Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Menaces

La mégalomanie qui semble habiter le jeune leader nord-coréen le pousse à se lancer dans des menaces et des provocations à intervalles soutenus. Certain ainsi de faire parler de lui, Kim Jong-un, n'oublie pas de faire sa déclaration mensuelle en s'adressant à la Corée du Sud à qui il enjoint de cesser toute collaboration militaire avec les États-Unis. En effet, Pyongyang a appelé hier la Corée du Sud à la "réconciliation" tout en exigeant la fin des exercices militaires avec les États-Unis, une condition inacceptable annonçant une possible provocation, selon les experts. Dans une lettre ouverte envoyée sur ordre de son numéro un Kim Jong-un pour promouvoir “la réconciliation et l'unité”, la Corée du Nord a souhaité l'arrêt de toutes les hostilités avec Séoul.  "Ce qui est important pour (...) améliorer les relations entre le Nord et le Sud, c'est de prendre une décision courageuse afin d'arrêter toutes les actions militaires hostiles”, a indiqué la lettre émanant de la Commission nationale de défense (NDC), la principale institution militaire de Corée du Nord. La semaine passée, la NDC a fait une série de propositions appelant la Corée du Sud à annuler ses manœuvres militaires conjointes avec les États-Unis, prévues en février, et à mettre un terme à la surenchère d'insultes entre les deux pays. Séoul a rejeté ces offres les taxant de “fallacieux” exercice de propagande, et averti que Pyongyang pourrait au contraire préparer le terrain à une nouvelle provocation visant à déclencher une confrontation entre les deux Corée. "Il est regrettable que les autorités sud-coréennes campent sur une attitude incorrecte et une position négative”, a réagi la NDC dans la lettre ouverte. Le Sud “ne devrait pas mettre en doute (notre proposition) sans réfléchir, mal interpréter et rejeter précipitamment notre sérieuse et sincère proposition”, a-t-elle ajouté. Pyongyang ne demande pas à ce que la Corée du Sud mette un terme à ses manœuvres ordinaires mais lui demande de “stopper ses exercices en vue d'une guerre avec l'appui de forces extérieures”, selon ce courrier. La semaine dernière, les Nord-Coréens avaient annoncé “un holocauste défiant l'imagination” si les exercices avaient bien lieu. Des menaces qui se suivent et se ressemblent. Toutefois, les Américains notamment ne semblent pas certains du degré de sérieux que renferment ces menaces et prennent malgré tout leur précaution envers Pyongyang. Le moindre incident dans la région avec la Chine et le Japon notamment pourrait mener à une escalade dont les conséquences pourraient être catastrophiques et s'étendre sur le reste du monde.

F. M.

 

Monde

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 25/01/14

 

Ukraine

Les manifestants occupent un ministère après l'échec des pourparlers

Les manifestants ukrainiens pro-européens sont passés à l'offensive hier en occupant un ministère et dressant une nouvelle barricade dans le centre de Kiev après des négociations entre le président et les chefs de l'opposition jugées décevantes par ces derniers.

Des militants du mouvement d'opposition Spilna Sprava (Cause commune) ont pris d'assaut dans la nuit de jeudi à hier le ministère de l'Agriculture situé sur l'avenue principale Khrechtchatik, à 100 mètres de la place de l'Indépendance baptisée Maïdan, haut lieu de la contestation contre le régime depuis plus de deux mois. Après les négociations jeudi soir entre le président Viktor Ianoukovitch et les leaders de l'opposition qui se sont soldées par de modestes concessions, “il est devenu clair que nous devons préparer nous-mêmes l'offensive promise” par les chefs de l'opposition, a écrit dans la nuit sur son compte Facebook Olexandre Danyliouk, leader du mouvement. “Nous avons commencé. Les militants de Spilna Sprava viennent d'occuper le bâtiment du ministère de l'Agriculture”, a-t-il ajouté. Kiev dont le centre est occupé depuis fin novembre par les manifestants pro-européens après la volte-face du pouvoir sur un rapprochement avec l'Union européenne au profit de la Russie est le théâtre de heurts violents entre manifestants radicaux et forces de l'ordre depuis dimanche qui ont fait cinq morts. L'opposition a reconnu sa déception jeudi après des pourparlers avec le président Viktor Ianoukovitch et a enjoint les manifestants à tout faire pour éviter une nouvelle flambée de violences. “Notre mouvement sera uniquement pacifique. Nous maintenons la garde, aucun pas en arrière”, a lancé Arseni Iatseniouk, leader du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko devant quelques dizaines de milliers de personnes rassemblées place de l'Indépendance. Aucun heurt n'a été constaté après l'annonce de cet échec et le calme demeurait hier matin rue Grouchevski, théâtre des affrontements violents des jours précédents, malgré une certaine amertume. Les manifestants, à l'invitation des chefs de file du mouvement, se sont en revanche activés toute la nuit pour repousser les limites du camp retranché constitué autour de la place depuis deux mois. En quelques dizaines de minutes, ils ont dressé une nouvelle barricade haute de près de trois mètres sur la rue Institutska à l'aide de sacs de neige. Le boxeur Vitali Klitschko, l'un des leaders de l'opposition a appelé les manifestants à Kiev dans la nuit à “élargir le territoire de Maïdan tant que le pouvoir ne nous entendra pas”. Il a souligné que la seule concession promise jeudi par le président Ianoukovitch était “une promesse de libérer tous les militants et d'arrêter la pression s'il n'y a pas de confrontation”.*”Plusieurs villes de l'Ouest se sont rebellées aujourd'hui. Il y en aura d'autres demain. Nous devons faire en sorte que toute l'Ukraine se rebelle”, a-t-il lancé devant les manifestants. A Lviv, fief des nationalistes pro-européens à l'Ouest de l'Ukraine où des manifestants ont occupé la veille le conseil régional, des barricades ont été érigées hier et une scène installée dans le centre-ville. Au total, des milliers de manifestants ont lancé l'occupation des administrations des gouverneurs de plusieurs régions ukrainophones acquises au mouvement de contestation. Outre Lviv, où les manifestants empêchent le gouverneur nommé par le président de fonctionner, des occupations au moins temporaires ont été constatées à Ternopil, Rivne, Khmelnitsky (ouest), ou encore Tcherkassy (centre). Sur le front diplomatique, les appels au dialogue se sont multipliés jeudi. L'Union européenne a obtenu l'assurance que le pouvoir ukrainien n'allait pas décréter l'état d'urgence et a annoncé une visite de la diplomate en chef de l'Union européenne, Catherine Ashton, la semaine prochaine. Le vice-président américain Joe Biden a prévenu Ianoukovitch que la poursuite des violences aurait des “conséquences” sur les relations entre les deux pays. La Russie, qui a accordé à l'Ukraine un plan de sauvetage financier de 15 milliards de dollars, a promis de son côté de ne pas intervenir “dans les affaires intérieures de l'Ukraine”.

A.O.

 

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