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Cloisonnement
Malgré la guerre
en Irak et les centaines de morts qu’elle engendre chaque jour,
depuis plus de trois ans, malgré l’accroissement toujours plus
important de la pauvreté au sein de la population, malgré la
pollution et la mauvaise qualité de l’air qu’ils respirent, malgré
la dégradation, toujours plus importante, de leur environnement
culturel ainsi que de la propagation de la violence à toutes les
couches sociales de la population, les Américains pensent que leur
plus gros problème est cette poignée de Mexicains qui passe la
frontière chaque année pour tenter d’avoir une vie meilleure. Le
président américain semble avoir trouvé la solution pour renforcer
la cohésion nationale, cadenasser les frontières aux candidats à
l’immigration. Sur aucun autre dossier important, (ou moins
important par ailleurs) le président Bush, depuis son accession au
pouvoir, en janvier 2001, n’a pas réellement réussi à apporter de
solutions. Il fallait bien alors qu’à deux années de son départ et à
quelques semaines seulement des élections de mi-mandat, le président
américain prenne une décision populaire à même (peut-être) de
redorer son blason, plus que terni depuis quelques mois. George W.
Bush et ses acolytes du parti républicain jouent sur les peurs les
plus primaires de leurs concitoyens pour assouvir leur rêve de faire
des Etats-Unis un pays hermétiquement fermé aux populations les plus
pauvres et les plus déshéritées du monde. Exit les populations
noires, asiatiques, latino-américaines, arabes et autres qui ne
sont, somme toute, que des erreurs historiques. Aujourd’hui, les
Américains, les vrais, les WAASP (White American Anglo-Saxon
Protestant) doivent désormais préserver leur nation, loin de
l’avidité des moins chanceux de ce monde.
Actuellement, les
Etats-Unis, de par leurs dirigeants et de par la politique qu’ils
animent, ressemblent de plus en plus à un Etat totalitaire, dont
l’un des premiers signes est l’hermétisme. Autres indices, le
Patriot Act, signé après le 11 septembre, qui limite largement les
libertés individuelles, l’autorisation de pratiquer la torture sur
des suspects, la banalisation des écoutes téléphoniques ainsi qu’une
propension à prendre des décisions sur le plan international de
façon totalement unilatérale. Seule manque à ce régime totalitaire,
une condamnation internationale.
Fouzia Mahmoudi
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