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Des milliers de tonnes stockées dans les frigos
Le scandale de
la pomme de terre
Ce qui est en
train d’être observé, actuellement, sur le marché de la pomme de
terre est un véritable scandale dont les auteurs sont, par ailleurs,
connus.
Des 25 à 35 DA le
kilogramme, suivant les saisons, les prix de la pomme de terre sont
passés, successivement à 50, 70 DA le kilogramme pour atteindre,
aujourd’hui, dans certaines régions, des seuils de 100 et 120 DA
pour le même poids. Ce qui est curieux, c’est au moment où ces prix
ont tendance à s’envoler que ce légume populaire est le plus
convoité.
Les discussions
qu’a eues le représentant du Jour d’Algérie avec des agriculteurs,
des mandataires, des représentants de la filière et le président de
la Chambre nationale d’agriculture, ont permis de confirmer une
réalité : la pomme de terre est disponible actuellement en grande
quantité. Les importants tonnages détenus, frauduleusement, par des
opérateurs peu soucieux de l’intérêt général, auraient pu assurer
un approvisionnement, régulier, des marchés des légumes jusqu’à la
fin du mois de décembre 2006. Des spéculateurs, de tous bords,
apparemment sûrs de leur impunité, en ont décidé autrement en
persistant, à ce jour, à approvisionner les étals avec parcimonie.
Très au fait de ces pratiques malhonnêtes portant, gravement,
atteinte aux intérêts des consommateurs, on est en droit de
s’interroger sur les raisons qui empêchent les pouvoirs publics de
faire intervenir les forces de police pour faire libérer les
tonnages retenus et approvisionner, régulièrement et à des prix
légaux, les marchés à la consommation. Comme par le passé, et
pour répondre aux besoins de production, 72 000 tonnes de semences
de pomme de terre avaient été importées de l’étranger. Elles étaient
venues s’ajouter aux 160 000 tonnes produites localement. A raison
de 2,5 tonnes par hectare, les superficies réservées à la production
de pomme de terre ont représenté, globalement, 90.000 hectares.
Considérant que la production moyenne par hectare est de l’ordre de
30 à 50 tonnes, ce sont 2,7 à 4,5 millions de tonnes qui auraient du
être livrées, progressivement, aux détaillants dans diverses régions
du pays.
Le sirocco qui a
sévi durant 5 jours, pendant le mois de juin dernier et qui a
contribué à altérer, quelque peu, la production, est loin
d’expliquer, à lui seul, le large déficit observé, actuellement. Ce
sont ces raisons climatiques, particulières, qui sont, quelque part,
à l’origine de la situation à laquelle est confronté, depuis
quelques semaines, le marché de la pomme de terre, dans le pays.
Pensant qu’une importante partie de la production allait être
détruite par ce phénomène, les spéculateurs ont pris le soin de la
stocker en grosses quantités, dans les chambres froides. Quitte à en
perdre une partie et se sachant gagnant, à tous les coups, ils
continuent, à ce jour, à maintenir, artificiellement, ses niveaux de
prix en hausse constante en la libérant au compte-gouttes.
La production
obtenue cette année aurait pu, des experts agricoles sont formels,
assurer un approvisionnement mensuel régulier de 100 000 à 120 000
tonnes/mois du marché à la consommation, et cela, jusqu’à la fin du
mois de décembre 2006. Entre-temps, la production d’arrière
saison commençant à arriver sur le marché, dans le courant du mois
de novembre, aurait pu, tout en contribuant à faire la «soudure»,
avec les tonnages produits précédemment, influer, positivement sur
les prix au détail.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Conclave de la CADC de Tizi Ouzou
Les aârouch
menacent Belkhadem
Le mouvement des
aârchs de la wilaya de Tizi Ouzou revient à la charge à l’issue d’un
passage en revue des principales revendications nées suite aux
événements tragiques survenus au Printemps noir. La Coordination des
aârchs des daïras et des communes (CADC) de la wilaya de Tizi Ouzou
a, encore une fois, relevé le constat relatif à la non- application
des engagements publics pris au nom de l’Etat et annoncés durant le
processus du dialogue entre les aârchs et le gouvernement de
Abdelaziz Belkhadem. Une série de rencontres qui s’est soldée par la
signature d’un accord global en janvier 2005. Cette même
coordination a relevé et dénoncé le silence observé par les
autorités concernant les manifestes blocages relatifs à
l’application de ces engagements. Un silence que le mouvement des
aârchs a qualifié de «reniement et de fuite de responsabilité».
Devant cette impasse, la CADC compte prendre acte et décidera des
actions à prendre pour l’aboutissement des revendications contenues
dans la plate-forme d’El Kseur. C’est du moins la principale
décision prise lors du conclave extraordinaire organisé par la
Coordination des aârchs des daïra et des communes (CADC) de la
wilaya de Tizi Ouzou dont les travaux ont été consacrés pour
débattre la situation politique générale du pays. Le mouvement de ce
citoyen de aârouch connaît pourtant une aiguë crise interne qui a
semé la division au sein de ses rangs. Cependant, le mouvement des
aârouch n’a donné aucune précision sur le type des actions à
entreprendre pour atteindre ses objectifs. Vont-ils recourir à la
mobilisation de la population comme ça a été le cas par le passé ou
se contenteront-ils d’installer des comités qui auront la mission de
dénoncer mollement une situation sur laquelle ils n’ont pas beaucoup
d’emprise ? Le fait est que la question reste entière de savoir si
les aârouch disposent de la même capacité de mobilisation populaire.
Du reste, le mouvement de aârchs a installé son conseil de wilaya
après avoir examiné le document de réflexion sur l’organisation, le
fonctionnement et les perspectives du mouvement. Il rappelle, dans
ce sens, que ce mouvement n’accepte pas de se transformer en parti
politique et demeurera une organisation de la société civile. Une
déclaration d’une extrême importance qui met fin à toutes les
spéculations et les accusations dont ont fait l’objet ce mouvement.
Le communiqué du mouvement a également évoqué l’épineuse question de
la révision de la Constitution. En effet, la CADC est revenue sur le
mémorandum qu’il a élaboré et a souligné l’échos favorable que ce
texte a eu auprès de la population et de la société civile locale.
La CADC précise, dans ce contexte, qu’elle n’accepte pas de reléguer
au second plan les revendications contenues dans la plate-forme d’El
Kseur lors de la prochaine révision constitutionnelle. Ce mouvement
semble soutenir la proposition de la révision constitutionnelle
proclamée par Belkhadem que les aârchs accusent de bloquer
l’application de la plate-forme de revendications en refusant de
reconnaître la légalité de ce mouvement. Alors que ce même Chef du
gouvernement a déclaré qu’il n’a pas de problème avec le mouvement
des citoyens des aârchs et qu’il accepte de les recevoir et de
prendre toutes les mesures nécessaires pour accélérer l’application
de cette plate-forme de revendications.
N. B.
Haut
Discours attendu de Bouteflika le 1er novembre
Le référendum
pour le 21 décembre ?
Le président de la
République aurait, finalement, choisi la date du 21 décembre
prochain pour la tenue du référendum sur la révision de la
Constitution, selon une source généralement bien informée. Cette
date sera annoncée par Abdelaziz Bouteflika le 1er novembre
prochain, ajoute cette source. Le chef de l’Etat convoquera,
également, le corps électoral, le même jour. L’opération de révision
des listes électorales prendra fin le 31 octobre en cours. La
législation en vigueur stipulant que le corps électoral soit
convoqué au moins 45 jours avant la tenue du référendum est, de
cette façon, respectée. D’importants moyens humains, matériels et
financiers seront mobilisés pour ce rendez-vous avec les urnes,
selon une source proche du ministère de l’Intérieur et des
Collectivités locales. Environ 200 milliards de centimes seront
déloqués pour la prise en charge financière du bon fonctionnement
des différents modules (transport, énergie, environnement,
restauration et autres modules). Ce sont, environ, 150 000 chefs de
bureau, chefs de centre et assesseurs qui seront mobilisés pour ce
référendum dans les quelque
15 000 centres de
vote et quelque 150 000 bureaux de vote. Les moyens matériels qui
seront déployés pour les affichages faisant campagne pour ce
référendum seront débloqués juste après l’annonce de la convocation
du corps électoral et de la date de ce rendez-vous avec les urnes
par le président de la République.
M. Abi
Haut
Conférence de presse autour du 11e Sila
Ahmed Boucenna :
«Pas de livres subversifs»
Une conférence de
presse a été animée hier au CIP de la Safex par Ahmed Boucenna,
président du comité d’organisation du Sila, dont la 11e édition aura
lieu à la Safex du 31 octobre au 10 novembre prochain. Devant un
parterre composé de professionnels du livre et de journalistes,
Ahmed Boucenna a présenté le bilan des préparatifs de la
manifestation et le programme d’animation qui sera tenu en marge du
salon, avec des rencontres littéraires auxquelles participeront
certaines têtes d’affiche comme Yasmina Khadra, Edmonde Charles-Roux,
Réda Malek, Cheikh Bouamrane, Henri Alleg, Mustapha Chérif, Malek
Chebel, etc. Le thème général choisi pour le 11e Sila polarisera
autour du générique «Ecriture et émancipation». «C’est un choix qui
obéit à la conjoncture actuelle marquée en filigrane par le «choc
des civilisations» et le «colonialisme», dira en substance Sid-Ali
Sakri, membre du comité d’organisation du Sila, soulignant, par
ailleurs que plusieurs formes d’émancipation seront abordées lors de
cet événement qui coïncidera avec la commémoration du 1er Novembre.
Outre la participation de 120 éditeurs algériens, 560 maisons
d’édition étrangères, dont 209 représentées, occuperont les stands
des trois pavillons consacrés à cet événement, soit «88 éditeurs de
plus que lors de la dernière édition», note le président du comité
d’organisation. S’agissant de la qualité et des titres d’ouvrages
retenus par le comité d’organisation, Mohamed-Tahar Guerfi,
président du Snel affirme que «les maisons d’édition présentes au
rendez-vous ont toutes souscrit au cahier des charges qui leur a été
soumis par le comité d’organisation, notamment sur le plan qualité».
A ce titre, l’orateur a tenu à préciser que «les éditeurs
proposeront une gamme riche et diversifiée pour toutes les
catégories de lecteurs», indiquant, toutefois, une nouveauté qui se
résume cette année dans «le nombre d’exemplaires pour chaque titre
destiné à la vente lors du 11e Sila qui ne doit pas dépasser 50».
Une manière, selon lui, de ne pas provoquer de rush sur le livre
religieux comme lors des dernières éditions. Quant à la censure de
certains titres, les membres du comité d’organisation affirment ne
tolérer aucun produit livresque qui prête à «la subversion, qu’il
soit religieux ou politique». «Nous veillerons à l’application
stricte du règlement intérieur du Sila», dira Tahar Guerfi.
Hacène K.
Haut
Après une bataille judiciaire de 25 ans
Ould El Hocine
obtient gain de cause
Le combat mené
depuis deux décennies et demi par le gérant de l’entreprise privée
Sarl EPSR en vue de récupérer son bien dont il a été spolié est en
voie de porter ses fruits. Et pour cause, M. Ould El Hocine qui n’a
eu de cesse de clamer la justesse de sa requête vient de remporter
une manche très importante dans ce combat de longue haleine parsemé
de procédures judiciaires. Le juge d´instruction de la 3e chambre
près le tribunal de Chéraga a ordonné la traduction de BenKaid Ali
Abdelhamid gérant de l’entreprise nationale de signalisation
routière (ENPSR) devant la correctionnelle pour faux et usage de
faux, fait prévu et puni par l’article 222 du code pénal. Dans
l’ordonnance de renvoi en date du 11 octobre 2006, sont mentionnés
les motifs étant à la base de cette décision prise dans cette
affaire qui remonte au 1er mars 2004 date à laquelle M. Ould El
Hocine a porté plainte contre M. Benkaid pour faux et usage de faux,
exposant que dans le cadre du litige administratif soumis au Conseil
d’Etat entre elles, le mis en cause a versé le 25 février 2002, 12
documents en sa qualité de représentant légal de l’entreprise
sus-citée. Chose que M. Ould El Hocine n’a eu de cesse de dénoncer
en fournissant une copie des documents initiaux qui attestent la
véracité de ses dires contenus dans le dossier de fond. M. Benkaid
avait tenté d’induire la justice en erreur, falsifiant pour ce faire
des documents, en lui faisant croire que l’entreprise qu’il
dirigeait était étatique avec ses biens meubles et immeubles hérités
par l’ex- Gendarmerie nationale Van Rosane conformément à la
décision du wali datée du 3 mai 1975. Toutefois, le juge ne s’est
pas laissé prendre au piège tendu. En date du 15 août 2006 un mandat
judiciaire a été adressé au commandant de la brigade de recherche de
la Gendarmerie nationale pour faire parvenir une copie de l’accord
objet de la prétendue falsification par la partie civile en date du
3 novembre
1975.Les investigations menées par la police judiciaire ont confirmé
le recours au faux. Une réponse positive a été adressée accompagnée
d’une copie de l’accord conservée au niveau des archives du
ministère des Travaux publics et de la Construction qui est le même
accord que la partie civile prétend avoir été falsifiée.
L’instruction menée a en effet relevé l’existence de fortes et
solides présomptions à l’encontre de l’accusé, des présomptions à
confirmer et qui tournent autour du faux et usage de faux portant
sur des documents administratifs. Le faux porte sur quatre mots:
«Entreprise Von Rossem G.N» une en-tête qui a remplacé «Entreprise
EPSR». L’audience avait été fixée pour mercredi dernier, mais a été
reportée du fait que ce jour coïncide avec le deuxième jour de l’Aïd
el Fitr. La date de la prochaine audience n’a pas encore été fixée
par la présidente de l’audience du pénal. Mais M. Oul El Hocine sait
que rien désormais n’entravera la récupération de ses biens dont il
a été spolié.
Selma M.
Haut
Transition politique
Quel rôle pour
les partis ?
Un avant-projet a
été rédigé par la Commission du dialogue national (CDN), qui
supervise la réunion de cette conférence à laquelle ont pris part
plusieurs partis politiques.
L’après charte
offre aux Algériens à la fois beaucoup d’espoirs et de déception si
l’on tient compte des moult promesses non tenues depuis la fameuse
conférence nationale, qui a réuni les 25 et 26 janvier 1992 les
autorités et les partis politique, pour proposer une transition
politique de trois ans avant la tenue de nouvelles élections
générales en Algérie. Un avant-projet a été rédigé par la Commission
du dialogue national (CDN), qui supervise la réunion de cette
conférence à laquelle ont pris part plusieurs partis politiques. La
première étape a été de former le HCE pour terminer le mandat
présidentiel laissé vacant par la démission du président Chadli
Bendjedid. Les partis politiques étaient invités à composer le CNT.
L’avant-projet de
plate-forme souhaite que «les instances ainsi que les hommes» qui
composent les organes de la transition «durent autant que possible
toute la période de transition», c’est-à-dire trois ans. Il définit
parmi les objectifs politiques de cette période de transition la
préparation des «conditions permettant le retour au processus
électoral». Parmi les objectifs économiques figure celui de
«poursuivre et approfondir les réformes structurelles de
l’économie».
Mais ces textes
qui insistaient sur la poursuite de la «lutte contre le terrorisme»
et sur les «mesures d’apaisement qui pourraient être envisagées
parallèlement et progressivement à l’évolution de la situation»
n’ont pas donné cependant plus de résultas . La réalité est vécue
sur le terrain. Elle est faite de douleur, de deuil, de disparus et
d’une transition infinie aggravée, faut-il souligner, par l’état
d’urgence décrété au départ pour douze mois. Mais en fait sa durée
obéit à la réalité du terrain caractérisée par une violence qui a
plongé le pays dans une logique meurtrière, qualifiée par la suite
de tragédie nationale. Et ce n’est ni le contrat de Rome ni le
retour au processus électoral qui ont permis le passage à l’après
transition. Des partis politiques algériens (FIS-dissous, FFS, FLN,
Ennahda, MDA, PT, JMC) et la Ligue algérienne de défense des droits
de l’homme signent,
le 11 janvier
1995, un Contrat national de sortie de crise à Rome et exigent la
création d’une commission d’enquête sur les violences perpétrées en
Algérie. Une attitude qui suscita l’indignation car il ouvrait
entre autres la voie à l’ingérence étrangère. Et c’est donc le plus
normalement que le contrat a té «refusé dans sa globalité et dans le
détail». Ce n’est qu’en début de l’an 1999 que l’approche changea
avec l’introduction du concept de la réconciliation nationale,
couronnement historique des processus de la rahma et la concorde
civile. Un changement aussi s’opéra sur la scène politique. Le FLN
ayant rejoint le RND et le MSP . L’un s’affichant en tant
qu’éradicateur et pour le tout sécuritaire, l’autre parti ayant
boudé la rencontre de san’egidio en refusant d’épouser l’option
d’une enquête nationale. Si le FLN n’est lié, outre mesure, par
aucune alliance avec le panel san’egidioniste, il scella, après
éviction de trois SG, une alliance avec le MSP et le RND. Cette
entente allait prendre une nouvelle forme. Une alliance
présidentielle vient définitivement enterrer le contrat moral de
Rome. La coalition FLN-MSP-RND s’érigea donc en bloc uni invitant
les autres partis à en faire de même. Mais la chose s’avère
difficile à réaliser. Les partis politiques, pour se défendre contre
cette incapacité à créer un autre pole politique, évoquent alors la
confiscation du pluralisme politique qui constituait, aux yeux de
Djaballah, Aït Ahmed, Ben Bella, Adami, Louisa Hanoune une sorte de
«bouée de sauvetage» ou une soupape qui permet de faire entendre un
(d’)autre(s) son(s) de cloche(s) pour faire avancer, un tant soit
peu, les choses. Face à cette coalition alignée derrière le
programme présidentiel, les partis, dits de l’opposition, ont versé
dans le soutien critique et n’évoque plus les limites de la période
de transition. Le reste comme le FNA, RCD, le MDS font mine de
faire de la résistance. Paradoxalement, c’est l’allié du FLN et du
RND, le MSP en l’occurrence, qui se prend au jeu de l’opposition
et évoquent des sujets qui auraient pu être de leur ressort en
revendiquant la levée de l’état d’urgence. Mais la persistance
d’actes terroristes donne raison à son maintien. Les partis
politiques sont-ils dans l’expectative ? Le président lui prend des
initiatives. Les chouyoukh sont libres de leurs mouvements, une
charte pour la paix est plébiscitée en 2005, l’exilé de Francfort et
ex-condamné à mort rentre en vedette au pays. Mieux, Rabah Kébir
entame une nouvelle carrière politique.
Il annonce en
grande pompe une nouvelle initiative pour fonder le parti de «l’aune
de la réconciliation». Est-ce à dire que c’est l’annonce d’une
nouvelle ère ? Ou est-ce un retour au processus électoral version
Contrat de Rome ? Entre les deux hypothèses, on ne sait plus où
commence ni ou se termine celle de la
transition
politique qui tarde à accompagner la tentative de transition
sociale et économique ? Que propose la classe politique dont le rôle
est d’éclairer une opinion publique désemparée ? Lassés de promesses
stériles, les citoyens attendent que les partis politiques assument
leur rôle au lieu de faire du carriérisme ou jouer de la figuration
dans une démocratie de façade.
F. O.
Haut
Loi sur les associations à caractère politique
Les nouvelles
règles du jeu
Les futures
élections législatives et communales ne sont pas comme les autres.
Si pour beaucoup,
elles ne changeront rien à la répartition des cartes et aux rapports
de force sur la scène politique, elle constituent néanmoins une
affaire de vie ou de mort pour toutes les formations. Ce sera, en
effet, l’occasion pour se positionner durablement dans les
institutions et sauver l’existence du parti ou bien risquer la
disparition. Cela tranche nettement avec les règles du jeu politique
qui ont prévalu jusque là, à l’ombre de la constitution de 1989 et
celle de 1996. Avec la convergence des membres de l’Alliance
présidentielle, notamment le MSP d’Abou Djerra Soltani et le FLN de
Abdelaziz Belkhadem sur la dissolution des partis n’ayant pas plus
de 5% de voix lors des élections, ce dernier ayant même constitué un
groupe de travail à l’effet de formuler une proposition d’amendement
de la loi actuelle.
Dans le cas où,
comme annoncé, la révision de la loi fondamentale interviendrait
avant les législatives, plus probablement avant a fin de l’année
comme souhaité par le président de la république, Abdelaziz
Bouteflika, la nouvelle loi organique viendrait s’y insérer le plus
logiquement du monde et se chargerait de bouleverser la vie et la
condition des formations politiques. Ce n’est pas là une vue de
l’esprit ou pures spéculations, mais une forte probabilité.
D’ores et déjà, on
imagine l’âpreté que va revêtir la compagne électorale lors des
législatives de 2007 et les locales à la fin de la même année. Les
petites formations, pas seulement celles auxquelles on pense, du
moment que certains partis peuvent effectivement dépasser la barre
des 5%, mais sans pour autant démontrer une assise nationale,
participeront eux aussi aux tirs de barrage contre le FLN et le MSP,
qu’ils ne manqueront pas d’accabler des mauvais point du bilan
gouvernemental ainsi que des maux de la société. En même temps, il
faut s’attendre à ce que le bilan du chef de l’Etat soit évacué des
débats, pour la simple raison que nulle formation n’aura intérêt à
oser le choc frontal avec ce dernier, lequel restera le premier et
dernier arbitre sur cette affaire de nouvelle loi sur les
associations à caractère politique. En d’autres termes, la majorité
se fera un devoir d’attendre que le président de la république
penche du coté des «petits» en ne se prononçant pas pour une
obligation de résultats pour les partis. Selon nombre
d’observateurs, le projet du FLN risque même d’être atténué dans ses
dispositions et leurs effets, pour limiter la «sanction» en cas de
vote favorable très faible aux aspects matériels entrant dans le
cadre du soutien de l’Etat aux partis politiques. Pareille option ne
pourra être, cependant, de petite portée, vu qu’elle amoindrira
considérablement la marge des formations qui seront touchées, les
privant ainsi des moyens de revenir à un meilleur score lors des
élections inscrites au-delà de 2007.
En tout état de
cause, le dossier de la nouvelle loi organique n’est pas une mince
affaire et il est regrettable de constater qu’elle n’ait pas fait
l’objet d’un débat approfondi ou de positions claires, surtout du
coté de l’opposition.
Amine B.
Haut
Vox populi
La rue
sceptique
Les gens que nous
avons interrogés n’y croient pas. Les partis politiques algériens
ont perdu énormément de crédibilité auprès d’une population qui
attend beaucoup d’eux aujourd’hui.
«Les partis
politiques ! Dès qu’on entend parler, c’est que ce sont des
élections qui se trament ! C’est sûr ! On ne les voit jamais durant
toute l’année, ils chôment ! Ce n’est pas difficile à deviner.
Personnellement, je n’y crois pas trop, ils n’ont rien apporté à la
jeunesse algérienne depuis qu’ils sont là», explique Malik, étudiant
en droit. Saïd, 40 ans, fonctionnaire dans une entreprise publique
sourit à la question : «Ces partis, on y a cru au début, nous étions
naïfs et jeunes, ils n’ont pas de programmes clairs, ne proposent
pas de projets de société et nous avons l’impression qu’il font de
l’opposition fantoche, ils n’ont aucun poids politique, ils ne sont
pas une force de changement».
Karim, jeune
chômeur n’en pense pas moins. «Sincèrement, leurs discours, je n’y
comprends rien. De qui parlent ils, que disent ils ? Je ne m’y
retrouve pas. Je ne veux pas y adhérer, je sais que cela ne me
mènera nulle part ! ». Pour Nawel, femme au foyer et mère de quatre
enfants, les partis politiques ne disposent pas de moyens pour
plaider leur propre cause. «Ils ne peuvent rien faire, les
évènements de Kabylie ont bien démontré leur échec».
I. B.
Haut
Financement des partis
La boîte de
Pandore
Le financement
des partis, voilà un sujet qui, bizarrement, fait rarement, pour ne
pas dire jamais, l’objet d’investigations journalistiques.
Il est vrai aussi
que ce volet de l’activité des formations politiques est entouré de
la plus grande des discrétions. Tout intérêt manifesté à la
question est mal venu. Il est aussi mal perçu. Et les responsables
de partis ne se gênent pas de vous le faire sentir. Et lorsqu’on
daigne communiquer quelques informations, on prend un grand soin
pour presque ne rien dire. Et pourtant, tous, vous diront qu’en
matière de comptabilité, il n’y a rien qui puisse leur être
reproché. Bien au contraire. C’est la transparence la plus totale En
fait, toutes les formations vous diront vivre des cotisations de
leurs militants et de dons et legs de sympathisants. Ceux qui ont la
chance d’avoir des élus déclarent faire contribuer ces derniers
d’une part et reconnaissent toucher les subventions qui sont
accordées par l’Etat, –tout poste électif occupé par un militant
d’un parti politique–. En un mot, tous affirment se conformer aux
dispositions des différents articles de l’ordonnance n° 97-09 du
6 mars 1997 portant loi organique relative aux partis politiques.
Elle stipule dans ses articles 27 et 28 que les ressources des
partis sont «constituées par les cotisations de leurs membres, les
dons, legs et libéralités, les revenus liés à leurs activités» et
«les aides éventuelles de l’Etat» d’une part et que «les cotisations
ne doivent pas excéder au plus 10% du salaire national minimum pour
chaque membre et par mois». Et naturellement tous affirment qu’en
dehors de ces ressources, ils ne jouissent d’aucun autre revenu. Il
est vrai que dans son chapitre financement des partis, la loi en
vigueur interdit aux partis politiques «de recevoir directement
ou indirectement un soutien financier ou matériel d’une quelconque
partie étrangère, à quelque titre ou forme que ce soit» sous peine
d’exposer le parti ayant enfreint cette disposition à un retrait
d’agrément. Et pourtant si l’on juge par l’introduction d’un article
consacré au financement des partis dans la loi sur la corruption, on
est amené à croire que le financement occulte n’est pas une vue de
l’esprit. Sinon quel intérêt il y a dans cet article 39 qui expose
toute personne ayant financé de manière occulte les partis, à des
peines de prison allant de 2 à 10 ans et d’une amende qui varie
entre 20 000 et 1 000 000 DA. Du reste, selon des sources crédibles,
l’Inspection générale des finances vient de lancer une opération de
vérification des comptes de quelques partis. Et si les premiers
résultats des investigations menées ne font pas encore état de
financement occulte, ils ont au contraire relevé les traces
d’importants détournements qui se chiffrent en milliards de
centimes. D’où provient cet argent ? Au moment de l’éclatement de la
crise d’El Islah, les dissidents ont affirmé que Djabballah a
détourné
13 milliards de
centimes alors que le montant engrangé depuis 1999 par ce parti
sous forme de subventions accordées par l’Etat est de
10 milliards de
centimes. Un scandale financier similaire étouffé dans l’œuf a
éclaté au sein du PT. Les dissidents avaient fait cas également de
détournement de fonds propres au parti. Le FLN, dont les avoirs
avaient été gelés, avait continué à fonctionner normalement. Il est
vrai que cette formation, qui détient la majorité dans toutes les
assemblées élues, a un pactole beaucoup plus important. A titre
d’exemple, pour les seuls 200 députés qui siègent au niveau de l’APN,
le parti perçoit une subvention de 20 millions de centimes par élu.
Sans oublier ce que chaque élu est tenu de reverser à son parti. La
cotisation est fixée entre 20 à 30% du salaire. Un taux pratiqué par
le RND alors que chez le FFS, il est fixé à 33%. Les élus du FNA
sont tenus de verser 10 000 DA. Et le PT oblige les siens à reverser
l’intégralité de la rémunération et le parti verse un salaire de
57 000 DA en contrepartie. Le montant récolté des cotisations reste
aussi énigmatique, dans la mesure où aucun parti ne vous avouera le
nombre exact de ses militants.
Cette situation
est-elle responsable de l’état d’hibernation dans lequel se trouvent
la majorité des partis ? Si elle ne peut justifier totalement cette
absence du champ politique, il reste qu’elle l’explique en grande
partie. Car tenir des meetings et autres activités partisanes
nécessite beaucoup d’argent. Alors le peu qui est donné, dans le
cadre des subventions, peut servir à d’autres fins.
Nadia Kerraz
Haut
Mouvements de redressement
Nul n’est à
l’abri
Depuis
l’ouverture du champ politique en Algérie après les évènements
sanglants d’octobre 88, plusieurs partis ont vu le jour dans la
douleur. Citons, entre autres, le RCD, Hamas, El Islah, le RND, le
PT avec ses 8 députés… et la liste est encore longue. C’était le
temps de l’ouverture démocratique. L’euphorie générale passée,
plusieurs crises internes ont éclaté au sein de ces formations
politiques. Celle qui a secoué le Front de libération nationale, en
2003, a défrayé la chronique à l’époque. Pour rappel, la crise qu’a
vécue le plus vieux parti algérien a commencé lorsque Ali Benflis,
alors secrétaire général du FLN, a pris la décision de ne pas
soutenir la candidature de Abdelaziz Bouteflika, et ce, en voulant
voler de ses propres ailes. Cette décision n’a pas plu du tout au
parti, ce qui a amené ses dirigeants à invalider le 8e congrès du
Front de libération nationale, organisé sous la houlette de Benflis.
Suite à quoi un mouvement de redressement, conduit entre autres par
Barkat et Amar Tou, a vu le jour. Lequel mouvement a organisé deux
congrès. Il s’agit du rassemblement d’étape et, surtout, de celui
dénommé congrès rassembleur à l’issue duquel Abdelaziz Belkhadem
prit les rênes du FLN. Plus vieux parti de l’opposition démocratique
en Algérie, le Front des forces socialistes a fait, lui aussi, les
frais du vent de la discorde qui a soufflé sur certains partis
politiques. A quelques exceptions près, le parti d’Aït Ahmed, a
failli s’acheminer vers un mouvement de redressement. Les militants
de base ont manifesté leur mécontentement à travers plusieurs
rassemblements organisés à Tizi Ouzou et Alger, en dénonçant la
légitimité de la direction nationale. Laquelle direction était
accusée de tous les maux qu’a traversés le parti. On reproche à la
direction du FFS l’immobilisme et l’attentisme face à tout ce qui se
passe sur la scène politique, que ce soit sur le plan national ou
international. Plus de 500 militants ont d’ailleurs organisé, en
août dernier, un rassemblement de contestation au siège national du
Front des forces socialistes. Le mouvement d’El Islah n’a pas
échappé, lui aussi, au vent de la discorde conduit par Ahmed
Boulahia et les dissidents du parti d’obédience islamiste, dont 12
députés, ont eu recours à la justice. Ces derniers avaient déposé
deux plaintes le 18 novembre au niveau de la chambre administrative
près le tribunal de sidi M’hamed et dans laquelle ils ont accusé
Abdallah Djaballah de détournement de fonds du parti et
l’interdiction de la tenue du conseil consultatif extraordinaire.
On lui a reproché également la façon avec laquelle il gère le parti.
Dans un entretien accordé à un confrère, Abdallah Djaballah affirme
que «sur le plan politique, l’on assiste depuis quelques mois à une
véritable campagne de dénigrement contre l’opposition. Une campagne
menée par les cercles du pouvoir et exécutée par ses relais
médiatico-politiques.
El Islah qui est
dans le collimateur du pouvoir, n’a pas échappé à ces manœuvres.
Bien au contraire, il semble que nous figurions en tête des partis
qui gênent le système. La raison est connue, El Islah a refusé et
refuse toujours de se plier à la règle générale ou plutôt, au jeu
des alliances, qu’on dit stratégiques, qui plébiscitent le Président
Bouteflika, et ce, malgré toutes les surenchères.» Ce n’est que
récemment que la justice l’a rétabli dans ses droits. Le
Rassemblement national démocratique d’Ahmed Ouyahia a connu, lui
aussi, ce qui s’apparente à un mouvement de redressement conduit par
MM. Kébir et Nouasri, bien que, paradoxalement, ces derniers aient
quitté le parti depuis longtemps. Ces derniers revendiquent une
conférence nationale qui regroupera tous les cadres du parti depuis
sa création. Le RND, qui a raflé les voix lors des éléctions de 1997
n’a pas pu en faire autant en 2002. En définitive, c’est justement
pour redorer son blason que les deux militants, déjà cités, se sont
insurgés. Ce qu’il y a lieu de noter, c’est qu’un vent de discorde
a soufflé sur le toit de plusieurs partis politiques en Algérie.
Presque sans exception.
Djamel Oukali
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Partis A cours de popularité
Combien de
militants ?
Chaque parti,
fut-il islamiste, nationaliste, démocrate, gauchiste…se targue de
jouir du soutien des masses et d’être par conséquent la force
politique qui a le plus de cote auprès du peuple. Légitime sentiment
mais qui ne saurait néanmoins outrepasser son caractère subjectif,
voire, souvent, illusoire.
Car, sur le sujet,
les responsables des partis sont tout sauf transparents. Vous
entendez ici et là, dans des meetings, dans des conférences de
presse ou ailleurs des leaders politiques revendiquer une masse
partisane faite de «centaines de milliers» d’adhérents et de
sympathisants mais sans pour autant avancer la moindre explication à
même de permettre de confirmer la véracité des chiffres avancés.
C’est le cas du FLN, du MSP, d’El Islah. Pourtant, tout le monde
sait que la classe politique algérienne est moribonde.
C’est à cours
justement de cette popularité qu’elle revendique à tort. Que les
citoyens ne croient plus en ces partis ni même d’ailleurs à la
politique tant la déliquescence qui écorne la vie publique depuis
plusieurs années, est générale. Qui de ces partis prétend mobiliser
les foules?
Qui d’entre eux
est-il réellement en mesure de mobiliser la rue autour d’une
quelconque revendication ? Même s’ils se cachent tous derrière
l’alibi salvateur de l’«état d’urgence» et des interdictions de «Zerhouni»,
il faut quand même dire que notre classe politique tourne dans le
vide. Pas la peine d’être grand clerc pour voir cette réalité
patente.
Intras muros, les
choses ne sont pas moins reluisantes. Rares sont les partis qui ont
lancé un audit interne dans le but d’ évaluer le nombre des
militants, des nouveaux adhérents, des sympathisants, des exclus,
des démissionnaires.
Et de là, situer
les caractéristiques géographiques, sociales, intellectuelles…des
données récoltées. Une telle initiative ne peut que contribuer, en
théorie, à donner plus d’aura et de crédibilité.
Et pourtant nul ou
très peu de ces partis, n’ont osé une opération qui peut s’avérer
suicidaire pour ses propres initiateurs.
A l’exception du
FFS qui a annoncé, mais il y a deux ans de cela, le lancement d’un
audit interne – qu’on refuse de rendre public – et récemment le RND
qui affirme vouloir lancer un sondage pour faire un point de
situation sur ses troupes. Hormis ces deux formations, aucune
autre n’a recouru à ce procédé pour s’évaluer.
Mais pas question
ici de sondages relatifs au poids de chaque formation dans la
société. Trop risqué, ce terrain pour les responsables de partis.
A. G.
Haut
Demandant leur réintégration
302
ex-travailleurs de l’ETUSA en grève de la faim
Entre le marteau
et l’enclume depuis 8 ans pratiquement, en raison de leur
compression, quelque 302 ex-employés de l’Entreprise de transport
urbain et sub-urbain de la capitale, (ETUSA), observent depuis hier
matin une grève de la faim au sein même de l’enceinte de la Maison
du peuple (siège de l’UGTA) à Alger, dans le but, espèrent-ils, de
faire valoir leurs revendications qui tardent à être prises en
charge. Quinze d’entres eux étaient présents hier au siège de l’UGTA,
assis sur des matelas et entourés de banderoles sur lesquelles on
pouvait lire : «Non à la Hogra» et «Pour une réintégration rapide».
Ces grévistes se disent «être victimes d’une compression abusive».
Après 8 ans d’attente et de lutte dans l’espoir d’être réintégrés
«sans aucun problème» chose qui devrait être effectuée, estime l’un
des compressés rencontrés sur les lieux, dans de bonnes conditions,
leur réintégration rencontre «de faux obstacles». Des obstacles qui
se traduisent par le non respect des lois, notamment «la violation
des termes des décrets 94/09 et 94/11 relatifs à la préservation de
l’emploi et à la protection des salariés susceptibles de le perdre».
Le représentant de
ces travailleurs, en sa qualité du chef de service,
M. Belakhdar Aomar
impute la situation de détresse, sociale et morale, dans laquelle se
retrouvent ses
anciens collègues, à la direction de l’ETUSA. Il a mis en avant le
fait que les dossiers de ces employés aient été transmis à la CNAC
trois mois après qu’il eut été mis fin à leurs activités, alors que
selon la réglementation, les dossiers doivent être transmis deux
mois avant que ne soient prononcées les mesures de licenciement
prises à leur encontre. Il précise, d’autre part, que l’entreprise
n’a réglé la contribution d’ouverture de droit (COD) des
travailleurs licenciés que cinq mois après qu’une partie de son
personnel ait été remerciée, «alors qu’elle aurait dû le faire deux
mois avant l’entrée en vigueur de cette mesure», souligne encore
notre interlocuteur. Ce dernier ajoute dans la foulée qu’après «la
reprise en force» de cette entreprise publique de transport, les
compressés ont été mis à l’écart du fait que l’entreprise Etusa a
pris la décision de recruter près de 400 nouveaux agents, au mois
d’avril dernier, sans pour autant prendre en compte la réintégration
de ces anciens agents et ce, en dépit des décisions de justice
prononcées en leur faveur. A noter que sur l’ensemble de ces
travailleurs, 83 pour lesquels l’Etusa avait cotisé, n’ont pas eu la
possibilité de pouvoir bénéficier des pensions versées par la caisse
d’assurance chômage, en raison de leur non présentation pour pouvoir
être régularisés.
Kahina Benarab
Haut
Procès El-kadhafi - Ecchourouk El Youmi
Il aura lieu le
31 octobre
Un précédent dans
les annales de la justice algérienne : un tribunal jugera une
affaire opposant un Président à un journal algérien ! Le procès
est programmé pour le 31 octobre en cours au tribunal correctionnel
de Hussein Dey et opposera le chef de l’Etat libyen au quotidien
algérien « Ecchourouk El Youmi ». D’aucuns se posent des questions
sur les desseins de Mouammar El Kadhafi, en déposant une plainte
contre un journal algérien. Le président libyen assistera-t-il en
personne à ce procès ou désignera-t-il un représentant ? on sera
fixé d’ici quelques jours. « L’affaire » remonte au 03 et au 12 août
2006 , dates de publication d’articles jugées « diffamatoires » par
le président de la République libyen selon la citation directe
adressée par le bureau du procureur de la République prés le
tribunal de Hussein Dey au journal « Ecchourouk El Youmi ». Ces
articles font état de « manipulations » de la part de el Khadafi
pour rassembler des touaregs tchadiens, maliens et algériens autour
d’un projet qui semble être cher pour le leader libyen, celui de la
création, «non sans calculs » d’un Etat touareg sur une partie du
territoire algérien. La partie civile estime qu’il s’agit
d’ »allégations mensongères nuisant aux relations excellentes entre
l’Algérie et la Libye ». De son côté , Anis Rahmani, directeur de la
rédaction de ce quotidien dira hier que « nous n’avons fait que
défendre les intérêts de notre pays ». contacté par téléphone il
ajoutera que « le président Mouammar El Kadhafi tente, par cette
action en justice intentée en Algérie, de faire croire qu’il n’a
aucun problème avec l’Algérie ». Toutefois le directeur de la
rédaction d’El chourouk el youmi relèvera « Un problème se pose « .
Celui indique-t-il , « de la loi qui accorde l’immunité à un chef
d’Etat d’un pays étranger ». Une source judiciaire fait état de
« vides juridiques » dans de telles affaires.
M. Abi
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Promettant d’octroyer des crédits à moyen et long terme
Fransabank Al
Djazaïr opérationnelle
La banque
Fransabank Al Djazaïr, filiale du groupe libanais Fransabank, a
lancé depuis hier ses activités en Algérie. Après avoir réuni toutes
les conditions légales et techniques, cette banque a été agréée par
la Banque d’Algérie, pour être, à ce titre, la première banque à se
conformer à la nouvelle réglementation, en libérant intégralement et
en numéraires son capital social de 2,5 milliards de dinars. Lors
d’une conférence de presse, animée hier à l’hôtel Sofitel, Nadim A.
Kassar, directeur de Fransabank Al Djazaïr a expliqué que sa banque
compte sur son savoir-faire et sur la qualité des services proposés
pour décrocher des parts de marché. En accordant «une attention
particulière aux PME/PMI», elle fournira une gamme de produits
diversifiée et innovante pour les activités commerciales. A la
différence des banques algériennes, cette banque octroie des crédits
à moyen et long terme pour le secteur industriel. Avec un taux
d’intérêt similaire à celui proposé par l’ensemble des banques
activant en Algérie, le large éventail de services proposé par
Fransabank Al Djazaïr, poursuit son premier responsable, comprend
notamment le crédit au logement et celui à la consommation. Mais,
selon lui, détenir des parts de marché est possible puisque
l’Algérie est «encore sous-bancarisée». En projetant d’ouvrir une
nouvelle agence à Alger ainsi que d’autres à travers les principales
régions d’Algérie, dans les prochains mois, il a souligné que la
stratégie adoptée est graduelle. Pour le personnel, la majorité des
cadres recrutés sont des Algériens, a-t-il indiqué. Sollicité par
un journaliste pour s’exprimer sur les différents scandales
financiers qui ont ébranlé la place financière pendant des années,
Nadim A. Kassar a estimé que «c’est normal qu’il y ait des erreurs».
Il reste,
toutefois, confiant quant aux réelles potentialités que recèle
l’économie algérienne. Le capital de Fransabank Al Djazaïr est
détenu principalement par la banque-mère Fransabank alors que les
deux autres actionnaires sont la filiale algérienne du groupe CMA
MGM, spécialiste du transport maritime et la société Maghreb Truck
du groupe industriel privé Salhi. Sur une soixantaine de banques, la
Fransabank est classée cinquième au niveau de la place bancaire
libanaise. Elle a réalisé un total de bilan de cinq milliards de
dollars. Ses fonds propres sont de 370 millions de dollars ; cette
banque a réalisé un bénéfice de 47 millions de dollars en 2005. La
Fransabank compte créer prochainement, au Liban, une banque
islamique, annonce Nadim A. Kassar qui n’a pas écarté la possibilité
de créer une autre similaire en Algérie. Mais, a-t-il dit, ce projet
reste un objectif à long terme.
Karima Sebai
Haut
Khemis El-Khechna
4 bombes
désamorcées dans un cimetière
Un carnage été
évité de justesse ce jeudi au cimetière Sidi El Bakhti relevant de
la commune de Khemis El Khechna, 35 km du chef-lieu de la wilaya de
Boumerdès, où 4 bombes ont été enfournées dans des tombes où
reposent des gardes communaux et des agents de sécurité, victimes
d’actes terroristes. Des traces de terre fraîchement retournées sur
quelques tombes et plus particulièrement celles des victimes du
terrorisme ont attiré l’attention de quelques citoyens de la région
venus se recueillir auprès de leurs proches. La rumeur d’une bombe
dans le cimetière a investi les familles accompagnées de leurs
enfants en ce 3e jour de l’Aïd qui a soulevé la terreur et provoqué
une panique indescriptible parmi les visiteurs, principalement des
femmes et des enfants. Aussitôt informés, les services de sécurité
de la localité se sont rendus sur les lieux et ont dépêché une
équipe spécialisée pour ce genre d’intervention. Les recherches
effectuées à l’aide de matériels sophistiqués et chiens dressés ont
permis aux artificiers de découvrir 4 bombes de fabrication
artisanale qui furent désamorcées sans aucun incident. Même les
morts ne sont pas épargnés chez-nous par des actes terroristes,
disait un citoyen d’un âge avancé. Ainsi donc, après une fin de
ramadan sanglante par la mort d’un chauffeur de taxi et 4 blessés
dans un attentat terroriste à main armée dans la région de Thénia au
lieu dit Gueddara à 15 km de Boumerdès et celui à la bombe perpétré
à Dellys contre un convoi militaire où il a été enregistré un bilan
de 2 morts et 5 autres blessés, ce fut au tour des cimetières et des
morts d’être la cible des terroristes en cette fête religieuse de
l’Aïd El Fitr qui fut gâchée par un tel acte.
K .A.
Haut
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