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11e congrès de l’UGTA

Une étape pour rebondir

Belkhadem 

«L’ambassade des USA ne doit pas s’ingérer dans nos affaires internes»

Louisa Hanoune

«La Centrale rassemble les travailleurs arabophones et berbérophones…»

Confronté à des difficultés lors de son application

Haraoubia à la rescousse du LMD

Indépendance de la justice

Maître Sellini plaide pour l’élection des magistrats

Douanes

Nouvelles mesures sur certains produits importés

Fonction publique

Pour un SMIG à 15 000 DA

Les compagnons du leader targui Bahanga sont formels

«Le couple autrichien ne se trouve pas au nord du Mali»

Convention entre le ministère du Tourisme et 16 établissements touristiques

Réussir à tout prix la saison estivale

3e Salon Equip’Auto Algeria

Plus de 170 exposants attendus demain à la Safex

Des actions et des fonds dans la perspective du SNAT

Le programme des Hauts Plateaux, un défi contre le «mal-développement»

Renforcer le développement local

L’exemple de la wilaya de Médéa

 

 30/03/08

 11e congrès de l’UGTA

Une étape pour rebondir

Le 11e congrès de l’UGTA s’est ouvert hier à l’hôtel El Aurassi à alger. Placé sous le signe de «stabilité, solidarité, modernité», ce congrès, qui réunit près de 1 000 délégués congressistes, intervient enfin après un retard de deux années et demie, retard auquel la direction de l’UGTA n’a pas donné d’explication.

Ce congrès intervient aussi et surtout dans un contexte socio-économique difficile, marqué surtout par la hausse des prix et l’érosion du pouvoir d’achat des travailleurs. Le chef du gouvernement et la quasi-totalité de son équipe, des chefs de parti, Ahmed Ouyahia du RND et Louisa Hanoune du PT, des ambassadeurs et des représentants d’organisations syndicales étrangères et internationales ont assisté à la cérémonie d’ouverture de ce congrès qui a été destinataire d’un message du président de la république. Dans ce message lu par son conseiller M. Mohamed Ali Boughazi, le président de la République a affirmé que l’UGTA a «contribué, avec le courage qu’on lui sait, à la défense de la République au moment où elle traversait des moments difficiles» et qu’elle demeure «un acteur national privilégié par son attachement à la stabilité sociale et à la paix au sein de notre société». Considérant les transformations induites par la mondialisation, et dont les impacts «sont ressentis d’abord et avant tout par les travailleurs» dans l’hémisphère sud de la planète, il préconise «l’indispensable mutation des mentalités» pour faire face à la complexité et à la gravité des enjeux et des défis à venir. Et dans ce sillage, il a souligné que L’UGTA «a une responsabilité de premier ordre dans la consolidation de notre processus de développement économique et social», en ajoutant qu’elle doit «de plus demeurer vigilante face aux tentatives de porter atteinte aux intérêts de la société». Lors de son intervention, le secrétaire général de l’UGTA, M. Abdelmadjid sidi Saïd a considéré ce congrès comme «un rendez-vous important dans la vie de l’UGTA». Retraçant l’historique de l’organisation et son bilan qu’il qualifia de «positif», il indique que «des défis importants l’attendent à l’avenir».   

Après la cérémonie d’ouverture, la composante du bureau du congrès – constitué de six membres, un par région, une femme et un retraité – a été désignée et adoptée. Les travaux ont repris pour l’adoption de l’ordre du jour et le règlement du congrès, ainsi que l’installation des différentes commissions. Six commissions ont été mises sur pied. Hier après-midi, il a été procédé à la présentation des rapports des différentes commissions qui seront soumis au vote aujourd’hui. Il sera procédé également à l’élection des nouveaux membres de la CEN. Demain, dernier jour du congrès, les délégués congressistes auront à élire un nouveau secrétaire général, à adopter un plan d’action et  présenter la déclaration finale de ce congrès. Si pour le poste de secrétaire général les choses semblent d’ores et déjà ficelées, Sidi Saïd, étant donné grand favori à sa propre succession, la répartition des postes au sein du secrétariat national ne semble pas encore tranchée. Dans les coulisses, certains délégués ne cachent pas leur désillusion et leur scepticisme et n’hésitent pas à parler d’un congrès «sur mesure». «Il y a eu plusieurs manquements aux statuts et au règlement interne dans l’élection des congressistes» affirme l’un deux, en citant plusieurs cas, dont celui de la wilaya d’Alger, où «les structures n’ont pas été renouvelées et les délégués n’ont pas été démocratiquement élus». 

Par Boudjemaâ Medjkoun

 

Belkhadem 

«L’ambassade des USA ne doit pas s’ingérer dans nos affaires internes»

Interroge en marge de l’ouverture du congrès de l’UGTA à propos des agissements de l’ambassade américaine et l’interdiction du gouvernement aux partis et associations de ne pas prendre attache avec celle-ci, le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé qu’«il n’y a pas de conflit entre le gouvernement algérien et l’ambassade américaine à Alger». Rappelant les usages diplomatiques en la matière, il dira que l’Algérie «respecte toutes les représentations diplomatiques accréditées en Algérie qui se doivent de faire leur travail dans le cadre des règles et usages diplomatiques universels». L’Algérie, a-t-il dit, «respecte ces usages et règles» et de ce fait, a-t-il ajouté, «il est du devoir de nos hôtes d’en faire de même et de ne pas s’ingérer dans les affaires internes de notre pays»  

B. M.

 

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Louisa Hanoune

«La Centrale rassemble les travailleurs arabophones et berbérophones…»

Invitée à l’ouverture du 11e congrès de l’UGTA, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, qui semble avoir enfin trouvé un terrain d’entente avec Chakib Khellil, aux côtés duquel elle a assisté à la cérémonie d’ouverture, s’est refusée de donner une quelconque lecture sur le bilan de l’UGTA. «Ce n’est pas à moi de faire le bilan de l’UGTA». «Nous avons toujours soutenu l’unité des travailleurs dans leurs actions indépendamment des politiques que peuvent appliquer les directions à un moment où à un autre» a-t-elle indiqué. Contexte mondial et privatisation obligent, elle estima que le défi, aujourd’hui, est «la préservation des acquis et des droits des travailleurs». Dans le même sillage, elle a souligné que «le fait que ce congrès se tienne est un grand défi et une réussite pour les travailleurs». Apportant son soutien à l’UGTA, elle a indiqué qu’«il s’agit d’une Centrale syndicale qui regroupe les travailleurs berbérophones et arabophones, c’est très important pour nous». Ce qui est, ajoute-t-elle, rassurant car «à chaque fois que l’unité des travailleurs est atteinte ça nous inquiète» a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, et affirmant n’avoir aucun message à transmettre aux syndicats autonomes mais insistant sur la nécessité du respect des libertés syndicales qui sont consacrées par la loi et les différentes conventions internationales signées par l’Algérie, elle a déclaré qu’il est «inadmissible que l’on réponde de la part du gouvernement à des revendications légitimes par le mépris ou la répression».

Quand Louisa Hanoune voit l’amalgame partout... 

Interrogée à la fin de la cérémonie d’ouverture du congrès de l’UGTA quant aux attentes de son parti de ce congrès qui intervient dans un contexte social difficile pour les travailleurs, la secrétaire générale du PT n’a pas trouvé mieux à répondre que de relever «l’amalgame» de la question. Un amalgame que seule Mme Hanoune a décelé…

B. M.

 

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Confronté à des difficultés lors de son application

Haraoubia à la rescousse du LMD

Le LMD semble connaître des problèmes. C’est ce que laisse croire la tournée du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à l’est algérien.

En effet M. Haraoubia a entamé depuis hier une tournée dans les campus de l’est. L’objectif est d’évaluer le niveau d’avancement de l’application du nouveau système au cursus universitaire introduit graduellement depuis trois ans à l’université algérienne. Selon des avis de spécialistes, le LMD qui pourrait être applicable aux disciplines scientifique, technique et technologique cadre mal avec les sciences humaines, le droit et la littérature. «Je vois mal comment ramener le programme du droit de travail, droit civile ou celui des langues et civilisations de 4 ans à 3 ans», fait remarquer un professeur en sociologie de l’université de Annaba. Il ne s’agit pas, dit-il, de chercher seulement l’équivalence avec le monde ayant recouru à l’application du système LMD, mais il faut également tenir compte des autres paramètres telles la qualité de la formation, les conditions de la formation et les moyens de la formation.

«Moi, par exemple, en droit du travail je dispense le cours à près de 450 étudiants en même temps dans l’amphi. L’année prochaine avec la suppression de la quatrième année j’aurai à enseigner environ 800 étudiants», ajoutera-t-il avant de se demander : «A-t-on penser où l’on va mettre tous ces étudiants ? Comment va-t-on les encadrer ?».

Rappelons que la réforme LMD (pour

«Licence-Master-Doctorat» ) désigne l’application au système français d’enseignement supérieur de la construction de l’Espace européen de l’enseignement supérieur (dit «processus de Bologne») dont le lancement s’est fait en début de 1998. En Algérie le recours à la notion de «grades universitaires» s’est fait pour laisser de côté les diplômes nationaux intermédiaires (Diplôme d’études supérieures, DEA, DESS et maîtrise...) non associés à des grades. La création d’un grade supplémentaire, le grade de master, la remise en valeur de la licence au détriment du DES et DEA et du doctorat de 3e cycle pour axer le cursus autour d’une architecture qui aura chambouler les programmes, modules et/ou unités d’études ainsi qu’une trop forte modulation des horaires et les années d’études afin, dit-on, de mieux adapter le système de formation à l’économie de marché. C’est aussi pour juguler le nombre sans cesse croissant des étudiants. Ce système remplace l’ancienne méthode où le ministère chargé de l’Enseignement supérieur définissait a priori des intitulés de diplômes et de filières correspondant à des répartitions de matières, cours et travaux dirigés et à un volume horaire minimum. Notons que les études sont articulées autour de trois grades principaux : la licence, conférée après 3 ans d’études ; le master conféré après 2 ans d’études et le doctorat, conféré après la réalisation de travaux de recherche durant au moins trois ans et la soutenance d’une thèse.

La fin de la référence à des diplômes transcrits jusqu’à 2005 a mis à rude épreuve encadrement et ministère de tutelle qui s’est précipité, selon des pans d’universitaires, à appliquer le système LMD sans préalables ni concertation avec les concernés, alors que des pays européens commencent à l’abandonner.

F. O

 

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Indépendance de la justice

Maître Sellini plaide pour l’élection des magistrats

«Il appartient, a dit Sellini, au barreau d’élire ces magistrats, les pouvoirs publics devant renoncer à les désigner». Sellini a en outre dressé un véritable réquisitoire contre l’instrumentalisation du corps des magistrats par la tutelle. Paradoxalement, le bâtonnier d’Alger s’est montré nostalgique de la période du parti unique. «Le système judiciaire, dira-t-il, jouissait à cette époque d’une réelle indépendance». Selon lui, «le magistrat algérien a perdu aujourd’hui son autonomie du fait de l’immixtion de plus en plus grandissante de la tutelle dans ses affaires». «Les magistrats, a-t-il ajouté, sont devenus taillables et corvéables à merci dès lors qu’ils devaient répondre de leur acte professionnel devant l’administration, laquelle recourt à toutes sortes de pression et notamment les mutations pour décider à leur place». Le conférencier a notamment désigné du doigt les cours d’appel, lesquelles «se sont transformées, à ses yeux, en cours de confirmation, 70% pour ne pas dire 100% des recours introduits ne sont pas pris en considération» et d’ajouter : «Les cours d’appel se contentent de confirmer les verdicts prononcés». L’avocat s’est demandé s’il fallait «supprimer ces cours puisqu’elles ne servent à rien». Il a imputé cet état de fait à la «justice du sachet noir et des injonctions» expliquant que normalement les cours d’appel doivent statuer dans le sens de la révision des jugements quand la nécessité l’impose et de citer cet exem-

ple  : «Une dispute entre frère et sœur a eu comme implication de conduire le frère en prison. Comment une telle justice qui sème la haine dans les cœurs pourrait être bénéfique pour la famille et la société ?» s’est-il interrogé. Le conférencier a donné un chiffre qui fait peur : 80 % des décisions de justice à l’échelle nationale sont rendues par défaut, c’est-à-dire en l’absence de l’accusé. Pour Sellini, «le magistrat devrait être soucieux de la cohésion sociale. Si l’inculpé n’est pas récidiviste et qu’il comparait pour la première fois, la cour d’appel doit le prendre en considération car, a-t-il argué, la prison fabrique des délinquants». «Croire que la prison est la médication est un leurre» a-t-il martelé. Sellini dénonce la «privatisation de la justice» mais affirme plus loin qu’il est «trop facile de jeter la pierre au pouvoir exécutif. Quand vous analysez l’ensemble des discours du président de la République, vous vous rendrez compte que le premier magistrat du pays est favorable à l’indépendance de la justice, je crois que c’est le reste qui n’a pas suivi». Et d’ajouter : «C’est la gestion qui est en cause, une manière d’agir qu’il faut incriminer, à un moment donné. Au lieu de se baser sur la compétence on a cherché à faire de la sélection en optant pour les arabisants et la corruption a fait le reste». Sur la loi organique régissant la profession d’avocat, Sellini a indiqué que les pourparlers avec le ministère de la Justice se poursuivent à ce propos. «Le projet, a-t-il expliqué, achoppe sur deux points. Nous avons demandé à ce que les avocats puissent avoir le droit de recourir au boycott de l’audience. Cette disposition reste à nos yeux l’ultime recours dont peut user la défense pour protéger les justiciables. Le second point a trait au volet relatif aux modalités de poursuivre en justice les avocats. Là dessus nous avons demandé qu’une telle disposition soit soumise à l’autorisation du ministère de la Justice, lequel l’accordera après concertation du bâtonnat afin d’empêcher les abus».  Sellini a estimé par ailleurs dérisoire la fortune du barreau d’Alger, évaluée selon ses dires à 9 milliards de centimes environ. «Nous envisageons d’acheter un terrain pour y bâtir la Maison de l’avocat ; le terrain à lui seul va  coûter près de 4 milliards et il ne nous restera plus de quoi construire» se désole l’avocat. Toutefois, il s’est targué d’être l’un des rares barreaux à dresser mensuellement un bilan financier. Le conférencier a fait état du reste de son projet d’instituer une nouvelle imposition à travers l’émission de timbres fiscaux que les avocats devront coller sur leur requête. Sur le nombre d’avocats poursuivis en justice, Sellini affirme ne pas connaître le nombre tout en précisant qu’il ne connaissait pas d’autres cas «en dehors de 3 ou 4 dont je suis au courant». 

Par Larbi Graïne

 

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Douanes

Nouvelles mesures sur certains produits importés

La direction générale des douanes a annoncé de nouvelles mesures, prévues dans la loi de finances 2008, concernant les droits de douanes applicables sur les produits importés et destinés à la revente en l’état ainsi que l’exonération, pour les semences importées, de ces droits. S’agissant des produits importés pour la revente en l’état, l’administration des Douanes informe les importateurs qu’elle vient d’instruire sur les conditions de dédouanement de ces importations «suite aux nouveaux éclaircissements communiqués par la direction générale des impôts à cet effet».  Il s’agit, selon la même source, «des sociétés autres que les SNC (sociétés non collectives) remplissant les conditions édictées par l’article 13/1 de la loi de finances complémentaire pour 2005, à savoir la détention d’un capital social de 20 millions de dinars».  Les autres entreprises ou sociétés soumises à l’obligation du commissaire aux comptes sont également autorisées à dédouaner leurs importations destinées à la revente en l’état, «à condition que leur registre du commerce soit délivré après le 1er janvier 2008», a-t-on ajouté. En ce qui concerne l’exonération des droits de douanes pour les semences importées et destinées à la production de produits agroalimentaires en application de l’article 54 de la loi de finances 2008, les services des douanes ont annoncé des procédures provisoires en attendant l’élaboration, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, du texte réglementaire fixant la liste des semences concernées par l’exonération qui a pris effet à compter du 1er janvier 2008.  Ces mesures, visant également à «éviter le remboursement des droits de douanes» portent sur la consignation des droits de douanes sous réserve d’un engagement de l’importateur d’accepter l’application automatique de ces droits si son produit n’est pas repris dans la liste, a-t-on expliqué de même source.

R. E.

 

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Fonction publique

Pour un SMIG à 15 000 DA

Selon le chargé de la Fonction publique au niveau de l’UGTA, M. Ali Merabet, rencontré en marge du congrès, la Centrale syndicale exposera plusieurs dossiers lors de la prochaine tripartite, dont la date n’est pas encore arrêtée. Il s’agit entre autres du dossier de la médecine du travail, des contrats de travail, de la main-d’œuvre étrangère, de la prévention sur les lieux de travail et de la syndicalisation dans le secteur privé. Par ailleurs, le dossier de l’augmentation du SMIG est aussi à l’étude au niveau de l’UGTA, affirme la même source. «Nous voulons arriver à un SMIG de 15 000 DA» a indiqué

M. Merabet estimant qu’ «une nette progression a été enregistrée à ce sujet depuis

1999». A ce propos, il a indiqué qu’«une étude est en cours de réalisation au niveau de l’UGTA. Ce sera une étude sur le niveau de vie du travailleur algérien, elle englobera les salaires, les prix et le pouvoir d’achat». Par ailleurs, et à une question relative aux relations entre la Centrale syndicale et les syndicats autonomes qui sont le grand absent de ce rendez-vous, le responsable de l’UGTA a estimé que «l’UGTA n’est pas tenue de faire participer une quelconque partie dans son action». La loi consacrant le plurisyndicalisme stipule à cet effet que «chacun est libre de choisir sa méthode de travail et de faire ses preuves sur le terrain».  

B.M.

 

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Les compagnons du leader targui Bahanga sont formels

«Le couple autrichien ne se trouve pas au nord du Mali»

Le Chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a annoncé il y a quelques semaines qu’ils ne se trouvaient pas en Algérie.

Les touaregs maliens démentent l’information selon laquelle les ravisseurs du couple autrichien et leurs victimes se trouvent au nord du Mali, non loin des frontières algériennes, a annoncé, avant-hier tard dans la soirée, un collaborateur de Bahanga, sur la Chaîne de télévision satellitaire Al Jazeera. «Nous l’aurions su s’ils étaient là», lance-t-il. «Il y a ceux qui passent des carburants à travers les frontières. Ils auraient été interceptés par le GSPC pour leur subtiliser des quantités de carburant si cette organisation était présente ici et ces passeurs nous auraient informés», ajoute-t-il. Difficile de croire que les ravisseurs des deux Autrichiens pourraient se trouver dans cette partie du Mali sans être aperçus par les hommes de Bahanga surtout en ces temps caractérisés, dans cette région, par des accrochages entre ces «rebelles» et l’armée malienne. Où pourraient se trouver les ravisseurs et leurs otages ? La question reste posée.

Le Chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a annoncé, il y a quelques semaines, qu’ils ne se trouvaient pas en Algérie.

Les éléments du GSPC avaient enlevé ces deux Autrichiens dans le désert tunisien le 22 février dernier. La revendication de ce rapt n’a été faite que près de trois semaines après par cette organisation terroriste.

Les acolytes de Abdelmalek Droudkel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, «émir» national du GSPC auraient certainement mis tout ce temps pour s’éloigner de la région et échapper à l’armée et aux forces de sécurité après la revendication. Ou bien s’agit-il d’une manipulation de la part de cette organisation terroriste de faire croire que les ravisseurs du couple autrichien se trouveraient loin tandis qu’ils se seraient cachés aux alentours du lieu du rapt ? Les ravisseurs avaient prolongé, une deuxième fois, l’ultimatum fixé aux autorités autrichiennes pour la satisfaction de leurs revendications. Dans un document publié sur un site internet, le GSPC annonce qu’«un dernier ultimatum est fixé au 6 avril» prochain. Cette organisation terroriste revendique la libération de détenus islamistes en Algérie et en Tunisie en contrepartie de la libération du couple autrichien. D’autres informations font état de la revendication par le GSPC de près de cinq millions d’euros, en plus de la libération de ces détenus. Probablement mis dans la gêne avec l’annonce de cette revendication, le GSPC a démenti avoir revendiqué cette somme.

L’enlèvement de ce couple autrichien est dénoncé par la communauté internationale, dont la communauté musulmane. Cheikh El Karadaoui qui a dénoncé ce rapt a appelé les ravisseurs à libérer leurs victimes, expliquant que cet acte est contraire aux vraies valeurs et principes de l’Islam qui dénonce de telles pratiques.

Par M. Abi

 

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Convention entre le ministère du Tourisme et 16 établissements touristiques

Réussir à tout prix la saison estivale

Les directeurs généraux de 16 établissements de gestion touristique (EGT) répartis sur les sept pôles d’excellence que compte le pays sont tenus de donner l’exemple en matière d’accueil et de prestations de services durant la saison estivale prochaine.

Ayant signé hier des contrats de performance en présence de M. Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environ-nement et du Tourisme, ces professionnels du tourisme devront, à partir de cette année, redorer le blason des hôtels et infrastructures touristiques algériennes. C’est dans cette optique qu’une convention a été signée entre les opérateurs touristiques et le ministère de tutelle. Cette convention vise à impliquer davantage tous les acteurs et les professionnels du tourisme et à mobiliser tous les moyens afin d’améliorer les prestations de services dans les domaines de l’accueil, de l’hygiène et de la qualité.

Cette feuille de route «sera sanctionnée à la fin de la saison estivale par une évaluation afin de reconnaître les bons gestionnaires des autres» indique le ministre. Se disant «optimiste» quant à la réussite de cette initiative, la priorité à l’heure actuelle, dira-t-il, «c’est de réduire l’écart existant entre l’Algérie et les autres pays, améliorer la prestation de services et ensuite innover en matière de prestations et de produits pour devenir les meilleurs».

Une tâche certes pas facile, mais le défi, soutient M. Rahmani, demeure relevable et d’ajouter : «Je dénonce les partisans des mentalités sceptiques qui nous découragent, et les angéliques qui croient que tout est facile, mais surtout ceux qui se cachent derrière l’alibi sécuritaire». Selon lui, l’insécurité est une donne internationale à laquelle on doit s’adapter. «La sécurité zéro n’existe pas à travers le monde entier» affirme-t-il. Exhortant les directeurs des établissements de gestion touristique à utiliser les techniques modernes de marketing et de communication dans la présentation du produit algérien, le ministre a préconisé, tout de même, d’engager des cycles de formation à l’endroit du personnel qui active dans le domaine touristique. «Il faut en finir avec l’amateurisme» plaide-t-il.  M. Rahmani a affirmé lors de son allocution qu’il n’ y a pas de «différence entre les secteurs publics et privés quand il s’agit de la promotion du tourisme», rassurant par ailleurs les responsables des EGT qu’ils ne sont pas à la tête d’entreprises «privatisables en sur-sis».    

Par Aomar Fekrache

 

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3e Salon Equip’Auto Alegria

Plus de 170 exposants attendus demain à la Safex

Le troisième salon Equip’ Auto Algeria ouvrira ses portes demain à la Safex des Pins maritimes, à Alger. Cette manifestation qui se tiendra jusqu’au 3 du mois prochain regroupera quelque 170 exposants qui se partageront une superficie de

4 110m². Cet événement qui se tient parallèlement au 12e Salon international de l’automobile se veut un rendez-vous de professionnels, plus précisément ceux spécialisés dans la pièce de rechange automobile, de même que les équipementiers de toute sorte de véhicules. Equip’Auto Algeria est une manifestation organisée par l’agence française Comexpo, de concert avec la Safex. Au total, le Salon international Equip’Auto Algeria accueille des participants issus de 16 pays dont la France qui s’annonce en tête d’affiche avec plus d’une quarantaine d’exposants, suivie de l’Algérie (37 exposants), de la Tunisie et de la  Turquie. «Equip’Auto Algeria vise un public de professionnels algériens bien entendu, mais également plus largement les acteurs de la filière issus des pays du bassin méditerranéen»  a expliqué le directeur de Comexpo, M. Francis Pegues.

Ce dernier mettra l’accent lors d’un point de presse animé hier au Hilton sur le manque d’organisation caractérisant le créneau de vente de véhicules en Algérie. «En Algérie, le marché de véhicules est en constante évolution, cependant il est grand temps pour celui-ci de se structurer» n’a-t-il cessé de répéter.

Il préconise que pour parvenir à cet objectif, il appartient d’abord au consommateur d’être plus «exigeant»  dans le choix de son véhicule. M. Pegues  a dressé un constat peu reluisant au sujet de l’entretien des véhicules mis en circulation.

Il notera en ce sens l’absence de garantie des travaux effectués sur les véhicules associée au phénomène des pièces contrefaites. Les autorités algériennes estiment en effet que 40% des pièces des pièces de rechange entrant dans le territoire algérien sont contrefaites. D’autre part, et pour revenir  à  l’évènement de ce Salon international Equip’Auto Algéria, il est prévu au cours de cette manifestation la tenue d’un cycle de conférences ayant trait à des thèmes variés tels  que l’après-vente automobile algérienne, la sous-traitance algérienne ainsi que la mise en relation des équipements algériens et internationaux.

Par Karim Aoudia

 

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Des actions et des fonds dans la perspective du SNAT

Le programme des Hauts Plateaux, un défi contre le «mal-développement»

Le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT), tel qu’il est conçu par le département de Cherif Rahmani à l’horizon 2025, tend à stabiliser la répartition spatiale des populations algériennes, des activités agricoles et industrielles selon la vocation des régions, les potentialités des terrains et les contraintes du milieu.

En résumé, c’est pour harmoniser davantage la relation entre l’homme-citoyen agissant et son milieu naturel que les grands axes de développement ont reçu leur répartition géographique. Pendant les auditions que le président de la République avait organisées pendant le mois de Ramadhan 2007, celle du ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et du Tourisme a été l’une des plus fécondes en termes de propositions pour l’avenir immédiat du secteur, un secteur qui en cache une kyrielle d’autres, sous-secteurs gigognes, lesquelles trouvent leurs prolongements dans l’agriculture, les ressources en eau, la pêche, l’urbanisme, les travaux publics, etc.

Au stade de sa complète maturation, le SNAT est censé devenir le bréviaire à partir duquel seront tirées les grandes orientations qui organiseront le territoire en régions, zones ou milieux selon les activités et les schémas urbanistiques qui y auront été arrêtés. En effet, jusqu’à présent, l’un des travers du «mal-développement» que l’Algérie a hérités du processus de construction nationale après l’Indépendance est, aux yeux des aménagistes et des économistes, le déséquilibre de la répartition spatiale de sa population, de ses investissements et de sa gestion des ressources, ce dernier terme étant entendu ici dans son acception la plus large qui recouvre aussi et surtout le capital foncier. Même si la terminologie moderne impose son lexique- aménagement du territoire, développement durable, sauvegarde de la biodiversité- qui fait florès au sein des bureaux d’étude et des départements techniques de certains ministères, les préoccupations relatives à la gestion des territoires ont accompagné les différents plans de développement des pays avancés et de beaucoup d’autres pays dits émergents. L’Algérie, qui s’est dotée depuis les années 1970 de structures administratives inhérentes à l’aménagement du territoire, s’est rapidement laissé griser par la rente pétrolière qui a permis une urbanisation effrénée et anarchique, suivie de pôles industriels autour de certaines grandes villes. Cette situation a drainé des populations de l’arrière-pays montagneux et steppique au point où l’exode rural est devenu une réalité avec laquelle il faudra composer dans tous les autres programmes de développement.

Il n’est un secret pour personne que la concentration démographique, industrielle et commerciale a élu domicile dans la partie la plus septentrionale du pays, à savoir la bande côtière limitée par l’Atlas Tellien. Plusieurs facteurs historiques, climatiques et sociologiques peuvent expliquer cette «préférence» de vivre sur un territoire spécifique au détriment du bon sens et de la rationalité. Ces distorsions ont amené la densité de la population à avoisiner les 300 habitants/km2 en moyenne dans les wilayas du Nord tandis que sur les Hauts Plateaux, elle descend parfois au-dessous de 50 habitants/km2. Les territoires du Sud, en revanche, enregistrent les densités les plus faibles allant de 10 à 20 h/km2.

Tous les indices indiquent un engorgement de la partie Nord du pays. La concentration des activités économiques y a crée des problèmes de circulation presque insurmontables (le nombre d’accidents de la route est dans ce cas un des indices majeurs) d’autant que le réseau du chemin de fer n’a subi aucun changement depuis l’époque coloniale, se réduisant à la ligne Oujda-Tunis.

D’autres problèmes d’infrastructure et d’équipement annoncent une asphyxie prochaine de la bande littorale (AEP, décharges publiques, réduction drastique de réserves foncières pour les programmes d’équipement…). La devise d’«équilibre régional» arborée pendant des années – sous couvert de plans quadriennaux et de plans spéciaux – est, on en convient aujourd’hui, un slogan creux qui ne servait que des desseins politiques où le clientélisme le disputait au lobbying dans les hautes sphères du pouvoir.

Couloir des Hauts Plateaux : territoire et contraintes

Les pouvoirs publics ont, depuis les années 1970 et dans la tradition de la vision française du territoire algérien, considéré la bande des Hauts Plateaux comme un territoire spécifique de par son sol, son climat et les activités humaines qui en découlent. Au cours de la première moitié des années 1980, une stratégie gouvernementale portant l’intitulé «Option Hauts Plateaux» avait vu le jour. Des études même ont été engagées par certains secteurs pour asseoir le mode de développement qui s’adapte à cette entité géographique.

La nouvelle ville de Boughezoul, entre Ksar El Boukhari et Djelfa, a fait l’objet d’une attention particulière au point de l’envisager comme future capitale du pays. Il en fut de même pour les terres agricoles marginales qui entrèrent dans le dispositif appelé APFA (accession à la propriété foncière agricole) initié au profit des sans-emploi.

Cette immense bande de terre se présente géographiquement de la façon suivante :  entre la bande littorale et le Sahara, les Hauts Plateaux se présentent sous forme d’un couloir naturel allant de la frontière marocaine à la frontière tunisienne. Ils sont limités au Nord par les derniers contreforts de l’Atlas Tellien (Monts des Daïas, Beni Chougrane, Ouarsenis, Titteri, Hodna, Monts de Constantine et Guelma) et au Sud par l’Atlas Saharien (Djebels Ksours, Amour, Ouled Naïl, Aurès). L’altitude moyenne y est de 900 m à 1100 m, mais l’aspect du relief présente une uniformité exceptionnelle, d’où le nom que la géographie physique a consacré à ce territoire : Hautes Plaines ou bien Hauts Plateaux. Ce dernier terme a eu les faveurs des li-vres et des médias. C’est un vaste territoire de  plus de 200 000 km2 , correspondant à la superficie de certains pays européens.

Les caractéristiques physiques et biotiques de ce couloir oblong allant de Naâma à Tébessa sur près de 1500 km de longueur sont connues des géographes depuis au moins le XIXe siècle : territoire steppique à base d’alfa, d’armoise, sparte et autres graminées supportées par un sol souvent chétif auquel succède, sur une grande partie de la surface, une dalle calcaire.

Le réseau hydrographique est du genre endoréique (ses eaux, n’ayant souvent pas de débouché vers la mer, se déversent dans le continent au niveau des chotts, exception faite de certains réseaux, comme les sources du Cheliff à Djebel Amour et les sources de Bousellam-Soummam au massif de Boutaleb, au sud de Sétif). Le climat est caractérisé par une rudesse particulière, à savoir des amplitudes thermiques intenses (jusqu’à moins 10 degrés en hiver et 45 degrés en été), une faible pluviométrie à la limite de l’aridité (autour de 200 mm/an) et des pluies torrentielles à l’équinoxe de l’automne (fin août-début septembre).

Sur le plan économique, la région est historiquement connue comme étant une «zone du mouton» comme l’ont qualifiée les géographes coloniaux. En effet, jusqu’à ce jour, les Hauts Plateaux sont considérés comme la réserve nationale en espèce ovine, en laine et en toison de mouton.

La viande de la plaine du Sersou (entre Tiaret et Aïn Oussara) était si bien estimée par les habitants de l’ancienne métropole que les bêtes abattues dans les abattoirs locaux étaient acheminées dans les 48 heures sur Marseille via la ligne de chemin de fer de Djelfa-Alger. Nul besoin de s’attarder ici sur la notoriété mondiale de la variété Ouled Djellal ayant pour origine cette petite localité de Biskra, limitrophe des Hauts Plateaux de l’Est.

Des systèmes de production inadaptés 

Cette vocation – par un élevage intensif et transhumant de l’ovin – que l’homme a imprimée à la région ne va pas sans incidence sur l’écologie de la zone. En effet, le potentiel végétal des Hauts Plateaux a atteint ses limites biologiques en raison du surpâturage et de l’anarchie régnant dans le secteur de l’élevage. Le capital alfatier se dégrade de jour en jour, alors qu’à un certain moment, l’usine de Baba Ali de traitement de l’alfa ne suffisait pas aux grandes quantités récoltées sur ces territoires. La ligne de chemin de fer Djelfa-Blida était spécialement conçue pour le transport de cette matière première. Aujourd’hui, les dégâts occasionnés par les labours illicites, les défrichements et le pacage transhumant sont peut-être irrémédiables.

Le premier signe inquiétant de la désertification en Algérie est bien la réduction en peau de chagrin du couvert alfatier et le recul de la valeur agrologique des sols du fait de la dégradation due à l’érosion. Sur les piémonts, les atteintes au capital végétal ne sont pas non plus à prendre à la légère. En tout cas, au cours de ces dernières années, la réduction de l’offre fourragère due au surpâturage, couplée au phénomène de la sécheresse cyclique, ont fini par venir à bout des efforts de beaucoup d’éleveurs pour maintenir un métier ancestral et, pourquoi pas, le promouvoir à la faveur des nouvelles techniques relatives à l’agriculture et au développement rural. Outre cette impasse écologique et économique, les difficultés auxquelles sont confrontées les populations des Hauts Plateaux algériens sont dues aux distances séparant les hameaux et les villes et au faible développement des infrastructures de base (routes, ouvrages hydrauliques, chemins de fer) et des équipements publics (centres de santé, écoles, lieux de loisir…). Il en résulte un fort degré de pauvreté, des taux de chômage ahurissants, une déperdition scolaire exceptionnelle et même un phénomène de déscolarisation qui entraîne le travail précoce des enfants. 

620 milliards de DA pour relever le défi

Le choix porté par les hautes autorités du pays pour développer la «zone du mouton» remontent aux année 1970 lorsque le président Boumediene, dans sa vision où se mêlaient gigantisme et volontarisme, voulait installer «sa» capitale à Boughezoul, un «quatre-chemins» désertique situé sur la RN 1 et à presque équidistance entre quatre grandes villes aux quatre points cardinaux : Alger-Djelfa-Tiaret-M’sila. Des études ont été engagées sur plusieurs années, puis, c’est le silence radio. Ce n’est qu’avec Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du Territoire, et Ahmed Ouyahia, Premier ministre, que le projet sera exhumé au début des années 2000, et ce, dans le cadre du projet des nouvelles villes dont fait partie Sidi Abdellah, dans la banlieue sud-ouest d’Alger. Mais les défis des Hauts Plateaux ne peuvent se réduire à la construction d’une grande ville, dût-elle être une nouvelle capitale. Au milieu des années 1980, des jeunes appelés du service national furent mobilisés dans des GTVF (Groupements de travaux de voies ferrées) pour installer la ligne de chemin de fer de la rocade des Hauts Plateaux. L’expérience s’arrêta au niveau du tronçon Batna-M’sila. Il en fut de même avec le Barrage vert, toujours dirigé par l’ANP, destiné à installer sur les piémonts des Hauts Plateaux une ceinture verte pour arrêter le phénomène de désertification. Des choix techniques et une mauvaise prise en charge des données socioéconomiques et des réalités sociologiques de la région conduisent à relativiser fortement l’impact de cet ouvrage dont les travaux se sont arrêtés au début des années 1990. Il faut dire que toutes ces actions s’apparentent à un cautère sur une jambe de bois du fait que ce sont des solutions trop fragmentaires et trop émiettées – dans l’espace, dans le temps et dans la logique d’enchaînement rationnel – pour prétendre réhabiliter d’immenses espaces frappés par une crise multidimensionnelle et qui sont supposés alléger la pression sur les territoires du littoral et du Tell intérieur.

En quoi le programme complémentaire des Hauts Plateaux, adopté par le Conseil des ministres en février 2006 avec une enveloppe budgétaire de 620 milliards de dinars, diffère-t-il des anciens plans ou projets destinés à ce territoire ? Il y a lieu de reconnaître à ce programme une certaine cohérence de vision aussi bien socioéconomique que spatiale (aménagement du territoire). En effet, sa multisectorialité est l’une des garanties que veut se donner le président de la République pour la réussite d’un grand projet qui s’apparente à un véritable défi. Aucun secteur de développement n’a été omis dans l’architecture du nouveau projet : Urbanisme et Construction (programmes de logements), Travaux Publics (routes nationales, départementales, ponts, viaducs), Agriculture et Forêt (élevage, céréaliculture, cultures irriguées, pistes, travaux sylvicoles, corrections torrentielles, fixation de berges), Hydraulique (forages, retenues, captage de sources, canaux d’irrigation), Santé (hôpitaux, centre de santé), Industrie et Énergie (électrification rurale, éoliennes, raccordement au gaz de ville), Education (lycées, CEM, écoles primaires), Culture (centres culturels et de loisirs, cybercafés, salles de cinéma), Transport (chemins de fer) etc. C’est un véritable «plan Marshall» qui est destiné aux Hauts Plateaux. Les inscriptions des actions au niveau des DPAT (Direction de la planification et de l’aménagement du territoire) sont quasiment achevées et les travaux ont déjà commencé dans plusieurs wilayas.

Par Saâd Taferka

 

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Renforcer le développement local

L’exemple de la wilaya de Médéa

A 80 km d’Alger, l’air et les senteurs de la zone pré-steppique sont déjà annoncés par un couvert végétal spécifique, clairsemé et rabougri, par une topographie de plus en plus uniforme à perte de vue et par un habitat dispersé répondant aux impératifs de la vie pastorale. La wilaya de Médéa, dont la partie nord relève de l’Atlas tellien qui limite le périmètre de la Mitidja et la partie sud fait partie des Hauts Plateaux du Centre, renferme une grande diversité climatique, morphologique et écologique qui établit autant de diagnostics de la vie des populations qui y résident et requiert autant de formules d’intervention pour apporter des solutions idoines aux problèmes qui y sont soulevés. Essentiellement agricole, cette vocation de l’ancien territoire du Titteri a été malmenée par plusieurs facteurs dont le dépeuplement des campagnes n’est sans doute pas des moindres. L’exploitation des ressources naturelles et les systèmes de production ont également atteint leurs limites vu le manque de rationalité ayant caractérisé l’activité agropastorale des différentes zones de la wilaya. Ayant la tête dans la zone humide de Chréa (versant sud de l’Atlas blidéen) et les pieds dans la profondeur de la steppe de Boughezoul et Chahbounia, le territoire de Médéa a été lourdement affecté par la décennie noire du terrorisme. Cela se lit d’abord sur son couvert végétal ravagé par les incendies et dont la reconstitution prendra des décennies. Cela se remarque également dans l’intensité de l’exode rural qui a vu les populations des hameaux de Ksar El Bokhari, Challat El Adaoura et Aïn Boucif se déverser dans les villes de Médéa, Berrouaghia ou Blida. C’est au vu de certains critères de pauvreté et de chômage que cette partie de l’Atlas bildéen et du plateau du Sersou a été intégrée, depuis 2003, dans le programme cofinancé par la Banque mondiale et le gouvernement algérien sous l’intitulé de Projet d’Emploi Rural 2 (PER II) englobant trois grands périmètres (Sersou-Médéa, Titteri-Nord et Titteri-Sud). Ayant été mis en œuvre à partir de 2004, ce programme vise à créer de l’emploi en milieu rural par le truchement de travaux à haute intensité de main-d’œuvre, la création d’actifs (vergers arboricoles et viticoles) pour améliorer le niveau de vie des populations, par des actions de protection des sols (reboisements, corrections torrentielles) et par une mobilisation conséquente des ressources hydriques (aménagement de points d’eau, puits, forages et retenues collinaires). En matière de désenclavement, les hameaux et bourgades des communes touchées bénéficient des actions d’aménagement et d’ouverture de pistes rurales. Le maître de l’ouvrage en est la Conservation des Forêts de la wilaya. Outre les travaux confiés à des entreprises de réalisation, ce projet comporte aussi certaines mesures d’accompagnement entrant généralement dans le cadre du volet «promotion de la femme rurale». Il s’agit principalement des fournitures de modules de ruches pleines, de lapins et de machines à coudre. Un autre fonds, le FLDDPS (Fonds de lutte contre la désertification, du pastoralisme et de la steppe), utilisé auparavant exclusivement par le HCDS (Haut commissariat au développement de la steppe), est lui aussi mis à contribution dans le cadre du nouveau programme des Hauts Plateau adopté par le Conseil des ministre au début de l’année 2006 pour l’ensemble des wilayas situées dans ce couloir vaste de 20 millions d’hectares. Ce programme vise à stabiliser un tant soit peu les sols steppiques menacés par la désertification rampante et qui fait des percées jusqu’au territoire de Ksar El Boukhari, situé au pied de l’Ouarsenis. Déjà, dans le cadre du Barrage vert, une partie du sud de la wilaya de Médéa, à savoir Kef Lakhdar dans la zone de Aïn Boucif, a fait l’objet de travaux de reboisement par les éléments de l’Armée nationale populaire relevant des GTF (Groupements de travaux forestiers). Ces groupements s’étant retirés depuis le début des années 1990, la tâche reste loin d’être terminée. Le programme des Hauts Plateaux accordé à la wilaya de Médéa va puiser dans le Fonds de la steppe une enveloppe de 763 millions de dinars qui serviront aux actions de développement rural des communes de Azziz, Chahbounia, Boughezoul et Bouaïche. Sont prévues, entre autres, des actions du renforcement des infrastructures de desserte (225 km d’aménagement et d’ouverture de pistes), des actions de mobilisation des ressources hydriques nécessaires à l’abreuvement du cheptel et à l’irrigation des vergers (mares, puits, forages, 28 km de séguias[canaux traditionnels d’irrigation], équipements de forages, énergie électrique). Le programme des Hauts Plateaux, initialement réservé aux quatre communes citées plus haut, a subi par la suite une extension de façon à toucher une vingtaine de communes (soit 50% de la superficie du territoire de la wilaya où résident 264 000 habitants) avec une enveloppe financière de 1806 milliards de centimes en première tranche et 1662 milliards de centimes en deuxième tranche. Ce budget est censé couvrir l’ensemble des projets pilotés par pratiquement toutes les directions de la wilaya (agriculture, forêts, hydraulique, travaux publics, environnement, éducation, jeunesse et sports…).

S. T.

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