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Les pro-Benflis ne veulent pas lâcher prise
Les mouhafadhas
bloquées
La feuille de
route tracée est maintenant à l’origine de sérieux rebondissements.
Les craintes
appréhendées avant lundi dernier, journée au cours de laquelle ont
été distribués les ordres de mission par Abdelaziz Belkhadem aux
superviseurs chargés de veiller sur l’ultime étape de renouvellement
des mouhafadas, se sont vite matérialisées. La feuille de route
tracée est maintenant à l’origine de sérieux rebondissements. En
effet, on lui reproche une «anticipation aggravée par l’absence
d’une approche consensuelle et une vision de monopole». Pour la
première fois depuis le 8e congrès-bis, la discorde gagne le sommet
de la hiérarchie du FLN. Et pour preuve, la répartition des tâches
entre les six superviseurs, et néanmoins membres de l’instance
exécutive du parti de la majorité ne garantit point, à en croire des
sources autorisées, le compromis, jusque-là affiché, par souci de
rassembler les deux ailes en rivalité au sein de la formation de
Abdelaziz Belkhadem. Les équilibres qui ont accompagné la phase de
redressement semblent être déstabilisés de nouveau et risquent
d’ébranler l’ordre établi et miner de manière préjudiciable la
soi-disant stabilité retrouvée. On apprend que les Abada, Bounekraf,
Goudjil contestent ouvertement «une répartition injuste et
illogique» par rapport aux équilibres supposés représenter les
tendances majeures du parti. Il est certain que les trois noms
sus-cités ont déjà envisagé de «boycotter le processus du
parachèvement de l’opération de renouvellement des mouhafadas»
prévu pour la fin de ramadan. Il était, par ailleurs, prévisible
d’en arriver là. La répartition faite par le SG, dont les membres
de l’instance exécutive affirment qu’elle a été «établie à
l’extérieur du parti» octroie 16 wilayas du centre (sur l’axe
Tipaza-Alger-Sétif) au seul Saâdani et 8 mouhafadas à l’est, en plus
des mouhafadas de Biskra et El Oued, toutes deux situées au Sud.
Le président de l’APN
et responsable des élus, Amar Tou, chargé des programmes à
l’instance exécutive ne souhaitaient pas mieux, alors que M. Abada
s’est vu octroyer 8 mouhafadas du sud avec
MM. Bounekraf et
Goudjil qui totalisent seulement 8 (donc 16 au total) contre 32
wilayas, si l’on compte le lot de
M. Bouhadja chargé
de superviser 8 mouhafadas de l’ouest. Par extrapolation, il revient
à dire que 1 041 kasmates, théoriquement affiliées, sont désormais
contrôlées par les redresseurs, contre seulement 500 qui reviennent
à leur collègues de l’instance exécutive. Avec cette nouvelle donne,
le FLN est en passe de subir la logique de l’impasse si le SG ne
respectera cet équilibre, si cher aux FLNistes des deux bords.
Voulant casser les
velléités de monopole, M. Belkhadem se trouve piégé par son propre
discours. Lui qui n’a pas caché «la difficulté de l’étape». Son
dilemme ne fait qu’agrandir dès lors que la grogne de ses proches
collaborateurs, longtemps tue, éclate maintenant au grand jour.
Satisfaire tout un chacun est chose impossible certes, mais que
fera-t-il devant cette nouvelle évidence, dont il faut tenir
compte ! Mais comment cèdera-t-il à la logique des uns et des
autres ? Et comment agira le SG pour épiloguer ce nouveau feuilleton
qui s’annonce en ce mois de ramadan ?
S. B.
Affectations
des six membres de l’instance exécutive
Abdelkrim Abada,
chargé de l’organique, supervisera l’opération dans le grand sud (8
mouhafadas) : Tindouf, Adrar, El Bayadh, Tamanrasset, Illizi,
Ouargla, Béchar et Ghardaïa.
Bouhadja Saïd,
chargé de l’information, supervisera les wilayas de l’Ouest (10
mouhafadhas), à savoir Oran, Tlemcen, Relizane, Mascara, Mostaganem,
Saïda, Tiaret, Naâma, Aïn Defla et Aïn Témouchent.
Abdelkader
Bounekraf sera dans les Hauts Plateaux pour superviser l’opération
dans 5 mouhafadas, celles de Djelfa, Médéa, M’sila, Laghouat et
Tissemsilt.
Tou Amar, chargé
des programmes, affecté à l’Est pour superviser les AG électives
(dans 10 mouhafadas) : Souk-Ahras, Tébessa, Guelma, Batna, Oum El
Bouaghi, Mila, Aïn M’lila, Khenchela, et deux wilaya du sud à savoir
Biskra et El Oued.
Goudjil Salah,
chargé des relations extérieurs, affecté au Nord Constantinois avec
(avec 5 wilayas) à savoir, Annaba, Constantine, El Tarf, Jijel et
Skikda.
Amar Saâdani,
responsable des élus, ratisse large en foulant 16 mouhafadas. Outre
la capitale (avec ses sept mouhafadas), il supervisera celles de
Béjaïa, Blida, Bordj Bou Arréridj, Boumerdès, Bouira, Chlef, Tizi
Ouzou, et Sétif.
A noter qu’il a
déjà accompli la mission de Tipaza, jeudi dernier.
Haut
Suspension de la grève du Cnes
Une semaine
pour valider l’année universitaire
Des assemblées
générales du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes)
ont été tenues, hier, à travers les universités du pays. La
suspension du mot d’ordre pour la grève illimitée suivie depuis le
13 mai dernier a été confirmée, après les engagements de la tutelle
allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des
enseignants du supérieur. Des engagements qui se traduisent,
convient-il de rappeler, par le décret promulgué concernant
l’attribution des logements au profit de cette catégorie de
travailleurs, les augmentations annoncées pour le 31 juillet dernier
et l’extinction des poursuites judiciaires contre un délégué du Cnes.
Cette organisation syndicale qui «voit en ces engagements un signal
d’apaisement de la part de la tutelle», attend cependant la
concrétisation sur le terrain de ces promesses. Si la grève est
suspendue à partir d’aujourd’hui, le préavis est toujours de vigueur
«au cas où les pouvoirs publics ne se décident pas à concrétiser les
promesses sur le terrain», nous rappelle un délégué du Cnes. A
souligner dans ce contexte que d’autres revendications n’ont pas été
abordées par le département de Harraoubia, entre autres, la levée
des poursuites judicaires contre neuf autres délégués, même si le
ministre en a annoncé l’extinction.
A souligner que
les enseignants affiliés à ce syndicat ont adopté, à l’unanimité, la
résolution concernant la tenue d’une semaine de remise à niveau dans
les universités concernées par la grève. «Les cours inachevés de
l’année universitaire écoulée seront terminés. Les enseignants
pourront se préparer pour les examens et les délibérations de fin
d’année», explique-t-on au Cnes qui, pour rappel, a boycotté les
examens de fin d’année et a procédé à la rétention des notes en
guise de protestation contre le mutisme des pouvoirs publics quant
aux revendications socioprofessionnelles de cette catégorie
d’enseignants. «Le Cnes a préféré le refus de la politique de
pourrissement dans les universités, en suspendant son action de
protestation, mais reste mobilisé pour la protection des droits des
enseignants».
Les revendications
des enseignants universitaires, datant de 1996, concernent, entre
autres, le statut de l’enseignant, l’augmentation des salaires et la
démocratisation de la gestion de l’université à travers l’élection
des recteurs et chefs de départements.
Fatima Arab
Haut
Les pro-Benflis ne veulent pas lâcher prise
Les mouhafadhas
bloquées
Même si El Hachemi
Djiar se défend d’être le porte-parole du gouvernement, voire de la
Présidence il n’en demeure pas moins qu’il agit de la sorte. Pour
preuve, la rencontre qu’il a animée hier au siège de l’APS et celle
que son département a organisée dernièrement avec d’autres ministres
au profit des directeurs d’organe.
Une série de
rencontres que le ministre de la Communication entend poursuivre
tant à son niveau qu’avec ses collègues du gouvernement puisque
promet-il ces derniers vont animer régulièrement des rencontres en
vue d’informer la presse sur leurs projets.
En un mot, El
Hachemi Djiar veut réhabiliter la communication institutionnelle.
Louable initiative, d’autant tient-il à préciser, elle n’obéit à
aucun autre calcul que celui de médiatiser le travail colossal qui
est en train d’être accompli dans le pays par les différents
départements ministériels. Ainsi donc «le porte-parole» improvisé
tiendra à faire une sorte d’évaluation des activités
gouvernementales durant la période estivale, avant de déborder sur
celles qu’aura le chef de l’Etat durant le mois de ramadan. Il
indiquera que le souci durant les trois mois de l’été aura été de
mettre en exécution les cinq orientations données au début du mois
de juin par le président de la République.
Orientations qui
consistaient, a souligné l’orateur, en «la nécessité de passer à la
vitesse supérieur dans le traitement des dossiers», «l’accélération
du rythme de mise en œuvre des réformes», de «la nécessité de faire
un suivi et une évaluation soutenus des programmes» et «de procéder
à la mise en œuvre de la réconciliation nationale».
Il sera aussi
souligné que le gouvernement n’a pas chômé durant cette période
puisqu’ il a été procédé à l’élaboration de textes de loi, de
schémas sectoriels, à la définition de nouveaux programmes dans le
cadre du plan 2005-2009 et à l’examen et à l’évaluation sur toutes
les coutures de 20 secteurs.
Aucun agrément
ne sera délivré
S’agissant de son
secteur, il précisera que ce laps de temps a été mis à profit pour
faire une évaluation globale. Il ajoutera que les dossiers
prioritaires ont été finalisés. Il se refusera toutefois à en dire
davantage puisqu’il estimera qu’il «est prématuré d’en parler». Il
annoncera cependant la création d’un centre multifonctions qui sera
mis à la disposition des journalistes. Pour ce qui est du fonds
d’aide à la presse, il indiquera qu’il «est difficile de donner de
l’argent. C’est pourquoi le ministère a opté pour une voie
intermédiaire. Celle qui consiste à investir cet argent sous la
forme d’aide indirecte. La subvention du prix du papier et les
ardoises impayées sur lesquelles les imprimeries ferment les yeux en
sont les formes les plus connues. Reste, affirmera le ministre que
l’Etat ne compte pas permettre la création de nouveaux titres
puisqu’aucun nouvel agrément ne sera délivré, informe-t-il.
L’explication
fournie est que «la parution de nouveaux journaux ne fera que
compliquer la crise puisqu’elle nécessitera des crédits
supplémentaires pour résorber le déficit en papier». L’argument
convaincra-t-il ? Le ministre indiquera que la stratégie en cours
vise au contraire «à assainir la situation pour assurer la viabilité
des titres existant».
Il ajoutera pour
lever toute équivoque que «le système est fragile et l’essentiel est
de garantir le pluralisme de la presse» matérialisé par la présence
sur le marché de 43 quotidiens et 80 périodiques. Le même niet est
opposé à l’ouverture au privé du champ de l’audiovisuel. Pour ce qui
de la loi sur l’information et notamment sur son côté pénalisant, il
déclarera qu’il n’y a aucun amendement qui est prévu. Le ministre
affirme qu’il n’est pas partisan du
«changement pour
le changement». Et de préciser que «le changement intervient
lorsqu’il y a problème». Or, indiquera-t-il, la loi 90 est «la plus
libérale qui soit, n’est pas contraignante et ne pose aucun
problème». Pour ce qui est de la pénalisation du délit de presse, il
soutiendra que «toute activité sociale a besoin de règles». Et que
ces dispositions ont été retenues à l’encontre «des gens qui abusent
de cette liberté de la presse».
Le référendum
en temps opportun
Mais si El Hachemi
Djiar a montré une certaine aisance lorsqu’il s’est agi d’évoquer
les problèmes relevant de son secteur, il l’aura été moins dès qu’il
aura fallu répondre aux autres sollicitations des journalistes.
Interpellé sur les questions politiques, il fera de son mieux pour
ne pas y répondre.
Sur l’absence d’un
bilan de la charte, il dira que «ce bilan sera présenté», rappelant
au passage la «pertinence» de ce choix politique, et le succès
«incontestable» de la démarche. Reste, précisera le conférencier que
«le dossier est en cours, et qu’il est prématuré de l’évoquer», pour
ce qui est du projet de la révision de la loi fondamentale et sur
l’élaboration de la copie, il se contentera d’indiquer que «le
référendum se tiendra en temps opportun».
Pour les
négociations sur les salaires, il éludera le sujet en déclarant ne
pas «vouloir empiéter sur les prérogatives» de son collègue en
charge du dossier.
Nadia Kerraz
Haut
Le programme du Président durant ramadan
«Bouteflika est en
excellente santé et il travaille normalement». Ce n’est pas son
médecin qui le dit mais son ministre de la Communication. Il a fait
cette déclaration lors de sa rencontre hier avec les journalistes.
El Hachemi Djiar ira jusqu’à dévoiler une partie de l’agenda du
président pour les 30 prochains jours. Ainsi, il déclarera que
Abdelaziz Bouteflika a décidé de tenir des séances de travail, des
sortes de conseils ministériels restreints pour passer en revue
l’ensemble des secteurs. Pour ce qui est de son absence à
l’Assemblée générale de l’ONU, il fera remarquer que «tous les chefs
d’Etat ne vont pas à l’ONU».
N. K.
Haut
Après son retour tumultueux au pays
A quoi sert
maintenant Rabah Kebir ?
On a beau faire
valoir la «force de frappe» de Kebir, une prétendue agilité
politique qui manquait terriblement à ses acolytes du FIS. Rien de
tout cela. Son retour a vite tourné au show et n’a été qu’une
manœuvre parmi tant d’autres. Voilà tout.
Maintenant que le
«Messie» est rentré au bercail. Maintenant que son intention de
reprendre la politique sous la coupe d’une nouvelle formation est
connue de tous. Maintenant que son soutien à la charte pour la paix
et de la réconciliation nationale est officiellement annoncé et
assumé. Maintenant aussi que sa volonté de prêter main forte au
gouvernement pour convaincre les terroristes du GSPC de rendre les
armes est enfin acquise. Maintenant que plusieurs partis politiques,
islamistes ou non, applaudissent ses déclarations et ses intentions
pacifiques. Maintenant que ses anciens alter ego au FIS le savent
«neutralisé», voire «normalisé» et donc, pas du tout apte à rendre
au parti dissous ses lettres de tristesse. Maintenant alors,
posons-nous la question suivante : est-il capable, Rabah Kebir, de
joindre l’acte à la parole et faire preuve, comme le souhaitent ceux
qui l’ont fait rentrer au pays, en violation des dispositions de la
charte, d’efficacité dans le règlement définitif de la situation
sécuritaire ? Là est tout le dilemme et nul, à proprement parler, ne
parierait un sou sur la réussite d’une mission aussi délicate. Quel
poids reste-t-il à cet ex-dur à cuire du FIS pour peser de tout son
poids «supposé» sur les troupes armées du GSPC ? Comment un homme
qui a passé quatorze années loin du pays et de la réalité du
terrain– et surtout celle des maquis– puisse jouer un quelconque
rôle ? On voit très mal Rabah Kebir réussir là où son ex-maître à
penser, Abassi Madani, a lamentablement échoué. Même Ali Benhadj, le
Fisiste aux dents longues, n’est en mesure de remplir une telle
tâche tant les choses sur le terrain se sont compliquées. Et sur
quel registre devrait-il jouer pour faire convaincre une
organisation qui rejette dans le fond et dans la forme toutes les
mains tendues du pouvoir ?
Avec qui en plus
négocier, si le groupe terroriste qui continue à ce jour à tuer et à
massacrer, active officiellement, depuis quelque temps, sous les
ordres d’Oussama Ben Laden. Kebir autour d’une table dans les
grottes de Tora Bora, avec l’homme le plus recherché de la planète ?
Soyons un peu sérieux. Une blague que même George W. Bush trouvera
de mauvais goût.
On a beau faire
valoir la «force de frappe» de Kebir. A lui trouver des vertus
surnaturelles. Une prétendue agilité politique qui manquait
terriblement à un Ali Benhadj ou Anouar Haddam. Rien de tout cela.
Force est justement de constater que son retour au pays a vite
tourné au show et n’a été, au bout du compte, qu’une manœuvre parmi
tant d’autres visant à faire croire à une opinion nationale et
internationale les mérites de la charte et de la politique
réconciliatrice dont le Président Bouteflika s’est fait le
principal, pour ne pas dire, l’unique auteur.
Amine Goutali
Haut
Un ramadan sans augmentation de salaires
Les promesses
non tenues de l’UGTA
Voila que le mois
sacré du ramadan est là et rien ne pointe à l’horizon, pour ne
pas dire que rien n’a été fait au sujet des multiples promesses
émises par l’UGTA en direction des travailleurs. De nombreuses et
grandes promesses en fait, qui concernent les augmentations de
salaires pour l’ensemble des travailleurs et le paiement des
arriérés de salaires pour 37 000 travailleurs. Aussi, il faut le
dire, on assiste depuis le début de cette histoire à une série de
déclarations et de «vente de vent» sans plus. De «l’accord des SGP
sur l’idée de l’augmentation, aux 200 milliards de centimes de
salaires impayés, en passant par les 15 000 DA de SMIG, sans
oublier pour autant la tenue de la fameuse tripartite au mois de
ramadan et enfin les 20 % d’augmentation au profit des travailleurs
du secteur public», rien n’a été omis pour redonner de nouveau de
faux espoirs à des milliers de travailleurs, qui devaient faire les
frais d’une rentrée sociale des plus difficiles. Ainsi, c’est une
rencontre UGTA-Patronat portant conventions collectives de branches
dans le secteur économique privé, qui prend les devants de la scène
à la veille du mois de ramadan. Avant cette réunion, les
représentants de l’UGTA se disent optimistes quand à la réaction des
représentants du patronat, lesquels sont pour le principe
d’augmentation des salaires. Donc et contrairement au secteur
économique public où l’on a assisté à un bras de fer entre les
fédérations et les SGP, on observe cette fois-ci, à un bon début
pour ce volet des négociations entre le partenaire social et les
cinq organisations patronales, en l’occurrence la Confédération
nationale du patronat privé (CNFPA), la Confédération algérienne du
patronat (CAP), la Confédération des industriels et producteurs
algériens (CIPA), la Confédération générale des entrepreneurs
algériens (CGEA) et Savoir et vouloir entreprendre (SEVE) des
entrepreneurs femmes. A ces dernières, l’UGTA avait transmis le 26
août dernier toute une série de propositions auxquelles les
organisations patronales devaient répondre. D’un autre côté, la
réunion de jeudi dernier, de la commission chargée de l’élaboration
du dossier du pacte économique et social, présidée par le ministre
du Travail et de la Sécurité sociale s’est soldée par une esquisse
consensuelle englobant les visions des partenaires de la tripartite.
La copie finale a été revue et corrigée. De même que le ministre a
donné «des instructions strictes pour que le pacte économique et
social soit signé dans les tout prochains jours en présence de M.
Abdelaziz Belkhadem, Chef du gouvernement lors de la tripartite»,
selon ce qu’à rapporté hier, notre confrère El Moudjahid. Voilà
encore une nouvelle information portant sur la tenue d’une
tripartite dans les prochains jours, qui vient s’ajouter à celle
faite dernièrement par le ministre des Participations et de la
Promotion des investissements qui a assuré de son côté que les
salaires des 37 000 travailleurs seraient payés dans les prochains
jours. Ce sont aussi dans ces «prochains jours» qu’il était
question de voir le conflit Fédérations-SGP aboutir un dénouement
heureux, celui d’une augmentation des salaires tournant autour de
30 à 35 %. Cependant, cela s’est terminé sur un total blocage et le
campement des représentants des SGP sur le fait qu’ils n’étaient
disposés à accorder que 15% au maximum. Une proposition qui a déçu
plus que jamais les représentants des Fédérations, qui avaient fini
par faire dans la concession en faisant baisser le taux revendiqué
jusqu’à 24%. Et alors que de part et d’autre, il a été fait
allusion au recours à l’arbitrage de Belkhadem comme dernière étape,
la fédération des travailleurs de la mécanique et de la métallurgie
a opté pour le rassemblement devant le siège des SGP à Hydra, tout
en promettant une récidive le 27 septembre, au cas où aucune mesure
positive n’est décidée en leur faveur dans «les prochains jours».
Aussi, il ne reste alors qu’à attendre ce qu’il y aura comme
nouvelles promesses, ou comme solution miracle, toujours dans les
«prochains jours». Mais en attendant, il est demandé aux
travailleurs de prendre leur mal en patience et d’espérer des jours
meilleurs.
Les patrons
d’accord pour une hausse de 20%
Les représentants
de et des organisations patronales ont convenu, hier, de se revoir
ce mercredi pour «adopter définitivement le document de
l’avant-projet de la convention de branche et des augmentations
salariales dans le secteur économique privé». Un groupe de travail,
issue de cette bipartite, a été mis en place afin de s’atteler, dès
aujourd’hui, à «l’enrichissement et la révision dans la forme des
articles de l’avant-projet de la convention de branche qui en compte
138 et qui sera définitivement adopté mercredi», a indiqué M. Sidi
Saïd, ajoutant que «le document sera soumis à la tripartite prévue à
la fin du mois de septembre et à l’issue de laquelle la convention
sera signée de manière solennelle». Ce groupe de travail est composé
de deux représentants de chaque organisation patronale, au nombre de
cinq, et de deux représentants de l’UGTA. Lors de la première séance
de samedi, M. Sidi Saïd s’est «félicité» du «consensus» entre les
différentes parties, ajoutant que cette convention vise à
«normaliser les relations de travail au sein des entreprises
économiques du secteur privé», qualifiant cela «de première en
Algérie». M Sidi Saïd a, en outre, précisé, que «les organisations
patronales sont d’accord pour le principe des augmentations
salariales», rappelant que l’UGTA a proposé de relever les salaires
à hauteur de 20%».
Habiba Ghrib
Haut
Mouvement citoyen
Un mémorandum
sur la révision de la Constitution
La coordination
interwilayas des aârouch réunie ce week-end à Aït Abdelmoumène dans
la région des Ouadhias a adopté un document intitulé «Mémorandum
pour une République démocratique et sociale en Algérie».
Un document où le
mouvement citoyen se prononce sur la révision de la Constitution
dans la «prétention de participer au débat politique et apporter la
vision du mouvement sur cette question délicate» écrivent les
rédacteurs du document.
Pour les délégués
du mouvement citoyen, la prochaine révision de la Constitution «ne
doit pas encore rater une autre occasion pour l’instauration d’une
véritable République démocratique et sociale» et pour ce faire, les
aârouch estiment que la révision de la Constitution ne doit pas
passer outre les préoccupations nationales. Selon eux, la révision
de la loi fondamentale «doit prendre en charge définitivement la
question identitaire, notamment la langue amazigh de manière à
réconcilier le peuple avec son histoire» et cela ne saura se faire
sans la reconnaissance du statut de langue officielle à cette langue
devenue nationale depuis 2002, souligne le mouvement citoyen qui
estime également nécessaire de consacrer l’algérianité comme
personnalité du peuple algérien tout en n’omettant pas de faire
référence à son appartenance nord-africaine, ce qui aura comme
conséquence, expliquent les aârouch, la dilution de l’identité
algérienne dans le moule arabo-islamique.
L’autre point que
la prochaine révision aura à ne pas négliger, est celui des droits
de la séparation entre la politique et le religieux. A ce propos,
les délégués pensent que «la Constitution se doit de séparer
nettement la religion qui relève du domaine privé, c’est-à-dire de
la foi, de la politique, qui, elle, appartient au domaine public».
Allant plus loin, ils suggèrent de «corriger» ce qu’ils appellent
une contradiction entre «la liberté de conscience et garantie» et
«l’islam est la religion de l’Etat». A propos de l’exercice de la
démocratie les aârouch ajoutent que l’alternance au pouvoir doit
être obligatoirement «assurée et de manière démocratique, en
écartant toutes dispositions à même de l’accès à la magistrature
suprême du pays». En ce qui concerne le combat du mouvement citoyen
pour l’aboutissement de la plateforme d’El Kseur devenue après son
explication notamment par le document de mise en œuvre, un projet de
société, certaines des revendications qu’elle comporte ne peuvent
être satisfaites s’il n’y aura pas révision de la loi fondamentale,
et les aârouch soulignent que «les points 8, 9, 11 et 13 de leur
document référentiel impliquent pour leur réalisation une somme de
redressements politiques la plupart à caractère constitutionnel».
A ce titre, il est
proposé entre autre, dans le document des aârouch, pour garantir la
séparation effective des pouvoirs (législatif, exécutif et
judiciaire), de porter à un quart au lieu d’un tiers le nombre des
membres du Conseil de la nation qui sont désignés par le président
de la République , la révision de la composition actuelle du Conseil
supérieur de la magistrature. Pour l’institution d’un contrôle
«réel, efficient et permanent par des instruments indépendants», il
est proposé la révision des modalités de désignation des composantes
de la Cour des comptes, de la cour de l’Etat du Conseil
constitutionnel, du Conseil d’Etat, du Conseil supérieur de la
magistrature suprême, de la Cour suprême et de la Haute cour d’Etat.
Pour les aârouch, ces organes «ne doivent pas dans être dans la
composante majoritaire, désignée directement ou indirectement par
l’Exécutif comme c’est le cas actuellement». Par ailleurs, le
mouvement citoyen juge utile d’introduire des amendements aux
articles 2, 3, 36, 42, 55,56,73 et 138 de la Constitution. En sus de
cela, ils demandent la levée de l’état d’urgence ou «sa prorogation
de façon légale» et la mise en place d’une large décentralisation
pour une démocratie participative» et proposent «l’introduction
d’une autre entité, à savoir une autre collectivité élue et homogène
qui sera intermédiaire entre les collectivités locales et le pouvoir
central». Le mouvement citoyen qualifie son mémorandum de
«proclamation de la base politique minimum nécessaire à la promotion
des droits fondamentaux et inaliénables du citoyen».
Zahra H.
Haut
Blocage du dialogue gouvernement-aârouch
Pour une
intervention urgente du Président Président
Face à la lenteur
dans l’application des revendications contenues dans la plate-forme
d’El Kseur, le mouvement citoyen des aârouch demande «l’intervention
urgente du président de la République afin que l’Etat algérien
honore ses engagements». En effet, dans une déclaration rendue
publique hier, la coordination interwilayas constata à la lumière
d’un bilan du processus de mise en œuvre de la plate-forme d’El Keur
qu’»il est évident que beaucoup de chemin reste à faire pour la
concrétisation des revendications acceptées et consignées dans le
protocole d’accord du 15 janvier 2005». Aussi, face à ce constat du
dialogue gouvernement/aârouch, la coordination interwilayas du
mouvement citoyen qui cite dans sa déclaration quelques-unes des
revendications qui n’ont pas connu d’application, tels
l’officialisation de tamazight, le jugement des auteurs des
assassinats, l’allocation chômage, la mise en place d’une large
décentralisation…, dénonce ce qu’elle qualifie de «situation
inadmissible, de lenteur et de blocage (qui) complique davantage la
politique de développement, promise par l’Etat». Une situation qui a
incité les aârouch à interpeller le premier magistrat du pays à
propos des «manifestes blocages relatifs à la mise en application
des engagements pris au nom de l’Etat durant le processus du
dialogue () et à tirer la sonnette d’alarme et demander
l’intervention urgente du président de la République afin que l’Etat
algérien honore ses engagements pour l’intérêt supérieur de la
nation».
Zahra H.
Haut
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