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Les parents d’élèves montent au créneau
«Il faut revoir
la carte scolaire»
Le président de
l’Union des parents d’élèves de la wilaya d’Alger (UPEWA) est
longuement revenu sur le problème de la carte scolaire qui décourage
parents, élèves et enseignants.
«Que ceux qui ont
fait la carte scolaire emmènent leurs enfants dans les
établissements choisis!», lance d’emblée M. Salah Amar Yahia, lors
d’une conférence de presse qu’il a animée hier au siège de son
association à Alger. S’étalant sur ce problème, il dira que les
orientations des élèves se font souvent de manière aléatoire, sans
la considération de leur choix, de leur compétence et de leur
moyenne annuelle qui, pourtant, définit la carte scolaire.
«Des élèves qui
ont eu quatre de moyenne générale ont été orientés vers la filière
techniques mathématiques avec un coefficient
de 7 ! Cela veut
dire quoi ? Les parents sont mécontent, certains préfèrent même
faire redoubler l’année à leurs enfants pour les orienter vers une
autre spécialité», explique-t- il. Pour rappel, les différentes
spécialités ont été introduites avec la réforme scolaire pour les
lycéens dès la deuxième année secondaire. Pour les littéraires, il
existe deux filières : langues étrangères et lettres et philosophie,
pour les scientifiques s’offrent quatre spécialités : gestion et
économie, sciences naturelles, mathématiques et techniques
mathématiques, cette dernière présente quatre autres options.
Selon les
statistiques officielles, seulement 5% des élèves sont orientés
selon leurs vœux, les autres selon la moyenne générale ou l’avis des
conseils de classe. «Cette situation perturbe les enfants, certains
souffrent même de dépression car ils se retrouvent dans des
établissements éloignés de leurs communes ou daïras de résidence –
comme les lycéens d’El Harrach qui se retrouvent à Rouiba et des
lycéens de Hammadi qui se retrouvent à Dar El Beida –, cela se
complique d’autant plus qu’il n’y a ni transport ni cantine
scolaires, les enfants sont ainsi exposés à tous les risques».
Evoquant la moyenne de passage qui a été fixée par le ministère de
l’Education à 10/20, l’orateur affirme qu’elle n’est pas respectée.
«Certains réussissent leur année avec 8 de moyenne parce qu’ils sont
épaulés ou achètent leur passage alors que ceux qui méritent la
réussite se retrouvent exclus ! Cela se passe dans nos écoles,
certains parents d’élèves veulent porter plainte mais ils ont peur»,
souligne-t-il, précisant que «le favoritisme et le clientélisme et
la gestion subjective» pourrissent certains établissements
scolaires. S’agissant du livre scolaire, le président de l’UPEWA
indique que le changement du manuel a été plus une «opération
commerciale» qu’autre chose. «Les milliards qui ont été débloqués
auraient mieux servi s’ils étaient dépensés pour aider le transport
et les cantines scolaires».
Par ailleurs, M.
Salah Amar Yahia s’est interrogé sur la place réelle de son
association puisque celle-ci est écartée des commissions de recours.
Belkhedim Irane
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Pour dénoncer l’inexistence de transport scolaire
Les écoliers de
Mahelma en grève
L’association des
parents d’élèves du quartier Sidi Bennour de la commune de Mahelma a
appelé au boycott des établissements scolaires a partir
d’aujourd’hui. Après avoir frappé à toutes les portes pour venir en
aide aux élèves qui souffrent le martyre en raison du manque
flagrant en moyens de transport, les habitants de Mahelma ont opté
pour la solution extrême : la grève. «On s’est adressés à tous les
responsables concernés de loin ou de près par notre problème, mais à
ce jour rien ne nous est parvenu de leur côté», s’est indigné le
porte-parole du comité des citoyens de cette commune, Makdoud
Abderrahmane. Celui-ci, soulignant la prise en charge des doléances
de ses concitoyens, n’a pas écarté la possibilité de lancer un SOS
au president de la République. Le recours au premier magistrat du
pays est justifié par l’irresponsabilité affichée par les différents
responsables à leur égard : «C’est la scolarité de notre progéniture
qui est menacée», a souligné M. Makdoud qui n’a pas manqué
d’afficher ses craintes du fait, notamment, que nous sommes aux
portes de l’hiver. «Lors de la distribution de ces logements l’année
précédente, le wali d’Alger nous a promis un établissement scolaire
pour nos enfants», a rappelé le représentant de l’association des
parents d’élèves qui fait également partie du collectif des citoyens
de Sidi Abdallah aux responsables de la wilaya d’Alger dans une
lettre qui leur a été adressée. Mais force est de relever qu’à ce
jour, cette promesse est restée lettre morte. Malgré le danger de
mort qui guette les élèves et au sujet duquel les autorités sont
pourtant au courant, rien n’a été fait, à ce jour, pour alléger un
tant soit peu le poids du calvaire quotidien qu’endurent les élèves
de Mahalma.
«…Nous n’avons ni
les moyens ni les capacités pour résister une deuxième fois et
risquer la vie de nos petits avec ces déplacements dangereux», a
expliqué le collectif des citoyens de Sidi Abdellah dans une demande
adressée au ministre de l’éducation, au wali d’Alger, au wali
délégué de Zéralda et au wali délégué de Sidi M’hamed. Ainsi donc,
et malgré les nombreuses demandes faites et la sollicitation de
responsables pour la prise ne charge de leur requête, force est de
relever que ces derniers persistent toujours dans leur inexplicable
mutisme.
«Si on se force à
se montrer compréhensifs avec les responsables de la commune de
Mahelma du fait qu’elle n’a pas les moyens de nous venir en aide,
l’indifférence affichée par d’autres responsables est plus
qu’inquiétante» a souligné
M. Makdoud. Il est
à rappeler que les collégiens de la commune de Mahelma traversent
quotidiennement une distance de 10 km à pied avant de rejoindre
leurs classes. En plus de l’inexistence du transport scolaire, les
bus de transport de voyageurs font, à leur tour, grandement défaut.
«On peut supporter, nous les adultes, mais il n’est pas question de
sacrifier la scolarité de nos enfants à cause de la négligence et du
laisser-aller de certains responsables», a indiqué ce porte parole.
D’où la décision prise d’interdire à leur progéniture de se rendre à
l’école à partir d’aujourd’hui, et ce, jusqu’à la satisfaction de
leurs revendications.
Aomar Fekrache
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