Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Dégradation

Alors que la réalité sur le terrain est très tendue, Shimon Pères, président israélien présent au Forum de Davos a fait des déclarations assez surprenantes et qui vont à contre courant avec le discours officiel du cabinet du Premier ministre Netanyahu. À l’occasion de ce rendez-vous international annuel, le chef d’État israélien a ainsi eu l’opportunité de saluer chaleureusement le chef de cabinet de l’Autorité palestinienne, Salam Fayyad qu’il avait un jour qualifié de «Ben Gourion palestinien». Lors de son discours, le président israélien s’est fait encore plus explicite et a tenu à saluer les récents efforts des Palestiniens en déclarant notamment «que Salam Fayad et Mahmoud Abbas avaient réalisé un bon travail et avaient prouvé qu’il était possible d’édifier un État en même temps qu’ils négociaient» et d’assurer qu’ils avaient également réussi à  «créer une armée qui assurerait la sécurité des Palestiniens». «La paix est palpable» selon l’artisan des accords d’Oslo qui a ajouté : «Nous avons une obligation historique de faire la paix avec les Palestiniens, selon la tradition juive qui interdit à un peuple de dominer un autre.» Comme l’on peut l’imaginer si ce discours a satisfait les représentants palestiniens qui ont apprécié le soutien apporté par le président israélien à une prochaine solution de paix, ses propos ont énormément déplu en Israël. En effet, alors que le pays se radicalise de plus en plus depuis quelques années, les paroles de Shimon Pères plutôt que d’apporter de l’espoir ont suscité de la colère. Beaucoup d’Israéliens semblent aujourd’hui prêts à affronter les Palestiniens et la communauté internationale plutôt que de rechercher à établir la paix. Les partis politiques promouvant l’idéologie du grand Israël trouvent de plus en plus d’échos parmi la population et il semblerait qu’en général les Israéliens soient aujourd’hui entrés dans une logique d’affrontement total avec les Palestiniens. En effet, plus de paix envisageable, plus de partage de terre, pour une frange de plus en plus importante d’Israéliens la solution des deux États, pourtant inévitable sur le long terme, devient un repoussoir. Et si la radicalisation de la population israélienne va dans le sens des extrémistes hébreux, elle nuit plus que jamais à toute chance de paix. Car si la population israélienne elle-même se met à rejeter définitivement la solution aux deux États, alors un affrontement armé entre Palestiniens et Israéliens deviendra inévitable. Or, plus les dirigeants hébreux attendent et font traîner les choses et plus leur population se radicalise et plus le discours de la raison aura du mal à passer. Reste aux Israéliens à décider rapidement de quel avenir ils veulent, celui d’une paix enfin établie avec leurs ennemis, ou celui impliquant une guerre interminable et dont aux yeux de la communauté internationale, ils ne seront plus les héros mais bel et bien les bourreaux.            

F. M.

Monde

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Irak

31 morts dans un attentat lors de funérailles chiites à Baghdad

 

 28/01/12

 

Irak

31 morts dans un attentat lors de funérailles chiites à Baghdad

La violence anti-chiite a frappé à nouveau l'Irak hier avec un attentat-suicide à la voiture piégée contre une procession funéraire qui a fait au moins 31 morts, quelques jours après qu'al-Qaïda eut promis de faire couler des «rivières de sang».

Au moins 31 personnes, dont 8 membres des services de sécurité et qua-tre femmes, ont été tuées et 60 blessées, dont 16 agents des forces de l'ordre, selon des sources médicales et au ministère de l'Intérieur. L'explosion s'est produite près d'un hôpital dans le quartier chiite de Zaafaraniya à Baghdad, alors qu'environ 150 personnes étaient rassemblées pour assister à l'enterrement de trois personnes. Mohamed al-Maliki, agent immobilier, sa femme et son fils, qui circulaient en voiture à Baghdad, avaient été tués jeudi soir par des inconnus armés. «Le kamikaze a visé le convoi funéraire des trois personnes tuées hier», a indiqué sur place à l'AFP un policier couvert de poussière, qui réside à proximité. Il s'est approché en voiture du convoi funéraire, qui se déplaçait à pied et s'est fait exploser, selon cet homme qui a requis l'anonymat. «J'étais à proximité quand un taxi jaune s'est approché. Il y a eu une terrible explosion et les gens ont été projetés en l'air. J'ai transporté le cadavre d'une fillette et celui d'un homme sans tête. Une ambulance avec un malade à l'intérieur a totalement brûlé», a expliqué à l'AFP Imad Rabih, un employé municipal de 20 ans, le corps secoué de tremblements. La place du marché, ornée de drapeaux chiites, est jonchée de morceaux de chair, d'os, de tiges d'aluminium des étals, de vêtements et de chaussures des victimes. Des femmes vêtues de noir poussent de longs gémissements alors que des hommes s'interpellent pour demander s'ils ont perdu un fils, un frère ou un parent. Un homme en larmes parle dans son téléphone portable : «C'est horrible, mon père a la tête défoncée.» Au service des urgences, les parents interrogent avec angoisse le personnel mais les infirmiers sont désolés : «Nous ne pouvons pas vous répondre, il n'y a que des bras et des jambes». Du personnel de nettoyage s'efforce d'effacer les traces de sang. Pour Abou Jassem, 57 ans, les récents attentats rappellent les terribles années de la guerre confessionnelle de 2006 et 2007. «C'est le retour aux dimanche, mardi, hier de sang comme à l'époque que je croyais terminée. Les forces de sécurité sont responsables, car elles étaient nombreuses et personne n'a contrôlé la voiture», dit-il. Deux hélicoptères irakiens survolent la scène. Dans la rue, certains insultent les «terroristes, des animaux qui tuent des civils». Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis le 14 janvier, lorsqu'un kamikaze avait fait exploser sa bombe parmi des pèlerins chiites dans le sud de l'Irak, tuant 53 personnes. Depuis le départ des Américains à la mi-décembre, les attentats anti-chiites se sont multipliés et l'Irak est enlisé dans une grave crise politique opposant le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki au bloc Iraqiya, soutenu par les sunnites. Illustrant la résurgence des tensions confessionnelles, le site jihadiste Honein s'est déchaîné ces derniers temps contre les chiites. «Les attaques violentes contre les Rawafid (infidèles, nom donné aux chiites par les extrémistes sunnites) vont se poursuivre», écrivait cette semaine l'État islamique d'Irak, ombrelle de groupes affidés à Al-Qaïda, en revendiquant un attentat contre des pèlerins commis il y a un mois. «Les lions de l'État islamique d'Irak ne cesseront pas leurs opérations tant que le gouvernement safavide (du nom d'une dynastie iranienne, désignant le gouvernement irakien actuel à majorité chiite jugé inféodé à l'Iran, ndlr) restera au pouvoir et nous allons faire couler des rivières de sang», ajoutait-il.

 

 

 

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