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Reconnaissance
La Turquie vient
encore, une fois de plus, de voir ses négociations avec l’Union
européenne, en vue d’une adhésion dans celle-ci, échouer. Ce n’est
pourtant pas la première fois que la Turquie affronte les 25
ministres des Affaires étrangères européens et ses dirigeants savent
parfaitement ce qui leur est reproché. Le dossier chypriote reste en
travers de la gorge des Européens qui ne sont pas prêts à l’avaler,
sans rien dire. Mais Ankara ne semble pas être prête à reconnaître
l’indépendance de Chypre, qu’elle annexe à moitié depuis plus de
trente ans, maintenant. Pourtant, plus que d’éventuels changements
dans la Constitution turque pour la rendre plus en accord avec les
droits de l’homme chers aux membres de l’Union européenne, c’est
bien le problème chypriote qui empêche véritablement la Turquie
d’entrevoir une prochaine adhésion. Cette question chypriote est
tombée à point nommé pour ceux qui s’opposent à l’intégration de la
Turquie au sein de l’UE, car les Turcs, fiers et orgueilleux, ne
semblent pas prêts à faire cette concession aux Européens. Mais même
si cela arrive (cela est loin d’être le cas), les Européens
invoqueraient aussitôt la question du génocide arménien que le
gouvernement turc continue à refuser obstinément de reconnaître.
Pour une grande majorité de la population turque, il est en effet
absolument hors de question de reconnaître ce génocide qui est,
selon eux, le fait de l’empire ottoman et non de l’Etat turc. Ainsi,
rien d’étonnant que ces négociations n’intéressent plus tellement le
grand public, aussi bien turc qu’européen, qui a fini par comprendre
que les Turcs seront Européens lorsque «les poules auront des
dents», certainement pas avant.
Fouzia Mahmoudi
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