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Naguib Aoun, rédacteur en chef de l’Orient le Jour : 

«Siniora ne partira pas, car il est légitime»

 

 27/01/07

 

Discussions

Le Forum économique mondial de Davos s’est transformé depuis son ouverture, jeudi, en véritable foire aux idées, touchant trois grands thèmes principaux. Le premier de ces thèmes est celui de la paix au Proche-Orient avec les rencontres programmées du président palestinien, Mahmoud Abbas avec la ministre des Affaires étrangères israélienne, Tzipi Livni. Durant l‘ouverture du Forum le président de l’Autorité palestinienne a même fait l’accolade au vice-Premier ministre israélien, Shimon Pérès, sous les applaudissement de la salle, composée de 2 500 invités entre chefs d’Etats et de chefs d’entreprises venus du monde entier. Beaucoup espèrent que ce forum donnera la possibilité aux dirigeants israéliens et palestiniens de discuter et d’approfondir leur vision concernant la création d’un Etat palestinien viable ainsi que sur la cohabitation entre leurs deux peuples. Autre thème qui sera largement débattu lors de ce Forum, l’environnement. En effet, la lutte contre le réchauffement de la planète semble, depuis quelques mois, être devenue la première priorité des chefs d’Etat du monde entier. Pour aider à faire passer ce thème, beaucoup ont misé sur la rentabilité de ce sujet. «Make green pay» («Le vert peut être rentable») est devenu un slogan qui s’affiche dans les séminaires au bas d’énormes photos d’éoliennes. Les patrons ont intégré la contrainte écologique, promesse de nouveaux marchés rentables. Même George W. Bush, pourtant pollueur décomplexé, s’y est mis et en a largement parlé durant son discours annuel sur l’Etat, la semaine dernière. Enfin, troisième sujet, dont il sera fortement question, l’OMC, avec des discussions tournant autour de la baisse des barrières douanières dans le monde, figées depuis sept mois. Ce dernier point a fait d’ailleurs partie du discours inaugural d’Angela Merkel qui préside ce Forum.

Ainsi, cette édition du Forum de Davos promet d’être très constructive, surtout si des résultats concrets venaient à clore tous les débats initiés.

Fouzia Mahmoudi

 

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Naguib Aoun, rédacteur en chef de l’Orient le Jour : 

«Siniora ne partira pas, car il est légitime»

 

Propos recueillis par Fouzia Mahmoudi

 

Le Jour d’Algérie : Votre pays connaît une crise politique très importante depuis plus de deux mois. L’opposition veut pousser l’actuel gouvernement à la porte et malgré tout Siniora tient le coup. A quoi cela tient-il selon vous ?

 

Naguib Aoun : L’explication est très simple, il ne faut pas oublier que ce gouvernement qui est à la tête e l’Etat est un gouvernement qui a accédé au pouvoir de manière tout à fait légitime. C’est le peuple qui a amené Siniora au pouvoir et l’opposition ne peut vaincre cela. Les chiites se sont retirés de ce gouvernement car ils étaient minoritaires et qu’ils savaient qu’à l’heure des choix, leurs voix seraient minces. C’est pour cela que les chiites ont exigé de pouvoir bénéficier de la minorité de blocage. Ce qui est à mon sens une véritable aberration constitutionnelle. En effet, comment peut ont envisager qu’une minorité puisse bloquer un gouvernement entier en sachant que la représentativité de ce gouvernement à été choisie par le peuple libanais lui-même.

Aujourd’hui, la seule solution envisageable serait des négociations en vue d’élargir la participation au gouvernement à toutes les minorités afin de ne léser personne et que tous participent au fonctionnement de notre Etat et pour que la vie politique de notre famille soit simplifiée. Ces deux derniers jours, un réveil de conscience est en train d’avoir lieu. Espérons que le Parlement aura la présence d’esprit d’appeler maintenant à des négociations nationales.

 

L’opposition prétend que la grande majorité des Libanais soutient sa démarche. A votre avis qu’en est-il?

Tout cela, c’est de la propagande du Hezbollah. Certes, le pays est fortement divisé mais quand la grève générale à eu lieu, l’opposition a procédé par la force et n’a pas laissé le choix aux Libanais de participer ou non à cette grève. Si cela avait été le cas, on aurait pu constater qui sont ceux qui soutiennent réellement l’a position de l’opposition. Cette journée de grève aurait pu jouer le rôle d’un référendum grandeur nature dans lequel la véritable voix du Liban aurait pu être écoutée mais l’opposition, ayant certainement eu peur de ce qu’elle aurait entendu, a préféré opérer en force comme à son habitude.

 

De nombreux incidents faisant de nombreuses victimes ont eu lieu ces derniers jours dans votre pays. Ne craignez-vous pas que la situation ne dégénère en guerre civile ?

C’est ce que nous avons fortement craint il y a deux jours mais aujourd’hui, la situation s’est toutefois calmée. Néanmoins, la possibilité de nouveaux dérapages n’est pas totalement à exclure. Durant la seconde guerre du Liban, cet été, le Hezbollah a voulu faire passer notre armée pour une bande d’incompétents, incapables de défendre notre territoire. Cette démarche visait évidemment, et cela était criant, à valoriser au dépend de notre armée nationale les factions du Hezbollah qui ont combattu l’armée israélienne. Aujourd’hui, le Hezbollah a totalement changé de discours vis-à-vis de notre armée. Depuis la fin de la guerre et la mise en place de la résolution 1701, Nasrallah a décidé que notre armée est efficace et que les Libanais se devaient de la respecter et la soutenir entièrement. Ce geste de Nasrallah ressemble fort à une tentative d’apaisement et je pense, qu’à l’heure qu’il est, les risques d’une guerre civile restent en suspens.

 

Quelles seront les conséquences de la conférence sur le Liban qui a eu lieu jeudi à Paris ?

Cette conférence était absolument extraordinaire et ses conclusions une immense source d’espoir pour nous. En effet, nous avons eu la preuve tangible que le monde dans son ensemble soutien le peuple libanais et que tous n’aspirent qu’à une chose : que soit enfin effective la paix au Liban. Malheureusement, au Liban, l’opposition a tenté de dynamiter cette conférence en détournant l’attention et en provoquant des heurts et des incidents ayant entraîné la mort de plusieurs personnes. Mais heureusement que les participants à cette conférence ont soutenu, malgré tout, le peuple libanais et les donations ont atteint des sommes que personne n’avait osé espérer.

 

L’opposition dans votre pays, contrairement à ce que beaucoup croient, est très hétéroclite et les chrétiens représentés par le général Michel Aoun y ont une large place. Pourquoi alors une telle focalisation sur les chiites ?

Le général Aoun donne une couverture chrétienne à cette opposition pour qu’elle puisse se prétendre représentative de tout le Liban mais malgré tout, cette démarche ne trompe personne. En effet, les chrétiens libanais sont très divisés et ils sont loin de partager les positions de Michel Aoun, bien au contraire. Ce dernier a en effet beaucoup perdu de sa renommée en «fricotant» avec cette opposition qui veut arracher le pouvoir par la force à un gouvernement légitimement élu par le peuple libanais.

F. Z.

 

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