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Les brigades anti-stupéfiants
multiplient leurs descentes
La traque des barons du cannabis
s’amplifie pendant le ramadhan
Depuis plus de cinq ans, l’Algérie
connaît une recrudescence sans précédent des activités des
trafiquants de drogue qui semblent s’intéresser au marché algérien.
Chaque année, une moyenne de 60 tonnes
de drogue est saisie par les services de sécurité. Des quantités de
cannabis transitent par nos frontières ouest et sud-ouest, en
provenance du Maroc. Face à ce danger permanent, les forces de
sécurité ont réussi, au cours de leur lutte contre les trafiquants
de drogue, à mettre la main sur des barons de la drogue, qualifiés
de très actifs et dangereux à la fois. Leur arrestation a permis
également la mise hors d’état de nuire de leurs acolytes. Deux
grands barons de la drogue ont été localisés puis arrêtés par la
police à Alger. Le premier a été arrêté il y a six mois à
Alger-Centre, par la police judiciaire de la division Centre après
une enquête minutieuse. Le second a été arrêté à Birtouta en
compagnie de cinq de ses acolytes, lors d’une souricière
soigneusement tendue par la police judiciaire de la division Ouest.
Ces deux importants coups de filet, réalisés dans le cadre de la
lutte contre le trafic de drogue, ont permis à la police algéroise
d’identifier un troisième baron, actuellement en fuite. La sûreté
d’Alger a déclaré que l’arrestation de ce trafiquant n’est qu’une
question de temps, il suffit de procéder à son identification.
D’intenses recherches sont en cours grâce à la PDA (une sorte de
fichier mobile équipé à chaque point de barrage policier). Pour
rappel, il y a quatre mois la police anti-drogue de la division
Ouest d’Alger avait réussi un important coup de filet en capturant
un grand trafiquant de drogue résidant à Alger, C.M., âgé de 54 ans,
repris de justice et recherché dans le cadre de plusieurs affaires
de drogue à Alger.
L’arrestation de cet important
trafiquant de drogue, spécialisé dans les grandes quantités, a été
opérée à Birtouta, une commune relevant de la wilaya d’Alger, le 23
décembre 2009 après une investigation approfondie menée par la
police judiciaire de la division Ouest de la police d’Alger avec la
collaboration de celle de Tlemcen. Il a été arrêté à bord d’un
véhicule dans lequel se trouvait ses acolytes. Il s’agit de C.K. âgé
de 44 ans, R.K. 25 ans et de C.O. 23 ans, dont un seul est un repris
de justice. Ce coup de filet réalisé par la police a eu lieu
quelques jours après l’arrestation de deux autres personnes faisant
partie du même réseau. Il s’agit de B.Y,. 36 ans et de C.L., 37 ans,
tous deux sont des repris de justice. C’est à partir de leur
arrestation que l’affaire a pu être lancée par la cellule
d’investigations relevant de la police judiciaire de la division
Ouest d’Alger. La sûreté de la wilaya d’Alger a réalisé d’autres
coups de filet spectaculaires dans le cadre de la lutte contre la
drogue et le terrorisme. Malgré cela, les activités de certains
réseaux de drogue se sont intensifiées ces dernières années.
Récemment, la sûreté d’Alger a tiré la sonnette d’alarme lorsque
l’une de ses divisions a mis la main sur un émigré en possession
d’une quantité importante de morphine.
La traque se poursuit au ramadhan
Les résultats réalisés par les services
de sécurité durant ces dernières années sont qualifiés d’excellents
par les observateurs. Toutefois, un regain sans précédent des
activités des trafiquants de drogue a été enregistré depuis le début
du mois sacré. La Gendarmerie nationale et la police déploient tous
les moyens pour faire face à cette recrudescence. A Alger, le 22
août 2010, la brigade de Gendarmerie nationale de Reghaïa a présenté
devant le procureur de la République près le tribunal local, un
dealer interpellé en possession de 30,6 grammes de kif traité. Il a
été placé sous mandat de dépôt. Le 23 août 2010 à minuit, les
gendarmes de la brigade de Menasria, en service de police de la
route à hauteur de l’échangeur de Sidi-Rezine, Commune de Baraki,
ont interpellé quatre (4) personnes circulant à bord d’un véhicule
de marque Peugeot 309, en possession de 200 grammes de kif traité.
L’enquête est en cours. Le 24 août dernier, dans la wilaya de
Biskra, la brigade de Gendarmerie nationale de Tolga a présenté
devant le procureur de la République près le tribunal local trois
(3) dealers interpellés le 22 août 2010 en possession d’un (1) kilo
et 465 grammes de kif traité. Ils ont été placés sous mandat de
dépôt. Le même jour à 17 h45, agissant sur renseignements et en
vertu d’un mandat de perquisition, les gendarmes de la brigade de
Biskra ont interpellé une dame âgée de 43 ans et saisi dans son
domicile, à la cité des 726 logements au chef-lieu de wilaya, 200
grammes de kif traité et quatre vingt sept (87) faux billets de
banque en coupures de 1000 DA. En outre, à 18 heures, les gendarmes
de la même unité ont récupéré, à hauteur du quartier précité, 30
grammes de kif traité jetés par un dealer qui a pris la fuite à leur
vue. Le 23 août dans la wilaya de Souk-Ahras, les gendarmes de la
brigade de Sécurité routière de Sedrata, en service de police de la
route au carrefour formé par la RN n° 81 et le chemin de wilaya n°
02, Commune de Sedrata, ont interpellé une personne qui transportait
à bord d’un fourgon de marque Peugeot J-5, un lot d’articles
scolaires (des tabliers et cartables), d’une valeur de 113 300 DA,
sans registre de commerce ni facture.
Par Sofiane Abi
Haut
Drogue, contrebande et
faux billets
La gendarmerie resserre les mailles
Dans la commune de Baraki, les
gendarmes ont interpellé quatre personnes roulant à bord d’un
véhicule de marque peugeot 309 en possession de 200 grammes de kif
traité. Une enquête a aussitôt été ouverte. La brigade de la
gendarmerie de Tolba a interpellé aux cours de la même semaine trois
autres dealers qu’ils ont aussitôt présentés devant le procureur de
la République territorialement compétent. Les mis en cause ont été
arrêtés en possession de près de deux kilogrammes de résine de
cannabis. Pour ce qui est des éléments de la brigade de la
Gendarmerie nationale de Réghaïa, ils ont arrêté au cours de la même
semaine un dealer en possession d’une bonne quantité de résine de
cannabis. Le même jour, agissant sur renseignement et en vertu d’un
mandat de perquisition, les gendarmes de la brigade de Biskra ont
interpellé, à son domicile, une dame d’une quarantaine d’années avec
près 87 faux billets de 1000 DA. Pour ce qui est des délits portant
atteinte à l’économie nationale, les gendarmes de la sécurité
routière de Sedrata dans la wilaya de Souk Ahras ont interpellé un
individu transportant du matériel et des marchandises scolaires, à
bord d’un fourgon J5, sans registre de commerce et sans aucune
facture. Le procureur de la République de Sedrata a ordonné la mise
en liberté du mis en cause après audition et remise de la
marchandise aux services des domaines de Sedrata, au moment où la
brigade de la gendarmerie de cette commune a entamé une enquête. En
ce qui concerne les affaires de contrebande, les garde-frontières de
Sidi Boudjenan, Boukanoun, El Bouihi, El Djorf, Abdellah et Bab El
Assa à Tlemcen ont récupéré, la semaine dernière, lors d’une
patrouille le long du tracé frontalier, quelque 5 390 litres de
carburant abandonné par des contrebandiers. Dans la wilaya de
Tébessa et Bourenne Souk Ahras, les douaniers ont récupéré près de
400 litres de carburant ainsi que 5 ballots de friperie abandonnés
par des contrebandiers de la région. Pour ce qui est des crimes
relatifs à la sécurité publique, la brigade de Gendarmerie nationale
de Aïn El Ibel a présenté devant le procureur de la République deux
ressortissants syriens et un citoyen algérien pour forage illicite
de puits. Ils ont été placés sous mandat de dépôt.
Salah Harireche
Haut
Hanoune peine à
convaincre de «la dissolution du Parlement»
Les paradoxes du Parti des travailleurs
Ainsi, Mme Hanoune compte sur la
récolte des signatures (50 000) afin de convaincre le chef de
l’Etat alors que la composante de cette Assemblée qui représente
différentes formations politiques n’adhère pas à cette
«revendication» et même les députés du parti ne sont pas convaincus
et ont choisi de rejoindre d’autres partis politiques.
En tout cas, Hanoune compte adresser
une demande officielle au Président Bouteflika pour la tenue
d’élections législatives anticipées après la dissolution de
l’Assemblée populaire nationale (APN). Ainsi, la cérémonie
d’ouverture du 6e congrès du parti, dont les travaux ont débuté
vendredi dernier à Zéralda, était une occasion pour la SG du PT
d’appeler une nouvelle fois le président de la République à
annoncer la tenue d’élections législatives anticipées pour «une
assemblée constituante souveraine».
Devant le secrétaire général du FLN,
Abdelaziz Belkhadem, dont le parti ne partage pas le souhait du PT
(dissolution de l’APN), Mme Hanoune dira que l’actuel Parlement
«est un prolongement de la période tran-sitoire résultant de la
tragédie nationale», assurant que «le Parlement actuel incarne les
contradictions et le mélange entre l’argent et la politique». Elle
insiste dans le même contexte à la nécessité d’une «séparation entre
la religion et la politique». Ainsi, si on ne décortique pas les
déclarations de la SG du PT, pourrons-nous dire que Hanoune affirme
que la composante du Parlement actuel n’est pas légitime ni non plus
élue puisqu’il était question d’usage de l’argent pour bénéficier
d’un siège à l’APN ? Et quand elle parle de séparation entre la
religion et la politique «est-ce que cela veut dire que Hanoune est
contre la présence des partis islamistes au Parlement, à l’instar de
Nahdha, MSP et El Islah» ?
En outre si Mme Hanoune a des preuves
sur l’usage de l’argent dans les élections législatives, pourquoi
elle ne les présente pas aux autorités concernées? Alors que la
guerre entre la composante de son groupe parlementaire a éclaté à
cause de «l’argent».
Enfin, si le PT ne croit plus au
Parlement actuel, pourquoi est-il toujours présent dans cette
assemblée ? Et pourquoi le Parti des travailleurs ne patiente-t-il
pas jusqu’à 2012, période de l’organisation des élections
législatives ? Des élections pour lesquelles le parti se prépare
déjà.
Il est à rappeler, suite aux
législatives de 2007, que le PT comptait 26 députés. Ce qui était
considéré pour le parti comme une réussite depuis les premières
élections législatives pluralistes en 1997. Et bien que le taux
d’abstention fut très important lors des élections de 2007, le PT
était «content» de siéger à l’APN.
Si on revient à la situation du parti
au sein du Parlement, on peut dire qu’il est en net «recul» à cause
du «nomadisme» qui prend de plus en plus d’ampleur à l’APN. Ainsi,
le parti de Louisa Hanoune compte 13 députés. Cette «hémorragie» est
motivée par les histoires d’argent puisque des députés reprochent à
Hanoune de leur «extirper» une somme importante de leur
rémunération. Il faut savoir que le salaire des députés est versé
directement par l’administration de l’APN au compte du PT qui en
déduit «une dîme» avant de verser le reste au compte de «ces élus du
peuple». En tout cas, ce
«nomadisme» profite au «FLN et au RND»
qui ne ferment pas la porte devant les mécontents de l’attitude de
Hanoune.
D’autre part, le Parti des travailleurs
qui avait la possibilité de participer aux dernières sénatoriales
tenues en décembre 2009 a préféré offrir «ses voix» aux candidats du
parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia (RND). Alors que l’ambition
de tout parti politique est de confirmer sa représentativité à
travers les différentes élections «législatives, municipalité et
présidentielles».
Par ailleurs, la composante actuelle de
l’APN issue des législatives de 2007 est une vraie
«chekchouka» car en dehors du FLN et du
RND qui se renforcent du nomadisme des députés, plusieurs groupes
parlementaires vivent une «crise interne», comme le cas du groupe
parlementaire des indépendants qui a perdu 12 de ses députés et donc
sa composante s’est réduite de 33 députés à 21. Le RCD aussi a vu
le départ de trois députés, Djamel Fardjallah, Tarek Mira et Ali
Brahimi sans oublier le MSP qui a perdu 20 députés sur 51 à cause
du mouvement créé par le rival de Soltani, Abdelmadjid Menasra.
Cependant, ces partis n’ont à aucun moment apporté leur soutien à la
demande du PT (dissolution de l’APN).
Par Nacera Chenafi
Haut
Alors que le nombre de
navires en rade augmente
Toujours pas d’accord entre les dockers
et DPWorld
Le bras de fer opposant la direction
de l'entreprise portuaire Dubai Ports World Djazair (DPW) et le
syndicat de l'entreprise est loin de connaître son épilogue. Le
dialogue entre les deux parties est toujours au point mort. Une
grève au port d'Alger devient ainsi inévitable, vu l'attitude des
travailleurs et de leur employeur.
Jeudi dernier, une réunion entre la
direction générale de DPW et les quelques représentants des
travailleurs n’a pas abouti. Selon une source, le syndicat de
l’entreprise a refusé de signer le procès-verbal de réunion, en
dépit de l’accord de principe donné par l’entreprise afin
d’augmenter le salaire des dockers de 22%.
En effet, le DPW a accepté depuis mardi
dernier de valoriser le salaire des travailleurs à hauteur de 22%,
sans compter la hausse des salaires accordé en 2009. Malgré cela,
l’entreprise émiratie de gestion du terminal à conteneurs du port
d’Alger n’a pas réussi à faire plier les dockers.
Ces derniers estiment, selon la même
source, que l’accord trouvé avec le DPW comporte des points
négatifs, d’où la détermination des dockers à arracher l’ensemble de
leurs droits. En contrepartie de l’augmentation du salaire des
dockers, le DPW à imposer, selon un syndicaliste, certaines
conditions aux travailleurs.
Chose que le syndicat de l’entreprise
n’est pas en mesure d’accepter. «Certes, l’entreprise a accepté le
principe de l’augmentation salariale en dehors même de la convention
de branches.
En contrepartie, notre employeur a
conditionné cette augmentation par la revue à la baisse de
l’effectif, ce qui est synonyme de licenciement de plusieurs
travailleurs. La direction veut réduire le personnel des équipes à
cinq travailleurs par bateau au lieu de six, sans pour autant
réduire le volume horaire de travail», assure un membre syndical.
Sur ce dernier point, les dockers ont refusé le travail en continu
avec le système de roulement, soit environ 40 heures par semaine.
«Depuis que nous avons été transférés de l’Entreprise du port
d’Alger (Epal) à DP World, nous vivons le calvaire !
Nous sommes réduits à l’esclavage dans
notre propre pays!», dit un docker qui affirme que la majorité des
travailleurs veulent retourner à l’Epal. «Lorsque nous étions à l’Epal,
nous percevions chaque année une prime qui pouvait atteindre jusqu’à
80 000 DA. Le DPW veut supprimer cette prime», a-t-il soutenu,
soulignant que la DP world «n’a pas versé, à ce jour, les rappels
des travailleurs». Par ailleurs, le conflit qui oppose les dockers
et leur employeur a un impact négatif sur l’activité portuaire dans
la capitale. Depuis près de trois mois, les activités du terminal à
containers du port d’Alger, géré par DPWA, ont sensiblement chuté.
Le phénomène de navires en rade est de
plus en plus ressenti. «La cadence des travaux était beaucoup plus
élevée avant le déclenchement de ce conflit. De 6h à 13h30, les
travailleurs traitaient entre 55 et 70 containers. Maintenant, pour
la même durée, on ne traite que 8 à 20 containers», confie un
syndicaliste.
«Nous sommes conscients que ce conflit
affecte notre économie puisqu’une journée en rade coûte des
milliards. Mais c’est la direction qui doit assumer les
conséquences. Si elle envisage de rétablir l’ordre au port, elle n’a
qu’à satisfaire les revendications légitimes des travailleurs»,
conclut-il.
Par Hocine L.
Haut
Clôture de l'université
d'été de la RASD
Appel à des sanctions contre le Maroc
C’est hier que l’université d’été des
cadres de la République arabe sahraouie démocratique a clos ses
portes à la salle omnisport «Mohamed-Belaaredj» de Boumerdès. Cette
manifestation a regroupé plus de 670 participants, dont des
parlementaires sahraouis et des élus municipaux, au cours de
laquelle plusieurs questions géostratégiques internationales ayant
trait à la mondialisation et autres points
politico-socio-économiques ont été débattus durant un mois. A
l’issue de cette université d’été, 25 conférences
politico-socio-économiques ont été organisées, et pas moins de 75
communications ont été développées par les différents intervenants
parmi les militants et cadres de la RASD. Lors dans son intervention
de clôture, le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a
rendu hommage au peuple sahraoui en lutte pour son indépendance. Il
a appelé les Nations unies à plus de détermination quant à
l’application de ses résolutions relatives à l’autodétermination du
peuple sahraoui et l’Union européenne à des sanctions économiques
contre le Maroc, l’annulation de tous les accords de partenariat
avec le Maroc dans le domaine politico-économique et l’intervention
de l’Espagne, ancien pays colonisateur, à soutenir les résolutions
de l’organisation des Nations unies. Par ailleurs, le diplomate
sahraoui n’a pas manqué d’appeler la France à sursoir à toutes les
options de soutien au régime monarchique du Maroc. Evoquant les
déclarations diffusées par les différents médias marocains quant à
l’intégration des Sahraouis au Maroc, il dira que «ce ne sont que
des mensonges perpétrés par les services secrets du royaume auxquels
nous n’accordons aucun égard». Il ajoutera : «Pour notre part, nous
lançons un défi à la monarchie pour ouvrir un débat et
l’organisation d’un référendum conformément aux résolutions des
Nations unies. Le peuple sahraoui est convaincu que la lutte
continue jusqu’à sa libération et son indépendance». A la fin de
son intervention le diplomate a affirmé que le Polisario n’est pas
une organisation terroriste, comme l’affirme le colonisateur
marocain, mais une organisation de lutte contre le colonisateur et a
appelé le régime du Maroc à la libération des militants sahraouis
détenus dans les geôles marocaines. Il est à rappeler que cette
université d’été a été baptisée au nom du chahid Mahfoud Ali Biya.
Cette manifestation a été clôturée par l’hymne national de la RASD «Ya
bani Assahra» repris par tous les participants qui arboraient les
drapeaux de la RASD et de l’Algérie.
A.Kichni
Haut
Ayant pour thème «Le
droit des peuples à la résistance»
Conférence internationale à Alger, les
25 et 26 septembre
Le président du Comité national de
solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Lamari Mahrez a indiqué
que son comité a tout le temps affiché son attachement à la légalité
internationale aux peuples en lutte, et plus particulièrement à la
cause sahraouie. Dans ce contexte, il a indiqué qu’une conférence
internationale ayant pour thème «Le droit des peuples à la
résistance» sera organisée à Alger les 25 et 26 septembre 2010 avec
la participation de 200 délégués. Selon lui, les objectifs de cette
conférence portent sur plusieurs points : rendre hommage au
mouvement de résistance populaire au Sahara occidental et manifester
l’appui constant à celui-ci, démontrer le caractère pacifique de la
résistance populaire et mettre en exergue la répression systématique
à l’encontre des populations civiles de manière générale et des
défenseurs sahraouis des droits de l’homme de manière particulière,
dénoncer l’embargo médiatique concernant la résistance pacifique,
notamment le désintérêt affiché par les medias occidentaux et la
dénonciation et lever l’amalgame entretenu avec le Maroc mettant sur
un pied d’égalité résistance et terrorisme.
A. K.
Haut
Prendre le f'tour à
l'extérieur
Beaucoup de restaurants, aucun choix
Etre célibataire ou loin de chez soi à
Alger est des plus difficiles à gérer, notamment durant le mois de
ramadhan. La première ville du pays, en ce mois sacré, se renferme
encore davantage sur elle-même. Elle devient invivable.
La situation est difficile pour les
citoyens observant le jeûne, quant aux autres, les non jeûneurs,
elle est encore plus dure. Pour les premiers, ils peuvent rompre le
jeûne dans un restaurant privé, à Dar Rahma ou, carrément, dans la
mosquée. Depuis les premiers jours de ce mois de ramadhan, la rue
Tanger, connue pour ses restaurants, bon marché, grouille de monde.
Au dernier quart d’heure, «tous les chemins mènent vers les restos»
ironise un jeune habitant, employé à Alger, originaire de la wilaya
de Jijel.
Dans les restaurants payants ou de
cœur, ce sont les mêmes images de citoyens qui attendent l’Adhan
pour pouvoir rompre le jeûne, après une longue journée caniculaire,
sans nourriture, sans eau et sans cigarettes. En faisant une tournée
furtive dans différents quartiers du centre de la capitale, il est
facile de relever que tous les restaurants sont pleins à craquer, au
moment du f’tour. A Dar Rahma de l’UGTA, le premier groupe de
jeûneurs était en train de manger, alors que d’autres citoyens
attendent impatiemment à l’extérieur. Item pour le restaurant privé,
sis à l’avenue Pasteur, transformé en un espace de solidarité à
l’occasion de ce mois sacré. Trente minutes avant l’Adhan, le
restaurant était déjà plein à craquer, et des dizaines de citoyens,
dont la majorité sont des nécessiteux, attendent la fin du premier
service pour pouvoir manger un morceau. Mais surtout, pour remplir
leurs gamelles, qu’ils préparent pour le shour. Pour les
travailleurs préférant rompre le jeûne dans des restaurants payants,
la situation, a-t-on constaté, n’est pas meilleure. Dix minutes
avant l’Adhan et les restaurants affichent complets. «Il vaut mieux
manger parmi les premiers, puisque les meilleurs plats sont épuisés
au premier service» dira un père de famille, cadre dans une société
privée, originaire de la wilaya de Tizi Ouzou. Il souligne que
l’ambiance du ramadhan au bled lui manque énormément, mais «Ellah
Ghaleb, il faut travailler». A la rue Tanger, «les tarifs appliqués
varient entre 250 et 350 DA, le repas complet, un plat d’ouverture
et une suite avec un petit morceau de viande».
«Une somme que la plupart des
travailleurs ne peuvent pas payer» affirme notre interlocuteur.
Cependant, ce qui est à relever, c’est que les jeûneurs ont le choix
entre les Restos de la Rahma et ceux payants, et dans les deux cas
l’affluence est importante. Le boulot oblige, la capitale regorge de
citoyens venus d’autres wilayas et qui passent ce mois de jeûne loin
de leurs familles. Toutefois, la première ville du pays n’offre
absolument aucun choix en ce mois de ramadhan. Tous les restaurants
ne servent de la nourriture qu’une fois l’appel à la prière du
Maghreb lancé.
Avant cet horaire, il est pratiquement
impossible de tomber sur un endroit où la bouffe est servie durant
la journée.
Seuls les grands hôtels et aéroports
disposent d’espaces où l’on peut manger, à l’importe quel moment de
la journée. Ce qui n’est pas pour plaire aux nombreux citoyens qui
n’observent pas le jeûne, par manque de conviction ou à cause de
problèmes de santé.
Cependant, le pire, c’est que même dans
la nuit, soit à partir de 22 heures, la majorité des fast-foods
ferment boutique. «Il est difficile de tomber sur un restaurant où
l’on peut acheter un sandwich, après le f’tour» se plaint un
habitant. En conséquence, des vendeurs de grillade anarchiques ont
poussé comme des champignons à travers les quartiers les plus
peuplés ou fréquentés par les étrangers. Bien que le risque
d’intoxication soit évident, les clients, faute de choix, se
rabattent sur le «choua», préparé en plein air et exposé à la
poussière. A vrai dire, tout cela n’est pas nouveau et tend à se
répéter à chaque mois de ramadhan. En bref, «manger» à Alger est un
problème que les étrangers venus des autres wilayas du pays pendant
trente jours chaque année.
Par Aomar F.
Haut
A la faveur du mois de
ramadhan
Le business des livres religieux
La vente des livres de cuisine, des
livres et de CD religieux notamment le Coran, des djellabas et
accessoires de prière féminins, des tapis de prière ainsi que les
ustensiles de cuisine connaissent durant le ramadhan une
augmentation, au grand bonheur de ces commerçants à la sauvette qui
profitent de cette période.
En effet, le mois de ramadhan constitue
une véritable aubaine pour les nombreux commerçants à la sauvette
pour réaliser de très bonnes affaires. Ils sont partout. Le long des
trottoirs, aux entrées des marchés et au bas des immeubles, certains
dressent des étals de fortune, d’autres vendent leurs produits à
même le sol. Pour Mohamed 33 ans vendeur de produits religieux, le
ramadhan est une période propice à la floraison de son activité.
Avouant que «la marchandise, dont les prix oscillent entre 50 et
500 DA, s’écoule le mieux durant ce mois sacré».
Selon lui, en termes de vente, «cette
période représente jusqu’à trois fois parfois un peu plus ce je
vends au courant de l’année». Aussi, dira-t-il, «le côté spirituel
de ce mois fait que beaucoup de gens choisissent ce genre de
lecture».
Mohamed à ce sujet, poursuivra que
durant ce mois «il y a une forte demande sur tout ce qui est livres
religieux écrits par des théologiens de renommée, le Coran, les
récits des prophètes, les interprétions de la religion, et également
les tapis de prière». Interrogé, le jeune Fodil se trouvant devant
l’étal dira : «Je suis venu compléter ma série concernant les récits
des prophètes. J’en ai déjà lu deux». Ami Tahar se joindra pour dire
que lui achète régulièrement des livres religieux pendant ce mois
car il «préfère passer ses soirées en lisant». Quant à Assia, bien
enrobée dans son djilbab, affirmera être «intéressée par les
recueils d’interprétation du Coran pour trouver réponse à ses
questions».
Pour sa part, Malika, une maman tenant
son fils à la main, avancera qu’elle est «venue offrir un tapis de
prière, en guise de récompense et d’encouragement», pour son fils
qui vient de commencer à faire sa prière.
Il faut dire que ce segment de commerce
suit lui aussi les nouvelles techniques de l’information puisque les
livres et recueils religieux sont également proposés en CD et autres
supports numériques en mesure de répondre à une nouvelle forme de
demandes.
En outre, les «tables» exposant des
livres de cuisine cédés à partir de 100 jusqu’à 300 DA sont envahies
par des jeunes femmes et des moins jeunes «à la recherche d’une
cuisine moderne» pour les plus anciennes, ou alors «la cuisine
traditionnelle» pour les débutantes qui veulent «d’abord apprendre
notre héritage culinaire, histoire de faire perdurer la tradition».
Les marchands de vaisselle eux aussi
viennent profiter de cette frénésie des achats et de cette clientèle
excitée à chaque fois encore plus nombreuse, étalant les nouveaux
produits de vaisselle propre à ce mois de jeûne : bols et soupières
pour la chorba, différentes dimensions d’assiettes, verres et tasses
à thé, thermos et autres ustensiles de cuisine. Toufik indiquera que
ces copains et lui «s’approvisionnent chaque mois de ramadhan chez
des importateurs qui achètent directement de Chine». Là aussi, les
ménagères pullulent autour des ces étals dans l’espoir de dénicher
le bon article à moindre coût.
Force est de constater que le ramadhan
outre son aspect cultuel et religieux, a cette autre facette
commerciale où existe un business très florissant répondant à une
demande toujours aussi excitée par une offre diversifiée. N’est-ce
pas là une particularité typique de ce mois qui vient l’agrémenter
et le singulariser des autres mois ?
Lynda N. B.
Haut
Alors que la viande
indienne est boudée
Les fruits deviennent les rois de la
table
A une dizaine de jours de la fin du
ramadhan, les Algériens ne se bousculent pas encore pour l'achat de
la star indienne du marché des viandes. Par ailleurs, l'atmosphère
de la cherté ainsi que l'absence de contrôle sur les marchés sont
toujours les mêmes. Sauf qu'en ces jours de canicule ce sont les
fruits qui ont la cote sur les tables du f’tour et celles de la
soirée.
Il ne se passe pas un mois de ramadhan
en Algérie comme dans le reste des pays musulmans, sans que les
discussions relatives aux prix des produits alimentaires, largement
consommés en ce mois sacré ne soient évoqués quotidiennement par des
jeûneurs. Autant on se plaint de la flambée, autant on achète et
autant on gaspille. Pour cette année, le scénario ne change pas ni
au niveau des marchés ni dans les cuisines. Comme c’est le cas cette
année de deux facteurs de la coïncidence du mois sacré avec les
grandes chaleurs estivales ainsi que la rentrée sociale qui ont leur
effet direct ou indirect sur le mode des dépenses et de consommation
des petites et moyennes bourses. S’agissant de la consommation et
avec les fortes chaleurs qui ont caractérisent ces derniers jours du
ramadhan, les jeûneurs n’ont pas les mêmes besoins en matière de
plats copieux, beaucoup de familles ont diminué le nombre de plats
préparés puisque leur consommation est très faible. «Pour ce
ramadhan, on se contente des boissons et des fruits, on ne peut pas
manger» indique une mère de famille. En ce qui concerne les prix des
fruits qui sont à la portée, puisque ce sont des fruits de saison.
Les raisins sont vendus de 60 à 130 Da/kg, le melon et la pastèque
sont respectivement à 50 DA et 35 DA. Les bananes à 85 Da, les
poires de 60 à 80 DA et les pêches 70 à 100. Par ailleurs, une
tournée à travers quelques marchés de la capitale montre en premier
lieu l’absence des contrôleurs qui se justifie au premier coup d’œil
par le non-affichage des prix des produits alimentaires, le marché
Clauzel (Alger-Centre) est l’unique marché où l’on trouve les prix
de la marchandise affichés. Pour le reste des marchés, les
commerçants ont la possibilité de proposer des prix selon
l’apparence de leurs clients, puisqu’ils ne sont tenus par aucun
prix d’affichage. La seconde remarque est relative à la politique du
gouvernement engagée pour diminuer la tension du marché des
viandes, en l’occurrence le programme d’importation de 5 000 tonnes
de viande indienne. Un programme qui ne semble pas du tout faire son
effet sur le consommateur. Car la viande indienne comme solution
pour la tension que connaît cette filiale durant le ramadhan est
semblable au vaccin anti-grippe A qui a semé la psychose. Les
Algériens semblent bouder cette viande, c’est en tout cas un constat
fait à l’unanimité par les bouchers et les consommateurs. Sur une
vingtaine de clients trouvés chez quelques bouchers d’Alger aucun
d’entre eux ne nous a déclaré avoir goûté à cette viande. «Tout ce
qui nous vient en grandes quantités et, soi-disant, à des tarifs
pas chers est source de soupçons» nous explique un vieux retraité
trouvé chez un boucher au marché Ali-Mellah. S’exprimant sur le même
point une femme âgée ajoute : «Je ne mettrais jamais cette viande
dans ma cocotte». S’agissant des prix de la viande fraîche locale,
ils maintiennent le summum, notamment en ce mois sacré, ce sont les
prix de la viande qui assomment le plus les consommateurs. La
tendance de la hausse concerne toutes les couleurs, les viandes
rouges comme les blanches. Ainsi, la sardine est cédée de 180 à 250
Da/Kg selon la qualité et les marchés. La crevette, le rouget et le
chien de mer sont vendus 1 800 Da/kg. Tandis que le poulet est
proposé de 270 à 350 Da/kg. Les prix des viandes rouges ne sont pas
en reste, l’agneau se vend à plus de
1 000 Da/kg tandis que le veau est cédé
de 800 à 1100 Da. En outre, quelques produits de large consommation
durant le ramadhan ont été revus à la hausse depuis les premiers
jours, il s’agit du citron vendu de 100 à 120 Da, des dattes à plus
de 400 Da/kg, les raisins secs à 500 Da. Sur le registre légumes,
les tarifs s’affichent en fonction de l’utilité de ces produits en
cuisine, bien qu’une hausse caractérise l’ensemble des légumes ;
ainsi, la pomme de terre est vendue à 40 Da, les haricots verts et
la courgette à 80 Da, la tomate à 40 Da, la salade verte de 60 à 80
Da.
Par Yasmine Ayadi
Haut
Bien qu'elle ne rate
aucun Salon de l'environnement
La saleté envahit les villes d’Algérie
Incivisme des citoyens conjugué à la
négligence des collectivités locales en charge de la propreté de la
ville ont fait de nos villes les centres urbains les plus sales au
monde.
C’est en tout cas ce qui est ressorti
des rapports et études menés par des groupes internationaux, dont la
Urban Clean Environnement qui avait classé Alger à la 3e place des
villes les plus sales au monde derrière Banjul, en Gambie, et Kigali
au Rwanda, avec un résultat de 3,75%. Ce constat amer devrait
interpeller les preneurs de décisions pour qu’ils mettent un terme
en adoptant des textes de loi qui imposeraient des sanctions
vis-à-vis des citoyens qui jettent des ordures n’importe où dans la
nature et à n’importe quel moment de la journée dans les rues. Outre
le facteur de négligence et de manque de civisme, le matériel
utilisé dans la collecte des ordures s’avère dépassé et vétuste et
cela sans parler de l’inexistence de machines qui permettent à
certaines matières, telles que le papier, le cristal et les métaux
d’être récupérés et ensuite recyclés.
Ainsi et dans l’objectif d’exposer et
de vulgariser les nouvelles solutions pour la gestion des déchets,
mais aussi des eaux usées et dans le domaine de l’énergie, la
chambre algéro-allemande de commerce et de l’industrie (AHK Algérie)
et la Coopération technique allemande (GTZ) organisent, sous le Haut
patronage du ministère algérien de l’Aménagement du Territoire et de
l’Environnement, la deuxième édition du Salon algéro-allemand sur
l’environnement qui aura lieu du 22 au 24 novembre 2010 au Palais de
la culture à Alger. Ainsi, les organisateurs de ce rendez-vous
comptent intégrer au Salon proprement dit un congrès scientifique et
une bourse de coopération devra contribuer à relever les défis d’une
ville propre et d’un environnement moins pollué.
Pour rappel, la première édition de ce
Salon qui était un succès comme en ont témoigné certains
participants, s’était tenue il y a deux ans, et avait vu la
participation de 40 exposants allemands et 30 exposants algériens, 1
500 visiteurs professionnels et plus de 100 journalistes.
Pour la prochaine édition, les
organisateurs du Salon 2010 se sont fixés l’objectif de présenter
aux décideurs politiques et économiques algériens en particulier et
à la société civile en général, les technologies les plus récentes
et le savoir-faire allemand dans le domaine de la protection de
l’environnement. Le Salon couvrira les domaines de la gestion des
déchets, de l’eau, des énergies renouvelables et de l’efficience
énergétique. Dans cet ordre d’idées, la GTZ invitera des experts
internationaux pour discuter dans le cadre d’un Congrès sur le
développement des nouvelles technologies dans les secteurs de
l’environnement, du traitement de l’eau, du traitement des déchets
et du changement climatique. Le congrès offrira également aux
participants allemands et algériens et aux experts, de nouvelles
informations sur le marché algérien et leur permettra de discuter
des solutions et du potentiel qu’offre le marché algérien, notamment
dans le cadre des projets du Mécanisme pour un développement propre
(MDP).
En réalité, il serait toutefois utile
de commencer par changer les mentalités avant de changer les
procédés et d’importer les nouvelles technologies en matière de
maintien de la propreté des centres urbains. Car le respect de
l’environnement est d’abord et avant tout une question d’éducation
et de comportement avant que cela ne soit une affaire de
mécanisation.
Hafid Mesbah
Haut
Regard
La LFC apporte du neuf à la culture
Il n’y aura pas de quoi espérer voir
réapparaître, sur les terrasses de café, les bancs publics, les
bancs des autobus, les bancs des trains, des gens, jeunes et vieux,
femmes et hommes, assis, un nez dans un livre, en train de dévorer
une histoire ou un sujet quelconque. Il n’y aura pas de quoi
conclure que, dès demain, le nombre de livres édités et le nombre de
librairies vont exploser ou que les écrivains vont se compter par
milliers.
Mais c’est peut-être le début d’une
nouvelle ère. Le livre va être moins cher. En principe. Le
gouvernement d’Ouyahia vient d’inscrire dans les dispositions de la
loi de finances complémentaire que le papier qui sert à l’industrie
du livre sera exonéré de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). C’est
déjà ça. Même si il n’y a pas si longtemps cette taxe était
inimaginable dans ce domaine et que, de plus, le livre était
subventionné, avant que l’on décide que les Algériens n’avaient
besoin ni de lire ni d’écrire. On connaît la suite.
Les lecteurs ne trouvaient plus les
moyens d’acheter de la lecture, les librairies ont fermé, les
jeunes générations ne lisaient plus, tout simplement et les
bibliothèques se vidaient ou disparaissaient, faute de public ou
parce que de nouveaux maîtres de la chose publique ont jugé qu’elles
étaient un luxe. Ce qui donne à la suppression de la TVA sur l’une
des matières premières de l’impression, sur le papier, un caractère
quasi subversif par rapport à la situation antérieure. Bien sûr, on
aurait aimé que la TVA soit bannie de tout ce qui concerne la
production et la distribution, ce qui aurait, au moins, confirmé que
le produit littéraire est définitivement dissocié du statut de
marchandise ordinaire.
D’autant que ce dégrèvement ne va pas
coûter d’énormes pertes de recettes fiscales. Le secteur est si
famélique que cette mesure ne peut même pas égratigner le budget
d’une PME. Vérifions.
L’Algérie compte 1 541 communes et 160
librairies. En amont, il y aurait une centaine de maisons d’édition
ou ce qui en fait office. Concernant la production, un livre est
tiré à mille exemplaires en moyenne. On mesure, immédiatement, le
ridicule d’une taxe sur le livre et le degré de cynisme ou
d’irresponsabilité de ceux qui l’ont instituée. Qu’à cela ne tienne.
Une mesurette vaut mieux que rien du tout et peut-être, que c’est le
début d’une reconsidération de tout le système qui a conduit à la
situation actuelle où il existe des Universités sans bibliothèques.
Encore heureux pour la paix sociale que
l’école ne forme pas à la lecture et qu’elle pousse à ne pas lire.
Sinon, il aurait été anormal de ne pas avoir eu des centaines
d’émeutes autour des revendications de librairies et de
bibliothèques, à travers toutes les communes du pays. Même si c’est
anormal en soi que cela ne se soit pas produit, malgré le rôle de
l’anesthésie scolaire dans l’évacuation d’un besoin fondamental, que
l’homme a développé depuis des millénaires, communiquer et lire.
La loi de finances complémentaire a
aussi affecté une taxe sur la publicité, destinée à soutenir la
production cinématographique. Là, ça augure que le gouvernement
commence à se rendre compte que la culture a de l’importance.
Il ne s’agit pas d’une preuve absolue
de prise de conscience du drame, mais d’un signe que la régression
culturelle qui prévaut commence à l’interpeller. Pas assez, mais
suffisamment pour qu’il s’en préoccupe un peu.
On attend pour voir jusqu’où cette
volonté naissante va aller et pour vérifier, au bout, si une
dynamique d’insertion de la société dans l’océan de la culture
mondiale est en cours. Il suffirait de si peu ! De si petites
dépenses ! Qu’on ne peut s’empêcher de rêver.
Le ministère de l’Education suivra,
probablement, il dotera les écoles de librairies et réhabilitera
leur rôle d’initiatrice à la lecture, afin de faire en sorte que
dans six ou sept années on reverra des livres dans les jardins
publics, les terrasses de café, les bus et les trains.
Par Ahmed Halfaoui
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