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Une foule impressionnante l'a accompagné à sa
dernière demeure
Emouvantes funérailles pour le maestro Chérif Kheddam
L'auteur-compositeur
kabyle Chérif Kheddam a eu droit à des funérailles
grandioses. Le maestro de la chanson algérienne a été
accompagné hier à sa dernière demeure par des dizaines
de milliers de personnes venues des quatre coins du pays
et de l'étranger pour lui rendre un dernier hommage.
Le
village Ath Boumessaoud dans la commune de Imsouhal à
une soixantaine de kilomètres au sud-est de la wilaya de
Tizi Ouzou a été inondé de monde dès les premières
heures de la matinée d’hier. Une file de plusieurs
kilomètres s’est formée devant la dépouille mortelle
pour jeter un dernier regard, dépouille exposée au
niveau du siège de l’association qui porte son nom mais
qui est aussi le rez-de-chaussée de la mosquée et ils
étaient des milliers à ne pas pouvoir le faire. Le
comité d’organisation du village natal de Da Chérif
auquel se sont joints des habitants des villages voisins
Ath Ouetass, Kerrouche et Tizi Guefres mis sur pied pour
ces funérailles a été à la hauteur même si l’événement
était plutôt triste mais les habitants de ce village
perché en haut des montagnes du Djurdjura ont été dignes
comme les Kabyles le sont en pareilles circonstances.
Même si à 12 heures, à mesure que l’on s’achemine vers
l’heure de la mise en terre ils étaient dépassés par les
milliers de personnes qui arrivaient dans le village. A
la marée humaine, d’interminables files de voitures,
dont certains conducteurs ont été contraints
d’abandonner leurs véhicules à plusieurs kilomètres des
Ath Boumessaoud, se sont également formés à l’entrée du
village. Parmi les dizaines de milliers de personnes,
des artistes de divers horizons comme Akli Yahiatene,
Ali Meziane, Boudjemaa Agraw, Farid Ferragui et bien
d’autres aux côtés d’anonymes qui ont tenu à assister à
cet hommage digne du grand homme qu’était Chérif Khedam.
Les autorités ont été représentées par le wali de Tizi
Ouzou et le président de l’Assemblée populaire de wilaya
comme il y a eu la venue du secrétaire général de la
Centrale syndicale. Même la mère de Lounès Matoub,
malgré son âge, a tenu à faire le déplacement. Le
chanteur disparu est resté un rassembleur même après sa
mort. Pour acheminer la dépouille de Chérif Khedam de la
mosquée jusqu’au cimetière familial sur une distance de
quelques dizaines de mètres, les organisateurs ont eu du
mal à se frayer un chemin au milieu des milliers de
personnes où chacun voulait être tout près du maestro.
Les obsèques se sont terminées peu après 14 heures et
peu à peu le village Ath Boumessaoud se vide de ces
milliers de personnes qui ont pris part à ces
funérailles grandioses auxquelles a eu droit Chérif
Khedam. Rappelons enfin que la dépouille de l’auteur-compositeur
kabyle, décédé lundi dernier à Paris des suites d’une
longue maladie, a été accueillie jeudi en début de
soirée à son arrivée à l’aéroport international
Houari-Boumediene à Alger par la ministre de la Culture,
Khalida Toumi, Tayeb Louh, ministre du Travail et de la
Sécurité sociale, le wali de Tizi Ouzou, Abdelkader
Bouaghzi et en présence de nombreuses figures
artistiques algériennes. Et elle n’est arrivée à Ath
Boumessaoud que vendredi vers 3 heures du matin.
Par
Hamid Messir
Dans un bar clandestin
15
personnes dont 10 femmes interpellées
Une
quinzaine de personnes dont une dizaine de femmes ont
été interpellées lundi dernier au cours d’une descente
policière contre un bar clandestin situé sur la route
reliant Draa Ben Kheda à Boghni à hauteur du lieudit «Assif»,
a annoncé hier la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou dans un
communiqué. Les éléments de la brigade de recherches et
d’investigations ont également saisi des boissons
alcoolisées, de l’argent et d’autres objets alors que
les mis en cause ont été présentés au procureur mercredi
dernier qui a placé le tenancier et quatre femmes en
détention provisoire alors que les dix autres sont
appelées à comparaître. Ils sont poursuivis pour
création de lieu de débauche, prostitution, racolage et
vente illicite de boissons alcoolisées.
Hamid M.
Des voleurs d’olives sous les verrous
Les
policiers de Bouzeguene, agissant sur la base de
renseignements de citoyens victimes de vols de récolte
d’olive, ont interpellé mardi dernier les auteurs
présumés de ces vols, avons-nous appris hier dans un
communiqué émanant de la cellule de presse de la sûreté
de wilaya de Tizi Ouzou. Natifs de la ville voisine
Akbou (Béjaïa), les mis en cause, M.N. (26 ans), CH.A.
(26 ans) et A.S. (27 ans), ont été présentés devant le
parquet d’Azazga mercredi dernier qui les a placés sous
mandat de dépôt pour association de malfaiteurs et vol
en réunion de nuit avec usage de véhicule. Déjà la
récolte d’olives est en baisse cette année en Kabylie,
cette bande de malfaiteurs profitent de la hausse des
prix de vente d’olives et de l’huile pour s’attaquer à
de paisibles habitants à l’effet de remplir leurs
poches. D’ailleurs dans certaines localités en Kabylie,
on se prémunit contre ce genre de vol en interdisant la
vente des olives.
H.M.
La question du jour
Devant la porte de la loi
On ne
peut que relever la nuance. Il faut dire qu’elle est de
taille ; qui plus est, elle ne manque pas de sel. Ni
même de romanesque. Le ministère de l’Intérieur a fait
savoir qu’il autorise dix de la cohorte des nouveaux
partis qui campent depuis pas mal de temps déjà devant
la porte de la Loi, dans l’espoir d’y être bientôt
admis… à organiser leur congrès constitutif.
Dans
le roman de Kafka auquel il est ici fait allusion, le
paysan venu de loin pour intégrer le domaine de la loi,
mourra – de vieillesse – avant de se faire reconnaître
le droit d’en franchir le seuil. C’est au moment où il
rend l’âme que le gardien lui hurle à l’oreille, qui
s’était beaucoup durcie avec les années, qu’en fait il
y avait d’autant plus droit que cette entrée-là n’était
faite que pour lui. Maintenant qu’il va mourir, son
devoir à lui, le gardien, c’est de la fermer une bonne
fois pour toutes. De la condamner.
Recevoir le feu vert pour s’atteler à l’organisation de
son congrès constitutif, a tenu à préciser le ministère,
ce n’est pas être reconnu, ce n’est pas être admis dans
la Loi. L’un ou l’autre des partis devant lesquels on
veut bien entrebâiller la porte peut très bien être
éconduit même après un congrès irréprochable pour ce qui
est de la forme. Une pièce qui manque, un vice de forme,
une contestation interne, un impondérable, bien des
choses sont susceptibles de survenir d’ici à la
reconnaissance définitive.
A
l’absurdité de l’administration répond en l’occurrence
celle des administrés, c’est-à-dire des nouveaux partis.
C’est même à se demander qui des deux est la plus
grande. C’est que les fondateurs se méprennent sur la
loi (tout comme d’ailleurs le paysan venu de loin de
Kafka) dont ils ne retiennent que la lettre. Ils
s’imaginent qu’un parti, ça se crée à travers une
procédure administrative, à laquelle il convient
uniquement de se conformer. Il y a un dossier à faire,
une démarche à suivre, rigoureusement certes, parce que
les bureaux ne plaisantent pas en la matière, et voilà
toute l’affaire. Une fois l’agrément obtenu auprès du
ministère de l’Intérieur, le précieux sésame en poche,
le reste est pour ainsi dire un jeu d’enfant. C’est
comme si ça se faisait tout seul. En deux temps trois
mouvements, on se dote d’un siège dans la capitale,
démultiplié en plusieurs succursales dans le pays, du
moins autant que cela est possible ; on fait passer dans
la presse un placard publicitaire en guise de programme.
Ensuite seulement, on demande au public de rallier en
masse la nouvelle formation. Par chance, les
circonstances s’y prêtent bien puisqu’il y a des
élections en vue, et que toute une faune intéressée
attend justement que de nouvelles listes de
candidature soient émises sur le marché électoral pour
négocier une place dans l’une ou l’autre parmi les plus
prometteuses. La demande existe en effet, reste l’offre
à apporter. Ou plutôt un supplément d’offre.
Un
trait commun à tous ces soi-disant nouveaux partis. Ils
se ramènent tous en effet à une personne, elle-même plus
ou moins connue. Ce sont des ambitions personnelles qui
veulent se transformer en partis politiques. C’est en
cela que consiste le capital de départ. Il est vrai
qu’on peut en dire autant aujourd’hui de beaucoup de
partis ayant pignon sur rue. C’est à l’évidence ce que
sont devenus le PT et le RCD, par exemple, qui sont
désormais inconcevables sans leurs chefs. Il se pourrait
bien que ce soit aussi le cas du FFS, avec cette
différence toutefois que lui existe depuis plus
longtemps. Ce n’est qu’à la disparition, ou à la
retraite de son président actuel, qu’on saura néanmoins
s’il répond ou non à la définition d’un parti.
Un
parti, ce n’est pas une personne. Ce n’est pas plusieurs
personnes non plus. C’est un mouvement qui
s’institutionnalise, qui se structure en organisation
politique régie par la loi commune, un règlement
intérieur, et qui en tant que tel contribue à la vie
politique dans l’ensemble de ses aspects.
Aucun
de ces nouveaux partis n’a commencé par être un
mouvement. Aucun d’entre eux n’émane de la société. Ce
sont des purs produits de l’administration. Pour autant
que celle-ci veuille bien les enfanter. Mais on comprend
qu’elle ne soit pas emballée à l’idée de mettre au monde
des enfants aussi mal conformés.
Par
Mohamed Habili
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