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Lutte contre le marché informel
Les Douanes
s’attaquent aux «cabas»
La direction des
Douanes a décidé de s’attaquer aux marchands informels dit «de
cabas»
Décidément,
l’administration des Douanes compte mettre un peu de l’ordre et
imposer une organisation dans l’accomplissement de ses tâches au
sein des différentes structures où elle assure le contrôle.
Après une série de
mesures ayant touché l’interdiction d’importation de pièces
détachées usagées, le gel de la délivrance d’agréments aux
déclarants en douane, la direction des Douanes a décidé de
s’attaquer aux marchands informels dit «de cabas». Ainsi, dans un
communiqué de presse rendu public il y a quelques semaines, la
direction des Douanes informe les voyageurs que «toute marchandise
importée revêtant un caractère commercial est interdite et sera
systématiquement saisie», lit-on dans ce communiqué. Cette action,
toujours selon le communiqué, sera suivie de «l’établissement d’une
procédure contentieuse pour infraction douanière», ajoute le même
communiqué. «Cette note entre dans le cadre de la lutte contre le
marché informel qui cause d’importants préjudices à l’économie
nationale», expliquera M. Ramdani Amar, directeur de la lutte contre
la fraude, à la direction générale des Douanes. Selon lui, le nombre
des voyages effectués par ces marchands a atteint presque six
voyages par mois vers des destinations multiples et connues. Ces
dernières années, ils préfèrent voyager par bateau. «Les
marchandises importées ne sont pas soumises à des taxes
particulières. Au sens de la loi, on ne peut pas taxer ce genre de
marchandise, notamment les vêtements sauf s’ils sont déclarés pour
usage commercial. Ce qui met les services de douanes dans des
situations inconfortables», a expliqué M. Ramdani. Cette note n’est
finalement que l’application pure et simple de l’article 5 du code
des douanes qui, outre la définition des différentes missions de
contrôle et de vérification effectuées aux frontières douanières, il
fixe les objets et les effets personnels accompagnant le voyageur au
cours de son voyage. «Tous les articles neufs ou en cours d’usage,
dont le voyageur peut avoir raisonnablement besoin pour son usage
personnel au cours de son voyage, compte tenu des circonstances de
ce voyage, à l’exclusion de toutes marchandises importées ou
exportées à des fins personnelles», lit-on dans l’article précité.
«Le contrôle effectué va, dorénavant, toucher aussi bien les
personnes que les marchandises transportées et des saisies seront
opérées systématiquement», précise M. Ramdani, qui précise que ces
mesures strictes seront appliquées à l’égard des voyageurs et des
douaniers également qui entravent l’application de la loi. A une
question relative au retard accusé dans l’application de la présente
loi, notre interlocuteur dira que cette loi a toujours été en
vigueur mais de multiples carences ont été enregistrées au niveau de
son application, ce qui a fait que la situation est restée telle
quelle malgré les saisies opérées. «L’application n’était pas
efficace», dira t-il. L’autre changement qu’il faut souligner est
celui lié au fait que les commerçants pouvaient, par le passé,
réexporter la marchandise après sa saisie. «Maintenant, il ne sera
plus question d’exporter une autre fois», précisera-t-il.
Ces nouvelles
mesures sont applicables au niveau des frontières terrestres,
aériennes et maritimes. «Mais elle ne peuvent, en aucun cas, nuire à
la liberté du voyageur, qui peut voyager tant qu’il veut et au
moment qu’il veut», précise
M. Ramdani. La
note ne précise pas, non plus, les quantités de vêtements à
transporter et les réduit en «objets et effets personnels, dont le
voyageur peut avoir raisonnablement besoin pour son usage
personnel», lit-on dans le communiqué.
Nouria B
Haut
Hausse des salaires et du coût du service public
Les non-dits de
la vérité des prix
Encore une
mauvaise nouvelle : on parle de «propositions concernant la révision
des tarifs du gaz et de l’électricité qui ont été soumises au
gouvernement par le ministère de l’Energie et des Mines». Cette
nouvelle ne peut être perçue par les ménages algériens que comme un
autre poids qui viendra plomber davantage leur pouvoir d’achat,
lequel ne cesse, malgré toutes les promesses d’améliorations faites
par le gouvernement de se dégrader, de jour en jour. Il n’y a pas
longtemps encore pointait à l’horizon une esquisse d’amélioration,
faite d’annonces d’augmentations de salaires des travailleurs, selon
des négociations avec les chefs d’entreprises, de paiement
d’arriérés de salaires, sur instruction ministérielle et
d’augmentation du SNMG de 2 000 DA, applicable à partir de janvier
2007. L’on se rappellera sûrement la toute récente signature du
fameux pacte économique et social, dont les grandes lignes,
rappelons le, envisageaient l’amélioration des conditions de vie des
travailleurs et avaient surtout fait miroiter des salaires décents,
de quoi améliorer ainsi leur pouvoir d’achat, le tout conditionné
bien sûr par l’abstention des travailleurs de tout mouvement de
protestation et d’appel à la grève. Mais là encore, il ne fallait
sûrement pas trop croire aux mirages, car à peine ce pacte signé,
des mouvements de contestation ont éclaté un peu partout et on a eu
même droit à des révisions de position de certains membres de l’UGTA
et à leur rappel à une revalorisation des salaires et à un SNMG de
25 000 DA, au lieu des 12 000 DA décidés lors de la tripartite du
1er octobre dernier. Si pour leurs doléances, les syndicalistes de
l’UGTA se sont appuyés sur les résultats de l’étude élaborée par
leur cellule de communication, sur les ménages et leur pouvoir
d’achat et laquelle a démonté qu’en 2005, ce dernier a baisé de 7,9%
par rapport à 2003, il faut savoir que ce sont ces ménages là qui
ont eu à subir ces trois derniers mois les campagnes menées par les
entreprises de service public comme Sonelgaz, ADE, Algérie Télécom
et OPGI, concernant le recouvrement des créances impayées. Ces
dernières s’élèvent à des dizaines de milliards de dinars et pour
faire entrer cet argent dans leurs caisses, ces entreprises là,
n’ont pas hésité à recourir aux coupures et aux expulsions des
mauvais payeurs, adoptant de la sorte la politique de la sanction.
Inutile de
rappeler que ce sont ces mêmes entreprises qui ont procédé à des
augmentations à plusieurs reprises des tarifs de leurs services en
moins d’une année, lesquelles n’ont pas été prises en considération
dans l’étude élaborée par L’UGTA. Cette même enquête, malgré le fait
qu’elle s’est basée uniquement sur les produits de base, a ignoré
nombre de dépenses, celles qui s’imposent à chaque rentrée scolaire
ou à chaque période de fêtes.
Cela dit, il
faudra aussi remettre les choses dans leur contexte international.
Car, pour s’aligner aux normes internationales et celles de l’UE
pour commencer et pour intéresser les investisseurs étrangers aux
secteur de l’énergie, des transports, de l’hydraulique et des
services publics, en général, des augmentations de tarifs de ces
services s’imposent, a t-on prôné à plusieurs occasions. Entendre
par là qu’il est question d’aligner les prix locaux sur ceux
pratiqués sur le marché mondial. Mais il existe malheureusement un
énorme gouffre entre la vérité des prix et la réalité des salaires
en Algérie. Aussi, ne sommes nous pas en train d’assister au
«sacrifice du citoyen» pour une normalisation et une ouverture sur
le marché international ? Devra-t-on recourir à un budget de
solidarité illimité pour combler le fossé ainsi creusé ?
Habiba Ghrib
Haut
Vide juridique sur les royalties des franchises
La BEA
maintiendra son niet
Etant un facteur
de modernisation, la franchise doit être inscrite dans le cadre de
la relance économique. Elle doit être aussi l’un des moyens pour la
lutte contre le chômage. C’est ce que pense un représentant de la
Banque extérieure d’Algérie (BEA), intervenant hier à l’occasion en
marge du 2e Forum de la franchise, organisé à l’hôtel El Aurassi. La
BEA financera les franchises, que ce soit dans le cadre bilatéral ou
multilatéral pour ce qui concerne les micro-entreprises créées dans
le cadre de l’ANSEJ notamment. Le financement, a-t-il expliqué, se
fera dans le cadre d’une opération de commerce extérieur à condition
que les concernés (franchiseur-franchisé) partagent le risque. «La
BEA sera la banque de la franchise», a-t-il souligné. Mais le
représentant de la BEA a expliqué qu’en l’absence d’un cadre
juridique devant régir cette pratique commerciale, la banque
n’autorise pas le transfert des royalties. En attendant le règlement
de ce problème, il recommande aux opérateurs d’opter pour la forme
de représentant exclusif au lieu d’une franchise. Car, a-t-il
estimé, le changement des lois nécessitera beaucoup de temps. Il
serait bien, a-t-il souhaité, d’intégrer la franchise dans les
dispositifs comme celui de l’ANSEJ. En attendant, la BEA continuera
à étudier les demandes de transfert d’argent de manière
traditionnelle. En revenant sur le fait que la franchise est un
nouveau concept en Algérie, il estime que le fait qu’il y ait peu
d’enseignes franchisées serait une preuve du manque d’information.
Selon ce responsable, la franchise nécessite la mise en place d’un
règlement de déontologie. Parmi les autres contraintes rencontrées
par les franchisés figure celui de l’immobilier. Ce problème
constitue un handicap pour les investisseurs, a-t-il regretté. Il
recommande à ces derniers d’effectuer des études de marché avant de
lancer une franchise.
K. S.
Haut
Après Alger, Ouyahia ira à Blida
Les primaires
dès jeudi
Le jeu
démocratique est également respecté, ajoute Miloud Chorfi.
C’est à la faveur
des primaires prévues à partir du 30 novembre courant que Ouyahia a
réuni, hier, ses élus d’Alger à l’hôtel Safir (ex-Aletti), dont il
s’occupe personnellement tant il tient à maintenir le siège de
sénateur de la capitale aux couleurs du Rassemblement. Mais l’entame
de ces primaires est déjà amorcée à Chlef, Tébessa et Relizane où
les protégés du RND ont bel et bien pris la route menant aux futures
sénatoriales du 28 décembre. Le porte-parole du parti a
laissé entendre qu’au vu des résultats et l’ambiance ayant prévalu,
les élus locaux aborderont la course à la majorité au Sénat dans «la
discipline et la confiance». Le jeu démocratique est également
respecté, ajoute Miloud Chorfi. «Le collège de chaque wilaya sera
choisi sur une liste de 5 à 7 candidats et le vainqueur bénéficiera
de l’appui de ses compères qui feront, selon lui, campagne pour le
candidat RND qui défendra les chances du parti». Le coup de starter
officiel sera donné ce jeudi avec les primaires à Alger pour
s’achever le 12 décembre prochain. C’est-à-dire une journée avant la
date butoir du dépôt de dossiers de candidatures au ministère de
l’Intérieur, fixée pour le 13 décembre et à deux semaines du jour J.
Pour Ahmed Ouyahia, l’occasion offerte par le rendez-vous avec le
collège d’Alger à l’hôtel Safir avait pour objectif de donner
symboliquement le coup d’envoi, les orientations qu’il faut à ses
troupes et surtout la stratégie à adopter avant le 28 décembre.
Le porte-parole,
lors d’un entretien téléphonique depuis Mascara, où il prend part à
la commémoration du 174e anniversaire de l’émir Abdelkader, a
réitéré l’appréhension du 1er collège RND quant à une razzia FLN,
possédant pour rappel, la majorité des assemblées locales. Même si
la compétition reste jouable,
M. Chorfi n’a pas
caché cette crainte face à l’offensive d’un FLN visiblement
déterminé à rafler la mise. Pourquoi ce déphasage ? La question
demeure entière. On apprend aussi que le SG sera à Blida ce
week-end pour le
même motif. Ahmed Ouyahia réunira les cadres et les élus locaux de
la ville des Roses et appelera à une mobilisation impérative pour la
circonstance.
Salah Bey
Haut
Boumerdès
Jeu d’alliances
entre FLN et RND
C’est aujourd’hui
que sera connu le candidat du parti de Abdelaziz Belkhadem aux
élections sénatoriales du 28 décembre prochain. Ainsi donc, la
maison de jeunes Saïd-Sennani de Boumerdès abrite cette matinée les
élus du parti aux APC, APW et aux
2 chambres, où il
sera certainement désigné, en l’absence de candidat comme annoncé
dans l’entourage du parti, l’unique postulant au poste de sénateur
Bahar Tahar, le président de l’APW et mouhafadh à la wilaya de
Boumerdès. Du côté de la cellule de crise du FLN récemment créée,
«les décisions et les orientations du bureau politique sont
incontournables», dit-on. «Trois candidatures potentielles doivent
être obligatoirement élues ou proposées, que l’instance suprême du
parti cautionnera», a-t-on affirmé. Si ces directives arrivent à
être exécutées, il y aura certainement d’autres candidatures et le
choix sera délicat pour le candidat du parti aux sénatoriales entre
les pros et anti-Benflis. Le superviseur chargé des élections de la
wilaya de Boumerdès, Abdelkader Boulekraf est-il en mesure
d’appliquer les décisions et les orientations du bureau politique
dont il fait partie ? Si les décisions sont appliquées, les
candidats ne se désisteront-ils pas au profit de l’un de leur
favori. Autant de questions qu’on se pose et le résultat sera connu
dans quelques jours.
Du côté RND, on
annonce que les élections primaires tenues, hier, au siège du parti
à Boumerdès en présence de Rekkas Djemaâ, coordinateur du parti et
député, n’ont pas attiré trop de candidats. Leur nombre le jour J
est de 341 qui se compose de 113 FLN, 65 FFS , 56 RND, 37 Islah, 19
MSP, 13 FNA, 5 PT et 33 indépendants, où il a été confirmé à
l’unanimité la candidature du président de l’APC de Zemmouri,
Dramchini Boualem représentant le parti d’Ahmed Ouyahia aux
élections sénatoriales. Si l’on se réfère au nombre de candidats FLN
et le dernier voyage à l’étranger du président de l’APW candidat FLN
aux sénatoriales accompagné de ses alliés du FFS, effectué dans le
cadre du traité d’amitié et d’échange entre les villes de Boumerdès
et de Belfort (France), nous pourrons conclure que le candidat FLN
part favori sur ses autres concurrents.
Ainsi donc, les
341 grands électeurs des divers partis auront à se prononcer le 28
du mois prochain sur le candidat représentant la wilaya de Boumerdès
à la première chambre «Majlass El Oumma»
K. A.
Haut
Bouira
Bouguerra sur
orbite
Avec 60 voix sur
les 104 exprimées dimanche à la mouhafadha de Bouira à l’occasion
des primaires pour les futures sénatoriales, le V-P/APW de Bouira,
Bouguerra Abdelkader, s’est placé sur orbite sénatoriale en
distançant ses concurents, donnés gagnants par les sondages des
ouï-dire sur la place de Bouira. Mais à la surprise générale du
collège FLN venu faire le partage, hier matin, le confiant
Abdelkader Bouguerra a laissé loin derrière lui le second classé et
néanmoins P/APW, en la personne de Gharbi Djamel, qui n’a récolté
que 5 voix. Les autres prétendants, le nommé Nourri Mohamed, P/APC
de Aïn Bessam, sorti avec 13 voix seulement alors que ses compères
Hamdi Mohamed, P/APC de Dechna, l’intrus Doukali, membre de l’APW et
Larbi Mohamed, P/APC du chef-lieu n’ont pu arraché que 10, 9 et 4
voix respectivement. Selon la circulaire interne du FLN n°4
concernant ces joutes électorales, les trois premiers noms sortis de
l’urne sont retenus pour le 28 décembre prochain. Mais force est de
constater que le vice-président de l’APW de Bouira, sorti vainqueur
avec un large et propre score est d’ores et déjà sur orbite. Il est
désormais le candidat favori de la wilaya pour remporter le siège du
Sénat. L’opération s’est déroulée dans une ambiance conviviale sous
les regards des deux superviseurs Abdelkader Bounekraf et Ali
Seddiki, respectivement membres de l’instance exécutive et du
conseil national.
F. O.
Haut
Pacte économique et social
Les limites de
l’improvisation
Le pacte
économique et social n’a pas un impact direct et efficace sur les
travailleurs. Il ne règle pas tous les problèmes. Son utilité et ses
retombées positives ne seront pas ressenties tout de suite. C’est du
moins ce qui ressort du débat organisé, hier, sur le pacte
économique et social en la présence du représentant de la Centrale
syndicale et des représentants des organisations patronales. Ce
pacte, selon M. Djenouhat, a servi au départage des différentes
tâches. Ainsi, l’UGTA prend en charge les problèmes
socioprofessionnels des travailleurs en plus de l’aspect
relationnel. L’entreprise sera dégagée de certaines contraintes
liées notamment aux charges fiscales pour la concrétisation des
programmes de développement de la productivité et l’Etat s’engage à
appliquer les programmes de mise à niveau, des réformes économiques
et de réunir les conditions pour son épanouissement. «Le travailleur
n’aura plus le souci des contraintes quotidiennes. On vise ainsi à
assurer la stabilité, la confiance pour les travailleurs et la
pérennité de l’entreprise», a estimé M. Djenouhat.
Les premiers
résultats palpables de ce contrat, signé le 1er octobre dernier
entre le gouvernement, l’UGTA et le patronat, concernent la
signature des conventions collectives et de groupes ainsi que
l’augmentation des salaires et du SNMG. Cela a propulsé également le
travail engagé dans l’élaboration des statuts particuliers, une
opération qui a débuté la semaine passée. Sur le plan international,
la signature de ce pacte nous a valu la reconnaissance des
organisations mondiales telles que le Bureau international du
travail (BIT) et de l’ensemble des patrons des d’organisations
mondiales. Pour faire face à toutes les entraves, les trois
partenaires ont installé le conseil d’application du pacte qui a
pour mission de relever les difficultés et d’apporter les correctifs
nécessaires. M. Djenouhat a enfin appelé toutes les organisations
patronales et syndicales qui souhaitent adhérer à ce pacte, ouvert à
toutes les propositions, à se présenter pour contribuer à son
enrichissement, et ce, quelles que soient les spécificités et les
réserves qu’ils émettent. Sur la position de l’UGTA concernant la
privatisation, le représentant de la Centrale syndicale a répondu :
«La privatisation n’est pas un choix. Nous aussi, nous subissons
cette procédure et ses effets comme les travailleurs», a-t-il
conclu.
Nouria B.
Haut
Conflit ministère de l’Agriculture-UNPA
Belkhadem joue
au pompier
Suite à l’absence
inexpliquée de Réda Barkat, M. Allioui a dénoncé les entraves au
développement du secteur agricole.
La célébration du
32e anniversaire de la création de l’UNPA qui a eu lieu au chef-lieu
de la wilaya de Tipasa, a été mis à profit par les deux principaux
intervenant lors du meeting qui a été organisé à cette occasion, le
SG de l’UNPA,Allioui Abdelkader et le Chef du gouvernement,
Abdelaziz Belkhadem, en l’occurrence, pour parler de la situation
prévalant, présentement, dans le secteur agricole. Le premier a
surtout mis en exergue les entraves au développement de
l’agriculture. Des entraves qu’il a résumées en un certain nombre de
points. Parmi lesquels, a-t-il déclaré l’absence de dialogue avec
les producteurs et leur exclusion de toute prise de décision, les
concernant pourtant, figurent en bonne place. Sans le dire
explicitement, le SG de l’UNPA n’en a pas moins établi un lien de
cause à effet entre ces deux problèmes et ceux dont souffre, selon
lui, l’agriculture. La faiblesse et difficulté de la maîtrise du
circuit de distribution des produits agricoles, deux points qui ne
sont pas, a-t-il précisé sans conséquences, négatives, bien entendu,
sur la disponibilité et les prix de certains de ces produits et
l’anarchie dans laquelle se fait aujourd’hui l’octroi des aides et
subventions de l’Etat. A tous ces problèmes, M. Abdelkader Allioui
n’a pas manqué d’ajouter celui, sempiternel, sommes-nous tentés de
dire, du foncier agricole. Après avoir rappelé que son organisation
a toujours lutté pour sa préservation, il a tenu à renouveler la
proposition de création d’un haut conseil de l’agriculture par l’UNPA,
faite il y a quelques années. Un organisme qui prendra en charge
l’ensemble des problèmes auxquels est confrontée l’agriculture, y
compris celui très sensible, ayant trait au foncier. Ce qui ne l’a
pas empêché d’avancer d’autres propositions visant à la résolution
desdits problèmes et parlant du développement du secteur agricole,
M. Alloui a insisté à ce propos pour que, dorénavant, les
subventions de l’Etat ne soient octroyées qu’aux seuls fellahs
réellement productifs. Ce qui nécessite impérativement, a-t-il
ajouté, la concertation avec les concernés et ce, à travers leurs
représentants (UNPA) et les organismes (chambres de l’agriculture)
où ils sont représentés. Comme il a tenu à souligner que toutes les
mesures qui seraient prises ne pourraient être efficaces que si
l’Etat œuvre à établir un réel dialogue avec les représentants des
paysans, à organiser efficacement le circuit de distribution des
produits agricoles, et à lever toutes les entraves au développement
de secteur agricole. L’adaptation des fellahs aux changements en
cours a été l’une des idées maîtresses de l’intervention du Chef du
gouvernement. Cette précision faite, M. Abdelalaziz Belkhadem a tenu
à tranquilliser les présents sur la poursuite de l’aide de l’Etat à
ce secteur et à ceux qui y activent. Un secteur qui, a-t-il déclaré,
chiffres à l’appui, a enregistré ces dernières années des résultats
qu’il a jugés «de très satisfaisants». Ce qui ne l’a pas empêché de
reconnaître la persistance de certains problèmes.
M. Belkhadem en a
cité deux : la relation entre les fellahs et les banques et
l’inexpérience de ceux chargés de l’exportation de l’excédent
agricole. Une inexpérience qui se traduit par un difficile placement
des produits nationaux sur les marchés étrangers, européens
essentiellement. Le chef du gouvernement a annoncé la mise en place
d’un dispositif, déjà opérationnel, visant à augmenter le volume de
nos exportations agricoles. Intitulé «Galerie verte», le dispositif
en question a pour rôle d’accompagner et de conseiller les
potentiels exportateurs de produits agricoles. Le vote d’une loi
d’orientation agricole, dont le projet sera soumis avant le la fin
de l’année en cours, à l’APN est une loi dont les dispositions
doivent renforcer davantage le développement du secteur ;
l’élaboration d’une stratégie de développement durable et autour des
zones rurales qui couvrent, a-t-dil dit, 979 communes totalisant 13
millions d’habitants, une stratégie qui vise, a-t-il dit, à
relancer l’activité économique dans les dites zones et ce, par leur
aménagement, et, partant, à améliorer les conditions et le niveau de
vie de ceux qui y vivent. Quant au troisième axe, il a trait au
lancement, dès l’année 2009, d’un plan quinquennal de développement
du secteur ; un plan qui permettra à l’Algérie d’atteindre, à
l’horizon 2013, l’autosatisfaction de ses besoins en plusieurs
produits (pomme de terre et légumes frais) et la réduction de la
dépendance à l’égard de l’étranger pour la satisfaction d’autres,
telles les céréales et le lait. Des résultats qui sont attendus de
la réalisation d’un taux de croissance annuel du secteur, de 8%. Et
ce, grâce à la réhabilitation de 400 000 exploitations agricoles.
La création des 40 000 autres et la réalisation de 400 000 ha de
surface agricole utile nouvelles, qui viendront s’ajouter aux 510
000 ha existant actuellement.
Mohamed Amine
Haut
Polémique sur les lycées techniques
Benbouzid : «On
ne va rien supprimer»
C’est un
communiqué au ton des plus sévères que le ministère de l’Education
nationale a rendu public, hier, en réponse aux attaques des
syndicats sur sa gestion des lycées techniques. «Ces informations
font état d’un soit disant délestage et des enseignants et des
filières d’enseignement technique vers le secteur de la Formation et
de l’Enseignement professionnels. Plus que cela, ces commentaires
vont jusqu’à faire état d’un abandon pur et simple de l’option
technologique et technique au niveau du système éducatif»,
estime-t-il. «Il est évident que ces assertions très hâtives ne sont
que pures spéculations car, faut-il le rappeler, les travaux de
cette commission technique interministérielle s’inscrivent dans le
cadre du schéma général de restructuration de l’enseignement
post-obligatoire prévu par la réforme du système éducatif de 2002,
exigeant trois segments cohérents et complémentaires». Pour la
tutelle, «outre les filières de l’enseignement secondaire général et
technologique et celles de la formation professionnelle, cette
restructuration a introduit un nouveau cursus d’enseignement
professionnel».
Dans cette
perspective, le ministère de l’Education nationale s’est proposé de
«renforcer le potentiel du ministère de la Formation et de
l’Enseignement professionnel par la mise à disposition
d’infrastructures et d’équipements lourds et, au besoin, de
l’encadrement pédagogique nécessaire à la mise en place de ce nouvel
enseignement par des enseignants du secteur de l’éducation, aux
profits correspondants, selon leurs vœux». «Le statut de ces
enseignants ne subira, par ailleurs, aucune modification»,
assure-t-on. Et de préciser que «ces enseignants figurent parmi ceux
qui ont été redéployés à la suite de la restructuration de
l’enseignement secondaire lequel est à sa deuxième année
d’application». Et le communiqué de conclure que «l’enseignement
technique n’a pas été supprimé». Quant à la position des syndicats,
le MEN considère qu’en anticipant quelque peu sur les travaux de la
commission technique, laquelle rendra publique des informations
détaillées sur les modalités de mise en œuvre du nouveau segment de
l’enseignement professionnel, «le ministère de l’Education
nationale, espère avoir levé toute équivoque et appréhension autour
de cette question».
Redouane A.
Haut
Oran
L’ex-maire FLN
condamné
Poursuivi par la
justice pour les chefs d’accusation de passation de marchés non
conformes à la réglementation et utilisation des moyens de l’Etat à
des fins personnelles, l’ex-maire d’Oran, Noureddine Djellouli, a
été condamné hier, par le tribunal correctionnel de Oued-Tlélat, à
un an de prison avec sursis, assorti d’une amende de 10 000 dinars
alors que le procureur de la République avait requis 5 ans de prison
ferme assortis d’une amende de 100 millions de centimes. Quant aux
autres mis en cause dans la même affaire, un employé communal et son
épouse, ils ont écopé de 6 mois de prison avec sursis et à une
amende de 1 000 dinars.
L’affaire a
défrayé la chronique au début de l’année 2004, suite à une plainte
déposée par la wilaya d’Oran. Le président de l’APC d’alors,
Noureddine Djellouli, que d’aucuns considéraient comme un proche de
Ali Benflis, a été arrêté le
9 février et placé
sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur près le tribunal
de Oued Tlélat. Il est ainsi resté en prison pendant une vingtaine
de jours avant d’être mis sous contrôle judiciaire.
Pour revenir au
procès, il y a lieu de souligner que l’expert a estimé le préjudice
porté à la commune à plusieurs millions de centimes.
Il a été reproché,
en effet, à l’ex-maire d’Oran d’avoir engagé 600 millions de
centimes dans des travaux d’aménagement de la villa appartenant à la
commune, située à Canastel, et d’avoir régularisé les documents
concernant le désistement d’un local commercial à une tierce
personne par le locataire qui aurait empoché pour cela
400 millions de
centimes. D’autres affaires ont été également citées, dont celle du
marché d’aménagement de la place Tahtaha de Médina Jdida, projet
concédé à un entrepreneur sans conformité aux règles de passation
des marchés publics. L’expert a même estimé que la concession des
droits d’exploitation de la gare routière des Castors, aux enchères,
a causé à la commune un préjudice financier d’au moins 200 millions
de centimes.
E. Ikram
Haut
Affaire BCIA
Liberté
provisoire pour sept mis en cause
La requête de sept
des mis en cause pour bénéficier de la liberté provisoire, présentée
par la défense, a été finalement acceptée par la chambre
d’accusation qui statuait hier sur le dossier en décidant de les
remettre sous contrôle judiciaire. Cette dernière a toutefois rejeté
la demande de Z.F. qui ne s’est constitué prisonnier que quelques
jours avant la date du procès après qu’il ait fait l’objet d’un
mandat d’arrêt lancé contre sa personne après l’ébruitement de
l’affaire. Pour rappel, l’affaire BCIA, qui tient toujours les
curieux en haleine, et ce, depuis octobre 2003, devait être jugée le
6 novembre dernier. Mais l’exiguïté de la salle d’audience du
tribunal criminel de la cour d’Oran, qui ne pouvait contenir les 57
personnes présumées responsables de la dilapidation de 1 320
millions de centimes, accompagnés d’une centaine d’avocats, en plus
de 61 témoins et de nombreux journalistes venus couvrir l’événement,
a poussé le juge, à la demande de la défense, de reporter le
jugement.
E. Ikram
Haut
Mohamed Madani, SG de l’UNJA
«Rendre hommage
à la diplomatie de Boumediene»
L’UNJA rouvre
cette année à Mostaganem, les glorieuses pages de la diplomatie de
l’ère Boumediene, menée alors par le plus jeune et brillant ministre
des Affaires étrangères à l’époque qu’était le diplomate Abdelaziz
Bouteflika. Le colloque qui porte le nom du défunt président
recueille des témoignages inédits de la grande épopée des hommes et
de leurs œuvres avant-gardistes dans l’ombre et projette de la
lumière sur un pan de l’histoire d’une époque pas comme les autres.
L’époque où la diplomatie de l’Algérie a atteint son apogée.
Entretien
réalisé par
Salah Bey
Le Jour
d’Algérie : Pourquoi avez-vous choisi le thème de la diplomatie pour
le colloque Houari Boumediene, alors que le débat actuel porte
surtout sur la stratégie industrielle, les hydrocarbures ou à la
politique de développement rural… ?
Mohamed
Madani : En effet nous avons
opté, après moult réflexions entre membres du bureau national de l’UNJA
pour un retour aux sources à l’âge d’or de la diplomatie algérienne
qui était sous l’impulsion de feu Houari Boumediene et Abdelaziz
Bouteflika, fer de lance de la politique extérieure algérienne,
africaine, arabe et tiers-mondiste. L’époque mérite d’être
revisitée. Nous avons retenu pour cela le slogan «Diplomatie
algérienne : des libertés à l’ère de la mondialisation».
Par nostalgie à
l’Algérie avant-gardiste du Mouvement des pays non-alignés ?
Il faut permettre
aux jeunes d’aujourd’hui de connaître la place et le rôle de
l’Algérie indépendante dans le monde contemporain et permettre à
certains acteurs et autres témoins ayant vécu cette époque 1965-1980
d’éclairer les zones d’ombre du parcours de la diplomatie
algérienne, pilotée par le plus jeune ministre des Affaires
étrangères dans le monde. Nos livres d’histoire ne le disent hélas
pas ! Les jeunes d’aujourd’hui doivent savoir qu’à 29 ans, le
président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avait présidé la
29e session de l’assemblée générale des Nations unies et c’est sous
ses auspices que la représentation du régime de l’apartheid fut
exclue de la Société des nations. C’est grâce à lui que le défunt
président de l’OLP ait pu fouler le sol du palais des congrès de
l’ONU à New York et discourir en lançant son offre de paix des
braves. Encore faut-il rappeler que c’est sous la houlette du duo
Houari Boumediene-Abdelaziz Bouteflika que la cause du peuple
Sahraoui était inscrite aux Nations unies. En Afrique du Sud,
l’apartheid a connu son déclin jusqu’à l’abolition du régime racial.
Les Palestiniens ont aujourd’hui une autorité reconnue et aspirent à
un Etat palestinien indépendant. Le peuple sahraoui mène sa marche
d’autodétermination sous l’égide du Polisario et avance vers
l’autodétermination de la RASD.
Sans oublier au
passage de rappeler que l’Algérie n’a pas lésiné sur les moyens pour
mener à bon terme des médiations entre belligérants. Les Azaouèdes
ont connu la paix après des guerres fratricides, la paix entre
l’Erythrée et l’Ethiopie conclue en Algérie en est une autre preuve
sans omettre les médiations conclues à Alger entre l’Irak et l’Iran,
entre l’Iran et les USA et entre les factions libanaises, pendant 15
ans de guerre civile. L’Algérie a payé parfois cher pour ses prises
de positions. La récente perte des deux diplomates Azzedine Belkadi
et Ali Belaroussi ravis à l’Algérie avant d’etre assassinés en
juillet 2005, est, en ce sens, un exemple édifiant.
Vous dédiez
exclusivement cet hommage au diplomate Abdelaziz Bouteflika et au
défunt Boumediene. Qu’en est-il des autres, notamment les
négociateurs des accords d’Evian ?
Le colloque en
lui-même est un grand hommage à l’homme du redressement d’un pays
meurtri par 132 ans d’occupation et de spoliation de ses richesses,
le président Boumediene. Cette édition se veut un hommage à tous les
hommes de l’ombre qui ont fait bouger le monde et ont fait en sorte
que l’Algérie ait une voix parmi les grands. Il faut reconnaître que
sans être membre du conseil de sécurité ni jouir d’un quelconque
pouvoir de veto, les diplomates algériens, toutes époques
confondues, ont fait en sorte que l’avis de l’Algérie soit écouté,
respecté, voire consulté. Certes, Abdelaziz Bouteflika, circonstance
ou coïncidence obligent, était l’un de ses artisans, mais d’autres
noms, même ceux qui sont venus après, n’ont pas démérité. M. Lakhdar
Brahimi s’est singularisé, lui aussi, par le fait qu’il est devenu
l’architecte de l’accord de Taef avant de s’imposer en homme onusien
des grands dossiers conflictuels de par ses missions spéciales en
Afghanistan et en Irak. Chacun a marqué de son génie l’époque qui
est la sienne. Le président Bouteflika n’a pas perdu un iota de sa
verve diplomatique. Infatigable, il a depuis 1999, soulignons-le,
fait plusieurs fois le tour du monde pour plaider contre l’embargo
international imposé à l’Algérie durant la décennie noire. Et il
continue de prêcher la réconciliation nationale à travers les
tribunes du monde et son omniprésence aux forums internationaux
prônant des partenariats stratégiques et sceller des liens d’amitié.
Quels sont les
autres noms retenus pour ce rendez-vous avec l’histoire ?
La liste peut-être
longue mais non exhaustive. Mais on ne peut oublier MM. Abdelkader
Bouselhem, Lamine Khène, Lakhdar Brahimi, Smaïl Hamdani, Abdelkader
Messahel et éventuellement Taleb El Ibrahimi. Nous ne pouvons
oublier Saâd Dahleb, Krim Belkacem et Mohamed Sedik Benyahia, ainsi
que Ahmed Sahnoun, Abdellah Baâli. Les cadres de l’UNJA, Ahmed Sebaâ
et Kamel Bouchama, entre autres, ne déméritent pas non plus. Comment
ne pas rendre un vibrant hommage au doyen, Ahmed Bedjaoui, primé
dernièrement à Rome pour ses efforts diplomatiques dans le
rapprochement des cultures et des hommes.
Avez-vous
convié le premier concerné, le président Abdelaziz Bouteflika, à ce
colloque?
C’est un grand
honneur qu’il rehausse par sa présence le colloque, mais tout
dépendra de son agenda. Il est l’invité d’honneur de la jeunesse
algérienne et est naturellement le bienvenu. Les 1 500 participants
à ce congrès seront honorés et très contents de le voir parmi eux.
Pourquoi le
choix de Mostaganem pour accueillir ce colloque ?
Le choix n’est pas
délibéré, puisque d’emblée, le colloque continue de visiter toutes
les wilayas du pays. Mais pour celui-ci, parmi les wilayas d’Alger,
Biskra et Mostaganem, c’est les responsables de cette dernière qui
ont apporté la réponse à notre requête pour accueillir cette
édition, d’abord par son caractère paisible et historique, ensuite
parce que Mme Zerhouni, wali de Mostaganem, est la première à avoir
exprimé son accord et sa disponibilité à mettre toutes les
dispositions à même de réussir cette rencontre qui accueillera des
invités de marque d’ici et de l’étranger.
Par exemple ?
La liste n’est pas
définitive. Mais je peux vous citer, entre autres témoins, les
journalistes Paul Balta, Jean Daniel, l’ex-ambassadeur de la
Palestine en Algérie et bien d’autres encore.
Peut-on savoir
pourquoi Madame veuve Boumediene a boudé la dernière édition qui a
eu lieu à Tlemcen ?
Je ne peux
apporter une réponse à votre question pour la simple raison que nous
nous n’avons, jusqu’à l’heure où je vous parle, pas compris le geste
de Madame Boumediene, à laquelle nous vouons respect et sollicitude.
Elle a, pour rappel, bénéficié de quatre billets d’avion
aller-retour et toutes les commodités dignes du rang d’une première
dame du pays. Une villa, une voiture et la garde rapprochée étaient
garanties par l’UNJA. Malgré cela, nous avions été surpris par ce
geste incompréhensible et injustifié, car l’UNJA est une
organisation qui est la digne héritière du legs de feu président
Houari Boumediene qui aimait tant, de son vivant, la jeunesse de son
pays et celle-ci doit beaucoup à cet homme et à sa respectueuse
compagne.
A-t-elle été
invitée cette année ?
Elle est toujours
la bienvenue parmi nous et elle disposera toujours de nos égards et
notre disponibilité afin qu’elle puisse aider la jeunesse à
revisiter cette glorieuse époque.
Pour revenir un
peu à la situation qui prévaut au sein de votre organisation. Il
semble que vous souffrez personnellement de la méfiance de certains
membres du bureau national, n’est-ce pas ?
Contrairement à ce
qui est chuchoté çà et là, nous travaillons en étroite coordination
et veillons à la cohésion à l’intérieur de l’union et la stabilité
organique de l’organisation. Seulement, on ne peut pas plaire à tout
le monde. Notre collègue, secrétaire national à l’organique, déroge
à cette cohésion et s’agite sur injonction de commanditaires
extérieurs à l’UNJA, désormais connus. Et sans motif valable, il
lance des diatribes en s’autoproclamant redresseur pour semer la
zizanie parmi les militants pour s’imposer en usant des colonnes du
journal où il travaille en tant que journaliste et d’où il faxe aux
autres quotidiens nationaux en faisant dans la diffamation une
propagande, sous un pseudonyme. De là à m’accuser de voleur en me
jetant des anathèmes, je ne peux me taire en ce sens.
Vous comptez
l’ester en justice ?
Oui, je l’ai
poursuivi en justice. L’affaire est devenue personnelle dès lors
qu’il me cite nommément dans ses articles qu’il transforme en
communiqués injurieux sans respect de l’éthique. Nous l’avons invité
pour se joindre à nous et exposer tous les problèmes à l’intérieur
des structures de l’UNJA, il a préféré polémiquer par l’injure et
l’invective.
Il doit donc
répondre de ses agissements. Nous avons découvert qu’il use des
mensonges pour me discréditer auprès des membres de l’instance
exécutive du parti auquel nous appartenons et depuis qu’il use des
fax et téléphones pour faire sa sale campagne. Son cas est soumis à
la commission de discipline de l’UNJA qui va trancher incessamment.
L’UNJA détient
un patrimoine non répertorié et des dossiers en suspens, n’est-ce
pas ?
Oui, nous sommes
en train de répertorier et récupérer les locaux de l’UNJA. La
démarche avance lentement mais sérieusement pour assainir le dossier
des biens de l’organisation, appelée à se redéployer et profiter de
ses maisons de jeunes et de ses immeubles. D’autre part, on est en
train de procéder au payement des redevances de l’organisation
auprès des créanciers et enregistrer le tout en habous appartenant à
l’UNJA que nul ne pourra céder, vendre ou détourner dans l’avenir.
S. B.
Haut
Face au manque de couveuses dans les hôpitaux
Généraliser la
«mère kangourou» ?
Si les
instructions sont données depuis juillet dernier pour la
généralisation de la méthode de la «mère kangourou qui consiste à
laisser lié le nouveau né prématuré à sa mère, au lieu de le mètre
en couveuse, les condition de l’application de ce système ne peuvent
pas être réunie dans toutes les structures sanitaires comme le
prétend le ministre de la santé, de la population et de la réforme
hospitalière. Lors d’une rencontre internationale consacrée à la
«méthode de la mère kangourou», organisée hier à Alger, Dr Oulmane,
interrogé, en marge des travaux, a expliqué, comme l’ont fait
plusieurs spécialistes présent à la rencontre ont que les conditions
de l’application du système de la mère kangourou, même si elle reste
moins coûteuse que la couveuse, pose la problématique de la prise en
charge de la maman dans le milieu hospitalier, car souligne-t-on
comment subvenir aux besoins en entretien hygiénique et autres
besoins d’une maman pour une durée de plus de 60 jours dans un
hôpital ?
Le système de la
«mère kangourou», qui est destiné à la prise en charge des nouveaux
nés prématurés sera généralisé dans tous les services de maternité
du territoire national pour remplacer petit à petit le recours à la
couveuse dans ce genre de situation. Actuellement, ce sont 132
hôpitaux et centre hospitaliers qui sont dotés de ce système. Le
recours à cette méthode qui utilisée dans 25 pays du monde est
justifié par le nombre qui reste «énorme» de la mortalité maternelle
à l’accouchement, 96 décès pour 100.000 cas, bien que, explique le
ministre de la population et de la réforme hospitalière lors de son
intervention, «le taux ait baissé par rapport aux années
précédentes». Concernant la mortalité infantile, il s’agit de 11% de
cas pour les 72.000 cas. Le système de la mère kangourou a été
appliqué à l’hôpital Mustapha depuis Avril 2004 sous la surveillance
du professer Djamil Labban, «le résultat a été à 100% satisfaisant»,
dit-on.
Fatima Arab
Haut
Snapap
Le syndicat
français «Solidaire» invité aux débats
Passant au crible
l’action syndicale en Algérie et son état des lieux, le Syndicat
national autonome du personnel de l’administration publique, (SNAPAP),
a invité, dans le cadre du renforcement des relations syndicales
internationales, le Syndicat français (Solidaire) pour des journées
de débats qui commenceront à partir d’aujourd’hui et ce, jusqu’au 30
du mois en cours. A l’occasion, plusieurs syndicats autonomes
prendront part à ces journées durant lesquelles des sujets aussi
riches que variés seront débattues. Citons entre autres, la dernière
journée qui sera consacrée à une conférence de presse. A l’image de
la SATEF, SNTE et le CNES, la ligue algérienne de droit de l’homme (LADDH)
participera à ces journées.
K. B.
Haut
ENQUETE
Distribution du
logement social
Les apc otages
des daïras ?
La distribution du
logement social a toujours provoqué le mécontentement des
populations. A l’origine de nombreuses émeutes, voire de révoltes
qui ont parfois dérapé, le moment crucial de l’affichage de la liste
des bénéficiaires de logements est toujours accompagné de critiques
sévères et parfois d’insultes à l’égard des élus locaux ou de tous
ceux qui étaient à l’origine de la sélection des noms. Le seul
argument donné par les mécontents est que la plupart des noms
affichés ne sont pas tous les véritables ayants droit. Pour mettre
un terme à ces situations, très embarrassantes d’ailleurs, des
modifications ont été apportées sur les textes de loi régissant
l’opération.
Par Nouria
B.
Ainsi, des
changements concernant la procédure de distribution du logement
social, qui est passée de la commission communale à la commission au
niveau de la wilaya déléguée en vertu du décret exécutif n° 04-334
du 24 octobre 2004 modifiant le décret exécutif n° 98-42 du 1er
février 1998, ont été opérés. Ce texte, en plus du fait qu’il réduit
les prérogatives des présidents des Assemblées communales, est censé
donner une plus grande crédibilité à l’opération d’attribution de
logements. Des procédures qui sont encore loin de régler le problème
et la crise du logement social.
Destinés aux
catégories défavorisées, le nombre des demandes de logements sociaux
enregistrées au niveau des communes de la wilaya d’Alger est
nettement supérieur à l’offre.
Ce qui laisse
penser que la situation est difficile à gérer vu les quotas
dérisoires attribués à chacune de ces communes.
Les présidents d’APC,
premiers concernés par ces nouvelles mesures, se retrouvent membres
de la commission de wilaya déléguée après qu’ils étaient présidents
de la commission communale. Interrogés, leur avis sur les
changements opérés et leur rôle dans cette nouvelle démarche
diffèrent d’une commune à l’autre.
«Le P/APC a
signé, donc il assume»
«Nous respectons
les dispositifs de ce nouveau décret et contribuons à son
application. Mais nous rejetons et dénonçons toutes ces rumeurs
relatives au fait que ces décisions ont été prises en raison de
l’incompétence des P/APC. Certes, il y a eu des erreurs de la part
de certains maires mais l’expérience a démontré le contraire dans de
petites communes où l’opération a été un grand succès», nous dira
Mokhtar Bourouina, président de l’APC de sidi M’hamed. «Dans ce
genre de situation, je pense qu’il faut aller au fond des choses.
Les pressions de certains groupes, les manipulations et le manque de
transparence ont fait que l’opération n’a pas atteint ses objectifs
dans certaines communes et on pointe un doigt accusateur sur les
maires qu’on rend responsables directement des mécontentements
causés»,
précisera-t-il.
Sur le rôle du
président de l’APC concernant la gestion de la crise qui survient
juste après l’affichage de la liste, M. Bourouina estime que le P/APC
est tenu de gérer cette crise et d’en assumer les conséquences dans
la mesure où il a cautionné la liste élaborée au niveau de la wilaya
déléguée. «Quand le P/APC n’est pas convaincu que les noms qui
figurent sur la liste n’ouvrent pas droit à ce logement social, il
peut
s’abstenir et
refuser de signer», expliquera-t-il. «Dans le cas contraire, le
premier magistrat de la commune doit assumer sa responsabilité et
participer à la gestion des mécontentements». Les procédures
d’études et d’enquêtes pour la vérification de la situation des
demandeurs n’ont pas changé. Pour cela, des enquêtrices assarmentées
de l’APC, qui travaillent sous l’égide de la wilaya déléguée, se
déplacent sur le terrain pour effectuer ces enquêtes. Dans la
commune de sidi M’hamed, qui a bénéficié de 60 logements sociaux, le
nombre de demandes enregistrées s’élève à 4000. Selon le premier
responsable de la commune, plusieurs réunions de travail ont été
organisées avec la wilaya déléguée pour définir les méthodes de
travail. Les enquêtes de terrain ont été achevées et les dossiers
étudiés. «Nous avons divisé la commune en quatre zones, chaque zone
en plusieurs îlots de façon à déterminer avec précision la densité
de chaque région», expliquera
M. Bourouina.
Cette méthode a permis d’éliminer les familles qui peuvent
bénéficier du logement participatif. «Le relogement des sinistrés,
les habitants du bidonville de Zaâtcha et ceux de la commune qui
vivent dans les caves sont prioritaires pour ce type de logements»,
a-t-il expliqué. «Une fois que les données sont collectées, nous
allons élaborer la liste définitive et procéderons, dans le cas où
cela sera nécessaire, à un tirage au sort pour trancher»,
a-t-il ajouté. Ce
travail préliminaire sur les conditions d’attribution, selon M.
Bourouina, est important avant que siège la commission de la wilaya
déléguée. Le P/APC ne cache pas sa gêne quant à la grande différence
entre les demandes et l’offre qui ne peut, en aucun cas, satisfaire
les citoyens surtout après que la demande qu’il a formulé à l’EPLF
de Boumerdès pour la construction de 100 logements supplémentaires
ait été rejetée. «Parallèlement à cela, le wali d’Alger nous a
encouragés et soutenus pour l’achat d’une assiette pour la
construction de logements de type LSP», expliquera M. Bourouina.
Des quotas très
faibles
A l’est d’Alger,
le nombre de demandeurs de logements sociaux dans la commune de
Réghaïa a atteint 8 000 dossiers mais qui ne répondent pas tous aux
critères demandés pour bénéficier du logement social. «Nous ne
sommes pas contre le décret en question puisque cela concerne et
s’applique à toutes les communes au niveau national», dira
M. Makhloufi,
deuxième vice-président chargé des affaires sociales à Réghaïa. «Un
premier tri pour vérifier l’éligibilité des demandeurs se fait au
niveau de l’APC avant de transférer les dossiers à la wilaya
déléguée pour l’élaboration de la liste», a-t-il expliqué. Selon ses
dires, la commission installée à cet effet a entamé les enquêtes et
le tri depuis une année. Une deuxième enquête, après le transfert
des dossiers, se fait au niveau de la wilaya déléguée. Le tout,
avant de passer à un travail commun entre l’APC et la wilaya
déléguée. Ce travail est en train de se réaliser alors que le quota
de la commune de Réghaïa n’a toujours pas été fixé. «On attend le
feu vert de la wilaya d’Alger», a expliqué
M. Makhloufi, en
précisant qu’un programme de 400 logements sociaux participatifs a
été attribué par la wilaya à cette commune et qu’un bureau d’étude a
été désigné pour réceptionner les dossiers. Concernant l’affichage
de la liste des bénéficiaires de logements sociaux, M. Makhloufi
dira que le lieu de l’affichage n’a pas été encore fixé. «Nous ne
sommes pas du tout inquiets. Le travail se fait par trois
commissions, c’est-à-dire qu’il ne doit pas y avoir des intrus dans
la liste. Nous pouvons faire face au mécontentement des citoyens et
recevoir leurs réclamations en toute tranquillité», estime M.
Makhloufi. Ce qui préoccupe les responsables locaux, par contre,
c’est la faiblesse du quota qui leur sera attribué. «Le nombre de
logements sociaux qui sera décidé pour notre commune va nous aider à
diminuer la crise seulement, car la demande est très importante»,
a-t-il expliqué.
«L’APC n’est
pas responsable»
Au niveau de l’APC
de Bouzaréh, le travail a été accompli mais n’a pas connu un
avancement remarquable et les résultats sont très attendus. En
effet, les services concernés ont remis les dossiers à la wilaya
déléguée juste après la promulgation du décret. «Nous avions reçu 5
400 dossiers que nous avons transférés à la wilaya déléguée de
Bouzaréah en janvier passé», expliquera
M. Djeddir,
président de l’APC de Bouzaréah. La commission a tenu deux ou trois
réunions pour examiner l’avancement du dossier et les enquêtrices
ont achevé leur travail sur le terrain pour vérifier les
renseignements formulés dans les dossiers. Pour M. Djeddir,
l’opération de l’élaboration de la liste des bénéficiaires ne se
fait pas au niveau de l’APC qui n’a «aucune responsabilité à assumer
sur les conséquences et ne peut donner aucune information sur le
l’avancement du travail». Il exprime son inquiétude quant à
l’éventualité de lui consacrer un quota faible comparativement aux
demandes formulées.
Le problème, ce
sont les textes
Pour mieux nous
éclairer, Djamal Hellali, président de l’APC de Hammamet estime que
la grave crise de logement que connaît la commune ne se ressent
qu’au moment de
la distribution. Pour lui, l’ancienne procédure d’établissement de
listes des bénéficiaires au niveau de la commune aurait pu réussir
si les membres de cette commission étaient sélectionnés de façon
objective. Pour lui, «il suffisait juste d’apporter des
modifications à cette procédure, au lieu de la changer
complètement»,
estimera-t-il.
«Ces changements devaient toucher notamment le barème qui est
inéquitable dans la mesure où certains de ces critères privent les
vrais bénéficiaires de décrocher un logement». La commission
installée à cet effet au niveau de la wilaya déléguée agit dans un
cadre réglementaire précis. Sur le poids véritable du président de
l’APC dans la décision que prend cette nouvelle commission, M.
Helali estime que ce dernier a un rôle important dans la mesure où
c’est lui qui peut trancher en cas de problème, de par sa
connaissance de la population. En ce qui concerne le cas de l’APC de
Hammamet, son premier responsable nous apprend que 1 600 demandes
ont été réceptionnées pour un quota de 40 logements attribués à
cette commune. Après leur transfert à la wilaya déléguée de Chéraga,
ces dossiers ont été étudiés, les enquêtes menées sur le terrain, la
commission a siégé plusieurs fois et la liste a été élaborée depuis
plus de six mois. «C’est la wilaya d’Alger qui fixe la date de
l’affichage de la liste. On ne peut pas intervenir sur ce point là»,
a affirmé M.
Helali. «La gestion de la crise et des mécontentements des citoyens
relève du rôle de l’APC et de la circonscription administrative
aussi. On fera le nécessaire pour la réception des recours éventuels
et leur transmission à la wilaya», a-t-il affirmé. Le président de
l’APC a indiqué qu’il convaincu de l’objectivité quant aux noms qui
figurent dans cette liste. «La priorité a été donnée aux familles
qui n’ont jamais bénéficié d’un logement, à celles qui vivent dans
des habitations précaires et celles n’ayant pas de ressources
financières importantes pour pouvoir postuler à une autre formule»,
a-t-il conclu.
«Il n’y a pas
de changement de fond»
3 505 demandes de
logement social ont été recensées à l’APC de Staoueli entre 1994 et
2004. Après le dernier quota de 35 logements attribué à cette APC en
2003 et dont la réalisation a été retardée en raison du séisme,
aucun autre quota n’a été attribué à cette commune. Ceci n’empêche
que les nouvelles procédures sont suivies avec rigueur puisque les
dossiers des demandeurs ont été transmis à la wilaya déléguée de
Zéralda pour faire le nécessaire. «La commission chargée de l’étude
des dossiers est une commission technique composée de représentants
de chaque organisme et secteur concernés. Alors au lieu d’une
commission communale, ça sera
désormais une
commission de daïra qui est plus représentative», dira Saïd Bouifer,
président de l’APC. D’après lui, les changements opérés dans les
procédures sont des changements de forme et non de fond. Ce qui ne
règle pas le problème. «Aucun changement n’a concerné les critères,
le système de notation et de calcul, même les enquêtes sont faites
de la même manière», estime M. Bouifer. Et de préciser que le vrai
problème n’est pas situé au niveau de la constitution de la
commission ou la procédure d’étude, du moment que ses membres sont
tenus de respecter les critères fixés par le décret de 1998. Il se
situe, selon lui, au niveau de l’offre proposée qui est nettement
inférieure à la demande. «A Staoueli, par exemple, sur les 3 505
demandes reçues, il y a au moins
2 000 familles
dont la situation répond aux critères et dont le revenu est
inférieur à 12 000 DA. Que l’étude soit faite à l’APC ou à la daïra
ne change rien, du moment que les membres sont tenus de respecter
les mêmes critères dans les deux cas», a-t-il expliqué. Pour lui,
une solution à cette situation n’est pas en dehors de l’offre. Il
est temps de s’occuper des problèmes de l’occupation de sol et de la
concentration de la population qui ont causé des déséquilibres
énormes. «Il faut trouver de nouvelles formules qui puissent aider
les familles à rejoindre leur région d’origine. Les collectivités
locales doivent se doter de moyens leur permettant de prendre en
charge les véritables problèmes sociaux de leurs administrés»,
a-t-il précisé. Outre le respect des normes en vigueur afin de faire
profiter les familles ouvrant droit au logement social, des
poursuites judiciaires et des sanctions doivent être instaurées à
l’encontre de tous ceux qui ont revendu ou loué leur logement pour
aller dans des bidonvilles. «Les APC doivent disposer d’un fichier
local où sont emmagasinées toutes ces données et l’Etat doit sévir»,
a-t-il expliqué.
Quant à
l’affichage et les recours, M. Bouifer dira que les textes sont
clairs. Le recours est étudié par le wali d’Alger et l’affichage se
fait au siège de l’APC qui est une institution de l’Etat au même
titre que la circonscription administrative.
«Lorsque le
travail se fait dans la transparence et dans le respect de la
réglementation, la colère de la population sera facile à gérer.
Lorsque la liste contient les noms des vrais bénéficiaires, il y a
toujours un moyen de calmer les esprits», expliquera-t-il.
N. B.
Haut
Procédures d’attribution
Ce que prévoit
la loi
Les conditions et
les modalités d’accès aux logements publics locatifs à caractère
social sont régies, depuis deux années, par le décret exécutif n°
04-334 du 10 ramadan 1425 correspondant au 24 octobre 2004 qui est
venu apporter des modifications sur les dispositions du précédent
décret exécutif n° 98-42 du
4 chaoual 1418
correspondant au 1er février 1998.
Outre le fait que
cette nouvelle loi transfère la prérogative de l’attribution du
logement social au chef de daïra et à la commission de la
circonscription administrative, ces nouvelles dispositions
n’apportent pas de changement de fond et
s’abstiennent à
des changements de forme et de simples formalités, préservant ainsi
les modalités et les différentes phases que l’administration doit
suivre pour élaborer la liste des bénéficiaires. L’article n°2 du
présent décret, entré en vigueur il y a deux ans, stipule que le
demandeur de logement à caractère social est tenu de déposer son
dossier au niveau de la wilaya déléguée concernée. Ceci après le
transfert de tous les dossiers au niveau des communes et de la daïra
concernée. Le wali fixe par arrêté, selon l’article 6, les dates de
lancement et de clôture des travaux de la commission de daïra et ce,
dans un délai de quinze jours à compter de la date de réception, de
la part du promoteur immobilier, des dates de la réception du
programme de logement concerné. L’arrêté en question est notifié au
chef de daïra concerné et au directeur de wilaya chargé de
l’habitat. Le chef de daïra constitue, en vertu de l’article 9, une
ou plusieurs brigades d’enquête en vue de procéder à la vérification
des informations portées sur les demandes de logement. Les membres
de ces commissions sont désignés par arrêté du wali, sur proposition
du chef de daïra concerné. L’article 10 fixe les membres de la
commission de daïra chargés de l’étude des demandes de logement et
qui sont : le chef de daïra; le président de l’APC; le représentant
du directeur de wilaya chargé de l’habitat; le représentant du
directeur de wilaya chargé des affaires sociales; le représentant de
l’office de promotion et de gestion immobilière (OPGI); le
représentant de la caisse nationale du logement (CNL). Ces membres
sont désignés par arrêté du wali territorialement compétent.
Les missions de la
commission de daïra sont fixées dans l’article 11 et qui sont de se
prononcer sur le caractère social avéré des demandes sur la base des
résultats des enquêtes effectuées par les brigades d’enquête. La
commission de daïra fixe la liste des attributaires retenus et les
délibérations se font au niveau de son siège. A noter que le lieu de
l’affichage n’a pas été précisé dans le présent décret, ce qui
laisse supposer que l’APC, tel que le stipule l’article 13 du décret
de 1998, reste le lieu indiqué pour l’affichage. La même remarque
est à signaler pour ce qui concerne le délai de l’affichage fixé,
selon le même article 13 du décret exécutif
n° 98-42, 48
heures après les délibérations. Quant à la commission de recours,
elle est composée du wali, président, du président de l’Assemblée
populaire de wilaya, du chef de daïra sur le territoire de laquelle
sont situés les logements à attribuer, du directeur de wilaya chargé
de l’habitat, du directeur de wilaya chargé des affaires sociales,
du directeur général de l’office de promotion et de gestion
immobilière (OPGI), du représentant de la caisse nationale du
logement (CNL). Cette commission peut engager toutes les
vérifications qu’elle juge utiles pour la prise de décisions
définitives devant confirmer ou modifier celles de la commission de
daïra d’attribution au chef de daïra concerné aux fins de prise en
charge et notamment d’affichage durant quarante huit (48) heures au
siège de la commune.
N. B.
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Crise du logement
La solution,
c’est l’offre
En 1995, le Cnes
attirait déjà l’attention des autorités sur le problème du logement
social dans un rapport destiné à cet effet. Ses conclusions restent
d’actualité et rejoignent ce que disent, aujourd’hui, les
responsables impliqués dans les opérations d’attribution : tout le
problème est dans la faiblesse de l’offre, de loin supérieure à la
demande sociale, estimée présentement à 200 000 unités/an. Si dans
les années 1960 et 1970, on accusait la croissance démographique
exceptionnelle d’être la source de tous les maux, les années 1980 et
1990 ont révélé que c’est l’essoufflement de l’outil de production
qui empêchait l’Etat de fournir la réponse nécessaire. Déjà, plus de
la moitié du parc de logements a été construite avant l’Indépendance
et se trouve dans un état de délabrement avancé, d’où la nécessité
d’une prise en charge urgente de la restauration, de la rénovation
et de l’entretien de ce parc, afin d’éviter une dégradation encore
plus rapide entraînant un accroissement de la demande sociale en
logements. Aujourd’hui, le déficit national est de 2 millions de
logements (chiffres officiels, qui ne tiennent pas compte des
personnes désespérées qui n’osent même pas déposer une demande aux
autorités). Jusqu’en 1980, l’Etat est pratiquement le seul promoteur
immobilier. Sur le plan financier il aura consacré 10 milliards de
dinars au logement entre 1962 et 1979, et plus de 71 milliards de
dinars de 1980 à 1989. Cet effort financier caractérisant jusqu’en
1986 une des périodes les plus fastes pour les programmes publics de
logements, n’a pas permis des réalisations à la hauteur des
ambitions affichées ; en effet, le rythme des livraisons n’a pas
dépassé le seuil des
90 000
logements/an seulement. On devine bien que la seule solution, c’est
de réaliser le nombre de logements manquants dans un laps de temps
le plus court possible. Mais est-ce que les conditions sont vraiment
réunies, comme le promet le ministère de l’Habitat, chargé de
concrétiser l’un des plus importants volets du programme
présidentiel consacré à la crise du logement? Beaucoup de
spécialistes et de professionnels du bâtiment en doutent et il faut
alors s’attendre à ce que la tension lors de ces événements,
parfaitement algériens que sont les jours d’affichage des listes des
bénéficiaires, continuent encore à empêcher élus et responsables
locaux de dormir. Et bien sûr à se faire accuser de toutes les
dérives.
Nabil Benali
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