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Construction
maghrébine
La
zone de libre-échange piétine
Comment accroître le niveau des échanges communs qui
n’est pas plus de 3%, quand toutes les conditions
manquent ?
Les
ministres maghrébins du Commerce ont plaidé jeudi à
Tunis pour une consolidation du processus de
construction de l’édifice maghrébin, par un renforcement
de l’intégration économique régionale «progressive» dans
le respect des intérêts mutuels. Réunis dans le cadre de
la 8e session du Conseil ministériel maghrébin chargé du
commerce, les représentants des cinq pays de l’Union du
Maghreb arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie,
Tunisie) ont passé en revue les résultats des travaux
des experts portant sur des objectifs de création d’une
zone de libre- échange, de création d’une communauté
économique maghrébine, d’une coordination des politiques
commerciales et douanières et d’une mise en place d’un
cadre juridique approprié susceptible de permettre la
levée progressive des contraintes gênant actuellement
les échanges commerciaux. Les participants ont également
étudié les mécanismes visant à harmoniser les politiques
commerciales des Cinq dans le cadre de l’espace
euro-méditerranéen, notamment avec la création d’une
zone de libre-échange à l’horizon 2010, et des
négociations commerciales multilatérales en cours à
l’Organisation mondiale du commerce. Cela dit, ce
processus, notamment pour ce qui a trait à la zone de
libre-échange reste tributaire de beaucoup de facteurs.
Les ministres maghrébins ont souligné, dans ce contexte,
le «rôle important» attendu du secteur privé, considéré
comme le «moteur» de cette dynamique économique, et ont
salué la création d’une Union maghrébine des hommes
d’affaires, dont l’annonce devra se faire, a-t-on
affirmé, le 17 février prochain à Marrakech (Maroc), en
marge de la célébration du 18e anniversaire de la
création de l’UMA. Les ministres du Commerce des pays de
l’UMA ont reconnu que le volume actuel des échanges
économiques et commerciaux inter-maghrébins sont «très
faibles» et représentent moins de 3% du volume global de
leurs échanges extérieurs et restent «en-deçà des
ambitions des pays maghrébins».A titre comparatif, ont
été évoqués les taux de 60% réalisés dans les échanges
commerciaux pour les pays de l’Union Européenne, 56%
pour les pays d’Amérique du Nord, 23% pour les pays du
Sud-Est asiatique (ASEAN) et de 15% pour les pays
d’Amérique du Sud (Mercosur). Les participants ont, en
outre, appelé à la poursuite de la concertation dans le
but de parachever le processus de construction
maghrébine et de «mettre en place le cadre juridique
approprié pour la création d’un espace économique
maghrébin intégré, selon une approche globale qui tienne
compte des spécificités économiques et commerciales de
chaque pays». Un groupement économique, animé par des
opérateurs, industriels et commerçants, des secteurs
privé et public, sur lequel sont portés de grands
espoirs et qui devrait permettre, «par l’unification des
approches et la défense des intérêts mutuels,
d’affronter la compétition des autres groupements
économiques et de faire face aux défis de la
mondialisation», a indiqué le ministre du Commerce, El
Hachemi Djâaboub. Le ministre a salué la création
prochaine de l’Union maghrébine des hommes d’affaires et
a souhaité qu’«elle serve de cadre de rencontre entre
hommes d’affaires et de la finance, pour concrétiser des
projets économiques et qu’elle constitue une force de
proposition pour les décideurs afin de lever toute
entrave aux rouages de la machine économique». Les
travaux de cette session se sont déroulés en présence du
secrétaire général de l’UMA, Habib Benyahia. La
précédente session du Conseil ministériel maghrébin
chargé du commerce s’était tenue à Alger en 2001.
Amine B.
L’affaire
BCIA jugée dès aujourd’hui
Un
procès pour un autre P-DG en fuite
La
justice est actuellement en train d’égrener un chapelet
d’affaires liées à des scandales financiers et celui de
la Banque commerciale et industrielle d’Algérie, dont
l’agrément a été retiré en 2003 – le seul procès aux
relents d’«argent pourri» à être jugé hors de Blida et
Chéraga –, doit s’ouvrir aujourd’hui, après moult
reports, à Oran. L’affaire, éclatée au grand jour en mai
2003, portant sur un détournement évalué par les experts
à plus de 1 300 milliards de centimes, devait être jugée
le
6
novembre 2006. Ce jour-là, 57 personnes étaient citées à
comparaître pour dilapidation et complicité, dont 37
étaient en détention provisoire et 11 en fuite, dont
Ahmed Kherroubi, Président fondateur du groupe et deux
autres qui étaient sous le coup d’un mandat d’arrêt
international. Entre-temps, l’Hexagone a décidé d’en
extrader un, plusieurs mois après son arrestation par
Interpol, en l’occurrence A.F.B., ex-directeur général
de BCIA.
La
salle d’audience était pleine à craquer et ne pouvait
même plus contenir tout ce monde, constitué aussi d’une
centaine d’avocats, de parents des mis en cause ainsi
que des journalistes. Le procureur général près la cour
d’Oran, Belkacem Zeghmati, avait même déclaré alors à
l’APS que les accusés encouraient «jusqu’à 10 ans de
prison ferme». Hélas, cette affaire qui a tenu les gens
en haleine pendant des années a été reportée à une date
ultérieure, «pour exiguïté des lieux», à la demande des
avocats de la défense et même de la partie civile, en l’occurence
la BEA, qui jugeaient les conditions non réunies,
quittant la petite salle d’audience en guise de
protestation.
L’autre fait à noter est que le procès intervenait au
moment où Ahmed Kherroubi, le président fondateur de la
banque privée, déclarait à travers une lettre remise à
différentes rédactions par son avocat que «le parquet
d’Oran a violé la procédure», demandant «une commission
d’enquête parlementaire indépendante». Il avait accusé
le parquet d’Oran d’avoir censuré la Cour suprême en
soutenant que «des fonctionnaires liés à l’affairisme
veulent, par institutions judiciaires interposées,
détruire la vie d’un homme qui n’a rien à se reprocher».
Mais
les précisions apportées par
M.
Kharroubi n’étaient pas passées sous silence. Les
réactions ne s’étaient en effet pas faites attendre,
certains économistes ayant cru «déceler des
contre-vérités qui enfoncent plus qu’elles ne défendent
cette institution bancaire privée». Un cadre de la BEA
ira jusqu’à mettre au défi la direction de la BCIA de
prouver que les «traites avalisées» étaient «établies
sur la base de solides garanties apportées par les
clients», estimant que «l’affaire de la Sotrapla, autour
de laquelle la BCIA veut bâtir sa défense, n’est, en
fait, que la partie visible de l’iceberg». «La loi a
même été bafouée dès le départ», dira la même source,
évoquant ce que l’on appelle dans le jargon financier
«les capitaux appelés», soutenant que certains associés
n’ont pas tenu la promesse de verser leur quote-part
dans le capital social de la Sarl ou de l’Eurl, au
moment de la capitalisation de l’entreprise. La banque
devait ensuite s’acquitter de cette obligation en
puisant dans les dépôts des clients.
Toujours est-il, le procès de la BCIA aura lieu enfin
aujourd’hui. C’est ce qu’a déclaré le Procureur général
près la cour de justice d’Oran, Belkacem Zeghmati, lors
d’une conférence tenue mardi dernier, en soulignant que
deux salles d’audience sont envisagées pour ce faire,
sans préciser l’emplacement de la seconde salle. Il
expliquera que «le choix sera fait en concertation avec
le bâtonnat d’Oran» pour réunir le cadre adéquat au bon
déroulement du procès. Le magistrat a précisé encore que
sur les 57 mis en cause (d’ex-fonctionnaires de la BCIA
et de la BEA ainsi que des commerçants), quatre
comparaîtront en qualité de témoins, ces derniers ayant
introduit un pourvoi en cassation auprès de la Cour
suprême. Les débats, eux, seront dirigés par le même
président de la dernière audience et en présence du même
représentant du ministère public désigné par le parquet
général, soulignera par ailleurs le procureur général
qui estimera que «plusieurs jours seront nécessaires à
l’examen de ce dossier». Pour rappel, l’affaire en
question, qui volerait le temps d’une journée la vedette
à la grosse affaire Khalifa, a éclaté en mai 2003 suite
de la plainte de la direction régionale de la BEA, ce
qui a valu à la BCIA un retrait d’agrément et une
liquidation judiciaire.
E.
Ikram
Les
réfugiés sahraouis menacés par la famine
Le
PAM et le HCR enquêtent sur le terrain
Au
lieu des aides alimentaires sollicitées par le
Croissant-Rouge sahraoui pour palier à la situation
critique des réfugiés dans les camps de Tindouf, c’est
une délégation mixte du Haut commissariat aux réfugiés
(HCR) et du Programme alimentaire mondial (PAM), qui a
été dépêchée dans les camps depuis jeudi, avec pour
mission de faire l’évaluation de la famine qui y sévit
depuis le dernier trimestre 2006.
Comme
le rapporte l’agence de presse sahraouie (SPS), Cette
mission de 12 jours intervient suite à la suspension de
l’aide humanitaire internationale pilotée par les
organismes spécialisés de l’ONU et financée par les pays
donateurs. Les membres de la délégation auront donc à
constater de visu et à faire le point sur
«la
terrible situation alimentaire et les conditions
nutritionnelles dans les camps de réfugiés».
Le
dérapage de la situation est lié, rappelle t-on, à la
«récente interruption de l’approvisionnement
alimentaire».
Le CRS
ne cesse, depuis octobre 2006, de tirer la sonnette
d’alarme et de sensibiliser la communauté internationale
sur le sort de plus de 165 000 réfugiés.
«L’Etat
d’urgence est décrété dans les camps depuis le mois de
janvier, vu que la population n’a reçu en ce mois de
janvier, seulement1 kg de riz, 1 kg de pâtes et 2 boîtes
de thon par personne». Le CRS, comme le rapporte
l’agence de presse sahraouie, a déclaré que «les denrées
alimentaires de base, telles que la farine, l’huile, le
sucre et les légumes secs n’ont pas été distribués».
L’impact de la rupture des aides alimentaires reste des
plus néfastes sur la santé des milliers de réfugiés
souffrant de malnutrition.
«Le
taux d’anémie a considérablement augmenté chez les
femmes, les enfants et les vieillards du camps», avait
éploré le CRS dans son message de SOS. Il est à signaler
par ailleurs qu’une aide européenne de 10 millions
d’euros avait été promise aux réfugiés sahraouis en
octobre 2006, mais que l’acheminement des aides devait
transiter par le PAM. Ce dernier avait dépêché novembre
dernier une délégation devant constater l’urgence de la
situation dans les camps et trancher définitivement sur
le nombre exact de réfugiés à aider.
Habiba Ghrib
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