les années 1980, des recueils notamment de Bachir Hadj Ali, Tahar Djaout, Habib Tengour, et rassemble en 1983 dans Feuillets épars liés, la plupart de ses articles et préfaces. Il participe en 1986 à l’exposition inaugurale des collections permanentes de l’Institut du Monde arabe de Paris. Khadda préface en 1989 L’Arbitraire, texte (sur la torture) et poèmes de Bachir Hadj Ali, en 1990 un livre sur Mohamed Racim. Il œuvre simultanément à la constitution de sections algériennes de la Ligue des Droits de l’Homme et d’Amnesty International. Il meurt à Alger le 4 mai 1991. Attentif à l’évolution de l’art occidental, Mohammed Khadda découvre que de grands peintres européens, de Matisse à Klee, se sont inspirés d’éléments de la culture arabe. Dès 1954, sa peinture se détache de toute figuration réaliste, ressentie comme étrangère à la sensibilité de l’art maghrébin, «un art non figuratif par excellence», écrit-il. Dans les années suivantes, son abstraction s’appuie sur les éléments plastiques de la graphie arabe. Ses alphabets libres feront de lui l’un des fondateurs de ce que Jean Sénac nommera «l’Ecole du Signe». Au début des années 1960, les tracés noueux qui structuraient ses paysages non figuratifs se contractent et se réarticulent, à partir de 1967, autour du thème de l’Olivier qui, déclare-t-il alors, est «à la naissance des signes et de l’écriture» qu’il propose. Ces signes, par la suite, vont d’une part se différencier en une continuelle expansion et lui permettre d’épeler toujours d’autres chiffres, comme on a dit à son propos, du «grand livre du visible», des failles de la pierre au vol de l’oiseau, des méandres de l’oued à la Calligraphie des algues. Dans les années 1980, Mohammed Khadda ancre davantage son cheminement sur la Lettre. «Je n’ai jamais employé la Lettre pour la Lettre», précise-t-il, «dans mes peintures ou mes gravures, on retrouve un peu la forme des lettres, les formes parce que je me refuse à employer la Lettre arabe telle quelle». Ses peintures ne se saisissent jamais, en effet, d’une écriture achevée, «inscrite» déjà, mais donnent à éprouver l’élan d’une écriture originairement «inscrivante». Explorant librement ses gestes, en amont des conventions qui les codifièrent dans l’avènement des premiers alphabets, Khadda se fait, disent certains critiques d’art, «l’archéologue du possible».

Hacène K

 

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Théâtre scolaire

Des créations qui promettent beaucoup

Le théâtre scolaire d’expression amazigh a encore un long chemin à parcourir si l’on se réfère à la réalité amère dans laquelle se débat le théâtre d’une manière générale.

Cela revient à une multitude de raisons. Pour illustrer ce constat, nous avons approché un des adeptes de cet art cher à Mohia, à savoir Mokrane Berrahmoune, enseignant de français de son état. Avec la collaboration d’un de ses collègues, il produit des pièces au profit de la troupe

«Thavouchidhant» du collège des frères Boufatha à M’kira dans la daïra de Tizi Gheniff, dont la création remonte à l’an

2000. Ses débuts dans le 4e art datent de 1986, alors qu’il était étudiant à l’Université de Bab Ezzouar après avoir joué dans la pièce intitulée «Andaka Ath Tsedou» (Où va-t-elle) avec la troupe

«Debza» et ce, tout en suivant des cours d’art dramatique (Inad) de Bordj El Bahri. «J’ai créé par la suite ma propre troupe que j’ai dénommée «Ikhoulaf» avec laquelle j’ai pris part à plusieurs compétitions théâtrales, entre autres, le 3e Festival du théâtre amazigh à Tizi Ouzou, la caravane culturelle initiée par la Maison de la culture Mouloud-Mammeri avec la pièce écrite par Ali N’tsirth à qui je rends hommage. Elle avait comme titre «Dhazzeka bwassa Aydhwin ouzeka» (la tombe d’aujourd’hui équivaut celle de demain), raconte-t-il avant de parler des prix qu’il a obtenus, en disant : «Avec cette dernière pièce, nous avons eu la 14e place sur une soixantaine de participants». Quant à ses récentes créations, notre interlocuteur cite sa pièce sur l’environnement. Elle a été jouée par la troupe scolaire «Thavouchidhant». S’agissant des autres productions, il ajoute : «J’ai adapté une chanson d’Aït Menguelat inspirée d’une des œuvres de Machiavel. J’ai écrit une autre traitant des événements du Printemps noir et une toute dernière relative à la déperdition scolaire mais celle-ci nécessite quelques remaniements». Plusieurs projets hantent également l’esprit de notre dramaturge-amateur, comme écrire un livre réunissant les textes de ces pièces, l’adaptation à l’écran de la pièce

«Mariage raté», la formation d’une troupe extraordinaire. A cet effet, il lance un appel aux autorités locales pour qu’elles mettent à sa disposition un local lui  permettant de promouvoir son art. «Je n’ai pas cessé depuis 2000 d’interpeller les responsables municipaux pour un local, même de fortune, en vain», s’est-il indigné. M. Berrrahmone, en attendant des jours meilleurs, envisage d’effectuer des tournées avec sa troupe afin de jouer ses pièces. «J’ai saisi même des professionnels du 4e art, à l’exemple de Saïd Hamami de la Chaîne II. Ce grand monsieur du théâtre m’a suggéré de proposer ma pièce «Mariage raté» à la commission spécialisée de la Radio pour appréciation et, depuis, on n’a plus de contact», nous a-t-il confié.

Ali Mazouni

 

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Médiathèque de Ben Aknoun

L’écrivain Belgacem Aït-Ouyahia présente son livre «L’Afrasienne»

«A travers mes romans, j’essaye de faire vivre des environnements aussi vrais que possible», a indiqué le professeur en médecine et écrivain qui est «tombé dans la littérature à la suite d’un accès de colère suscité par l’abattage d’un frêne plus que centenaire». «Ce cri de colère causé par la perte de cet arbre s’est ensuite transformé en cri d’amour», a confié avec une pointe d’humour le gynécologue obstétricien venu à l’écriture quelques années avant sa retraite. «Je n’avais aucune recette. Je me suis écouté et j’ai écrit», a dit ce fils d’instituteur dont les mots se veulent être «d’une grande rigueur». Evoquant son dernier ouvrage paru dernièrement aux éditions «Casbah» sous le titre «L’Afrasienne, ou la dérive des continents», l’auteur a précisé que c’est une œuvre de fiction «bâtie dans un environnement géographique et historique qui n’est pas imaginaire». «J’essaye de reconstituer l’environnement des années quarante», a ajouté l’écrivain septuagénaire qui raconte la vie de Samina, une petite fille née de père algérien et de mère indochinoise qui, après avoir vécu les horreurs de la guerre, mais aussi connu la solidarité algérienne, deviendra ingénieur dans l’Algérie indépendante. Revenant à sa dernière création, une pièce de théâtre, intitulée «L’Allée du sang», Belgacem Aït Ouyahia a affirmé que ce texte littéraire, écrit sous forme de vers, est tiré d’une histoire vraie mais que derrière la tragédie, il voulait surtout mettre en exergue «le respect qu’il y avait dans les villages ainsi que les valeurs ancestrales, notamment celle de la terre». Belgacem Aït Ouyahia, qui projette de publier un ouvrage sur Jugurtha «une combinaison de littérature et d’histoire» a, à son actif, outre «L’Afrasienne» et «L’Allée du sang», les livres «Pierres et lumières», «Les blés d’or du Chélif», et «Tala netemedwin», une adaptation des fables de la Fontaine avec une traduction en tamazight.

R. C.

 

 

 

 

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