Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Faiblesse

Il y a un peu plus d’un an, la France, sous l’impulsion de la ministre de la Défense de l’époque, Michelle Alliot-Marie, avait décidé de retirer la majorité de ses troupes d’Afghanistan où elle était engagée depuis 2001. Les troupes françaises faisaient alors partie de la coalition menée par l’OTAN pour rétablir la démocratie en Afghanistan et surtout pour chasser les talibans du pouvoir. Mais un an après, la pression des Etats-Unis a dû sembler trop forte au nouveau président français qui a décidé d’envoyer des renforts aux troupes françaises en Afghanistan. Mais en faisant à Londres l’annonce du renforcement de la présence militaire française au Moyen-Orient, Nicolas Sarkozy a créé la polémique au Parlement, encore tenu à l’écart des opérations militaires à l’étranger, et relancé les accusations d’«atlantisme». Car il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy ne s’est jamais caché de vouloir relancer coûte que coûte les relations franco-américaines au point mort depuis le début de la guerre en Irak. Depuis plusieurs mois déjà, les alliés de la France au sein de l’Otan faisaient pression pour l’envoi de renforts en Afghanistan, où sont déjà déployés environ 1 600 militaires français. La décision semblait acquise, restait l’annonce. Cette dernière, c’est le moins que l’on puisse dire, a soulevé un véritable tollé, que le président français a tenté de calmer jeudi en se prononçant pour un débat «sans aucune réserve», avant le sommet de l’Otan qui s’ouvre mercredi à Bucarest. La nouvelle position de la France, à n’en pas douter, réjouira certainement les esprits de l’autre côté de l’Atlantique, mais elle risque de créer un froid en France où ce type d’initiative est très mal vu. Or, Nicolas Sarkozy, au vu des derniers sondages publis concernant sa cote de popularité, ferait bien de porter plus d’attention aux attentes de ses concitoyens sous peine de voir s’instaurer un mur infranchissable entre lui et son peuple.  

F. M.

 

Monde

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Irak

Maliki offre de l’argent aux miliciens, la coalition intervient au Sud

 

 29/03/08

 

Irak

Maliki offre de l’argent aux miliciens, la coalition intervient au Sud

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a proposé hier de l’argent aux miliciens chiites pour qu’ils remettent leurs armes, et des avions de la coalition internationale sont intervenus pour la première fois dans les combats à Bassorah (sud).

L’offre du Premier ministre, valable jusqu’au 8 avril, est intervenue alors que Bagdad était paralysé par une interdiction générale de circuler. Ce couvre-feu, prévu jusqu’à dimanche matin, est censé apaiser les violences entre miliciens de l’Armée du Mahdi du chef radical Moqtada Sadr et troupes régulières, qui ont fait des centaines de victimes à travers le pays. Un porte-parole britannique a annoncé que des avions de la coalition sous commandement américain en Irak avaient bombardé pour la première fois depuis le début des combats à Bassorah le 25 mars des positions de miliciens chiites dans la nuit de jeudi à hier. «Tous ceux qui ont des armes lourdes et moyennes devraient les remettre aux forces de sécurité et recevoir une récompense financière, à partir de hier et jusqu’au 8 avril», a indiqué un communiqué du bureau du Premier ministre. Le 26 mars, M. Maliki avait déjà donné 72 heures aux miliciens pour déposer leurs armes, sous peine d’être poursuivis en justice. Des affrontements entre miliciens chiites et forces régulières à Bassorah (550 km au sud de Bagdad), à Bagdad et dans d’autres villes du pays ont fait au moins 120 tués et des centaines de blessés, en majorité des civils, depuis le 25 mars. A Bassorah, deux missions de bombardements ont été conduites, a précisé à l’AFP le commandement Tom Holloway, contre des groupes de tireurs de roquettes et des concentrations de miliciens chiites. Il s’agit de la première intervention, pour des missions de combat, d’avions de la coalition – qui sont soit américains soit britanniques – depuis que les affrontements ont éclaté dans le grand port pétrolier du sud. Le niveau de la violence a baissé à travers l’Irak, mais les grandes villes ont été placées sous couvre-feu. Hier matin, les rues de Bagdad étaient vides et les magasins fermés, selon des correspondants de l’AFP. Dans le quartier de Sadr City, bastion de l’Armée du Mahdi, des funérailles ont été organisées pour les victimes des affrontements. Hier, au moins cinq policiers ont été tués dans de nouveaux combats à Nassiriyah (350 km au sud de Bagdad), ainsi que deux miliciens et un civil, selon la police. Les troupes gouvernementales ont lancé une opération, le 25 mars à Bassorah, contre ceux qui sont désignés par M. Maliki comme des criminels qui terrorisent les civils. Cette offensive a pris pour cible des bastions de la milice de Moqtada Sadr, l’Armée du Mahdi, dont les représentants ont accusé le gouvernement de chercher à les éliminer. Moqtada Sadr, qui conteste la légitimité du gouvernement Maliki, a appelé à trouver une solution pacifique aux violences. Le président George W. Bush a vu jeudi dans les combats en cours en Irak le signe des progrès accomplis ces derniers mois, qualifiant d’audacieuse la décision de M. Maliki de s’en prendre aux miliciens chiites. Le département d’Etat a appelé les personnels de l’ambassade à renforcer les conditions de sécurité, en restant autant que possible «au sein de structures en dur, sauf pour les déplacements indispensables de mission». Il a accusé des «éléments criminels extrémistes» d’avoir tiré des roquettes et des obus de mortiers contre la «zone verte». L’armée américaine impute ces attaques à des insurgés proches de l’Armée du Mahdi.

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