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Waciny Laredj pose un regard nouveau sur l’Emir Abdelkader

 

 29/10/06

 

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Waciny Laredj pose un regard nouveau sur l’Emir Abdelkader

Tout en s’appuyant sur une documentation historique vaste et précise sur la figure emblématique de l’Emir Abdelkader, l’écrivain Waciny Laredj vient de présenter au Centre culturel algérien de Paris son dernier ouvrage intitulé «Livre de l’Emir» dont la narration prend le pas sur l’approche historique.

L’écrivain Waciny Laredj réalise un ouvrage à travers lequel il met en évidence la personnalité multidimensionnelle du fondateur de l’Etat algérien moderne à travers un style littéraire romanesque qui laisse plus de liberté à la narration.

«Ce qui est formidable dans la fiction, c’est cette liberté, cette aisance qu’offre la narration.

Et c’est cette liberté que j’ai utilisée pour confectionner une image de l’Emir Abdelkader», a-t-il expliqué, en expliquant que ce travail a nécessité quatre années de recherche consacrées à se documenter et à étudier les sources historiques.

Lors de la présentation de son ouvrage, l’auteur a partagé avec le public du CCA les raisons qui l’ont poussé à écrire un roman sur une personnalité aussi prestigieuse, en mettant en exergue l’attrait d’un tel projet mais également ses contraintes. «Comment habituer le lecteur à apprendre l’Emir Abdelkader sur un autre angle que celui de l’histoire ? Une question que je me suis posée» et «autour de laquelle, j’ai construit la trame» de ce projet, a-t-il dit. A l’appréhension du début a succédé un soulagement puisque «la réception a été plus que bonne», a-t-il affirmé.

L’auteur a choisi l’angle «relationnel» qui part de l’amitié tissée, et raffermie au fil du temps, entre l’Emir Abdelkader et le premier évêque d’Alger Antoine Dupuch.

Ce dernier a été nommé en 1838 évêque d’Alger. Il y resta jusqu’à sa démission en 1846.

Durant cette période, il prend contact avec Abd el-Kader avec lequel il organise des échanges de prisonniers. Waciny Laredj construit son roman autour de cette amitié qui est née de ce premier contact avant de se développer  par d’autres rencontres, notamment à Pau et à  Amboise où Dupuch verra l’Emir Abdelkader emprisonné. «Là, c’était une rencontre de douleur et de passion dans le sens le plus douloureux.

Mais il avait constaté la force intérieure de l’Emir. Il était vraiment fasciné par le personnage», a-t-il dit lors de cette présentation du livre ponctuée par la lecture de passages par la fille de l’auteur, Mariam.

Il a estimé que «l’his-toire rapporte très peu la relation entre les deux personnages sur le plan humain». «J’ai essayé de restituer cette relation humaine et montrer, à travers cette amitié, l’enracinement du dialogue des cultures, des civilisations chez ces deux personnalités, thème qui est d’ailleurs éminemment d’actualité aujourd’hui», a indiqué Waciny Laredj.

Il a relevé que ce dialogue est une «réponse à un besoin du présent», estimant que «quand il y a un débat équilibré dans le cadre d’un respect mutuel, il est toujours possible de trouver des canaux» favorisant le dialogue.

«Livre de l’Emir» s’inscrit dans le cadre du projet de l’Unesco intitulé «Un livre dans un journal» est qui consiste à publier l’ouvrage dans 25 journaux arabes, parmi lesquels le quotidien algérien «Ech Chaâb», avant sa sortie officielle, a précisé l’auteur. 

Le livre (version en langue arabe) a été publié en Algérie et a été distingué, puisqu’il a obtenu le Prix des Libraires d’Algérie. Cette distinction sera remise à l’auteur au début du mois  de novembre prochain à Alger.

Rappelons que l’ouvrage paru sous les presses de Actes Sud/2006), est traduit de l’arabe par Marcel Bois, grand traducteur de la littérature algérienne, en collaboration avec l’auteur, Waciny Laredj.

Synthèse H. K.

 

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