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Cinq ans de prison
pour un escroc
Il
promettait l’Afrique du Sud à ses victimes
Il
faisait croire à ses victimes qu'il était en mesure de
les transporter pour assister au match d'Oum Derman et
autres qui seront disputés durant la Coupe du monde 2010
en Afrique du Sud en contrepartie d'une somme d'argent
«abordable».
Le
tribunal pénal de Sidi M’hamed a condamné en fin de
semaine un jeune homme d’une trentaine d’années à cinq
ans de prison ferme pour avoir escroqué des supporteurs
de l’équipe nationale de football à l’occasion du match
décisif disputé par les Verts au Soudan. Le mis en cause
faisait croire à ses victimes qu’il était en mesure de
les transporter pour assister au match d’Oum Derman et
autres qui seront disputés durant la Coupe du monde 2010
en Afrique du Sud en contrepartie d’une somme d’argent
abordable. Le mis en cause a embobiné de la sorte
plusieurs victimes profitant de l’enthousiasme qui a
gagné les supporteurs des Verts après la victoire de
l’équipe nationale réalisée sur leur adversaire égyptien
au Soudan. Le procureur de la République près le
tribunal de Sidi M’hamed a requis une peine de huit ans
de prison ferme pour escroquerie contre le prévenu dans
cette affaire. Le mis en cause dans cette affaire n’est
autre qu’un ex- travailleur de l’entreprise publique des
offres et des appelles d’offres qui s’est d’ailleurs
constituée partie civile dans ce procès. Le mis en cause
a utilisé le nom de ladite entreprise pour louer
plusieurs espaces publicitaires dans la capitale dont 8
espaces d’affichage au niveau de l’hippodrome du
Caroubier. Suite à cela, plusieurs jeunes désirant faire
le voyage en Afrique du Sud pour soutenir l’équipe
nationale se sont bousculés au portillon pour
s’inscrire, en contrepartie de la somme de 40 000 Da. Le
mis en cause ne s’est pas contenté de cela mais a même
poussé l’outrecuidance jusqu’à demandé des subventions
auprès de plusieurs grandes entreprises de droit
algérien. Il a obtenu de la sorte une somme de 25
millions de centimes.
S.H.
Emeutes de Zemmouri
Vingt manifestants arrêtés
Au
troisième jour de la mort du jeune B. Moussa et les
émeutes qui se sont produites, le calme semble revenir à
Zemmouri. Aujourd’hui, l’on parle de bilan. Les dégâts
occasionnés sont considérables et estimés à plusieurs
centaines de millions de dinars. Pour ne citer que les
édifices publics (l’agence commerciale de l’Algérienne
des eaux, l’Inspection des contributions diverses,
l’Agence payeur de la Cnas) qui ont été incendiés.
L’actuel siège de l’APC, jadis maison des jeunes, n’a dû
son salut qu’à la vigilance des forces de l’ordre,
lesquels ont usé de tous les moyens pour sauvegarder
aussi bien la structure que le parc automobile situé à
l’intérieur. Dans la matinée d’hier, toutes les équipes
de la voirie ont été mobilisées pour entreprendre les
travaux de déblayage des routes.
Dans
la nuit de vendredi à samedi, les émeutiers ont pris à
partie les forces de l’ordre. D’autres se sont attaqués
à la caserne des gardes communaux, endommageant le
portail de la caserne. Hier, le calme régnait à
Zemmouri. Il est à rappeler
qu’une
commission composée de personnes âgées et d’émeutiers a
été reçue par le chef de sûreté de la wilaya de Boumerès.
Selon
des témoins, des jeunes individus dont l’âge ne dépasse
guère les 25 ans, venus d’autres horizons, entre autres,
Aïn-El-Hamra (Bordj Ménaiel) fief des groupes
terroristes armés, des Issers, Dellys et d’autres
régions avoisinantes sont venus renforcer les rangs des
émeutiers.
A.K.
Décédé jeudi à l’âge de 64 ans
Abdelkader Djeghloul inhumé hier au cimetière de
Ben-Aknoun
Le
conseiller auprès du président de la République, le
sociologue Abdelkader Djeghloul, a été inhumé samedi au
cimetière de Ben-Aknoun à Alger. Des membres du
gouvernement, des responsables de partis politiques, des
intellectuels, ainsi que les proches du défunt étaient
présents à l’enterrement. Abdelkader Djeghloul est
décédé jeudi à l’âge de 64 ans des suites d’une longue
maladie. Sociologue, anthropologue et psychanalyste, il
était l’un des universitaires pionniers qui ont
contribué à faire connaître la sociologie et comptait
parmi les intellectuels ayant permis une meilleure
compréhension du phénomène sociétal, particulièrement
durant la période où il animait le Centre de recherche
et d’information documentaire en sciences sociales et
humaines à l’université d’Oran. Homme de rigueur et de
conviction, il avait incarné la nouvelle génération des
sociologues ayant à cœur une réalité nationale ouverte
sur l’autre. Le défunt était l’auteur de plusieurs
ouvrages et de huit études sur l’Algérie, publiées
respectivement par l’Enal et l’Anep en 1984, 1986 et
2004.
La
question du jour
Les
premières heures du premier jour de ramadhan
Le
nombre et la diversité des mesures prises par le
ministère du Commerce pour étouffer dans l’œuf la
spéculation sur les produits alimentaires qui,
traditionnellement, frappe fort dès les premières heures
du premier jour du ramdhan, sont impressionnants. C’est
bien la première fois que les autorités compétentes s’y
prennent d’aussi loin, et de différents biais, pour
contrecarrer une tendance qui semble irrépressible,
compte tenu de tout ce qui a été accompli vainement
dans le passé pour faire en sorte que les prix restent
au même niveau que la veille.
La
gageure n’est pas facile à tenir, même si les pouvoirs
publics n’ont rien négligé dans cette optique. Leur
tâche est d’autant plus malaisée qu’il ne s’agit pas non
plus, à ce qu’ils disent en tout cas, de remettre en
cause le sacro-saint principe de la liberté des prix.
Cela veut dire qu’il n’entre pas dans leur intention de
substituer leur diktat à ce régulateur «endogène» qu’est
«l’équilibre» de l’offre et de la demande, autrement dit
la main invisible d’Adam Smith. Celle-ci, assurent-ils,
continuera de jouer pleinement son rôle.
Sauf
que cette fois sa juridiction ne peut aller au-delà d’un
certain plafond édicté par une instance supérieure à
elle, celle du régulateur en dernier recours, le
gouvernement.
D’où
la première difficulté que ce dernier doit affronter. En
réalité, il n’a le droit d’imposer une limite stricte à
ne pas dépasser, sous peine de sanctions, que pour les
produits subventionnés par lui. Il va en étendre la
liste justement, pour en porter le nombre à 15, à ce que
l’on dit. Hors ces produits subventionnés, aux prix en
réalité administrés, que compte-t-il faire pour tenir en
respect les spéculateurs ? Ceci : amender la loi sur la
concurrence, de sorte qu’elle l’autorise, sinon à fixer
les prix eux-mêmes, du moins à délimiter les marges
bénéficiaires prélevées par les intervenants aux
différents stades de la commercialisation.
Si le
gouvernement n’envisageait que ces deux types d’action,
ressortant l’une et l’autre à la régulation au sens
classique du terme, il serait facile de prédire son
échec dès maintenant. Mais il envisage la mise en œuvre
d’autres mesures, qui, elles, sont d’une autre
inspiration. Ce sont elles qui en réalité trancheront
l’explication à venir, entre lui et les autres
protagonistes que sont les filières et les lobbies en
charge des produits alimentaires, et qui s’ouvrira dans
la deuxième semaine du mois d’août, le moins le plus
chaud de l’année.
En
effet, les pouvoirs publics envisagent d’importer en
quantité suffisante, pour en inonder le marché, les
produits dont les prix connaissent traditionnellement
l’augmentation la plus importante et la plus immédiate,
enclenchant la spirale inflationniste, dont on sait
maintenant qu’elle ne retombe pas à la fin du ramadhan,
mais au contraire poursuit sur sa lancée bien au-delà.
Ainsi en est-il en particulier des légumes secs et des
viandes. Peut-être même du citron, dont le prix est
susceptible d’atteindre des sommets.
Il se
trouve, enfin, que cette année-ci, le ramadhan survient
à un moment faste de l’année : celui des récoltes. Cette
conjonction astrale devrait aussi profiter au
gouvernement.
Pour
autant, il ne convient pas de vendre la peau de l’ours
avant de l’avoir tué.
La
partie s’annonce rude, car, bien que cernés de toutes
parts, les spéculateurs n’ont pas encore dit leur
dernier mot. En fait, ils ne risquent pas de le dire.
Pour eux, dire c’est agir.
De
sorte qu’on ne saura vraiment de quel bois ils se
chaufferont que lorsque les fers seront croisés, les
premières heures du premier jour de ramadhan.
C’est
le gouvernement, et notamment le ministre du Commerce,
qui a à prouver quelque chose, pas eux. Le luxe des
moyens qu’on se prépare à déployer pour les mettre en
échec dit assez cependant qu’ils ne sont pas
sous-estimés.
Mais
si, d’aventure, ils remportent la partie, si, autrement
dit, la stabilité des prix n’est pas au rendez-vous en
dépit de tout ce qui est entrepris pour ce faire, alors
de deux choses l’une : ou le gouvernement s’avoue vaincu
en se repliant sur ses fonctions de régulateur au sens
classique, et donc en leur laissant le champ libre, ou
bien il achève de descendre dans l’arène en se faisant
un opérateur à peu de chose près au même titre que ceux
à qui il veut se colleter.
Par
Mohamed Habili
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