Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Critique

En France, le climat politique devient de plus en plus lourd et oppressant, accentué par les critiques à l’étranger que suscitent les dernières initiatives du gouvernement à l’égard de la communauté Rom. Des initiatives qui ont fait scandale jusqu’à l’ONU où un nouveau rapport délivré par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies (Cerd) a fortement rappelé Paris à l’ordre en l’incitant à «éviter» les renvois collectifs de Roms ainsi que les «discours politiques discriminatoires» qui participent à alimenter un climat de racisme et de tension. Un rapport extrêmement critique, qui a pour le moins provoqué des réactions très violentes côté français. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a été l’un des premiers à réagir : «Non, nous n’acceptons pas les caricatures. Non, nous n’acceptons pas les amalgames», a-t-il déclaré, lors la conférence annuelle des ambassadeurs de France. Ce rapport «se distingue par son caractère excessif et caricatural et par ses nombreuses erreurs factuelles», a déclaré pour sa part Pierre Lellouche, secrétaire d’État aux Affaires européennes. Toutefois, malgré ces levées de bouclier de la part du gouvernement, les critiques continuent leur train, plus nombreuses par ailleurs à l’étranger qu’en France même. En effet, mis à part le PS et la gauche en générale, le tournant tout sécuritaire et anti-Rom qu’a pris la politique n’est que très légèrement critiqué par les médias de l’Hexagone. Mais de plus en plus la politique axée sur des communautés spécifiques devient sujette à caution. Toutefois, beaucoup d’observateurs pensent que cette nouvelle tournure politique empruntée par Sarkozy et son équipe n’est qu’une tentative désespérée pour rassembler un électorat pour les présidentielles de 2012. Un électorat dévolu habituellement au Front national, qui pour sa part, gagne toujours des points et commence à espérer avoir une véritable représentation au prochain scrutin présidentiel. Mais les critiques internationales qui visent la France peuvent être vraiment préjudiciables pour l’image du pays à travers le monde, car de plus en plus aujourd’hui Nicolas Sarkozy est perçu comme un dirigeant raciste et xénophobe. Or, il y a encore peu de temps le président français semblait avoir l’ambition de briller sur la scène diplomatique internationale, or, avec une réputation de raciste, cela risque de vite tourner  court.         

F. M.

Monde

Retour

Inondations au Pakistan

Exode massif dans le sud

 

 29/08/10

 

Inondations au Pakistan

Exode massif dans le sud

Des centaines de milliers de gens fuyaient hier la montée des eaux de l’Indus dans le sud du Pakistan,

où la crue du fleuve a rompu de nouvelles digues, inondant villes et villages, et déplacé un million de personnes en deux jours.

Depuis le début du mois d’août, «sept millions de personnes ont été déplacées dans la seule province du Sind, dont un million ces deux derniers jours», a déclaré à l’AFP Ghulam Ali Pasha, le directeur des opérations de secours pour cette province. Un mois après le début de la catastrophe, «de nouvelles régions sont inondées et, ces deux derniers jours, nous estimons qu’un million de personnes de plus ont été déplacées» dans le Sind, a indiqué de son côté le Bureau de coordination de l’ONU pour les Affaires humanitaires (Ocha). Thatta, une ville de 300.000 habitants non loin de l’embouchure de l’Indus, a été vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis vendredi, ont constaté des journalistes de l’AFP, après que le fleuve en furie eut ouvert une brèche d’une vingtaine de mètres dans la digue principale. «Nous nous battons pour sauver Thatta et d’autres villes alentour», a expliqué M. Pasha. Les eaux ont commencé à refluer dans le nord et le centre du pays, les plus affectés au début de la catastrophe, mais les pluies torrentielles de mousson qui persistent ont gonflé l’Indus jusqu’à des niveaux critiques près de son embouchure. Depuis une semaine, des milliers de villages et hameaux, et même des villes ont été vidés de leurs habitants dans la basse vallée de l’Indus, une région fertile et très peuplée. «L’Indus a gonflé jusqu’à 40 fois sa taille normale et sa crue culmine pour l’heure dans le district de Thatta», a ajouté le communiqué de l’Ocha, précisant qu’«en termes de surface touchée, le Sind est désormais la province la plus affectée du pays». Par endroits, l’Indus, large d’ordinaire de quelques centaines de mètres, a gonflé jusqu’à 10 km d’une rive à l’autre, ont rapporté des journalistes de l’AFP près de Thatta, où une route traversait un véritable lac d’eau boueuse, engorgée par des milliers de camions, voitures, carrioles tirées par des bœufs et gens en guenilles poussant leurs troupeaux vers les collines plus à l’Ouest. D’autres responsables locaux ont indiqué que les premières inondations ont touché des quartiers périphériques de Thatta hier matin. «Deux autres brèches se sont ouvertes dans les digues qui ceignent la ville, nous tentons de la sauver des eaux», a déclaré à l’AFP Hadi Bakhsh Kalhoro, un haut fonctionnaire de la mairie. «Plus de 2,3 millions de personnes sont sans abri» dans les environs de Thatta, «nous avons besoin de tentes et de nourriture», a supplié

M. Pasha. Avec ces inondations, le Pakistan est confronté pour des mois, voire des années, à la plus grave crise humanitaire de son histoire, avec un cinquième du pays inondé et plus de 17 millions de personnes affectées, selon l’ONU. «Nous travaillons jour et nuit pour secourir des millions d’hommes, femmes et enfants, mais les flots semblent déterminés à submerger nos efforts», a déploré Martin Mogwanja, le chef de l’Ocha pour le Pakistan. Quelque 8 millions de sinistrés, dont environ 5 millions de sans-abri, ont besoin d’une aide d’urgence, estimaient vendredi les Nations unies. Mais le nouvel exode du Sind va sans doute gonfler ces statistiques. Le bilan de 1 600 morts, à peine révisé depuis le 5 août, va aussi considérablement augmenter au fil des découvertes macabres quand les eaux vont se retirer, ont prévenu les autorités.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Haut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception  M.Merkouche