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Sénatoriales
FLN-RND : le
duel
Le duel sénatorial
à Alger s’annonce rude entre le FLN et le RND. Il sent même l’odeur
de la revanche sur celui de 2003 où le sénateur Mohamed Khoudja a
ravi la vedette à son ex-concurent Aïssa Khellaf qu’il a distancé de
16 voix seulement pour lui couper la route vers le Sénat et
décrocher le prestigieux siège du palais de l’ex-rue de la Liberté.
Si en 2003,
c’est-à-dire une année après les élections locales, tout le monde
était anonyme, la bataille de 2006 s’annonce entre de grosses
pointures que sont le RND et le FLN. Chaque parti investit le
maximum pour tirer profit et récupérer le siège représentant la
capitale à la haute chambre. Sont prévus des critères pour le
«joker» qui sert d’atout gagnant pour cette compétition. Coup pour
coup, le FLN est décidé à mettre le paquet pour devancer son rival
partout où ils sont en confrontation, surtout que la majorité
détenue par le RND est mise en jeu avec le départ de bon nombre de
sénateurs ayant accompli le mandat de six ans. La détermination pour
«mater» le siège d’Alger est capitale, voire hautement symbolique
pour affirmer la suprématie souhaitée. Les deux secrétaires généraux
s’occupent personnellement de superviser l’opération de bout en
bout. Les collèges des deux formations font leurs sagas dans une
forte agitation préélectorale. Le jeu de coulisses a atteint son
paroxysme et chacun y met de sa propre stratégie électorale pour
décrocher la palme.
Si au RND les
primaires semblent être visiblement moins encombrantes et décisives
avec 17 prétendants, au FLN ce n’est pas le cas, faut-il le
souligner, si la direction ne tranche pas sur les critères
d’éligibilité ou imposer un candidat consensuel parmi les 17
potentiels qui ont exprimé le vœu de briguer un mandat sénatorial.
Pour cette course au Sénat, le RND mise, à en croire une source
parlementaire, sur un tandem de choc en la personne de Tayeb Zitouni
et Boukhitine Dahmane, respectivement P/APC d’Alger-centre et
vice-président du P/APW chargé de l’environnement, qui viennent en
favoris, suivis de Rouibah Saïd, membre à l’APC de Mohammadia et
Nennouche Mohamed P/APC de Tassala El Merdja. Des figures perçues
comme des candidats ayant toutes les chances de l’emporter,
estime-t-on du côté du bureau national au RND. Or au FLN, au risque
de rééditer les causes de l’échec de 2003, la galerie est plus
importante qu’au RND. On laisse entendre qu’outre l’imprévisible
Mahmoud Zaïm, actuel P/APW, l’affiche apparaît meublée également de
noms imposants sur la place d’Alger. Des élus, tous animés par le
désir de postuler à un mandat alléchant en haute chambre et la
détermination de l’emporter. En tête d’affiche, on retrouve le plus
médiatisé des P/APC, Mokhtar Bourouina, secondé par Khellaf Aïssa,
membre d’APW et ex-candidat aux sénatoriales de 2003. On retrouve
aussi les deux vice-présidents du P/APW Belayat Sassi, fils du
sénateur sortant Abderrahman et Kamel Rabhi, respectivement chargé
de l’aménagement et l’urbanisme et chargé des finances et de
l’investissement. Bon nombre d’autres postulants et non des
moindres, à savoir le P/APC de Staouéli, Saïd Bouyeffer et le P/APC
de Gué de Constantine, Touati Smain et Bouaâlleg Sadek et Hani Adda
Kamel, tous deux membres de l’APW. Les calculs arithmétiques
n’assurent rien, nous dit-on, d’autant que la carte établie au
lendemain des élections de 2002 n’a pas changé et n’a pas pour
autant favorisé le FLN, fort d’une majorité absolue de 44 APC sur
les 57 que compte la capitale. Le jeu d’alliances et de
contre-alliances est un facteur déterminant dans ce genre de joutes
électorales. Mais que faire quand on sait que le MRN de Djaballah ne
compte pas rééditer le tour de 2003.
El Islah, qui
affiche son intention de rentrer en lice, est mal placé pour
prétendre surclasser le duo FLN-RND et encore moins assurer un
arbitrage très difficile à l’occasion de ce
«derby» politique
où le FLN est en avance avec ses 273 voix contre 121 pour le RND.
Mais avec le flou qui règne en maître entre les deux ailes dont
celle de Djaballah proche de la ligne FLN et l’autre qui développe
une affinité proche du RND, tout est jouable. Il reste à dire que la
carrure du candidat, sa popularité et sa compétence compteront pour
beaucoup dans cette bataille d’Alger qui promet des surprises.
Ouyahia réunit
ses élus à Alger
C’est certainement
à l’optique des primaires des sénatoriales fixés au 30 novembre
courant que le SG du RND convoque ses 121 membres du 1er collège de
la wilaya Alger pour une réunion purement organique. La réunion
prévue après-demain à l’hôtel Es Safir, ex-Aletti, sera l’occasion
pour les élus RND pour amorcer officiellement la campagne électorale
pour les sénatoriales du 28 décembre prochain. M. Ouyahia qui a
entamé son périple dans les quatre coins du pays pour mobiliser ses
troupes, est attendu ce lundi à Alger pour faire le point sur les
préparatifs en vue de mettre sa stratégie électorale dans la
capitale et donner les orientations nécessaires afin d’optimiser les
chances du candidat RND vainqueur des prochaines primaires. Le SG
qui envisage de sillonner les wilayas dans le but d’inspecter et
serrer les rangs du parti par ces temps d’agitation tous azimuts de
ses détracteurs qui continuent l’illusoire campagne d’installation
de bureaux virtuels du mouvement de redressement, devra trancher
dans son sillage le nombre des postulants au niveau des wilayas pour
sauvegarder la majorité qu’il détient à la faveur du renouvellement
partiel du sénat en 2003. Après Boumerdès, Annaba et Sétif, Ahmed
Ouyahia sera à Oran et Aïn Témouchent ce week-end, apprend-on de
sources autorisées.
Salah Bey
Haut
Béjaïa
Les
sénatoriales divisent le FLN
Le Front de
libération nationale (FLN) de Béjaïa enregistre sa première division
à la faveur des prochaines échéances électorales qui bousculent le
parti en sus de l’attente de désignation du nouveau mouhafedh. En
effet, le coup est parti, jeudi dernier lorsque, sur initiative d’un
membre du nouveau bureau de l’instance wilayale du parti, une
rencontre a été tenue à l’hôtel Tabet Iryachen (Béjaïa).
Selon un militant
du FLN, environ 45 élus dont une dizaine d’indépendants y ont pris
part aux côtés également de militants et cadres du parti et des
représentants d’organisation de masse dont l’UNJA. L’initiateur de
la rencontre, en l’occurrence
M. Bourouih,
serait chargé par Belkhadem de tenir cette rencontre dont les
discussions ont été centrées autour des questions intéressant la vie
du parti et surtout aux élections électorales futures dont les
sénatoriales, si l’on croit les propos de l’initiateur du
regroupement. Un regroupement qui n’a pas été du goût du nouveau
bureau de la mouhafadha et des dizaines d’autres élus qui ont
boycotté la rencontre qualifiée de «fraction et d’agissement
irresponsable» par la mouhafadha dont la majorité des membres a tenu
en parallèle une réunion pour discuter des moyens pour contrecarrer
la nouvelle donne. «La rencontre n’est qu’un moment de prise de
contact sans plus», se défend notre interlocuteur qui soulignera que
tous les nouveaux membres de la nouvelle représentation de wilaya du
parti sont informés de la préparation de ce regroupement provoqué
sur instruction de la direction nationale du parti.
Pour faire échec à
la rencontre, nous avons appris que tous les membres influents et
élus du parti ont été contactés par la mouhafadha pour décliner
l’invitation et refuser la participation. Par ailleurs, il y a lieu
de noter la présence du député de Béjaïa, M. Oumbiche et même du P/APC
de Oued Ghir, Nacer Moukrani qui jouit pourtant du soutien d’un
nombre important d’élus et du soutien de la direction nationale du
parti qui souhaiterait le propulser au rang de sénateur le 28
décembre prochain.
Du reste, le
conclave de M. Bourouih a été marqué par des interventions qui ont
toutes insisté sur la nécessité de multiplier ce genre de rencontres
à l’avenir dans le souci de «renforcer la cohésion du parti pour
faire face aux nombreuses échéances qui pointent le nez», faisant
observer toutefois que cette initiative aurait pu être l’œuvre de la
mouhafadha sortante sans pour autant sortir par une résolution de
soutien aux élus qui ambitionnent de briguer un mandat au Conseil de
la nation.
Hocine Cherfa
Haut
Boumerdès
Le RND
renouvelle ses structures
La formation
d’Ahmed Ouyahia, le Rassemblement national démocratique (RND) a
connu ces dernières semaines une forte adhésion de militants venus
s’intégrer au sein du parti et notamment des jeunes issus de
diverses localités. Le renouvellement des structures du parti au
sein de la base a débuté jeudi dernier à la salle polyvalente de
Tidjelabine qui s’est avérée exiguë, vu l’énorme engouement
populaire où près de 1 000 militants RND de la localité se sont
présentés aux urnes pour élire leurs représentants communaux. Pour
la circonstance, Rekkas Djemaâ député et coordinateur du parti au
niveau de la wilaya a usé de tous ses moyens et de tout son savoir
pour parfaire leur organisation (élections) et faciliter la tâche
aux militants (électeurs) en créant 3 bureaux de vote dans la même
localité de Tidjelabine. Le dépouillement a duré jusqu’en début de
soirée où les résultats du scrutin ont été annoncés par l’élection
de M. Kahouadji Mohamed qui devance son rival Loubar Rabah de 10
voix. Cette adhésion en très grand nombre est certainement due aux
dernières déclarations du secrétaire général du parti Ahmed Ouyahia
à Boumerdès et à Annaba et à l’œuvre de son coordinateur de la
wilaya, Rekkas Djemaâ. De nouveaux militants que nous avons abordés
estiment que «cette commune a vécu des moments difficiles dans un
passé récent. Notre adhésion à ce parti est due essentiellement aux
positions de son secrétaire général Ahmed Ouyahia qui a soutenu
depuis le temps la politique du Président Bouteflika ayant trait au
retour à la paix et à la stabilité du pays». Le coordinateur du
parti de la wilaya de Boumerdès nous a déclarés que «ces élections
se sont déroulées dans de très bonnes conditions, un climat
familial, sans aucune ambiguïté et incident grâce à la maturité de
nos militants. L’échec des élections de 2002 nous a permis d’en
tirer des conclusions. Malgré les circonstances, nous nous sommes
rapprochés du peuple, du mouvement associatif et des couches
sociales les plus démunies. Le résultat, comme chacun peut le
constater, est là». Abordant les prochaines échéances et notamment
sénatoriales, il dira : «Nous sommes optimistes pour l’avenir du
parti. Des contacts permanents sont entrepris avec quelques partis
avec lesquels nous avons établi une alliance». Quant aux
législatives, APW et communales, il dira : «Nous avons établi un
programme qui sera concrétisé par nos militants au niveau des 32
communes de la wilaya. Le coordinateur du parti RND nous a affirmés
que l’opération de renouvellement se poursuit et qu’hier devait
avoir lieu des opérations similaires à Ouled-Heddadj et à Dellys.
K. A.
Haut
Louiza Hanoune revient sur les privatisations
«Khelil et
Temmar doivent partir»
«Ces deux-là sont
dangereux» a déclaré, hier, la secrétaire générale du Parti des
travailleurs en faisant référence au ministre de l’Energie et des
Mines et à celui de la Participation et de la Promotion des
investissements.
Elle les a
accusés, tous deux, de brader les intérêts du pays. Elle a considéré
que la mise à l’écart de ces deux hommes, du gouvernement, serait un
signal fort de la part de l’Etat.
Dans un point de
presse organisé au siège de son parti et s’en prenant, en premier, à
M. Chakib Khelil,
elle a déclaré ne pas comprendre que celui qui avait tant œuvré à la
nationalisation de Sonatrach, soit toujours au même poste après que
cette mesure eut été, depuis, remise en question et que ce dernier
eut été «éclaboussé» par le scandales de BRC. Elle a accusé le
ministre de l’Energie de continuer à gérer le secteur des
hydrocarbures et celui des mines comme s’il s’agit de ses biens
propres.
Quoique que
l’Etat, au titre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qu’il
assimile à une renationalisation, possède, désormais, 51% des
ressources pétrolières, Mme Louiza Hanoune n’en estime pas moins que
Sonatrach reste en danger. «C’est la raison pour laquelle, a-t-elle
ajouté, nous demandons qu’elle redevienne une entreprise publique».
La secrétaire du
PT a, ensuite, pris dans son collimateur, M. Abdelhamid Temmar
qu’elle a accusé de brader le patrimoine économique national avant
d’affirmer que sa stratégie industrielle a été «catastrophique» et
que sa politique de l’emploi n’est rien d’autre qu’«une gabegie».
Elle a relevé que la politique de privatisation, tous azimuts, menée
par le ministre, s’était traduite, à ce jour, par la fermeture de 1
500 entreprises et la mise au chômage de 1,5 million de
travailleurs. «A un moment où, a-t-elle dit, il est, de plus en plus
question d’assurer la protection du tissu industriel national,
celui-ci invite les Canadiens à venir «se marier» avec l’Algérie et
y trouver toutes les facilités pour faire des bénéfices en 24
heures». «C’est comme si nous n’avions ni Etat ni syndicats. C’est
grave. Ce n’est pas de la privatisation, c’est de la liquidation
pure et simple.»
Mme Hanoune s’est,
d’autre part, déclarée hostile à l’ouverture des banques aux
capitaux étrangers. Elle a considéré que si une telle idée venait à
voir le jour, l’Algérie n’aurait aucune possibilité de maîtriser les
rouages de son développement. «Ce sont les banques étrangères qui
décideront, pour nous de ce qui doit être réalisé et dans quelles
conditions». «L’exemples de la Russie, ce qu’il est advenu dans
certains pays d’Asie, la situation créée en Argentine, après que les
banques et les ressources du sous-sol eurent été privatisées,
devrait nous inciter à la prudence, d’autant que l’Algérie ne manque
pas de fonds financiers pour pouvoir mener son entreprise de
développement». Pour l’oratrice, «l’Etat a mis en œuvre les
opérations de privatisation et c’est à lui maintenant de les
stopper».
Le leader du Parti
des travailleurs s’est, également, interrogée sur les raisons qui
poussent à une remise en cause la pérennité des lycées techniques en
Algérie. «Bien sûr, nous avons besoin de maçons, d’électriciens, de
peintres, mais si nous voulons assurer le développement de notre
pays, nous devons, aussi, maîtriser la technologie, à moins que nous
ne décidions de rester une sorte de grand marché où d’autres pays
viendraient écouler leurs produits. On ne peut comprendre que l’Etat
consente de considérables moyens pour élever le niveau de
l’enseignement et que d’un autre coté l’on pense à fermer ces types
d’établissements». A de multiples reprises, Mme Hanoune parlera de
contradictions et de paradoxes dans la conduite des affaires du
pays.
Evoquant, d’une
manière générale, la situation sociale que traverse la Nation avec
le développement de la délinquance et de la criminalité, des
enlèvements, des braquages, du chômage, de la perte des valeurs et
de celle des repères, elle a estimé que l’Algérie était confronté à
une «guerre de décomposition sociale». «La réalité est devenue plus
évidente que la fiction. Il faut faire en sorte d’arrêter cette
spirale violente en faisant en sorte d’assainir le climat social et
politique, en mettant un terme à la répression socioéconomique et en
promouvant les libertés syndicales et démocratiques».
Dans sa conférence
de presse, la secrétaire générale du Parti des travailleurs a,
d’autre part, longuement évoqué la tenue, les 9, 10 et 11 décembre
prochain, de la Conférence internationale d’Alger en soutien aux
femmes palestiniennes.
Elle a rappelé que
plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, à travers
le monde, des représentants des Nations unies, de l’Organisation
internationale du travail et de nombreuses Organisations syndicales
et non gouvernementales, prendront part à cette rencontre pour
apporter leur soutien au peuple palestinien, «confronté à l’une des
plus impitoyables barbaries que le monde ait jamais connues». Elle a
comparé Israël à «une bête blessée qui, lorsqu’elle est blessée à
mort, tue sauvagement». Elle en veut pour preuve, le dernier
massacre commis par l’armée israélienne de femmes et d’enfants
palestiniens à Beït Hanoune.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Questions orales à l’APN
La pomme de
terre, l’université et l’AADL au menu
La pénurie de la
pomme de terre qui a eu par conséquent la flambée des prix de cette
tubercule durant le mois de ramadan a constitué une partie des
questions orales posées jeudi lors d’une séance plénière de l’APN
au ministre de l’Agriculture et du Développement rura, Saïd Barkat.
Ce dernier a répondu en effet que «cette hausse est due
essentiellement au caractère saisonnier de ce produit et au manque
de marchés de proximité et de gros à travers le territoire
national». Cette hausse ajoutera le ministre est due également au
«monopole sauvage» exercé par des intermédiaires sans scrupules,
ceci en précisant que la lutte contre ce phénomène passe par la mise
en place de mécanismes de stockage en cas de forte production, afin
de réguler le marché en temps de pénurie, relevant que le prix de la
pomme de terre importée est exubérant, notamment sur le marché
européen où il varie entre 2.5 et 3 euros le kg, soit 250 à 300 DA.
«La régulation du marché, la répression du monopole et le contrôle
des chambres frigorifiques incombent aux services du ministère du
Commerce» a conclu Barkat. De son côté, M. Harraoubia, ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a été
saisi à propos du retour des professeurs ayant bénéficié de bourses
d’études à l’étranger. M. Harraoubia, a souligné que «tous les 10
professeurs ayant bénéficié de bourses d’études à l’étranger»,
durant les quatre dernières années, grâce à «la réorientation de la
politique de la formation et aux mesures incitatives». Et d’ajouter
«tous les professeurs, au nombre de 360, ayant bénéficié, entre 2002
et 2005, d’une bourse d’études à l’étranger ont regagné le pays».
Concernant la décision présidentielle stipulant l’octroi de 500
bourses annuelles à l’étranger au profit des chercheurs
universitaires, le nombre des maîtres assistants bénéficiant,
annuellement, de bourses à l’étranger a atteint «520 professeurs,
alors qu’il ne dépassait pas 30 professeurs par an». 100 bourses ont
également été accordées aux profit des étudiants de post-graduation
poursuivant leurs études dans les filières enregistrant un manque
d’encadrement», explique le ministre devant les élus de la chambre
basse du Parlement.
Concernant le
choix des critères d’orientation des étudiants universitaires, le
minis-tre a souligné que cette opération est soumise à quatre
critères, à savoir le désir exprimé par l’étudiant, les résultats
obtenus à l’examen du baccalauréat, les capacités d’accueil des
établissements universitaires , et enfin le lieu de résidence de
l’étudiant. «Une carte nationale de formation est en cours
d’élaboration, et devrait permettre à l’étudiant de s’inscrire dans
d’autres universités jouissant des compétences et des spécialités
qu’il désire, quelle que soit la wilaya de sa résidence. Cette
catégorie d’étudiants sera prioritaire et bénéficiera de la prise en
charge nécessaire», a-t-il soutenu.
En marge des
travaux de la session, le ministre de l’Enseignement supérieur a
tenu à rassurer les étudiants universitaires, dans des déclarations
à la presse, que l’enseignement supérieur «demeurera toujours
public», excluant de manière catégorique son élargissement au
secteur privé «à l’exception de certains établissements qui sont
soumis à des cahiers des charges auxquels les privés sont tenus de
répon-dre en investissant dans ce secteur», a-t-il souligné. En
réponse à une question sur «la mixité» dans certaines résidences
universitaires, le ministre de l’Enseignement supérieur a déclaré
que «ce problème a été réglé, mettant l’accent sur le respect
réciproque qui doit présider dans les relations entre les
étudiants». Quant à
M. Hamimid,
ministre de l’Habitat, il fera remarquer que le programme AADL
«tourne bien et ira jusqu’à son terme» Et de confirmer que le prix
de cession des biens de l’Etat a été ramené de 18 000 à 14 000 DA le
m2 avec une évaluation différenciée selon les zones et les niveaux
des revenus des familles. «Avec ce nouveau barème, au moins 700 000
logements auront été vendus», a-t-il estimé.
Synthèse : F.
Arab
Haut
Chiffres sur la déperdition scolaire
La FOREM répond
au ministère
La Fondation
nationale pour la promotion de la santé et le développement de la
recherche (FOREM) a réagi hier au démenti de la tutelle sur les
chiffres de la déperdition scolaire en Algérie. En effet, la semaine
dernière, M. Khiati, président de cette association, a affirmé lors
d’un séminaire sur le devenir de l’école algérienne que de 2,2
millions d’enfants ont abandonné l’école ces cinq dernières années.
Deux jours plus tard, le secrétaire général du ministère, M. Khaldi,
rejette ces statistiques qu’il qualifie même de scandaleuses. Dans
un long communiqué parvenu à notre rédaction, la FOREM souligne que
le département de Ben Bouzid «dément ses propres chiffres contenus
dans les indicateurs statistiques, publiés par la sous- direction
des statistiques du même ministère annuellement (n° 37 à 41) et le
n° 39 (année 2000-01)». La fondation va plus loin en affirmant que
«jeter l’opprobre sur toute critique traduit une mentalité
bureaucratique» car le débat «touche un secteur éminemment
sensible», qui «intéresse tous les citoyens» et «ne peut être le
monopole ni d’une seule personne, ni celui d’une institution». «Le
système éducatif se caractérise par des performances très faibles :
sur 100 enfants qui rentrent en première année fondamentale,
seulement 33 arrivent en 3e année secondaire et à peine huit
réussissent au baccalauréat. De surcroît, quinze redoublent tous les
ans», ajoute la FOREM avant de préciser que la formation
professionnelle ne prend en charge que 48 %. «Même si l’on suit le
raisonnement du secrétaire général du ministère de l’Education, ce
sont toujours un million et demi d’enfants qui ont abandonné l’école
de 1999-2003 dans uniquement l’école fondamentale. Nous sommes très
loin du chiffre de 100 000 enfants avancé par le ministère, ce
chiffre ne concerne en fait que les déperditions annuelles
enregistrées dans les six premières années fondamentales chez des
enfants âgés entre 6 et 12 ans. Ce qui constitue une grave atteinte
à l’un des droits fondamentaux des enfants dans notre pays».
Irane Belkhedim
Haut
Un Français parmi les accusés
Ils détournent
les 5 milliards de l’ONU
Le tribunal
criminel de Sidi-M’hamed a jugé, jeudi dernier, une affaire liée au
détournement de l’équivalent de 5 milliards de centimes obtenus par
l’Algérie de l’ONU pour aider le secteur de la formation
professionnelle en Algérie. Trois personnes, deux Algériens et un
Français, sont accusés dans cette affaire. Un de ces deux Algériens
a été arrêté et mis en détention préventive. Ce français a, quant à
lui, été extradé vers l’Algérie et mis en détention préventive. Le
troisième accusé qui serait, selon l’accusation, l’auteur du
transfert de cet argent vers l’étranger, est en fuite et a, selon
une source judiciaire, quitté le territoire national. Ces transferts
ont été effectués via Société Générale. Le directeur de l’agence de
cette banque d’où ont été effectués ces transfert a été innocenté
par la justice puisque ces transferts d’argent ont été effectués à
son insu. Le système de fonctionnement de cette banque étant tel que
l’opération de transfert peut être effectuée de concert avec un
responsable de la direction générale sans en référer au directeur de
l’agence.
Haut
Tension sur le marché du gaz
L’Europe veut
briser l’accord algéro-russe
Les pays membres
de l'Union européenne semblent avoir adopté une nouvelle stratégie
pour contourner l'accord gazier conclu entre l'Algérie et la Russie,
avec pour objectif direct premier de sécuriser leur
approvisionnement énergétique.
L’autre objectif,
à plus long terme, est de court-circuiter, dès à présent,
l’éventualité d’une cartellisation des fournisseurs de l’Europe dans
ce qui a été appelé une Opep du gaz, hypothèse formellement démentie
autant par Moscou que par Alger. On comprend donc que l’enjeu n’est
pas des moindres, et qu’il est de nature à pousser les Etats
européens à verrouiller au plus tôt ses relations avec l’Algérie,
pays le plus attentif des deux nouveaux alliés stratégiques, en
raison de l’existence de l’Accord d’association, mais aussi de la
forte dépendance de l’Algérie de ses exportations en hydrocarbures.
Déjà, à l’occasion
de la visite de Romano Prodi à Alger, cinq accords de
commercialisation de gaz ont été signés entre Sonatrach et des
entreprises italiennes (Enel, Edison, World Energy, Hera et Ascopiav),
outre l’accélération de la réalisation du Galsi, le deuxième gazoduc
reliant l’Algérie à l’Italie. L’accord porte sur la
commercialisation vers l’Italie de 6 milliards de m3 par an, à
raison de 2 milliards de m3 pour chacune des compagnies. Edison pour
2 milliards de m3/an, Enel 2 milliards de m3/an, Hera 1 milliard de
m3/an, Ascopiave 500 millions de m3/an et Worldenergy 500 millions
de m3/an, selon Sonatrach. Pour le P-DG de Sonatrach, Mohamed
Méziane, «ces accords s’inscrivent dans le prolongement de la
coopération développée depuis trois décennies entre Sonatrach et les
compagnies italiennes et sont le reflet de la volonté de la
compagnie algérienne de participer activement à la satisfaction des
besoins croissants de l’Europe et de l’Italie en gaz naturel». Ils
«contribuent à la concrétisation de l’objectif d’exportation de 85
milliards de m3/an, à compter de 2010, et consolider la stratégie de
renforcement de la position de Sonatrach sur le marché européen du
gaz naturel». L’Italie est en avance sur ses pairs européens dans sa
politique énergétique avec Alger, mais aussi avec Moscou. La
mi-novembre a vu, en effet, la firme italienne Eni conclure un
accord historique avec Gazprom. Le géant russe va désormais pouvoir
vendre directement son gaz en Italie à partir de 2007 pour un volume
qui atteindra 3 milliards de m3 à partir de 2010 et pour toute la
durée du contrat. Pourquoi cet empresse-
ment ? C’est que
l’Italie constitue le 3e plus grand marché européen du gaz naturel,
après la Grande-Bretagne et l’Allemagne, cette source d’énergie
représentant plus de 30% du bilan énergétique italien. Les
importations assurent près de 86% des besoins italiens en gaz
naturel, l’Algérie et la Russie étant les principaux fournisseurs.
L’Italie est le 2e importateur européen de gaz russe. Ce dernier lui
est livré par Gazprom dans le cadre de cinq contrats à long terme.
En 2005, les approvisionnements russes se sont élevés à 21,85
milliards de m3 de gaz naturel.
Il y a moins de
dix jours, c’était à l’Allemagne de franchir le pas vers Alger avec
la signature d’un mémorandum d’entente dans le domaine du gaz
naturel liquéfié (GNL) entre Sonatrach et Eon Rhurgaz, même si
l’Allemagne n’achète pas, pour l’instant, de gaz algérien, ni
liquéfié ni sous sa forme naturelle. En attendant, Eon Rhurgaz
devient partenaire dans Medgaz (devant relier l’Algérie à l’Espagne)
après avoir racheté le groupe espagnol Endesa. Un autre groupe
allemand, Wintershall, est lui aussi partenaire dans le projet de
gazoduc devant relier l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne (projet
Galsi).
La France aussi
Ce jeudi, c’était
au tour des Portugais, via la visite du ministre portugais de
l’Economie et de l’Innovation, Manuel Pilho, de discuter des «moyens
de renforcer davantage les relations de coopération de l’Algérie
avec le Portugal dans le domaine de l’énergie et particulièrement en
matière d’approvisionnement en gaz naturel et en GNL». Le Portugal,
dont les besoins en gaz naturel sont satisfaits par l’Algérie,
reçoit 2,5 milliards de m3/an, selon l’accord gazier signé en 1993
par les deux parties et ce, sur une période de 20 ans. Mais le
Portugal souhaite augmenter ces quantités pour les porter à 3,5
milliards de m3/an. Les exportations gazières vers le Portugal se
font par le gazoduc Maghreb-Europe (GME) mis en service en 1996 via
l’Espagne et le Maroc. Enfin, le mois de décembre verra les
Français, lors de la visite du ministre Thierry Breton, reconduire
l’accord d’approvisionnement en gaz naturel via GDF.
Le contrat
d’approvisionnement en gaz devrait être reconduit entre la Sonatrach
et GDF pour une durée de 20 ans. Une augmentation du volume de gaz
transitant par les gazoducs actuels mais aussi par le futur gazoduc
Medgaz est également prévue. Gaz de France devrait prendre une
participation de 12% dans ce futur gazoduc reliant directement
l’Algérie à l’Espagne, puis à la France. Le plus important est que
la part des importations gazières avec l’Algérie passera de 12 à
15%.
La réalité de
l’accord
Pour comprendre le
sentiment de menace qui agite les Européens depuis l’accord
Sonatrach-Gazprom, il faut savoir que l’idée d’une Opep du gaz a été
évoquée par le comité économique de l’Otan, prêtant pareille
intention aux Russes et à divers pays arabes, dont l’Algérie, le
Qatar et la Libye ; bref, «un cartel capable de régir et de
contrôler le marché du gaz». Un rapport pris avec beaucoup de
moquerie par le très sérieux Financial Times. Car s’il est très
facile d’agiter l’accord algéro-russe comme un épouvantail aux yeux
d’une opinion européenne sensible à la question de la sécurité de
l’approvisionnement énergétique, l’on ecamote le fait que ledit
accord est parfaitement comparable à ceux qu’a conclus dans un passé
récent, Sonatrach avec Shell et Statoil. Il semble aussi régler un
différend vieux de près de deux décennies relatif au remboursement
par l’Algérie de sa dette vis-à-vis de l’ex-URSS.
Dans une récente
conférence animée à Rabat et reprise par le quotidien spécialisé
l’Economiste, Francis Ghilès, chercheur et spécialiste des questions
Euromed, (qui a tenu des positions rarement favorables à l’Algérie)
faisait remarquer tout de même que «la coopération entre l’Algérie
et la Russie dans le domaine des hydrocarbures est bien ancienne».
«De nombreux
ingénieurs russes ont aidé Sonatrach à développer le Centre de
recherches en exploration et à former des ingénieurs à Boumerdès,
près d’Alger, depuis 1962», a-t-il affirmé. Et d’ajouter que «la
coopération qui se développe aujourd’hui est à double sens. Gazprom
fait appel à l’expérience de Sonatrach pour développer ses projets
de gaz naturel liquéfié (GNL), la compagnie algérienne étant le
deuxième producteur de GNL au monde».
Le fait est que la
véritable crainte des Européens devrait se concentrer en toute
objectivité vers Moscou. Le géant gazier russe Gazprom a mis en
garde l’Europe contre «toute tentative de freiner ses ambitions dans
la région». Gazprom souligne, telle une menace, que la «concurrence
pour les ressources énergétiques augmente» et qu’il pourrait
rediriger ses exportations, essentiellement axées sur l’Europe
actuellement, vers d’autres régions. L’empressement des Européens à
se tourner vers Alger est donc bien compréhensible. La nouveauté,
cela dit, est qu’ils lui demandent de leur vendre non plus du gaz
seulement, mais un peu plus de sécurité.
N. B.
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Contrats gaziers avec l’Algérie
Le Portugal
emboîte le pas à l’Italie
Le renforcement de
la coopération algéro-portugaise dans le domaine de l’énergie était
au centre des entretiens, jeudi à Alger, entre le ministre de
l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, et le ministre portugais de
l’Economie et de l’Innovation, Manuel Pilho. Les discussions avec le
ministre portugais ont porté sur «les moyens de renforcer davantage
les relations de coopération avec le Portugal dans le domaine de
l’énergie, particulièrement en matière d’approvisionnement en gaz
naturel et en GNL», a indiqué M. Khelil à la presse à l’issue des
entretiens élargis aux deux délégations. L’examen des possibilités
de partenariat entre les sociétés algériennes et portugaises dans ce
domaine a été également à l’ordre du jour de ces entretiens, a
ajouté le ministre. «Bientôt, nous aurons l’occasion de parvenir à
des résultats positifs (...) avec ce grand client de l’Algérie»,
a-t-il déclaré, confiant, mais sans fournir plus de précisions. Pour
sa part, le ministre portugais qui visite l’Algérie pour la
quatrième fois, s’est dit «satisfait» de ces entretiens qui ont
porté notamment, a-t-il dit, sur l’approvisionnement du Portugal en
gaz et aussi les possibilités des compagnies portugaises de
collaborer avec les entreprises algériennes. Interrogé sur la
faiblesse de la présence des entreprises portugaises en Algérie dans
le domaine de l’énergie, le ministre prévoit que cette présence
«sera de plus en plus visible». «Il y a un nombre important de
compagnies portugaises qui sont installées physiquement ici avec la
volonté de faire des affaires mais qui ont besoin d’une période
d’adaptation pour gagner la confiance», a-t-il observé. «J’imagine
que dans cette situation de prospérité, vous avez beaucoup de gens
qui vous approchent mais il faut bien faire la différence entre ceux
qui veulent rester dans le long terme et ceux qui cherchent des
occasions plus opportunistes. Il y a des compagnies portugaises qui
espèrent gagner cette confiance», a commenté le ministre portugais.
L’Algérie fournit au Portugal quelque 85% de ses besoins en gaz
naturel, avec 2,5 milliards de m3 par an, conformément à l’accord
gazier signé en 1993 pour une période de 20 ans avec l’entreprise
portugaise Transgas. Ces quantités sont fournies à travers le
gazoduc Maghreb-Europe mis en service en 1995 et reliant l’Algérie à
l’Espagne pour desservir plusieurs autres pays de l’Europe
occidentale. Les Portugais demandent à augmenter cette quantité de 1
milliard de m3/an pour atteindre les 3,5 milliards de m3/an.
R. N.
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Ouverture du 1er Séminaire international sur la Tariqa tidjania
Sous le sceau
de la pérennité
Ce séminaire
auquel prennent part plus de 600 personnalités représentant 29 pays
musulmans se veut, selon ces organisateurs, une occasion de
regrouper, pour la première fois, les prédicateurs de cette voie
exemplaire et de faire rapprocher leurs points de vue.
De notre envoyé
spécial à Laghouat
Mourad Kechad
La grande salle
des conférences de l’Université Amar Tledji, de Laghouat, a semblé
bien exiguë, jeudi dernier, pour contenir l’ensemble des
participants au 1er Séminaire international sur la Tariqa tidjania.
Cette manifestation, placée sous le haut patronage du président de
la République, a été inaugurée, ce week-end, par le Chef de
gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, en compagnie de deux ministres de
son staff, Bouabdellah Ghlamallah, ministre des Affaires religieuses
et des wakfs et Boudjemaâ Haichour, ministre des Postes et des
Technologies de l’information et de la communication. Dans son
message adressé aux participants à cette manifestation religieuse,
prononcé par le professeur El Okbi Haba, le chef de l’Etat, en
rappelant le parcours du fondateur de la voie tidjania et la
contribution de cette dernière dans la propagation de la religion
musulmane de par le monde, a souligné que la Tariqa, prônée par Sid
Ahmed Tidjani a fait connaître aux peuples des cinq continents, les
vraies valeurs de la religion, celles de la tolérance et de la
fraternité, «loin de toute idée fanatique ou extrémiste», écrit le
président dans son message. Ce séminaire, auquel prennent part plus
de 600 personnalités représentant 29 pays musulmans, se veut, selon
ses organisateurs, une occasion de regrouper, pour la première fois,
les prédicateurs de cette voie exemplaire et de faire rapprocher
leurs points de vue. Pour le Dr Mohamed Benbrika, professeur à
l’université d’Alger, l’«objectif principal, visé à travers
l’organisation de cette manifestation, est d’exposer la tariqa
tidjaina dans ses différents volets : spirituel, éducatif, social et
pourquoi pas politique, puisque ce séminaire permettra à l’Algérie
d’exploiter l’envergure de la Tariqa tidjania dans ses rapports
diplomatiques avec les différents pays du continent africain et de
résoudre certains problèmes dans le continent à travers la voie
tidjanie et aussi par les autres voies existantes au pays», nous a
indiqué cet expert et coordinateur de la Tariqa kadiria, en Algérie
et en Afrique. La majorité des participants étrangers que nous avons
rencontrés se sont accordés à dire, eux aussi, que l’initiative
d’organiser pareille manifestation est bénéfique à plus d’un titre.
Le Sénégalais, Aiane Techam, président du Centre islamique du
Sénégal et chef de file de la voie tidjania dans son pays, indique
que «ce séminaire est intervenu au moment opportun du fait que
l’humanité entière a, plus que jamais, besoin de tisser les liens de
fraternité et de fonder des relations basées sur le respect
d’autrui. Cette manifestation renforcera, à ne point en douter, la
fraternité existante entre l’Algérie et le Sénégal, voire avec les
autres pays de l’Afrique de l’ouest». Interrogé sur le nombre de
disciples de la voie dans son pays, notre interlocuteur, qui
souligne l’efficacité de la confrérie dans la protection et la
propagation de la religion, a estimé que «si la population
sénégalaise est de 10 millions âmes, 6 millions d’entre elle sont
des tidjanis».
Absence du
Maroc
Outre les organes
d’informations nationaux et locaux, ce séminaire, le premier du
genre, a enregistré une forte médiatisation marquée principalement
par la présence de nombreuses chaînes de télévision et radios
étrangères pour ne citer que celles d’El Arabia, El Alam et de la
télévision nationale du Sénégal, venues couvrir l’événement. Brahim
Dieoujo, animateur de l’émission «Club de presse», diffusée par la
radio nationale du Sénégal nous
dira : «C’est la
première fois que j’assiste à un séminaire de cette importance, qui
donne une occasion à tous les coreligionnaires partageant la
confrérie de la tidjania, l’une des plus grandes voies de la Oumma
islamiya, de consolider leur fraternité. Donc, c’est un événement
mondial qui mérite d’être médiatisé». On relève, cependant,
l’absence des délégations de huit pays musulmans invitées à prendre
part aux travaux de cette manifestation religieuse. Si la non
présence au séminaire des pays du Golfe, s’est traduite, à en croire
les dires de quelques participants, par leur tendance wahhabite, est
passée presque inaperçue, l’absence de représentants du royaume
chérifien a suscité moult interrogations, aussi bien chez les
journalistes présents qu’au sein même des organisateurs. Le Maroc
qui, faut-il le dire, réclame la «khilafa» de cette filiale,
justifiant sa position par le fait que le fondateur de la confrérie
tidjania est enterré à Fès, projette, indique-t-on, d’organiser un
séminaire similaire au Maroc, l’année prochaine, comme pour faire
montrer la «marocanité» de la voie tidjania. Questionné sur ce point
précis, lors d’un point de presse donné en marge du séminaire en
question, le chef du département des Affaires religieuses, a soutenu
que l’«Algérie n’est pas contre l’organisation d’un tel séminaire au
Maroc». Et le ministre d’ajouter : «La tariqa tidjania ne s’est pas
répandue uniquement dans le royaume, elle est appliquée partout et
que tout pays qui envisage de la célébrer est le bienvenu, puisque
ça va dans le bien de cette voie avant tout autre objectif visé».
Pour rappel, Sid Ahmed Tidjani, natif de Aïn Madhi (Laghouat), en
1737, s’est réfugié au Maroc, suite aux pressions ottomanes exercées
sur lui. Peu avant sa mort, ce maître spirituel conseilla aux
membres de sa famille de rejoindre leur terre natale. Terre où fut
fondée la confrérie Tedjani, au XVIIIe siècle. Notons que plusieurs
activités ont marqué la première manifestation internationale des
frères tidjanis. A ce propos, outre les conférences animées par
d’éminents professeurs universitaires et autres hommes de culte, le
programme tracé pour la circonstance comprend plusieurs visites
guidées aux sections de la confrérie implantées dans le pays. Hier,
les séminaristes ont accompli la prière du vendredi à la mosquée du
«califat général de la voie tidjania» de Aïn Madhi, localité
distante de 75 km du chef lieu de wilaya, Laghouat. «Le Séminaire
international sur la Tariqa tidjania est appelée à devenir un
rendez-vous périodique de la confrérie», telle est la principale
recommandation du séminaire qui prendra fin aujourd’hui.
M. K.
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M. Ghlamallah insiste
«Nous ne
voulons plus d’imams fanatiques»
Les origines de la
voie tidjania, le fanatisme religieux et les effets de la
mondialisation sonts entre autres, les principaux point abordés par
le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, au cours d’une
rencontre avec les journalistes, organisée, tard dans la soirée de
jeudi passé, au salon d’honneur de l’Université Amar Tledji, de
Laghouat.
«La voie tidjania
a été fondée en Algérie, grâce à la bénédiction de Sidi Ahmed
Tedjani. Avant son départ forcé au Maroc, les rites de la tariqa
avaient déjà été répandus dans la société», a-t-il soutenu.
Bouabdellah Ghlamallah ajoute que son département ne s’opposera pas
à la création d’un institut national spécialisé dans l’enseignement
de la filiale tidjanie, proposition faite, ces derniers temps, par
ses prédicateurs. A une question inhérente aux comportements
fanatiques émanant de certains imams, le ministre répondra : «Nous
procéderons à la mise à l’écart de tout imam qui prêche des discours
extrémistes ou tente d’imposer ses propres idées». Par ailleurs,
évoquant la mondialisation prônée par l’Occident, il indique que le
modèle de vie «unifiant» charrié par la globalisation n’est pas au
diapason des principes de la religion musulmane. «Si nous arrivons à
bien tenir notre confession, la mondialisation qu’on veut nous
imposer n’aura aucun effet sur nous», dira le ministre.
M. K.
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Le président de l’Union nationale des zaouïas algériennes
«Le wahhabisme
est derrière le terrorisme en Algérie»
Rencontré au
séminaire international qui se tient depuis jeudi dernier dans la
wilaya de Laghouat, le président de l’Union nationale des zaouïas
algériennes (UNZA), le docteur Challal Mahmoud Omar, nous a accordé
ce bref entretien dans lequel il évoque la situation des zaouïas et
l’apparition des idées fanatiques au pays.
Le Jour
d’Algérie : trois ans après la création de l’organisation que vous
présidée, où est-ce qu’on est de la situation des zaouïas au pays ?
Dr Challal :
La situation des zaouïas en Algérie se dégrade de plus en plus, en
raison de l’absence d’une vision adéquate susceptible de redonner à
ces écoles leurs lettres de noblesse.
N’en
n’avez-vous pas une ?
Nous avons élaboré
notre plan d’action que le ministère continue malheureusement
d’ignorer. L’UNZA ne suffit pas à elle seule de régler tous les
problèmes qui s’y posent.
De quoi
manquent ces zaouïas au juste ?
Elles manquent de
tout. J’ai vu des élèves qui suivent des cours coraniques habiter
des casemates au niveau de ces écoles. Leurs conditions de vie sont
délicates. Aucune subvention étatique n’est destinée à ces écoles. A
cela s’ajoute le programme chargé de leur formation qui atteint
parfois 15 heures/jour. Ce qui est pire est l’absence d’une méthode
pédagogique dans l’enseignement des programmes, ce qui rend les
élèves exposés à toutes les idées ou tendances fanatiques.
Pouvez-vous
être plus clair ?
Je peux vous dire,
et ce n’est un secret pour personne d’ailleurs, qu’un bon nombre
d’élèves ont été, faute d’encadrement, emportés par les tendances
extrémistes du wahhabisme et sont devenus par la suite des
terroristes.
Peut-on
connaître votre plan d’action ?
Nous sommes en
train de recenser tous les wakfs que le ministère a accaparés. Nous
voulons les récupérer ou, du moins, avoir des échanges. De plus,
nous plaidons pour un programme unifié dans toutes les écoles
coraniques du pays enseigné par des personnes qualifiées. Nous
plaidons aussi pour l’octroi d’un statut particulier pour les élèves
des zaouïas car, à la fin de leur formation, ils se retrouvent
carrément livrés à eux mêmes.
Propos
recueillis par M. K.
Haut
Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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