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Publication
Waciny Laredj
pose un regard nouveau sur l’Emir Abdelkader
Tout en s’appuyant
sur une documentation historique vaste et précise sur la figure
emblématique de l’Emir Abdelkader, l’écrivain Waciny Laredj vient de
présenter au Centre culturel algérien de Paris son dernier ouvrage
intitulé «Livre de l’Emir» dont la narration prend le pas sur
l’approche historique.
L’écrivain Waciny
Laredj réalise un ouvrage à travers lequel il met en évidence la
personnalité multidimensionnelle du fondateur de l’Etat algérien
moderne à travers un style littéraire romanesque qui laisse plus de
liberté à la narration.
«Ce qui est
formidable dans la fiction, c’est cette liberté, cette aisance
qu’offre la narration.
Et c’est cette
liberté que j’ai utilisée pour confectionner une image de l’Emir
Abdelkader», a-t-il expliqué, en expliquant que ce travail a
nécessité quatre années de recherche consacrées à se documenter et à
étudier les sources historiques.
Lors de la
présentation de son ouvrage, l’auteur a partagé avec le public du
CCA les raisons qui l’ont poussé à écrire un roman sur une
personnalité aussi prestigieuse, en mettant en exergue l’attrait
d’un tel projet mais également ses contraintes. «Comment habituer le
lecteur à apprendre l’Emir Abdelkader sur un autre angle que celui
de l’histoire ? Une question que je me suis posée» et «autour de
laquelle, j’ai construit la trame» de ce projet, a-t-il dit. A
l’appréhension du début a succédé un soulagement puisque «la
réception a été plus que bonne», a-t-il affirmé.
L’auteur a choisi
l’angle «relationnel» qui part de l’amitié tissée, et raffermie au
fil du temps, entre l’Emir Abdelkader et le premier évêque d’Alger
Antoine Dupuch.
Ce dernier a été
nommé en 1838 évêque d’Alger. Il y resta jusqu’à sa démission en
1846.
Durant cette
période, il prend contact avec Abd el-Kader avec lequel il organise
des échanges de prisonniers. Waciny Laredj construit son roman
autour de cette amitié qui est née de ce premier contact avant de se
développer par d’autres rencontres, notamment à Pau et à Amboise
où Dupuch verra l’Emir Abdelkader emprisonné. «Là, c’était une
rencontre de douleur et de passion dans le sens le plus douloureux.
Mais il avait
constaté la force intérieure de l’Emir. Il était vraiment fasciné
par le personnage», a-t-il dit lors de cette présentation du livre
ponctuée par la lecture de passages par la fille de l’auteur,
Mariam.
Il a estimé que
«l’his-toire rapporte très peu la relation entre les deux
personnages sur le plan humain». «J’ai essayé de restituer cette
relation humaine et montrer, à travers cette amitié, l’enracinement
du dialogue des cultures, des civilisations chez ces deux
personnalités, thème qui est d’ailleurs éminemment d’actualité
aujourd’hui», a indiqué Waciny Laredj.
Il a relevé que ce
dialogue est une «réponse à un besoin du présent», estimant que
«quand il y a un débat équilibré dans le cadre d’un respect mutuel,
il est toujours possible de trouver des canaux» favorisant le
dialogue.
«Livre de l’Emir»
s’inscrit dans le cadre du projet de l’Unesco intitulé «Un livre
dans un journal» est qui consiste à publier l’ouvrage dans 25
journaux arabes, parmi lesquels le quotidien algérien «Ech Chaâb»,
avant sa sortie officielle, a précisé l’auteur.
Le livre (version
en langue arabe) a été publié en Algérie et a été distingué,
puisqu’il a obtenu le Prix des Libraires d’Algérie. Cette
distinction sera remise à l’auteur au début du mois de novembre
prochain à Alger.
Rappelons que
l’ouvrage paru sous les presses de Actes Sud/2006), est traduit de
l’arabe par Marcel Bois, grand traducteur de la littérature
algérienne, en collaboration avec l’auteur, Waciny Laredj.
Synthèse H. K.
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