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11e congrès de l’UGTA
Une étape pour
rebondir
Le
11e congrès de l’UGTA s’est ouvert hier à l’hôtel El Aurassi à
alger. Placé sous le signe de «stabilité, solidarité, modernité», ce
congrès, qui réunit près de 1 000 délégués congressistes, intervient
enfin après un retard de deux années et demie, retard auquel la
direction de l’UGTA n’a pas donné d’explication.
Ce congrès
intervient aussi et surtout dans un contexte socio-économique
difficile, marqué surtout par la hausse des prix et l’érosion du
pouvoir d’achat des travailleurs. Le chef du gouvernement et la
quasi-totalité de son équipe, des chefs de parti, Ahmed Ouyahia du
RND et Louisa Hanoune du PT, des ambassadeurs et des représentants
d’organisations syndicales étrangères et internationales ont assisté
à la cérémonie d’ouverture de ce congrès qui a été destinataire d’un
message du président de la république. Dans ce message lu par son
conseiller M. Mohamed Ali Boughazi, le président de la République a
affirmé que l’UGTA a «contribué, avec le courage qu’on lui sait, à
la défense de la République au moment où elle traversait des moments
difficiles» et qu’elle demeure «un acteur national privilégié par
son attachement à la stabilité sociale et à la paix au sein de notre
société». Considérant les transformations induites par la
mondialisation, et dont les impacts «sont ressentis d’abord et avant
tout par les travailleurs» dans l’hémisphère sud de la planète, il
préconise «l’indispensable mutation des mentalités» pour faire face
à la complexité et à la gravité des enjeux et des défis à venir. Et
dans ce sillage, il a souligné que L’UGTA «a une responsabilité de
premier ordre dans la consolidation de notre processus de
développement économique et social», en ajoutant qu’elle doit «de
plus demeurer vigilante face aux tentatives de porter atteinte aux
intérêts de la société». Lors de son intervention, le secrétaire
général de l’UGTA, M. Abdelmadjid sidi Saïd a considéré ce congrès
comme «un rendez-vous important dans la vie de l’UGTA». Retraçant
l’historique de l’organisation et son bilan qu’il qualifia de
«positif», il indique que «des défis importants l’attendent à
l’avenir».
Après la cérémonie
d’ouverture, la composante du bureau du congrès – constitué de six
membres, un par région, une femme et un retraité – a été désignée et
adoptée. Les travaux ont repris pour l’adoption de l’ordre du jour
et le règlement du congrès, ainsi que l’installation des différentes
commissions. Six commissions ont été mises sur pied. Hier
après-midi, il a été procédé à la présentation des rapports des
différentes commissions qui seront soumis au vote aujourd’hui. Il
sera procédé également à l’élection des nouveaux membres de la CEN.
Demain, dernier jour du congrès, les délégués congressistes auront à
élire un nouveau secrétaire général, à adopter un plan d’action et
présenter la déclaration finale de ce congrès. Si pour le poste de
secrétaire général les choses semblent d’ores et déjà ficelées, Sidi
Saïd, étant donné grand favori à sa propre succession, la
répartition des postes au sein du secrétariat national ne semble pas
encore tranchée. Dans les coulisses, certains délégués ne cachent
pas leur désillusion et leur scepticisme et n’hésitent pas à parler
d’un congrès «sur mesure». «Il y a eu plusieurs manquements aux
statuts et au règlement interne dans l’élection des congressistes»
affirme l’un deux, en citant plusieurs cas, dont celui de la wilaya
d’Alger, où «les structures n’ont pas été renouvelées et les
délégués n’ont pas été démocratiquement élus».
Par Boudjemaâ
Medjkoun
Belkhadem
«L’ambassade
des USA ne doit pas s’ingérer dans nos affaires internes»
Interroge en marge
de l’ouverture du congrès de l’UGTA à propos des agissements de
l’ambassade américaine et l’interdiction du gouvernement aux partis
et associations de ne pas prendre attache avec celle-ci, le chef du
gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé qu’«il n’y a pas de
conflit entre le gouvernement algérien et l’ambassade américaine à
Alger». Rappelant les usages diplomatiques en la matière, il dira
que l’Algérie «respecte toutes les représentations diplomatiques
accréditées en Algérie qui se doivent de faire leur travail dans le
cadre des règles et usages diplomatiques universels». L’Algérie,
a-t-il dit, «respecte ces usages et règles» et de ce fait, a-t-il
ajouté, «il est du devoir de nos hôtes d’en faire de même et de ne
pas s’ingérer dans les affaires internes de notre pays»
B. M.
Haut
Louisa Hanoune
«La Centrale rassemble les travailleurs arabophones et
berbérophones…»
Invitée à
l’ouverture du 11e congrès de l’UGTA, la secrétaire générale du
Parti des travailleurs, qui semble avoir enfin trouvé un terrain
d’entente avec Chakib Khellil, aux côtés duquel elle a assisté à la
cérémonie d’ouverture, s’est refusée de donner une quelconque
lecture sur le bilan de l’UGTA. «Ce n’est pas à moi de faire le
bilan de l’UGTA». «Nous avons toujours soutenu l’unité des
travailleurs dans leurs actions indépendamment des politiques que
peuvent appliquer les directions à un moment où à un autre» a-t-elle
indiqué. Contexte mondial et privatisation obligent, elle estima que
le défi, aujourd’hui, est «la préservation des acquis et des droits
des travailleurs». Dans le même sillage, elle a souligné que «le
fait que ce congrès se tienne est un grand défi et une réussite pour
les travailleurs». Apportant son soutien à l’UGTA, elle a indiqué
qu’«il s’agit d’une Centrale syndicale qui regroupe les travailleurs
berbérophones et arabophones, c’est très important pour nous». Ce
qui est, ajoute-t-elle, rassurant car «à chaque fois que l’unité des
travailleurs est atteinte ça nous inquiète» a-t-elle indiqué.
Par ailleurs, et
affirmant n’avoir aucun message à transmettre aux syndicats
autonomes mais insistant sur la nécessité du respect des libertés
syndicales qui sont consacrées par la loi et les différentes
conventions internationales signées par l’Algérie, elle a déclaré
qu’il est «inadmissible que l’on réponde de la part du gouvernement
à des revendications légitimes par le mépris ou la répression».
Quand Louisa
Hanoune voit l’amalgame partout...
Interrogée à la
fin de la cérémonie d’ouverture du congrès de l’UGTA quant aux
attentes de son parti de ce congrès qui intervient dans un contexte
social difficile pour les travailleurs, la secrétaire générale du PT
n’a pas trouvé mieux à répondre que de relever «l’amalgame» de la
question. Un amalgame que seule Mme Hanoune a décelé…
B. M.
Haut
Confronté à des difficultés lors de son application
Haraoubia à la
rescousse du LMD
Le LMD semble
connaître des problèmes. C’est ce que laisse croire la tournée du
ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
à l’est algérien.
En effet M.
Haraoubia a entamé depuis hier une tournée dans les campus de l’est.
L’objectif est d’évaluer le niveau d’avancement de l’application du
nouveau système au cursus universitaire introduit graduellement
depuis trois ans à l’université algérienne. Selon des avis de
spécialistes, le LMD qui pourrait être applicable aux disciplines
scientifique, technique et technologique cadre mal avec les sciences
humaines, le droit et la littérature. «Je vois mal comment ramener
le programme du droit de travail, droit civile ou celui des langues
et civilisations de 4 ans à 3 ans», fait remarquer un professeur en
sociologie de l’université de Annaba. Il ne s’agit pas, dit-il, de
chercher seulement l’équivalence avec le monde ayant recouru à
l’application du système LMD, mais il faut également tenir compte
des autres paramètres telles la qualité de la formation, les
conditions de la formation et les moyens de la formation.
«Moi, par exemple,
en droit du travail je dispense le cours à près de 450 étudiants en
même temps dans l’amphi. L’année prochaine avec la suppression de la
quatrième année j’aurai à enseigner environ 800 étudiants»,
ajoutera-t-il avant de se demander : «A-t-on penser où l’on va
mettre tous ces étudiants ? Comment va-t-on les encadrer ?».
Rappelons que la
réforme LMD (pour
«Licence-Master-Doctorat»
) désigne l’application au système français d’enseignement supérieur
de la construction de l’Espace européen de l’enseignement supérieur
(dit «processus de Bologne») dont le lancement s’est fait en début
de 1998. En Algérie le recours à la notion de «grades
universitaires» s’est fait pour laisser de côté les diplômes
nationaux intermédiaires (Diplôme d’études supérieures, DEA, DESS et
maîtrise...) non associés à des grades. La création d’un grade
supplémentaire, le grade de master, la remise en valeur de la
licence au détriment du DES et DEA et du doctorat de 3e cycle pour
axer le cursus autour d’une architecture qui aura chambouler les
programmes, modules et/ou unités d’études ainsi qu’une trop forte
modulation des horaires et les années d’études afin, dit-on, de
mieux adapter le système de formation à l’économie de marché. C’est
aussi pour juguler le nombre sans cesse croissant des étudiants. Ce
système remplace l’ancienne méthode où le ministère chargé de
l’Enseignement supérieur définissait a priori des intitulés de
diplômes et de filières correspondant à des répartitions de
matières, cours et travaux dirigés et à un volume horaire minimum.
Notons que les études sont articulées autour de trois grades
principaux : la licence, conférée après 3 ans d’études ; le master
conféré après 2 ans d’études et le doctorat, conféré après la
réalisation de travaux de recherche durant au moins trois ans et la
soutenance d’une thèse.
La fin de la
référence à des diplômes transcrits jusqu’à 2005 a mis à rude
épreuve encadrement et ministère de tutelle qui s’est précipité,
selon des pans d’universitaires, à appliquer le système LMD sans
préalables ni concertation avec les concernés, alors que des pays
européens commencent à l’abandonner.
F. O
Haut
Indépendance de la justice
Maître Sellini
plaide pour l’élection des magistrats
«Il appartient, a
dit Sellini, au barreau d’élire ces magistrats, les pouvoirs publics
devant renoncer à les désigner». Sellini a en outre dressé un
véritable réquisitoire contre l’instrumentalisation du corps des
magistrats par la tutelle. Paradoxalement, le bâtonnier d’Alger
s’est montré nostalgique de la période du parti unique. «Le système
judiciaire, dira-t-il, jouissait à cette époque d’une réelle
indépendance». Selon lui, «le magistrat algérien a perdu aujourd’hui
son autonomie du fait de l’immixtion de plus en plus grandissante de
la tutelle dans ses affaires». «Les magistrats, a-t-il ajouté, sont
devenus taillables et corvéables à merci dès lors qu’ils devaient
répondre de leur acte professionnel devant l’administration,
laquelle recourt à toutes sortes de pression et notamment les
mutations pour décider à leur place». Le conférencier a notamment
désigné du doigt les cours d’appel, lesquelles «se sont
transformées, à ses yeux, en cours de confirmation, 70% pour ne pas
dire 100% des recours introduits ne sont pas pris en considération»
et d’ajouter : «Les cours d’appel se contentent de confirmer les
verdicts prononcés». L’avocat s’est demandé s’il fallait «supprimer
ces cours puisqu’elles ne servent à rien». Il a imputé cet état de
fait à la «justice du sachet noir et des injonctions» expliquant que
normalement les cours d’appel doivent statuer dans le sens de la
révision des jugements quand la nécessité l’impose et de citer cet
exem-
ple : «Une
dispute entre frère et sœur a eu comme implication de conduire le
frère en prison. Comment une telle justice qui sème la haine dans
les cœurs pourrait être bénéfique pour la famille et la société ?»
s’est-il interrogé. Le conférencier a donné un chiffre qui fait
peur : 80 % des décisions de justice à l’échelle nationale sont
rendues par défaut, c’est-à-dire en l’absence de l’accusé. Pour
Sellini, «le magistrat devrait être soucieux de la cohésion sociale.
Si l’inculpé n’est pas récidiviste et qu’il comparait pour la
première fois, la cour d’appel doit le prendre en considération car,
a-t-il argué, la prison fabrique des délinquants». «Croire que la
prison est la médication est un leurre» a-t-il martelé. Sellini
dénonce la «privatisation de la justice» mais affirme plus loin
qu’il est «trop facile de jeter la pierre au pouvoir exécutif. Quand
vous analysez l’ensemble des discours du président de la République,
vous vous rendrez compte que le premier magistrat du pays est
favorable à l’indépendance de la justice, je crois que c’est le
reste qui n’a pas suivi». Et d’ajouter : «C’est la gestion qui est
en cause, une manière d’agir qu’il faut incriminer, à un moment
donné. Au lieu de se baser sur la compétence on a cherché à faire de
la sélection en optant pour les arabisants et la corruption a fait
le reste». Sur la loi organique régissant la profession d’avocat,
Sellini a indiqué que les pourparlers avec le ministère de la
Justice se poursuivent à ce propos. «Le projet, a-t-il expliqué,
achoppe sur deux points. Nous avons demandé à ce que les avocats
puissent avoir le droit de recourir au boycott de l’audience. Cette
disposition reste à nos yeux l’ultime recours dont peut user la
défense pour protéger les justiciables. Le second point a trait au
volet relatif aux modalités de poursuivre en justice les avocats. Là
dessus nous avons demandé qu’une telle disposition soit soumise à
l’autorisation du ministère de la Justice, lequel l’accordera après
concertation du bâtonnat afin d’empêcher les abus». Sellini a
estimé par ailleurs dérisoire la fortune du barreau d’Alger, évaluée
selon ses dires à 9 milliards de centimes environ. «Nous envisageons
d’acheter un terrain pour y bâtir la Maison de l’avocat ; le terrain
à lui seul va coûter près de 4 milliards et il ne nous restera plus
de quoi construire» se désole l’avocat. Toutefois, il s’est targué
d’être l’un des rares barreaux à dresser mensuellement un bilan
financier. Le conférencier a fait état du reste de son projet
d’instituer une nouvelle imposition à travers l’émission de timbres
fiscaux que les avocats devront coller sur leur requête. Sur le
nombre d’avocats poursuivis en justice, Sellini affirme ne pas
connaître le nombre tout en précisant qu’il ne connaissait pas
d’autres cas «en dehors de 3 ou 4 dont je suis au courant».
Par Larbi
Graïne
Haut
Douanes
Nouvelles
mesures sur certains produits importés
La direction
générale des douanes a annoncé de nouvelles mesures, prévues dans la
loi de finances 2008, concernant les droits de douanes applicables
sur les produits importés et destinés à la revente en l’état ainsi
que l’exonération, pour les semences importées, de ces droits.
S’agissant des produits importés pour la revente en l’état,
l’administration des Douanes informe les importateurs qu’elle vient
d’instruire sur les conditions de dédouanement de ces importations
«suite aux nouveaux éclaircissements communiqués par la direction
générale des impôts à cet effet». Il s’agit, selon la même source,
«des sociétés autres que les SNC (sociétés non collectives)
remplissant les conditions édictées par l’article 13/1 de la loi de
finances complémentaire pour 2005, à savoir la détention d’un
capital social de 20 millions de dinars». Les autres entreprises ou
sociétés soumises à l’obligation du commissaire aux comptes sont
également autorisées à dédouaner leurs importations destinées à la
revente en l’état, «à condition que leur registre du commerce soit
délivré après le 1er janvier 2008», a-t-on ajouté. En ce qui
concerne l’exonération des droits de douanes pour les semences
importées et destinées à la production de produits agroalimentaires
en application de l’article 54 de la loi de finances 2008, les
services des douanes ont annoncé des procédures provisoires en
attendant l’élaboration, en collaboration avec le ministère de
l’Agriculture et du Développement rural, du texte réglementaire
fixant la liste des semences concernées par l’exonération qui a pris
effet à compter du 1er janvier 2008. Ces mesures, visant également
à «éviter le remboursement des droits de douanes» portent sur la
consignation des droits de douanes sous réserve d’un engagement de
l’importateur d’accepter l’application automatique de ces droits si
son produit n’est pas repris dans la liste, a-t-on expliqué de même
source.
R. E.
Haut
Fonction publique
Pour un SMIG à
15 000 DA
Selon le chargé de
la Fonction publique au niveau de l’UGTA, M. Ali Merabet, rencontré
en marge du congrès, la Centrale syndicale exposera plusieurs
dossiers lors de la prochaine tripartite, dont la date n’est pas
encore arrêtée. Il s’agit entre autres du dossier de la médecine du
travail, des contrats de travail, de la main-d’œuvre étrangère, de
la prévention sur les lieux de travail et de la syndicalisation dans
le secteur privé. Par ailleurs, le dossier de l’augmentation du SMIG
est aussi à l’étude au niveau de l’UGTA, affirme la même source.
«Nous voulons arriver à un SMIG de 15 000 DA» a indiqué
M. Merabet
estimant qu’ «une nette progression a été enregistrée à ce sujet
depuis
1999». A ce
propos, il a indiqué qu’«une étude est en cours de réalisation au
niveau de l’UGTA. Ce sera une étude sur le niveau de vie du
travailleur algérien, elle englobera les salaires, les prix et le
pouvoir d’achat». Par ailleurs, et à une question relative aux
relations entre la Centrale syndicale et les syndicats autonomes qui
sont le grand absent de ce rendez-vous, le responsable de l’UGTA a
estimé que «l’UGTA n’est pas tenue de faire participer une
quelconque partie dans son action». La loi consacrant le
plurisyndicalisme stipule à cet effet que «chacun est libre de
choisir sa méthode de travail et de faire ses preuves sur le
terrain».
B.M.
Haut
Les compagnons du leader targui Bahanga sont formels
«Le couple
autrichien ne se trouve pas au nord du Mali»
Le Chef du
gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a annoncé il y a
quelques semaines qu’ils ne se trouvaient pas en Algérie.
Les touaregs
maliens démentent l’information selon laquelle les ravisseurs du
couple autrichien et leurs victimes se trouvent au nord du Mali, non
loin des frontières algériennes, a annoncé, avant-hier tard dans la
soirée, un collaborateur de Bahanga, sur la Chaîne de télévision
satellitaire Al Jazeera. «Nous l’aurions su s’ils étaient là»,
lance-t-il. «Il y a ceux qui passent des carburants à travers les
frontières. Ils auraient été interceptés par le GSPC pour leur
subtiliser des quantités de carburant si cette organisation était
présente ici et ces passeurs nous auraient informés», ajoute-t-il.
Difficile de croire que les ravisseurs des deux Autrichiens
pourraient se trouver dans cette partie du Mali sans être aperçus
par les hommes de Bahanga surtout en ces temps caractérisés, dans
cette région, par des accrochages entre ces «rebelles» et l’armée
malienne. Où pourraient se trouver les ravisseurs et leurs otages ?
La question reste posée.
Le Chef du
gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, a annoncé, il y a
quelques semaines, qu’ils ne se trouvaient pas en Algérie.
Les éléments du
GSPC avaient enlevé ces deux Autrichiens dans le désert tunisien le
22 février dernier. La revendication de ce rapt n’a été faite que
près de trois semaines après par cette organisation terroriste.
Les acolytes de
Abdelmalek Droudkel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, «émir»
national du GSPC auraient certainement mis tout ce temps pour
s’éloigner de la région et échapper à l’armée et aux forces de
sécurité après la revendication. Ou bien s’agit-il d’une
manipulation de la part de cette organisation terroriste de faire
croire que les ravisseurs du couple autrichien se trouveraient loin
tandis qu’ils se seraient cachés aux alentours du lieu du rapt ? Les
ravisseurs avaient prolongé, une deuxième fois, l’ultimatum fixé aux
autorités autrichiennes pour la satisfaction de leurs
revendications. Dans un document publié sur un site internet, le
GSPC annonce qu’«un dernier ultimatum est fixé au 6 avril» prochain.
Cette organisation terroriste revendique la libération de détenus
islamistes en Algérie et en Tunisie en contrepartie de la libération
du couple autrichien. D’autres informations font état de la
revendication par le GSPC de près de cinq millions d’euros, en plus
de la libération de ces détenus. Probablement mis dans la gêne avec
l’annonce de cette revendication, le GSPC a démenti avoir revendiqué
cette somme.
L’enlèvement de ce
couple autrichien est dénoncé par la communauté internationale, dont
la communauté musulmane. Cheikh El Karadaoui qui a dénoncé ce rapt a
appelé les ravisseurs à libérer leurs victimes, expliquant que cet
acte est contraire aux vraies valeurs et principes de l’Islam qui
dénonce de telles pratiques.
Par M. Abi
Haut
Convention entre le ministère du Tourisme et 16 établissements
touristiques
Réussir à tout
prix la saison estivale
Les directeurs
généraux de 16 établissements de gestion touristique (EGT) répartis
sur les sept pôles d’excellence que compte le pays sont tenus de
donner l’exemple en matière d’accueil et de prestations de services
durant la saison estivale prochaine.
Ayant signé hier
des contrats de performance en présence de M. Cherif Rahmani,
ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environ-nement et du
Tourisme, ces professionnels du tourisme devront, à partir de cette
année, redorer le blason des hôtels et infrastructures touristiques
algériennes. C’est dans cette optique qu’une convention a été signée
entre les opérateurs touristiques et le ministère de tutelle. Cette
convention vise à impliquer davantage tous les acteurs et les
professionnels du tourisme et à mobiliser tous les moyens afin
d’améliorer les prestations de services dans les domaines de
l’accueil, de l’hygiène et de la qualité.
Cette feuille de
route «sera sanctionnée à la fin de la saison estivale par une
évaluation afin de reconnaître les bons gestionnaires des autres»
indique le ministre. Se disant «optimiste» quant à la réussite de
cette initiative, la priorité à l’heure actuelle, dira-t-il, «c’est
de réduire l’écart existant entre l’Algérie et les autres pays,
améliorer la prestation de services et ensuite innover en matière de
prestations et de produits pour devenir les meilleurs».
Une tâche certes
pas facile, mais le défi, soutient M. Rahmani, demeure relevable et
d’ajouter : «Je dénonce les partisans des mentalités sceptiques qui
nous découragent, et les angéliques qui croient que tout est facile,
mais surtout ceux qui se cachent derrière l’alibi sécuritaire».
Selon lui, l’insécurité est une donne internationale à laquelle on
doit s’adapter. «La sécurité zéro n’existe pas à travers le monde
entier» affirme-t-il. Exhortant les directeurs des établissements de
gestion touristique à utiliser les techniques modernes de marketing
et de communication dans la présentation du produit algérien, le
ministre a préconisé, tout de même, d’engager des cycles de
formation à l’endroit du personnel qui active dans le domaine
touristique. «Il faut en finir avec l’amateurisme» plaide-t-il. M.
Rahmani a affirmé lors de son allocution qu’il n’ y a pas de
«différence entre les secteurs publics et privés quand il s’agit de
la promotion du tourisme», rassurant par ailleurs les responsables
des EGT qu’ils ne sont pas à la tête d’entreprises «privatisables en
sur-sis».
Par Aomar
Fekrache
Haut
3e Salon Equip’Auto Alegria
Plus de 170
exposants attendus demain à la Safex
Le troisième salon
Equip’ Auto Algeria ouvrira ses portes demain à la Safex des Pins
maritimes, à Alger. Cette manifestation qui se tiendra jusqu’au 3 du
mois prochain regroupera quelque 170 exposants qui se partageront
une superficie de
4 110m². Cet
événement qui se tient parallèlement au 12e Salon international de
l’automobile se veut un rendez-vous de professionnels, plus
précisément ceux spécialisés dans la pièce de rechange automobile,
de même que les équipementiers de toute sorte de véhicules.
Equip’Auto Algeria est une manifestation organisée par l’agence
française Comexpo, de concert avec la Safex. Au total, le Salon
international Equip’Auto Algeria accueille des participants issus de
16 pays dont la France qui s’annonce en tête d’affiche avec plus
d’une quarantaine d’exposants, suivie de l’Algérie (37 exposants),
de la Tunisie et de la Turquie. «Equip’Auto Algeria vise un public
de professionnels algériens bien entendu, mais également plus
largement les acteurs de la filière issus des pays du bassin
méditerranéen» a expliqué le directeur de Comexpo, M. Francis
Pegues.
Ce dernier mettra
l’accent lors d’un point de presse animé hier au Hilton sur le
manque d’organisation caractérisant le créneau de vente de véhicules
en Algérie. «En Algérie, le marché de véhicules est en constante
évolution, cependant il est grand temps pour celui-ci de se
structurer» n’a-t-il cessé de répéter.
Il préconise que
pour parvenir à cet objectif, il appartient d’abord au consommateur
d’être plus «exigeant» dans le choix de son véhicule. M. Pegues a
dressé un constat peu reluisant au sujet de l’entretien des
véhicules mis en circulation.
Il notera en ce
sens l’absence de garantie des travaux effectués sur les véhicules
associée au phénomène des pièces contrefaites. Les autorités
algériennes estiment en effet que 40% des pièces des pièces de
rechange entrant dans le territoire algérien sont contrefaites.
D’autre part, et pour revenir à l’évènement de ce Salon
international Equip’Auto Algéria, il est prévu au cours de cette
manifestation la tenue d’un cycle de conférences ayant trait à des
thèmes variés tels que l’après-vente automobile algérienne, la
sous-traitance algérienne ainsi que la mise en relation des
équipements algériens et internationaux.
Par Karim
Aoudia
Haut
Des actions et des fonds dans la perspective du SNAT
Le programme
des Hauts Plateaux, un défi contre le «mal-développement»
Le Schéma national
d’aménagement du territoire (SNAT), tel qu’il est conçu par le
département de Cherif Rahmani à l’horizon 2025, tend à stabiliser la
répartition spatiale des populations algériennes, des activités
agricoles et industrielles selon la vocation des régions, les
potentialités des terrains et les contraintes du milieu.
En résumé, c’est
pour harmoniser davantage la relation entre l’homme-citoyen agissant
et son milieu naturel que les grands axes de développement ont reçu
leur répartition géographique. Pendant les auditions que le
président de la République avait organisées pendant le mois de
Ramadhan 2007, celle du ministre de l’Environnement, de
l’Aménagement du territoire et du Tourisme a été l’une des plus
fécondes en termes de propositions pour l’avenir immédiat du
secteur, un secteur qui en cache une kyrielle d’autres,
sous-secteurs gigognes, lesquelles trouvent leurs prolongements dans
l’agriculture, les ressources en eau, la pêche, l’urbanisme, les
travaux publics, etc.
Au stade de sa
complète maturation, le SNAT est censé devenir le bréviaire à partir
duquel seront tirées les grandes orientations qui organiseront le
territoire en régions, zones ou milieux selon les activités et les
schémas urbanistiques qui y auront été arrêtés. En effet, jusqu’à
présent, l’un des travers du «mal-développement» que l’Algérie a
hérités du processus de construction nationale après l’Indépendance
est, aux yeux des aménagistes et des économistes, le déséquilibre de
la répartition spatiale de sa population, de ses investissements et
de sa gestion des ressources, ce dernier terme étant entendu ici
dans son acception la plus large qui recouvre aussi et surtout le
capital foncier. Même si la terminologie moderne impose son lexique-
aménagement du territoire, développement durable, sauvegarde de la
biodiversité- qui fait florès au sein des bureaux d’étude et des
départements techniques de certains ministères, les préoccupations
relatives à la gestion des territoires ont accompagné les différents
plans de développement des pays avancés et de beaucoup d’autres pays
dits émergents. L’Algérie, qui s’est dotée depuis les années 1970 de
structures administratives inhérentes à l’aménagement du territoire,
s’est rapidement laissé griser par la rente pétrolière qui a permis
une urbanisation effrénée et anarchique, suivie de pôles industriels
autour de certaines grandes villes. Cette situation a drainé des
populations de l’arrière-pays montagneux et steppique au point où
l’exode rural est devenu une réalité avec laquelle il faudra
composer dans tous les autres programmes de développement.
Il n’est un secret
pour personne que la concentration démographique, industrielle et
commerciale a élu domicile dans la partie la plus septentrionale du
pays, à savoir la bande côtière limitée par l’Atlas Tellien.
Plusieurs facteurs historiques, climatiques et sociologiques peuvent
expliquer cette «préférence» de vivre sur un territoire spécifique
au détriment du bon sens et de la rationalité. Ces distorsions ont
amené la densité de la population à avoisiner les 300 habitants/km2
en moyenne dans les wilayas du Nord tandis que sur les Hauts
Plateaux, elle descend parfois au-dessous de 50 habitants/km2. Les
territoires du Sud, en revanche, enregistrent les densités les plus
faibles allant de 10 à 20 h/km2.
Tous les indices
indiquent un engorgement de la partie Nord du pays. La concentration
des activités économiques y a crée des problèmes de circulation
presque insurmontables (le nombre d’accidents de la route est dans
ce cas un des indices majeurs) d’autant que le réseau du chemin de
fer n’a subi aucun changement depuis l’époque coloniale, se
réduisant à la ligne Oujda-Tunis.
D’autres problèmes
d’infrastructure et d’équipement annoncent une asphyxie prochaine de
la bande littorale (AEP, décharges publiques, réduction drastique de
réserves foncières pour les programmes d’équipement…). La devise
d’«équilibre régional» arborée pendant des années – sous couvert de
plans quadriennaux et de plans spéciaux – est, on en convient
aujourd’hui, un slogan creux qui ne servait que des desseins
politiques où le clientélisme le disputait au lobbying dans les
hautes sphères du pouvoir.
Couloir des
Hauts Plateaux : territoire et contraintes
Les pouvoirs
publics ont, depuis les années 1970 et dans la tradition de la
vision française du territoire algérien, considéré la bande des
Hauts Plateaux comme un territoire spécifique de par son sol, son
climat et les activités humaines qui en découlent. Au cours de la
première moitié des années 1980, une stratégie gouvernementale
portant l’intitulé «Option Hauts Plateaux» avait vu le jour. Des
études même ont été engagées par certains secteurs pour asseoir le
mode de développement qui s’adapte à cette entité géographique.
La nouvelle ville
de Boughezoul, entre Ksar El Boukhari et Djelfa, a fait l’objet
d’une attention particulière au point de l’envisager comme future
capitale du pays. Il en fut de même pour les terres agricoles
marginales qui entrèrent dans le dispositif appelé APFA (accession à
la propriété foncière agricole) initié au profit des sans-emploi.
Cette immense
bande de terre se présente géographiquement de la façon suivante :
entre la bande littorale et le Sahara, les Hauts Plateaux se
présentent sous forme d’un couloir naturel allant de la frontière
marocaine à la frontière tunisienne. Ils sont limités au Nord par
les derniers contreforts de l’Atlas Tellien (Monts des Daïas, Beni
Chougrane, Ouarsenis, Titteri, Hodna, Monts de Constantine et
Guelma) et au Sud par l’Atlas Saharien (Djebels Ksours, Amour, Ouled
Naïl, Aurès). L’altitude moyenne y est de 900 m à 1100 m, mais
l’aspect du relief présente une uniformité exceptionnelle, d’où le
nom que la géographie physique a consacré à ce territoire : Hautes
Plaines ou bien Hauts Plateaux. Ce dernier terme a eu les faveurs
des li-vres et des médias. C’est un vaste territoire de plus de 200
000 km2 , correspondant à la superficie de certains pays européens.
Les
caractéristiques physiques et biotiques de ce couloir oblong allant
de Naâma à Tébessa sur près de 1500 km de longueur sont connues des
géographes depuis au moins le XIXe siècle : territoire steppique à
base d’alfa, d’armoise, sparte et autres graminées supportées par un
sol souvent chétif auquel succède, sur une grande partie de la
surface, une dalle calcaire.
Le réseau
hydrographique est du genre endoréique (ses eaux, n’ayant souvent
pas de débouché vers la mer, se déversent dans le continent au
niveau des chotts, exception faite de certains réseaux, comme les
sources du Cheliff à Djebel Amour et les sources de
Bousellam-Soummam au massif de Boutaleb, au sud de Sétif). Le climat
est caractérisé par une rudesse particulière, à savoir des
amplitudes thermiques intenses (jusqu’à moins 10 degrés en hiver et
45 degrés en été), une faible pluviométrie à la limite de l’aridité
(autour de 200 mm/an) et des pluies torrentielles à l’équinoxe de
l’automne (fin août-début septembre).
Sur le plan
économique, la région est historiquement connue comme étant une
«zone du mouton» comme l’ont qualifiée les géographes coloniaux. En
effet, jusqu’à ce jour, les Hauts Plateaux sont considérés comme la
réserve nationale en espèce ovine, en laine et en toison de mouton.
La viande de la
plaine du Sersou (entre Tiaret et Aïn Oussara) était si bien estimée
par les habitants de l’ancienne métropole que les bêtes abattues
dans les abattoirs locaux étaient acheminées dans les 48 heures sur
Marseille via la ligne de chemin de fer de Djelfa-Alger. Nul besoin
de s’attarder ici sur la notoriété mondiale de la variété Ouled
Djellal ayant pour origine cette petite localité de Biskra,
limitrophe des Hauts Plateaux de l’Est.
Des systèmes de
production inadaptés
Cette vocation –
par un élevage intensif et transhumant de l’ovin – que l’homme a
imprimée à la région ne va pas sans incidence sur l’écologie de la
zone. En effet, le potentiel végétal des Hauts Plateaux a atteint
ses limites biologiques en raison du surpâturage et de l’anarchie
régnant dans le secteur de l’élevage. Le capital alfatier se dégrade
de jour en jour, alors qu’à un certain moment, l’usine de Baba Ali
de traitement de l’alfa ne suffisait pas aux grandes quantités
récoltées sur ces territoires. La ligne de chemin de fer
Djelfa-Blida était spécialement conçue pour le transport de cette
matière première. Aujourd’hui, les dégâts occasionnés par les
labours illicites, les défrichements et le pacage transhumant sont
peut-être irrémédiables.
Le premier signe
inquiétant de la désertification en Algérie est bien la réduction en
peau de chagrin du couvert alfatier et le recul de la valeur
agrologique des sols du fait de la dégradation due à l’érosion. Sur
les piémonts, les atteintes au capital végétal ne sont pas non plus
à prendre à la légère. En tout cas, au cours de ces dernières
années, la réduction de l’offre fourragère due au surpâturage,
couplée au phénomène de la sécheresse cyclique, ont fini par venir à
bout des efforts de beaucoup d’éleveurs pour maintenir un métier
ancestral et, pourquoi pas, le promouvoir à la faveur des nouvelles
techniques relatives à l’agriculture et au développement rural.
Outre cette impasse écologique et économique, les difficultés
auxquelles sont confrontées les populations des Hauts Plateaux
algériens sont dues aux distances séparant les hameaux et les villes
et au faible développement des infrastructures de base (routes,
ouvrages hydrauliques, chemins de fer) et des équipements publics
(centres de santé, écoles, lieux de loisir…). Il en résulte un fort
degré de pauvreté, des taux de chômage ahurissants, une déperdition
scolaire exceptionnelle et même un phénomène de déscolarisation qui
entraîne le travail précoce des enfants.
620 milliards
de DA pour relever le défi
Le choix porté par
les hautes autorités du pays pour développer la «zone du mouton»
remontent aux année 1970 lorsque le président Boumediene, dans sa
vision où se mêlaient gigantisme et volontarisme, voulait installer
«sa» capitale à Boughezoul, un «quatre-chemins» désertique situé sur
la RN 1 et à presque équidistance entre quatre grandes villes aux
quatre points cardinaux : Alger-Djelfa-Tiaret-M’sila. Des études ont
été engagées sur plusieurs années, puis, c’est le silence radio. Ce
n’est qu’avec Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du
Territoire, et Ahmed Ouyahia, Premier ministre, que le projet sera
exhumé au début des années 2000, et ce, dans le cadre du projet des
nouvelles villes dont fait partie Sidi Abdellah, dans la banlieue
sud-ouest d’Alger. Mais les défis des Hauts Plateaux ne peuvent se
réduire à la construction d’une grande ville, dût-elle être une
nouvelle capitale. Au milieu des années 1980, des jeunes appelés du
service national furent mobilisés dans des GTVF (Groupements de
travaux de voies ferrées) pour installer la ligne de chemin de fer
de la rocade des Hauts Plateaux. L’expérience s’arrêta au niveau du
tronçon Batna-M’sila. Il en fut de même avec le Barrage vert,
toujours dirigé par l’ANP, destiné à installer sur les piémonts des
Hauts Plateaux une ceinture verte pour arrêter le phénomène de
désertification. Des choix techniques et une mauvaise prise en
charge des données socioéconomiques et des réalités sociologiques de
la région conduisent à relativiser fortement l’impact de cet ouvrage
dont les travaux se sont arrêtés au début des années 1990. Il faut
dire que toutes ces actions s’apparentent à un cautère sur une jambe
de bois du fait que ce sont des solutions trop fragmentaires et trop
émiettées – dans l’espace, dans le temps et dans la logique
d’enchaînement rationnel – pour prétendre réhabiliter d’immenses
espaces frappés par une crise multidimensionnelle et qui sont
supposés alléger la pression sur les territoires du littoral et du
Tell intérieur.
En quoi le
programme complémentaire des Hauts Plateaux, adopté par le Conseil
des ministres en février 2006 avec une enveloppe budgétaire de 620
milliards de dinars, diffère-t-il des anciens plans ou projets
destinés à ce territoire ? Il y a lieu de reconnaître à ce programme
une certaine cohérence de vision aussi bien socioéconomique que
spatiale (aménagement du territoire). En effet, sa multisectorialité
est l’une des garanties que veut se donner le président de la
République pour la réussite d’un grand projet qui s’apparente à un
véritable défi. Aucun secteur de développement n’a été omis dans
l’architecture du nouveau projet : Urbanisme et Construction
(programmes de logements), Travaux Publics (routes nationales,
départementales, ponts, viaducs), Agriculture et Forêt (élevage,
céréaliculture, cultures irriguées, pistes, travaux sylvicoles,
corrections torrentielles, fixation de berges), Hydraulique
(forages, retenues, captage de sources, canaux d’irrigation), Santé
(hôpitaux, centre de santé), Industrie et Énergie (électrification
rurale, éoliennes, raccordement au gaz de ville), Education (lycées,
CEM, écoles primaires), Culture (centres culturels et de loisirs,
cybercafés, salles de cinéma), Transport (chemins de fer) etc. C’est
un véritable «plan Marshall» qui est destiné aux Hauts Plateaux. Les
inscriptions des actions au niveau des DPAT (Direction de la
planification et de l’aménagement du territoire) sont quasiment
achevées et les travaux ont déjà commencé dans plusieurs wilayas.
Par Saâd
Taferka
Haut
Renforcer le développement local
L’exemple de la
wilaya de Médéa
A 80 km d’Alger,
l’air et les senteurs de la zone pré-steppique sont déjà annoncés
par un couvert végétal spécifique, clairsemé et rabougri, par une
topographie de plus en plus uniforme à perte de vue et par un
habitat dispersé répondant aux impératifs de la vie pastorale. La
wilaya de Médéa, dont la partie nord relève de l’Atlas tellien qui
limite le périmètre de la Mitidja et la partie sud fait partie des
Hauts Plateaux du Centre, renferme une grande diversité climatique,
morphologique et écologique qui établit autant de diagnostics de la
vie des populations qui y résident et requiert autant de formules
d’intervention pour apporter des solutions idoines aux problèmes qui
y sont soulevés. Essentiellement agricole, cette vocation de
l’ancien territoire du Titteri a été malmenée par plusieurs facteurs
dont le dépeuplement des campagnes n’est sans doute pas des
moindres. L’exploitation des ressources naturelles et les systèmes
de production ont également atteint leurs limites vu le manque de
rationalité ayant caractérisé l’activité agropastorale des
différentes zones de la wilaya. Ayant la tête dans la zone humide de
Chréa (versant sud de l’Atlas blidéen) et les pieds dans la
profondeur de la steppe de Boughezoul et Chahbounia, le territoire
de Médéa a été lourdement affecté par la décennie noire du
terrorisme. Cela se lit d’abord sur son couvert végétal ravagé par
les incendies et dont la reconstitution prendra des décennies. Cela
se remarque également dans l’intensité de l’exode rural qui a vu les
populations des hameaux de Ksar El Bokhari, Challat El Adaoura et
Aïn Boucif se déverser dans les villes de Médéa, Berrouaghia ou
Blida. C’est au vu de certains critères de pauvreté et de chômage
que cette partie de l’Atlas bildéen et du plateau du Sersou a été
intégrée, depuis 2003, dans le programme cofinancé par la Banque
mondiale et le gouvernement algérien sous l’intitulé de Projet
d’Emploi Rural 2 (PER II) englobant trois grands périmètres (Sersou-Médéa,
Titteri-Nord et Titteri-Sud). Ayant été mis en œuvre à partir de
2004, ce programme vise à créer de l’emploi en milieu rural par le
truchement de travaux à haute intensité de main-d’œuvre, la création
d’actifs (vergers arboricoles et viticoles) pour améliorer le niveau
de vie des populations, par des actions de protection des sols
(reboisements, corrections torrentielles) et par une mobilisation
conséquente des ressources hydriques (aménagement de points d’eau,
puits, forages et retenues collinaires). En matière de
désenclavement, les hameaux et bourgades des communes touchées
bénéficient des actions d’aménagement et d’ouverture de pistes
rurales. Le maître de l’ouvrage en est la Conservation des Forêts de
la wilaya. Outre les travaux confiés à des entreprises de
réalisation, ce projet comporte aussi certaines mesures
d’accompagnement entrant généralement dans le cadre du volet
«promotion de la femme rurale». Il s’agit principalement des
fournitures de modules de ruches pleines, de lapins et de machines à
coudre. Un autre fonds, le FLDDPS (Fonds de lutte contre la
désertification, du pastoralisme et de la steppe), utilisé
auparavant exclusivement par le HCDS (Haut commissariat au
développement de la steppe), est lui aussi mis à contribution dans
le cadre du nouveau programme des Hauts Plateau adopté par le
Conseil des ministre au début de l’année 2006 pour l’ensemble des
wilayas situées dans ce couloir vaste de 20 millions d’hectares. Ce
programme vise à stabiliser un tant soit peu les sols steppiques
menacés par la désertification rampante et qui fait des percées
jusqu’au territoire de Ksar El Boukhari, situé au pied de
l’Ouarsenis. Déjà, dans le cadre du Barrage vert, une partie du sud
de la wilaya de Médéa, à savoir Kef Lakhdar dans la zone de Aïn
Boucif, a fait l’objet de travaux de reboisement par les éléments de
l’Armée nationale populaire relevant des GTF (Groupements de travaux
forestiers). Ces groupements s’étant retirés depuis le début des
années 1990, la tâche reste loin d’être terminée. Le programme des
Hauts Plateaux accordé à la wilaya de Médéa va puiser dans le Fonds
de la steppe une enveloppe de 763 millions de dinars qui serviront
aux actions de développement rural des communes de Azziz, Chahbounia,
Boughezoul et Bouaïche. Sont prévues, entre autres, des actions du
renforcement des infrastructures de desserte (225 km d’aménagement
et d’ouverture de pistes), des actions de mobilisation des
ressources hydriques nécessaires à l’abreuvement du cheptel et à
l’irrigation des vergers (mares, puits, forages, 28 km de séguias[canaux
traditionnels d’irrigation], équipements de forages, énergie
électrique). Le programme des Hauts Plateaux, initialement réservé
aux quatre communes citées plus haut, a subi par la suite une
extension de façon à toucher une vingtaine de communes (soit 50% de
la superficie du territoire de la wilaya où résident 264 000
habitants) avec une enveloppe financière de 1806 milliards de
centimes en première tranche et 1662 milliards de centimes en
deuxième tranche. Ce budget est censé couvrir l’ensemble des projets
pilotés par pratiquement toutes les directions de la wilaya
(agriculture, forêts, hydraulique, travaux publics, environnement,
éducation, jeunesse et sports…).
S. T.
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