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Affaire Khalifa Bank/L’ex-ministre des Finances témoigne devant la justice

Terbèche accable la Banque d’Algérie

Me Mokrane Aït Larbi au Jour d’Algérie

«Le débat se déroule en dehors de la salle d’audience»

Après d’autres responsables des Finances

Medelci témoignera ce matin

Lors d'une réunion avec les coordinateurs de wilaya

Ouyahia : «L’affaire Khalifa n’est pas politique»

Madani Mezrag l’a affirmé

«Nous participerons aux élections»

Elections législatives et locales

Djaballah rejette le jumelage

Jumelage des élections

Le RND s’oppose à Belkhadem

Pour répondre à Aït Ahmed

7 Fédérations du FFS en conclave

Djamel Bessa, P-DG de Cnep-Banque

«La formule CNEP-APC n’est plus»

Bordj Menaïel

Inauguration d’une nouvelle agence Cnep

Éducation

30% des reçus au BEM seront orientés vers le technicum

Traite des êtres humains en Algérie

Etrange rapport du département d’Etat US 

Enquête / Drogue en milieu scolaire

Un phénomène qui prend de l’ampleur

 

 27/01/07

 

 Affaire Khalifa Bank/L’ex-ministre des Finances témoigne devant la justice

Terbèche accable la Banque d’Algérie

L’ex-ministre des Finances, Mohamed Terbèche a été auditionné en tant que témoin, jeudi dernier, dans la matinée, par le tribunal criminel près la cour de Blida, dans le cadre du procès de l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank.

Cette audition a trait au rapport adressé par la Banque d’Algérie au ministère des Finances, pour informer sur les infractions commises par Khalifa Bank et découvertes lors des contrôles effectués dans celle-ci. Le procureur général, représentant le ministère public, l’a interrogé pour savoir s’il avait demandé des explications au secrétaire général de ce ministère concernant le rapport adressé à ce dernier.

- «Ce rapport avait été adressé au ministère des Finances pour information, seulement», répond l’ex-ministre, selon lequel ce rapport portant la mention «confidentiel» ne comprenait que des «généralités».

- «Est-ce que vous vous êtes assuré que ce rapport contenait des généralités», demande le procureur général.

- «C’est la commission qui a déduit ça», répond Terbache, évoquant la commission installée par le ministère des Finances pour l’étude de ce rapport.

- «La commission que vous avez installée pour l’étude de ce rapport a déduit que celui-ci contenait des généralités et qu’il n’était pas signé ?», demande la présidente du tribunal à l’adresse de l’ex-ministre

- «Oui», répond-il

- «Vous le confirmez ?»

- «Oui»

La magistrate souligne que «ce rapport ne répondait pas aux normes judiciaires» et que «la signature a une importance». «Je tiens à dire aux avocats qu’ils disposent du dossier de fonds qui est entre mes mains», ajoute la présidente du tribunal à l’adresse des robes noires en poursuivant, à leur adresse : «Je m’engage à vous remettre une copie dans les jours prochains».

La magistrate laisse place aux questions que des avocats voudraient poser au témoin. Auparavant,

l’ex-ministre avait souligné avoir adressé ce rapport au Chef du gouvernement de l’époque, Ali Benflis.

- «Est-ce que le ministère des Finances avait adressé ce rapport au gouvernement dans le but d’obtenir une réponse ?», demande un avocat.

- «Oui», répond l’ex-ministre.

- «Pour une solution ou pour seulement en guise d’information ?», demande l’avocat.

- «Il est naturel que le gouvernement prenne connaissance de ce rapport», répond M. Terbèche.

La «disparition» de ce rapport adressé par la Banque d’Algérie au ministère des Finances a été au centre de l’audience de jeudi dernier.

Le rapport classé «confidentiel» a été «égaré»

Un autre avocat demande si le ministère des Finances est un ministère de souveraineté. L’ex-ministre répond par l’affirmative.

- «Est-ce que cette disparition a permis au désastre de prendre de l’ampleur?», demande cet avocat.

- «Il existe un décret qui fixe ce genre de situation et la manière avec laquelle un PV doit être rédigé, ainsi que le PV de désignation des assermentés», répond l’ex-ministre.

Une autre question a trait à l’article 8, évoqué par un avocat, qui a posé la question de savoir s’il oblige le ministère des Finances à déposer plainte.

- «C’est une prérogative de la Banque centrale», répond Terbache.

- «Comment en une année ces dépôts ont ils été effectués ? (chez Khalifa Bank ndlr) S’agit-il d’une décision politique ?», demande Me Bourayou.

- «Cette question aurait dû être posée hier au gouverneur de la Banque d’Algérie», répond l’ex-ministre des Finances. En réponse à la question d’un autre avocat, Terbèche dira qu’il avait été contacté par le directeur de cabinet de Ali Benflis, en l’occurrence Brahim Bouzeboudjène.

- «Est-ce qu’il existe une structure pour contrôler ?», questionnera un des avocats.

L’ex-ministre répond en disant que «la loi est claire» et qu’«il s’agit des prérogatives de la Banque d’Algérie»

- «Est-ce normal qu’un rapport aussi sensible, portant la mention ‘confidentiel’ d’un ministère de souveraineté, n’a-t-il pas été exploité depuis son transfert, pendant une année, au secrétariat général de ce ministère ?», demande un avocat.

- «Il faut poser cette question à M. Medelci», répond l’ex-ministre.

Le rapport en question, envoyé par la Banque d’Algérie au secrétariat général du ministère des Finances, le 11 décembre 2001, faisant état d’infractions commises par Khalifa Bank en ce qui concerne les transferts de devises vers l’étranger aurait été «égaré» avant que ce ministère n’installe une commission chargée d’étudier ces infractions. Lors de son audition, la veille, par le tribunal, Mohamed Leksaci, actuel gouverneur de la Banque d’Algérie, ayant occupé un poste de vice-gouverneur du temps de Kéramane Abdelouahab, accusé lui aussi dans cette affaire, avait informé la présidente du tribunal que la Banque d’Algérie avait adressé un rapport au ministère des Finances, suite à des contrôles effectués par l’inspection générale de la Banque d’Algérie à Khalifa Bank. L’actuel gouverneur de la BA avait expliqué que ce rapport avait été adressé au ministère des Finances pour suite à donner, sur la base de l’ordonnance 96/22 du 9 juillet 1996.

- «Pourtant, vous pouviez, en tant que Banque d’Algérie, déposer plainte à l’encontre de Khalifa Bank, sur la base de la loi 90/10», avait fait remarquer la présidente du tribunal qu ajoute que «c’est une façon de fuir les responsabilités». Un avocat a demandé, lors de l’audition d’avant-hier, si l’exploitation de ce rapport aurait évité que la situation en arrive là, l’ex-ministre a répondu que «cette question devait être posée à la Banque d’Algérie». «Et pour les transferts en devises ?», enchaîne cet avocat. «Même réponse», répond l’ex-ministre qui ajoute, en réponse à une autre question, que «la relation entre le ministère des Finances et la Banque d’Algérie est l’échange d’informations et la participation dans la désignation de la politique financière». A une question de la présidente du tribunal pour savoir si la BA est indépendante, Terbèche répond que «celle-ci n’est pas obligée de passer par le ministère des Finances pour prendre des décisions». L’ex-ministre a eu à répondre à une autre question d’un avocat qui voulait savoir pourquoi ce rapport portant la mention «confidentiel» avait été adressé au secrétaire général du ministère des Finances et non au ministre. «Il faut poser cette question à l’expéditeur», répond-il. A la question de savoir «pourquoi ce n’est qu’au sixième rapport (parmi les dix rédigés par l’inspection générale de la BA) qu’il est fait état d’infractions aux changes», Terbache répond que «les questions liées à ces rapports auraient dû être posées hier». L’ex-ministre a fait savoir, en répondant à une autre question d’un avocat, que ce rapport avait été adressé par un vice-gouverneur au secrétaire général du ministère des Finances et qu’il serait adressé à lui s’il avait été adressé par le gouverneur, en personne.

«C’est très important, car le secrétaire général de ce ministère, auditionné, hier, avait souligné que ce rapport ne lui avait pas été adressé et qu’il avait été adressé au ministre. Il a dit qu’il n’a fait que parcourir sommairement ce document», lance la présidente de ce tribunal.

Un avocat pose une question pour savoir si l’ex-ministre a bénéficié d’un privilège de la part de Khalifa

- «Il est là en tant que témoin», objecte la magistrate

- «Non, je peux répondre, je n’ai bénéficié d’aucun privilège», répond Terbèche.

A la fin de l’audience, levée avant midi, l’on apprendra que l’audition annoncée pour aujourd’hui de Mourad Medelci, actuel ministre des Finances, en tant que témoin et qui s’est excusé auprès du tribunal, ne dervait pas avoir lieu. Le tribunal se penchera au cours de cette semaine sur une autre partie du dossier de la caisse principale de Khalifa Bank, à savoir celle liée aux caisses. Les auditions, en tant que témoins, de Aboudjerra Soltani, actuel ministre d’Etat et Abdelmadjid Sidi-Saïd, secrétaire général de l’UGTA, seront attendues. Au cours des auditions devant le juge d’instruction près le tribunal de Chéraga, ces deux témoins étaient contradictoires pour ce qui est du dépôt de l’argent de caisses des caisses d’assurance sociale dans Khalifa Bank. Abdelmadjid Sidi-Saïd, président du conseil d’administration à l’époque, avait témoigné qu’il avait informé le ministère du Travail, dirigé alors par Aboudjerra Soltani, de ces dépôts. Ce dernier et plusieurs autres cadres de ce ministère avaient démenti. Abdelmadjid Sidi-Saïd avait été démenti par plusieurs membres de ce conseil d’administration qui avaient soutenu qu’ils n’avaient pas été informés de ces dépôts par l’actuel dirigeant de la Centrale syndicale pour ces dépôts.      

M. Abi

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Me Mokrane Aït Larbi au Jour d’Algérie

«Le débat se déroule en dehors de la salle d’audience»

Rencontré, avant-hier, à la cour de Blida, Me Mokrane Aït Larbi a bien voulu répondre à quelques questions ayant trait à l’affaire Khalifa.

Pour ce qui est du contenu de l’interview de Khalifa Rafik Abdelmoumen réalisée par l’hebdomadaire algérien «El Mouhaqiq», l’avocat estime que «les déclarations de Khalifa sont équivoques». Le milliardaire en fuite soutient, dans cette interview, qu’il bénéficie du statut de réfugié politique. «Il dit qu’il a un statut politique. Si cela est vrai, même une République bananière ne pourra pas l’extrader et il s’agit là, de la justice de Grande-Bretagne. Aucun pays au monde ne peut extrader une personne bénéficiant du statut de réfugié politique. C’est dans la Constitution», selon Me Mokrane Aït Larbi. Khalifa Rafik Abdelmoumen bénéficie-t-il, effectivement, du statut de réfugié politique ? «C’est au gouvernement, et au ministère des Affaires étrangères, en particulier, d’apporter la réponse», répond-il. Evoquant d’éventuelles auditions, par la Cour suprême, de ministres dans l’affaire Khalifa, Me Mokrane Aït Larbi souligne : «Ce que je constate, c’est que le débat sur des questions fondamentales se déroule en dehors de la salle d’audience». Pour ce qui est de la demande faite par un des avocats constitués dans l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank, d’entendre, en tant que témoin, l’ex-Chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, cet avocat s’interroge en posant la question de savoir que «maintenant, s’il faut le convoquer, pourquoi ne pas convoquer tous les Chefs de gouvernement en poste depuis l’agrément de Khalifa Bank jusqu’à l’actuel Chef de gouvernement ?»

Pour ce qui est d’éventuelles auditions par la Cour suprême de ministres et autres personnalités, Me Mokrane Aït Larbi estime que «le parquet a maintenant toute la latitude pour saisir le juge d’instruction quant à des personnes qui ont le bénéfice de la juridiction», après avoir expliqué qu’«il faudrait une plainte préalable pour ce faire».

M. Abi

 

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Après d’autres responsables des Finances

Medelci témoignera ce matin

Le tribunal criminel de Blida a bouclé jeudi dernier la quinzième audience relative à l’affaire «Khalifa Bank», ouverte depuis le lundi 8 Janvier. Tout au long de ces quinze audiences, si pour l’homme de la rue l’intérêt de ce procès tend à diminuer, la salle de la cour criminelle par contre n’a pas désempli, compte tenu que la plupart des témoins  ainsi que les chefs d’agences concernés par ce procès n’ont pas encore été entendus par le tribunal. Il faut quand même souligner que les séances de mercredi et de jeudi ont été  florissantes en matière d’information. En effet, contrairement à M. Leksaci, le gouverneur de la Banque d’Algérie, qui a paru mal à l’aise lors de son audition par le tribunal, par contre MM. Lakhal, Touati et Terbèche, respectivement, vice-gouverneur, ex-secrétaire général du ministère des Finances et ex-ministre des Finances  se sont montrés plus à l’aise face au tribunal ou aux avocats. Ainsi,

M. Lakhal a reconnu que la situation de Khalifa a commencé à se détériorer dès l’an 2000, au vu des rapports qui atterrissaient au niveau de la commission  Bancaire et du ministère des Finances. Cet ex-cadre des finances affirmera d’ailleurs qu’au regard de la situation, une mission de l’IGF (Inspection générale des finances) a été dépêchée sur place pour procéder à une évaluation de la situation. A travers la déclaration de l’ex-secrétaire général, en dépit de la multitude d’informations, personne n’a bougé et la situation continuait à se détériorer au fil des jours, alors que la police judiciaire aurait dû être informée sur la situation. De son côté M. Touati dira que Khalifa ne voulait en aucun cas collaborer ni avec la commission bancaire, ni avec le ministère et encore moins avec la Banque d’Algérie. «En constatant que la compagnie aérienne Khalifa Airways ne rapatriait pas les devises, conformément à la réglementation et à l’instar d’autres compagnies, l’aspect déloyal de Khalifa commençait à apparaître», dira-t-il. Invité par la présidente à s’expliquer sur  l’absence de mesures qui auraient dû être prises par la Banque d’Algérie, le vice-gouverneur affirmera que les personnes concernées ont été informées et si aucune mesure n’a été prise cela le dépassait. Il faut souligner que M. Touati qui occupa la fonction de vice-gouverneur depuis juillet 2001, ne pouvait dépasser une certaine ligne. Quoiqu’il en soit, le témoignage de Mourad Medelci est très attendu ce matin, apprend-on jeudi après midi en dernière minute, surtout après les déclarations de son prédécesseur, M.Terbèche, qui avait laissé entendre que pour certaines questions, les réponses se trouvaient chez son successeur. Ainsi, cette semaine apportera sans doute de nouvelles réponses aux questions du tribunal, notamment avec les auditions des chefs d’agence de Khalifa.

A. B. M.

 

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Lors d'une réunion avec les coordinateurs de wilaya

Ouyahia : «L’affaire Khalifa n’est pas politique»

Reléguant les questions politiques et organiques au second plan, le procès Khalifa a pesé hier sur la rencontre du SG du RND avec les journalistes qui ont fait, à leur manière, le procès de l’ancien Premier ministre. Le décor y a étroitement contribué. Debout, il s’est donné en toute franchise au jeu des questions-réponses.

A la question de savoir s’il a reçu une convocation du tribunal de Blida pour apporter son témoignage, le SG du RND répondra par la «négative». Il a réitéré sa disponibilité en se disant «être prêt, sans aucune gêne, à répondre présent, le cas échéant». Refusant de commenter dans le détail l’affaire Khalifa, M. Ouyahia n’a pas manqué de rebondir sur le sujet en faisant l’effort d’apporter, lors de la conférence de presse tenue hier, à l’issue de sa réunion avec les 48 coordinateurs de wilayas tenue jeudi, des précisions, en prenant la précaution de ne pas interférer dans la poursuite du procès. Ancien ministre de la Justice en 2001, il a tenu à émettre son appréciation personnelle, disant que «le procès est surtout perçu comme étant révélateur du chemin à parcourir pour mettre de l’ordre dans la gestion des deniers publics» et sans s’immiscer dans le cheminement que va prendre le procès, il dira que celui-ci n’est pas un procès politique, encore moins un scandale politico-financier. Le SG du RND est apostrophé plusieurs fois quant à ses appréciations qui chavirent entre le qualificatif du «scandale du siècle», exprimé en 2003 et l’attribut d’«affaire banale» prononcé en 2006. Il expliquera avoir bien dit dans l’une de ses récentes sorties à M’sila que «l’affaire, même si elle est inédite en Algérie, elle reste ordinaire dans les annales des scandales financiers qu’on subis des pays à travers le monde». Concernant les retombées de l’affaire sur l’ouverture économique et l’arrivée ou non d’investisseurs étrangers, l’orateur a renié cette tendance nihiliste que cultivent les Algériens, faisant sienne «qu’au-delà de ce problème, à méditer certes, notre pays n’est pas un bled de ‘h’raymia’ (pas un pays de bandits, ndlr)». Une façon à M. Ouyahia de dire que l’affaire Khalifa, au demeurant banale dans la pratique financière, «n’est pas le baromètre du risque Algérie». «L’Algérie a recouvert sa stabilité et sa sécurité, deux facteurs de développement, qui ont aidé à l’émancipation des facteurs socioéconomiques». Il appuiera ses propos en se référant à la vague de scandales financiers occasionnés par la transition des pays de l’Europe de l’Est du système socialiste à l’économie de marché, citant au passage un pays ami, sans le nommer, qui a connu un scandale financier ayant engendré la perte d’une centaine de milliards de dollars n’a pas pour autant nui aux relations de l’Algérie avec ses partenaires. Reconnaissant qu’il y a «dans l’absolu» des responsabilités impliquées «qui ont cru par moment que c’est la loi de la jungle», l’ex-Chef du gouvernement a fini par glisser son «petit commentaire politique». Il dira que ce procès, devrions nous comprendre, révèle «combien nous avons besoin de promouvoir la culture de droit dans nos mentalités», indiquant, par un exercice d’analogie, que le comportement de la société avec les constructions illicites est totalement inversé. «Avant, tout le monde se permettait de construire, dit-il, n’importe où, n’importe comment et n’importe quand, aujourd’hui avec une loi claire et intransigeante, on le fait moins» et d’adjoindre «de même pour ce procès, la loi est claire et on est appelé à se comporter raisonnablement avec une situation de normalisation». Insistant sur la présomption d’innocence des témoins et les accusés cités au tribunal, Ouyahia s’est interdit encore une fois de commenter les dernières révélations, estimant que tous ceux dont la responsabilité dans la dilapidation de deniers publics sera avérée ont transgressé la loi du pays. «Ce n’est pas la jungle et nous devons accéder à un Etat moderne après avoir subi les affres de deux décennies noires», réfutant le fait que cette affaire soit une «affaire d’Etat».

Une journaliste s’est interrogé, de par le renvoi de responsabilité entre des responsables auditionnés à la barre au cours du procès, sur une éventuelle défaillance au sein de l’Etat du temps de son parcours de Chef du gouvernement, par deux fois (en 1998 et en 2003) puis ministre de la Justice en 1999, l’orateur s’est d’abord refusé d’apprécier si oui ou non il y a défaillance avant de rétorquer par le fait que le ministre de la Justice n’est pas «une tour de contrôle» qui doit gérer tout l’environnement tangent à son département, affirmant qu’il a même donné ordre, par instruction interne, de laisser travailler librement les tribunaux nationaux, avertissant que «toute immixtion, par une quelconque orientation aux juridictions, serait passible de sanctions». Quant à sa proximité de l’éclatement de l’affaire du temps où il occupait la chefferie du gouvernement, Ouyahia dira qu’il a été nommé le 6 mai 2003 et que l’administrateur provisoire de KB était installé en mars 2003, soulignant qu’il «ne tire aucune conclusion». Quant à la question relative aux complicités, largesses ou connivences ayant accompagné le boom de l’empire Khalifa, il répondra : «L’affaire est entre les mains de la justice et c’est le tribunal qui les déterminera».

Salah Bey

 

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Madani Mezrag l’a affirmé

«Nous participerons aux élections»

Rien ne semble faire fléchir les anciens responsables islamistes. Ils sont décidés à faire de la politique et à participer aux prochaines élections locales et législatives. Dans un entretien paru jeudi passé sur le quotidien arabophone

«El Khabar», Madani Mezrag, a annoncé la prochaine création d’un petit parti politique sous la houlette de Rabah Kébir. «Notre participation sera concrétisée dans un parti d’obédience arabo-musulmane en attendant de former le cadre politique qui marque notre existence», a-t-il indiqué, refusant de donner de plus amples détails sur ce projet auquel ses militants semblent tenir.  Une façon astucieuse de contourner Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales qui a avait affirmé à moults reprises, qu’il est interdit aux leaders de l’ancien FIS d’exercer la politique à nouveau. «La charte dit que les responsables de la tragédie nationale sont exclus de la vie politique. Il y a une loi et le rôle du gouvernement et des autorités est de l’appliquer», a indiqué le ministre de l’Intérieur . Merzag a également

souligné : «Nous savons qu’il est impossible de lancer un parti politique dans les conditions actuelles, c’est pour cela que nous avons décidé de ne pas mettre le pouvoir dans la gêne et nous avons choisi de se mettre dans un parti de sensibilité arabo-musulmane qui pourrait nous propulser sur la scène politique». Par ailleurs, l’ex-numéro un de l’Armée islamique du salut, s’est montré optimiste quant à l’avenir politique de son «petit parti» : «Nos cadres seraient sa colonne vertébrale».

«Plusieurs wilayas, considérées comme le fief de nos militants ont déjà été choisies, dans cinq ans, nos membres se seraient adaptés au climat politique et nous serions fortement représentés». Il a également déclaré qu’il est affairé à préparer les listes des candidats de l’ex-Fis dissous et qui devraient prendre part aux élections locales et législatives prévues cette année. «Le groupe qui active politiquement avec Rabah Kébir animera dans les prochains jours une conférence de presse pour l’annoncer. Nous avons le droit de faire de la politique, il existe un décret présidentiel qui l’autorise. Nous le ferons de la manière que nous jugeons bonne pour le pays». Mezrag fait allusion aux textes de loi décrétés en 2000 par le président Abdelaziz Bouteflika au profit de 6 000 éléments armés de l’ex-Fis et qui leur octroie, selon lui, le droit à l’exercice politique. «Depuis le retour de Rabah Kébir au pays, nos militants ont étudié trois situations différentes qui nous permettraient d’exister : créer un parti, participer avec des listes indépendantes ou intégrer un parti agréé», a-t-il encore expliqué.

Irane Belkhedim

 

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Elections législatives et locales

Djaballah rejette le jumelage

Le président d’El Islah, Abdallah Djaballah, a rejeté, jeudi à Alger lors d’une rencontre nationale des cadres de son parti, l’idée, proposée par le FLN, de jumeler les prochaines échéances électorales, à savoir les législatives et les locales, respectivement prévues pour mai et octobre prochains. M. Djaballah voit en la manœuvre le spectre d’une fraude électorale massive car, sur le plan technique, il s’agit d’une première et que les pouvoirs publics n’ont pas l’expérience d’une telle méthode. Pour autant, Cheikh Djaballah appelle un dialogue entre tous les partis pour, dit-il, éclaircir les raisons de cette démarche.

Les craintes du leader du MRN ne s’arrêtent pas là. La léthargie, à ses yeux, qui caractérise la scène politique à deux mois des élections législatives, ne suscite pas sa confiance «Bizarrement, je ne remarque aucune ambiance électorale ni sur la scène politique ni même dans les médias», s’étonne-t-il en laissant dire qu’il s’agit d’une «politique» mise en œuvre – mais sans citer par qui – avec intelligence depuis quelques mois, dont le but, explique-t-il, ne serait autre que la démoralisation de l’opinion publique.

D’ailleurs, le cheikh s’est lancé dans une véritable diatribe contre l’APN et qualifie, sans ménagement aucun, les élus de la nation de députés au service du régime, aptes seulement à avaliser les politiques du gouvernement.

Sur l’affaire d’El Khalifa, le président du MRN pense que l’affaire relève plus du politique que d’une question judiciaire et fait partie de plusieurs scandales financiers qui secouent actuellement le pays. Le ton dur et sec ne s’est pas atténué en parlant de la situation sécuritaire et particulièrement de la réconciliation nationale. «L’Etat a échoué dans le traitement de la question sécuritaire. Sinon pourquoi y-a-t-il toujours des morts», s’est-il interrogé, affirmant que la politique de la réconciliation nationale, depuis sa mise en œuvre et dans ses différentes formes juridiques, allusion à la loi sur la concorde civile et la charte pour la paix et la réconciliation nationale, reste partielle et donc incapable de résoudre définitivement la crise.

A. G.

 

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Jumelage des élections

Le RND s’oppose à Belkhadem

Le RND n’est pas enthousiaste pour des élections jumelées. C’est le SG lui-même qui l’a exprimé en marge d’une réunion organique préparatoire avec les 48 coordinateurs de wilayas. Ahmed Ouyahia a rejoint par une position à peine voilée le camp des partis politiques qui ont refusé des élections législatives et locales couplées prétextant les énormes difficultés pouvant concourir à cette faisabilité et la fraude qu’elles peuvent occasionner. Il est encore moins enthousiasmé pour les listes communes avec le FLN et le MSP. «Impossible de se conformer à cette option de par la difficulté de s’allier autour d’une démarche ou une vision politique commune, citant la tradition électorale, telle la gauche contre celle de la droite», appelant à l’émergence d’autres pôles politiques qui doivent imiter la jeune expérience du triumvirat FLN-MSP-RND. C’est une «décantation de vision» plus que souhaitable pour le SG du RND. Pour Ouyahia, le RND reste un grand parti mais c’est la population qui détermine ses résultats. Par ailleurs, la réunion de ce week-end a élu la ville de Constantine pour célébrer le 10e anniversaire du RND. Le choix est motivé, selon Ouyahia, par l’hommage que doit rendre la famille du rassemblement à feu Abdelhak Benhamouda qui allait être, de son vivant, le premier responsable de cette famille.

S. Bey

 

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Pour répondre à Aït Ahmed

7 Fédérations du FFS en conclave

Pas moins de huit fédérations du FFS se réuniront ce lundi à Tizi-ouzou pour répondre à la dernière sortie de leur président faite à partir de Suisse à l’adresse du conseil national, la semaine écoulée, avons-nous appris de sources proches du même parti. En effet, il s’agit des représentants au nom de la fédération de Tizi-ouzou et de celles de Bordj Bou Arréridj, de Sétif, de Boumerdès, de Bouira, de Béjaïa, d’Alger et d’Île de France, selon nos sources. Une réunion qui ne fera qu’accentuer la crise à laquelle fait face la formation de Hocine Aït Ahmed,  depuis plusieurs mois.

Hamid M.

 

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Djamel Bessa, P-DG de Cnep-Banque

«La formule CNEP-APC n’est plus»

Lors d’un point de presse tenu à la nouvelle agence de Bordj Menaïel, le président- directeur général Djamel Bessa de la CNEP fait savoir qu’il n’y a plus de programme Cnep-APC. «C’est une appellation qui est inadaptée.

Le promoteur, c’est l’APC et le financier, c’est la Cnep. Donc, nous n’avons aucune responsabilité quant à la menée des travaux de réalisation et nous ne faisons qu’assurer le financement comme ça été fait depuis l’année 1989 jusqu’à l’année 2002 ou 2003 où nous étions dans l’obligation de suspendre les financements parce que nous nous sommes rendus compte que les APC n’avaient pas les moyens humains et techniques pour assurer les biens des ouvrages. La loi de 1993 confirme aux promoteurs le statut de commerçants. L’APC qui est une institution administrative étatique ne peut avoir cette qualité de commerçant. La solution qui a été suggérée et que nous sommes en train de mettre en œuvre dans certaines wilayas est de trouver un repreneur qui a la qualité de commerçant, un promoteur qui assure l’achèvement des travaux. Dans ce cas, la Cnep est tout à fait disposer à assurer l’échéancement pour la poursuite des travaux». En ce qui concerne le litige entre l’EPLF de Boumerdès et son principal bailleur de fonds, la Cnep-Banque, le 1er responsable s’est exprimé : «Il n’y a pas de contentieux entre les deux parties, nous avons des contraintes réglementaires qui sont édictées par la Banque d’Algérie que nous devions respecter. Nous sommes arrivés à la limite de nos possibilités avec l’EPLF de Boumerdès que nous avons financée au-delà des 25% du fonds propre de la banque comme le prévoit la réglementation. Ce taux est atteint, nous ne pouvons plus continuer à financer sous peine de nous mettre en violation de la loi sur la monnaie et le crédit. Pour rétablir l’équilibre et l’ordre, des négociations entre les deux parties sont en cours où chacun défend ses positions. Notre préoccupation majeure c’est d’être en conformité avec la loi et tout le reste est négociable» a-t-il affirmé; quant aux crédits non remboursés, il a souligné  :  «Ce n’est pas exact si l’EPLF de Boumerdès pour des considérations objectives n’a pas honoré ses engagements, il y a eu des réalisations qui ont été faites et malheureusement détruites par le séisme du 21/05/2003 qui a ébranlé la wilaya de Boumerdès. Le promoteur ne peut rembourser que s’il vend. En restant en conformité avec la loi, on pourra en discuter». Quant aux invendus, il s’est exprimé : «L’EPLF assume ses responsabilités et nous attendons que chaque promoteur assume aussi les siennes en sa qualité de maître de l’ouvrage». A une question sur le centre commercial «Titanic» de Boumerdès, propriété de la Cnep et de sa gestion, il révèlera que «des dispositions ont été prises pour que ce centre commercial soit achevé et opérationnel dans le courant de l’année 2007. Quant à sa gestion, son département a déjà enregistré une forte demande auprès des personnes qui sont intéressées par l’utilisation de cette infrastructure». Répondant à une question sur l’expérience du crédit consommation, jugée «positive», selon lui, il ajoutera que «des décisions d’ordre stratégique ont été prises au niveau de la Cnep pour se recentrer sur l’activité la plus importante, soit le financement du logement. Nous avons mis provisoirement entre parenthèses le crédit à la consommation dont celui des prêts pour achat de véhicules».

S’agissant des projets au niveau national, il affirmera que «dans les jours à venir, il sera inauguré une nouvelle agence à Oran et d’autres grands projets suivront ou sont en cours comme à Bouira et bientôt Constantine qui seront achevés d’ici à 2009, tout en continuant à assurer les financements aux promoteurs qui peuvent réaliser des programmes dans l’immobilier». Abordant les moyens mis pour la restructuration et les chantiers qui sont en cours relatifs au personnel, il estimera que «le premier aspect est celui relatif à la formation des personnels pour améliorer leur qualification et conforter leurs connaissances». Quant au deuxième aspect, c’est celui de l’utilisation des moyens modernes de gestion au niveau de nos unités comme le système de télécompensation, de distributeur automatique de billets. S’agissant de la nouvelle agence de Bordj Menaïel, il dira : «C’est une agence de daïra classée à la catégorie B qui n’est pas nouvelle. Elle date des années 1980, donc ce n’est qu’une délocalisation parce que l’ancienne ne répond plus à la définition d’une agence bancaire». S’agissant du retard pour la réalisation de cette œuvre «les travaux ont enregistré certes un certain retard dû au séisme de 2003 qui a ébranlé la région de Boumerdès où nous étions dans l’obligation de nous conformer au nouveau mode de construction parasismique».     

Ahmed Kichni

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Bordj Menaïel

Inauguration d’une nouvelle agence Cnep

La ville de Bordj-Menaïel est structurée par une nouvelle agence Cnep venue embellir cette cité antique ébranlée par le séisme du 21 mai 2003. Le président- directeur général,  Djamel Bessa, accompagné de ses cadres et dirigeants financiers, a, en présence du chef de la daïra de Bordj-Menaïel et du président de l’APC de la localité, procédé à l’inauguration de cette infrastructure. Cette agence Cnep-banque confirme la stratégie de développement et de modernisation de son réseau d’exploitation prônée depuis quelques années devant un passage bancaire en pleine mutation, notamment avec l’entrée de banques étrangères rompues à la concurrence. L’agence de Bordj-Menaïel dont les travaux ont débuté en 2003 est située sur la croisée des chemins en plein centre ville, bâtie sur une superficie de 1 083 m2.  Le montant alloué pour la réalisation de cet édifice public est de 9 milliards 400 millions de centimes. Ainsi donc, par cette réalisation, la Cnep-Banque confirme sa stratégie de développement et de modernisation de son réseau d’exploitation prônée depuis quelques années.

A. K.

 

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Éducation

30% des reçus au BEM seront orientés vers le technicum

Les classes techniques de l’enseignement secondaire recevront à partir de l’année scolaire prochaine, le tiers des élèves retenus aux épreuves du Brevet de l’enseignement moyen (BEM). Une circulaire sera adressée par le département de M. Benbouzid pour fixer à 30% le taux d’élèves a réceptionner dans les établissements techniques à partir de 2008 et ce, jusqu’à 2011. C’est la principale résolution prise par le ministère de l’Education nationale et  rendue publique lors de la réunion des cadres du département, des spécialistes de l’enseignement technique et des représentants de la commission nationale de l’enseignement technique, chapeautée par le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest). La réunion s’est tenue mercredi dernier et a duré toute la journée. Le ministère, à travers son secrétaire général, Boubker Khaldi, a réitéré ses assurances quant à la pérennité du système de l’enseignement technique, à court et à moyen terme, nous a expliqué  M. Ali Lemdani, porte-parole du Cnapest  présent à la rencontre. «Aucun professeur de l’enseignement technique ne quittera son poste», ont rassuré les représentants du ministère qui ont expliqué le faible taux de l’orientation des élèves vers cette filière qui ne dépassait pas 11% dans les meilleurs cas,  lors de la rentrée dernière, par «la diminution du nombre des élèves issus au BEM du fait que les candidats étaient  des redoublants». Le ministère vient donc de mettre un terme à la polémique alimentée au début par une déclaration de Benbouzid  quant à la suppression de ce mode d’enseignement. Les syndicats,  de leur côté ont, faut-il le rappeler, engagé une série de mouvements de protestation pour dissuader le ministère à renoncer à ce système d’enseignement. Le ministère a émis, par la suite, un communiqué dans lequel il indique explicitement qu’il n’a jamais été question de supprimer cette filière.

Fatima Arab

 

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Traite des êtres humains en Algérie

Etrange rapport du département d’Etat US 

L’Algérie n’aurait fait aucun progrès dans la lutte contre la traite. Les efforts déployés par l’Etat pour lutter contre ce problème sont considérés comme «faibles et même insuffisants». C’est du moins ce qui ressort du dernier rapport d’évaluation publié par le département d’Etat US sur la traite en établissant une liste de veille spéciale comprenant 39 pays «considérés comme nécessitant une surveillance particulière de leurs efforts en matière de lutte conformément à la loi sur la protection des victime de la traite, renouvelée en 2003 TVPRA» précise le rapport.

D’autres pays cités dans le rapport à l’exemple du Djibouti, la Mauritanie, le Togo, la Malaisie, l’Égypte, la Libye, le Qatar, l’Argentine, le Brésil et le Pérou ont fait des progrès «modestes», «limités», «inadéquats» ou «minimes» dans la lutte contre la traite des personnes alors que le Cambodge, la Chine, Israël, Belize et la Bolivie ont, selon le rapport, fait des progrès en la matière.           

Nouria B.

 

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Enquête / Drogue en milieu scolaire

Un phénomène qui prend de l’ampleur

Nos écoles sont-elles envahies par la drogue ? A quel point nos écoliers s’adonnent-ils à la toxicomanie ?

L’association des parents d’élèves de la wilaya d’Alger minimise, la Forem dramatise et le ministère de l’Education nationale est inscrit aux abonnés absents. Qu’en est-il en réalité ? Sur cette question cruciale, les avis des uns et des autres diffèrent. Dans le  but d’apporter quelques éclaircissements, nous avons mené cette enquête. Pour l’association des parents d’élèves de la wilaya d’Alger, présidée par Ameur Salah Yahia, non, les écoliers algériens ne se droguent pas. Tout en se demandant pourquoi les autorités concernées ne luttent pas contre les tonnes de drogue qui circulent en Algérie, cette association impute à l’Office national de lutte contre la drogue la responsabilité de faire des procès à des mineurs. Tout en réfutant les résultats communiqués par cet office, M. Ameur Salah, estime que cet organisme aurait dû prendre des mesures à même de protéger l’enfant. Avant de se demander pourquoi fait-on de «nos enfants des cobayes. Nos enfants ne sont pas protégés et l’Office national de lutte contre la drogue ne joue pas son rôle. Aucun psychologue n’est affecté pour suivre de près les enfants. Les parents d’élèves ne sont pas contactés dans la plupart des cas. Il ne faut pas accuser les enfants puisqu’ils sont des victimes».

«Nos enfants ne sont pas des drogués !»

Dans l’espoir de minimiser ce fléau, l’association des parents d’élèves de la wilaya d’Alger a mené une enquête à travers laquelle elle a constaté que sur 1 200 élèves, il n’y avait qu’un seul qui se drogue réellement. «Nous remettons en cause toutes les accusations portées contre nos enfants. Nous demandons à ce que les lois soient appliquées. Le ministère de l’Education nationale n’a jamais autorisé le Forem à mener une enquête en présence des parents d’élèves», affirme M. Ameur Salah. Pour ce dernier, il n’ y a pas péril en la demeure ; tout baigne, alors qu’une étude réalisée par la Gendarmerie nationale montre que 45% des élèves d’Alger, dont 12% au milieu même des établissements, se droguent. S’il est vrai que les responsables de cette association œuvrent pour la protection de leurs enfants, il est non moins vrai que les lycées sont infestés par la drogue. Les chiffres communiqués par la Fondation pour la recherche médicale (Forem), confortés par l’enquête de la Gendarmerie nationale, sont authentiques. Ils montrent, en réalité, l’étendue de ce phénomène qui gangrène davantage le milieu scolaire algérien.

39% des écoliers, avance l’étude faite par la Gendarmerie nationale, s’adonnent à la drogue à cause des problèmes familiaux. 35% le font à cause de la défaillance des parents à assumer leur devoir envers leurs enfants. 26%, taux lié à la situation qui prévaut en Algérie.

Les chiffres de la Forem

En 2005, la Forem a déjà tiré la sonnette d’alarme sur la consommation de drogue en Algérie qui a pris des proportions alarmantes en milieu scolaire. Une enquête, menée par  la Fondation pour la recherche médicale sur la consommation de drogue en milieu scolaire, initiée avec la collaboration des médecins, des étudiants, des enseignants, des psychologues, des éducateurs et des paramédicaux montre que ce phénomène a touché 5 027 personnes notamment à Tamanrasset, Ouargla et Alger. Selon, Mostéfa Khiati  la Forem est la première fondation  à avoir attiré l’attention des responsables de l’Education nationale sur l’entrée et le développement de la consommation de la drogue en milieu scolaire. Et pour que le ministère prenne acte des affirmations de cette fondation, ce dernier s’est attaqué à la Forem en l’accusant de vouloir jeter l’opprobre sur le système éducatif national et ce, en minimisant les chiffres qu’elle a avancés. Même l’Office national de lutte contre la drogue, premier organe qui devrait pourtant  s’impliquer dans cette lutte, s’est montré, selon le

Pr Khiati, sceptique quant aux chiffres donnés par la fondation qu’il préside et a fait appel à un centre français spécialisé dans le sondage. Enfonçant  un peu plus le clou, le président de la Forem affirme qu’une vingtaine d’affaires de drogue impliquant directement des enseignants et des élèves sont en justice actuellement.

Le Pr Khiati : «Il faut se mettre au travail»

Il est temps, estime le Pr Khiati,  de  dépasser la polémique et se mettre au travail, car il y va de l’intérêt de la jeunesse algérienne. Sachant pertinemment que seul le travail de proximité peut endiguer un tant soit peu ce phénomène, la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche lance des équipes mixtes avec la Gendarmerie nationale pour des campagnes de sensibilisation à travers le territoire national. De même qu’elle programme des formations au niveau des wilayas pour former des éducateurs. Depuis sa création, la Fondation a réalisé des enquêtes dans le cadre de la lutte contre la drogue. La première du genre, la Forem l’a réalisée en 1994. Cette enquête a touché 3 lycées. A l’époque, explique le président de la Fondation, «on avait constaté que des filles consommaient de la drogue. Nous avons saisi les ministères de la Jeunesse et des Sports et de l’Education nationale en vue de financer le projet d’une enquête nationale qu’on devait mener afin de déterminer les profils des consommateurs et préciser les moyens à mettre en œuvre pour une meilleure prévention. Aucune suite n’a été donnée à notre proposition». Une deuxième enquête a été également accomplie par le même organisme en 2001 sur

2 300 lycéens. Celle-ci a fait ressortir que 32% des élèves se droguent. La dernière en date est réalisée sur 5 400 lycéens en 2005. Touchant les wilayas d’Alger, Ouargla, Tamanrasset et Aïn Defla, cette enquête a révélée qu’à Alger il existe plus de 24% de lycéens qui consomment de la drogue sous toutes ses formes. Aujourd’hui, l’on constate que toutes les enquêtes faites font ressortir que les villes frontalières et le centre sont les plus touchées par le phénomène de la drogue. Une personne sur cinq se drogue. Les régions des Hauts Plateaux et le grand Sud sont les plus épargnées par le phénomène. Le problème de la drogue est un phénomène national et il faudrait la mobilisation de tout le monde, notamment les ministères de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports, pour y faire face. Le professeur Khiati déplore le manque d’intérêt qu’accordent ces deux ministères à ce problème. Cette absence de contrôle, nous ne le dirons jamais assez, a permis aux élèves d’introduire la drogue dans les établissements  scolaires où ils la consomment en cachette.

La drogue à l’école

Ce n’est un secret pour personne de dire qu’à l’heure qu’il est, la drogue se vend et se consomme même à l’intérieur des établissements scolaires. Le lieu de consommation de la drogue n’est, malheureusement, plus la rue, mais c’est aussi l’école. Une enquête menée par la Forem révèle que 48% des consommateurs de la drogue le font à l’intérieur des établissements scolaires, 51% la consomment quotidiennement et 14% consomment de la drogue en cachette alors que 20% la consomment en groupe. Le pourcentage de jeunes consommant des drogues dépend de l’emplacement du lycée ou du collège et du niveau social des élèves. Le problème ne touche pas seulement une couche sociale précise, mais puise dans toutes les franges de la société et chaque milieu a ses facteurs favorisants. Ainsi, les lycéens issus de familles démunies sont certes plus vulnérables et plus disposés, mais ne peuvent, sauf exception, se permettre des drogues qui coûtent cher. Et c’est là le drame. Les lycéens ne s’en cachent pas. Adossés au mur ou assis sur leurs propres cartables, les adeptes de psychotropes sniffent et se shootent en plein jour comme pour narguer une société qu’ils accusent de les avoir livrés aux dealers. Abordés, ils ne refusent pas de reconnaître leur dépendance à la drogue. Ils se trouvent même des excuses et ne semblent pas regretter leur geste. Toutes nos tentatives de faire parler les responsables du ministère de l’Education nationale sur ce sujet qui touche des pans importants de lycéens sont restées vaines. A chaque fois qu’on prend attache avec la responsable de ce dossier, celle-ci nous use de subterfuges pour ne pas nous recevoir.

Portrait du consommateur

Yacine est un jeune lycéen. Il est en classe terminale. Il étudie dans un établissement situé aux auteurs d’Alger. Il est beau, toujours souriant. Lorsqu’on le regarde, on ne décèle jamais sur son visage les traces d’un consommateur de drogue. Pourtant, chaque matin, nous a-t-il avoué, il fume son joint. Il dit ne pas pouvoir s’y soustraire. Avant qu’il ne rejoigne son lycée, il faut qu’il prenne sa dose. Cette habitude, commente-t-il, lui colle depuis presque deux ans. 

Il raconte : «Je commençais à fumer ‘lah’chicha’ en première année secondaire. C’est des copains à moi qui me l’ont appris. Au départ, je me sentais au paradis après avoir fumé. Mais avec le temps, j’ai fini  par comprendre que se droguer ne mène pratiquement à rien.» Ils sont nombreux les élèves qui s’adonnent, comme Yacine, à la drogue. A qui la faute ?

Et les parents ?

Nos discussions avec des lycéens, nous ont permis de constater l’existence de deux catégories de consommateurs. Il s’agit de ceux qui se droguent de leur propre volonté et ceux qui sont poussés à le faire sans le vouloir et ce, afin d’échapper à un quotidien difficile à supporter. C’est le cas, notamment, de Karim, venu, sans le vouloir, dans le monde des drogués car ses parents se disputent à chaque fois. «Souvent mon père tabasse ma mère devant mes yeux. Ne pouvant plus supporter ces scènes, je me suis retrouvé malgré moi à consommer zetla». Les problèmes quotidiens auxquels font face les parents ne les exonèrent pas de cette responsabilité. Car, faut-il encore le dire, un parent devrait surveiller de près ses enfants, notamment lorsque ceux-ci sont adolescents. Cette période importante dans la vie d’un individu est propice à tous les dangers. Même si l’enfant ne souffre d’aucun problème, il pourrait, si l’environnement dans lequel il évolue n’est pas sain, toucher à la drogue. Ces cas, nous les retrouvons dans  les grandes villes où les délinquants et autres exclus de la société se côtoient.  Et afin d’éviter ces promiscuités,  l’information constitue un vecteur privilégié de la lutte contre la toxicomanie auprès des jeunes en milieu scolaire. La logique de prévention centrée sur les produits est désormais reléguée au profit d’une prévention globale des comportements de consommation et plus largement des conduites à risque. L’information et la sensibilisation doivent conduire les élèves à être acteurs de leur propre santé et à leur faire prendre conscience de leur responsabilité. Si pour les parents d’élèves le phénomène de la drogue n’est pas une réalité, les associations spécialisées dans ce domaine, notamment la  Fondation pour la recherche médicale, la consommation de stupéfiants est un fléau qui s’est installé en Algérie ces dernières années, particulièrement en milieu scolaire. Il faudrait, si l’on veut protéger l’avenir de nos enfants, l’éradiquer le plus tôt possible. Mais pour ce faire, il est important, voire inéluctable de situer la responsabilité des un et des autres.

Djamel Oukali

 

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