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Bibliothèque nationale

Ouverture du colloque sur le philosophe Jacques Derrida

Journée d’étude sur la chanson chaâbie

Aux sources de la poésie populaire

 

 25/11/06

 

 Bibliothèque nationale

Ouverture du colloque sur le philosophe Jacques Derrida

n Deux années après la disparition de Jacques Derrida, un des plus grands philosophes contemporains, l’Algérie, son pays natal, lui rend hommage, à travers un colloque international de deux jours et ce, en signe de fidélité, d’une part et de la contribution qu’il a apportée à la pensée philosophie moderne, d’autre part.

La Bibliothèque nationale lui consacre une rencontre à laquelle prennent part aujourd’hui et demain, outre des penseurs algériens, plus d’une vingtaine d’éminents philosophes des pays comme la  France, le Brésil, les Etats-Unis, l’Egypte et la Tunisie.

Les intervenants passeront en revue la pensée contemporaine du philosophe, à travers ses écrits et son parcours marqué par une vision du monde nouvelle. Ouvert en 1930 à El Biar où il est né, le chemin de Jacques Derrida s’est interrompu le 9 octobre 2004 à Paris. Ce colloque a pour ambition donc de revenir sur l’œuvre du philosophe et comprendre comment et pourquoi elle est plus que jamais d’actualité et d’avenir.  Les intervenants marcheront donc sur les traces de l’intellectuel et plancheront sur les écrits et réflexions du philosophe qui a initié puis développé la méthode de la déconstruction. Ce concept, qui résume la critique radicale des présupposés de la parole, a largement débordé de sa discipline d’origine et touche dorénavant à la littérature, la peinture, la psychanalyse, etc.. Plusieurs thèmes seront animés par des conférenciers comme Jean-Luc Nancy autour de «Derrida, l’Algérie, la politique», l’Egyptien Anouar Moghrit qui présentera une réflexion sur «la pensée politique de Derrida, entre éthique et politique» , l’Algérien Mohamed Moulfi dont l’intervention polarisera autour de «Derrida et le sens du monde»,  le Tunisien Fethi Triki qui animera une réflexion sur le thème «Derrida et la rive sud» ou encore le Français Denis Kambouchner sur «la déconstruction et le concept de culture». Nombreux sont les philosophes qui se sont élevés contre le doctorat honoris causa que lui a décerné l’Université de Cambridge en 1992, reprochant aux travaux de Derrida «leur inadéquation aux standards de clarté et de rigueur». C’est d’ailleurs aux États-Unis, qu’il a beaucoup fréquentés, qu’il connaîtra la plus grande audience et que son travail fécondera le plus profondément les champs philosophique, politique et littéraire.

Le «pape» de la philosophie déconstruit donc la métaphysique occidentale, fondée sur la détermination de l’être en tant que présence, en mettant à jour les présupposés qui la sous-tendent et les apories auxquelles elle mène. Jacques Derrida, en tant qu’homme engagé, aborde aussi la question de l’iniquité dans le monde et se voit marginalisé par des cercles sionistes en France , à cause de la politique de deux poids, deux mesures, menée par les grandes puissance sur la question palestinienne, notamment. Jacques Dedrida qui a travaillé sur la sociologie, la philosophie, la psychanalyse et la littérature, cherchait un nouvel ordre mondialiste juste. S’il remet en question  la dominance de l’Occident,  sa propension à vouloir imposer son modèle, notamment la politique des «Etats voyous», il s’appuie aussi sur la pensée objective pour critiquer les affaires du monde arabe.

Hacène K.

 

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Journée d’étude sur la chanson chaâbie

Aux sources de la poésie populaire

n A l’occasion du 28e anniversaire du décès du maître du chaâbi El Hadj M’hamed El Anka, l’établissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger a organisé, mercredi au complexe «Laâdi Flici», une journée d’étude sur la chanson chaâbie.

Placée sous le thème : «Le chaâbi : patrimoine, ville et perspectives», cette journée a été marquée par des interventions de spécialistes en la matière,  portant essentiellement sur les origines, les textes et la situation actuelle de cette musique populaire algéroise.

Le chercheur en musique, Abdelkader Bendamèche, a retracé dans sa communication les différentes étapes historiques de la musique chaâbie à travers le temps en mettant en exergue «la dimension populaire» de cet art, notamment durant la période coloniale. Il a, également, évoqué le parcours des «grands maîtres» du chaâbi, à l’instar de Cheikh Ennamous, El Hadj M’rizek et El Hadj El Anka, qui ont «réussi» à marquer de nombreuses générations par leurs produits et interprétations dans plusieurs occasions, entre autres, les cérémonies de mariages, les circoncisions, la fête du Mawlid Ennabaoui Echarif, ainsi que, les soirées du mois sacré du ramadan. M. Bendamèche n’a pas manqué, à cette occasion, de rappeler qu’El Hadj M’hamed El Anka a réussi à introduire des nouveautés en matière d’instrumentation dans ce genre musical populaire, précisant que ce maître de chaâbi «a fait du mandole le principal instrument et lui a conçu une forme différente grâce au fabricant d’instrument, Jean Bellido qui tenait un atelier à Bab El-Oued». Pour sa part, le professeur Abdelhalim Tobal s’est concentré sur le contenu linguistique des textes chantés par les interprètes du chaâbi, indiquant qu’ils (les textes) ont pour principale origine le melhoun, qui représente, a-t-il souligné, «une poésie populaire savante». Il a, également, précisé qu’à travers les âges et les différents moments de l’histoire, les textes du chaâbi «ont subi certaines influences des cultures étrangères», citant à titre d’exemple l’existence dans quelques poèmes «de mots en arabe classique et d’autres originaires de la langue persane, grecque et même de l’hébreu».

R. C.

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