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Bibliothèque nationale
Ouverture du
colloque sur le philosophe Jacques Derrida
n Deux années
après la disparition de Jacques Derrida, un des plus grands
philosophes contemporains, l’Algérie, son pays natal, lui rend
hommage, à travers un colloque international de deux jours et ce, en
signe de fidélité, d’une part et de la contribution qu’il a apportée
à la pensée philosophie moderne, d’autre part.
La Bibliothèque
nationale lui consacre une rencontre à laquelle prennent part
aujourd’hui et demain, outre des penseurs algériens, plus d’une
vingtaine d’éminents philosophes des pays comme la France, le
Brésil, les Etats-Unis, l’Egypte et la Tunisie.
Les intervenants
passeront en revue la pensée contemporaine du philosophe, à travers
ses écrits et son parcours marqué par une vision du monde nouvelle.
Ouvert en 1930 à El Biar où il est né, le chemin de Jacques Derrida
s’est interrompu le 9 octobre 2004 à Paris. Ce colloque a pour
ambition donc de revenir sur l’œuvre du philosophe et comprendre
comment et pourquoi elle est plus que jamais d’actualité et
d’avenir. Les intervenants marcheront donc sur les traces de
l’intellectuel et plancheront sur les écrits et réflexions du
philosophe qui a initié puis développé la méthode de la
déconstruction. Ce concept, qui résume la critique radicale des
présupposés de la parole, a largement débordé de sa discipline
d’origine et touche dorénavant à la littérature, la peinture, la
psychanalyse, etc.. Plusieurs thèmes seront animés par des
conférenciers comme Jean-Luc Nancy autour de «Derrida, l’Algérie, la
politique», l’Egyptien Anouar Moghrit qui présentera une réflexion
sur «la pensée politique de Derrida, entre éthique et politique» ,
l’Algérien Mohamed Moulfi dont l’intervention polarisera autour de
«Derrida et le sens du monde», le Tunisien Fethi Triki qui animera
une réflexion sur le thème «Derrida et la rive sud» ou encore le
Français Denis Kambouchner sur «la déconstruction et le concept de
culture». Nombreux sont les philosophes qui se sont élevés contre le
doctorat honoris causa que lui a décerné l’Université de Cambridge
en 1992, reprochant aux travaux de Derrida «leur inadéquation aux
standards de clarté et de rigueur». C’est d’ailleurs aux États-Unis,
qu’il a beaucoup fréquentés, qu’il connaîtra la plus grande audience
et que son travail fécondera le plus profondément les champs
philosophique, politique et littéraire.
Le «pape» de la
philosophie déconstruit donc la métaphysique occidentale, fondée sur
la détermination de l’être en tant que présence, en mettant à jour
les présupposés qui la sous-tendent et les apories auxquelles elle
mène. Jacques Derrida, en tant qu’homme engagé, aborde aussi la
question de l’iniquité dans le monde et se voit marginalisé par des
cercles sionistes en France , à cause de la politique de deux poids,
deux mesures, menée par les grandes puissance sur la question
palestinienne, notamment. Jacques Dedrida qui a travaillé sur la
sociologie, la philosophie, la psychanalyse et la littérature,
cherchait un nouvel ordre mondialiste juste. S’il remet en question
la dominance de l’Occident, sa propension à vouloir imposer son
modèle, notamment la politique des «Etats voyous», il s’appuie aussi
sur la pensée objective pour critiquer les affaires du monde arabe.
Hacène K.
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Journée d’étude sur la chanson chaâbie
Aux sources de
la poésie populaire
n A l’occasion du
28e anniversaire du décès du maître du chaâbi El Hadj M’hamed El
Anka, l’établissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger a
organisé, mercredi au complexe «Laâdi Flici», une journée d’étude
sur la chanson chaâbie.
Placée sous le
thème : «Le chaâbi : patrimoine, ville et perspectives», cette
journée a été marquée par des interventions de spécialistes en la
matière, portant essentiellement sur les origines, les textes et la
situation actuelle de cette musique populaire algéroise.
Le chercheur en
musique, Abdelkader Bendamèche, a retracé dans sa communication les
différentes étapes historiques de la musique chaâbie à travers le
temps en mettant en exergue «la dimension populaire» de cet art,
notamment durant la période coloniale. Il a, également, évoqué le
parcours des «grands maîtres» du chaâbi, à l’instar de Cheikh
Ennamous, El Hadj M’rizek et El Hadj El Anka, qui ont «réussi» à
marquer de nombreuses générations par leurs produits et
interprétations dans plusieurs occasions, entre autres, les
cérémonies de mariages, les circoncisions, la fête du Mawlid
Ennabaoui Echarif, ainsi que, les soirées du mois sacré du ramadan.
M. Bendamèche n’a pas manqué, à cette occasion, de rappeler qu’El
Hadj M’hamed El Anka a réussi à introduire des nouveautés en matière
d’instrumentation dans ce genre musical populaire, précisant que ce
maître de chaâbi «a fait du mandole le principal instrument et lui a
conçu une forme différente grâce au fabricant d’instrument, Jean
Bellido qui tenait un atelier à Bab El-Oued». Pour sa part, le
professeur Abdelhalim Tobal s’est concentré sur le contenu
linguistique des textes chantés par les interprètes du chaâbi,
indiquant qu’ils (les textes) ont pour principale origine le melhoun,
qui représente, a-t-il souligné, «une poésie populaire savante». Il
a, également, précisé qu’à travers les âges et les différents
moments de l’histoire, les textes du chaâbi «ont subi certaines
influences des cultures étrangères», citant à titre d’exemple
l’existence dans quelques poèmes «de mots en arabe classique et
d’autres originaires de la langue persane, grecque et même de
l’hébreu».
R. C.
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M.Merkouche
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