Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Division

La crise au Tibet, en plus de mettre le pays à feu et à sang, a eu un effet secondaire inattendu, la mésentente des grandes puissances quant à l’attitude à adopter face à la Chine accusée de réprimer dans la violence les Tibétains. Evidemment, au centre du désaccord les Jeux olympiques de Pékin que certains proposent de boycotter la cérémonie d’ouverture en signe de protestation. Et alors que la France, pays des droits de l’homme et de reporters sans frontières, préconise un boycott éventuel de la cérémonie dans le cas où la Chine intensifierait son action au Tibet, d’autres pays se refusent à de telles extrémités. Parmi ces pays on peut citer la Grande-Bretagne qui, sous l’égide de Gordon Brown, exclut tout boycott de cette sorte et les Etats-Unis. Lors d’une conférence de presse, George W. Bush a évoqué sa conversation téléphonique de mercredi avec son homologue chinois Hu Jintao. Il a indiqué lui avoir dit qu’il était «dans l’intérêt de son pays» de dialoguer avec le chef spirituel des Tibétains, l’engageant aussi «vivement à la retenue» dans la réaction chinoise face aux troubles. Toutefois, le président américain n’envisage aucunement de déserter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. Surtout lorsqu’on sait que les Américains ont l’habitude de toujours remporter le plus grand nombre de médailles à tous les JO auxquels ils participent depuis quelques années. Côté européen, les discussions battent leur plein et les avis divergent. Pressés par les militants des droits de l’homme de faire un geste fort contre la répression au Tibet en boycottant la cérémonie d’ouverture du 8 août à Pékin, les dirigeants européens ne semblent pas prêts à aller jusque-là, certains ne souhaitant même pas en discuter à ce stade. On le voit bien, la question tibétaine divise ceux qui prônent le boycott et ceux qui le rejettent, mais peut-être cela divise-t-il en réalité ceux qui ont des intérêts financiers qu’ils ne veulent pas perdre à ceux qui n’ont rien à perdre. Des pays tels que les Etats-Unis ont déjà gagné chaque année des milliards avec les commandes d’armes de la Chine et cela passera toujours derrière le Tibet ou n’importe quel petit Etat qui n’a somme toute pas beaucoup d’importance.

F. M.

 

Monde

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Irak

Extension des combats, quelque 230 tués

 

 30/03/08

 

Irak

Extension des combats, quelque 230 tués

Les combats entre miliciens chiites et troupes irakiennes et américaines se sont étendus hier en Irak, alors que le bilan s’est alourdi pour atteindre au moins 230 tués, au cinquième jour des violences.

La police a annoncé avoir lancé avant l’aube hier une opération contre des miliciens chiites dans la ville sainte chiite de Kerbala (110 km au sud de Baghdad), jusqu’ici épargnée par les combats. Le chef de la police de Kerbala, le général Raeed Jawdad Chaker, a assuré que 12 miliciens chiites avaient été tués et 25 arrêtés.

Ces nouveaux combats interviennent au cinquième jour d’affrontements entre les miliciens de l’armée du Mahdi, la puissante organisation du chef radical Moqtada Sadr, et les forces de Baghdad, appuyées par des unités américaines.

Dans le seul quartier de Sadr City, bastion de l’armée du Mahdi à Bagdad, au moins 75 personnes ont été tuées et près de 500 blessées depuis le début des combats, selon le porte-parole des services de santé de Baghdad, Kassem Mohammed. Il a accusé les forces américaines de «créer des obstacles» pour transporter les victimes hors de Sadr City, un immense quartier populeux qui abrite au moins deux millions d’habitants et se trouve coupé du reste de la ville.

Un bilan provisoire et partiel des combats depuis le 25 mars s’établit à au moins 230 tués et plusieurs centaines de blessés, selon un décompte de l’AFP à partir d’informations fournies par des responsables identifiés.

Les combats opposent les miliciens de Moqtada Sadr, qui conteste la légitimité du Premier ministre Nouri al-Maliki et l’accuse d’être à la solde des Américains, et les troupes du gouvernement fédéral de Baghdad.

M. Maliki n’a pas désigné explicitement le mouvement sadriste comme l’objectif de l’opération qu’il supervise personnellement à Bassorah (sud), et assure qu’il veut éliminer des «éléments criminels» qui terrorisent les civils.

Le mouvement sadriste qui bénéficie d’un grand soutien populaire, exige que lui soit réservé plus de pouvoir, mais le gouvernement rejette la pérennité d’une organisation paramilitaire qu’il ne contrôle pas. Ce face-à-face intervient alors que se profilent d’importantes élections locales, au mois d’octobre, pour désigner les responsables des provinces, qui bénéficieront d’un large pouvoir et d’importants moyens financiers.

L’opération de mise au pas de la milice a commencé le 25 mars à Bassorah. Hier, une frappe aérienne attribuée aux forces de la coalition internationale a dû venir en soutien des troupes irakiennes au sol.

Selon des témoins et des correspondants de presse, ce bombardement a fait huit tués et plusieurs blessés dans le quartier al Baath de la zone d’Hayaniyah (nord-ouest de Bassorah), à quatre kilomètres du centre-ville.

Vendredi, un officier britannique avait indiqué que, pour la première fois, des appareils de la coalition étaient intervenus dans les combats à Bassorah, en menant deux missions de bombardements contre des miliciens.

A Baghdad, un couvre-feu est toujours en vigueur pour la deuxième journée consécutive et les artères de la ville sont désertes. Annoncé jeudi soir par le commandement militaire de la ville, il doit rester en vigueur jusqu’à ce matin.

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