|
Irak
Extension des
combats, quelque 230 tués
Les
combats entre miliciens chiites et troupes irakiennes et américaines
se sont étendus hier en Irak, alors que le bilan s’est alourdi pour
atteindre au moins 230 tués, au cinquième jour des violences.
La police a
annoncé avoir lancé avant l’aube hier une opération contre des
miliciens chiites dans la ville sainte chiite de Kerbala (110 km au
sud de Baghdad), jusqu’ici épargnée par les combats. Le chef de la
police de Kerbala, le général Raeed Jawdad Chaker, a assuré que 12
miliciens chiites avaient été tués et 25 arrêtés.
Ces nouveaux
combats interviennent au cinquième jour d’affrontements entre les
miliciens de l’armée du Mahdi, la puissante organisation du chef
radical Moqtada Sadr, et les forces de Baghdad, appuyées par des
unités américaines.
Dans le seul
quartier de Sadr City, bastion de l’armée du Mahdi à Bagdad, au
moins 75 personnes ont été tuées et près de 500 blessées depuis le
début des combats, selon le porte-parole des services de santé de
Baghdad, Kassem Mohammed. Il a accusé les forces américaines de
«créer des obstacles» pour transporter les victimes hors de Sadr
City, un immense quartier populeux qui abrite au moins deux millions
d’habitants et se trouve coupé du reste de la ville.
Un bilan
provisoire et partiel des combats depuis le 25 mars s’établit à au
moins 230 tués et plusieurs centaines de blessés, selon un décompte
de l’AFP à partir d’informations fournies par des responsables
identifiés.
Les combats
opposent les miliciens de Moqtada Sadr, qui conteste la légitimité
du Premier ministre Nouri al-Maliki et l’accuse d’être à la solde
des Américains, et les troupes du gouvernement fédéral de Baghdad.
M. Maliki n’a pas
désigné explicitement le mouvement sadriste comme l’objectif de
l’opération qu’il supervise personnellement à Bassorah (sud), et
assure qu’il veut éliminer des «éléments criminels» qui terrorisent
les civils.
Le mouvement
sadriste qui bénéficie d’un grand soutien populaire, exige que lui
soit réservé plus de pouvoir, mais le gouvernement rejette la
pérennité d’une organisation paramilitaire qu’il ne contrôle pas. Ce
face-à-face intervient alors que se profilent d’importantes
élections locales, au mois d’octobre, pour désigner les responsables
des provinces, qui bénéficieront d’un large pouvoir et d’importants
moyens financiers.
L’opération de
mise au pas de la milice a commencé le 25 mars à Bassorah. Hier, une
frappe aérienne attribuée aux forces de la coalition internationale
a dû venir en soutien des troupes irakiennes au sol.
Selon des témoins
et des correspondants de presse, ce bombardement a fait huit tués et
plusieurs blessés dans le quartier al Baath de la zone d’Hayaniyah
(nord-ouest de Bassorah), à quatre kilomètres du centre-ville.
Vendredi, un
officier britannique avait indiqué que, pour la première fois, des
appareils de la coalition étaient intervenus dans les combats à
Bassorah, en menant deux missions de bombardements contre des
miliciens.
A Baghdad, un
couvre-feu est toujours en vigueur pour la deuxième journée
consécutive et les artères de la ville sont désertes. Annoncé jeudi
soir par le commandement militaire de la ville, il doit rester en
vigueur jusqu’à ce matin.
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|