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Hausse des prix des matériaux de construction

Les entrepreneurs dénoncent le diktat des cimenteries

Adaptation de la formation aux besoins du marché du travail 

Réduire le taux de chômage à moins de 9%

Le 11e congrès de l’UGTA s’ouvre ce samedi

Quels enjeux ?

Front social

Le torchon brûle entre la Protection civile et le syndicat

ADSL

Vers une baisse substantielle de la tarification 

Ressources humaines maghrébines

Vers le jumelage des universités et établissements scolaires

Disparition inexpliquée de la petite monnaie 

Un sou n’est plus un sou

Travail, chômage, paupérisation, politique salariale et syndicalisme

Le monde du travail à la lumière de la nouvelle économie

 

 27/03/08

 

Hausse des prix des matériaux de construction

Les entrepreneurs dénoncent le diktat des cimenteries

La situation devient incontrôlable sur le marché des matériaux de construction. Pratiquement tous les intervenants dans l’opération de construction se rejettent la balle et se disent victimes de l’autre.

S’exprimant hier lors de son passage au forum d’EL Moudjahid,

M. Dennouni Abdelmadjid, président de l’Union générale des entrepreneurs algériens a tiré à boulets rouges sur les responsables des cimenteries étatiques. Selon lui, la hausse vertigineuse que connaît le prix du ciment est due au diktat qu’exerce ces sociétés. «Il est anormal que cinq cimenteries arrêtent la production en même temps», s’indigne-t-il. Soupçonneux, celui-ci ajoutera que «ces cimenteries devraient nous aviser à l’avance pour nous éviter ces situations de pénurie et de spéculation». Ainsi, explique-t-il, ces derniers jours, la demande dépasse largement l’offre. Une situation mise à profit par les spéculateurs qui ont procédé à l’augmentation systématique des prix. Tout en affirmant que les autorités sont au courant desdits spéculateurs, celui-ci ajoutera que parmi eux figure des entrepreneurs parasites exerçant dans le domaine du bâtiment. Intervenant,

M. Aïdache Mokhtar, président-directeur général de la SGP du ciment assure, quant à lui, que l’arrêt de la production observé par cinq cimenteries à l’échelle nationale est tout à fait normal.

«Chaque année, les cimenteries suspendent la production pendant un mois, lors de la période comprise entre décembre et mars et ce, afin d’effectuer des contrôles techniques», se justifie-t-il. Mais où est donc la faille ? Cela en sachant que la production nationale en ciment dépasse de loin la demande. En fait, les douze cimenteries que compte le pays produisent 16 millions de tonnes annuellement, la demande est estimée à 14 millions de tonnes, ce qui fait un excèdent annuel de 2 millions de tonnes de ciment. Une seule cimenterie a procédé, il y a quelques semaines, à l’élévation des prix, à savoir l’ACC. Les augmentations appliquées sont de 2,5% sur le ciment en vrac et de 3 à 4% sur le ciment en sac, ce qui est, indique-t-on, loin d’influer sur le prix global de cette matière. Quant au rond à béton (RAB), dont 80% de la demande sont importés contre une production locale de 20 à 25 %, son prix a augmenté de plus de 100% en l’intervalle de deux mois passant de 5 000 DA à 12 000 DA le quintal. Cette hausse s’explique non seulement par la hausse des cours du RAB sur les marchés internationaux mais aussi par la désorganisation du marché local, note M. Dennouni.

Dans cette conjoncture, a-t-il averti, le prix du logement connaîtra une augmentation d’au moins 300 000 DA. En attendant la mise en application des dispositions prises par le gouvernement pour mettre un terme à cette crise, le président de l’Union générale des entrepreneurs algériens dira que «les sociétés du bâtiment sont à bout de l’asphyxie financière». Un état de fait qui hypothèque à plus d’un titre les grands projets dont celui du million de logements et les chantiers des travaux publics. Plus explicite, il dira que 85% des chantiers en cours de réalisation sont pris en charge par des entreprises algériennes. D’où la nécessité, affirme-t-il, de procéder à la révision des prix de marché afin de permettre aux opérateurs économiques de poursuivre les travaux. Par ailleurs, l’orateur a proposé la création d’un Observatoire national des prix et la publication des indices de révision des prix.

Par Aomar Fekrache

 

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Adaptation de la formation aux besoins du marché du travail 

Réduire le taux de chômage à moins de 9%

L’ambition de l’Algérie de réduire le taux de chômage à moins de 9% entre 2009 et 2013 exige «l’adaptation de la formation aux besoins du marché du travail et l’encouragement de l’investissement productif», a indiqué hier à Alger un chercheur en économie et finances. Intervenant lors de la troisième journée du colloque international sur le thème de «la jeunesse entre authenticité et modernité», le professeur Nacer Mohamed Tabet a estimé que l’ambition de réduire le taux de chômage à moins de 9% à l’horizon 2013 dans le cadre du «dispositif d’aide à l’insertion professionnelle» exige, selon lui, de «renoncer à l’importation comme priorité» et de «réguler les investissements étrangers en Algérie en adaptation avec les besoins du marché du travail». Passant en revue les raisons du chômage en Algérie, M. Tabet a mis en évidence le phénomène de «l’abandon de l’activité agricole et l’effritement du secteur industriel au moment où le secteur des services se limite en grande partie au commerce». Il a relevé dans cet ordre d’idées l’impact de ces facteurs sur la hausse des taux de chômage qui ont atteint 29% entre 1990 et 1999 avant de se replier en 2007 à 12%, selon les chiffres du ministère du Travail, de l’emploi et de la Sécurité sociale. La dynamisation du marché du travail dans l’objectif d’absorber le chômage passe impérativement par un intérêt particulier à accorder au domaine des services à l’instar des finances, des banques, des transports, du tourisme et de l’investissement productif, a estimé M. Tabet dans son intervention intitulée «le phénomène du chômage en milieu juvénile».  Pour sa part, M. Hassan Mossadik du Maroc a évoqué dans sa communication intitulée «les technologies de l’information et la communication» le fossé séparant les pays arabes et musulmans de l’occident en matière d’utilisation de la technologie en tant d’instrument de développement. Le conférencier a appelé à suivre l’exemple de l’Inde qui, en 20 ans, a relevé le défi et a su se frayer une place de leadership dans le monde en adoptant un système de développement local qui repose sur le facteur humain. La troisième journée de cette rencontre a été marquée par une série de conférences dont «les constantes islamiques» et «la jeunesse face aux obstacles culturels et civilisationnels». Organisée par le Haut conseil islamique (HCI), cette rencontre de trois jours sera sanctionnée mercredi par une série de recommandations et la présentation des conclusions des travaux des différents ateliers. 

R. N.

 

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Le 11e congrès de l’UGTA s’ouvre ce samedi

Quels enjeux ?

Mieux vaut tard que jamais ! Telle semble être aujourd’hui la conduite adoptée par la direction de l’UGTA qui a enfin décidé de tenir le 11e congrès de la Centrale syndicale qui s’ouvrira après- demain, soit avec un retard de deux années et demie.

Quels changements et quelles perspectives offre ce congrès pour le monde du travail ? Si la direction de la Centrale syndicale qui a placé ce rendez-vous qui intervient dans un contexte différent des deux derniers et qui verra la participation de 1 000 délégués, sous le signe du triptyque «stabilité, solidarité et modernité» affirme qu’il «offrira une opportunité aux militants pour renforcer l’action syndicale de l’UGTA», d’aucuns des observateurs de la scène syndicale pour leur part qualifient ce congrès de «simple assemblée générale» et estiment que «rien de nouveau n’interviendra». La Centrale syndicale, qui jouit du statut d’unique partenaire social des pouvoirs publics, continuera à jouer son rôle et à accompagner les politiques initiées par ces derniers, même quand celles-ci vont à l’encontre des intérêts des travailleurs. Cela, même si dans la foulée, la bureaucratie syndicale à la tête de l’UGTA qui cherche à se maintenir, se trouvera obligée de défendre un tant soit peu les travailleurs pour justement assurer son maintien.  Le retard mis pour la tenue de ce congrès qui devait avoir lieu initialement il y a deux ans n’est pas sans conséquences aujourd’hui. Déjà qu’il a vidé ce rendez-vous de tout intérêt et a détourné le regard des travailleurs vers d’autres préoccupations plus concrètes, l’attitude de l’UGTA qui a presque renoncé à toute combativité durant ces deux dernières années a largement consommé le crédit de cette organisation devant l’activisme des syndicats autonomes qui ne cessent de monter au créneau. D’ailleurs, lors d’une récente polémique entre la Centrale syndicale et ces syndicats autonomes, ceux-ci n’ont pas manqué d’accuser l’UGTA de «tourner le dos aux préoccupations des travailleurs» et d’être «un ministère supplémentaire du gouvernement». Sur le plan interne, les choses ne sont pas non plus au beau fixe à la maison UGTA. Même dans la forme, les règles du jeu n’ont pas été respectées. La réunion de la CEN qui devait précéder la tenue de ce congrès a été zappée, les bilans moral et financier n’ont pas été adoptés par les différentes structures et point de propositions de la base. Aussi, plusieurs unions de wilaya n’ont pas tenu leur congrès depuis plus de 10 ans. Mais tout cela ne semble pas déranger outre mesure la direction actuelle de l’UGTA, beaucoup plus préoccupée par son maintien. D’ailleurs, les choses semblent d’ores et déjà bien ficelées. La guerre en sourdine, par personnes interposées, entre Sidi Saïd et son secrétaire national à l’organique, principal candidat à sa succession dans un récent passé, semble enterrée. Et l’actuel patron semble bien parti pour un troisième mandat. Le chargé de l’organique et député du RND qui ne jouit par ailleurs d’aucun charisme au sein de la Centrale syndicale a décidé de renoncer à se présenter contre Sidi Saïd, ce dernier ayant un peu repris les choses en main après une période d’incertitude, suite à son implication dans l’affaire Khalifa. De même que la guéguerre entre le FLN et le RND pour le contrôle de l’appareil de l’organisation semble s’atténuer autour du soutien à un troisième mandat présidentiel. La seule question donc qui reste posée est de savoir quelle politique adoptera la Centrale syndicale dé-sormais ? Dans un contexte national en pleine mutation à la veille de l’entrée effective de l’Algérie à l’OMC et devant la situation prévalant sur le front social, l’UGTA est bien dans l’obligation de faire preuve, sous peu, de sa combativité, condition sine qua non pour éviter de subir la colère, non pas des dieux, mais de ce qui reste des travailleurs.     

Par Boudjemaâ Medjkoun

 

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Front social

Le torchon brûle entre la Protection civile et le syndicat

Mourad Ticheko, vice-président de l’Union nationale des agents de la Protection civile (Unapc), un syndicat affilié au Snapap (Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique) aile-Malaoui s’en est pris hier lors d’une conférence de presse tenue au siège national de ce syndicat sis à El Harrach, à la direction générale de la Protection civile qu’il accuse d’avoir mené une cabale contre lui. A en croire le conférencier la direction de la Protection civile

«est en train de créer des entraves à l’exercice syndical, c’est au moment où l’on commençait à collecter les signatures dans le cadre d’une campagne que nous menons auprès de la base contre les statuts particuliers que la direction a sévi contre notre syndicat» et d’ajouter : «La semaine dernière elle a rendu public un communiqué dans lequel elle soutenait que notre syndicat n’avait aucune représentativité». Mourad Ticheko s’insurge contre ce qu’il considère comme une violation de la règlementation du travail. «La direction a le droit de mettre fin à notre activité professionnelle mais elle n’as nullement le droit de mettre fin à notre activité syndicale» a-t-il asséné. Les démêlées de Ticheko avec la tutelle remonte à l’année 2005, année au cours de laquelle «une action en justice a été menée contre moi parce que j’ai organisé un mouvement de protestation, j’ai constitué un avocat mais celui-ci a établi que la plainte à mon encontre n’était pas enregistrée».  «En outre le conférencier a rappelé les scandales qui avaient secoué dans un passé récent la Protection civile, notamment celui des ambulances de marque Ford, et des œuvres sociales en soutenant que ce corps d’utilité publique n’a pas encore assaini ses rangs». «Les affaires de corruption, a-t-il ajouté, ont été révélées par l’Inspection générale, laquelle a constaté des malversations sur les fonds de la mutuelle et des œuvres sociales». «J’ai déposé, a-t-il ajouté, tout un dossier relatif à des faits de corruption au niveau des services de sécurité spécialisés et au niveau du Parlement pour l’interpellation du ministère de l’Intérieur». «La corruption a atteint, a-t-il affirmé, des proportions alarmantes, certains cadres qui y sont impliqués sont dérangés par notre activité syndicale, ils font tout pour nous empêcher de faire notre travail, la pression est telle que le président de l’Unapc, Rabah Mebarki, a été poussé à l’exil, il vit actuellement en Europe». Mourad Ticheko a accusé aussi la direction de la Protection civile de procéder à des

«recrutements de personnes handicapées, inaptes pour le service, des mal-voyants ou des gens ayant des antécédents médicaux».

 Mourad Ticheko interpelle le ministère de l’Intérieur qu’il exhorte d’intervenir pour «rétablir dans ses droits l’Unapc, laquelle, selon ses dires, est victime des dépassements de la part de la direction générale de la Protection civile». «Je suis prêt à aller devant les tribunaux et même s’il le faut devant les tribunaux internationaux» a-t-il clamé. «Nous sommes, a-t-il poursuivi, les amis de la convention internationale de lutte contre la corruption, on ne peut venir nous accuser de complicité».

Mohand-Amokrane Medjkane, directeur de l’information à la direction générale de la Protection civile a rejeté les accusations relatives à l’entrave à l’exercice syndical exprimées par le responsable de l’Unapc. «Ce monsieur, dira-t-il, n’est pas représentatif, tout syndicat doit fournir la preuve qu’il représente 20 % au moins du personnel et doit être présent au moins dans 25 wilayas ; nous ne faisons qu’appliquer la loi, je le défie de rassembler une centaine de personnes». M. Ticheko n’a jamais eu le statut de partenaire social, la preuve il n’a jamais bénéficié d’un détachement ; or, tous les responsables syndicaux ont le droit d’être détachés afin qu’ils puissent s’adonner plus librement à leurs activités syndicales et la loi les protège et d’ajouter : «Le Snapap est presque inexistant dans beaucoup de wilayas. Si vous trouvez un bureau, vous n’y trouverez pas plus de deux personnes ; pour nous Mourad Ticheko fait l’objet d’une action en justice, il a usurpé sa fonction, l’administration ne le reconnaît pas car il n’a pas satisfait aux conditions prévues par la réglementation, s’il a un bilan moral à présenter je le prie de le faire, la direction continue à recevoir les dossiers des syndicats,  notamment l’état des cotisations jusqu’au 31 mars. Maintenant pour ce qui est de la corruption, si M. Ticheko a des preuves, il n’a qu’à les fournir». Sur l’accusation de recrutement des personnes inaptes, le responsable de la Protection civile a qualifié le fait de «sottise» ; «la procédure arrêtée en commun avec la Sûreté nationale est basée sur le principe de la visite médicale, la responsabilité des médecins astreints au serment d’Hippocrate est y engagée» a-t-il rappelé avant de préciser que seul le Syndicat national des agents de la Protection civile (SNAPC) affilié à l’UGTA «a manifesté sa présence pour discuter des statuts particuliers».

Par Larbi Graïne

 

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ADSL

Vers une baisse substantielle de la tarification 

Le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Boudjemaâ Haïchour, a annoncé, hier, une réduction «substantielle» de la tarification de la connexion à l’Internet à haut débit (ADSL) prochainement.

«Une fois que le recensement général de la population (prévu pour le 16 avril prochain) sera achevé, une cérémonie sera organisée afin de remettre aux responsables des collectivités locales à l’échelle nationale des modems pour la connexion à l’ADSL et leur annoncer une réduction substantielle de la tarification de ce service», a indiqué M. Haïchour au terme d’une visite à des centres d’appels dans la wilaya d’Alger. 

Dans ce contexte, le ministre s’est félicité de la finalisation de la connexion des 1 541 communes du pays à l’ADSL, affirmant que cela «n’était pas une mince affaire».

Interrogé sur la concrétisation des partenariats conclus lors du Salon algérien des centres d’appels (SACA-2007), le ministre a indiqué qu’ils ont été concrétisés et que la preuve réside dans le «boom» qu’a connu le marché des call-center en Algérie en quelques mois. M. Haïchour a estimé, dans ce sens, que le prochain Salon algérien pour la relation clients, prévu pour mai prochain à Alger, permettra notamment le développement de la création des centres d’appels en Algérie.

 

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Ressources humaines maghrébines

Vers le jumelage des universités et établissements scolaires

La onzième commission ministérielle maghrébine chargée des ressources humaines s’est réunie, hier à Alger, avec la participation des ministres en charge des secteurs de l’Education et de l’Enseignement.

La réunion a été marquée par l’absence du ministre marocain de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, Ahmed Akhchichine, absent pour «des imprévus», explique-t-on à la

délégation marocaine.

Les propositions des membres de cette commission concernent notamment le jumelage des établissements scolaires des pays du Maghreb pour créer plus de rapprochements entres les élèves et étudiants de ces pays. «Les experts et les techniciens peuvent réussir mieux que les politiques», n’ont pas manqué de souligner les participants. L’enseignement des ressources humaines actuellement en formation dans le sens d’une communauté maghrébine qui impose de facteurs communs dans leur formation, peut être un vecteur pour propulser l’Union maghrébine qui tarde à voir vraiment le jour, notamment  en ces temps d’alliances.

Le représentant de la Libye estime que «tout en activant l’action maghrébine, il faut en contrepartie protéger les cultures internes et faire face aux idées génératrices de fanatisme, d’extrémisme et tout autre courant destructeur et apprivoiser les méthodes d’enseignement moderne».

Cette proposition saluée par les autres membres de la commission est une nécessité, selon les autres intervenants en raison «des conditions que dicte la mondialisation».

Les participants se réuniront en outre à la fin du mois d’avril prochain afin «d’accélérer l’application des résolutions des réunions précédentes qui accuse un long retard à cause du manque de financement», explique M. Benbouzid, ministre algérien de l’Education nationale.

Cette réunion qui se déroulera à Tripoli sera consacrée par l’académie maghrébine et de l’Université maghrébine via leurs conseils supérieurs au renouvellement de leurs conseils de gestion et à l’adoption de leurs budgets respectifs. Ce sont en fait des projets adoptés par le passé dont la concrétisation tarde à voir le jour. La rencontre d’avril sera également consacrée à l’examen des modalités de rapprochement des programmes scolaires et les moyens d’intensifier les contacts entre les élèves des pays du Maghreb. La réunion qui s’est déroulée à huis clos devait procéder à l’analyse et à l’adoption du bilan effectué par les ministres en charge de ces domaines. Les résolutions de ces travaux sont attendues pour aujourd’hui, signale-t-on.

Par Fatima Arab

 

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Disparition inexpliquée de la petite monnaie 

Un sou n’est plus un sou

Un sou est un sou, a-t-on coutume  d’affirmer habituellement. Pas sous nos latitudes cependant. En Algérie où continue de perdurer une inflation galopante, effilochant chaque jour davantage le pouvoir d’achat des ménages, il est paradoxal de constater que la menue monnaie n’ait plus cours et, qu’en raison de cette aberrante situation, il ne soit plus possible de faire l’appoint exact au moment du règlement de certaines prestations particulières.

Il est tout de même incompréhensible en effet que les piécettes en aluminium, d’une valeur respective de 5, 10 et 20 centimes, aient mystérieusement disparu du paysage, depuis de nombreuses années déjà, alors que celles de 50 centimes sont en train de se faire, elles aussi, de plus en plus rares. Il faut souligner que compte tenu de l’extrême faiblesse de la valeur marchande de ces dernières, peu nombreuses sont les personnes qui hésitent à se pencher pour les ramasser quand elles aperçoivent l’une d’elles abandonnée sur le sol sachant que le plus modeste bonbon coûte 1 DA. A ce rythme, il ne fait point de doute que celles d’une valeur de 1 DA vont finir, à leur tour, par connaître la même ignominie.

C’est qu’on n’est pas enclin à admettre l’absence de la petite monnaie quand on découvre, à ses dépens, que faute de pouvoir disposer eux-mêmes de petite monnaie, tous les  commerçants ont pris pour habitude d’arrondir les prix de cession de leurs denrées. Ce qui est curieux également, c’est de constater que les factures d’eau, d’électricité et de téléphone continuent à être libellées en dinars et en centimes alors que les préposés des guichets où s’effectuent les paiements, ne pouvant eux aussi être en possession de petite monnaie, font en sorte chaque fois d’arrondir le montant des quittances à payer. Le plus étonnant dans cette affaire, c’est qu’aucune autorité ne se soit émue de la disparition des petits numéraires ni même qu’elle ait  jugé utile d’en expliquer les raisons à des nationaux désabusés. 

L’autre aspect relatif à la monnaie, d’une manière générale, concerne l’état de dégradation particulièrement avancée des billets de 200 et 500 DA, voire leur saleté repoussante. Des suites d’une série d’articles parus dans la presse décriant cet état de fait, on se rappelle que le ministre des Finances  s’est enfin décidé à sortir de sa réserve et a cru sur la lancée, utile d’annoncer que toutes les coupures usagées allaient être retirées de la circulation sans toutefois préciser à quel moment devrait avoir lieu cette opération.

Cela dit, on ne comprendra pas pour autant pourquoi dans un pays dont les dirigeants n’ont cessé d’ergoter sur la nécessaire protection de l’image de marque de ce dernier, la récupération, la destruction et le remplacement des billets abîmés ne sont pas effectués régulièrement comme cela se pratique, du reste, au niveau de la majorité des banques centrales d’autres pays. 

Par Ahmed Mahieddine

 

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Travail, chômage, paupérisation, politique salariale et syndicalisme

Le monde du travail à la lumière de la nouvelle économie

Le bouillonnement du front social depuis la rentrée 2007 – déjà explicitement annoncé par les différents acteurs au cours de l’été de la même année – nous contraint, pour mieux cerner les motivations, la dimension et les retombées de ces mouvements, de jeter un regard sur les conditions sociales des travailleurs algériens, le chômage, la précarité et les inégalités entre les différentes couches de la société.

Dans le sillage de la mondialisation des échanges et de la division internationale du travail, les analystes, les pouvoirs publics, les syndicats et d’autres acteurs ont, chacun sous le bout de la lorgnette qui est la sienne, essayé de caractériser et de qualifier la nouvelle situation qui est en train de se mettre en place en Algérie. Néanmoins, une tendance semble lourdement se dessiner : on ne disserte plus «impunément» sur les «masses laborieuses». Ce dernier concept faisant partie de la langue de bois du parti unique, n’est actuellement utilisé par aucune partie, y compris la gauche radicale. Signe des temps ? En tout cas, le triomphe du capital après la chute du mur de Berlin a charrié avec lui l’éloignement, voire la mort, des illusions sociales. Il est vrai que la nouvelle configuration des forces sociales n’a pas encore atteint sa maturité ; d’où les incertitudes qui pèsent sur le monde du travail, incertitudes renforcées par les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui bouleversent un peu plus chaque jour la relation entre le travailleur et son outil de production et qui situent dans une dimension nouvelle les facteurs de productivité. Depuis 1989, l’Algérie a initié un processus politique basé sur le multipartisme et cela pour absorber la colère populaire révélée et prolongée par les événements d’octobre 1988. Cette initiative ne répond pas exclusivement à des considérations politiques. C’est, comme le commande la nature des luttes au sein même de la société, le pendant inexorable d’une ouverture économique qui allait peu à peu bouleverser les entreprises algériennes et la stratification sociale laquelle n’avait, naguère, pour seule construction  que la redistribution de la rente pétrolière à travers des clientèles bâties en cercles concentriques autour d’une citadelle, le sérail politique. Malgré des distinctions observables dans tous les secteurs de la société, les histogrammes du niveau de vie établissaient une classe moyenne assez consistance et des pôles de riches et de pauvres peu visibles. Une certaine perversion des concepts a fait que l’on parle aujourd’hui d’une classe moyenne, réduite à la portion congrue, qui constituerait l’ossature de la démocratie politique. L’erreur réside dans le fait que cette classe n’est pas issue de luttes sociales particulières et que, pour tout dire, cette catégorie est tout simplement factice vu que l’économie algérienne n’était pas basée sur la production mais sur la rente pétrolière. L’autre évidence est que le système politique de l’époque n’était pas un parangon de démocratie. Les premières brèches vers ce qui sera appelé par la suite l’économie de marché furent ouvertes avec la restructuration, au début des années 1980, des grandes entreprises étatiques héritées de l’ère Boumediène. Après la récession économique générée par la chute du baril de pétrole en 1986, le pouvoir politique de Chadli s’attellera à la séparation nette des entreprises publiques de l’ancienne tutelle encombrante de l’administration. Ce sera la fameuse loi sur l’autonomie des entreprises mise en œuvre à partie de 1988. Par secteurs et par branches, ces entreprises seront regroupées au sein de holdings, puis des Sociétés de gestion des participations de l’Etat. Toutes ces restructurations se heurteront à l’amère réalité des entreprises elles-mêmes : en dehors des infrastructures et des équipements, souvent acquis clefs en main, auprès de pays fournisseurs détenteurs de la technologie, ces unités ne présentent aucun atout ou prédisposition pour se soumettre aux règles de la production et de la rentabilité financière. Le premier handicap, et qui s’avérera de taille, c’est bien le sureffectif. Pour un poste de travail réclamant trois intervenants, on trouve parfois une dizaine d’ouvriers qui y sont affectés. Le second problème, et qui n’est pas moins handicapant, se trouve être la non maîtrise des processus technologiques et le déficit du renouvellement des méthodes de travail. Assiégée par les différentes tares générées par une gestion approximative de l’outil de production, l’entreprise publique commence sa chute aux enfers lorsque les découverts bancaires et les dettes insolvables l’asphyxiaient au point de ne plus pouvoir payer régulièrement ses employés. De proche en proche, ce sont toutes les structures de l’Etat et de la société qui s’en trouveront prises en otage par une dette extérieure évaluée à la fin des années 1980 à 26 milliards de dollars. Au début des années 1990, le poids du service de la dette – abstraction faite du principal –, équivalait presque au montant des recettes pétrolières. L’Algérie n’avait quasiment aucun autre choix que le rééchelonnement de sa dette extérieure, précédée par une opération de reprofilage sous le gouvernement Hamrouche. Le rééchelonnement induira un certain nombre de conditionnalités dictées par le Fonds monétaire international et rassemblées sous le nom générique de Plan d’ajustement structurel (PAS). L’application du PAS qui, théoriquement, visait à recréer les conditions de la stabilité macroéconomique du pays, se traduira par un coût social élevé : dégraissage au sein des entreprises publiques par le moyen de plusieurs formules (licenciements, départs volontaires, retraite anticipée,…), libéralisation des prix de produits de première nécessité autrefois soutenus par les subventions de l’Etat, gel des salaires, gel des recrutements dans la Fonction publique,…etc. La libéralisation des prix a fait que certains produits vitaux (comme l’huile végétale, le sucre, le lait) ont vu leurs prix se multiplier par 10 ou 20. Des cohortes de chômeurs se formèrent suite à la fermeture de certaines entreprises publiques (on parle d’un minimum de 500 000 travailleurs licenciés). Pour amortir un tant soit peu le choc, les pouvoirs publics, conseillés par les institutions financières internationales, ont eu recours à certaines actions de solidarité nationale via le Filet social, l’Emploi de jeunes, la création de la Caisse de chômage (CNAC) et, plus tard, le Pré-emploi pour les universitaires primo-demandeurs. La paupérisation des Algériens a eu le grand malheur de coïncider avec la période de la subversion terroriste où, comme pendant la guerre de Libération nationale, la priorité fut accordée à la lutte pour la survie du pays. Même le principal syndicat du pays, l’UGTA, était plus préoccupé par la situation politique et sécuritaire du pays que par l’état de la classe ouvrière. Ce n’est qu’après l’ébauche d’autres syndicats autonomes, même s’ils ne sont pas agréés, que l’UGTA fera en quelque sorte montre d’une certaine «combativité». Cette dernière restera dans la limite des grands équilibres de pouvoir et sera balisée de sorte à parvenir à un «consensus» avec l’Etat et le patronat privé dans le cadre de la Tripartite.

La chute aux enfers

La libéralisation des prix – après l’impasse du soutien aux produits «stratégiques» qui comprenaient même des vélos exposés au Souk El Fellah acquis par la grâce de la rente pétrolière – a donc coïncidé avec la fin de la paix civile en vigueur depuis l’Indépendance. La subversion terroriste a même «attiédi» les revendications sociales du fait que la priorité était donnée à la survie physique des citoyens. Les prix de certains produits ont été multipliés par 20 (à l’exemple du sucre). L’exode rural dû à l’insécurité dans les campagnes, le fermeture des unités de production, la déscolarisation des enfants, le prolongement inhabituel de l’âge du mariage aussi bien pour les filles que pour les garçons et d’autres facteurs aussi handicapants ont jeté de larges franges de la population dans les bas-fonds de misère qui n’a pas eu son équivalent au cours des trente dernières années. Si l’on retient, pour des commodités de raisonnement, le principe de la Banque mondiale qui désigne comme pauvre une personne vivant avec moins d’un dollar par jour, le compte serait bon pour que l’écrasante majorité des Algériens soit déclarée comme vivant sous le seuil de pauvreté. Si on prend l’exemple d’une petite famille de cinq personnes, et l’on prend la valeur la plus stable du dollar par rapport au dinar (80 DA pour 1$), il en résulte que cette famille doive avoir un revenu minimum de 12 000 DA par mois. C’est le seuil de pauvreté correspondant à sa taille. Ce critère adopté par la BIRD relève plutôt d’une situation idéale se basant sur une référence plutôt «exotique».

Le taux de chômage, à lui seul, n’explique pas non plus la dimension de la pauvreté. Actuellement revu à la baisse dans notre pays, 12,3% , ce phénomène quantifiable ne permet pas, à son tour, de quantifier la pauvreté. Cela est d’autant plus vrai que plusieurs chefs de ménage déclarés comme étant employés ne possèdent pas les ressources nécessaires pour vivre décemment, scolariser leurs enfants, avoir des loisirs, se soigner, se chauffer,…etc. A ce niveau, on peut faire une jonction avec la définition de la Banque mondiale sans la prendre, en valeur absolue, comme argent comptant.  Pour mieux approcher cette dure réalité, c’est le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) qui a instauré, au début des années 1990, une autre «échelle» de mesure sous le concept générique d’Indice de développement humain (IDH). Les Indicateurs de développement humain retiennent trois composantes : la longévité, le savoir et le niveau de vie. Ils permettent de classer les pays selon une nouvelle grille plus «humanisée», en tout cas plus réaliste que les simples indicateurs de la performance économique des pays considérés. Il s’agit de «pallier les insuffisances d’une approche en termes de revenus par habitant». Dans ce contexte le développement humain est défini comme un développement donnant aux hommes la liberté d’utiliser pleinement leurs capacités dans tous les domaines : économique, social, culturel et politique. Donc, en plus de l’appréciation quantitative, qui demeure non seulement valable mais indispensable, la classification par les IDH introduit la vision qualitative qui exprime mieux les contrastes liés au niveau de vie et au mode de vie des populations. l’Algérie est classée 102e en matière de développement humain. Le rapport annuel du PNUD publié le mois de novembre 2006 à Genève confère un Indice de développement humain de 0,72 à notre pays. Cet indice est un «agrégat» qui récapitule les données relatives à l’espérance de vie à la naissance (71 ans pour l’Algérie), le taux d’alphabétisation des adultes (70%) et le niveau de vie (PIB/habitant : de 73 dollars). Cette forme d’évaluation sociale concerne 177 pays.  Cette position de notre pays est qualifiée de moyenne selon l’échelle des valeurs établie par les auteurs du rapport. En effet, plus loin encore pour ce qui est du monde arabe, on retrouve le Yémen réunifié renvoyé à la 150e place.

La paupérisation en marche

En ne considérant, dans la meilleure des hypothèses, que ne sont pauvres que ceux qui sont chômeurs, il en ressortira 12,3% de la population active algérienne, soit plus d’un million d’habitants. Sachant que les chiffres officiels, aussi bien ceux du chômage que ceux de la pauvreté, sont, le moins que l’on puisse dire, aléatoires, toute forme d’induction qui en sera faite l’est d’autant. De même, pour faire la relation avec la notion de pauvreté qui implique nécessairement un seuil de revenu, les enquêtes de l’ONS sur le chômage ne peuvent pas nous éclairer spécialement sur le phénomène dont nous cherchons à connaître l’ampleur et la répartition géographique.

Mais, il ne faut pas être grand clerc ni tenter de «couper le cheveu en quatre» pour approcher le phénomène de pauvreté. La presse publique et privée, et même la télévision d’Etat, ont eu à faire des articles de «Misère en Kabylie». La collection de ces articles vient d’être éditée en un volume en Algérie. Aucune statistique ne peut cacher ou détourner une plaie sociale appelée pauvreté d’autant plus que ses manifestations matérielles extérieures, ses «radiations», sont visibles à l’œil nu. Le phénomène de la mendicité, qui a pris ces dernières années une ampleur sans précédent dans les rues et les quartiers, la fouille de la nourriture dans les poubelles, la déscolarisation volontaire d’enfants dans l’arrière-pays parce que leurs parents ne peuvent plus leur assurer fournitures scolaires et transport, le phénomène des enfants mineurs qui travaillent dans des ateliers clandestins,...etc. La fragilisation extrême de pans entiers de la société a conduit des enfants à verser dans les circuits de la drogue, de la prostitution et du banditisme. Le sentiment de frustration et d’injustice est inévitablement amplifié par les richesses ostentatoires de nouveaux «parvenus» dont certains auraient même profité de la décennie rouge du terrorisme pour lancer leurs «affaires».

L’action de la solidarité nationale, tout en s’accroissant chaque année par de nouvelles formules aussi alléchantes les unes que les autres, est relativisée nécessairement par au moins deux données essentielles : le caractère éphémère et précaire des dispositifs mis en place et le manque d’équité générée par une bureaucratie tatillonne et toujours clientéliste. L’illustration est donnée par Benachenhou, ancien ministre des Finances, qui a fait état, il y a deux ans, de 10 milliards de dollars de transferts sociaux annuels que l’Algérie consacre aux franges les plus fragiles de la société (pensions, soutien à certains produits de consommation, soutien à l’agriculture et au monde rural, exonérations fiscales pour encourager la création d’emploi,…). Le même responsable ajoute que le problème ne réside pas dans le montant – par ailleurs fort conséquent –, mais dans le mode de distribution qui, à l’évidence manque d’équité et de transparence. C’est pourquoi le Conseil économique et social, institution à caractère consultatif, a tenu, pour aborder la problématique de la pauvreté dans ses différents aspects, à décrypter les modes de son expansion dans de larges pans de la société et les mécanismes de sa reproduction et, surtout, à proposer, avec le concours d’une institution internationale, en l’occurrence la Banque mondiale, les politiques alternatives pouvant permettre d’endiguer le phénomène de pauvreté.

La bonne gouvernance est le nouveau concept forgé pour prendre en compte l’action  des institutions politiques, le déploiement des structures économiques et l’action de la société civile et du monde associatif pour asseoir une société équilibrée basée sur les principes de la justice sociale et de l’égalité des chances. La pauvreté n’est pas une fatalité. Elle n’est pas non plus exclusivement liée au degré de développement d’un pays. Ce sont surtout les injustices induites par une gestion archaïque ou opaque de l’économie et du territoire qui en font une véritable plaie dans le corps social. L’un des facteurs économiques qui ont puissamment contribué à la perversion des valeurs du travail, à l’évasion fiscale et la fragilisation de larges pans de la société (particulièrement les enfants qui n’ont pas l’âge de travailler et les femmes), c’est bien l’économie informelle, laquelle se manifeste de différentes façons : activités commerciales non déclarées aux impôts, importations frauduleuses (contrebande), salariés exerçant au noir, travail des enfants,…etc.

Le phénomène de l’économie informelle a pris dans notre pays de telles proportions que le président de la République avait, en 2004, tiré la sonnette d’alarme. Il était question qu’une étude spécifique soit menée sur cette gangrène de façon à la circonscrire sur les plans juridique, technique et stratégique. L’âpre réalité ne peut laisser indifférent les décideurs d’autant qu’une constante propension vers le pire semble se dessiner : un accroissement moyen annuel de 8% est enregistré au niveau des populations nouvelles «accédant» à ce type d’activités. Au mépris de la législation algérienne, des lois de l’Organisation internationale du travail et des règles primaires de la dignité humaine et de l’ergonomie, des adolescent(e)s, et parfois des enfants, sont enrôlés dans des ateliers clandestins ou des chantiers de travaux loin des regards chastes de l’administration. Fragilisée par le chômage endémique, l’échec scolaire et la bureaucratie, une partie de la population algérienne, maillon faible de la société, en est réduite à accepter n’importe quel boulot et à n’importe quel prix pour sauver la face pendant quelques mois ou quelques années.

Les «débouchés» ne manquent pas. Ils sont secrétés par la période de transition de l’économie algérienne caractérisée par le bazar et l’activité souterraine. L’ancien ministre des Finances nous donne la consolation que le secteur informel a «permis à des  populations de vivre». Il sait pourtant avant tout le monde et mieux que quiconque que la médaille – momentanément luisante – possède son revers autrement plus douloureux et plus dramatique qu’on ne l’imagine à première vue.

Le montant de l’évasion fiscale qui se chiffre ainsi en dizaines de milliards de dinars aurait pu certainement contrebalancer la part des recettes en hydrocarbures dans l’élaboration de la loi de finances et servir de levier à de nouveaux investissements, eux-mêmes créateurs d’emplois… légaux.

Et puis, par symétrie au vieil adage des financiers qui dit que «trop d’impôts tue l’impôt», un recouvrement inique d’impôt – qui s’exerce sur les activités productives et commerciales régulières – risque de tuer l’économie structurée.

Un emploi non déclaré ou une marchandise non facturée (ce qui représente environ 30% de l’activité commerciale) sont un immense manque à gagner pour le fisc et un poison ingénieusement distillé dans le corps des activités légales.

La formation : occasions ratées et nécessaire réveil

L’on ne peut focaliser les regards sur la réhabilitation des valeurs du travail, l’insertion dans l’économie mondiale et la recherche de politique alternative à la rente pétrolière sans prendre en compte le volet de la formation qui est considérée aujourd’hui de par le monde comme une condition sine qua non de tout progrès économique et social. Dans une situation économique comme celle que traverse l’Algérie, caractérisée par une lente et laborieuse transition vers l’économie de marché, l’on ne peut s’offrir le «luxe» de continuer à former des licenciés, des ingénieurs et des médecins chômeurs. Le problème se pose en termes d’adéquation entre le système d’enseignement et le marché du travail. Cette dernière notion a, il est vrai, fait défaut par le passé du fait que l’ensemble des diplômés avaient leurs débouchés pris en charge par l’Etat, principal employeur du pays.

Les ébauches de «passerelles» entre les différents domaines de la formation ont déjà été échafaudées en 2004 par les responsables des secteurs de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle dans des ateliers communs.

Les analystes les plus indulgents ont conclu à la faillite du système de la formation professionnelle dans notre pays. Les symptômes commencent à apparaître au grand jour : les ateliers et usines privés ayant vu le jour au cours des dernières années ne trouvent pas le personnel technique et d’exécution sur le marché du travail.

Les offres d’emploi par lesquelles des employeurs cherchent des ouvriers spécialisés, des contre-maîtres et agents de maîtrise (charpentiers, chauffagistes, plombiers,…) traînent pendant des semaines sur les pages publicitaires des journaux sans pouvoir mettre la main sur l’oiseau rare. C’est que depuis longtemps, la formation professionnelle est vue par la société et même par les pouvoirs publics comme «simple réceptacle des exclus du système éducatif» (dixit Belkhadem). Au lieu qu’elle soit un choix dicté par les préférences d’un cycle court ou par des prédispositions et aptitudes particulières – comme cela se passe dans les autres pays du monde –, la formation professionnelle est vécue plutôt comme un moindre mal par rapport à l’exclusion scolaire et un morose stand-by avant le service national et l’âge adulte. Il faut dire aussi que cette médiocrité et cette faillite sont les conséquences d’un système rentier qui avait  plutôt besoin d’un personnel docile que d’un personnel qualifié. Aujourd’hui, les données sont en train de changer radicalement. Face à une vague sans précédent de techniciens, personnels d’exécution, cadres et même ouvriers étrangers ramenés ou recrutés par les sociétés étrangères travaillant en Algérie (chantiers des bâtiments, de l’autoroute, des barrages, du tramway,…), les responsables de la formation sont plus que jamais interpellés pour révolutionner le secteur par de nouvelles méthodes de formation et une nouvelle pédagogie qui allient la nécessité de qualification aux besoins de l’économie nationale. Les analystes nationaux et les institutions financières internationales ont acquis la conviction que l’Algérie bénéficie actuellement de circonstances financières exceptionnellement favorables pour relancer son économie sur une base plus juste et plus rationnelle.

Les rigueurs de l’orthodoxie financière – issue des conditionnalités du rééchelonnement de la dette extérieure au milieu des années 1990 – et l’envolée des prix du pétrole qui ne s’est pas démentie depuis presque quatre ans sont indubitablement des facteurs  encourageants pour sortir de l’underground de l’informel et pour encadrer les nouvelles transformations économiques dans le sens de meilleurs investissements créateurs d’emplois, de pertinentes lois sociales libératrices d’initiative et porteuses de dignité humaine et, enfin, de développement durable où l’homme et son milieu seront invités à vivre en parfaite symbiose.

A l’épreuve du renouveau syndical

L’héritage de la guerre de Libération en matière d’encadrement syndical des travailleurs a fait que, pendant plus de trente ans, les travailleurs algériens n’ont connu que l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA) avec ses différentes sections spécifiques des branches de l’activité économique. Ayant lié nationalisme avec l’idée des luttes ouvrières, l’UGTA finira par devenir au fil des années une simple «organisation de masse» du parti unique. Avec la montée du péril islamiste au début des années 1990 et la création du SIT (Syndicat islamique du travail, organisation liée à l’ex-FIS), l’UGTA se rangera du côté des défenseurs de la République et feu Abdelhak Benhamouda l’intégrera dans le CNSA (Comité national pour la sauvegarde de l’Algérie) qui mettra en échec les desseins théocratiques du parti dissous en appelant à l’annulation du deuxième tour des élections issues du scrutin du 26 décembre 1991. Sur le plan purement syndical, l’UGTA demeurera presque simple observateur de la scène lors des fermeture des entreprises publiques pendant les années 1990. Mieux, elle servira souvent de «pompier» lorsque des grèves ou de graves perturbations menacent certaines unités ou risquent de porter atteinte à l’ordre public. C’est déçus et désillusionnés par le rôle du syndicat unique du pays que des ouvriers et des cadres se constituèrent en syndicats autonomes dans plusieurs unités de production et même dans les administrations (exemple du SNAPAP). Certains secteurs, comme l’Education et l’Enseignement supérieur, se distingueront par une vivacité exceptionnelle pour défendre les acquis des travailleurs si bien qu’ils ont fini par constituer plusieurs syndicats. Même si les pouvoirs publics se montrent fort réticents à l’octroi d’agréments à certains syndicats libres, ces derniers n’ont pas hésité à agir sur le terrain et à paralyser parfois les activités des secteurs desquels il relèvent (exemple de la Coordination des lycées d’Alger (CLA) qui a évolué en coordination nationale, les syndicats des praticiens de la Santé publique,…). En tant que principal partenaire social des pouvoirs publics, l’UGTA a joué un grand rôle dans la conclusion du Pacte économique et social intervenue en 2006, pacte censé établir un «consensus» entre employeurs et employés autour de certains engagements qui, dit-on, devraient préserver les intérêts des travailleurs et ceux des entreprises. Mais, l’évolution continue des conditions de travail et les contraintes d’une mondialisation effrénée qui menace des secteurs entiers de l’économie nationale ne pourront pas rester sans induire des conséquences sur le monde du travail, l’emploi et le niveau de vie général des populations. En réalité, partout dans le monde, tout pacte entre employeurs et employés est souvent sujet à des révisions déchirantes générées par les intérêts divergents. L’ «amour des classes» étant une chimère qui voudrait faire table rase de la lutte des classes. 

En tout cas, l’ouverture de l’économie nationale à l’investissement privé et la philosophie du multipartisme adopté par le pouvoir politique ne peuvent plus s’accommoder d’un syndicat unique. Par ailleurs,  le pluralisme syndical est un droit garanti par la Constitution du pays.                               

Par Saâd Taferka

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