Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Bouc émissaire

Le Liban l’a annoncé : il ne participera pas au prochain Sommet arabe. Les raisons de ce désistement seraient dues à la présence de la Syrie qu’il accuse de favoriser la situation de crise qui subsiste dans son pays. Evidemment cette salve de critiques acerbes a été lancée par la majorité libanaise menée par le fils de l’ex-premier ministre Hariri. C’est, d’ailleurs  l’on  s’en souvient,  l’assassinat de ce dernier qui a déchaîné la violence et le chaos au Liban. Depuis, une forte contestation antisyrienne a émergé et s’est propagée grâce à une impulsion américaine. Des américains qui  n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire passer la Syrie et surtout son dirigeant Al-Assad pour des terroristes.  L’Europe comme à son habitude a suivi ses alliés américains et les a assidûment épaulés contre les syriens, isolant et stigmatisant ces derniers sans que la moindre preuve ne vienne étayer la théorie soutenue par les Etats-Unis.  Aujourd’hui, les libanais font dans la politique spectacle  en se posant aux yeux du monde et particulièrement aux yeux des pays arabes comme les victimes  d’une terrible machination imaginée par la Syrie. On accuse notamment cette dernière de favoriser la crise qui agite en ce moment le Liban. Cela concerne notamment le fait que les libanais  n’arrivent pas à se mettre  d’accord quant  à l’organisation de présidentielles car, le Liban est toujours sans président. Le plus ironique dans le boycott libanais du prochain Sommet arabe : la crise libanaise devait être le principal thème de discussion du Sommet de la Ligue arabe. A son arrivée lundi soir dans la capitale syrienne, le secrétaire général de l’organisation, Amr Moussa, a appelé les Libanais à participer à ce Sommet. Dans une tentative de calmer le jeu, Damas avait adressé jeudi une invitation à Fouad Siniora mais plusieurs dirigeants de la majorité avaient appelé le gouvernement à décliner cette offre. Ainsi, les Libanais suivent le chemin tracé par les américains et commencent à se couper petit à petit de leur milieu naturel  qu’est le monde rabe pour adopter le point de vue américain. Il est à parier que cette attitude ne sera au final positive ni pour le Liban, ni pour la Syrie, ni pour  l’unité, déjà fragile, du monde arabe.

F. M.

 

Monde

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Irak

Ultimatum de Maliki aux miliciens chiites

 

 27/03/08

 

Irak

Ultimatum de Maliki aux miliciens chiites

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a lancé mercredi un ultimatum à des miliciens chiites pour déposer leurs armes, alors que des combats à Baghdad et Bassorah (sud) ont fait des dizaines de victimes.

M. Maliki, qui supervise les opérations militaires à Bassorah, le principal centre pétrolier irakien à 550 km au sud de Baghdad, a donné 72 heures aux combattants de l’Armée du Mahdi, de Moqtada Sadr, pour obtempérer. Cet appel intervient au deuxième jour d’affrontements entre l’Armée du Mahdi et les troupes irakiennes et américaines, dont le bilan est difficile à établir mais qui ont fait des dizaines de victimes. Au moins 20 personnes ont été tuées et 115 blessées dans ces combats depuis mardi dans le bastion de l’armée du Mahdi, Sadr City, dans le nord-est de Baghdad, selon des responsables de service de sécurité.

A Bassorah, au moins sept personnes ont été tuées et 48 blessées mardi, selon la police et des sources médicales. Des informations non confirmées font également état de 40 tués et 200 blessés. «Nous n’allons pas poursuivre ceux qui déposent les armes dans les 72 heures. S’ils ne déposent pas les armes, la loi sera appliquée», a annoncé le Premier ministre dans un communiqué lu à la télévision nationale al-Iraqiya.

M. Maliki se trouve à Bassorah depuis lundi pour diriger une opération baptisée «La charge des chevaliers» et visant à mettre au pas la milice de Moqtada Sadr, qui conteste la légitimité de son gouvernement. Moqtada Sadr, qui exige pour ses partisans une plus grande participation aux décisions politiques, a menacé de lancer une campagne de protestation à travers le pays, si l’offensive des forces gouvernementales se poursuit. Le mouvement sadriste, qui bénéficie d’un vaste soutien populaire, organisera d’abord des manifestations et une grève dans toutes les provinces irakiennes, puis la «désobéissance civile». Abdel Karim Khalaf, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, a expliqué devant la presse que

M. Maliki voulait donner la possibilité à «ceux qui n’ont pas de sang sur les mains» de se rendre. Il a annoncé que les forces régulières irakiennes allaient poursuivre leurs opérations jusqu’à ce que «leurs objectifs soient atteints».

«A la fin de l’ultimatum, nos forces arrêteronttous ceux qui portent des armes et ils seront déférés à la justice», a-t-il ajouté. Moqtada Sadr respecte depuis fin août 2007 un cessez-le-feu unilatéral et sa milice, l’une des plus puissantes du pays, s’est abstenue de toute opération contre les armées irakienne et américaine. A Sadr City, bastion de la milice chiite à Baghdad, des accrochages sporadiques se sont poursuivis mercredi dans ce secteur très peuplé. Les écoles et les administrations étaient fermées, comme la grande majorité des boutiques. De nouveaux affrontements ont également eu lieu à Bassorah, une ville de 1,5 million d’habitants, dans le voisinage de cinq quartiers tenus par l’armée du Mahdi. Le centre de la deuxième ville d’Irak était désert, et la police conseillait aux rares habitants qui s’aventuraient dehors de rentrer chez eux. Bassorah et sa province, riche en pétrole et véritable poumon économique du pays, sont l’objet d’une violente concurrence entre factions chiites depuis le retrait à la mi-décembre des forces britanniques qui occupaient cette région stratégique depuis mars 2003.

Dans le même temps, plusieurs projectiles ont visé la «Zone Verte», l’enclave fortifiée au centre de Baghdad qui abrite les institutions irakiennes et l’ambassade américaine. Trois officiels américains ont été blessés.

Selon des sources de sécurité irakiennes, un obus qui a explosé à l’extérieur de la zone contre un immeuble d’habitation a également fait un tué et blessé quatre résidents. Deux autres attaques au mortier ont fait cinq morts dans la capitale.

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