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Discussions
Le Forum
économique mondial de Davos s’est transformé depuis son ouverture,
jeudi, en véritable foire aux idées, touchant trois grands thèmes
principaux. Le premier de ces thèmes est celui de la paix au
Proche-Orient avec les rencontres programmées du président
palestinien, Mahmoud Abbas avec la ministre des Affaires étrangères
israélienne, Tzipi Livni. Durant l‘ouverture du Forum le président
de l’Autorité palestinienne a même fait l’accolade au vice-Premier
ministre israélien, Shimon Pérès, sous les applaudissement de la
salle, composée de 2 500 invités entre chefs d’Etats et de chefs
d’entreprises venus du monde entier. Beaucoup espèrent que ce forum
donnera la possibilité aux dirigeants israéliens et palestiniens de
discuter et d’approfondir leur vision concernant la création d’un
Etat palestinien viable ainsi que sur la cohabitation entre leurs
deux peuples. Autre thème qui sera largement débattu lors de ce
Forum, l’environnement. En effet, la lutte contre le réchauffement
de la planète semble, depuis quelques mois, être devenue la première
priorité des chefs d’Etat du monde entier. Pour aider à faire passer
ce thème, beaucoup ont misé sur la rentabilité de ce sujet. «Make
green pay» («Le vert peut être rentable») est devenu un slogan qui
s’affiche dans les séminaires au bas d’énormes photos d’éoliennes.
Les patrons ont intégré la contrainte écologique, promesse de
nouveaux marchés rentables. Même George W. Bush, pourtant pollueur
décomplexé, s’y est mis et en a largement parlé durant son discours
annuel sur l’Etat, la semaine dernière. Enfin, troisième sujet, dont
il sera fortement question, l’OMC, avec des discussions tournant
autour de la baisse des barrières douanières dans le monde, figées
depuis sept mois. Ce dernier point a fait d’ailleurs partie du
discours inaugural d’Angela Merkel qui préside ce Forum.
Ainsi, cette
édition du Forum de Davos promet d’être très constructive, surtout
si des résultats concrets venaient à clore tous les débats initiés.
Fouzia Mahmoudi
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Naguib Aoun, rédacteur en chef de l’Orient le Jour :
«Siniora ne
partira pas, car il est légitime»
Propos
recueillis par Fouzia Mahmoudi
Le Jour
d’Algérie : Votre pays connaît une crise politique très importante
depuis plus de deux mois. L’opposition veut pousser l’actuel
gouvernement à la porte et malgré tout Siniora tient le coup. A quoi
cela tient-il selon vous ?
Naguib Aoun :
L’explication est très simple, il ne faut pas oublier que ce
gouvernement qui est à la tête e l’Etat est un gouvernement qui a
accédé au pouvoir de manière tout à fait légitime. C’est le peuple
qui a amené Siniora au pouvoir et l’opposition ne peut vaincre cela.
Les chiites se sont retirés de ce gouvernement car ils étaient
minoritaires et qu’ils savaient qu’à l’heure des choix, leurs voix
seraient minces. C’est pour cela que les chiites ont exigé de
pouvoir bénéficier de la minorité de blocage. Ce qui est à mon sens
une véritable aberration constitutionnelle. En effet, comment peut
ont envisager qu’une minorité puisse bloquer un gouvernement entier
en sachant que la représentativité de ce gouvernement à été choisie
par le peuple libanais lui-même.
Aujourd’hui, la
seule solution envisageable serait des négociations en vue d’élargir
la participation au gouvernement à toutes les minorités afin de ne
léser personne et que tous participent au fonctionnement de notre
Etat et pour que la vie politique de notre famille soit simplifiée.
Ces deux derniers jours, un réveil de conscience est en train
d’avoir lieu. Espérons que le Parlement aura la présence d’esprit
d’appeler maintenant à des négociations nationales.
L’opposition
prétend que la grande majorité des Libanais soutient sa démarche. A
votre avis qu’en est-il?
Tout cela, c’est
de la propagande du Hezbollah. Certes, le pays est fortement divisé
mais quand la grève générale à eu lieu, l’opposition a procédé par
la force et n’a pas laissé le choix aux Libanais de participer ou
non à cette grève. Si cela avait été le cas, on aurait pu constater
qui sont ceux qui soutiennent réellement l’a position de
l’opposition. Cette journée de grève aurait pu jouer le rôle d’un
référendum grandeur nature dans lequel la véritable voix du Liban
aurait pu être écoutée mais l’opposition, ayant certainement eu peur
de ce qu’elle aurait entendu, a préféré opérer en force comme à son
habitude.
De nombreux
incidents faisant de nombreuses victimes ont eu lieu ces derniers
jours dans votre pays. Ne craignez-vous pas que la situation ne
dégénère en guerre civile ?
C’est ce que nous
avons fortement craint il y a deux jours mais aujourd’hui, la
situation s’est toutefois calmée. Néanmoins, la possibilité de
nouveaux dérapages n’est pas totalement à exclure. Durant la seconde
guerre du Liban, cet été, le Hezbollah a voulu faire passer notre
armée pour une bande d’incompétents, incapables de défendre notre
territoire. Cette démarche visait évidemment, et cela était criant,
à valoriser au dépend de notre armée nationale les factions du
Hezbollah qui ont combattu l’armée israélienne. Aujourd’hui, le
Hezbollah a totalement changé de discours vis-à-vis de notre armée.
Depuis la fin de la guerre et la mise en place de la résolution
1701, Nasrallah a décidé que notre armée est efficace et que les
Libanais se devaient de la respecter et la soutenir entièrement. Ce
geste de Nasrallah ressemble fort à une tentative d’apaisement et je
pense, qu’à l’heure qu’il est, les risques d’une guerre civile
restent en suspens.
Quelles seront
les conséquences de la conférence sur le Liban qui a eu lieu jeudi à
Paris ?
Cette conférence
était absolument extraordinaire et ses conclusions une immense
source d’espoir pour nous. En effet, nous avons eu la preuve
tangible que le monde dans son ensemble soutien le peuple libanais
et que tous n’aspirent qu’à une chose : que soit enfin effective la
paix au Liban. Malheureusement, au Liban, l’opposition a tenté de
dynamiter cette conférence en détournant l’attention et en
provoquant des heurts et des incidents ayant entraîné la mort de
plusieurs personnes. Mais heureusement que les participants à cette
conférence ont soutenu, malgré tout, le peuple libanais et les
donations ont atteint des sommes que personne n’avait osé espérer.
L’opposition
dans votre pays, contrairement à ce que beaucoup croient, est très
hétéroclite et les chrétiens représentés par le général Michel Aoun
y ont une large place. Pourquoi alors une telle focalisation sur les
chiites ?
Le général Aoun
donne une couverture chrétienne à cette opposition pour qu’elle
puisse se prétendre représentative de tout le Liban mais malgré
tout, cette démarche ne trompe personne. En effet, les chrétiens
libanais sont très divisés et ils sont loin de partager les
positions de Michel Aoun, bien au contraire. Ce dernier a en effet
beaucoup perdu de sa renommée en «fricotant» avec cette opposition
qui veut arracher le pouvoir par la force à un gouvernement
légitimement élu par le peuple libanais.
F. Z.
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