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Le chef de l’Etat à l’ouverture de l’année judiciaire
«Pas d’issue
pour les résidus du terrorisme»
«Ce terrorisme est
un terrorisme de commerce et d'émirat». «Il n y aura pas d’issue
pour les résidus du terrorisme qui refusent de se réintégrer dans la
société.
Ils seront
combattus jusqu’à leur déracinement», a annoncé, hier, le président
de la République lors du discours prononcé à la Cour suprême, à
l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire. «Ce
terrorisme est un terrorisme de commerce et d’émirat», a-t-il
ajouté. «Je rends hommage à l’ANP, aux services de sécurité, aux
martyrs du devoir, aux journalistes, aux artistes et aux gens de
culture qui ont dévoilé les exactions terroristes», poursuit le
président Abdelaziz Bouteflika. «Je n’écoute que la voix de ma
conscience et je ne réponds qu’à l’appel de la nation. J’ai mis les
intérêts de la nation au-dessus de toute autre considération»,
a-t-il poursuivi.
Ces propos qui ont
été prononcés par le président de la République, l’ont été pour la
dernière fois, il y a bien longtemps. Ils rappellent le fameux «seif
El Hadjadj» évoqué par le président Abdelaziz Bouteflika pour
menacer les terroristes refusant d’adhérer à la concorde civile en
1999. Certes, la lutte anti-terroriste n’a jamais été interrompue
mais, depuis le temps, bien des concessions ont été faites par
l’Etat en faveur des «politiques» et de l’aile «militaire» du
FIS-dissous. Cela dit, aucune allusion n’a été faite à propos de
Rabah Kébir, rentré récemment au pays avec l’intention de créer un
parti politique. Le président de la République s’est voulu rassurant
en rendant hommage aux institutions et aux personnes ayant résisté
et dévoilé la face cachée du terrorisme tout en dénoncant les
«résidus du terrorisme» qui continuent à rejeter toute forme de
paix.
En utlisant les
qualificatifs de «terrorisme commercial» et de «terrorisme
d’émirat», le chef de l’Etat donne la preuve qu’il est convaincu que
le terrorisme qui continue de sévir et rejette la charte pour la
paix et la réconciliation nationale, ne peut être que de tendance
criminelle et de banditisme, profitant du cumul illicite de
richesses suite au racket, aux hold-up et sur les guerres de
leadership. Cependant, le président Abdelaziz Bouteflika n’a pas
soufflé mot sur cette affaire de prorogation du délai de six mois
accordé par la charte aux terroristes pour se repentir. Une
prorogation qui ne repose actuellement sur aucune base juridique.
M. A.
Haut
Bouteflika critique la Justice
«Il existe
encore des magistrats corrompus»
«Pourquoi
l’action de la justice n’est-elle pas palpable en matière de lutte
contre la criminalité ? Pourquoi l’image de la justice est-elle
ternie aux yeux du
citoyen ?»,
s’est-il encore demandé. Il est clair, d’après ces interrogations,
que le président de la République reconnaît officiellement que les
résultats des grandes réformes engagées dans le secteur ne sont pas
à la hauteur des espérances attendues. Pour preuve, il a déploré
lors de son intervention que «les dispositions portant création de
l’Instance nationale de prévention et de lutte contre la corruption,
instance devant garantir l’application effective de la loi
promulguée en février 2006, n’ont toujours pas été appliquées et
l’Instance n’a donc pas vu le jour». Cela dit, il a tenu à souligner
que «le gouvernement est appelé à hâter la finalisation du texte
organisationnel relatif à cette instance pour procéder ensuite à son
installation en la dotant de moyens lui permettant d’entamer ses
activités dans les meilleurs délais». Estimant par ailleurs que «la
lutte contre la corruption, la dilapidation des deniers publics, le
blanchiment d’argent illicite et le détournement de biens doit se
poursuivre sans relâche dans le cadre de la loi, seul juge et moyen
légal auquel recourt tout un chacun pour réprimer et condamner tout
acte illicite», le président à exhorté les magistrats à servir
d’exemple aux citoyens honnêtes en tout lieu et en toute
circonstance.
M Bouteflika s’est
prononcé sur la «nécessité de trouver une solution définitive au
fléau de la lenteur dans le traitement des affaires par les
tribunaux». Une telle solution devrait, a-t-il expliqué «permettre
aux tribunaux et aux magistrats de renoncer à cette fâcheuse
habitude d’allonger les délais d’examen, ou d’ajourner, avec ou sans
motif valable, les décisions au point de déconcerter le
justiciable». Cela tout en soutenant que «la justice est tenue de se
prononcer et de statuer avec célérité, entre les justiciables
autrement ces derniers perdraient confiance, douteraient du rôle qui
lui est assigné et finiraient par croire que son seul objectif est
de porter atteinte à leurs intérêts». Tout en reconnaissant qu’il
«existerait toujours des magistrats corrompus», mais que tout un
travail à été enclenché pour y palier contre ce fléaux, le Président
de la république a expliqué «que l’édification de l’Etat de droit et
de libertés ne pourra se réaliser sans une justice indépendante,
compétente, forte, honnête et non figée, refusant le renouveau et la
modernité». Ce qui revient à une réforme de la justice «qui ne se
limite nullement à l’élaboration ou la promulgation de lois, mais
repose en premier lieu sur le fait que le magistrat doit changer de
mentalité modifier son comportement à l’égard des justiciables». Des
changements qui amèneront, selon le Président «les justiciables à
changer leur opinion sur la justice de leur pays, à lui faire
confiance et à la respecter».
Habiba Ghrib
Haut
Révision de la Constitution
Le Président
attend-il le dernier moment ?
Le projet de
révision constitutionnelle était l’un des sujets sur lesquels était
attendu hier le Abdelaziz Bouteflika, mais la question a été évacuée
de l’allocution. Pourtant, les circonstances s’y prêtaient
L’ouverture de l’année judiciaire est toujours précédée d’un
discours dans lequel le premier magistrat du pays se donne la
liberté d’aborder tous les sujets de l’actualité. Or, celui de la
révision constitutionnelle, dont la tenue est annoncée depuis le 4
juillet dernier pour «avant la fin de l’année en cours» fait partie
de cette actualité qui alimente les colonnes des quotidiens.
D’autant que depuis cette annonce faite il y a près de trois mois,
les déclarations que la question se sont faites rares. Signe d’une
gêne ? Il a été permis de le penser. Car il y a lieu de souligner
que le projet du président, vulgarisé par le FLN, était loin de
faire l’unanimité parmi la classe politique. Et à plus forte raison
parce que l’on a donné à croire que le maître à penser de cette
nouvelle mouture est la formation de Abdelaziz Belkhadem. Autre
raison à même de justifier l’attente des observateurs de voir le
Président évoquer le sujet est l’approche de la date annoncée d’une
part et que dans le discours où il a révélé son intention de
procéder à l’organisation du référendum constitutionnel, Bouteflika
avait annoncé que les propositions d’amendement seraient soumises à
l’appréciation du peuple d’autre part. C’est-à-dire à débat. Mais
force est de relever que cette démarche retenue n’a pas été mise en
application sur le terrain. Ceci pendant que la machine
administrative semble avoir été actionnée pour mettre en marche
l’opération référendaire. Le ministère de l’Intérieur a entamé la
révision des listes électorales. Est-ce à dire que le Président a
révisé son approche suite aux nombreuses réactions enregistrées sur
la question ? Veut-il mettre les partis «contestataires» de
l’approche devant le fait accompli. Pour rappel les principales
formations, à l’image du RND, disent contester le fait que les
amendements proposés pour la révision de la loi fondamentale soient
l’émanation d’une autre formation et non pas du Président lui-même.
Autre question : Bouteflika, dans son souci d’éviter de donner de
l’ampleur à la contestation, a-t-il décidé d’endosser la mouture
rédigée par le parti dont il est président ? L’éventualité est
probable. Ce qui expliquerait qu’à ce jour le texte qui serait
proposé à l’adoption ne soit encore connu des électeurs.
Nadia Kerraz
Haut
Cour suprême
Le président
inchangé
Le premier à avoir
prononcé un discours d’ouverture, hier, à la Cour suprême, était le
président de cette institution et qui n’était autre que Mohamed
Zeghloul Boutarene. Donné pour partant et remplacé par l’actuel
procureur général près la Cour d’Alger, M. Boutarene qui était, du
moins jusqu’à hier, toujours en poste, a centré son discours lors de
la cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire, sur la réforme de la
justice.
Des informations
parues dans une partie de la presse nationale avaient annoncé que
l’actuel procureur général près la Cour d’Alger a été désigné par le
président de la République comme président de la Cour suprême. Une
annonce intervenue quelques jours avant la cérémonie d’ouverture de
l’année judiciaire, dans cette institution. Ce qui laisserait
comprendre que le nouveau président de la Cour suprême avait le
temps pour être installé et recevoir le président Abdelaziz
Bouteflika pour cette cérémonie, si cette information s’avèrerait
officielle.
M. Abi
Haut
Processus de réconciliation nationale
Tout doit être
bouclé en 2006
Ce n’est pas à
coups de milliards qu’on règle une crise aussi délicate et complexe
que l’Algérie a dû subir, à son corps défendant. Ce n’est pas non
plus de la bouche d’un Boudjerra Soltani qu’on devrait entendre le
mot «victoire». De grâce!
En finir
maintenant et vite. Avant même la fin de l’année. Le temps presse.
En 2007, nous ne devons plus être en situation de crise. Mettre un
trait définitif sur quinze ans de terreur et de misère. La révision
constitutionnelle couronnera le tout et l’Algérie pourrait enfin
présenter un nouveau visage. Celui d’un pays complètement débarrassé
du terrorisme et résolument engagé dans la voie du développement.
L’agenda 2007 est chargé : élections législatives et locales, venue
des «gros» investisseurs, comme les Emiratis de «Imar» et bien
d’autres échéances vers lesquelles les pouvoirs publics lorgnent
avec insistance. Bien sûr, tout ce travail est fait de sorte à
dresser un tapis rouge pour un troisième mandat que Bouteflika, lui,
le voudra sans soucis. Pas en tout cas, comme en 2004.
Bref, telle est,
semble-t-il, l’idée qui fait actuellement son bonhomme de chemin
dans les hautes sphères de l’Etat. En politique, rien n’est fortuit.
Le mot tombe sous le sens. Encore moins fortuit avec un Boudjerra
Soltani, toujours agile dans son rôle de sondeur en chef, appelant
«à faire de l’année 2006 celle du parachèvement des mesures de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale afin de régler,
a-t-il expliqué dans un communiqué du bureau national de son parti
envoyé à la presse, définitivement la crise et se consacrer à la
prise en charge des problèmes des citoyens». Voilà donc que la messe
est dite. Il ne faut pas être grand clerc pour y voir derrière un
gouvernement obsédé par l’idée de boucler une année 2006 truffée de
crises et de conflits. Reste maintenant à trouver la bonne formule
pour faire passer la pilule sans heurts. C’est là le boulot confié
au ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale qui s’emploie,
grâce aux milliards du pétrole, à indemniser les victimes du
terrorisme et les disparus. N’a-t-il pas assuré, que de ce côté-là,
le dossier des disparus est désormais clos ? Que tout le monde a
pris son fric et que plus aucun recours ou aucune contestation ne
sera pris en compte. Façon de déduire que la crise sécuritaire est
belle et bien terminée.
Maintenant qu’on
ne tardera pas trop pour en finir avec l’affaire Khalifa et jeter
enfin ce sale dossier dans les tréfonds des archives, maintenant que
les anciens du FIS– mais «neutralisés» ceux-là– exaucent leur rêve
de reprendre la militance islamiste sous la coupe d’un nouveau parti
qu’on a coiffé et confié à Rabah Kébir, il est donc grand temps,
souhaite-t-on, de retrousser les manches et de se mettre au
boulot. Si l’idée, pour unilatéraliste qu’elle soit, dégage un
certain souci de pragmatisme, louable à plus d’un titre, à quel prix
toutefois veut-on la mettre en route ? Sur le dos des disparus ? Sur
la défaite du combat et le camp républicain ? Sur ces centaines de
milliers de travailleurs qu’on a chassés comme de vulgaires intrus ?
Sur le retour triomphal de la mouvance islamiste représentée, le
comble, par le Chef du gouvernement ?...et la liste est longue. Non
messieurs. Ce n’est pas à coups de milliards qu’on règle une crise
aussi délicate et complexe que l’Algérie a dû subir à son corps
défendant. Ce n’est pas non plus de la bouche d’un Boudjerra Soltani
qu’on devrait entendre le mot «victoire». De grâce !
Amine Goutali
Haut
Familles des disparus
Les
associations font cause commune
Les différentes
associations de disparus se préparent pour mener campagne et
contredire «les chiffres infondés du ministre de la Solidarité
nationale». Un travail en commun des différentes associations est en
train d’être effectué. C’est ce que nous avons appris auprès de
certains porte-paroles des associations concernées. Une banque de
données est en train d’être mise en place, afin de collecter toutes
les informations concernant les dossiers que détiennent les familles
des disparus. Selon Mme Ighil, de l’Association nationale des
familles des disparus, «cette banque de données sera rendue publique
au moment opportun». L’Association des familles des disparus enlevés
par les services de sécurité, a confirmé cette démarche, en plus des
conseils fournis aux familles consistant à ne pas procéder au
retrait des PV de décès. Déjà que le principe de la charte est
rejeté par ces familles puisque, selon elles «elle consacre
l’impunité pour les auteurs des enlèvements».
Les indemnisations
que les familles ont rejetées de ce fait, ajoute Mme Ighil, est une
manière de remettre en cause les acquis des familles et les
avancements qu’a connus jusque-là le dossier des disparus. La
présidente de l’ANFD cite en effet les recommandations de la
commission de farouk Ksentini qui a recensé plus de 6 000 cas.
«Veut- on évacuer, à ce point même les recommandations officielles»
?
L’ANFD a recensé
quelque 7 020 cas de disparition. «L’association dispose de
témoignages et de documentation qui ne peuvent pas être niés du
simple fait que l’Etat a commencé à indemniser les familles des
disparus».
Mme Ighil dénonce
aussi le fait que les associations des familles des disparus n’ont
pas accès aux dossiers élaborés dans le cadre de la charte. «Pour
nous le processus concernant la procédure d’indemnisation reste
flou».
Le travail des
associations se limite donc à la fourniture de conseils. Concernant
l’écho qu’ont ces associations auprès des familles concernées, Mme
Ighil dira qu’il suffit de se rapprocher les mercredis, de
l’Observatoire national des droits de l’Homme pour connaître la
réalité. «Les familles refusent de signer une autre fois la mort des
leurs. Elles ne demandent qu’à ce que l’Etat reconnaisse ses
responsabilités dans cette affaire.»
«Une
reconnaissance qui ne s’acquit pas en faisant signer aux familles
des PV dans lesquels on dit que nos disparus sont morts dans des
accrochages. Nous voulons la vérité et faire le deuil des nôtres».
A souligner que le
président de la commission nationale consultative de la promotion et
de la protection des droits de l’Homme installée en 2001 par le
président Bouteflika en vue de régler la question des disparus a
reconnu la complexité du dossier des disparus.
Dans les colonnes
du journal El Khabar, Farouk Ksentini a expressément signifié que le
lancement de l’opération de l’indemnisation des familles des
disparus ne signifie pas que le dossier est définitivement clos.
Me Ksentini
soulignera par la même occasion que sa commission remettra au
président de la République avant la fin de l’année en cours un
rapport dans lequel le dossier des disparus occupe la part du lion.
Fatima Arab
Haut
Kébir créera «sSon parti» après l’ouverture du champ politique
Simple repli
tactique ?
La levée de
bouclier qui a suivi le retour et les premières déclarations de
Rabah Kébir a-t-elle donné à réfléchir à l’ancien dirigeant du Fis
dissous en charge du bureau à l’étranger de la formation islamiste ?
Il est permis de le penser puisque l’assurance affichée à l’occasion
de la conférence de presse animée au lendemain de son retour est
battue en brèche. L’homme donne aujourd’hui l’impression de vouloir
tempérer ses ardeurs. Calcul d’un politicien que le temps a bonifié
ou calcul d’un tacticien qui sait replier lorsque les vents sont
défavorables. A ce stade, il est prématuré de trancher la question.
Il n’en resta pas moins qu’alors qu’il a donné à penser que la
création de son parti politique est quasiment chose acquise, il
rectifie depuis cette annonce en laissant entendre que cette
initiative n’est pas placée sous le sceau de l’urgence. Dans un
entretien accordé à Liberté, le revenant précisera qu’il compte
concrétiser son projet de création d’une nouvelle formation
politique «après l’ouverture du champ politique». Une lecture au
premier degré donnerait à penser qu’il a été signifié à Kébir que
dans la conjoncture actuelle, il ne peut pas bénéficier de la
dérogation portant création d’un parti politique qui est refusée à
d’autres candidats. Ce qui amènerait à conclure qu’il ne peut
présentement mettre son projet à exécution. A moins qu’en affirmant,
qu’il «considère que le champ politique est toujours fermé» il n’ait
en tête la réunion d’autres conditions irréalisables pour l’heure.
Mais on ne peut aussi à travers sa sortie, manquer de remarquer
l’autre précision apportée et par le biais de laquelle son souci de
rassurer les «frères» qui lui ont déni le droit de puiser dans la
base de ce qu’ils estiment être un héritage commun paraît évident.
Je ne cherche pas à créer un Fis bis affirme Kébir. L‘affirmation
qui peut sembler grossière est en fait des plus subtiles pour peu
qu’on prenne la peine de s’y attarder et de l’analyser
politiquement. C’est le Fis première version, relooké et adapté qui
est en gestation. Il sera d’autant plus convaincant que sa
composante sera formée de recrues puisées parmi les «jeunes qui
n’ont jamais activé au sein d’un parti politique» à la seule
condition toutefois qu’ils se reconnaissent dans sa conception de la
chose politique. Les anciens ne sont pas toutefois exclus du projet.
Ce qui donnera un aperçu de la qualité de l’encadrement des recrues.
Selma Meziane
Haut
Tribunal de Blida
La femme de
ménage de Khalida Toumi devant la justice
La femme de ménage
de Madame Khalida Toumi, ministre de la Culture, a comparu hier
devant le tribunal de Blida, pour vol de bijoux. En effet, l’affaire
remonte à juillet dernier, quant Madame la ministre s’est aperçue de
la disparition de ses bijoux. L’enquête avait déterminé que le vol
avait été commis par sa femme de ménage qui d’ailleurs a été
condamnée par le tribunal de Chéraga à un an de prison ferme. Une
partie des bijoux a pu être récupérée. A la suite de l’appel
introduit par l’inculpée, le tribunal de Blida a, après examen de
l’affaire, décidé de la mettre en délibéré pour mercredi prochain.
Il est à noter que l’avocat de la défense a demandé l’indulgence du
tribunal compte tenu que l’inculpé est mère de quatre enfants.
B. M.
Haut
Dossier
Accord d’association entre l’Algérie et l’UE
SE. Lucio
Guerrato, président de la délégation de la Commission de l’Union
européenne en Algérie
«Que font les
pays du Sud pour se développer ?»
Avec la franchise
qui lui est connue, le président de la délégation de la Commission
européenne en Algérie explique, de son point de vue, pourquoi
l’Accord d’association n’a eu jusque-là qu’une portée limitée. Il
n’accuse personne, mais responsabilise les deux parties. Pour lui,
le chemin est encore long, mais il est indispensable de le parcourir
avec confiance.
Dans quelques
semaines, cinq ans se seront écoulés depuis la signature de l’Accord
d’association entre l’Algérie et l’Union européenne. Les retombées
d’un tel engagement n’ont cependant pas été à la hauteur de l’espoir
né d’un rapprochement avec l’Europe pour un profit mutuel,
lorsqu’elles ne sont pas quasi nulles dans certains domaines. Avec
les malentendus sur l’immigration clandestine et l’aide au
développement, nous sommes bien loin des généreux principes de la
déclaration de Barcelone de 1995.
Dans cette
première partie consacrée à l’Accord d’association, le Jour
d’Algérie ouvre ses colonnes aux représentants de la partie
européenne pour qu’ils nous éclairent sur les raisons méconnues des
retards que subi la coopération au plan politique, économique et
culturel.
Le Jour
d’Algérie : Cinq ans après la signature de l’accord d’association
entre l’Algérie et l’UE et une année après son application, quelle a
été jusqu’ici l’utilité de ce pacte autant pour l’Algérie que pour
les pays européens ?
SE. Lucio
Guerrato :Il est prématuré
de faire un bilan de l’Accord d’association un an, deux ans ou même
trois ans après sa signature. L’Accord d’association vise à des
mutations de fond dans la structure économique algérienne, mutations
qui ne peuvent se faire que dans le moyen terme. Pour l’instant,
l’utilité de l’Accord est à rechercher dans le fait qu’il existe et
qu’on a commencé à en mettre en vigueur les clauses. Ceci devrait
déjà produire une évolution dans la mentalité des agents
économiques et notamment la conviction que la dimension économique
algérienne strictement nationale est d’ores et déjà en avant plus
ouverte, plus concurrentielle. Ceci devrait au moins engendrer
l’intention ou au mieux la décision de prendre des mesures
appropriées pour faire face à la nouvelle donne économique.
Maintenant que
l’accord est entré en vigueur, pouvez-vous nous dire quelle a été la
situation économique, notamment de l’Algérie, avant sa signature ?
Il est évident que
la situation de l’Algérie est financièrement prospère. Et c’est bien
ainsi. Mais à cette prospérité ne correspond pas encore une économie
réelle proportionnelle à l’entité des ressources financières. Je me
réfère évidemment à l’économie de production agricole, à celle de
production ou transformation de produits industriels, et pas à
l’évolution des services dont la progression est une fonction de
l’évolution des deux secteurs en question mais surtout des flux
financiers de l’Etat (plus d’argent est mis en circulation via le
budget, plus il y a des services).
En tout cas, après
cinq ans d’observation de l’évolution économique de ce pays, je dois
constater que, même si elle est encore insuffisante, une certaine
évolution positive existe, quoique pas encore de taille à permettre
un véritable décollage économique. Je crois que dans le secteur
industriel, une jeune génération d’entrepreneurs est en train de
monter au créneau, ce qui, pour moi, est un des facteurs de
développement les plus importants pour un pays. Mais nous sommes
aujourd’hui dans la situation qu’on rencontre lorsqu’on allume un
feu, bien alimenté il flambe, mal alimenté il étouffe.
Au feu, il faut de
l’oxygène et le meilleur oxygène pour l’entreprise est le plus grand
espace de liberté pour entreprendre.
Pensez-vous que
cet accord fera le poids face à la concurrence américaine dans la
région du Maghreb, particulièrement en Algérie ?
Votre question n’a
pas beaucoup de signification à mes yeux. L’accord a été signé
librement par l’Algérie dans le but de mieux intégrer son processus
de développement économique avec l’Europe. Politiquement, il me
semble naturel que l’Algérie ait établi un cadre de dialogue avec
l’Union européenne qui est son plus important voisin. C’est à elle
d’articuler dans ce système ses relations avec d’autres pays.
Cela arrive au
moment où le Processus de Barcelone est, non seulement, dans un état
de mort clinique mais en plus, de nombreux pays concernés n’en
veulent plus…
Je crois qu’il y a
eu un malentendu de fond à propos du processus de Barcelone. Je me
souviens que le professeur Babès, directeur du Conseil national
économique et social, m’a fort maltraité au cours d’une conférence
parce que j’avais osé dire que Barcelone n’était pas un Traité mais
une «Déclaration».
Cette attitude à
l’égard de laquelle j’ai considéré inutile de polémiquer est
significative d’une certaine mentalité passée qui amène toujours à
considérer l’autre responsable de tous les maux.
Lorsqu’on se
plaint du processus de Barcelone, on regarde toujours du côté de
l’Europe accusée de ne pas avoir traduit ces propos en actes. Comme
d’habitude par timidité, par politique, par convenance, l’Europe ne
se défend pas très bien. Si Barcelone est une déclaration commune,
il me semble légitime de s’interroger sur le degré de réalisation
des engagements que les autres signataires avaient aussi pris ? Où
en sont les réformes économiques et politiques que tous les pays du
sud de la Méditerranée s’engageaient à réaliser ? Je crois que pour
un certain nombre de pays, le bilan n’est pas très avancé. Donc si
vous dites que le processus de Barcelone est «mort», je vous
réponds qu’il n’y a pas qu’un seul fossoyeur.
Ceci étant dit, je
vous ai répondu en polémiste.
En analyste
politique, je vous dirais que j’estime personnellement que le
processus de Barcelone est une réalité bien plus complexe que les
polémiques que nous pouvons faire d’un côté comme de l’autre.
Y a-t-il en vue
un autre processus qui supplanterait celui de Barcelone ?
Les conséquences
dans l’évolution de certaines politiques ou certaines mentalités
sont importantes : la preuve en est, qu’on le veuille ou pas, nous
sommes portés d’instinct à partager l’histoire de l’évolution
politique méditerranéenne entre un «avant-Barcelone» et un «après-Barcelone».
Il serait donc temps d’en faire un vrai bilan serein.
L’Europe a
besoin du gaz algérien. D’une part, elle peine à mettre sur pied une
politique énergétique commune et d’autre part elle exprime ses
craintes quant aux relations énergétiques de l’Algérie avec la
Russie…
Les questions
énergétiques sont techniquement complexes et politiquement
délicates. Il est certain que l’Europe découvre, une année après
l’autre, sa dépendance des produits énergétiques. Cet hiver, nous
avons passé quelques semaines de soucis à cause de l’irrégularité
des fournitures de gaz russe. Rien de comparable aux deux crises
pétrolières des décennies précédentes, mais quand même un petit
signal d’alerte. Rien de plus naturel donc que de nous adresser à un
important fournisseur comme l’Algérie et proposer un mémorandum qui
souligne nos liens réciproques et crée un climat favorable pour une
coopération accrue dans le secteur : l’Algérie a un intérêt à
accéder au marché européen dans les conditions les plus favorables,
l’Europe a intérêt à voir assurée la régularité des
approvisionnements. L’affaire, comme l’on dit, est en cours.
Selon le
constat des Douanes algériennes, l’Europe se place de loin derrière
les pays asiatiques, la Chine et la Corée du Sud notamment, dans ses
échanges commerciaux avec l’Algérie. Si cela est vrai, pourquoi ?
Le fait que
l’Europe se place derrière les exportations chinoises ou asiatiques
est la démonstration locale d’un problème d’ordre général que
l’industrie européenne est en train d’affronter. Le problème est
grave parce que la conséquence des bas prix de production asiatique
amènera (et amène déjà) beaucoup d’entreprises à se délocaliser en
Chine ou ailleurs si elles veulent devenir compétitives sur le
marché mondial. Ce n’est pas un phénomène qui deviendra généralisé,
mais même des déplacements marginaux provoquent chômage et tensions
sur le marché du travail qui se répercutent politiquement.
L’observation de ce phénomène devrait induire les Algériens à
réfléchir sur leurs propres potentialités : le capital européen
n’est pas frileux à l’égard de l’Algérie, comme disent certains,
bien loin de cela, il se déplace en fonction de la logique
impitoyable de l’intérêt. Si l’on gagne plus facilement et sûrement
d’argent dans les îles aléoutiennes plutôt qu’à Milan ou à
Francfort, c’est dans les îles aléoutiennes qu’on ira sans états
d’âme. Il n’y a aucun intérêt pour l’Algérie à remplacer les
importations d’origine européenne par celles chinoises (sauf un
avantage de prix), le véritable intérêt algérien est d’attirer
capitaux et surtout un savoir-faire qui permette à ce pays de moins
importer de l’Europe et de la Chine et devenir lui-même un
exportateur de produits autres que les produits pétroliers.
L’Algérie
rechigne toujours à la politique de l’immigration de «réadmission»
prônée par l’UE et l’Europe le lui rend bien en conditionnant la
facilitation des mesures d’octroi de visa, par l’adhésion du pays à
cette politique. Quelle est la solution ?
La question de
l’immigration en Europe est un des plus gros problèmes politiques
que nous devrons affronter au cours des années à venir avec
l’ensemble de nos partenaires.
Je me permets ici
de donner un avis strictement personnel sur la question.
Je distinguerais
entre immigration légale et immigration illégale.
Pour l’instant, le
problème de l’immigration illégale est vu plutôt comme une question
essentiellement interne européenne et les pays d’émigration
estiment, tout à fait logiquement et sans nécessairement le dire
publiquement, que c’est au fond à l’Europe de régler l’affaire. En
réalité, à terme, et même pas à très long terme, il sera nécessaire
de comprendre qu’il est d’intérêt commun de résoudre ce problème.
L’attitude
générale des pays européens est favorable à l’immigration légale
(nous avons besoin de main- d’œuvre) et bien évidemment, il y a une
attitude de refus à tout niveau, à l’égard de l’immigration
illégale.
Le problème, à mon
avis, est que l’immigration illégale a des aspects d’ordre
spectaculaire et médiatique susceptibles de conditionner l’opinion
publique engendrant des réaction de rejet à l’égard du phénomène
migratoire dans son ensemble. Il est donc indispensable que les pays
d’où part et d’où passe ce courant migratoire clandestin prennent
les mesures appropriées pour que le phénomène cesse. Sans quoi
l’émigration normale, souhaitée par les deux parties, risquera de se
voir soumise à terme à des mesures restrictives. Je voudrais
conclure librement cet entretien. Le 30 novembre de cette année, je
quitterai définitivement l’Algérie. Ceux qui ont eu l’occasion de me
lire ou m’entendre au cours de ces cinq années savent que je n’ai
pas trop pratiqué la langue de bois et que j’ai toujours manifesté
librement mes opinions, même lorsqu’ elles exprimaient des réserves
vis-à-vis de telle ou telle autre situation locale.
Je voudrais qu’en
quittant l’Algérie, on sache de moi deux
choses : la
première est que mes critiques, lorsque je les ai formulées, je ne
les ai jamais pensées de l’extérieur, mais toujours «de
l’intérieur», comme un Algérien qui juge, même en se trompant, les
événements de son pays. La deuxième chose est que j’ai confiance en
ce pays.
A. G.
Haut
Olivier De Velp, directeur de l’Euro Développement PME
«Le patronat
doit s’organiser»
L’entrée en
vigueur de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union
européenne a été précédé par l’engagement du programme Meda, pour
permettre une plus grande intégration de l’Algérie à l’espace
économique européen. A cet effet, un programme de mise à niveau a
été engagé, depuis octobre 2000 afin de développer les PME du
secteur industriel privé.
Entretien
réalisé par Karima Sebai
Quelle
évaluation faites-vous du programme de mise à niveau ?
Il faut examiner
les résultats par rapport aux objectifs qualitatifs et aux objectifs
quantitatifs. Par rapport à ces derniers, on est en voie de dépasser
ceux qui nous ont été fixés, et qui étaient de mettre à niveau 450
entreprises, alors qu’on est à 550. Pour ce qui est du Fonds de
garantie de crédits aux PME (FGAR), nous devons atteindre 300
dossiers d’entreprises garanties par le FGAR et on est actuellement
à 40 alors que 80 autres sont en instance. Très rapidement, on aura
atteint le tiers des objectifs. Je pense que d’ici à la fin du
programme, on ne sera pas très loin des objectifs arrêtés. Sur le
plan qualitatif, je suis beaucoup plus content des résultats, car il
s’agissait de prouver deux choses. La première est de démontrer aux
chefs d’entreprise que la mise à niveau est un exercice
indispensable s’ils veulent renforcer leur compétitivité. Il
semblerait que cet objectif soit atteint. Il fallait également
démontrer aux chefs d’entreprise que le recours à des conseils
extérieurs aussi bien algériens qu’internationaux est une nécessité.
La mise à niveau, c’est à la fois en interne puisqu’il est question
de compter sur ses propres forces et se renforcer et aussi en
faisant appel aux compétences externes pour modifier certains
paramètres pour permettre à l’entreprise de mieux fonctionner. Nous
avons, à ce titre, beaucoup aidé à l’émergence d’un marché de la
consultance en Algérie. Les cabinets conseils ont de réelles
possibilités de travailler avec les entreprises privées alors
qu’auparavant ce marché était limité au secteur public. Sur les
2 100 entreprises
qui répondent aux critères du programme, à savoir être du secteur
privé et exerçant depuis deux à trois ans, avec un effectif de 20
salariés, 550 ont signé des protocoles d’accord avec les EDPME, dont
300 ont atteint le premier stade (diagnostic et différentes actions
de mise à niveau). Les plus avancées sont à leur dixième action.
Dans les 15 prochains mois, le reste des entreprises bénéficiaires
du programme auront également réalisé ces actions.
Comparativement
au Maroc et à la Tunisie, l’Algérie a enregistré des résultats moins
concluants. Quelles en sont les raisons ?
En Algérie, la
mise à niveau n’est pas aussi complète mais les raisons nous
échappent en tant que programme européen. La mise à niveau a pour
objectif de renforcer la compétitivité de l’entreprise, c’est-à-dire
lui imprégner de bonnes pratiques de gestion, lui apprendre comment
fonctionne le marché et comment avoir une meilleure gestion des
ressources humaines. Et ça débouche sur le développement de
l’entreprise qui aura besoin des investissements nouveaux et des
assistances techniques, qui doivent être assurées par le pays. Ce
qui manque en Algérie, c’est un programme de mise à niveau dans le
sens large. Il y a le volet que nous assurons et il y a aussi tous
les autres aspects comme la subvention des investissements, la
circulation de l’information et la mise en place de centre d’appui
technique, ce qui n’est pas du ressort de EDPME, mais de celui de la
politique du gouvernement algérien. Ce volet de la mise à niveau
doit faire l’objet d’une concertation entre les pouvoirs publics et
le patronat, à condition que ce dernier soit regroupé. Les
associations patronales revendiquent un statut de fédération mais
très peu d’entre elles émergent et ont véritablement un comportement
d’organisation moderne. Normalement, elles doivent être, en même
temps, une force de proposition et une force de revendication. Or,
on a l’impression que les aspects de revendications l’emportent sur
ceux de propositions. S’il y avait une grande confédération
patronale qui représente la quasi-totalité des entreprises, il
serait beaucoup plus facile de se concerter avec le gouvernement,
alors que là on a l’impression que la concertation fonctionne
surtout quand il s’agit de bipartites ou tripartites et ça se limite
à des points précis qui excluent le long terme et traitent
uniquement des questions urgentes et immédiates comme l’augmentation
des salaires. On travaille moins sur les problèmes de développement
économiques, de stratégie à l’exportation, de politique à mettre en
place pour promouvoir l’entreprise.
Vous avez
réalisé une enquête auprès des entreprises bénéficiaires du
programme de mise à niveau. Pouvez-vous nous présenter quelques
résultats ?
L’enquête a été
réalisée en avril 2006 auprès de 380 entreprises, mais elle n’a été
approfondie qu’auprès de 60, choisies par tirage au sort et a été
menée par une équipe d’experts. Les résultats montrent que
fondamentalement, le comportement managérial des chefs d’entreprise
s’est modifié depuis leur entrée dans la mise à niveau. Par contre,
beaucoup de chefs d’entreprise ont reproché au programme l’absence
de suivi des actions déjà réalisées. Suite à cela, nous avons
décidé, pour les 15 derniers mois restants du programme, que plus de
la moitié des actions à mettre en place porteront sur le suivi pour
renforcer ce que nous avons déjà fait et l’achever de façon
satisfaisante. Les entreprises réclament aussi des formations.
Certes, nous avons assuré beaucoup de formations mais c’était plus
de la sensibilisation ou des exposés thématiques. Mais à présent,
l’enquête a fait apparaître un fort besoin de formation interne au
sein de l’entreprise. L’autre observation relevée est le changement
des préoccupations des entreprises qui tournaient, avant, toutes
autour des aspects de production tels que la qualité du produit et
l’investissement dans le matériel performant. Maintenant, on
s’aperçoit que les chefs d’entreprise sont préoccupés par le marché,
notamment pour ce qui concerne la concurrence, les produits nouveaux
et les clients. C’est fondamental, car l’Algérie s’ouvre et doit
vendre sur le marché européen.
Qu’avez-vous
prévu après l’achèvement du premier programme ?
A partir de 2007,
le gouvernement algérien et la Commission européenne étudieront un
nouveau programme.
Ce dernier
concerne la modernisation industrielle et devrait démarrer en 2008.
Ce programme a déjà été lancé dans les pays voisins comme la Tunisie
et l’Egypte et intervient suite au 1re programme de mise à niveau.
K. S.
Haut
Coopération en matière de culture et d’éducation
Beaucoup reste
à faire
Compte tenu des
actions bilatérales des Etats membres de l’Union européenne en
accord d’association avec l’Algérie dans le domaine culturel, un
accord ayant pour objectif de promouvoir l’échange d’informations et
la coopération culturelle, a été signé entre les deux parties.
L’accord en question permettra une meilleure connaissance et une
meilleure compréhension réciproques des cultures respectives des
deux partenaires. Pour cette raison, une attention particulière est
accordée à la promotion d’activités conjointes dans divers domaines,
dont la presse et l’audiovisuel, notamment, ainsi qu’à
l’encouragement des échanges de jeunes. Monica Liberati, chargée des
affaires culturelles au sein de la Commission européenne en Algérie
dira que cette coopération «couvrira principalement la traduction
littéraire, la conservation et restauration de sites et de monuments
historiques et culturels, la formation des personnes travaillant
dans le domaine de la culture, les échanges d’artistes et d’oeuvres
d’art». Elle permettra aussi l’organisation de manifestations
culturelles, la sensibilisation mutuelle et la diffusion
d’informations sur les manifestations culturelles importantes. Dans
le domaine audiovisuel, la coopération encouragera notamment la
formation et la coproduction, diffusion de revues et d’ouvrages en
matière littéraire, technique et scientifique. En matière
d’éducation et de formation, l’accord vise à contribuer à
l’amélioration du système éducatif et de la formation, dont la
formation professionnelle, encourager plus particulièrement l’accès
de la population féminine à l’éducation y compris à l’enseignement
technique et supérieur et à la formation professionnelle. Cela peut
être réjouissant à première vue. Mais concrètement, de quoi
l’Algérie a-t-elle bénéficié ? Depuis la signature des accords
d’association entre l’Union européenne et l’Algérie, notamment dans
le domaine culturel, hormis le 7e Festival culturel européen qui
s’est tenu dans notre pays le mois de mai dernier, aucune
manifestation culturelle digne de ce nom n’est organisée. Pour
Monica Liberati, de la délégation de la Commission européenne en
Algérie, chargée des affaires culturelles, avec un espoir certain
dira qu’«il est encore tôt pour parler d’accord d’association en
matière de la culture car, depuis la signature des accords
d’associations entre l’Union européenne et votre pays, les
conditions n’étaient pas réunies pour parler de la culture».
Toutefois, notera notre interlocutrice, si dans le domaine de la
littérature, aucun auteur algérien n’a vu son œuvre traduite, dans
le cadre justement de la promotion du dialogue interculturel, les
professionnels de l’audiovisuel, par contre, ont bénéficié de
plusieurs cycles de formation. «Dans l’audiovisuel, beaucoup de
formations ont été programmées en Europe au profit des jeunes. Un
quota important est toujours réservé aux Algériens. Ce projet est
financé par Bruxelles» dira Monica Liberati, sans néanmoins donner
le nombre exact d’Algériens ayant bénéficié de ce programme. L’on a
appris également de la chargée des affaires culturelles de la
Commission européenne en Algérie qu’un chantier de réhabilitation
d’un ksar au sud algérien, dont les travaux sont en cours
actuellement, est financé par ladite commission. Dans le domaine
musical, selon les propos de Monica Liberati, des concerts ont été
organisés dans le cadre de la cohabitation culturelle entre les deux
rives de la Méditerranée. Des groupes d’outre-mer ont pris part et
ce, en organisant des ateliers de musique à l’Ecole des beaux-arts
d’Alger. Il faut dire que depuis la signature des accords
d’associations entre notre pays et l’Union européenne, le domaine
culturel est le parent pauvre de ces accords. D’où la nécessité
d’une véritable association, d’autant plus qu’il s’agit de la
culture, un domaine qui ne connaît pas de frontières. Parce qu’au
train où vont les choses, la coopération culturelle, depuis la
signature desdits accords, est toujours au stade des balbutiements.
Djamel Oukali
Haut
Pour fluidifier fruits et Légumes
«Le mal est
dans les marchés de gros»
La situation des
marchés de gros en alimentation générale est de plus en plus
désolante.
Le président de
cette association ADK a tenu à lancer un appel solennel aux
responsables, à l’image du ministre du commerce, le ministre des
transports afin d’appliquer de l’arrêté n 746 du 25/04/2006 portant
réglementation de la circulation et du stationnement à Alger. Le
président d’APC de Kharrouba est invité également aussi à faciliter
la procédure d’acquisition des hangars aux opérateurs quittant les
marchés improvisés. C’est que la situation des marchés de gros en
alimentation générale est désolante de plus en plus. Un constat amer
que les commerçants et les associations de l’activité commerciale ne
cessent de dénoncer à longueur d’année. Un état de fait devant le
quel «les autorités compétentes restent indifférentes». Tel est le
constat fait cependant de la part de l’association des distributeurs
de Kharrouba -W. de Boumerdès-(ADK) par la voix de son président
Hakim Laribi au cours d’une conférence de presse organisée hier au
siège de l’UGCAA à Alger.
«Cet équilibre
entre les besoins des populations et la fluidité de leur
approvisionnement est arrivée à sa limite», souligne Hakim Laribi.
Et d’ajouter : «nous considérons que nos cités méritent d’être dotés
de systèmes conformes de distribution qui puisse prendre en charge
les volumes d’échange dans les meilleures conditions». En mettant
en avant «une reconversion urgente et nécessaire» et pour ce faire,
l’ADK propose un système de marchés intégrant tous les opérateurs et
intervenants dans ce domaine et tous les circuits d’échange
informels. Une fois mis en place, ces nouveaux lieux doivent
répondre aux exigences modernes d’espaces de transaction, de libres
échanges et surtout de vitrine pour le commerce national.
Ainsi un schéma
directeur national de la distribution vue par l’association a été
réalisé. Trois types de marchés, bleu, vert et orange
caractériseront les lieux de commerce. Ce schéma en question
permettra «sans risque de se tromper à recouvrir un circuit de
distribution ou les ménages retrouvent des lieux d’achat à la
hauteur de leur exigences, des opérateurs acquièrent un statut, des
producteurs et importateurs trouvent un lieu d’échange de libre et
loyale concurrence». Même l’Etat trouvera l’outil de régulation de
la distribution et de la consommation. L’action de l’ADK est
prometteuse» tient t-il à préciser. Ce projet dotera la capitale, un
marché de gros répondant aux standards internationaux.
K. B.
Haut
Exploitation des mines méconnues
Un appel
d’offres international pour 15 régions
Etant en pleine
expansion, le secteur gazier et pétrolier de l’Algérie a entamé des
négociations avec des investisseurs étrangers désireux de trouver
d’autres opportunités. Pour progresser davantage, l’Agence nationale
algérienne du patrimoine minier (ANPM) composante du ministère de
l’Energie et des Mines est en quête d’investissements et des
expertises afin d’exploiter ses ressources minières méconnues. Son
président, Abdelkader Benyoub, relève que l’agence prévoit de lancer
un appel d’offres international pour 15 régions minières en octobre
2006, cité dans une récente étude élaborée par le cabinet
britannique Oxford Business Group. Ces régions, s’étendant de 1000 à
2500 km2 «devraient aiguiser l’appétit des investisseurs».
M. Benyoub estime
que ce sont les grandes entreprises qui seront d’abord intéressées,
avant d’être attirées et explorées ensuite par les plus grandes. Le
président de l’ANPM indique que plusieurs entreprises ont exprimé
leur intérêt pour une réserve de minerai de fer, au potentiel estimé
entre 2 et 3 milliards de tonnes, qui n’est pas comprise dans
l’appel d’offres, à l’image de l’entreprise australienne Rio Tinto,
brésilienne (CVRD) et chinoise. L’intérêt pourrait être l’objet d’un
autre appel sur le long terme. De Beer est, selon les rumeurs,
également intéressé dans les réserves de diamants de la région de
Reggane, connue pour ses réserves alluviales, ce qui est souvent le
signe précurseur de possibles découvertes de diamants et de matières
précieuses. Faisant un état des lieux du secteur, l’on indique qu’en
2005, l’industrie minière a généré plus de 50 millions
d’investissements directs étrangers. Le potentiel du pays en minerai
de fer est important qui sont de 3,5 milliards de tonnes de minerai
dans la région du sud-ouest du pays, selon des estimations
étatiques. Les réserves de phosphates pourraient atteindre 2
milliards de tonnes et d’autres régions se vantent aussi de posséder
d’importantes réserves.
Le ministre de
l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a signé récemment un
mémorandum d’accord (MA) avec le département d’exploration et de
recherche en ressources naturelles géologiques de la région chinoise
du Henan. Cet accord pose les bases de la réouverture de la mine de
plomb et de zinc d’El Abed dans le Tlemcen, fermée en 2002. Le
redémarrage de l’activité minière sur le site d’El Abed aura une
capacité initiale de production de 1 000 tonnes par jour, mais on
estime du côté de la direction des mines, qu’elle pourrait à terme
atteindre 3 000 tonnes par jour, alors que les réserves de cette
mine sont estimées à 12 millions de tonnes de plomb et de zinc. Les
Chinois se sont également mis d’accord pour construire une école des
mines dans la ville d’El Abed. Deux sociétés australiennes sont
également présentes en Algérie depuis 2003. Sonatrach a, par
ailleurs, prévu un budget de 1,200 milliard de dinars algériens
(16,5 millions de dollars) dont 800 millions de dinars (11 millions
de dollars) seront affectés à la réhabilitation de la mine et 400
millions de dinars (5,55 millions de dollars) à la réalisation du
programme triennal d’exploration géologique. Sonatrach a ainsi
acquis 10% des parts de cette compagnie. La société chinoise a
acquis le permis d’exploration de deux autres mines afin d’extraire
du cuivre de la mine de Boutegara et du manganèse de Boukaïs dans la
région de Béchar. Un récent rapport réalisé par le centre de
recherche des marchés mondiaux reconnaît que ces réformes mises en
place (2002 et 2005) ont permis d’attirer d’importants flux de
capitaux. Plus de 491 permis d’exploration minière ont par ailleurs
été délivrés en trois ans et généré plus de 2 milliards de dinars
(277,59 millions de dollars) pour le Trésor public.
Kahina B.
Haut
D’importants dossiers seront présentés
La tripartite
se tiendra samedi
La tripartite
(gouvernement,UGTA, patronat est fixée pour ce samedi samedi. La
date annoncée par des sources syndicales a été confirmée mercredi en
fin d’après-midi par un communiqué de presse rendu public par le
ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Le communiqué
précise que cette date a été retenue sur instruction du Chef du
gouvernement et après concertation avec les deux autres parties. Ce
rendez-vous sera consacré à la signature de toutes les conventions
de branches dans le secteur public et privé. La signature du pacte
économique et social est également prévue lors de cette rencontre.
Cette tripartite se tient dans un contexte marqué par de grandes
confusions puisque les fédérations de l’UGTA n’ont pas encore parafé
toutes leurs conventions tout comme certains syndicats d’entreprise
d’ailleurs. Le point sur cette situation sera fait lors d’une
rencontre des fédérations et du conseil national de l’UGTA organisé
aujourd’hui à Zéralda. D’autres part, les organisations patronales
n’ont toujours pas trouvé un consensus pour la signature de la
convention. Après plusieurs réunions entre les deux parties, aucun
terrain d’entente n’a été trouvé. Selon des sources syndicales, le
problème est situé au niveau de l’augmentation des salaires. L’UGTA
propose une hausse de 20% et le patronat a tablé sur 10% seulement.
Mais tout sera tranché ce samedi lors de la tripartite qui sera
présidée par
M. Abdelaziz
Belkhadem, Chef du gouvernement qui sera appelé à arbitrer plusieurs
situations de déblocage si des solutions ne sont pas trouvées avant
samedi..
N. B.
Haut
Hausse des salaires
L’UGTA a
rencontré hier le Patronat
Une autre réunion
regroupera ce mercredi la centrale syndicale (UGTA) et des
représentants du Patronat en vue de poursuivre les négociations sur
les conventions collectives de branches et la revalorisation des
salaires dans le secteur privé. Cette réunion intervient à la veille
de la tenue de la tripartite (Gouvernement- UGTA- Patronat) prévue
durant ce week-end ou au plus tard samedi prochain pour déboucher
sur la conclusion d’un pacte national économique et social. Au
cours des précédentes rencontres bipartites, L’UGTA avait proposé,
par la voix de son secrétaire général, Abdelmadjid Sidi-Said selon
l’agence AAI, une hausse de salaires de l’ordre de 20% toujours
refusée par le patronat. Les négociations piétinent notamment en ce
qui concerne les travailleurs du secteur de la mécanique et de la
métallurgie à qui les Sociétés de Gestion et de Participation (SGP)
ne proposent qu’une hausse de 5 à 10%, rappelle-t-on. Dans ce
contexte, le premier responsable a quant à lui toujours appelé à
l’arbitrage du gouvernement pour débloquer une situation économique
que les analystes qualifient d’inextricable.
R. N.
Haut
FNTMMEE-SGP
Reprise des
négociations
La Fédération
nationale de la métallurgie, de la mécanique, de l’électricité et
de l’électronique (FNTMMEE) a repris hier les négociations avec les
cinq SGP et celle de la SNVI. Cette reprise des discussions est
intervenue suite à l’appel lancé par le secrétaire général de la
Centrale syndicale aux membres de cette fédération les sollicitant à
poursuivre le dialogue avec les SGP afin de trouver un consensus sur
l’augmentation des salaires. «Nous avons tenu une réunion avec M.
Abdelmadjid Sidi Saïd qui nous a demandé de reprendre les discussion
et de tenter de trouver un terrain d’entente avec les SGP» dira M.
Kerdjani, secrétaire général de la FNTMMEE. Une réunion entre la
fédération et les SGP a eu lieu hier en début d’après- midi pour
tenter de débloquer la situation et passer ensuite à la signature
des conventions de branche pour ce secteur. L’appel à la reprise des
négociations, faut-il le signaler, intervient quelques heures avant
la tenue du rassemblement des travailleurs prévu hier au siège de la
SGP d’El Achour. Les travailleurs du secteur des 40 wilayas allaient
faire le déplacement pour prendre part à ce regroupement.
Nouria B.
Haut
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