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11e congrès/Entretien à bâtons rompus avec Sidi Saïd, SG de l’UGTA

«C’est facile de gueuler pour rien»

Il ne sert à rien d’effrayer les Algériens

Les alarmistes des séismes redoublent de férocité

Ahd 54 pose des conditions

Rebaïne premier candidat à la présidentielle de 2009

Pétrole

«Pas de hausse de la production en vue» selon Khelil

Résorption du chômage

L’emploi des jeunes face aux fâcheux précédents

Oran

Un projet pour réduire la criminalité de moitié

Conjuguer les efforts entre AT et la Gendarmerie nationale

Le vol de câbles téléphoniques prend de l'ampleur

Violences à l’égard des femmes

L’Etat doit s’impliquer

 

 29/03/08

 

11e congrès/Entretien à bâtons rompus avec Sidi Saïd, SG de l’UGTA

«C’est facile de gueuler pour rien»

Entre l’enfant terrible de la ville des Genêts et le SG sortant de l’UGTA, il y a des années …lumière. Mais les deux hommes se confondent dans les idéaux d’un leader syndicaliste qui a su transcender son ego en optant pour de nouvelles bases d’un syndicalisme tourné vers la stabilité, la solidarité et la modernité. Un nouveau concept pour lequel il mène une bataille interne afin de l’inculquer à ses troupes. Fidèle à des convictions actualisées par rapport à la dynamique de la globalisation, Abdelmadjid Sidi Saïd fait montre d’une sérénité et d’une sagesse qui ne cessent d’étonner, à commencer par son strict entourage. Affranchi dans les départements des relations extérieures et les conflits sociaux de la Centrale syndicale, il s’est forgé une nouvelle pratique syndicale de par ses expériences vécues souvent dans la sueur froide, l’incompréhension, parfois dans la douleur et les déceptions aussi. Il a acquis une forte dose de lucidité et de respect pour l’autre, qui l’ont aidé à concilier l’action et la réflexion au-delà de la verve de revendication qu’il ne veut pas abandonner tout en pariant sur la confiance du partenaire à gagner et capitaliser. Il n’est plus cet homme des manifestations à la criée et aux slogans hostiles. Le locataire de la Maison du peuple ne croit plus à l’agitation pour faire valoir les droits syndicaux mais à la concertation et au dialogue car pour lui, l’anarchie, l’insulte et la violence ne ramènent plus rien de nos jours. «Le syndicalisme authentique est une lutte continue et de grande haleine», assura-t-il,

«non pas celui d’avoir tout à la fois, sinon rien».  Sidi Saïd n’est plus celui que l’auteur de ces lignes a connu dans les années 1990. Le SG de l’UGTA est l’homme des convictions. Il a réussi à transcender une transition faite dans la déperdition des mœurs pour plaider un nouvel ordre syndical en Algérie et dans le monde. Il fascine par ses idées innovantes dont il ne cesse de convaincre le personnel de son organisation. S’il succède à lui-même, c’est qu’il a su s’imposer en meneur non seulement d’hommes, mais d’idées novatrices. Sidi Saïd veut, à l’occasion du 11e congrès qui s’ouvre aujourd’hui à El Aurassi, inaugurer l’ère d’une force de proposition et non des seules revendications. Séduit par le syndicalisme nordique, Sidi Saïd et son équipe amorcent l’ère de la révolution tranquille…

Interview réalisée par

Salah bey

 

Le Jour d’Algérie : Comment abordez-vous le 11e congrès ?

A. Sidi Saïd : Sereinement et dans la solidarité. Regardez, je crois que l’affiche du congrès traduit tout. Elle est très expressive.

 

Pouvez-vous nous expliquer un peu ce tissage de couleurs et de symboles ?

C’est le tissage de solidarité. Donc cette solidarité n’est pas entre deux mains, elle est entre plusieurs mains, donc elle est collective. Pour faire face aux défis de la mondialisation. Vous avez plusieurs couleurs, ensuite tu as des symboles.

Un peu du monde du travail. Tu as l’arbre qui a la double signification : il symbolise l’UGTA qui est enraciné dans la société et tu as à côté le salarié qui tend la main à l’arbre pour cueillir le fruit. C’est le fruit d’une action collective. C’est la notion qu’il faut adopter aujourd’hui par rapport à la mondialisation. La société dans sa globalité et dans ses différentes franges doit intégrer la notion de solidarité,  pas la solidarité minimale dans sa noble appellation mais la solidarité de la société. A comprendre que pour avancer aujourd’hui et réussir c’est par la solidarité collective.

 

C’est votre mot d’ordre pour le prochain mandat ?

Si vous voulez, c’est la première image du congrès. Regardez, la solidarité est encadrée par la stabilité et la modernité. Donc la modernité de la société, la modernité économique, la modernité sociale, la modernité du mentale et la solidarité collective réussi dans sa démarche malgré les contradictions qui sont disputées humblement et sans violence. C’est-à-dire dans la stabilité. Cette dernière est la pièce maîtresse. Voilà un peu la signification qu’on donne aux mots. Ce n’est pas des mots fortuits. Là nous étions pratiquement sur 200 termes à choisir…

 

Dans les coulisses, on parle plus de continuité comme mot d’ordre. N’est-ce pas là le vœu de la direction qui veut dire :«nous y sommes, nous y restons» ?

Ce n’est pas ça le pari de la continuité. Au-delà des personnes, il faut donner à la continuité un contenu. Il faut que nous acceptions ensemble la société dans toute sa dimension, qu’il y ait aujourd’hui nécessité absolue que les regards d’agir soient dirigés vers une synergie collective. Parce qu’ aucun individu ne peut à lui seul faire facilement ce qu’il veut. Mais quand il y a une vision collective et dire : le monde n’est plus ce qu’il était auparavant. Le monde d’aujourd’hui est dominé par le capital, il est dominé par la puissance et donc il faut avoir une jalousie nationale, identitaire. Dire nous aussi sommes capables de trouver des ancrages et faire de notre pays une puissance.

 

C’est un rêve, n’est-ce pas ?

C’est un rêve, d’accord, qui peut se réaliser à condition que chacun de nous admette qu’il faut aller vers ça. Quel intérêt j’ai aujourd’hui à insulter, à vitrioler et dégrader la morale collective ? Il faut toujours s’interroger pour quel objectif nous agissons ainsi. Sinon celle de satisfaire sa libido mentale. Ça n’avance à rien du tout. Mais si toi tu m’apportes des critiques objectives dans ma démarche, dans mon travail parce que je peux faire des erreurs, je peux m’oublier, je peux aussi blesser sans me rendre compte. Vous pouvez me dire : sur cette question voilà comment je vois les choses. Et puis il y a débat…

 

Justement, l’UGTA ne cesse d’appeler au dialogue sans associer les autres syndicats. N’y a-t-il pas là une attitude égoïste envers d’autres partenaires sur le champ syndical ?

Je crois que nous sommes prêts à communiquer entre nous. Je crois qu’il faut s’accepter en tant qu’Algériens d’abord avant d’être syndicalistes et autres partenaires. Nous sommes ouverts au dialogue et rien que le dialogue.

 

Pourquoi n’évoque-t-on la solidarité que lorsqu’il s’agit des travailleurs et ne dit-on rien quand il s’agit de mécénat, d’évasion fiscale et j’en passe ?

C’est un concept aujourd’hui qui ressort très fort mais pas uniquement chez nous. C’est pratiquement un leitmotiv au plan international. Parce que par rapport à cet ordre qui s’appelle néolibéralisme, destructeur par excellence, la notion de pays ou de nation risque d’être perturbée. Donc c’est pour ça que je dis que c’est philosophique ce que j’avance là.

 

Vous n’avez pas répondu à ma question…

Ecoutez-moi, j’ai ma conviction personnelle de la recherche du bien, la recherche d’aller vers l’autre, de le comprendre, de l’accompagner est un élément de base de réussite. Ça constitue ce que j’appellerai une nouvelle culture de la relation. Quand tu schématises à la base la nation, si dans ta propre petite famille tu ne communiques pas, tu ne vas pas devant tes parents proches ou lointains, devant ton épouse et tes enfants, devant ton village, tu t’isoles. Et ton isolement ne fait qu’accentuer la division. Il faut inverser les choses. Pourquoi ne pas faire l’effort de positiver même si je suis dans une totale attitude qui, à certains moments, te décourage.  Mais quand tu travailles, tu réfléchis, tu te dis ici un être humain, je suis un syndicaliste et mon job de syndicaliste c’est toujours d’aller vers les travailleurs, d’alléger leurs préoccupations et leurs souffrances. Leur apporter quelque chose à chaque fois qu’il est permis. Et c’est pour cela que moi je préfère remporter des acquis aux travailleurs dans le respect de l’autre, que le chemin de la violence, du verbiage et de l’agitation ou m’immiscer dans ce qui me regarde pas. Tous cela ne rapporte hélas rien du tout actuellement. C’est ma conviction personnelle, peut-être qu’elle n’est pas partagée.

 

C’est votre nouvelle stratégie, Monsieur le SG ?

Et comme je vais arracher, revendiquer, proposer par le dialogue, qui est une valeur civilisationnelle, je suis sûr que je ramènerai un minimum pour celui qui attend ce minimum. La revendication est noble mais il faut la revendiquer «softement». En fin de compte c’est là l’élément fondamental. Le syndicat doit mettre dans sa tète : aller négocier, ce n’est pas le maximalisme. Je peux demander X sommes, je peux dire c’est noble mais je dois intégrer le rapport de force qu’il faut capitaliser et nourrir. Il est facile de jeter des pans et des pans de salariés dans la rue, mais après...

 

Au-delà de ces données, quel est le poids réel de l’UGTA, que va-t-il changer ?

Nous avons décliné l’euphorie triomphale des démonstrations de force et les chiffres comparatifs à l’appui pour opposer. Aujourd’hui, il s’agit de faire le bilan de ce qu’on a acquis, des réalisations et de ce qui reste à réaliser, de faire une lecture analytique des erreurs commises en parcours. Je peux vous dire que l’UGTA pèse 1 671 000 travailleurs, mais cela avance à quoi, si ce n’est pas les satisfaire. 

 

L’UGTA bousculée ne se déploie plus. Vous vous contentez des chiffres acquis jusque-là. Qu’en est-il du futur ?

Le futur est ce que tu as fait dans le présent. Le futur d’aujourd’hui, c’est le regard objectif que tu veux faire de ton action. Et se dire que maintenant il faut me mettre en position de faire mieux que ce qu’on a réalisé avant. A travers ce genre d’action on entre dans le concept d’analyser ce que l’on a fait. Autrement dit, on localise là où on a été faible. Ce n’est qu’à partir de ce moment qu’on trace une trajectoire de long et moyen terme, puisque la trajectoire de l’action syndicale est continue. Elle est permanente, elle est quotidienne. Un jour on peut ne pas réussir. Ce n’est pas la fin en soi. Ça il faut qu’on l’intègre, car je peux aller négocier et échouer. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas capable. Ça veut dire aussi peut-être que je n’ai pas utilisé les bons moyens pour faire aboutir ma revendication. Qu’est-ce que que je peux apporter aux salariés de façon organisée, de façon structurée, de façon à gagner les négociations ? L’action syndicale fait que les clefs de solutions aux problèmes sont chez le partenaire qu’il soit public ou privé. On a deux choix : à savoir utiliser une approche respectueuse pour son partenaire. Moi en tant que syndicaliste, je suis mandaté par les travailleurs. A partir du moment que je suis mandaté, il faut savoir que je n’irai pas taper sur la table ou faire peur au patron. D’aucuns me diront que c’est une bonne chose de l’avoir engueulé mais tu ne nous as rien rapporté. Que vais-je leur répon-dre ? On va se retrouver dans une situation à laquelle on ne peut même pas de répondre. Mais si je dis que j’ai ramené 5/10. On prend les 5 et on retournera ramener après le 6e, puis le 7e, etc. Le mouvement syndical même sur le plan mondial a changé. On remarque que les luttes ancestrales du mouvement se sont estompées. Ce n’est pas par manque de combativité.

 

Vous avez donc choisi l’option du dialogue en vous inspirant de quelle école syndicale au juste ?

C’est parce que la logique d’aller vers ce partenaire en utilisant le concept de dialogue peut, à l’encontre de ce que croient certains, être une option porteuse de fruits, d’acquis. Là, il y a deux tendances, il y a plusieurs écoles. Il y a une école qui aujourd’hui a donné ses fruits mais dans le temps on ne pouvait pas le capitaliser ou le saisir, c’est celle des syndicats  nordiques. Ceux-là, à la base d’une culture de pratiques qu’ils ont bien assises, constituent aujourd’hui une force sociale où l’on entend très rarement parler de mouvements de grève. Et vous voyez la situation sociale des pays nordiques. Donc ces gens-là ont réussi à démontrer en choisissant leur école, et arriver à améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens. Je ne dis pas ça en donneur de leçons mais c’est ma conviction  le début de mon activité syndicale. Ce n’est pas venu comme ça, fortuitement, mais après un long parcours. Je suis convaincu de la démarche car j’ai découvert à ma grande satisfaction que la culture d’aller vers l’autre m’a permis d’avoir une conception d’action dont le maître-mot est le respect de l’autre. La technique du dialogue m’a permis de régler pas mal de problèmes. Et qu’il n’y a pas que les questions d’augmentation salariale, il y a les conflits de tous les jours tels les problèmes individuels, conflits collectifs et autres décisions de justice. C’est la pratique d’aller vers l’autre qui commence à donner des résultats. On a réglé énormément de conflits qui ne se voient pas, entre syndicalistes et gestionnaires d’une entreprise, qu’elle soit publique ou privée. L’entreprise nous appartient tous. Même si elle est privée, elle devient un bien collectif, quoi qu’elles soient proportionnées, chacun a sa part. Mais mon objectif est qu’en allant dans cette conception je sauvegarde l’outil de travail, c’est un élément important puisqu’il s’agit d’aller à la recherche de travail, de la stabilité du travail, faire augmenter le rendement de l’entreprise pour que son produit soit partagé. Et quand je joue sur le dialogue, je gagne.

 

Paradoxalement, la force de l’UGTA qui se cherche dans ce nouveau concept s’effrite ;  les syndicats autonomes ne vous pardonnent pas vos tergiversations et avancent sur votre terrain même. Sur le terrain, l’UGTA a donné sa preuve d’impuissance devant la dynamique des réajustements structurels qui n’en finissent pas... 

Pour répondre clairement à cette question, il y a un choix à assumer. Ou faire de l’agitation bruyante sans suite ou suivre une logique qui paye. L’action syndicale quotidienne est discrète mais elle existe, voire elle est ancrée au sein de toutes les structures de l’UGTA à l’échelle nationale. Entre faire du bruit pour prouver que j’existe ou travailler discrètement, le choix est fait à l’UGTA. C’est facile de gueuler, de crier pour rien. Il faut aujourd’hui comprendre que l’élément fondamental de notre action consiste à veiller à ce que le travailleur puisse être soulagé dans ses conditions de vie et de travail.

 

Vous avez parlé de solidarité dans la société, mais l’on remarque une certaine animosité envers les syndicats autonomes légaux au même titre que l’UGTA et qui mènent, en vertu du pluralisme syndical, le même combat que vous. 

Je vous précise d’abord que moi je n’ai aucun complexe par rapport à cette question. Je vous donne la preuve qu’en 1990 j’étais alors au département des affaires sociales et de la législation mandaté par feu Benhamouda pour participer à la confection des lois sociales. Entre autres, celle relative à la loi 14/90 concernant le droit syndical. C’est l’UGTA qui a, à travers ma personne, proposé l’ouverture du champ syndical (il nous montre le document, ndlr). Seulement ce que je sollicite c’est la construction d’une synergie de l’action collective. Je reviens donc à la trame de solidarité. Moi, je n’ai rien à gagner en criant ou en insultant ses syndicats.

 

Et comment se traduit selon vous cette solidarité avec les syndicats autonomes qui ne demandent qu’à être associés aux pourparlers avec les autres partenaires ?

Je pense qu’il faut laisser le temps au temps. Il faut que les gens comprennent que nous avons la même dynamique ; c’est la recherche du bien-être du salarié. Je vous le dis en toute sincérité, et c’est pas pour gagner des gens, quand un syndicat décroche des acquis pour les salariés, je l’applaudis. C’est pratiquement comme si je les représentais, puisque la finalité est identique. Donc je m’en félicite tout en espérant plus. Je renverse les vapeurs. C’est pour cela que je vous confirme qu’au sein de l’UGTA nous n’avons aucune animosité envers ces syndicats. Je le dis, je le confirme et je signe.

 

Ils revendiquent le statut de partenaire social à part entière et ils se plaignent de ne pas être associés au dialogue et à la concertation avec le gouvernement...

Je vous ai répondu, il faut laisser le temps au temps. Il faut rechercher les convergences et les compréhensions, c’est pour cela que j’insiste sur le tissage de la solidarité pour une vision collective afin de pouvoir redonner de l’oxygène à notre nation. J’en

rêve ! Moi je préfère rêver de bonnes choses et aller dans le sens de les réaliser que de me réveiller sur un cauchemar.

 

C’est rêver aussi que l’UGTA demeure la locomotive, alors que les syndicats autonomes vous reprochent le penchant hégémonique de la Centrale syndicale. Qu’en dites-vous ?

Je n’aime pas le terme d’hégémonie qui a une connotation impérialiste et en mouvement syndical il n’y a d’hégémonisme. Mieux encore, le mouvement syndical recherche à s’unir. A titre d’exemple, il y avait deux organisations internationales : la CSL et CNT, maintenant elles sont devenues une seule. Les italiens ont créé une coordination…

 

Les syndicats autonomes algériens aussi ont créé la leur. Vous ne croyez pas que voler avec deux ailes vaut mieux qu’avec une ?

Je pense que non. Plus on s’éparpille, plus on se fragilise. Le message que j’envoie à ces organisations : conjuguons ensemble nos efforts. N’entrons pas dans la violence.

 

Mais ils n’adhèrent pas au pacte économique et social qu’ils considèrent une démarche unilatérale. C’est pour cela qu’il faut à l’UGTA, qui se trouve drapée dans l’expectative,  une coordination qui rééquilibre le rapport de force qui muselle les voix revendicatives alors que le processus de libéralisation s’accentue, n’est-ce pas ?

Il n’y a pas muselage, la voix revendicative existe toujours. Pourquoi ne pas transformer  la voix de revendication en voix de proposition ? Je crois que l’agitation est un élément négatif. Et c’est là toute la différence. Tu fais de l’agitation, or tu peux gagner plus par le canal de propositions. Je vous précise que depuis qu’on est entré dans la sphère de propositions, celles faites par l’UGTA dans diffèrents domaines ont été toutes percutantes. Puisque je n’ai aucune honte à faire appel à des spécialistes et autres experts. Quand on va négocier, on peut être profane, on n’est pas connaisseur de tout. En fin de compte, je considère aujourd’hui qu’à l’UGTA ou ailleurs, il faut asseoir une culture de propositions qui aboutit à tous les coups.

 

Vous avez dit dans un forum, il y a trois ans, que «ce n’est plus le temps de pleurer sur ce que nous avons perdu mais de penser à d’autres acquis à venir». Depuis, qu’est-ce qu’a rapporté l’UGTA en dehors des rattrapages salariaux et le pacte économique et social ?

Maintenant nous allons donner le bilan de notre travail et les Algériens peuvent en juger. Et il n’y a pas que le direct (les salaires), mais aussi l’indirect. Mais si on s’introduit dans le concept de ramener, c’est que je deviens commerçant. Non, je dis : qu’est-ce que nous avons acquis pour le travailleur ? Et ma foi, nous avons acquis un ensemble de choses dans le secteur public, dans la Fonction publique, au niveau des retraites et même au niveau du privé dans le cadre des conventions.

 

C’est un domaine que vous avez relégué au second plan. Pourtant les rapports ont tendance à basculer vers le privé ?

C’est la bataille de demain. En effet, nous nous attelons à nous introduire dans le secteur privé grandissant. Nous avons une place mais ça reste insuffisant.

 

A quel niveau y êtes-vous  représentés ?

En terme de chiffres, nous tournons autour de 10%. C’est déjà un taux appréciable. Je crois qu’il faut aller vers ces gens d’autant que les associations patronales sont disposées à composer avec le syndicat. Nous allons trouver des ancrages ensemble pour qu’on puisse avancer au fur et à mesure plus profondément en terme de structuration au sein de ces entités économiques pour avoir justement l’outil de dialogue.

 

 

Vous souhaitez être reconduit. Continuez-vous de rêver ou de combattre pour l’idéal et la culture dont vous êtes convaincu ?

Mon souhait est de voir mon pays accéder au rang d’une puissance économique, sociale et industrielle et dans toutes les valeurs qui ont aidé notre nation soient fructifiées de telle sorte que nous puissions conjuguer tous ensemble le verbe gagner.

 

Un message particulier ?

Chacun de nous a une part de responsabilité et doit essayer de faire de son mieux pour faire avancer les choses.        

S. B.

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Il ne sert à rien d’effrayer les Algériens

Les alarmistes des séismes redoublent de férocité

Depuis quelques mois, des prédicateurs autoproclamés ne cessent de faire part de l’imminence d’un séisme de forte magnitude, provoquant la panique et l’affolement au sein des populations, alors qu’au titre des connaissances actuelles et à moins d’être doté de capacités extra-sensorielles, rien ne permet de prévenir, dans le temps, la survenue d’une éventuelle catastrophe naturelle.   

Dans une récente édition, le quotidien Al Khabar, reprenant les conclusions d’une étude réalisée par des chercheurs japonais présentée au mois de juillet 2007 à Paris, annonçait sur quatre colonnes à sa une qu’un séisme de 7,7 sur l’échelle de Richter serait sur le point de frapper la côte algéroise.

Dans cette étude, que reprend cet honorable confrère, est délimitée avec une remarquable précision la zone qui va être le plus affectée par cette catastrophe, (entre les communes de Aïn Taya à l’est d’Alger et Zéralda, dans sa partie ouest). Celle-ci,  qui aurait été communiquée aux autorités algériennes, lesquelles se seraient gardées de l’ébruiter «afin de ne pas alerter la population», va jusqu’à indiquer, avec une extrême minutie, le nombre d’immeubles qui vont s’écrouler (453), celui des ponts qui vont être détruits, (22), de même que les infrastructures, (le port et l’aéroport desservant la capitale) qui, après avoir subi de considérables dégâts, seront contraints de cesser leurs activités.

Il y a quelques semaines, le professeur Loth Bonatéro, un astrophysicien algérien, se voulant plus précis encore dans ses prédictions, annonçait sans ciller que la grande métropole algérienne allait être secouée par un violent tremblement de terre qui, selon lui, devrait se manifester entre les mois d’avril et mai 2008. 

En dehors du fait que de telles informations auront contribué à plonger dans l’alarme une population déjà confrontée à de douloureux problèmes existentiels, et sachant l’immobilisme latent dont sont affectés les pouvoirs publics en Algérie, on ne voit pas à quoi pourraient servir de pareilles assertions alarmistes à divers titres ni quelle est la position que devraient adopter les habitants de la cité pour se protéger d’un cataclysme.

Un séisme ne peut pas être situé dans le temps

Il est indéniable qu’à un moment ou à un autre, la capitale va être affectée par un tremblement de terre. Cela est déjà arrivé à diverses périodes par le  passé et cela risque de se reproduire à nouveau à n’importe quel moment, en raison du fait que toute la façade nord du pays est située au bord d’un longue faille sismique particulièrement active, serpentant de l’océan Atlantique jusqu’en Asie. De nombreux sismologues ont avancé la probabilité d’une telle hypothèse mais en se gardant, toutefois, de la situer dans le temps. Et pour cause, la prévision des séismes n’est toujours pas considérée comme une science exacte.

On se rappelle que quelques jours après le séisme d’El Asnam, l’actuelle ville de Chlef, qui avait provoqué la mort de quelque 20 000 personnes, l’Algérie avait reçu la visite du célèbre vulcanologue Haroun Tazieff, disparu depuis. Accompagné de deux chercheurs grecs, il était venu proposer aux autorités algériennes de faire l’acquisition d’instruments mis au point par ces derniers et qui, affirmait-il, pouvaient aider à prévenir à temps la survenue d’éventuels séismes. Lors d’une conférence de presse à Alger, ce vulcanologue avait même cru utile de prévenir que la capitale algérienne allait être violemment ébranlée par un tremblement de violente intensité au cours d’une période se situant entre 8 à 200 ans ! Ironie du sort, les instruments que feu Haroun Tazieff était venu promouvoir en Algérie révèlent toute leur carence puisqu’ils ne parvinrent pas à prévoir le séisme qui, survenu le 7 septembre 1999 en Grèce, entraîna la mort de 143 personnes et fit 60 000 sans-abri. Les chercheurs chinois qui, de leur côté, croyaient avoir découvert un moyen infaillible de prévenir la survenue de mouvements sismiques, à travers notamment l’observation du comportement des animaux de basse-cour, ont été contraints à leur tour de déchanter. Ils furent en effet incapables de prévoir le violent cataclysme de 7,8 sur l’échelle de Richter qui, le 28 juillet 1976, provoqua la mort soudaine de près de 250 000 personnes dans la province de Shanxi.

Aucune mesure de prévention pour parer à une catastrophe

Sur la lancée, on pourrait tout aussi bien évoquer le cas des nom-breux sismologues  américains qui, depuis de très nombreuses années déjà, ne cessent de guetter et d’interpréter les frémissements venant des profondeurs de la croûte terrestre tout au long de la faille de San Andréas, située au large des côtes californiennes.

Ils savent, ils sont unanimes à affirmer qu’un jour ou l’autre, cette partie des Etats-Unis va être frappée par un séisme majeur, «the big one», mais sans cependant s’avancer à annoncer à quel moment cela va arriver.                

Pour en revenir aux prédictions des chercheurs japonais, il est tout de même curieux qu’ils n’aient pas su voir venir, même à quelques semaines de distance, le tremblement de terre dévastateur (de puissance 9,0 sur l’échelle de Richter), qui s’est produit le 26 décembre 2004 au large des régions nord de l’Indonésie, et qui a été à l’origine d’un puissant raz-de-marée qui a balayé de nombreux pays bordant l’océan Indien, y provoquant près de 200 000 morts. On ne sait pas, non plus, pourquoi une catastrophe dont les chercheurs japonais prévoient la survenue à Alger n’affecterait pas les villes de Barcelone, de Marseille, de Nice ou de Milan, lesquelles, géographiquement et à l’échelle de la Terre, ne sont, après tout, pas si éloignées de la faille méditerranéenne marquant la limite des plaques tectoniques africaine et européenne. S’ils reconnaissent, tous, leur incapacité à prévoir le moment où un séisme est susceptible de survenir dans un lieu déterminé, les spécialistes mondiaux des tremblements de terre sont unanimes, par contre, à insister sur la nécessité pour les Etats qui, à l’exemple de l’Algérie, sont situés dans des zones à forte sismicité, à prendre certaines précautions et mesures vitales. Gouverner, dit-on, c’est prévoir. A ce propos justement, il est malheureux de constater qu’après les catastrophes naturelles qui ont endeuillé les régions d’El Asnam, Aïn Témouchent, Tipaza, Boumerdès et Beni Ourtilène, pour ne citer que celles-là, les autorités algériennes se soient, jusqu’à présent, refusé de raser ou de conforter celles parmi les habitations qui risquent de s’écrouler sous l’effet d’une forte secousse tellurique.

De nombreux pays potentiellement menacés par un tel danger, et pour éviter des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants, ont institué des mesures de prévention drastiques. Pourquoi pas l’Algérie ?

On pourrait, tout aussi bien, se demander quelles sont les raisons qui font qu’il n’existe toujours pas de plan d’organisation des secours, (ORSEC) qui permettrait d’assister rapidement les victimes de catastrophes naturelles, ni pourquoi les Algériens ne sont toujours pas informés des comportements qu’il leur faut adopter lors de la survenue de bouleversements majeurs ?        

Par Ahmed Mahieddine

 

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Ahd 54 pose des conditions

Rebaïne premier candidat à la présidentielle de 2009

Ali Fouzi Rebaïne, président du parti Ahd 54, a émis hier son intention de se porter candidat aux prochaines élections présidentielles, «mais avec des conditions», a-t-il dit à l’issue de la réunion du Conseil national du parti qui l’a plébiscité pour cette candidature.

Selon M. Rebaïne, qui a déjà participé aux échéances de 2004, «il y a un minimum de préalables à respecter» pour «donner un tant soit peu de crédibilité à cette institution de l’Etat qui est le président de la République». M. Rebaïne revendique en effet une commission nationale de surveillance des élections présidentielles «totalement indépendante». «Nous avons tous vu ce qui s’est passé lors des élections législatives et lors des communales où la fraude a fait office». «Un candidat, estime M. Rebaïne,  a été dénoncé même par la commission de Bouchaïr qui a fait état lors des précédentes législatives de plusieurs cas de fraudes sans que l’administration ne soit inquiétée».

C’est ce phénomène qui «accorde peu de crédit aux institutions de l’Etat qui entachera sans doute les prochaines élections présidentielles», estime

M. Rebaïne, si l’on n’y remédie pas à temps. «D’ailleurs, a-t-il ajouté, c’est ce qui explique les forts taux d’abstention aux suffrages précédents». Le président de Ahd 54 reste toutefois contre les commissions internationales de par «notre nationalisme», a-t-il expliqué. Commentant la révision de la Constitution, M. Rebaïne estime que la consultation du peuple via un référendum est nécessaire. «La voie parlementaire sera illégale du moment que les législatives étaient frauduleuses» a-t-il tenu à souligner.

Se disant disposer d’un programme à même de changer la situation socioéconomique, M. Rebaïne déplore la situation actuelle. Les différents programmes de Bouteflika n’ont pas donné leurs fruits, estime-t-il en outre.

M. Rebaïne qui est ainsi le premier candidat aux prochaines présidentielles doit maintenant convaincre avec un programme qui est déjà sur le Web. Ahd 54 a eu deux sièges aux dernières législatives, convient-il de souligner.   

Par F. Arab

 

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Pétrole

«Pas de hausse de la production en vue» selon Khelil

«A quoi servirait une augmentation de la production pour satisfaire une demande qui n’existe pas ?» C’est par cette interrogation qu’a répondu le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, à une question sur une éventuelle augmentation de la production de l’Opep.

Interrogé en marge des travaux de l’APN, le ministre a écarté toute possibilité d’augmentation de la production lors de la prochaine réunion du Forum international de l’énergie qui se tiendra du 20 au 23 avril prochain à Rome. «Les membres de l’Opep et les pays consommateurs pourraient se réunir d’une manière informelle à cette rencontre de Rome et peuvent prendre toutes les décisions nécessaires mais je ne pense pas qu’il y aura une autre décision que celle qui a été prise dernièrement» a-t-il affirmé. Pour rappel, l’Opep avait décidé lors de sa réunion au début de ce mois de maintenir inchangé son niveau de production. Entre autres raisons qui plaident pour ce maintien du même niveau de production, M. Khelil a évoqué l’augmentation des niveaux de stocks de pétrole et de produits pétroliers, les prévisions annonçant une baisse de la demande de 1,2 million de barils/jour au deuxième trimestre 2008 et l’impact de la récession économique américaine sur la demande mondiale en pétrole. Il a également exclu une éventuelle réunion extraordinaire de l’Opep, en réaffirmant que l’Organisation se réunira le 9 septembre prochain, comme prévu dans sa session ordinaire. Par ailleurs, le ministre de l’Energie et des Mines a été interpellé par les députés sur plusieurs questions relatives à son secteur tel le retard accusé dans l’exécution du programme d’électrification rurale dans la wilaya de Djelfa ainsi que la contribution de Sonatrach dans le financement du mouvement sportif dans les wilayas du Sud. Sur ce dernier point, il a rappelé le caractère d’«entreprise citoyenne» de Sonatrach, et a indiqué qu’elle participe au développement social de toutes les wilayas du pays. A ce propos, il a affirmé que le montant des aides qu’elle a octroyé durant les cinq dernières années aux wilayas du Sud et des Hauts Plateaux a atteint 26 milliards de dinars. De son côté, le ministre des Transports, Mohamed Maghlaoui, a été interpellé sur les dispositions prises par son département pour faire face aux nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les membres de la communauté nationale à l’étranger au niveau du port à leur retour au pays, notamment, en période estivale. Dans sa réponse, le ministre a indiqué que son ministère «œuvre à réunir les meilleures conditions possibles». Il a par ailleurs affirmé que l’Algérie dispose d’une offre suffisante concernant la demande sur le transport maritime qui augmente avec le retour en été de la communauté nationale établie à l’étranger.

Par Boudjemaâ M.

 

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Résorption du chômage

L’emploi des jeunes face aux fâcheux précédents

Les pouvoirs publics s’apprêtent à lancer une énième commission à laquelle ils comptent confier l’épineuse question de l’emploi des jeunes. Faisons l’économie de parler des innombrables commissions que le pays a eues à consommer depuis l’indépendance. Y a-t-il un problème «des jeunes» en Algérie pour qu’on vienne à leur créer une commission ? S’il est vrai que la jeunesse algérienne a de quoi susciter la culpabilité chez nos dirigeants en ce sens que c’est par son côté négatif qu’elle se signale, (suicide, immigration massive vers l’Europe phénomène harraga, drogue, marché informel etc...) il n’en demeure pas moins que les problèmes qu’elle soulève renvoient au système sociopolitique algérien dans sa globalité. En principe, le ministère dont l’intitulé fait référence à la jeunesse, le département de la jeunesse et des sports en l’occurrence devrait être «les yeux et les oreilles» du gouvernement pour cette catégorie de la population. Les choses étant ce qu’elles sont, le ministère du Travail a donc conçu un «plan national» pour venir à bout du chômage des jeunes. Le plan qu’il préconise se résume en la création de nouvelles structures qui enjambent divers ministères. Dans le langage qu’affectionnent nos technocrates, cela s’appelle des structures intersectorielles. Elles sont chargées de coordonner et de suivre sur différents échelons décentralisés la gestion du marché de l’emploi ainsi que de veiller au respect de la réglementation en matière d’aides auxquelles ouvrent droit les jeunes en quête du travail. Notons que ce nouvel appareillage administratif sera chapeauté par le Chef du gouvernement. Ces nouvelles dispositions, outre qu’elles proclament l’échec de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej), sont révélatrices du constat de carence que les pouvoirs publics ont pu tirer du dispositif jusqu’ici mis en œuvre quant à l’insertion des jeunes. Il y a comme une reconnaissance qu’il y a plus un problème de gestion que de jeunesse en soi. Pour ne prendre que le cas de l’Ansej, tout le monde connaît les difficultés que rencontre le jeune promoteur algérien au moment où son projet doit bénéficier de l’apport financier de la banque. L’intersectorialité peut donc se justifier par rapport à des opérations dont le succès dépend de plusieurs intervenants. Cela dit, on aboutit au paradoxe suivant : alors que les pouvoirs publics reconnaissent que la question de l’insertion de la jeunesse est une question qu’on ne peut séparer du cadre plus global ressortant au système de gestion, tout se passe comme si le problème de la jeunesse constituait un sujet à part qui mérite une politique spécifique. Ce faisant, on procède ainsi à une espèce de saucissonnage du projet social auquel on prétend aboutir. Il y a une politique de la pomme de terre, une politique des jeunes et peut-être et qui sait dans un proche avenir une politique des adultes ? Quand on évoque le front social, on ne pense jamais aux jeunes, comme si la jeunesse ne pourrait être intéressée par le fonctionnariat, l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, ces secteurs aujourd’hui secoués par des grèves cycliques et récurrentes. Une politique des jeunes pourrait-elle ignorer les adultes ? Une politique des jeunes pourrait-elle ne pas prendre en compte les revendications salariales de ces différents corps de métiers que les jeunes devraient un jour investir ? On peut extrapoler : une politique des jeunes est-elle possible en l’absence d’une politique du logement ? Une politique des jeunes est-elle possible quand l’espoir n’est plus permis par le spectacle même de ces gens censés incarner leur l’avenir, – enseignants et professeurs d’université – quémandant un salaire digne de leur métier ?   

Par Larbi Graïne

 

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Oran

Un projet pour réduire la criminalité de moitié

Réduire de 50% le nombre des crimes et délits contre les biens et les personnes est le grand défi qu’envisage le Groupement de Gendarmerie nationale dans la capitale de l’Ouest.

 

De notre envoyée spéciale

Habiba Ghrib

 

Un projet de prudence dont les grands axes ont été tracés pour 2007-2008, et dont l’objectif est «le retour total du sentiment de sécurité chez le citoyen». C’est ce que nous avons appris auprès du commandant du Groupement de la wilaya d’Oran que nous avons rencontré jeudi, au siège du groupement où se déroulait une opération coup-de-poing de trois jours et qui a ciblé plusieurs quartiers et communes d’Oran. Ce dernier a tenu à souligner qu’atteindre cet objectif nécessite une évaluation continue des méthodes et moyens employés dans la lutte contre la criminalité. Pour sa part, le responsable de l’information au niveau de la direction général de la Gendarmerie nationale, le colonel Ayoub, a tenu à préciser «qu’ajouté aux grands efforts employés sur le terrain par les différentes unités (unités territoriales, de sécurité routières, sections d’interventions et de sécurité), les nouvelles mesures de sanctions adoptées par la justice ont largement aidé à atteindre ses résultats positifs».

Des mesures, a-t-il ajouté, qui «font en sorte que les mis en cause dans les crimes et délits d’agressions à l’arme blanche purgent leurs peines, une fois condamnés, dans les prisons éloignées de leur lieu de résidence». Ainsi, et pour arguer «les résultats positifs enregistrés, une étude d’évaluation des interventions réalisées par les équipes de gendarmerie durant les premiers trimestres 2007 et 2008, a été effectuée». Chose qui a fait ressortir, à titre d’exemple, une baisse de 45% des crimes et délits contre les biens et de 30% pour les crimes et délits contre les personnes pour le premier trimestre 2008, comparativement à la même période de 2007.

«Oran n’est plus la plaque tournante de la drogue»

C’est en matière de saisie de drogue que ces résultats sont les plus palpables. Deux kilos de kif traité ont été saisis lors du 1er trimestre 2008 dans le cadre de 8 affaires traitées de détention, consommation et commercialisation de drogues. Cela contre 3,8 kg de résine de cannabis saisis en 2007 dans le cadre de 70 affaires. La saisie de psychotropes a diminué considérablement aussi. Les résultats sont expliqué alors par le fait qu’«Oran n’est plus considérée comme la plaque tournante du trafic de drogue», a avancé le commandant du groupement, en ajoutant qu’avec le renforcement du contrôle des frontières ouest, les trafiquants ont changé de tactique et d’itinéraire surtout, et ont dévier leur champ d’action vers le sud. De son côté, le colonel Ayoub a rappelé les dernières saisies de résine de cannabis  à Béchar et les plantations d’opium et de kif de découvertes à Adrar. Oran, reste par contre le lieu où se vend la drogue pour la consommation, et non une ville de vente de gros comme il fut un temps, a renchéri le commandant du groupement.

«Le rapt d’enfants, une simple rumeur»

Le Groupement de la gendarmerie d’Oran a par contre enregistré une hausse de 87% dans les affaires de contrebande lors du 1er trimestre 2008, comparativement à celui de 2007. Par ailleurs, en matière d’accidents de la circulation, et avec le renforcement du dispositif de contrôle, il a été remarqué une baisse positive du nombre d’accidents sur les grands axes routiers, alors que celui des accidents survenus sur les chemins de wilaya a augmenté. Concernant les affaires de rapt d’enfants, le commandant du groupement a été plus que formel. «Il n’y a pas d’affaires d’enlèvement d’enfants à Oran. Il ne s’agit que de rumeurs alimentées pour des histoires de fugues de mineurs sans plus.» Enfin, il est à signaler que le plan d’action 2007-2008, tracé par le groupement de wilaya d’Oran, tourne principalement autour de la revalorisation du sentiment de confiance chez le citoyen et l’amélioration du traitement des affaires, mais aussi la concentration sur la lutte contre la contrebande.

H. B.

 

Opération coup-de-poing

Elle  a duré trois jours (23, 26 et 27 mars). La dernière opération coup-de-poing du premier trimestre 2008 a été réalisée par la Gendarmerie nationale à Oran. Une opération qui a touché plusieurs zones, comme Yaghmouracen, Aïn El Beïda, El Hassi, Hassi Bounif, Arzew, Douar Boudjemaâ, Haï El Nedjma. Elle a débouché comme nous l’avons constaté à travers nos visites aux différentes brigades, sur l’arrestation de plusieurs individus pour port d’armes prohibées, détention de kif traité, de psychotropes, mais aussi pour trafic et contrebande, comme l’affaire élucidée à Aïn El Beïda et qui a permis l’interception de plus de 4 400  boîtes de sardines en conserve de provenance étrangère à bord d’un fourgon J9. La marchandise était camouflée par 4 tonnes de fèves. La brigade d’El Kerma a traité deux affaires d’immigration clandestine, où ont été interceptés des ressortissants d’origine marocaine. Enfin, signalons la saisie de plus de 200 g de kif traité sous forme de plaquettes par les éléments de la même brigade. L’opération coup-de-poing a permis aussi d’arrêter plusieurs individus faisant l’objet de mandat d’amener ou de recherche.   

H. T.

 

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Conjuguer les efforts entre AT et la Gendarmerie nationale

Le vol de câbles téléphoniques prend de l'ampleur

Si les crimes et délits contre les biens et les personnes connaissent cette  année une régression appréciable, de sorte que la sécurité revient progressivement, le phénomène qui demande aujourd’hui un maximum de vigilance et d’effort et qui touche de près à l’économie nationale reste celui des vols de câbles téléphoniques. Un fléau qui prend de l’ampleur et qui pénalise considérablement les clients d’Algérie Télécom. Elles sont sept affaires en tout à avoir été traitées en ce premier trimestre 2008 par les services de la Gendarmerie nationale d’Oran, apprend-on lors de notre visite au siège du groupement de wilaya. Les saisies de câbles téléphoniques volés ou du cuivre qui en a été extrait sont assez conséquentes ; on ne peut alors que deviner les pertes enregistrées par Algérie Télécom. Aussi, et pour parer à ce fléau, une séance de travail a réuni récemment les gendarmes et le directeur de wilaya de AT. Laquelle réunion a été sanctionnée par la décision de conjuguer les efforts de l’institution et des services de sécurité pour une lutte plus efficace. Il est alors question de l’installation par AT d’un dispositif de sécurité de ses réseaux et de ses armoires téléphoniques. Cela consiste en le placement de systèmes d’alarme qui se déclencheront automatiquement dans les salles et centres de contrôle dès que le câble est sectionné. C’est alors que les services d’AT aviseront aussitôt les éléments de sécurité de l’endroit exact de l’attaque pour une intervention rapide et précise. De leur côté, les unités de gendarmerie continueront à faire preuve de vigilance et de renforcement de leurs tournées de contrôle, en attendant que se concrétise un tel projet qui demandera pour sa réalisation à Algérie Télécom une enveloppe financière conséquente. Revenant aux sept affaires traitées par la Gendarmerie nationale à Oran et en rapport avec les vols de câbles, il y a lieu de signaler les trois affaires traitées au mois de janvier dernier et enregistrées entre X et qui ont permis la saisie de 1 120 mètres de câbles téléphoniques. Deux autres affaires ont été traitées au mois de février par les mêmes services et qui ont abouti à l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt de cinq individus. Les affaires qui ont eu lieu – la première dans la localité de Gdyel et la seconde à Haï Nedjma (Chetaibou) à l’est et l’ouest de la ville – ont abouti à la saisie de 48 kg de cuivre pour la première et 131 kg pour la seconde. Ce cuivre provenait de la fonte de câbles téléphoniques volés. Deux autres affaires ont été élucidés au cours de ce mois de mars, et ont permis alors l’arrestation de 9 personnes et la saisie pour la première, qui a eu lieu à Messerghine, de 2,5 tonnes de cuivre et pour la seconde qui a eu lieu à El Kerma de 30 quintaux de cuivre. Le commandant du groupement de wilaya a tenu à préciser que ses unités ont agi pour élucider ses affaires, soit sur renseignements soit lors de patrouilles de contrôle de routine dans les zones citées.         

H. B.

 

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Violences à l’égard des femmes

L’Etat doit s’impliquer

Les participants aux débats du quotidien El Watan ont plaidé jeudi à Alger pour la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, soulignant que l’Etat doit assumer un rôle essentiel dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

La sociologue Mme Dalila Yamaren Djerbal a affirmé lors de ce forum, consacré à «la condition de la femme à l’épreuve de la hiérarchie des sexes», que la lutte contre la violence faite aux femmes concerne prioritairement les femmes, mais passe inéluctablement par l’Etat.

«La violence contre les femmes est une violation des droits fondamentaux des femmes à la vie, à la sécurité, à la liberté, à la dignité et à l’intégrité physique et émotionnelle», a-t-elle ajouté, estimant que cette violence est un obstacle majeur dans la lutte pour la citoyenneté. Mme Yamaren a indiqué que la violence contre les femmes est inscrite dans leur statut social pour leur faire accepter la subordination par rapport aux hommes et reste le moyen de perpétuer la discrimination. Relevant que la violence contre les femmes est un obstacle à la réalisation de l’égalité, du développement durable, de la paix et de la sécurité, Mme Fatima Oussedik, directrice de recherche au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD) a affirmé, de son côté, que «les violences faites aux femmes en Algérie sont l’expression d’un ordre politique». 

Mme Oussedik a indiqué, en outre, que l’univers femmes/hommes en Algérie est «un univers de tumultes» et que la lutte des femmes en Algérie s’est organisée autour de l’accès aux droits, regrettant toutefois que les institutions de l’Etat n’accompagnent pas les mouvements féministes. «Lorsqu’elles ne disposent plus de la protection de la famille, les femmes devraient avoir pour protection les institutions de l’Etat, or elles semblent absentes sur ce terrain parce que précisément aucune réflexion n’a été engagée dans ce sens», a-t-elle souligné. Selon Mme Oussedik, l’analyse du fonctionnement des institutions centrales comme l’école, la famille et la justice devrait permettre de comprendre ce que les violences contre les femmes révèlent. Pour sa part, la sociologue, Mme Boutheina Cheriet, s’est intéressée à la métamorphose de la société algérienne et au code la famille, soulignant que l’égalité entre hommes et femmes est la condition nécessaire pour construire une société plus prospère. Elle a estimé que les femmes continuent d’être sous- représentées dans les processus de prise de décisions malgré les progrès accomplis.

R N.

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