Alger

Retour

Les parents d’élèves montent au créneau

«Il faut revoir la carte scolaire»

Pour dénoncer l’inexistence de transport scolaire

Les écoliers de Mahelma en grève

 

 25/09/06

 

Les parents d’élèves montent au créneau

«Il faut revoir la carte scolaire»

Le président de l’Union des parents d’élèves de la wilaya d’Alger (UPEWA) est longuement revenu sur le problème de la carte scolaire qui décourage parents, élèves et enseignants.

 «Que ceux qui ont fait la carte scolaire emmènent leurs enfants dans les établissements choisis!», lance d’emblée M. Salah Amar Yahia, lors d’une conférence de presse qu’il a animée hier au siège de son association à Alger. S’étalant sur ce problème, il dira que les orientations des élèves se font souvent de manière aléatoire, sans la considération de leur choix, de leur compétence et de leur moyenne annuelle qui, pourtant, définit la carte scolaire.

«Des élèves qui ont eu quatre de moyenne générale ont été orientés vers la filière techniques mathématiques avec un coefficient

de 7 ! Cela veut dire quoi ? Les parents sont mécontent, certains préfèrent même faire redoubler l’année à leurs enfants pour les orienter vers une autre spécialité», explique-t- il. Pour rappel, les différentes spécialités ont été introduites avec la réforme scolaire pour les lycéens dès la deuxième année secondaire. Pour les littéraires, il existe deux filières : langues étrangères et lettres et philosophie, pour les scientifiques s’offrent quatre spécialités : gestion et économie, sciences naturelles, mathématiques et techniques mathématiques, cette dernière présente quatre autres options.

Selon les statistiques officielles, seulement 5% des élèves sont orientés selon leurs vœux, les autres selon la moyenne générale ou l’avis des conseils de classe. «Cette situation perturbe les enfants, certains souffrent même de dépression car ils se retrouvent dans des établissements éloignés de leurs communes ou daïras de résidence – comme les lycéens d’El Harrach qui se retrouvent à Rouiba et des lycéens de Hammadi qui se retrouvent à Dar El Beida –, cela se complique d’autant plus qu’il n’y a ni transport ni cantine scolaires, les enfants sont ainsi exposés à tous les risques».  Evoquant la moyenne de passage qui a été fixée par le ministère de l’Education à 10/20, l’orateur affirme qu’elle n’est pas respectée. «Certains réussissent leur année avec 8 de moyenne parce qu’ils sont épaulés ou achètent leur passage alors que ceux qui méritent la réussite se retrouvent exclus ! Cela se passe dans nos écoles, certains parents d’élèves veulent porter plainte mais ils ont peur», souligne-t-il, précisant que «le favoritisme et le clientélisme et la gestion subjective» pourrissent certains établissements scolaires. S’agissant du livre scolaire, le président de l’UPEWA indique que le changement du manuel a été plus une «opération commerciale» qu’autre chose. «Les milliards qui ont été débloqués auraient mieux servi s’ils étaient dépensés pour aider le transport et les cantines scolaires».

Par ailleurs, M. Salah Amar Yahia s’est interrogé sur la place réelle de son association puisque celle-ci est écartée des commissions de recours.         

Belkhedim Irane

 

     Haut

Pour dénoncer l’inexistence de transport scolaire

Les écoliers de Mahelma en grève

L’association des parents d’élèves du quartier Sidi Bennour de la commune de Mahelma a appelé au boycott des établissements scolaires a partir d’aujourd’hui. Après avoir frappé à toutes les portes pour venir en aide aux élèves qui souffrent le martyre en raison du manque flagrant en moyens de transport, les habitants de Mahelma ont opté pour la solution extrême : la grève. «On s’est adressés à tous les responsables concernés de loin ou de près par notre problème, mais à ce jour rien ne nous est parvenu de leur côté», s’est indigné le porte-parole du comité des citoyens de cette commune, Makdoud Abderrahmane. Celui-ci, soulignant la prise en charge des doléances de ses concitoyens, n’a pas écarté la possibilité de lancer un SOS au president de la République. Le recours au premier magistrat du pays est justifié par l’irresponsabilité affichée par les différents responsables à leur égard : «C’est la scolarité de notre progéniture qui est menacée», a souligné M. Makdoud qui n’a pas manqué d’afficher ses craintes du fait, notamment, que nous sommes aux portes de l’hiver. «Lors de la distribution de ces logements l’année précédente, le wali d’Alger nous a promis un établissement scolaire pour nos enfants», a  rappelé le représentant de l’association des parents d’élèves qui fait également partie du collectif des citoyens de Sidi Abdallah aux responsables de la wilaya d’Alger dans une lettre qui leur a été adressée. Mais force est de relever qu’à ce jour, cette promesse est restée lettre morte. Malgré le danger de mort qui guette les élèves et au sujet duquel les autorités sont pourtant au courant, rien n’a été fait, à ce jour,  pour alléger un tant soit peu le poids du calvaire quotidien qu’endurent les élèves de Mahalma.

«…Nous n’avons ni les moyens ni les capacités pour résister une deuxième fois et risquer la vie de nos petits avec ces déplacements dangereux», a expliqué le collectif des citoyens de Sidi Abdellah dans une demande adressée au ministre de l’éducation, au wali d’Alger, au wali délégué de Zéralda et au wali délégué de Sidi M’hamed. Ainsi donc, et malgré les nombreuses demandes faites et la sollicitation de responsables pour la prise ne charge de leur requête, force est de relever que ces derniers persistent toujours dans leur inexplicable mutisme.

«Si on se force à se montrer compréhensifs avec les responsables de la commune de Mahelma du fait qu’elle n’a pas les moyens de nous venir en aide, l’indifférence affichée par d’autres responsables est plus qu’inquiétante» a souligné

M. Makdoud. Il est à rappeler que les collégiens de la commune de Mahelma traversent quotidiennement une distance de 10 km à pied avant de rejoindre leurs classes. En plus de l’inexistence du transport scolaire, les bus de transport de voyageurs font, à leur tour, grandement défaut. «On peut supporter, nous les adultes, mais il n’est pas question de sacrifier la scolarité de nos enfants à cause de la négligence et du laisser-aller de certains  responsables», a indiqué ce porte parole. D’où la décision prise d’interdire à leur progéniture de se rendre à l’école à partir d’aujourd’hui, et ce, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.            

Aomar Fekrache 

 

     Haut

Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception  M.Merkouche