|
11e
congrès/Entretien à bâtons rompus avec Sidi Saïd, SG de l’UGTA
«C’est facile
de gueuler pour rien»
Entre
l’enfant terrible de la ville des Genêts et le SG sortant de l’UGTA,
il y a des années …lumière. Mais les deux hommes se confondent dans
les idéaux d’un leader syndicaliste qui a su transcender son ego en
optant pour de nouvelles bases d’un syndicalisme tourné vers la
stabilité, la solidarité et la modernité. Un nouveau concept pour
lequel il mène une bataille interne afin de l’inculquer à ses
troupes. Fidèle à des convictions actualisées par rapport à la
dynamique de la globalisation, Abdelmadjid Sidi Saïd fait montre
d’une sérénité et d’une sagesse qui ne cessent d’étonner, à
commencer par son strict entourage. Affranchi dans les départements
des relations extérieures et les conflits sociaux de la Centrale
syndicale, il s’est forgé une nouvelle pratique syndicale de par ses
expériences vécues souvent dans la sueur froide, l’incompréhension,
parfois dans la douleur et les déceptions aussi. Il a acquis une
forte dose de lucidité et de respect pour l’autre, qui l’ont aidé à
concilier l’action et la réflexion au-delà de la verve de
revendication qu’il ne veut pas abandonner tout en pariant sur la
confiance du partenaire à gagner et capitaliser. Il n’est plus cet
homme des manifestations à la criée et aux slogans hostiles. Le
locataire de la Maison du peuple ne croit plus à l’agitation pour
faire valoir les droits syndicaux mais à la concertation et au
dialogue car pour lui, l’anarchie, l’insulte et la violence ne
ramènent plus rien de nos jours. «Le syndicalisme authentique est
une lutte continue et de grande haleine», assura-t-il,
«non pas celui
d’avoir tout à la fois, sinon rien». Sidi Saïd n’est plus celui que
l’auteur de ces lignes a connu dans les années 1990. Le SG de l’UGTA
est l’homme des convictions. Il a réussi à transcender une
transition faite dans la déperdition des mœurs pour plaider un
nouvel ordre syndical en Algérie et dans le monde. Il fascine par
ses idées innovantes dont il ne cesse de convaincre le personnel de
son organisation. S’il succède à lui-même, c’est qu’il a su
s’imposer en meneur non seulement d’hommes, mais d’idées novatrices.
Sidi Saïd veut, à l’occasion du 11e congrès qui s’ouvre aujourd’hui
à El Aurassi, inaugurer l’ère d’une force de proposition et non des
seules revendications. Séduit par le syndicalisme nordique, Sidi
Saïd et son équipe amorcent l’ère de la révolution tranquille…
Interview
réalisée par
Salah bey
Le Jour
d’Algérie : Comment abordez-vous le 11e congrès ?
A. Sidi Saïd :
Sereinement et dans la solidarité. Regardez, je crois que l’affiche
du congrès traduit tout. Elle est très expressive.
Pouvez-vous
nous expliquer un peu ce tissage de couleurs et de symboles ?
C’est le tissage
de solidarité. Donc cette solidarité n’est pas entre deux mains,
elle est entre plusieurs mains, donc elle est collective. Pour faire
face aux défis de la mondialisation. Vous avez plusieurs couleurs,
ensuite tu as des symboles.
Un peu du monde du
travail. Tu as l’arbre qui a la double signification : il symbolise
l’UGTA qui est enraciné dans la société et tu as à côté le salarié
qui tend la main à l’arbre pour cueillir le fruit. C’est le fruit
d’une action collective. C’est la notion qu’il faut adopter
aujourd’hui par rapport à la mondialisation. La société dans sa
globalité et dans ses différentes franges doit intégrer la notion de
solidarité, pas la solidarité minimale dans sa noble appellation
mais la solidarité de la société. A comprendre que pour avancer
aujourd’hui et réussir c’est par la solidarité collective.
C’est votre mot
d’ordre pour le prochain mandat ?
Si vous voulez,
c’est la première image du congrès. Regardez, la solidarité est
encadrée par la stabilité et la modernité. Donc la modernité de la
société, la modernité économique, la modernité sociale, la modernité
du mentale et la solidarité collective réussi dans sa démarche
malgré les contradictions qui sont disputées humblement et sans
violence. C’est-à-dire dans la stabilité. Cette dernière est la
pièce maîtresse. Voilà un peu la signification qu’on donne aux mots.
Ce n’est pas des mots fortuits. Là nous étions pratiquement sur 200
termes à choisir…
Dans les
coulisses, on parle plus de continuité comme mot d’ordre. N’est-ce
pas là le vœu de la direction qui veut dire :«nous y sommes, nous y
restons» ?
Ce n’est pas ça le
pari de la continuité. Au-delà des personnes, il faut donner à la
continuité un contenu. Il faut que nous acceptions ensemble la
société dans toute sa dimension, qu’il y ait aujourd’hui nécessité
absolue que les regards d’agir soient dirigés vers une synergie
collective. Parce qu’ aucun individu ne peut à lui seul faire
facilement ce qu’il veut. Mais quand il y a une vision collective et
dire : le monde n’est plus ce qu’il était auparavant. Le monde
d’aujourd’hui est dominé par le capital, il est dominé par la
puissance et donc il faut avoir une jalousie nationale, identitaire.
Dire nous aussi sommes capables de trouver des ancrages et faire de
notre pays une puissance.
C’est un rêve,
n’est-ce pas ?
C’est un rêve,
d’accord, qui peut se réaliser à condition que chacun de nous
admette qu’il faut aller vers ça. Quel intérêt j’ai aujourd’hui à
insulter, à vitrioler et dégrader la morale collective ? Il faut
toujours s’interroger pour quel objectif nous agissons ainsi. Sinon
celle de satisfaire sa libido mentale. Ça n’avance à rien du tout.
Mais si toi tu m’apportes des critiques objectives dans ma démarche,
dans mon travail parce que je peux faire des erreurs, je peux
m’oublier, je peux aussi blesser sans me rendre compte. Vous pouvez
me dire : sur cette question voilà comment je vois les choses. Et
puis il y a débat…
Justement, l’UGTA
ne cesse d’appeler au dialogue sans associer les autres syndicats.
N’y a-t-il pas là une attitude égoïste envers d’autres partenaires
sur le champ syndical ?
Je crois que nous
sommes prêts à communiquer entre nous. Je crois qu’il faut
s’accepter en tant qu’Algériens d’abord avant d’être syndicalistes
et autres partenaires. Nous sommes ouverts au dialogue et rien que
le dialogue.
Pourquoi
n’évoque-t-on la solidarité que lorsqu’il s’agit des travailleurs et
ne dit-on rien quand il s’agit de mécénat, d’évasion fiscale et j’en
passe ?
C’est un concept
aujourd’hui qui ressort très fort mais pas uniquement chez nous.
C’est pratiquement un leitmotiv au plan international. Parce que par
rapport à cet ordre qui s’appelle néolibéralisme, destructeur par
excellence, la notion de pays ou de nation risque d’être perturbée.
Donc c’est pour ça que je dis que c’est philosophique ce que
j’avance là.
Vous n’avez pas
répondu à ma question…
Ecoutez-moi, j’ai
ma conviction personnelle de la recherche du bien, la recherche
d’aller vers l’autre, de le comprendre, de l’accompagner est un
élément de base de réussite. Ça constitue ce que j’appellerai une
nouvelle culture de la relation. Quand tu schématises à la base la
nation, si dans ta propre petite famille tu ne communiques pas, tu
ne vas pas devant tes parents proches ou lointains, devant ton
épouse et tes enfants, devant ton village, tu t’isoles. Et ton
isolement ne fait qu’accentuer la division. Il faut inverser les
choses. Pourquoi ne pas faire l’effort de positiver même si je suis
dans une totale attitude qui, à certains moments, te décourage.
Mais quand tu travailles, tu réfléchis, tu te dis ici un être
humain, je suis un syndicaliste et mon job de syndicaliste c’est
toujours d’aller vers les travailleurs, d’alléger leurs
préoccupations et leurs souffrances. Leur apporter quelque chose à
chaque fois qu’il est permis. Et c’est pour cela que moi je préfère
remporter des acquis aux travailleurs dans le respect de l’autre,
que le chemin de la violence, du verbiage et de l’agitation ou
m’immiscer dans ce qui me regarde pas. Tous cela ne rapporte hélas
rien du tout actuellement. C’est ma conviction personnelle,
peut-être qu’elle n’est pas partagée.
C’est votre
nouvelle stratégie, Monsieur le SG ?
Et comme je vais
arracher, revendiquer, proposer par le dialogue, qui est une valeur
civilisationnelle, je suis sûr que je ramènerai un minimum pour
celui qui attend ce minimum. La revendication est noble mais il faut
la revendiquer «softement». En fin de compte c’est là l’élément
fondamental. Le syndicat doit mettre dans sa tète : aller négocier,
ce n’est pas le maximalisme. Je peux demander X sommes, je peux dire
c’est noble mais je dois intégrer le rapport de force qu’il faut
capitaliser et nourrir. Il est facile de jeter des pans et des pans
de salariés dans la rue, mais après...
Au-delà de ces
données, quel est le poids réel de l’UGTA, que va-t-il changer ?
Nous avons décliné
l’euphorie triomphale des démonstrations de force et les chiffres
comparatifs à l’appui pour opposer. Aujourd’hui, il s’agit de faire
le bilan de ce qu’on a acquis, des réalisations et de ce qui reste à
réaliser, de faire une lecture analytique des erreurs commises en
parcours. Je peux vous dire que l’UGTA pèse 1 671 000 travailleurs,
mais cela avance à quoi, si ce n’est pas les satisfaire.
L’UGTA
bousculée ne se déploie plus. Vous vous contentez des chiffres
acquis jusque-là. Qu’en est-il du futur ?
Le futur est ce
que tu as fait dans le présent. Le futur d’aujourd’hui, c’est le
regard objectif que tu veux faire de ton action. Et se dire que
maintenant il faut me mettre en position de faire mieux que ce qu’on
a réalisé avant. A travers ce genre d’action on entre dans le
concept d’analyser ce que l’on a fait. Autrement dit, on localise là
où on a été faible. Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’on trace
une trajectoire de long et moyen terme, puisque la trajectoire de
l’action syndicale est continue. Elle est permanente, elle est
quotidienne. Un jour on peut ne pas réussir. Ce n’est pas la fin en
soi. Ça il faut qu’on l’intègre, car je peux aller négocier et
échouer. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas capable. Ça veut
dire aussi peut-être que je n’ai pas utilisé les bons moyens pour
faire aboutir ma revendication. Qu’est-ce que que je peux apporter
aux salariés de façon organisée, de façon structurée, de façon à
gagner les négociations ? L’action syndicale fait que les clefs de
solutions aux problèmes sont chez le partenaire qu’il soit public ou
privé. On a deux choix : à savoir utiliser une approche respectueuse
pour son partenaire. Moi en tant que syndicaliste, je suis mandaté
par les travailleurs. A partir du moment que je suis mandaté, il
faut savoir que je n’irai pas taper sur la table ou faire peur au
patron. D’aucuns me diront que c’est une bonne chose de l’avoir
engueulé mais tu ne nous as rien rapporté. Que vais-je leur
répon-dre ? On va se retrouver dans une situation à laquelle on ne
peut même pas de répondre. Mais si je dis que j’ai ramené 5/10. On
prend les 5 et on retournera ramener après le 6e, puis le 7e, etc.
Le mouvement syndical même sur le plan mondial a changé. On remarque
que les luttes ancestrales du mouvement se sont estompées. Ce n’est
pas par manque de combativité.
Vous avez donc
choisi l’option du dialogue en vous inspirant de quelle école
syndicale au juste ?
C’est parce que la
logique d’aller vers ce partenaire en utilisant le concept de
dialogue peut, à l’encontre de ce que croient certains, être une
option porteuse de fruits, d’acquis. Là, il y a deux tendances, il y
a plusieurs écoles. Il y a une école qui aujourd’hui a donné ses
fruits mais dans le temps on ne pouvait pas le capitaliser ou le
saisir, c’est celle des syndicats nordiques. Ceux-là, à la base
d’une culture de pratiques qu’ils ont bien assises, constituent
aujourd’hui une force sociale où l’on entend très rarement parler de
mouvements de grève. Et vous voyez la situation sociale des pays
nordiques. Donc ces gens-là ont réussi à démontrer en choisissant
leur école, et arriver à améliorer les conditions de vie de leurs
concitoyens. Je ne dis pas ça en donneur de leçons mais c’est ma
conviction le début de mon activité syndicale. Ce n’est pas venu
comme ça, fortuitement, mais après un long parcours. Je suis
convaincu de la démarche car j’ai découvert à ma grande satisfaction
que la culture d’aller vers l’autre m’a permis d’avoir une
conception d’action dont le maître-mot est le respect de l’autre. La
technique du dialogue m’a permis de régler pas mal de problèmes. Et
qu’il n’y a pas que les questions d’augmentation salariale, il y a
les conflits de tous les jours tels les problèmes individuels,
conflits collectifs et autres décisions de justice. C’est la
pratique d’aller vers l’autre qui commence à donner des résultats.
On a réglé énormément de conflits qui ne se voient pas, entre
syndicalistes et gestionnaires d’une entreprise, qu’elle soit
publique ou privée. L’entreprise nous appartient tous. Même si elle
est privée, elle devient un bien collectif, quoi qu’elles soient
proportionnées, chacun a sa part. Mais mon objectif est qu’en allant
dans cette conception je sauvegarde l’outil de travail, c’est un
élément important puisqu’il s’agit d’aller à la recherche de
travail, de la stabilité du travail, faire augmenter le rendement de
l’entreprise pour que son produit soit partagé. Et quand je joue sur
le dialogue, je gagne.
Paradoxalement,
la force de l’UGTA qui se cherche dans ce nouveau concept s’effrite
; les syndicats autonomes ne vous pardonnent pas vos
tergiversations et avancent sur votre terrain même. Sur le terrain,
l’UGTA a donné sa preuve d’impuissance devant la dynamique des
réajustements structurels qui n’en finissent pas...
Pour répondre
clairement à cette question, il y a un choix à assumer. Ou faire de
l’agitation bruyante sans suite ou suivre une logique qui paye.
L’action syndicale quotidienne est discrète mais elle existe, voire
elle est ancrée au sein de toutes les structures de l’UGTA à
l’échelle nationale. Entre faire du bruit pour prouver que j’existe
ou travailler discrètement, le choix est fait à l’UGTA. C’est facile
de gueuler, de crier pour rien. Il faut aujourd’hui comprendre que
l’élément fondamental de notre action consiste à veiller à ce que le
travailleur puisse être soulagé dans ses conditions de vie et de
travail.
Vous avez parlé
de solidarité dans la société, mais l’on remarque une certaine
animosité envers les syndicats autonomes légaux au même titre que l’UGTA
et qui mènent, en vertu du pluralisme syndical, le même combat que
vous.
Je vous précise
d’abord que moi je n’ai aucun complexe par rapport à cette question.
Je vous donne la preuve qu’en 1990 j’étais alors au département des
affaires sociales et de la législation mandaté par feu Benhamouda
pour participer à la confection des lois sociales. Entre autres,
celle relative à la loi 14/90 concernant le droit syndical. C’est l’UGTA
qui a, à travers ma personne, proposé l’ouverture du champ syndical
(il nous montre le document, ndlr). Seulement ce que je sollicite
c’est la construction d’une synergie de l’action collective. Je
reviens donc à la trame de solidarité. Moi, je n’ai rien à gagner en
criant ou en insultant ses syndicats.
Et comment se
traduit selon vous cette solidarité avec les syndicats autonomes qui
ne demandent qu’à être associés aux pourparlers avec les autres
partenaires ?
Je pense qu’il
faut laisser le temps au temps. Il faut que les gens comprennent que
nous avons la même dynamique ; c’est la recherche du bien-être du
salarié. Je vous le dis en toute sincérité, et c’est pas pour gagner
des gens, quand un syndicat décroche des acquis pour les salariés,
je l’applaudis. C’est pratiquement comme si je les représentais,
puisque la finalité est identique. Donc je m’en félicite tout en
espérant plus. Je renverse les vapeurs. C’est pour cela que je vous
confirme qu’au sein de l’UGTA nous n’avons aucune animosité envers
ces syndicats. Je le dis, je le confirme et je signe.
Ils
revendiquent le statut de partenaire social à part entière et ils se
plaignent de ne pas être associés au dialogue et à la concertation
avec le gouvernement...
Je vous ai
répondu, il faut laisser le temps au temps. Il faut rechercher les
convergences et les compréhensions, c’est pour cela que j’insiste
sur le tissage de la solidarité pour une vision collective afin de
pouvoir redonner de l’oxygène à notre nation. J’en
rêve ! Moi je
préfère rêver de bonnes choses et aller dans le sens de les réaliser
que de me réveiller sur un cauchemar.
C’est rêver
aussi que l’UGTA demeure la locomotive, alors que les syndicats
autonomes vous reprochent le penchant hégémonique de la Centrale
syndicale. Qu’en dites-vous ?
Je n’aime pas le
terme d’hégémonie qui a une connotation impérialiste et en mouvement
syndical il n’y a d’hégémonisme. Mieux encore, le mouvement syndical
recherche à s’unir. A titre d’exemple, il y avait deux organisations
internationales : la CSL et CNT, maintenant elles sont devenues une
seule. Les italiens ont créé une coordination…
Les syndicats
autonomes algériens aussi ont créé la leur. Vous ne croyez pas que
voler avec deux ailes vaut mieux qu’avec une ?
Je pense que non.
Plus on s’éparpille, plus on se fragilise. Le message que j’envoie à
ces organisations : conjuguons ensemble nos efforts. N’entrons pas
dans la violence.
Mais ils
n’adhèrent pas au pacte économique et social qu’ils considèrent une
démarche unilatérale. C’est pour cela qu’il faut à l’UGTA, qui se
trouve drapée dans l’expectative, une coordination qui rééquilibre
le rapport de force qui muselle les voix revendicatives alors que le
processus de libéralisation s’accentue, n’est-ce pas ?
Il n’y a pas
muselage, la voix revendicative existe toujours. Pourquoi ne pas
transformer la voix de revendication en voix de proposition ? Je
crois que l’agitation est un élément négatif. Et c’est là toute la
différence. Tu fais de l’agitation, or tu peux gagner plus par le
canal de propositions. Je vous précise que depuis qu’on est entré
dans la sphère de propositions, celles faites par l’UGTA dans
diffèrents domaines ont été toutes percutantes. Puisque je n’ai
aucune honte à faire appel à des spécialistes et autres experts.
Quand on va négocier, on peut être profane, on n’est pas connaisseur
de tout. En fin de compte, je considère aujourd’hui qu’à l’UGTA ou
ailleurs, il faut asseoir une culture de propositions qui aboutit à
tous les coups.
Vous avez dit
dans un forum, il y a trois ans, que «ce n’est plus le temps de
pleurer sur ce que nous avons perdu mais de penser à d’autres acquis
à venir». Depuis, qu’est-ce qu’a rapporté l’UGTA en dehors des
rattrapages salariaux et le pacte économique et social ?
Maintenant nous
allons donner le bilan de notre travail et les Algériens peuvent en
juger. Et il n’y a pas que le direct (les salaires), mais aussi
l’indirect. Mais si on s’introduit dans le concept de ramener, c’est
que je deviens commerçant. Non, je dis : qu’est-ce que nous avons
acquis pour le travailleur ? Et ma foi, nous avons acquis un
ensemble de choses dans le secteur public, dans la Fonction
publique, au niveau des retraites et même au niveau du privé dans le
cadre des conventions.
C’est un
domaine que vous avez relégué au second plan. Pourtant les rapports
ont tendance à basculer vers le privé ?
C’est la bataille
de demain. En effet, nous nous attelons à nous introduire dans le
secteur privé grandissant. Nous avons une place mais ça reste
insuffisant.
A quel niveau y
êtes-vous représentés ?
En terme de
chiffres, nous tournons autour de 10%. C’est déjà un taux
appréciable. Je crois qu’il faut aller vers ces gens d’autant que
les associations patronales sont disposées à composer avec le
syndicat. Nous allons trouver des ancrages ensemble pour qu’on
puisse avancer au fur et à mesure plus profondément en terme de
structuration au sein de ces entités économiques pour avoir
justement l’outil de dialogue.
Vous souhaitez
être reconduit. Continuez-vous de rêver ou de combattre pour l’idéal
et la culture dont vous êtes convaincu ?
Mon souhait est de
voir mon pays accéder au rang d’une puissance économique, sociale et
industrielle et dans toutes les valeurs qui ont aidé notre nation
soient fructifiées de telle sorte que nous puissions conjuguer tous
ensemble le verbe gagner.
Un message
particulier ?
Chacun de nous a
une part de responsabilité et doit essayer de faire de son mieux
pour faire avancer les choses.
S. B.
Haut
Il ne sert à rien d’effrayer les Algériens
Les alarmistes
des séismes redoublent de férocité
Depuis quelques
mois, des prédicateurs autoproclamés ne cessent de faire part de
l’imminence d’un séisme de forte magnitude, provoquant la panique et
l’affolement au sein des populations, alors qu’au titre des
connaissances actuelles et à moins d’être doté de capacités
extra-sensorielles, rien ne permet de prévenir, dans le temps, la
survenue d’une éventuelle catastrophe naturelle.
Dans une récente
édition, le quotidien Al Khabar, reprenant les conclusions d’une
étude réalisée par des chercheurs japonais présentée au mois de
juillet 2007 à Paris, annonçait sur quatre colonnes à sa une qu’un
séisme de 7,7 sur l’échelle de Richter serait sur le point de
frapper la côte algéroise.
Dans cette étude,
que reprend cet honorable confrère, est délimitée avec une
remarquable précision la zone qui va être le plus affectée par cette
catastrophe, (entre les communes de Aïn Taya à l’est d’Alger et
Zéralda, dans sa partie ouest). Celle-ci, qui aurait été
communiquée aux autorités algériennes, lesquelles se seraient
gardées de l’ébruiter «afin de ne pas alerter la population», va
jusqu’à indiquer, avec une extrême minutie, le nombre d’immeubles
qui vont s’écrouler (453), celui des ponts qui vont être détruits,
(22), de même que les infrastructures, (le port et l’aéroport
desservant la capitale) qui, après avoir subi de considérables
dégâts, seront contraints de cesser leurs activités.
Il y a quelques
semaines, le professeur Loth Bonatéro, un astrophysicien algérien,
se voulant plus précis encore dans ses prédictions, annonçait sans
ciller que la grande métropole algérienne allait être secouée par un
violent tremblement de terre qui, selon lui, devrait se manifester
entre les mois d’avril et mai 2008.
En dehors du fait
que de telles informations auront contribué à plonger dans l’alarme
une population déjà confrontée à de douloureux problèmes
existentiels, et sachant l’immobilisme latent dont sont affectés les
pouvoirs publics en Algérie, on ne voit pas à quoi pourraient servir
de pareilles assertions alarmistes à divers titres ni quelle est la
position que devraient adopter les habitants de la cité pour se
protéger d’un cataclysme.
Un séisme ne
peut pas être situé dans le temps
Il est indéniable
qu’à un moment ou à un autre, la capitale va être affectée par un
tremblement de terre. Cela est déjà arrivé à diverses périodes par
le passé et cela risque de se reproduire à nouveau à n’importe quel
moment, en raison du fait que toute la façade nord du pays est
située au bord d’un longue faille sismique particulièrement active,
serpentant de l’océan Atlantique jusqu’en Asie. De nombreux
sismologues ont avancé la probabilité d’une telle hypothèse mais en
se gardant, toutefois, de la situer dans le temps. Et pour cause, la
prévision des séismes n’est toujours pas considérée comme une
science exacte.
On se rappelle que
quelques jours après le séisme d’El Asnam, l’actuelle ville de Chlef,
qui avait provoqué la mort de quelque 20 000 personnes, l’Algérie
avait reçu la visite du célèbre vulcanologue Haroun Tazieff, disparu
depuis. Accompagné de deux chercheurs grecs, il était venu proposer
aux autorités algériennes de faire l’acquisition d’instruments mis
au point par ces derniers et qui, affirmait-il, pouvaient aider à
prévenir à temps la survenue d’éventuels séismes. Lors d’une
conférence de presse à Alger, ce vulcanologue avait même cru utile
de prévenir que la capitale algérienne allait être violemment
ébranlée par un tremblement de violente intensité au cours d’une
période se situant entre 8 à 200 ans ! Ironie du sort, les
instruments que feu Haroun Tazieff était venu promouvoir en Algérie
révèlent toute leur carence puisqu’ils ne parvinrent pas à prévoir
le séisme qui, survenu le 7 septembre 1999 en Grèce, entraîna la
mort de 143 personnes et fit 60 000 sans-abri. Les chercheurs
chinois qui, de leur côté, croyaient avoir découvert un moyen
infaillible de prévenir la survenue de mouvements sismiques, à
travers notamment l’observation du comportement des animaux de
basse-cour, ont été contraints à leur tour de déchanter. Ils furent
en effet incapables de prévoir le violent cataclysme de 7,8 sur
l’échelle de Richter qui, le 28 juillet 1976, provoqua la mort
soudaine de près de 250 000 personnes dans la province de Shanxi.
Aucune mesure
de prévention pour parer à une catastrophe
Sur la lancée, on
pourrait tout aussi bien évoquer le cas des nom-breux sismologues
américains qui, depuis de très nombreuses années déjà, ne cessent de
guetter et d’interpréter les frémissements venant des profondeurs de
la croûte terrestre tout au long de la faille de San Andréas, située
au large des côtes californiennes.
Ils savent, ils
sont unanimes à affirmer qu’un jour ou l’autre, cette partie des
Etats-Unis va être frappée par un séisme majeur, «the big one», mais
sans cependant s’avancer à annoncer à quel moment cela va
arriver.
Pour en revenir
aux prédictions des chercheurs japonais, il est tout de même curieux
qu’ils n’aient pas su voir venir, même à quelques semaines de
distance, le tremblement de terre dévastateur (de puissance 9,0 sur
l’échelle de Richter), qui s’est produit le 26 décembre 2004 au
large des régions nord de l’Indonésie, et qui a été à l’origine d’un
puissant raz-de-marée qui a balayé de nombreux pays bordant l’océan
Indien, y provoquant près de 200 000 morts. On ne sait pas, non
plus, pourquoi une catastrophe dont les chercheurs japonais
prévoient la survenue à Alger n’affecterait pas les villes de
Barcelone, de Marseille, de Nice ou de Milan, lesquelles,
géographiquement et à l’échelle de la Terre, ne sont, après tout,
pas si éloignées de la faille méditerranéenne marquant la limite des
plaques tectoniques africaine et européenne. S’ils reconnaissent,
tous, leur incapacité à prévoir le moment où un séisme est
susceptible de survenir dans un lieu déterminé, les spécialistes
mondiaux des tremblements de terre sont unanimes, par contre, à
insister sur la nécessité pour les Etats qui, à l’exemple de
l’Algérie, sont situés dans des zones à forte sismicité, à prendre
certaines précautions et mesures vitales. Gouverner, dit-on, c’est
prévoir. A ce propos justement, il est malheureux de constater
qu’après les catastrophes naturelles qui ont endeuillé les régions
d’El Asnam, Aïn Témouchent, Tipaza, Boumerdès et Beni Ourtilène,
pour ne citer que celles-là, les autorités algériennes se soient,
jusqu’à présent, refusé de raser ou de conforter celles parmi les
habitations qui risquent de s’écrouler sous l’effet d’une forte
secousse tellurique.
De nombreux pays
potentiellement menacés par un tel danger, et pour éviter des pertes
en vies humaines et des dégâts matériels importants, ont institué
des mesures de prévention drastiques. Pourquoi pas l’Algérie ?
On pourrait, tout
aussi bien, se demander quelles sont les raisons qui font qu’il
n’existe toujours pas de plan d’organisation des secours, (ORSEC)
qui permettrait d’assister rapidement les victimes de catastrophes
naturelles, ni pourquoi les Algériens ne sont toujours pas informés
des comportements qu’il leur faut adopter lors de la survenue de
bouleversements majeurs ?
Par Ahmed
Mahieddine
Haut
Ahd 54 pose des conditions
Rebaïne premier
candidat à la présidentielle de 2009
Ali Fouzi Rebaïne,
président du parti Ahd 54, a émis hier son intention de se porter
candidat aux prochaines élections présidentielles, «mais avec des
conditions», a-t-il dit à l’issue de la réunion du Conseil national
du parti qui l’a plébiscité pour cette candidature.
Selon M. Rebaïne,
qui a déjà participé aux échéances de 2004, «il y a un minimum de
préalables à respecter» pour «donner un tant soit peu de crédibilité
à cette institution de l’Etat qui est le président de la
République». M. Rebaïne revendique en effet une commission nationale
de surveillance des élections présidentielles «totalement
indépendante». «Nous avons tous vu ce qui s’est passé lors des
élections législatives et lors des communales où la fraude a fait
office». «Un candidat, estime M. Rebaïne, a été dénoncé même par la
commission de Bouchaïr qui a fait état lors des précédentes
législatives de plusieurs cas de fraudes sans que l’administration
ne soit inquiétée».
C’est ce phénomène
qui «accorde peu de crédit aux institutions de l’Etat qui entachera
sans doute les prochaines élections présidentielles», estime
M. Rebaïne, si
l’on n’y remédie pas à temps. «D’ailleurs, a-t-il ajouté, c’est ce
qui explique les forts taux d’abstention aux suffrages précédents».
Le président de Ahd 54 reste toutefois contre les commissions
internationales de par «notre nationalisme», a-t-il expliqué.
Commentant la révision de la Constitution, M. Rebaïne estime que la
consultation du peuple via un référendum est nécessaire. «La voie
parlementaire sera illégale du moment que les législatives étaient
frauduleuses» a-t-il tenu à souligner.
Se disant disposer
d’un programme à même de changer la situation socioéconomique, M.
Rebaïne déplore la situation actuelle. Les différents programmes de
Bouteflika n’ont pas donné leurs fruits, estime-t-il en outre.
M. Rebaïne qui est
ainsi le premier candidat aux prochaines présidentielles doit
maintenant convaincre avec un programme qui est déjà sur le Web. Ahd
54 a eu deux sièges aux dernières législatives, convient-il de
souligner.
Par F. Arab
Haut
Pétrole
«Pas de hausse
de la production en vue» selon Khelil
«A quoi servirait
une augmentation de la production pour satisfaire une demande qui
n’existe pas ?» C’est par cette interrogation qu’a répondu le
ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, à une question
sur une éventuelle augmentation de la production de l’Opep.
Interrogé en marge
des travaux de l’APN, le ministre a écarté toute possibilité
d’augmentation de la production lors de la prochaine réunion du
Forum international de l’énergie qui se tiendra du 20 au 23 avril
prochain à Rome. «Les membres de l’Opep et les pays consommateurs
pourraient se réunir d’une manière informelle à cette rencontre de
Rome et peuvent prendre toutes les décisions nécessaires mais je ne
pense pas qu’il y aura une autre décision que celle qui a été prise
dernièrement» a-t-il affirmé. Pour rappel, l’Opep avait décidé lors
de sa réunion au début de ce mois de maintenir inchangé son niveau
de production. Entre autres raisons qui plaident pour ce maintien du
même niveau de production, M. Khelil a évoqué l’augmentation des
niveaux de stocks de pétrole et de produits pétroliers, les
prévisions annonçant une baisse de la demande de 1,2 million de
barils/jour au deuxième trimestre 2008 et l’impact de la récession
économique américaine sur la demande mondiale en pétrole. Il a
également exclu une éventuelle réunion extraordinaire de l’Opep, en
réaffirmant que l’Organisation se réunira le 9 septembre prochain,
comme prévu dans sa session ordinaire. Par ailleurs, le ministre de
l’Energie et des Mines a été interpellé par les députés sur
plusieurs questions relatives à son secteur tel le retard accusé
dans l’exécution du programme d’électrification rurale dans la
wilaya de Djelfa ainsi que la contribution de Sonatrach dans le
financement du mouvement sportif dans les wilayas du Sud. Sur ce
dernier point, il a rappelé le caractère d’«entreprise citoyenne» de
Sonatrach, et a indiqué qu’elle participe au développement social de
toutes les wilayas du pays. A ce propos, il a affirmé que le montant
des aides qu’elle a octroyé durant les cinq dernières années aux
wilayas du Sud et des Hauts Plateaux a atteint 26 milliards de
dinars. De son côté, le ministre des Transports, Mohamed Maghlaoui,
a été interpellé sur les dispositions prises par son département
pour faire face aux nombreuses difficultés auxquelles sont
confrontés les membres de la communauté nationale à l’étranger au
niveau du port à leur retour au pays, notamment, en période
estivale. Dans sa réponse, le ministre a indiqué que son ministère
«œuvre à réunir les meilleures conditions possibles». Il a par
ailleurs affirmé que l’Algérie dispose d’une offre suffisante
concernant la demande sur le transport maritime qui augmente avec le
retour en été de la communauté nationale établie à l’étranger.
Par Boudjemaâ
M.
Haut
Résorption du chômage
L’emploi des
jeunes face aux fâcheux précédents
Les pouvoirs
publics s’apprêtent à lancer une énième commission à laquelle ils
comptent confier l’épineuse question de l’emploi des jeunes. Faisons
l’économie de parler des innombrables commissions que le pays a eues
à consommer depuis l’indépendance. Y a-t-il un problème «des jeunes»
en Algérie pour qu’on vienne à leur créer une commission ? S’il est
vrai que la jeunesse algérienne a de quoi susciter la culpabilité
chez nos dirigeants en ce sens que c’est par son côté négatif
qu’elle se signale, (suicide, immigration massive vers l’Europe
phénomène harraga, drogue, marché informel etc...) il n’en demeure
pas moins que les problèmes qu’elle soulève renvoient au système
sociopolitique algérien dans sa globalité. En principe, le ministère
dont l’intitulé fait référence à la jeunesse, le département de la
jeunesse et des sports en l’occurrence devrait être «les yeux et les
oreilles» du gouvernement pour cette catégorie de la population. Les
choses étant ce qu’elles sont, le ministère du Travail a donc conçu
un «plan national» pour venir à bout du chômage des jeunes. Le plan
qu’il préconise se résume en la création de nouvelles structures qui
enjambent divers ministères. Dans le langage qu’affectionnent nos
technocrates, cela s’appelle des structures intersectorielles. Elles
sont chargées de coordonner et de suivre sur différents échelons
décentralisés la gestion du marché de l’emploi ainsi que de veiller
au respect de la réglementation en matière d’aides auxquelles
ouvrent droit les jeunes en quête du travail. Notons que ce nouvel
appareillage administratif sera chapeauté par le Chef du
gouvernement. Ces nouvelles dispositions, outre qu’elles proclament
l’échec de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej),
sont révélatrices du constat de carence que les pouvoirs publics ont
pu tirer du dispositif jusqu’ici mis en œuvre quant à l’insertion
des jeunes. Il y a comme une reconnaissance qu’il y a plus un
problème de gestion que de jeunesse en soi. Pour ne prendre que le
cas de l’Ansej, tout le monde connaît les difficultés que rencontre
le jeune promoteur algérien au moment où son projet doit bénéficier
de l’apport financier de la banque. L’intersectorialité peut donc se
justifier par rapport à des opérations dont le succès dépend de
plusieurs intervenants. Cela dit, on aboutit au paradoxe suivant :
alors que les pouvoirs publics reconnaissent que la question de
l’insertion de la jeunesse est une question qu’on ne peut séparer du
cadre plus global ressortant au système de gestion, tout se passe
comme si le problème de la jeunesse constituait un sujet à part qui
mérite une politique spécifique. Ce faisant, on procède ainsi à une
espèce de saucissonnage du projet social auquel on prétend aboutir.
Il y a une politique de la pomme de terre, une politique des jeunes
et peut-être et qui sait dans un proche avenir une politique des
adultes ? Quand on évoque le front social, on ne pense jamais aux
jeunes, comme si la jeunesse ne pourrait être intéressée par le
fonctionnariat, l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, ces
secteurs aujourd’hui secoués par des grèves cycliques et
récurrentes. Une politique des jeunes pourrait-elle ignorer les
adultes ? Une politique des jeunes pourrait-elle ne pas prendre en
compte les revendications salariales de ces différents corps de
métiers que les jeunes devraient un jour investir ? On peut
extrapoler : une politique des jeunes est-elle possible en l’absence
d’une politique du logement ? Une politique des jeunes est-elle
possible quand l’espoir n’est plus permis par le spectacle même de
ces gens censés incarner leur l’avenir, – enseignants et professeurs
d’université – quémandant un salaire digne de leur métier ?
Par Larbi
Graïne
Haut
Oran
Un projet pour
réduire la criminalité de moitié
Réduire de 50% le
nombre des crimes et délits contre les biens et les personnes est le
grand défi qu’envisage le Groupement de Gendarmerie nationale dans
la capitale de l’Ouest.
De notre
envoyée spéciale
Habiba Ghrib
Un projet de
prudence dont les grands axes ont été tracés pour 2007-2008, et dont
l’objectif est «le retour total du sentiment de sécurité chez le
citoyen». C’est ce que nous avons appris auprès du commandant du
Groupement de la wilaya d’Oran que nous avons rencontré jeudi, au
siège du groupement où se déroulait une opération coup-de-poing de
trois jours et qui a ciblé plusieurs quartiers et communes d’Oran.
Ce dernier a tenu à souligner qu’atteindre cet objectif nécessite
une évaluation continue des méthodes et moyens employés dans la
lutte contre la criminalité. Pour sa part, le responsable de
l’information au niveau de la direction général de la Gendarmerie
nationale, le colonel Ayoub, a tenu à préciser «qu’ajouté aux grands
efforts employés sur le terrain par les différentes unités (unités
territoriales, de sécurité routières, sections d’interventions et de
sécurité), les nouvelles mesures de sanctions adoptées par la
justice ont largement aidé à atteindre ses résultats positifs».
Des mesures,
a-t-il ajouté, qui «font en sorte que les mis en cause dans les
crimes et délits d’agressions à l’arme blanche purgent leurs peines,
une fois condamnés, dans les prisons éloignées de leur lieu de
résidence». Ainsi, et pour arguer «les résultats positifs
enregistrés, une étude d’évaluation des interventions réalisées par
les équipes de gendarmerie durant les premiers trimestres 2007 et
2008, a été effectuée». Chose qui a fait ressortir, à titre
d’exemple, une baisse de 45% des crimes et délits contre les biens
et de 30% pour les crimes et délits contre les personnes pour le
premier trimestre 2008, comparativement à la même période de 2007.
«Oran n’est
plus la plaque tournante de la drogue»
C’est en matière
de saisie de drogue que ces résultats sont les plus palpables. Deux
kilos de kif traité ont été saisis lors du 1er trimestre 2008 dans
le cadre de 8 affaires traitées de détention, consommation et
commercialisation de drogues. Cela contre 3,8 kg de résine de
cannabis saisis en 2007 dans le cadre de 70 affaires. La saisie de
psychotropes a diminué considérablement aussi. Les résultats sont
expliqué alors par le fait qu’«Oran n’est plus considérée comme la
plaque tournante du trafic de drogue», a avancé le commandant du
groupement, en ajoutant qu’avec le renforcement du contrôle des
frontières ouest, les trafiquants ont changé de tactique et
d’itinéraire surtout, et ont dévier leur champ d’action vers le sud.
De son côté, le colonel Ayoub a rappelé les dernières saisies de
résine de cannabis à Béchar et les plantations d’opium et de kif de
découvertes à Adrar. Oran, reste par contre le lieu où se vend la
drogue pour la consommation, et non une ville de vente de gros comme
il fut un temps, a renchéri le commandant du groupement.
«Le rapt
d’enfants, une simple rumeur»
Le Groupement de
la gendarmerie d’Oran a par contre enregistré une hausse de 87% dans
les affaires de contrebande lors du 1er trimestre 2008,
comparativement à celui de 2007. Par ailleurs, en matière
d’accidents de la circulation, et avec le renforcement du dispositif
de contrôle, il a été remarqué une baisse positive du nombre
d’accidents sur les grands axes routiers, alors que celui des
accidents survenus sur les chemins de wilaya a augmenté. Concernant
les affaires de rapt d’enfants, le commandant du groupement a été
plus que formel. «Il n’y a pas d’affaires d’enlèvement d’enfants à
Oran. Il ne s’agit que de rumeurs alimentées pour des histoires de
fugues de mineurs sans plus.» Enfin, il est à signaler que le plan
d’action 2007-2008, tracé par le groupement de wilaya d’Oran, tourne
principalement autour de la revalorisation du sentiment de confiance
chez le citoyen et l’amélioration du traitement des affaires, mais
aussi la concentration sur la lutte contre la contrebande.
H. B.
Opération
coup-de-poing
Elle a duré trois
jours (23, 26 et 27 mars). La dernière opération coup-de-poing du
premier trimestre 2008 a été réalisée par la Gendarmerie nationale à
Oran. Une opération qui a touché plusieurs zones, comme Yaghmouracen,
Aïn El Beïda, El Hassi, Hassi Bounif, Arzew, Douar Boudjemaâ, Haï El
Nedjma. Elle a débouché comme nous l’avons constaté à travers nos
visites aux différentes brigades, sur l’arrestation de plusieurs
individus pour port d’armes prohibées, détention de kif traité, de
psychotropes, mais aussi pour trafic et contrebande, comme l’affaire
élucidée à Aïn El Beïda et qui a permis l’interception de plus de 4
400 boîtes de sardines en conserve de provenance étrangère à bord
d’un fourgon J9. La marchandise était camouflée par 4 tonnes de
fèves. La brigade d’El Kerma a traité deux affaires d’immigration
clandestine, où ont été interceptés des ressortissants d’origine
marocaine. Enfin, signalons la saisie de plus de 200 g de kif traité
sous forme de plaquettes par les éléments de la même brigade.
L’opération coup-de-poing a permis aussi d’arrêter plusieurs
individus faisant l’objet de mandat d’amener ou de recherche.
H. T.
Haut
Conjuguer les efforts entre AT et la Gendarmerie nationale
Le vol de
câbles téléphoniques prend de l'ampleur
Si les crimes et
délits contre les biens et les personnes connaissent cette année
une régression appréciable, de sorte que la sécurité revient
progressivement, le phénomène qui demande aujourd’hui un maximum de
vigilance et d’effort et qui touche de près à l’économie nationale
reste celui des vols de câbles téléphoniques. Un fléau qui prend de
l’ampleur et qui pénalise considérablement les clients d’Algérie
Télécom. Elles sont sept affaires en tout à avoir été traitées en ce
premier trimestre 2008 par les services de la Gendarmerie nationale
d’Oran, apprend-on lors de notre visite au siège du groupement de
wilaya. Les saisies de câbles téléphoniques volés ou du cuivre qui
en a été extrait sont assez conséquentes ; on ne peut alors que
deviner les pertes enregistrées par Algérie Télécom. Aussi, et pour
parer à ce fléau, une séance de travail a réuni récemment les
gendarmes et le directeur de wilaya de AT. Laquelle réunion a été
sanctionnée par la décision de conjuguer les efforts de
l’institution et des services de sécurité pour une lutte plus
efficace. Il est alors question de l’installation par AT d’un
dispositif de sécurité de ses réseaux et de ses armoires
téléphoniques. Cela consiste en le placement de systèmes d’alarme
qui se déclencheront automatiquement dans les salles et centres de
contrôle dès que le câble est sectionné. C’est alors que les
services d’AT aviseront aussitôt les éléments de sécurité de
l’endroit exact de l’attaque pour une intervention rapide et
précise. De leur côté, les unités de gendarmerie continueront à
faire preuve de vigilance et de renforcement de leurs tournées de
contrôle, en attendant que se concrétise un tel projet qui demandera
pour sa réalisation à Algérie Télécom une enveloppe financière
conséquente. Revenant aux sept affaires traitées par la Gendarmerie
nationale à Oran et en rapport avec les vols de câbles, il y a lieu
de signaler les trois affaires traitées au mois de janvier dernier
et enregistrées entre X et qui ont permis la saisie de 1 120 mètres
de câbles téléphoniques. Deux autres affaires ont été traitées au
mois de février par les mêmes services et qui ont abouti à
l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt de cinq individus. Les
affaires qui ont eu lieu – la première dans la localité de Gdyel et
la seconde à Haï Nedjma (Chetaibou) à l’est et l’ouest de la ville –
ont abouti à la saisie de 48 kg de cuivre pour la première et 131 kg
pour la seconde. Ce cuivre provenait de la fonte de câbles
téléphoniques volés. Deux autres affaires ont été élucidés au cours
de ce mois de mars, et ont permis alors l’arrestation de 9 personnes
et la saisie pour la première, qui a eu lieu à Messerghine, de 2,5
tonnes de cuivre et pour la seconde qui a eu lieu à El Kerma de 30
quintaux de cuivre. Le commandant du groupement de wilaya a tenu à
préciser que ses unités ont agi pour élucider ses affaires, soit sur
renseignements soit lors de patrouilles de contrôle de routine dans
les zones citées.
H. B.
Haut
Violences à l’égard des femmes
L’Etat doit
s’impliquer
Les participants
aux débats du quotidien El Watan ont plaidé jeudi à Alger pour la
promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes,
soulignant que l’Etat doit assumer un rôle essentiel dans la lutte
contre les violences faites aux femmes.
La sociologue Mme
Dalila Yamaren Djerbal a affirmé lors de ce forum, consacré à «la
condition de la femme à l’épreuve de la hiérarchie des sexes», que
la lutte contre la violence faite aux femmes concerne
prioritairement les femmes, mais passe inéluctablement par l’Etat.
«La violence
contre les femmes est une violation des droits fondamentaux des
femmes à la vie, à la sécurité, à la liberté, à la dignité et à
l’intégrité physique et émotionnelle», a-t-elle ajouté, estimant que
cette violence est un obstacle majeur dans la lutte pour la
citoyenneté. Mme Yamaren a indiqué que la violence contre les femmes
est inscrite dans leur statut social pour leur faire accepter la
subordination par rapport aux hommes et reste le moyen de perpétuer
la discrimination. Relevant que la violence contre les femmes est un
obstacle à la réalisation de l’égalité, du développement durable, de
la paix et de la sécurité, Mme Fatima Oussedik, directrice de
recherche au Centre de recherche en économie appliquée pour le
développement (CREAD) a affirmé, de son côté, que «les violences
faites aux femmes en Algérie sont l’expression d’un ordre
politique».
Mme Oussedik a
indiqué, en outre, que l’univers femmes/hommes en Algérie est «un
univers de tumultes» et que la lutte des femmes en Algérie s’est
organisée autour de l’accès aux droits, regrettant toutefois que les
institutions de l’Etat n’accompagnent pas les mouvements féministes.
«Lorsqu’elles ne disposent plus de la protection de la famille, les
femmes devraient avoir pour protection les institutions de l’Etat,
or elles semblent absentes sur ce terrain parce que précisément
aucune réflexion n’a été engagée dans ce sens», a-t-elle souligné.
Selon Mme Oussedik, l’analyse du fonctionnement des institutions
centrales comme l’école, la famille et la justice devrait permettre
de comprendre ce que les violences contre les femmes révèlent. Pour
sa part, la sociologue, Mme Boutheina Cheriet, s’est intéressée à la
métamorphose de la société algérienne et au code la famille,
soulignant que l’égalité entre hommes et femmes est la condition
nécessaire pour construire une société plus prospère. Elle a estimé
que les femmes continuent d’être sous- représentées dans les
processus de prise de décisions malgré les progrès accomplis.
R N.
Haut
Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|