|
El
Tarf
La
chaleur «pousse» les gens vers les plages malgré le
jeûne
Fuyant
des températures caniculaires dépassant allègrement les
40 degrés, étouffés par l'humidité, des centaines de
citoyens, n'en pouvant plus, préfèrent depuis quelques
jours trouver refuge, malgré le jeûne et une soif
difficilement supportable,
dans
les eaux limpides de la Grande bleue.
Munis
de serviettes et de parasols, des baigneurs de tous âges
ont investi, comme par enchantement, les différentes
plages de la wilaya. Comme s’ils s’étaient passé le mot.
Tout dans ce décor rappelle les belles journées
ensoleillées d’été, où les gens en quête de quiétude, de
fraîcheur et de belles couleurs, passaient le temps en
attendant de profiter des beaux couchers de soleil. Sur
une des plages d’El Kala, défiant les coups de soleil,
des corps flottent, les bras en croix, se laissant aller
au gré des caprices de l’eau. Les plus hardis tentent
quelques brasses, ou se hasardent à effectuer un crawl,
vite délaissé pour ne pas laisser trop d’énergie. Pas
question non plus de plonger en effectuant des «piqués»
au risque d’avaler quelques gorgées. «Se rafraîchir,
c’est bien, mais certainement pas aux dépens du jeûne
sacré», lance un jeune homme à la cantonade, pour
lui-même d’abord, histoire de se donner bonne
conscience, et pour les quelques curieux qui hésitent
encore à se mettre en maillot de bain. D’autres jeunes
gens, soucieux surtout de se détendre et de «tuer le
temps», paraissent plus enclins à «gratter» un petit
somme. Etendus sur leur serviette, ils tentent de fermer
l’œil, bercés par la brise marine et le clapotis de
l’eau. Petit à petit, à mesure que la journée avance,
et à perte de vue, les baigneurs s’organisent en petits
groupes pour des parties de pingpong et de beach-volley.
D’autres «estivants du ramadhan», amateurs de mots
croisés ou mordus de lecture, s’adonnent bien volontiers
à leurs hobbies, faisant des parasols des alliés contre
les agressions du soleil, en se permettant de temps à
autre de «piquer» une tête pour parer à tout risque
d’insolation. Dans ce décor de loisirs où les délices de
la plage font joyeusement fi du thermomètre, quelques
«partisans du moindre effort» ont trouvé une belle
astuce : installés sur des rochers, à l’intérieur de
l’eau, ils parcourent un bouquin, une revue ou
somnolent, attendant patiemment que de petites
vaguelettes viennent de temps en temps les tirer de leur
douce torpeur. La canicule aidant, les plages de la
wilaya d’El Tarf retrouvent de l’animation, même si elle
reste relative, et semblent reprendre vie après avoir
été désertées plus tôt que d’habitude par les
vacanciers.
Accidents de la route
Sept morts et 53 blessés en une seule journée
Sept
personnes ont trouvé la mort et cinquante-trois autres
ont été blessées à travers le pays dans 32 accidents de
la circulation routière durant la journée du samedi 28
août, indique dimanche un communiqué de la Gendarmerie
nationale. Les accidents mortels sont survenus dans les
wilayas de Bordj-Bou-Arréridj (commune de
Bordj-Bou-Arréridj), Souk-Ahras (commune de Sédrata),
Oum El Bouaghi (commune de Ksar-Sbihi), Tébessa (commune
de Tébessa), Béjaïa (commune de Oued-Ghir) et Guelma
(commune de Guelma), précise le communiqué. L’excès de
vitesse, le défaut de maîtrise, les dépassements
dangereux, le non-respect de la priorité et l’imprudence
des piétons demeurent les causes essentielles de ces
accidents, ajoute le communiqué de la Gendarmerie
nationale.
R.
N.
Regard
Quelques lignes délirantes, contre cinq cents pages de
travail
En
quelques lignes glissées, par ailleurs, dans une
véritable encyclopédie sur l'Algérie, Petit Futé peut
raconter ce qu'il veut, nous ne sommes pas prêts pour
le tourisme des nationaux, nous ne pourrons pas l'être
pour celui des étrangers. Il peut lâcher tout ce qu'il a
récolté comme fiel dans les milieux où il s'est fait
une religion sur l'Algérie. Chez les nostalgiques de
l'Algérie de papa, chez les quémandeurs de
reconnaissance et de titres de séjours, chez les
«démocrates» au ventre insatiable de privilèges ou
frustrés de ne pas être servis, chez ceux qui ne
s'aiment pas et qui croient ne pas aimer le pouvoir.
Chez ceux qui croient qu'ils doivent gagner en ne
faisant rien, chez tous ceux qui postulent à la
notoriété de là-bas. Chez ceux qui obéissent à la mode
de s'opposer et de le montrer pour être bien vus. Enfin
et surtout, chez ceux qui ont intérêt à faire croire que
rien ne va et qu'il n'y a rien à faire pour que ça
aille, pour empêcher qu'on voie ce que eux font. C'est
un responsable du guide touristique qui dit ça, en
réponse au confrère d'El Watan qui a lu le livre et qui
en a piqué un dégout qu'il a exprimé longuement. Le
responsable de la rédactrice de la présentation de notre
pays a dit qu'il suffisait de lire ce qui se dit dans la
presse pour se rendre compte qu'elle ne dit rien qui ne
soit avéré. Il a raison. Une opinion reste une opinion
et une opinion n'est pas le réel, elle n'a pas vocation
d'être le réel. Sa vocation est de fabriquer un réel qui
sert des objectifs, pas de faire une copie conforme de
ce qui existe vraiment. Sinon cela ne serait pas une
opinion. Le guide rapporte, par exemple, qu'il y a des
prostituées dans les hôtels algériens. Peu importe qu'il
y en ait dans tous les hôtels du monde. L'essentiel est
qu'il y en ait en Algérie. Le guide révèle qu'il y a 4
000 cas de femmes battues en Algérie en 2003. En France,
les violences conjugales ont causé la mort de 137 femmes
en 2006 et de 166 femmes en 2007. Dans ce même pays,
selon des chiffres de l'Observatoire national de la
délinquance (OND), 410 000 femmes ont déclaré avoir été
victimes de violences physiques de la part d'un conjoint
selon une enquête de victimisation portant sur
2005-2006. Mieux encore, l'OND estime dans son rapport
sur «la criminalité en France», à 130 000, le nombre de
femmes victimes de viols sur les deux mêmes années, a
souligné le secrétariat d'Etat. En Israël, on compte
200 000 femmes battues en 2006-2007 et 6 à 10 femmes
tuées par leur mari. Le nombre de femmes violées s'élève
à 5 000. Peu importe, l'essentiel est que cela se
produit en Algérie. Sûrement que la rédactrice auprès du
Petit Futé ne considère pas que ces deux pays, hautement
touristiques, devraient être présentés selon cet angle
précis. Les autres si, les Algériens ne devraient pas
battre leurs femmes. Parce que c'est comme cela que doit
être le monde, d'un côté ceux qui ne battent pas leurs
femmes, même s'ils en font plus, et de l'autre ceux qui
battent leurs femmes. Grâce à son talent et à sa plume
acérée, l'auteure de la page Algérie du guide a
convaincu certains qui en rajoutent en expliquant que
les centaines de milliers d'Algériens, qui passent les
vacances en dehors de leur pays, le fuient. En Tunisie,
passent 8 000 000 de touristes pas tous algériens, ils
ne fuient pas leur pays. C'est ce que dit l'opinion et
on n'y peut rien, sauf en produire une plus forte pour
remplacer ou contrebalancer celle qui nous dérange.
Pour le reste, on ne trouvera pas travail de
présentation, en un seul ouvrage, plus fouillé, plus
riche, et plus complet sur l'Algérie et sur ses
capacités touristiques. Les détails les plus précis
fourmillent sur 500 pages documentées, lexiques,
artistes, recettes, produits…qui font se demander ce que
sont venues faire ces «observations sociologiques» à
l'emporte-pièce, quand l'auteure a compulsé autant de
sources, par ailleurs. Sur les lieux, les hommes, le
passé, les pierres, les mots… Peut-être que là était le
travail demandé et là l'opinion n'a pas de place, juste
la description, pas toujours fidèle, mais tout de même
bridée par les faits ou par la matérialité des choses.
Alors, elle s'est «lâchée» là où elle a pu le faire.
Par Ahmed
Halfaoui
Haut
|