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Déstabilisation
Depuis quelques
semaines, les présidentiables du parti socialiste se sont prêtés à
un exercice inédit, celui du débat télévisé. En effet, c’est la
première fois que des débats destinés en théorie uniquement aux
militants du PS, qui trancheront entre eux pour désigner le candidat
qui les représentera en 2007, sont diffusés sur une chaîne télé.
Les trois
candidats socialistes à la législature, Dominique Strauss-Kahn,
Laurent Fabius et Ségolène Royal ont déjà eu l’occasion de
s’affronter deux fois devant l’ensemble des militants. Ces débats,
très suivis, ont connu un déroulement très policé durant lequel, à
aucun moment les candidats ne s’adressaient directement les uns aux
autres mais répondaient à des questions de militants transmises par
internet. Jusque-là, même si les deux candidats masculins s’en sont
plutôt bien sorti, ces débats ont plutôt été à l’avantage de
Ségolène Royal. Dominique Strauss-Kahn avait cependant pris de
l’épaisseur et crédibilisé d’une future candidature présidentielle.
Laurent Fabius, qui a déjà goûté aux hautes sphères du pouvoir, il
avait en effet été Premier ministre sous Mitterrand de 1984 à 1986,
il s’est trouvé un peu en difficulté durant ces débats plus à l’aise
lors des meetings publics où sa verve et son charisme sont
incontestables. Jeudi soir, il avait d’ailleurs réussi à convaincre
ses deux adversaires de se livrer à un nouveau débat, sous forme de
meeting, dans la salle du Zénith. Au cours de cette réunion,
Ségolène Royal a souvent été huée, les sifflements et les quolibets
étaient par ailleurs si nombreux tout au long de la soirée qu’elle a
fini par lancer un avertissement à la salle pour que cela ne se
reproduise plus.
A l’heure de la
confrontation avec le vrai public et non plus avec ses fans
incontestés ou avec les sondages, Ségolène Royal est loin de
recueillir l’unanimité. Il est désormais très probable, conformément
aux prévisions d’un grand nombre de politiques et de politologues,
que les primaires socialistes réservent une véritable surprise à
l’ensemble de la classe politique française ainsi qu’aux électeurs.
Fouzia Mahmoudi
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